Auteur : Choupette
Titre : Energie
Disclaimer : G-Boys pas à moi, Erika si.
Couples : 1x2, 3x4, 5xE
Avertissements :
Ca y est c'est le dernier chapitre. Ouin ! Ouin ! Je vais pleurer, suis trop triste. Exceptionnellement j'ai mis les réponses aux reviews avant le chapitre et du même coup je remercie tous ceux qui ont lu cette fic (les reviewers comme les grands timides... MDR)
MERCI A TOUS !
Vous imaginez pas à quel point je suis contente pour le soutien de tout le monde. Voilàa j'ai pas grand chose d'autre à vous diire. Ma prochaine fic paraîtra en décembre pour les vacs de noël. Si vous voulez plus de détails là-dessus, demandez.
Comme d'habitude, toutes les reviews sont acceptées : les critiques, les encouragements, les doléances, même les menaces. Merci à Naïa, ma bêta lectrice, bisous à Louloute et toutes celles que je croise sur msn.
Bisous à tous le monde.
Réponse aux reviews :
Kelidril : Coucou petite Kel. Pour le scotch... J'en étais sûre, je le savais ! MDR. j'espère dans ce cas-là qu'on t'apporte à manger de temps en temps. Tu as raison chacun son tour, même si ça m'a fait mal d'avoir tué Zechs et Treize, je les aime trop (surtout Treize en fait). Pauvre Treize, voir son aimé mourir dans ses bras. Pour J... aucun regret, mais je commence à prendre l'habitude, vu que je lui fait sa fête assez souvent. Lol. Je te remercie enormément d'avoir reviewé aussi vite et à chaque chapitre, c'est vraiment adorable de ta part. je vais rajouter une chandelle sur mon autel des lecteurs anonymes. Lol. Je te fais de gros bisous. Chou
Laura Kaede : Hello miss L. Je te fait Sacrifice et Energie en même temps. C'est vraiment trop gentil de ta part d'avoir reviewé pour Sacrifice. "Un peu trop attachants pour leur bien", tu as des envies de captures. (Super L(K) devant une table, une liste à la main : " Les grappins : ok, filets : ok, cordes : ok, appats : laptop, pizza, un petit chat à la patte cassée, un rachid sous verre, un sabre : ok. LK met un bandeau rouge autour de sa tête : A la chasse !) Par contre tu as du te crever à lire tout d'un coup et le chap 9 d'énergie en plus. Chapeau (Chou, les larmes aux yeux comme dans les mangas débiles: je ne mérite pas tant de considération, sniff, sniff.). En tout cas, tu as du faire de beaux rêves après tout ça. MERci; merci merci merci encore je sais ça doit être lassant à force. Bisous. Chou
Lucy-hp :Ouais ! J'ai réussi à te faire pleurer, j'ai réussi à te faire pleurer ! Lol. Je devrais tuer Sally plus souvent... Merci pour le compliment pour la scène entre Zechs et Treize, j'ai eu un mal fou à l'écrire. A chaque fois, j'allumais mon ordinateur, restais une demi-heure devant pour finalement l'éteindre. Pour Wufeï et Erika, je ne sais pas si la fin va te satisfaire (je risque même de me faire lyncher). Enfin tu verras. Lady Une... Hum... Comment as-tu deviné ! Lol. Ce sera beaucoup moins théâtral par contre. Pour l'écrture maultimédia, j'ai pigé c'est bon. Merci beaucoup, beaucoup pour ta (tes) review, ça me fait vraiment plaisir comme à chaque fois. J'espère que ce chapitre va teplaire, même si j'ai un peu peur que tout le monde ne soit pas très content et se sente un peu sur sa faim. Gros bisous. Chou.
