3ème chapitre
La guerre était enfin terminée. La dernière mission qu'avait effectué Heero et Duo, fut un véritable succès. La débacle qui avait suivi la destruction de la base avait permis au forces rebelles de mettre un terme à cette guerre.
La fête qui avait suivi l'armistice avait rendu hommage aux 5 pilotes de Gundams.
Quatre, Ttrowa, Wufei et Duo furent les héros de la fête. Mais le moral n'y était pas. Cela faisait déjà trois mois que leur coéquipier était dans le coma. Il n'y avait pas d'amélioration, rien qui puisse dire quand il se réveillerait un jour, s'il se réveillait.
Duo n'était plus que l'ombre de lui même. Il n'avait plus sourit depuis l'attaque. Plus de blague, plus de bêtise. Même Wufei commençait à regretter l'ancien Duo.
Quatre et Trowa avaient repoussé leur mariage à une date indéfinie.
Duo se rendait tous les jours au chevet du jeune homme brun. Il lui avait raconté la fin de la guerre, la fête, le fait que ses 2 amis l'attendaient pour célébrer leur union mais rien n'y fit.
Il avait beau pleurer, hurler, murmurer, il n'avait jamais de réponse. Heero semblait avoir déjà accepter l'étreinte de la Mort.
Il n'en pouvait plus. Il lui en voulait de l'avoir sauver. Il aurait préféré mourir à ses côtés plutôt que de subir la vie sans lui. Ce n'était pas juste, tous les gens qu'il avait aimé, étaient morts en le laissant seul. Irrémédiablement seul. Il était maudit. Jamais il n'aurait droit au bonheur.
Heero ouvrit lentement les yeux. Il regarda un instant autour de lui. Il se trouvait sur une vaste plaine. Il se leva et commença à chercher où il avait bien pu attérir et surtout comment. Son dernier souvenir se limitait à une formidable explosion.
"Serais-je au paradis?
- Non, mon fils, tu es dans un monde entre celui des vivants et celui des morts, répondit une jeune femme assise non loin de lui.
Surpris de ne pas l'avoir vu avant, il demanda qui elle était.
- Je suis ta mère Heero et ici, je serai ton guide.
- Pardon? Ma mère?
- Tu as tout à fait le droit dans douter mais sache que c'est la vérité. Je suis morte en te mettant au monde et ton père n'a pu surmonter son chagrin et t'a donner à son meilleur ami, Odin, avant de se suicider. Voilà la secret de ta naissance, Noan.
- Noan?
- Oui, c'est ton nom de baptême. Elle se leva et l'invita à la suivre.
- Où allons nous?
- Je vais te montrer les chemins.
- Quels chemins?
- Les chemins de ton futur. Sache Noan, qu'ici tu as le choix. Tu n'es pas encore mort mais tu peux choisir de revenir à la vie et reprendre ainsi ta vie ou venir avec moi, et rejoindre tous ceux qui t'attendent depuis si longtemps, ton père, Odin, la petite fille, moi et bien d'autres encore. Tu as laissé une marque dans le coeur de tous les gens que tu as croisé dans ta vie. Mais avant de faire ton choix, j'ai quelqu'un à te montrer.
Ils étaient arrivés au bord d'une rivière qu'il semblait courir sur cette plaine sans fin. D'un geste ample de bras, elle lui montra la surface de l'eau:
- Vois-tu ce jeune homme qui pleure?
- mon Dieu, Duo! Pourquoi pleure-t-il?
- Il pleure un amour qu'il croit avoir perdu à jamais, par sa faute. Il est persuadé qu'il lui a porté malheur. Que son amour est une malédiction. Qu'il n'est pas digne d'être aimé
- Mais non, ce n'est pas vrai. Il faut surtout pas qu'il pense ça. C'est la personne la plus digne d'amour que je connaisse. Mais qui pleuret-il?
- Toi Noan.
- Moi?
- Oui mon enfant, c'est toi sur ce lit d'hôpital. Tu t'es sacrifié pour lui sauver la vie.
- C'est à cause de moi qu'il pleure?
- Oui, mon fils et ce soir, il viendra nous rejoindre.
- Hein?
- Il a décidé de te suivre dans la mort.
