Réponses aux reviews :
Owlie Wood : Encore une review très flatteuse ! Merci, Owlie !
Zazaone : Effectivement, je m'identifie beaucoup à Mary. Quand à souhaiter être à sa place, c'est selon. Enfin, tu verras bien par la suite.
Gaellom : Tu as raison sur toute la ligne. Oui, j'adore Agatha Christie et oui, Mary sera très douée en potion.
LA MOLDUE DANS LE PLACARD
Mary se retourna dans son lit.
Peine perdue car elle avait beau changer sans cesse de position, son dos restait toujours aussi douloureux et elle se sentait toujours aussi mal à l'aise. Pour ne rien arranger, il lui semblait que quelqu'un frappait à la porte de sa chambre et l'appelait.
« Maman, maman, s'il te plaît, murmura Mary dans son sommeil. Je ne veux pas aller à l'école. »
Les coups devinrent de plus en plus forts au point que Mary se redressa sur son séant, à demi réveillée. La voix était plus claire, elle aussi, mais elle ne ressemblait pas du tout à celle de sa mère. C'était une voix d'homme, grincheuse et amère.
« Qu'est-ce que ces maudits elfes ont encore fait ? Je n'arrive plus à ouvrir la porte. Il y a quelque chose qui bloque. »
Mary écouta ces paroles étranges aussi attentivement qu'elle le put, sans les comprendre davantage que si elles avaient été prononcées en Chinois. Puis, se dégageant lentement des brumes du sommeil, elle commença à promener son regard sur ce qui l'entourait. Au début, elle ne vit rien. L'obscurité était totale, à l'exception d'une faible lueur qui brillait sous la porte. Mais la porte elle-même était sans cesse ébranlée par des coups violents comme si quelqu'un cherchait à l'enfoncer et, au fur et à mesure qu'elle cédait, davantage de lumière entrait. Au bout d'un moment, Mary put donc voir assez précisément quelle était la pièce dans laquelle elle se trouvait.
C'était une espèce de réduit ou de placard étroit, encombré d'ustensiles de ménage, la plupart desquels étaient empilés devant la porte, formant une sorte de barricade de fortune. Mary eut un serrement de cœur en constatant que son lit douillet n'était en fait que deux ou trois balais abandonnés sur le sol avec un seau surmonté d'une serpillière en guise d'oreiller. Elle était en train de penser que son mal de dos au moins s'expliquait quand un coup encore plus violent que les autres et qui fit s'effondrer une pyramide de bouteilles de détergent la rappela brutalement à la réalité et lui fit prendre conscience du danger immédiat. Instinctivement, elle traversa la pièce et se rejeta derrière la porte entrebâillée au moment même où celle-ci s'ouvrait à la volée.
L'homme inconnu entra en grommelant et commença à fourrager parmi les différents ustensiles.
« Quel désordre ! Maudits elfes de maisons ! Dumbledore va m'entendre. C'est moi qui fait tout ici. »
Mary écoutait, la cœur battant et retenant sa respiration, de peur que le concierge (car tel semblait être son poste) ne se tourne vers l'endroit où elle était cachée. Mais, heureusement pour elle, il se contenta de remettre grossièrement les choses en ordre et repartit d'un pas traînant. A peine fut-il hors de vue qu'elle se précipita hors de sa cachette et courut dans la direction opposée à celle qu'il avait prise.
Cette mauvaise passe n'avait duré que quelques minutes mais les nerfs de Mary étaient sérieusement ébranlés. Elle l'avait échappé belle, elle le savait, et elle frémissait à la pensée de ce qui serait arrivé si elle n'avait pas eu la présence d'esprit de se cacher.
Après quelques minutes de course effrénée dans les couloirs de Poudlard, Mary se sentit plus calme cependant et s'assit dans un coin pour réfléchir à la situation.
Les choses allaient mal pour elle, pas de doute là-dessus. Elle avait dormi dans un placard à balais, faillit se faire prendre et son estomac criait famine. Pire, elle n'avait aucune idée quant au moyen de s'en sortir.
Mary retourna cent fois les événements de la journée précédente dans son esprit sans que ça lui apporte rien de nouveau, à part un mal de tête. Pourtant, dans toute cette confusion, une idée vague surnageait : celle de la fille qui lui avait prêté sa robe, lui permettant d'entrer incognito à Poudlard. Si une aide était possible, elle ne pouvait se trouver que de ce côté-là. D'ailleurs, la chance l'avait bien servie jusqu'ici. Autant valait s'en remettre à son instinct.
Heureusement, elle savait où les élèves mangeaient, ayant entrevu une espèce de grande cantine à ciel ouvert à son arrivée à Poudlard. Elle alla donc se placer juste à l'entrée de la salle, en prenant soin de se dissimiler derrière une armure pour observer les gens qui passaient.