Didou : Ah, ma petite didounette, si tu savai. j'ai reçu un truc trop bizarre : un bloc de texte sans queue ni tête... Je crois que ça parlait de puces, y avait un truc qui sautait partout ou quelque chose comme ça. MDR. Non, je plaisante, j'adore ta review, c'est mignon. Dis... tes voisins n'ont pas appelé les flics ou un hôpital psychiatric. Ben oui, ça doit faire curieux de voir quelqu'un sauter et crier de joie dans la rue. j'espère qu'ils ne l'ont pas fait, sinon il va falloir que je vienne te chercher (te sauver ?) pour que tu continues à m'envoyer des review. Merci pour les compliments (superbe et sadique"). Je suis vraiment contente que ça te plaise. Je savais que tu hurlerais pour Heero et Duo. Ca y était presque, hein ? Qaund je pense à eux, c'est vrai qu'ils n'ont vraiment pas de chance. Est-ce que ça va s'arranger ? ( Chou entrain de construire des barricades autour de son ordi) Je pense pas (attention voilà l'ouragan Didou, pas content...) En ce qui concerne le chemin de fer, heureusement que tu me l'as rappelé, je l'avais oublié sur la voie. Le pauvre, il était tout frigorifié, il a fallu que je le réchauffe (Sifflote). J'espère que tu pourras avoir accès à Internet, moi je le veux ton blabla, surtout que je pense que tu devrais avoir beaucoup de choses à dire... ... ... Treize et zechs perso, ça m'a traumatisées. Vu que je n'arrivais pas à écrire la scène, je n'arrêtais pas d'y penser : zechs ensanglanté, Treize pleurant sur son corps... Sniff. Pour le prince charmant j'y crois qu'à moitié donc je vais les faire souffrir raisonnablement... (pensive) oh, et puis tant pis ! Vive la souffrance ! (retour de l'ouragan didou)... Je vaisvoir ce que je peux faire. Je susi entrain de devenir pire que toi, tu as vu tout ce blabla ? Je vais te laisser découvrir ce dernier chapitre. Gros Bisous. Merci. Chou. Ps : range tes chibi eyes, ça marche pas avec moi.
Ange du desespoir : Ben dis-moi, c'est gai comme pseudo ça ? Tu vas me dire que c'est moins ridicule que Choupette, c'est clair, mais quand même, pourquoi avoir choisi ça? Je suis contente que cette fic te plaise autant et suis désolée de te dire que c'est le dernire chapitre. De plus il n'y aura pas de suite puisque je me suis lancée dans 3 ou 4 autre projets mais si tu veux j'ai d'autres fics d'éditées (Fraternité, avec une séquelle, Sacrifice et sa suite Quoiqu'il arrive.) Voilà j'ai fait ma pub, lol. Merci pour ta review et bisous. Chou
Flo shadow spirit : Les neuf d'un coup ! Ouah, ce que ça me rend heureuse, tu peux pas l'imaginer. Mdr. je en mérite pas tant. Je te remercie beaucoup, par contre je ne te promet rien pour l'happy end. Tu vas le voir tout de suite puisque c'est le dernier chapitre. Bisous. Chou
Chapitre 10
Erika ne savait plus où donner de la tête. Les ozzis avait attaqué la ville où ils s'étaient réfugiés. Tout n'était plus que ruine autour d'elle. Couverte de poussière, le teint blafard, elle venait de sortir de sa cachette. Elle cherchait des yeux le moindre signe de vie qui pourrait lui indiquer la position de son frère ou de ses amis. Elle commença à courir dans les rues jonchées de débris. Des carcasses fumantes s'étaient couchées pour toujours, détruisant les immeubles, les écoles… Du sang s'écoulait des interstices des cockpits. Tout comme les MS éventrés, les pilotes ne se relèveraient plus.
Il n'y avait aucune trace des Gundams. Les bruits de la bataille ne s'étaient tus que depuis quelques minutes, ne laissant que des lambeaux d'un silence morbide, troublé parfois par l'éboulement de maisons. Au fur et à mesure, sa course devenait effrénée. Elle cherchait désespérément ceux dont elle avait partagé la vie ces derniers mois. Son cœur s'emballait alors que le nombre de MS augmentait autour d'elle. Ruine et poussière, c'est tout ce qu'il restait.
Les larmes commençaient à couler le long de ses joues. Elle avançait sans savoir où aller, quelle ruelle prendre. La peur lui nouait les entrailles, des frissons parcouraient son échine. Elle revoyait encore les armures arriver sur la ville : plus d'une centaine d'après Wufeï. C'était une lutte désespérée qui s'était engagée et pourtant ils étaient montés dans leur Gundam sans la moindre hésitation. Duo l'avait prise une dernière fois dans ses bras en lui promettant de revenir. Il lui avait menti, elle le savait, mais elle n'avait pu le retenir.
