Bon, je pensais arrêter d'écrire cette histoire mais l'inspiration (et une intrigue valable) m'est revenue donc voici la suite. J'ai d'ailleurs changé le titre pour qu'il convienne mieux.
Réponses aux reviews :
Owlie : La toute première review que tu m'as mise, Owlie ! Ca m'a fait bizarre de la relire.
Tu as raison, Mary va aller à Poudlard et c'est dans ce chapitre que tu découvriras comment.
Adèle : Merci beaucoup. J'espère que ton roman avance bien.
Asilys : Merci d'avoir pris la peine de lire toutes mes histoires.
Et merci encore à vous tous car si vous lisez encore cette histoire après tout ce temps, vous faites vraiment preuve d'une patience extraordinaire.
LE POUDLARD EXPRESS ARRIVE TOUJOURS A L'HEURE
Premier septembre. Le Poudlard Express vomit son habituel panache de fumée sur le quai bondé. Sorciers, élèves, animaux vont et viennent dans toutes les directions, dans une joyeuse agitation caractéristique de la rentrée des classes à Poudlard. La fumée, le brouhaha, la confusion qui accompagnent ce tourbillon humain les empêchent de prêter attention à ce qui se passe autour d'eux. C'est dommage car un observateur attentif pourrait remarquer quelque chose de hautement inhabituel dans cet endroit pourtant si inhabituel qu'est la voie 9 ¾ . Une jeune fille réfugiée dans un coin qui ne semble pas prendre part à l'agitation ambiante. Habillée en Moldue comme la plupart des autres élèves mais dont les traits, le regard et l'attitude n'expriment qu'une seule idée : l'envie.
Mary Dove balaya le quai d'un regard perçant, s'arrêtant de temps à autre sur une jeune silhouette porteuse d'une lourde valise. Un élève de Poudlard. Que n'aurait-elle pas donné pour être l'une d'entre eux ? C'était tellement injuste.
C'était la première chose qu'elle avait appris du monde magique, l'injustice. La première phrase qu'elle avait lue dans le livre que l'homme lui avait donné et qui avait suffit pour transformer son émerveillement en haine. « Les non-sorciers, communément appelés Moldus, n'ont pas une goutte de sang magique dans les veines et ne peuvent donc pas pratiquer la magie. »
Mary ferma les yeux et secoua la tête comme si elle cherchait à sortir d'un mauvais rêve. Il ne fallait pas qu'elle s'abandonne à ces sombres pensées. La haine ne lui servirait à rien.
A l'instant où elle avait appris l'existence du monde de la magie, elle avait su que plus rien ne serait comme avant. La vie qu'elle avait menée jusqu'alors paraissait si terne en comparaison de celle qu'elle aurait pu avoir, si elle avait été une sorcière ! Alors Mary avait pris sa décision. Elle serait une sorcière quoi qu'il en coûte.
Grâce aux indications données par ce livre Guide de la magie à l'usage des Moldus, elle avait été sur le Chemin de Traverse. Elle avait retrouvé l'émerveillement du premier jour en voyant toutes ces boutiques fabuleuses mais surtout, elle avait trouvé la bibliothèque. Mary avait toujours aimé les livres. Ils lui avaient appris presque tout ce qu'elle savait et, s'il y avait un moyen de devenir une sorcière, c'était dans un livre qu'elle le trouverait, elle en était sure. Et, après tout, pourquoi serait-ce impossible ? La Pierre Philosophale existait bel et bien. En quoi était-il plus difficile de devenir une sorcière que de devenir immortelle ? Et à quoi servait la magie sinon à rendre l'impossible possible ?
A cette pensée, Mary sentit l'espoir lui revenir et son aigreur se dissipa. Elle regardait les élèves presque avec affection maintenant comme si elle était déjà une de leurs condisciples. Puis son regard se posa sur le Poudlard Express et elle fut prise d'une curiosité soudaine. Elle avait visité assez de lieux magiques pour savoir qu'ils recélaient tous de surprenantes merveilles et elle avait envie de connaître celles que cachaient le Poudlard Express.
Mary consulta sa montre. Onze heures moins le quart. Elle avait largement le temps de faire une petite visite. Et, de toute façon, les trains partaient toujours en retard. Elle se glissa prudemment parmi la foule et, profitant d'un instant d'inattention du contrôleur, monta dans le train.
