Lueur
Réponses aux reviews :
Un grand merci à Choups, Hazel Malfoy, Miss S.Black, Féeclochette, lovy, le Saut de l'Ange, LunDer, kamy, Darky Angel, Kandy Malefoy, Poupoux, Elaviel, Kira-303, Loufoca, Stéphanie, Océane-666 et Misty pour leurs reviews. Je n'en ai jamais reçu autant pour un seul chapitre, même s'il est vrai que certains m'ont écrit plusieurs fois pour me gronder à cause de mon retard. Mais quand je vois que ce chapitre a recueilli 27 reviews… Ben moi, ça me laisse sans voix ! Très gros bisous à toutes !
Dragonia : Pas de conclusions trop hâtives, ma lyly, l'histoire n'est pas encore finie… Merlin et moi te faisons plein de gros bisous (et à quand la suite de Prisonniers en enfer ?)
Bloody : Merci beaucoup de m'avoir laissé une seconde review, ça m'a vraiment touché parce que j'étais vachement déçue de n'en avoir que la moitié d'une la première fois. Je sais que j'ai mis beaucoup de temps avant de faire cette update, mais j'espère que tu apprécieras ce chapitre quand même, en attendant la suite de Bas les Masques ! Gros bisous !
Clochette : Pour le coup, j'avoue que ça a été très long, mais j'ai eu un mal de chien à boucler ce chapitre. Enfin, j'espère que tu ne m'en voudras pas trop, et qu'il te plaira malgré tout le retard… Gros bisous !
Ellyana : Et ben si, je peux terminer un chapitre comme ça, j'ai tous les droits, moi, puisque après tout c'est moi l'écrivain ! Pour en revenir à nos petites affaires, oui, c'est vrai que le Draco est d'autant plus précieux que n'en trouve pas beaucoup. Mais justement, c'est une raison de plus pour me laisser faire ! En effet, je suis actuellement une formation d'escroqueuse professionnelle (euh, non, de diplomate, pardon), et donc je pourrai réussir à faire jouer mes contacts pour enlever le plus beau des Serpentards… J'attends toujours les veracrasses et la goule de pied ferme, et j'ai installé plein de défenses magiques autours de mon appart pour pallier à ce genre de désagrément (avec un système de retour à l'envoyeur dernier cri !). Aha ! Gros bisous quand même…
Darkim the Queen of konnery : comment as-tu deviné ? Bon, c'est pas le chien de Superman, il avait un cours de salsa ce jour-là, alors on a du faire appel au chien des Indestructibles, mais sinon, c'est exactement ce qui s'est passé ! Bon, il reste encore un chapitre, donc pas de happy end ce coup-ci, et les boxers c'est encore mieux que les caleçons, mais bon, un peu de patience… Gros bisous !
Hermione46: Oui, oui, la voilà, la suite! Non mais c'est quoi tout ce harcèlement, lol ? Puis ils viennent faire quoi les schtroumfs là-dedans (là, j'avoue que je reste perplexe…) En tout cas elle est là maintenant… Gros bisous !
Rose Potter: Non, non, je ne déprime pas (sauf quand j'écris ce genre de chapitre), donc ne t'inquiète pas pour moi, mais je trouve ce genre de chapitre plus facile à écrire que celui-ci, par exemple… Je dois pas être tout à fait normale. Bonne lecture pour la suite et gros bisous !
Laure: Tes réponses, les voilà (en tout cas une partie d'entre elles). En tout cas ça me fait super plaisir que tu ais lu cette histoire, même si elle te plaisait pas et que, mieux que tout, tu ais même fini par apprécier. C'était le défi que je m'étais lancé au début, et des reviews de ce genre sont ma plus belle récompense… Gros bisous !