Au pied du Deathscythe, Heero s'était approché de son frère et l'avait embrassé. Il avait caressé la joue pâle de Duo à la manière d'un adieu trop douloureux. C'était d'une certaine manière leur premier baiser, le premier mu par ce désir mutuel de toucher l'autre une dernière fois, de sentir son souffle sur ses lèvres. Lorsque Erika avait vu les yeux brillant de tristesse du soldat, elle comprit qu'elle ne les reverrait sans doute jamais. Ils avaient beau être les meilleurs soldats de cette planète, on ne pouvait leur demander d'accomplir des miracles. Duo lui avait fait un signe avant de s'enfermer dans son cercueil de fer.
Elle courait encore et encore, mais pas de Gundams, juste les restes encore brûlants des Léos. Le peu de murs qui restaient encore debout était noirci à cause des explosions, la ville qui s'érigeait autrefois ne pourrait plus être reconstruite.
Elle commençait à trébucher sur les débris, s'écorchant les mains, les bras et les jambes à chaque chute. Mais comment avancer alors que ce liquide salé la rendait aveugle. ? Elle s'arrêta en plein milieu d'un carrefour, tournant sur elle-même, cherchant les traces d'une réalité en laquelle elle ne voulait plus croire. Il ne pouvait s'agir que d'un cauchemar. Alors pourquoi sa poitrine était oppressée par les fumées épaisses et noires. Le sang qu'elle avait sur les mains et la douleur qu'elle ressentait l'ancraient dans le monde réel, dans ce monde cruel. Elle se mit à hurler son désespoir, peu importait que les soldats la trouvent. Le vent emportait le nom des disparus, le nom de son frère. Aucune réponse ne lui parvint, seul le crépitement des flammes fit écho à sa demande. Tout semblait perdu. Elle tomba à genoux. Elle était seule, sa seule famille avait disparu. Elle avait perdu Duo, mais aussi Quatre, Trowa, Heero… et Wufeï. Si son frère savait à quel point elle l'aimait, elle n'avait pu avouer ses sentiments au Chinois qui vivait encore le deuil de Sally.
Ses larmes s'écrasaient dans la poussière sans interruption. Une colère incommensurable grandissait en elle, évinçant sa tristesse. Une rage, qu'elle n'arrivait pas à contenir. Elle se releva, elle devait continuer. Elle ravala ses pleurs, essuyant ses yeux et ses joues. Tout n'était pas encore fini et elle n'était pas la seule à le penser.
Peu à peu, le silence de la ville morte se fissurait. Son regard se dirigea vers la colline qui surplombait la ville. Des troupes de soldats venaient finir le travail sous le commandement de Lady Une. Il fallait qu'elle les retrouve. Elle grimpa sur un monticule de terre élevé, cherchant les armures. Il lui fallut plusieurs minutes pour repérer, à une centaine de mètres, le Heavyarms, dissimulé derrière un pan de mur. Elle se laissa glisser en bas du monticule, courant aussi vite qu'elle le pouvait. Elle cria le nom de Trowa, avant de débouler sur une grande place. Le Heavyarms, un genoux à terre, s'était comme statufié, immobile au milieu des ruines. Elle pouvait voir le Sandrock étendu juste à côté, ses parois étaient presque totalement brûlées. De la neige carbonique recouvrait une partie du cockpit. Elle aperçut le Français couché sur la paroi de verre qui le séparait du pilote. Hormis quelques égratignures, il ne semblait pas blessé.
« Trowa ! »
Celui-ci se retourna lentement. Jamais Erika n'avait vu autant de peur dans les yeux de quelqu'un. Les traits si doux du pilote s'étaient transformés en un vrai masque de terreur. Bien qu'il la regardait, elle n'était pas sûre qu'il la voit vraiment, ses yeux perdus dans le vague. Une larme glissa silencieusement sur la joue de Trowa, la première larme de toute une vie. Érika grimpa sur l'armure et regarda à travers la vitre de la cabine de pilotage. Elle ne voyait rien hormis la fumée. La voix, entrecoupée de sanglots, de Trowa résonna. Le regard fixe, il ne pouvait se détacher de la vitre.
« L'explosion… Elle a soudé le Gundamium. On ne peut pas ouvrir…Il a une réserve d'oxygène… Elle… Elle est en train… de toucher à sa fin.
