Ils étaient dans le labo depuis une vingtaine de minutes quand Teyla commis LA faute ! Cette-dernière regardait les tubes en face d'elle quand quelque chose attira son attention… Des mouvements dans un des tubes. Elle s'approcha et tendit la main vers le tube en question, le prit et regarda de plus près…
-Teyla !
La concernée sursauta, le tube lui échappant des main, se brisa sur le sol, et un volute de fumée s'éparpilla dans la pièce…
-Qu'avez vous fait !
Rodney venait de mi-crier, mi-murmurer, la peur l'ayant saisi… Il ne se rappelait que trop bien l'épisode du nano-virus… Il se précipita vers la base de données du labo quand il entendit la porte se fermer en un whooosh sonore ! Il n'aimait pas les lieux fermés, sauf sa chambre… Mais là, il n'y était pas et sa peur s'accrût de façon exponentielle. Teyla venait de bredouiller un « je suis désolée », mais ça n'avait pas grand importance vu qu'ils étaient enfermés. En deux temps trois mouvements, il comprit ce qui se passait…
-Ce labo est un labo d'étude sur les drogues ladies and gentlemen… Nous sommes donc exposé à une drogue.
-Genre… Cocaïne, héroïne ? la voix du major ne présageait rien de bon.
-Un truc comme ça ! Maintenant excusez moi mais il faut que je trouve un moyen de nous sortir de là !
Et Rodney retourna à l'étude de la base de données. Au bout de quelques minutes Rodney se retourna. Juste à temps pour voir Teyla se ruer sur John, le prendre par la nuque et lui coller un baiser du feu de dieu… Le pauvre major, qui ne comprenait plus rien regarda la jeune femme qui, elle, sentait ses joues brûler.
-Qu'est-ce que j'ai fait… ? Major, je suis désolée, je ne sais pas ce qui m'a pris…
-Vous en avez toujours eu envie ?
La question sonnait comme une affirmation. Il n'attendit aucune réponse et continua :
-Cette drogue agit comme un inhibiteur de raison. Ce que nous avons toujours voulu faire n'est plus contrôlé et nous agissons donc selon le gré de nos envies… Une sorte de « sérum de vérité » version actions…
-Interressant Teyla ! déclara John un petit sourire jouant sur ses lèvres, alors comme ça, vous avez toujours voulu m'embrasser, c'est très flatteur vous savez…
-Oui, mais sachez que ça ne se reproduira pas Major, le ton de la jeune femme était froid.
Elle n'aimait pas être dépassé par ses émotions, elle avait une fois commis la faute et s'était jurée, après l'accident qui était survenu de tout ça, que ça n'arriverait plus jamais…
A ce moment précis, un sanglot se fit entendre dans la pièce. Ford pleurait. Des larmes de crocodile en plus… Qui n'avaient pas l'air de vouloir s'arrêter…
-Aidan ? appela Teyla, le prenant par l'épaule. Qu'est-ce qui ne va pas ?
-Personne ne m'a jamais fait ça ! Moi, je n'intéresse personne….
Et il pleura de plus belle… Teyla l'entoura de ses bras et le berça doucement. Il expliqua alors à celle-ci qu'il avait terriblement envie et besoin d'être rassuré et consolé et aimé… Le seul amour qu'il recevait, venait de ses grand-parents… Teyla l'écouta et quand il eut fini, elle lui confia certaines choses que ni Rodney, ni John n'entendirent.
Le scientifique s'était assis, dans un coin, et regardait le major… Ses peurs se confirmaient. Le petit qui pro quo avait été marrant, mais le problème, c'était qu'il aurait voulu que ce soit vrai… « Mon dieu… non, ne me dites pas que… »
Et si, le pauvre Rodney venait de se rendre compte de l'attrait physique du major. Il est vrai que celui-ci était plutôt bien gâté par la nature. Un corps bien dessiné, des yeux profonds et expressifs, des cheveux toujours en batailles qui formaient son charme naturel. Et ce sourire… Si…
La personne en question se rapprocha de Rodney et se pencha sur lui.