L'avant dernier chapitre, mesdames (et pas messieurs puisqu'il n'y en a pas)…
Ce qui la surprit le plus sur le moment, ce n'est pas vraiment l'absence de douleur, mais plutôt l'absence de toute forme de sensation. Elle savait qu'elle était couchée, le dos sur le sol dallé en bas de la tour d'Astronomie, et qu'au dessus d'elle, les élèves qu'elle voyait du haut de son créneau s'agitaient en hurlant et que l'une d'eux la secouait comme un prunier ; mais pourtant, elle ne sentait ni le sol glacé, dur et irrégulier dans son dos, ni la bise de ce début d'hiver qui faisait voler les drapeaux du terrain de Quidditch et les capes noires des quelques supporters qu'on apercevait assis sur les estrades, ni mêmes les mains de la fille de Serdaigle crispées sur ses épaules. Etrangement détachée, elle remarqua que son corps formait un angle bizarre qui n'avait rien de naturel. Elle sut à ce moment qu'elle aurait du avoir très mal, mais pourtant, tel n'était pas le cas. Ce n'est qu'à ce moment là qu'elle eut peur, et qu'elle comprit qu'elle avait un très gros problème. Elle tenta de se rappeler ses derniers souvenirs : elle voyait encore clairement le visage d'Hermione déformé par les cris et la peur qui se penchait par-dessus les créneaux, et celui de Draco, plus livide que jamais, qui la retenait par les épaules pour l'empêcher de tomber tandis qu'elle se débattait en tendant les bras vers Pansy ; elle entendait le sifflement du vent à ses oreilles tandis qu'Hermione disparaissait rapidement, et tout ce vide autours d'elle, sans qu'elle puisse se raccrocher à quoi que ce soit. Et puis le sol, sans doute, mais à partir de là tout n'était plus clair.
Elle avait fait une chute de plus de cent mètres, donc. Et pourtant, elle n'avait pas mal, et rien ne semblait l'empêcher de se relever si elle en avait envie, bien que son corps lui paru totalement disloqué. Elle prit son courage à deux mains, et se leva, regarda autours d'elle. Ce qu'elle vit n'était pas fait pour la rassurer : elle était debout, certes, mais elle voyait toujours son corps étendu à ses pieds, elle était même debout sur son corps. Et lorsqu'elle leva ses mains à la hauteur de son visage, elle se rendit compte qu'elles n'étaient pas faites de chair, solides et tangibles, mais d'une sorte de brume translucide, légèrement argentée, à peine visible à la lumière du soleil timide. Les autres élèves la regardaient, les yeux écarquillés, certains s'écartant lentement d'elle à reculons sans la quitter des yeux. Le bruit d'une porte qu'on ouvre la fit tourner la tête, et elle vit Hermione qui déboulait comme une furie, suivie de près par Draco qui arborait un teint grisâtre. La Griffondor hoqueta, s'arrêta net, le souffle court, et pressa ses mains contre sa bouche. De plus en plus d'élèves arrivaient en courant, et même l'équipe de Quidditch de Griffondor quitta l'entraînement pour venir se poser dans la petite cour, encore revêtue de ses robes rouges. Et, du coin de l'œil, dans un coin ombragé, elle reconnut ses semblables, l'air un peu gênés. Les fantômes.