- Tu ne peux pas l'ouvrir avec le Heavyarms ! »
Le châtain ne l'écoutait pas, hagard, il semblait sur le point de s'écrouler. Elle l'attrapa par les épaules, avant de le secouer comme un prunier.
« Trowa ! Regarde-moi ! Est-ce que tu peux l'ouvrir à l'aide du Heavyarms ?
- … Les commandes sont abîmées, je risque de faire un faux mouvement et de le tuer.
- Il y a forcément une autre solution ! Réfléchis !
- …
- On ne peut pas atteindre la cabine autrement que par le cockpit ! »
Le Français ne bougeait toujours pas, même s'il semblait avoir repris le contrôle de lui-même.
« Si tu ne trouve pas un truc, je te colle une baffe ! Je te préviens ! De toute manière si tu ne fais rien il mourra ! Tu es le seul qui puisse le sauver…
- Pousse-toi.
- Hein ?
- Ecarte-toi. »
Érika se poussa sans chercher à comprendre, alors que Trowa reprenait les commandes du Heavyarms. Elle se cacha derrière les ruines à quelques mètres. Prudemment, Trowa avançait vers le Sandrock. Il activa sa seule arme prévue pour le corps à corps : une courte épée fonctionnant de la même manière que la faux thermique du Deathscythe. Il effleura la surface du Sandrock, des gerbes d'étincelles fusèrent de tous les côtés. Il ouvrait l'armure en se servant de l'arme comme un fer à souder.
Après quelques minutes, Trowa sauta presque de son cockpit et se précipita vers l'ouverture qu'il avait fait. Il s'engouffra parmi les circuits électriques et les composants de l'armure de fer. Érika le regarda disparaître dans la fumée, anxieuse.
L'avancée des troupes d'Oz semblait s'être stoppée. Les soldats s'occupaient des blessés aux abords de la ville. Elle regarda à l'intérieur du géant de fer, parmi les volutes de fumée, elle pouvait distinguer Trowa s'acharnant sur le harnais de Quatre. Celui-ci semblait inconscient, le visage noirci, les cheveux collés par la transpiration.
Les secondes paraissaient s'allonger. Trowa finit par sortir du Gundam en tirant Quatre par les épaules. Il coucha l'Arabe sur le dos et lui releva le menton. Ses lèvres vinrent effleurer celles de Quatre qui ne respirait plus. Il commença le bouche à bouche. Érika n'entendait plus que la voix grave comptant les inspirations, rythmant le sauvetage, un décompte vers la vie. Après quelques tentatives, le jeune homme hoqueta et commença à tousser, reprenant peu à peu son souffle. Trowa le prit dans ses bras en pleurant.
« Ne... me sert… pas… aussi fort.
- Quatre, tu m'as tellement fait peur. »
Érika les regardait, tous deux le sourire aux lèvres. Mais bien qu'attendrie par les deux amants, ils n'avaient pas le temps de se remettre de leurs émotions.
« Il faut retrouver les autres ! Les soldats ne vont pas tarder à arriver ! »
Trowa leva la tête, de nouveau égal à lui-même, calme et impassible.
« Je sais où se trouve Wufeï… Du moins vers où.
- Bien allons-y ! »
Une seconde d'allégresse fit vaciller la peur qu'elle ressentait depuis qu'elle était retournée à la lumière. Trowa prit Quatre dans ses bras et descendit avec précaution du Sandrock. Il guidait Érika parmi les ruines jusqu'au Nataku. Celui-ci n'avait essuyé que peu de dommages au grand soulagement de la jeune femme. Néanmoins, le cockpit était vide et il n'y avait aucune trace de Wufeï.
« Il ne manquait plus que ça ! Comme si on avait le temps de lui courir après ! »
Trowa regardait la jeune femme, amusé. Elle lui mènerait la vie dure à leur petit Chinois. Elle soupira d'exaspération.
« Je ne vois qu'un seul moyen. »
Érika plaça ses mains en porte-voix autour de sa bouche.
« WUFEI ! »
Trowa, juste à côté, du secouer la tête pour l'empêcher de résonner. Même Quatre, à moitié évanoui, sursauta. Érika le regarda en haussant les épaules.