- Non, il ne doit pas faire ça. Pour Quatre, pour Hilde, pour les autres, pour moi.
- Voilà ton choix, mon enfant, ta famille que tu as tant cherché ou cet homme.
- Vous savez quel serait mon choix en me montrant ces images, n'est-ce pas mère?
- Oui, je ne veux que ton bonheur et de tout façon, un jour ou l'autre, tu viendras me rejoindre.
Elle prit sa main et lui donna un anneau fait de deux anneaux, un d'or et l'autre d'argent enlacés:
- Donne la à Duo, c'est l'alliance de sa mère et dit lui que vous avez notre bénédiction.
- Oui mère.
Elle lança doucement et déposa un baiser sur son front:
- Adieu mon fils.
- Adieu mère.
Il se sentit lentement replonger dans le sommeil.
Ce soir là, Duo avait décidé d'en finir. Il avait apporté son couteau préféré, une dague ornée d'un petit cristal que Solo lui avait donné pour exécuter sa volonté.
Il s'étendit doucement au côté de son amour, les larmes, devenues ses nouvelles compagnes, coulant lentement de ses yeux et murmura:
" Pourquoi m'avoir sauvé la vie si c'est pour la vivre sans toi. Je n'en peux plus de te voir allonger sur ce lit sans la moindre réaction. Je n'en peux plus de voir les gens que j'aime partir sans moi. Cette fois-ci, je partirai avec toi. Je t'aime plus que tout Heero, attends moi, j'arrive."
Il leva la lame au dessus de son coeur et commença à l'abaisser quand il entendit un faible murmure à son oreille:
"Je t'aime aussi..."
Il suspendit son geste à quelques centimètres de sa poitrine. Il tourna lentement son visage vers celui d'Heero et rencontra un intense regard cobalt. Ils restèrent ainsi quelques instants à se dévisager. Un sourire radieux se dessina sur le visage du natté au travers de ses larmes.
"Heero..." fut le seul mot qu'il put souffler.
Voyant que Duo ne bougeait pas, il prit le couteau et le posa sur la table de nuit. Il ne dit rien, ne lui reprocha rien. Il posa sa main sur la joue du natté, la caressa doucement et l'embrassa. Un baiser doux et chaste, une caresse pour dire je t'aime, pour dire reste avec moi. Il le prit dans ses bras et le serra fort contre son coeur.
C'est Trowa qui les trouva endormis. Vu leur position, il supposa qu'Heero s'était finalement réveillé. Il s'apprétait à sortir de la chambre quand il entendit qu'on l'appelait.
" Trowa, c'est toi?
Trowa reconnut avec soulagement la voix de son ami.
-Oui, Heero, c'est moi. Tu es enfin réveillé, souffla-t-il pour ne pas déranger Duo qui avait bien besoin de sommeil.
- Je suis désolé de vous avoir causé tant de soucis.
- Ce n'est pas grave, Heero. Ton sacrifice a été un réèl succès et même si nous avions eu à pleurer un ami, nous aurions la consolation de savoir qu'il avait sauvé de nombreuses vies au prix de la sienne. Seul, Duo ne l'aurait pas accepté.
- Je le sais, dit-il en désignant la dague sur la table de nuit.
- C'est sa mort imminente qui t'as ramené, n'est ce pas? Les mercenaires qui m'ont élevé me parlaient d'un étrange monde entre le monde des vivants et le monde des morts où l'on avait droit à un choix. Selon la légende, seul un guerrier au coeur pur avait ce privilège. Qui fut ton guide?
- Ma mère, j'ai rencontré ma mère. J'ai eu le choix entre ma famille que j'ai toujours espèré retrouver et Duo.
- Un choix difficile.
- Non, elle a tout fait pour que je revienne auprès de lui. Elle me l'a montré avec cette dague à la main et m'a dit qu'il nous rejoindrait ce soir. Je n'ai pas chercher, il était hors de question que je laisse Duo se suicider à cause de moi.
- Je vais vous laisser seuls et annocer la bonne nouvelle aux autres.
- Avant de sortir, peux-tu me donner une couverture. Je ne voudrais pas qu'il s'enrhume.
Trowa ouvrit le placard et attrapa une couverture qu'il déposa sur les épaules de Duo.
- Merci Trowa.
- A demain Heero."