Personne ne parlait, mais Pansy se rendit compte pour la première fois que, parfois, le silence pouvait être assourdissant. Elle n'entendait plus les battements familiers de son coeur, bien sûr, ni celle de sa respiration, puisqu'elle ne respirait plus, et en cette absence, elle percevait plus clairement que jamais celle des autres, de ces autres qui avaient été si semblables à elle-même et dont elle ne ferait plus jamais partie. Elle avait connu les mêmes joies et les mêmes peines, à peu de choses près, que tout ces jeunes gens et ces jeunes filles, pour la plupart plus jeunes qu'elle. Elle avait erré parmi eux en anonyme en étant persuadés d'être différente, mais elle se rendait à présent compte qu'elle n'avait jamais été qu'une parmi des dizaines, des centaines d'autres. Aujourd'hui, ils la dévisageaient comme si elle avait été une chose particulièrement étrange, unique. Mais cela ne lui faisait pas le moins du monde plaisir. Elle aurait tout donné pour être de nouveau l'une de ces gamines aux yeux écarquillés qui cachaient dans leurs cœurs qui battaient encore des peines d'amour qui les faisait pleurer la nuit dans leurs oreillers lorsqu'elles croyaient que les autres dormaient, ou qui voyaient leur journée s'illuminer lorsque celui qu'elles aimaient leur souriait. Elle aurait voulu un jour s'avancer en longue robe de soie immaculée, un bouquet de fleurs à la main, voir son père lier son poignet à celui d'un homme en signe d'un amour indestructible, toutes ces choses qu'elle avait préparé avec soin pendant des semaines, se souciant du plus infime détail. Elle aurait voulu porter un jour ses enfants, les élever avec lui dans une petite maison qui n'avait pas besoin d'être le grand château des Malefoy, mais qu'elle aurait arrangée avec tendresse de façon à en faire un petit nid confortable. Elle aurait aimé vieillir aux côtés de cet homme, et cet homme n'aurait même pas eu besoin d'être aussi riche, beau et intelligent que Draco. Elle aurait aimé avoir la vie devant elle, mais il ne lui restait plus que l'éternité.
Le fantôme d'une femme toute ronde qu'elle avait du croiser par le passé sans vraiment y faire attention s'avança vers elle avec un sourire très triste, mais très doux en même temps. Dans le soleil, on ne voyait d'elle qu'une sorte de trace argenté dans le ciel gris, sans vraiment de forme. « Viens avec moi », dit-elle d'une voix désincarnée qui pourtant s'efforçait clairement d'être gentille, « je sais combien c'est dur, au début, nous sommes tous passés par là. Je ne te cacherai pas que tu vas traverser des moments qui seront sans doute encore pires. Etre un fantôme, ce n'est une chose très agréable, mais c'est le plus souvent supportable. Viens, il est des choses que tu dois à présent savoir, mais que les mortels n'ont pas besoin d'entendre. Ils vont venir emporter ton corps, et si tu dois assister à ton enterrement par décence, ce n'est pas indispensable que tu voies ça. » La femme tendit une main vers elle, mais lorsque Pansy voulut la saisir, elle s'aperçu qu'elle ne pouvait pas. « C'est sans doute la chose qui te manquera le plus », dit doucement son guide alors qu'elles se dirigeaient en flottant vers le groupe des autres fantômes, « les contacts physiques, la chaleur des autres corps, cet amour tangible… Mais c'est ainsi, et nous n'y pouvons rien. Cela ne veut pas dire qu'il n'y a pas d'amour, pourtant. » Elle fit une pause, puis lui sourit, indifférente apparemment aux regards des élèves. « Je ne crois pas que tu connaisses mon nom, au fait. Je suis Cathelyn. La Grosse Cathelyn, comme on m'appelle, quand on songe à m'appeler…Mais ça ne me dérange pas. Appelle-moi comme ça, si tu veux. Les mortels ne sont pas toujours gentils avec nous, tu sais… »
Pansy se sentit un peu coupable pour toutes les fois où elle s'était moquée de Mimi Geignarde. Mais cette dernière ne semblait pas lui en tenir rigueur puisqu'elle venait de se poster à côté d'elle en lui faisant un grand sourire. « On est les deux seules élèves à être mortes au sein de l'école ! », dit le fantôme de la jeune fille avec un sourire orgueilleux, « Tu pourras venir me voir dans mes toilettes quand ça ira mal, si tu veux… », ajouta t'elle comme s'il s'agissait là d'une immense faveur, « tu vas voir que la vie est horrible, quand on est un fantôme. Tout le monde se moque de toi. Et pas seulement ces élèves-là, mais aussi tous les autres. Il va y avoir des générations entières de mortels qui vont se moquer de toi, chaque année, tous plein de nouveaux, et les enfants des anciens… » Elle éclata d'un rire sinistre qui aurait fait frissonner Pansy si elle en avait eut la capacité avant de disparaître dans un mur. L'ancienne Serpentard eut envie de pleurer, mais Nick Quasi Sans Tête, le fantôme de Griffondor, a qui elle n'avait jamais parlé, s'approcha en lui faisant une drôle de révérence un peu datée.