Elle passa alors de compartiment en compartiment, prête à ne rien perdre du spectacle mais, au bout d'un moment, elle dut se rendre à l'évidence. Le Poudlard Express n'avait rien d'extraordinaire. N'eût été son bon état, on aurait pu le prendre pour un train moldu du siècle dernier. Mary chercha à se consoler en écoutant les conversations des élèves, espérant surprendre d'importantes informations sur le monde magique mais là encore, elle fut trompée dans son attente. Il n'y avait qu'un seul sujet de conversation sur toutes les lèvres, le monde magique traversait clairement une mauvaise passe. Dépitée mais aussi assez fière qu'aucun Moldu n'ait jamais eu peur de prononcer le nom de qui que ce soit et surtout pas celui d'un sorcier grandiloquent, Mary se laissa tomber sur une banquette pour se reposer quelques minutes avant de repartir. Mais soudain, une vibration de mauvaise augure sous ses pieds vint l'avertir que le train l'avait prise de vitesse. Il démarrait !
Un instant, Mary crut qu'elle allait avoir une crise cardiaque tellement son cœur battait fort dans sa poitrine mais l'instant d'après, elle s'était remise sur ses pieds et courait à toute allure vers la portière. Lorsqu'elle parvint enfin à faire jouer la poignée, il était trop tard. Le quai était déjà loin et seul le sifflement du vent répondit à son cri désespéré. Elle referma la porte et se laissa lentement glisser jusqu'à terre. Les larmes coulaient sur son visage pâli. Toutes les futures conséquences de son acte étaient présentes à son esprit : sa famille morte d'inquiétude, elle-même seule et sans appui parmi des inconnus, sur le point d'être découverte par ceux dont elle avait surpris le secret. Mon Dieu, qui sait ce qu'ils allaient lui faire ! Et pour la première et unique fois de sa vie, Mary Dove souhaita n'avoir jamais connu le monde de la magie.
Heureusement, elle n'eut pas longtemps à se désespérer. Une voix douce et inquiète la tira bien vite de sa torpeur même si ce ne fut, à dire vrai, que pour lui faire dresser les cheveux sur la tête de terreur.
« Qu'est-ce qui t'arrive ? »
Mary se retourna et vit un garçon et une fille, l'un grand et roux, l'autre brune et aux cheveux touffus, tous deux arborant une insigne de préfet, penchés au-dessus d'elle.
« Est-ce que tu t'es fait mal ? », insista la fille.
« Non, bredouilla Mary, disant le premier mensonge qui lui venait à l'esprit. Je… j'ai oublié ma valise, c'est tout.
-Ne t'en fait pas pour ça, tu demanderas à ta famille de te l'envoyer par la poste, dit la brune du même ton consolant tout en jetant un regard noir au garçon qui venait de murmurer quelque chose comme « Neville… ».
-En attendant, tu peux demander à tes amis de te prêter une robe pour la soirée, ajouta-t-elle.
-Je n'ai pas d'amis, répondit Mary.
-Moi, je veux bien t'en prêter une. Viens dans mon compartiment à la fin du trajet. Au fait, je m'appelle Hermione Granger et voici Ron Weasley, déclara-elle, lançant un nouveau regard noir au garçon qui avait dit, cette fois tout à fait distinctement, « Luna ».
Mary accepta de bon cœur cette offre de service, ravie de s'en tirer à si bon compte et partit à la recherche d'un endroit où passer le reste du voyage. Elle n'avait pas oublié son malheur mais le désespoir l'avait quittée. Après tout, ce qui est fait est fait et, advienne que pourra, elle était maintenant sure de voir Poudlard au moins une fois. De plus, le visage de cette fille qu'elle venait de rencontrer, lui avait redonné confiance. Elle aurait été bien incapable de dire où mais elle était certaine de l'avoir vu auparavant, il lui était si étrangement familier, ce visage. Elle prit donc son parti de la situation, décida, après mûre réflexion, que les toilettes étaient le seul endroit où on ne risquait pas de la déranger et de lui poser des questions gênantes et s'y établit en conséquence.
Ce qu'ignorait la pauvre Mary, c'est que tout a des limites en ce bas monde, le courage en particulier et, dès qu'elle eût franchi la porte de la cabine, la résolution qui l'avait soutenue jusqu'ici l'abandonna et elle s'effondra en pleurant contre la paroi, souhaitant de toutes ses forces être de retour chez elle, retrouver sa mère, sa famille, son école, sa vie d'avant. Elle était passée à nouveau de l'autre côté de la barrière mais, cette fois-ci, la barrière ne s'ouvrirait plus. Peut-être même jamais plus. Elle pleura si fort et si longtemps qu'elle finit par s'endormir, bercée par le doux roulement du Poudlard Express.
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