-Ne vous approchez pas de mon espace vital major !
-Mais moi, je veux venir plus près… Rodney, ça ne va pas. Je le sais. Il faut que je t'avoue quelque chose…
-Pourquoi ce tutoiement soudain… Déjà la dernière fois et…
-Ben… On est ami, non ? Je sais que ce que t'a dit Mina t'a miné…
-Très drôle le jeu de mots. Bravo !
-Oui, enfin bref, grâce à elle je me suis rendu compte de quelque chose…
-Bien pour toi !
-Tu es mon ami, et pour rien au monde je ne veux perdre ça, mais…
John perdait peu à peu son courage, mais la drogue faisait effet rapidement et il se trouva à prendre la main de Rodney, avec douceur et dit à haute et intelligible voix :
-Mais je veux que nous soyons plus que de simples amis.
- Qu…quoi !
- Tu m'as compris…
- Pourquoi ?
- Parce que j'ai des sentiments pour toi.
- Ce… C'est vrai ?
La voix de Rodney était réduite à un murmure, plutôt aigu. Il semblait ne pas y croire.
- Oui, tu en doutes ?
- Ben… Un homme comme toi. Qui plus est un militaire, je… Enfin, on se rappelle tous de Chaya et presque de Mina…
Tout ce que fit John fut de lui toucher la joue, tendrement, du revers de la main… Un sourire gêné sur le visage, mais des yeux brillants…
Rodney de son côté paraissait ne pas en croire sa chance. En l'espace de dix minutes, il s'était rendu compte qu'il avait des sentiments pour John et mieux : John venait de lui montrer que c'était réciproque…
- Le problème, c'est que je ne sais pas comment les autres réagiraient… Peut-être… Enfin… On devrait faire attention, tu ne crois pas ?
Rodney avait l'air embarrassé, mais imaginait déjà une suite, ce qui était un bon point selon John.
- T'inquiètes pas. On fera attention, et tout se passera bien. Le seul truc à éviter, c'est de commettre une faute ici, devant eux… dit-il dans un murmure.
La conversation fut clause… Ils s'assirent tous deux contre le mur et attendirent que les effets de la drogue passent. Au bout d'une heure, Elisabeth les contacta par radio. Rodney lui expliqua la situation…
-Je vous envoie Beckett.
-Je ne pense que ce soit une bonne idée… Nous sommes enfermés de toute façon.
-Comment ? La voix d'Elisabeth venait de monter d'une octave… Ou la moitié d'une…
-Quand la drogue a été relâchée, Rodney lança un regard à Teyla qui détourna les yeux, la porte s'est fermée et nous a mis en une sorte de quarantaine… Bref, tout ce que nous pouvons faire, c'est d'attendre que la drogue s'élimine peu à peu de notre système…
En disant cela Rodney vit les mains de John trembler… Et Teyla entrain d'embrasser Ford… DE L'EMBRASSER !
-Bon, la porte… il s'arrêta soudain se rendant compte de la main que John tentait si désespérément de garder contre lui, venait carresser les cuisses du scientifique, la porte… devrait se ré-ouvrir une fois que la drogue… est évacuée de notre système.
-Rodney, ça va ? demanda Elisabeth…
-Oui, mais comme je commence à avoir du mal à me concentrer sur quelque chose, il regardait John avec désespoir, l'air de le supplier d'arrêter avant que lui aussi ne se mette à faire des choses peu catholiques… Je crois que nous allons couper court à toute discussion.
-Prévenez moi dès qu'il y a du changement… Weir terminé
En clair, « prévenez moi des que vous sortirez ! ».
John semblait avoir un mal fou à se contrôler, mais ni Teyla, ni Ford ne s'en préoccupèrent tous deux étant collés l'un à l'autre dans une position des plus bizarre… A regarder de plus près, on aurait presque pu dire que ces baisers étaient en fait une sorte de combat, pour déterminer lequel des deux aurait le dessus sur l'autre… Rodney paraissait fasciné par ce « combat » faute de meilleur mot, mais son attention revint bien vite sur John qui posait ses mains là où il n'aurait pas dû…
-John ?