« Ne vous inquiétez pas, ma chère », dit-il en prenant un ton paternel, « être un fantôme n'est pas aussi insupportable que cette pauvre Mimi s'oblige à le croire. Cet état peut même ne pas être définitif. »
Pansy, qui ne l'avait écouté que d'une oreille, se tourna vers lui avec une telle vivacité qu'elle fit un tour complet sur elle-même avant de pouvoir s'arrêter : « Vraiment ? », demanda t'elle au gentilhomme, « Je croyais qu'on ne pouvait y échapper ? »
Sir Nicolas secoua sa tête qu'il dut retenir pour l'empêcher de tomber. « Non, absolument pas. Vous avez fait le choix de devenir un fantôme, même si vous ne vous en souvenez plus. Vous pouvez aussi choisir de continuer votre route… Mais vous vous rendrez rapidement compte que ce n'est pas aussi facile que ça. Si nous sommes ici, c'est que nous avons eut peur d'aller plus loin, et plus on passe de temps en tant que fantôme, plus il est difficile d'abandonner définitivement ce monde. En dépit de toutes les difficultés et les épreuves qu'implique notre état, nous somme attachés à ce monde et à tout ce qu'il continue de nous apporter, et à ses peines autant que ses joies. Cela nous rappelle notre existence passée, ce que nous connaissons, et qui nous semble plus acceptable que le vide et le néant définitif qui nous attendent si nous choisissions d'aller de l'autre côté. Etre un fantôme n'est pas toujours joyeux, il est vrai. Nous sommes constamment en présence d'éléments qui sont autant de causes de nostalgie… Mais vous verrez, vous allez trouver une place en tant que fantôme, une place tout à fait comparable dans notre société à celle que vous aviez lorsque vous viviez. Et elle vous semblera tout aussi importante, et vous n'aurez pas non plus envie de la quitter. Notre chère Cathelyn, par exemple, aime beaucoup s'occuper des nouveaux tels que vous. Quand à Mimi, malgré toutes ses plaintes, elle aime tous ses petits tracas quotidiens qui sont autant de preuves d'un intérêt qu'on ne lui portait pas alors qu'elle était vivante. Et elle se repaît de la souffrance qu'elle en tire car c'est pour elle la preuve qu'elle existe encore. »
« Vous voulez dire, que si j'en trouve le courage, je pourrais partir ? », demanda Pansy que la psychologie de Mimi Geignarde intéressait fort peu.
« Oui, oui… », répondit la Grosse Cathelyn en lui souriant d'un air maternel, « mais bien rares sont ceux qui osent franchir le pas. Essaye, et tu verras. »
« Comment fait-on ? », l'interrogea Pansy en fronçant les sourcils.
« Il te suffit de chercher au fond de toi, et de le vouloir vraiment. Mais bien évidemment, c'est plus simple à dire qu'à faire ! »
Le nouveau fantôme haussa les épaules, et, fermant les yeux pour mieux se concentrer, se dit qu'elle voulait partir, et disparaître vraiment. Le voulait-elle ? Certes, c'était dur de voir tous ses anciens camarades rire, et respirer, et aimer, et s'embrasser, et pleurer des larmes d'eau plutôt que des gouttes de brume argentée qui s'évanouissaient aussitôt qu'elles coulaient. Mais quelque chose en elle lui criait que ce néant, ce vide absolu et éternel qui serait son lot si elle décidait de disparaître serait pire que tout ce qu'elle pouvait imaginer. De vieilles histoires décrivant des visions d'enfer qui aujourd'hui encore lui donnaient des cauchemars revinrent hanter son esprit, et elle comprit qu'elle n'était pas capable de passer de l'autre côté du voile. Elle rouvrit les yeux, et la seule vue de la lumière grisâtre du soleil d'hiver suffit à la réconforter.