Elle commençait à croire que celle qu'elle attendait avait déjà mangé lorsque la fille en question parut sur le seuil, accompagnée par son ami roux de la veille. Aussitôt elle jaillit hors de sa cachette et lui prit le bras en balbutiant une salutation. Le garçon roux poussa un petit cri aigu et sursauta mais la fille ne parut pas du tout décontenancée. Au contraire, elle adressa un grand sourire à Mary et lui demanda de ses nouvelles.
« Ca va très bien, dit Mary d'un ton hésitant. J'ai écrit à mes parents pour leur demander de m'envoyer mes affaires. »
Et, encouragée par le sourire bienveillant de son interlocutrice, elle ajouta : « Je voudrais te demander juste une chose… Il m'arrive de me lever trop tard et de ne pas pouvoir déjeuner… Est-ce que tu saurais où je peux trouver à manger ? »
Et elle leva vers la fille des yeux rendus suppliants par la faim et la certitude d'avoir donné une très mauvaise excuse.
Surprise par ce regard étrange, l'autre répondit d'un ton gêné : « Rien de plus facile. Va aux cuisines. Les elfes de maison sont très accueillants. Ils te donneront tout ce dont tu as besoin. » Et elle accompagna son conseil par des renseignements très détaillés concernant l'emplacement des cuisines et le moyen d'y accéder.
Mary remercia d'un signe de tête et, un instant plus tard, elle était en chemin, non sans avoir eu le temps cependant d'entendre le garçon grommeler derrière elle : « Quelle folle, cette fille ! Jamais vu une pareille. C'est Neville et Luna réunis. Et tu as vu comme elle était débraillée ? On dirait qu'elle a dormi dans un placard. »
La jeune sorcière n'avait pas menti. Avec les elfes de maison, le mot « accueillants » était un euphémisme. Il lui suffisait de demander pour obtenir tout ce qu'elle voulait. Et ils ne demandaient jamais de justification. Au bout d'un certain temps, elle s'enhardit à leur demander la permission de prendre ses repas avec eux sous prétexte qu'elle n'avait pas d'amis dans sa maison et qu'elle préférait leur compagnie. Bien entendu, ils acceptèrent avec joie.
Le château n'avait maintenant plus de secrets pour Mary. Elle savait quels couloirs prendre pour éviter les autres. Elle connaissait des endroits isolés où dormir. Elle se cachait derrière des tapisseries pour entendre les mots de passe et pénétrer dans les dortoirs où elle prenait des douches. Au besoin, elle se mêlait à la foule en rabattant ses cheveux sur son visage pour passer inaperçue et disparaissait comme une ombre dans une classe vide.
Il n'y avait que trois êtres qu'elle craignait au monde : Rusard, la fille mystérieuse et son ami roux. Rusard rôdait dans les couloirs comme un sinistre oiseau de proie à la recherche de gens comme elle, qui enfreignaient les règles ou même la loi, et les deux jeunes sorciers étaient les seuls au château à connaître son existence. Malgré cela, Mary vivait heureuse à Poudlard. Le vieux château lui était presque plus cher que sa propre maison et elle avait la certitude qu'elle pouvait y passer sans risque le restant de ses jours.
Pourtant, quelque chose manquait à son bonheur. En entrant dans le monde magique, elle s'était juré de devenir une sorcière, quoi qu'il en coûte, et elle n'était parvenue à devenir qu'une parasite. Elle habitait Poudlard, un des plus haut lieux de magie au monde, mais seulement en passagère clandestine qui côtoyait le monde magique sans en faire partie, qui vivait avec une multitude de sorciers sans qu'ils se doutent même de son existence.
Elle avait essayé pourtant. Elle avait exploré de fond en comble la bibliothèque et même la Réserve sans trouver trace d'une potion ou d'un sort qui permettent aux Moldus de devenir sorciers.
Ils ne s'en étaient probablement jamais souciés. Pour eux, les Moldus n'avaient aucune espèce d'intérêt. L'idée qu'une Moldue puisse vivre au milieu d'eux sans être repérée ne leur était sans doute jamais venue à l'esprit. Tout n'aurait pas été si facile autrement. Quand à penser que cette Moldue puisse devenir une sorcière…
Mary sourit intérieurement. Elle allait leur montrer de quoi les Moldus étaient capables. Et elle se mit à chercher dans une catégorie qu'elle avait un peu négligé auparavant : la magie noire.
Review, please ! Je sais que je ne suis pas Alohomora question succès mais, comme tous les auteurs, j'aime beaucoup ça.