« Si tu as une meilleure idée… WUFEI ! »
Cette fois-ci, la voix du Français fit échos à la sienne. Ils s'y reprirent à plusieurs fois, jusqu'à ce qu'une réponse presque imperceptible, les mis sur sa piste. Érika ne se préoccupa plus de Trowa et Quatre, qui se laissèrent distancer. Elle courut jusqu'à reconnaître la silhouette de Wufeï. Ce dernier sourit en la voyant. Il n'aurait jamais cru qu'une MGV (Maxwell à grande vitesse) courant droit sur lui, lui ferait autant plaisir. Durant toute la bataille, il avait craint pour sa sécurité. Il était hors de question qu'il la perde, elle aussi. Elle lui sauta au cou, le serrant aussi fort qu'elle le pouvait. Il lui rendit son étreinte, profitant de la chaleur de son corps, de son souffle sur sa nuque.
Érika se recula pour le regarder. Une lueur de tristesse se lisait dans les perles noires. Elle déglutit. Wufeï avait retrouvé l'un des deux disparus… Elle n'osait imaginer dans quel état.
« Lequel ? »
Il lui prit la main, l'amenant jusqu'à l'amure. Érika s'arrêta en apercevant le Deathscythe. Elle ne voulait pas savoir ce qu'il s'était passé. Tout ce qu'elle avait en tête était les paroles d'Heero lorsqu'il lui avait expliqué les spécificités de chaque Gundam.
Le Deathscythe a l'armure la plus légère et la plus fine pour ne pas apparaître sur les écrans radar et augmenter sa vitesse. Cela pose un problème, car le pilote est moins protégé.
Ces paroles résonnaient dans sa tête alors qu'elle contournait le Gundam. Duo était étendu quelques mètres plus loin. Érika s'agenouilla auprès de son frère, sans oser ne serait-ce qu'effleurer sa peau. Son visage était couvert de sang, à cause d'une arcade complètement explosée. L'un de ses bras semblait disloqué et Wufeï avait fait des attelles pour lui faire reprendre un angle un peu plus normal. Érika écoutait Wufeï lui expliquant qu'il s'en tirerait, qu'il l'avait trouvé inconscient au milieu des décombres depuis bientôt une heure et, sans savoir pourquoi, qu'il n'arrivait pas à le réveiller.
Elle aurait pourtant, tellement voulu voir l'éclat de ses yeux… Jusqu'à ce qu'elle vit comme des étincelles sur la peau pâle. À mieux y regarder, son visage était couvert de limaille de fer. Le frottement des tôles d'acier avait du projeter des morceaux de fer dans les yeux de Duo. Elle n'osa pas soulever les paupières pour voir l'étendue des dégâts et amplifier ce qu'elle savait maintenant être des larmes de sang, s'égarant sur ses pommettes. Dans son esprit, elle vint vite à la conclusion que si ce n'était pas soigné très vite, il risquait de devenir aveugle.
Wufeï s'agenouilla à côté d'elle et passa un bras autour de ses épaules. Au loin, la rumeur des pas des ozzis, martelant le sol, s'amplifiait. Ils seraient là d'une minute à l'autre.
« Qu'est-ce qu'on va faire ? Et Heero ?
- Vu l'état des Gundams et leur nombre, il vaudrait mieux fuir.
- Non. On ne peut pas transporter Maxwell et nous n'avons pas de lieu de replis. Autant nous coller des cibles dans le dos.
- Attendre ici revient au même, on n'a aucun moyen de se défendre.
- Si on en a un ! »
Erika se tourna vers son frère et le prit délicatement dans ses bras. La lueur bleue les entoura aussitôt. Elle fit signe à Wufeï qui lui tendit un couteau. Elle entailla sa paume et inspira à fond, jetant un regard aux pilotes. Elle espérait que cela marcherait malgré l'état de Duo. Elle caressa le visage de son jumeau, un éclat blanc les éblouit, alors que le vent se mettait soudain à souffler. Comme une protection, une bulle de couleur nacrée les entoura. Telle une bulle de savon, des reflets verts, bleus, roses se détachaient sur le blanc étincelant. Des ondes électriques parcouraient la peau et les cheveux des deux jumeaux. Le vent soufflait, faisant voltiger les mèches couleur miel d'Érika et de Duo, les enveloppant d'une aura presque dorée.
Les soldats s'approchaient et commençaient à tirer sur eux. Les yeux d'Érika devinrent complètement noirs. Les balles sifflaient et s'écrasaient sur la paroi formant des ondes comme sur la surface de l'eau.