« Tu vois ? », dit simplement Cathelyn tandis que les autres fantômes détournaient les yeux comme s'ils avaient surpris une scène intime particulièrement gênante. Mais le fantôme de la femme rondelette ne leur accorda qu'un regard un peu méprisant : « Ne t'inquiète pas pour eux… », souffla t'elle à Pansy, « tous autant que nous sommes, nous réessayons périodiquement. Et nous sommes toujours là, pourtant… Il y avait une raison pour laquelle nous sommes devenus des fantômes, et ce n'est pas prêt de changer. »
Pansy hocha la tête en signe d'acceptation avant de s'éloigner. Ces compagnons silencieux qui glissaient avec élégance à quelques centimètres de ce sol de pierre sur lequel elle faisait fièrement claquer ses talons quelques heures à peine auparavant n'étaient pas faits pour l'aider à accepter sa nouvelle condition. Leur apparence de fumerolles bleutées ne cessait de lui rappeler qu'elle était désormais semblable à eux, et cela la rebutait sans doute plus que tout. Elle avait besoin d'être seule, de réfléchir à tout ce qui venait de se passer, et, aussi, de le réaliser vraiment, de faire taire cette petite voix dans sa tête qui lui criait en dépit des évidences que tout cela n'était qu'un mauvais rêve, qu'elle allait bientôt se réveiller et que tout cela serait finit. Elle s'éloigna du petit groupe sans ajouter un mot. Les couloirs obscurs lui semblaient encore plus sinistres en l'absence de tout bruit tandis qu'elle errait sans but. Mais l'écho d'un pleur, et de celui d'une voix trop bien connue l'obligea à s'arrêter. Hermione et Draco étaient là, tout près.
Elle les trouva sans peine dans une salle abandonnée, mais ils ne remarquèrent pas son entrée silencieuse. Hermione était recroquevillée plutôt qu'assise sur une chaise bancale qui oscillait au rythme de ses mouvements sporadiques d'avant en arrière. Elle pleurait, mais ses sanglots étaient si rauques que Pansy en eut mal pour elle. On ne voyait d'elle dans l'ombre de sa cape noire que la masse de ses cheveux bruns, qui contrastaient avec la clarté qui émanait de la chevelure de Draco, si proche de la sienne. Le Serpentard s'était agenouillé à même le sol recouvert de poussière, sans soucis de son pantalon bien repassé, et sa tête était posée tout contre celle de la jeune fille. Il lui murmurait quelque chose à l'oreille sans qu'elle parut l'entendre, toute à sa douleur, mais Pansy n'entendait pas un seul mot de ce qu'il disait tant il parlait bas. Elle se glissa dans la lumière d'un rayon de soleil qui avait réussi à filtrer d'une fenêtre haut placée dont les carreaux étaient couverts d'une saleté repoussante, se rendant ainsi quasiment invisible, même à un observateur attentif. Et ce n'était pas le cas des deux jeunes gens, trop préoccupés d'eux-mêmes pour faire attention au reste du monde.