-Rodney ?
-Arrête !
-Pourquoi ?
-Parce que !
-Parce que quoi ? T'en as envie non ?
-Ooui, mais c'est toi qui a dit de ne rien faire ici !
-Oui, mais regarde les, se rendront-ils vraiment compte de ce que nous faisons ?
-Je pense que oui.
-Rodney ?
-Oui John ?
-Je ne tiendrai pas.
-Je t'attacherai alors…
-D'accord. Maintenant !
-Quoi ?
-Je t'ai dit que je ne tiendrait pas longtemps… Attache moi sinon, c'est moi qui t'attache et ce ne sera pas pour éviter de te toucher, je pense plutôt le contraire…
-Une sorte de douloureuse mais délicieuse torture ?
-Rodney !
-D'accord, d'accord.
Il se leva et pris le cordon de son ordinateur pour en faire un lien de fortune qu'il tenta de serrer le plus possible sans trop abîmer les mains de son désormais partenaire. L'affaire fut réglée en deux coups les gros et Rodney se trouva à penser que toute cette mascarade avait un air plutôt… non, définitivement sadique et masochiste…
§§§§§§
Deux heures plus tard, le petit groupe était sorti du laboratoire. John avait l'air grognon, Teyla, les cheveux quelque peu ébourrifés semblait, tout comme le jeune lieutenant, revenir d'une promenade de santé… Enfin, Rodney, le dernier à sortir, avait l'air un peu perdu. Les yeux fixant le vide… Carson s'approcha de lui avec précaution, posant une main réconfortante sur son épaule…
-Rodney, ça va ?
-Oui, oui oui… Doit-on venir directement à l'infirmerie ou…
-Ou quoi ?
-Ben, j'aimerais aller prendre une douche…
Il préféra éviter de dire « froide ». Mais oui, il avait besoin d'une douche froide. Tout ce qui s'était passé semblait irréel. Comment le major Sheppard pouvait-il avoir des sentiments pour lui, le plus affreux, arrogant, égocentrique et sarcastique des scientifiques… ? Peut-être faisait-il cela pour se moquer ? Peut-être que le major n'en avait rien à faire de lui et que ce qu'il voulait, c'était de faire une blague à Rodney. Une de TRES mauvais goût !
-Oui, vous pouvez y aller, dit le docteur avec douceur, mais, l'air menaçant il rajouta, vous revenez à l'infirmerie de suite.
-D'accord, merci Carson…
« Aaah Carson ! si tu savais… ». Le docteur et lui avaient établi une sorte d'amitié étrange. Carson l'embêtait avec ses grosses aiguilles, lui faisait même peur. « Rappelle toi de la fois où il t'a introduit le gène ! » cria son esprit. En retour, Rodney éffrayait le bon docteur avec ses objets anciens ou l'énervait en lui disant que la médecine était du vaudou… Bref, il passa sous la douche en oubliant totalement le problème dénommé John et se concentra sur son ami le médecin.
Un soir, alors qu'il était sur l 'un des nombreux balcon d'Atlantis, son préféré en fait, Carson était venu le voir, et ils avaient discuté pendant près de deux heures sur leur vies respectives… Rodney savait qu'il pouvait ce confier à lui, étant certain que Carson n'irait pas le répéter à tout le monde. Et voilà où en étaient ses pensées quand il arriva à l'infirmerie…
Teyla et Ford étaient partis… « Ils ont du aller se retrouver sous la couette ! » pensa-t-il, et cette pensée le fit sourire. Il aperçu John qui discutait avec Carson. « On y est, il va falloir lui parler… » se dit-il. John le remarqua et s'approcha de lui, un regard soucieux.
-Rodney, ça va ? Vous êtes tout pâle…
-Ca va. J'ai juste besoin d'aller manger un bout, alors, il se tourna vers Carson, si on pouvait en finir au plus vite…
Mais le médecin sorti une barre de vitamines et avec un sourire mauvais il rétorqua
-Prenons notre temps Rodney…