« Duo ! Il faut que tu te réveilles !
- …
- Je sais que tu peux m'entendre ! »
Les pilotes suivaient la scène sans trop y croire. Duo était bien trop faible pour entendre quoique ce soit. Et Érika ne pourrait pas tenir longtemps seule. De plus, elle ne pouvait que les protéger. Pourtant la barrière augmenta de volume, couvrant un périmètre assez important. Duo ne bougeait, ni, n'ouvrait les yeux. Trowa vit seulement ses doigts bouger de quelques millimètres et un éclair frappa le premier soldat qui arrivait vers eux.
« C'est bien Duo ! Ecoute-moi : les ozzis arrivent sur nous. Les Gundams sont trop endommagés pour que l'on se défende. J'ai… On a besoin de toi ! »
Le vent s'intensifia en puissance, des éclairs jaillirent dans toutes les directions. Des dizaines de soldats périrent, électrocutés. Quatre se resserra contre Trowa, ressentant toute la puissance des deux jumeaux qui, unis, représentaient la défense et l'attaque : la complémentarité. Il comprenait aussi que ce n'était qu'ensemble qu'ils pouvaient user de leur pouvoir au maximum.
Son regard se posa sur le visage de Duo. Chaque particule de fer semblait se liquéfier sous le pouvoir de Duo. Il pleurait des larmes d'argent, alors que ses yeux s'ouvraient lentement, aussi blancs que la neige.
Un impact plus fort que les autres frappa la bulle de nacre : ils essayaient de percer leur défense à coup de lance roquette. Les soldats s'étaient mis à l'abri attendant que la barrière disparaisse sous leurs assauts. La peur se lisait sur leurs visages. Le nombre de blessés augmentait à chaque fois que l'un d'eux tentait de s'approcher.
Tout à coup l'envergure de la barrière diminua, les yeux de Duo se refermaient. Érika se pencha sur lui.
« Duo, courage ! Sans toi, nous allons mourir ! Tu dois tenir pour nous protéger, je ne pourrais pas le faire toute seule !
- … »
Le natté essayait de parler, mais aucun son ne passait ses lèvres. Sa respiration s'accéléra, se faisait plus difficile. Il s'essoufflait, tentait péniblement de reprendre le dessus sur la douleur.
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Hee… Heero ?
- … On ne sait pas où il est. »
La barrière diminua d'un coup. Duo avait vu Heero tomber durant le combat, il ne l'avait pas vu se relever. Son cœur refusait la pensée qu'il puisse être mort.
Sur la colline, Lady Une jubilait. Elle voulait leur mort, pour venger Treize, le seul homme qu'elle ait jamais aimé et respecté. Elle semblait comme animée par une folie destructrice, incapable de se contrôler. Elle n'entendait pas les appels radios des dirigeants de Romefeller.
Si les pilotes restaient de marbre, ils commençaient vraiment à s'inquiéter. Érika ne cessait de parler avec douceur à son frère. Duo était pâle, des tremblements le secouaient violemment, sa respiration devenait saccadée. Il s'agrippait désespérément au tee-shirt d'Érika de son bras valide. Il semblait terrifié, un rictus déformait ses lèvres, découvrant ses dents et ses gencives. Il fut pris de convulsions. Wufeï et Trowa aidèrent la jeune femme à le maintenir au sol. Quatre, assit, les genoux ramenés contre sa poitrine, essayait de se boucher les oreilles, de vider son esprit. Il ne voulait plus entendre cette voix qui appelait Heero, encore et encore, comme une litanie désespérée.
La protection se réduisit bientôt à leurs simples corps. Les soldats se rapprochaient. Des coups de feu retentirent à nouveau. Trowa et Wufeï relevèrent la tête : un 9 mm. Cela n'avait rien à voir avec les mitraillettes et les M16 des ozzis. Mais ce fut tellement fugitif.
Duo ne savait plus ce qu'il se passait autour de lui. Tout ce qu'il savait c'est qu'Heero n'était pas là, qu'il ne serait peut-être plus là. Ils avaient combattus ensemble avant d'être séparés par les dizaines de MS qui arrivaient sur eux. Son seul point d'encrage était la voix d'Érika, il ressentait aussi la menace des soldats autour d'eux. Il n'avait pas conscience de la douleur de ses blessures. Peu à peu ses yeux redevenaient normaux, nuancés de violet.