« Ecoute moi, Hermione », lui disait-il avec une douceur qui la surprit plus qu'elle n'aurait su le dire tant elle contrastait avec l'attitude qu'elle l'avait toujours vu arborer, « écoute moi, ce n'est pas de ta faute, d'accord ? Tu n'es pour rien dans cette histoire ! Je suis désolé pour Pansy, je n'ai jamais voulu sa mort, et je ne lui serai jamais assez reconnaissant pour ce qu'elle m'a apporté. Elle ne s'est jamais douté à quel point elle m'a été précieuse, je regrette de ne pas le lui avoir dit. Mais quoi que nous ayons pu faire, cela n'aurait rien changé. Ce qui s'est passé… Est-ce que tu crois au destin ? Pour moi, une part au moins a déjà été écrite. Ce qui nous est arrivé, tout ce qui nous est arrivé, pas seulement ce qui s'est passé en haut de la tour, cela était destiné à arriver. Tu n'aurais rien pu faire, ma douce, tu as fait tout ce que tu as pu. Tu ne pouvais rien faire de plus, rien… Ne t'en veux pas, je t'en prie. S'il te plaît… Ne rejette pas tout. Il y a eut une part de bon, aussi, ne la refuse pas maintenant à cause de ça… »
« Je ne peux pas, Draco, je ne peux plus continuer », hoqueta la Griffondor sans même chercher à faire cesser ses pleurs, « quand je l'ai vu, comme ça, debout, j'ai su que nous ne pourrions plus… Je suis désolée, désolée, désolée… Mais je ne peux pas faire comme s'il ne s'était rien passé. Je ne suis pas assez forte… Nous avons fait une erreur, et cela a coûté la vie à une innocente. Il vaut mieux se dire que rien ne s'est passé. Ou plutôt, que tout s'est passé comme nous le lui avons dit… »
« Comme tu le lui as dit. Moi, je ne lui ai rien dit de ça ! », protesta le jeune homme en se redressant légèrement, mais sans se mettre en colère.
Hermione releva la tête et essuya ses larmes d'un revers de la main. Dans ses yeux rougis par les larmes brillait une lueur un peu folle que rien ne semblait pouvoir éteindre. « Draco », dit-elle sur un ton décidé en dépit de sa voix qui tremblait, « dis toi que tout ce que je t'ai dit n'étaient que des mensonges, et je ferai de même de mon côté. Tout ce qui a pu se passer entre nous n'a jamais été qu'un jeu, je suis sûre que tu le sais au fond de toi. Malheureusement, ce jeu a mal fini, et j'espère que tu comprends que nous ne pouvons pas continuer à jouer. N'essaie plus de me revoir. S'il te plaît. » Fuyant le regard d'orage de son compagnon, elle se leva en se dégageant des mains du garçon qui la tenaient par les épaules et prit une grande inspiration. « Dis le moi… », le supplia t'elle à voix basse en détournant ses yeux, qui s'étaient fixés avec obstination sur la porte de la salle, « dis le moi… »
Draco se leva, lui aussi, et se plaça face à elle, la dominant de toute sa taille. « Non », répondit-il d'une voix de plus en plus exaltée, « non, je ne retirerai pas ce que je t'ai dit, car ce n'était que la vérité, et au fond de toi, tu le savais. Tu m'as montré que la vérité est aussi précieuse que l'or, et quoi que tu puisses me dire aujourd'hui, je ne m'écarterai pas des chemins que tu m'as toi-même montrés. Ce n'était pas, comme tu l'as si bien dit, une pièce de théâtre. Je t'aime, Hermione. Je t'aime plus que je n'ai jamais aimé personne, et quoiqu'il puisse arriver, même si le monde entier devait être détruit pour que je puisse le dire, je ne cesserai pas de le dire haut et fort. Je me fous du reste, je me fous de ce que toi-même tu peux penser, et de ce que peuvent penser les autres encore plus. Je te jure que je le dirai à tout le monde, au grand jour, et que je le répèterai quoiqu'il arrive jusqu'à la fin de mes jours ; mais je t'aime, et c'est tout ce qui compte. Et je sais que tu m'aimes aussi, quoique tu puisses en dire, tu m'aimes autant que je t'aime ! »
Il tenta de l'attirer vers lui, mais la jeune fille le regarda comme si elle le voyait pour la première fois en ouvrant de grands yeux sombres qui semblaient dévorer son visage étroit, absorbant toute la vie qui vibrait en elle. Elle secoua la tête comme un automate, et, avant que Draco ait pu faire le moindre geste, elle s'enfuit en courant, sans un regard en arrière.
Bon, vous en pensez quoi ? Reviews, please !