Tout ce qu'il voulait c'était les fermer et s'abandonner au sommeil. Il en avait plus qu'assez de devoir se battre et, se laisser tomber dans le néant était tentant. Il ne voulait plus faire cette guerre. Treize était mort, Zechs aussi. Noin avait rejoint les rangs des pacifistes aux côtés de Réléna. Pourquoi s'acharnait-on contre eux, alors que Oz serait bientôt détruite ? Pourquoi lui refusait-on de vivre normalement avec Érika, Heero et ses amis… Sa famille. La mort de Sally n'avait-elle pas suffit ? Il se laissait envahir par les limbes et les ténèbres. Peut-être qu'en traversant la mort, il découvrirait un autre monde où être heureux.
Quatre crut qu'une vague de froid l'envahissait soudain. Il s'approcha de Duo et laissa la lueur blanche lui entourer les mains. Au fond de son cœur, il savait que Duo les quittait. Érika en avait aussi conscience. Pourtant, ses blessures n'étaient pas assez graves pour qu'il y succombe. Il se laissait mourir, las de n'être qu'une arme de destruction dans un monde déshumanisé.
Tout était perdu. Trowa regardait les soldats qui continuaient d'avancer, une quinzaine de mètres tout au plus les séparaient d'eux. Il prit Quatre dans ses bras, les yeux brillants de larmes, persuadé qu'il lui serait bientôt enlevé à jamais. Quatre se lova contre lui, la tête au creux de son cou.
Wufeï regardait intensément Érika, lui aussi aurait voulu la prendre dans ses bras. Il caressa l'une de ses joues pâle, mais elle le repoussa, les yeux remplis de fureur.
« Je refuse ! Je ne mourrais pas ici, pas maintenant !
- …
- Quatre ! Tu vas me faire le plaisir de te concentrer, je veux savoir où est Heero ! Faut que tu me le trouves ! Il n'y a que lui qui puisse le faire réagir ! »
Les pilotes étaient abasourdis par une telle volonté de vivre. En tant que soldats, ils s'étaient trop bien habitués à l'idée de mourir. Trowa prit la main de l'Arabe dans la sienne et le fixa. Il voulait que Quatre fasse le vide en se focalisant sur lui. Ainsi, il pourrait trouver Heero.
Au bout de quelques minutes, Quatre se mit à parler d'une voix tremblante, il lui avait fallu employer ses dernières forces pour ressentir la présence de son ami.
« Il est tout près, les soldats l'empêchent d'avancer. Il va bien. Érika, le seul moyen pour qu'il puisse nous rejoindre serait d'étendre la barrière pour l'englober.
- Ok… Duo, réveille-toi ! »
Érika criait sur son frère, mais rien ne changerait le fait qu'il ne voulait plus se réveiller. Sans trop y croire, elle leva la main avant de lui mettre la claque du siècle. Duo ouvrit les yeux en sursaut, déjà prêt à les refermer.
« Non, non, non mon petit frère ! Maintenant, tu vas m'écouter ! Tu veux peut-être mourir, mais c'est loin d'être mon cas et je ne pense pas qu'Heero aimerait que tu te la joues : Oh regardez-moi je suis trop lâche pour tenter quoique ce soit ! Je sais que tu n'en as plus la force, mais il faut que tu fasses un dernier effort. Cela ne te ressemble pas d'abandonner, donc tu vas te bouger le cul pour qu'on récupère notre Nippon adoré ! C'est clair ? »
Duo la regardait, à moitié dans le pâté, puis referma les yeux. Une lueur de désespoir se lut dans les yeux de la jeune femme, jusqu'à ce qu'un sourire s'étire sur les lèvres de son frère, et qu'il prononce quelques mots.
« Tu me casses les pieds. »
En même temps, la barrière recommença à s'agrandir, enveloppant avec elle les ruines de la ville. La vague d'énergie grignotait de plus en plus de terrain, repoussait les soldats jusqu'aux limites de la ville. Heero sortit de sa cachette et accourut vers eux. Il prit Duo dans ses bras avant de l'embrasser. Le vent s'intensifia de même que leur baiser, déclenchant une vraie tempête. Des courants électriques jaillissaient des deux corps jumeaux, se propageant sur la terre.
Comme une vague destructrice, les soldats virent avec terreur le mur d'énergie se propulser sur eux, détruisant tout sur son passage. Chaque pierre, chaque morceau de bois, de fer ou de verre se voyait projeter sur les hommes de Lady Une. Tous fuyaient. Ceux qui n'allaient pas assez vite étaient réduits en poussière par les courants électriques. Les visages n'affichaient qu'une peur infinie, certains tombaient à genoux, une main agrippée à la poitrine. Le souffle du vent arrachait les derniers vestiges de la ville.
Quatre se serra contre Trowa, comme s'il avait voulu se fondre en lui, comme s'il recherchait un asile, une sérénité. Tous comprenaient maintenant pourquoi Duo et Erika étaient recherchés par Oz, mais aussi par les mads et tout ceux qui se disaient pacifistes. Quelques bribes de leur dossier leur revenaient en mémoire : armes destructrices, plus puissante que le nucléaire, ne laisse aucune trace : des monstruosités. Une larme s'échappa des yeux azur, les paroles de J résonnaient également dans son esprit : « ils n'ont rien d'humains, ce sont des monstres créés pour tuer ». Que Duo veuille mourir ne l'étonnait plus, car il devait être conscient, plus que quiconque, de l'étendue de ses pouvoirs. Il était seul, condamné à une vie hors normes, tout ce dont il rêvait.
La barrière croissait toujours, toute la ville avait été rasée. Lady Une ne bougeait pas. Elle était désormais seule, une ombre que l'on distinguait au loin sur la colline. Elle avait perdu l'être aimé, elle n'avait plus rien qui la rattachait à cette terre et à la vie. Elle regarda le voile blanc arriver sur elle, puis la recouvrir entièrement. Son corps s'évapora en des milliers de particules lumineuses. Aucune peur ne s'était lue sur son visage, elle aussi ne désirait qu'une chose : que tout s'arrête enfin.
Duo ouvrit les yeux, ne sentant plus les lèvres de son aimé sur les siennes. Heero était auprès de lui. L'améthyste se mirait dans le cobalt, le cobalt dans l'améthyste, il n'y avait plus de différence, il n'y avait plus de couleur, juste de l'amour. Duo savait que la main d'Érika avait quitté la sienne. Il n'y avait plus que le contact des deux bras puissants qui l'enserrait, lui donnant chaleur et soutien. Il était totalement épuisé, vidé de la moindre étincelle d'énergie. Il s'endormit sans jeter un seul coup d'œil autour de lui, savourant la brise qui courait sur son visage.
La ville semblait ne jamais avoir existé, il ne restait qu'une plaine au tapis de poussière. En son centre, six personnes et cinq armures, épargnées inconsciemment par ce flot d'énergie pure, ces deux puissances remplies d'humanité. Les dernières troupes d'Oz avaient été balayées. La paix allait renaître. Trop heureux de savoir leurs aimés en vie, ils ne songeaient pas encore que désormais, ils n'étaient plus que des enfants sans attaches, au milieu de nul part et inconnus du monde.
Mais ça n'avait pas d'importance. Heero écartait les mèches qui encombraient le visage de Duo. Il ne s'était jamais senti aussi bien et aussi serein. Il était libéré de la guerre, enchaîné non plus par la mort, mais par l'amour qu'il portait à Duo. Il était heureux.
Wufeï portait ce même regard, tendre et aimant, sur Érika. Jamais, il ne pourrait oublier cette guerre, ni Merian, ni Sally, mais il pourrait se rappeler que s'il vivait aujourd'hui, c'était pour Érika, qui lui rendrait infiniment son amour.
Quatre et Trowa… Quatre et Trowa rappelaient les amants des contes. Patients, tendres, dont l'amour indéniable était un point d'encrage, une chose immuable à laquelle tous ceux qui les connaissaient se rattacheraient toute leur vie. Ils étaient prêts à profiter de ce bonheur construit sur tant d'horreurs.
Le soleil se couchait sur la vallée, un soleil qui ne serait plus jamais couleur sang, mais juste une lumière dorée les entourant.
Et voilà c'est terminée, je suis trop triste, n'hésitez pas à envoyer les reviews, je medépêcherais d'y répondre, merci encore. BISOUS.
