Disclaimer Persos à J.K. Rowling, Scénario de base : Ombre et Folie, le reste : moi '

Rating : M

Scénario de départ : « Draco est transformé en fille à la suite d'une potion malencontreuse. Comment va se dérouler sa cohabitation avec Hermione Granger dans les tous nouveaux appartements réservés aux Préfètes ? »

Couple : Draco/Granger

Et : Ne tient pas compte du tome 6

Héhé, qui devinera quelle phrase je devais glisser pour répondre au défi d'Ombre et Folie ?

Sous-vêtements et salle de bain

« Strings ou culottes ? »

Le cœur de Draco manqua un battement. Voilà qu'il entendait des voix. Ce n'était pas possible. Il devait halluciner. Les hallucinations auditives, ça existait ? Pourquoi se posait-il encore la question : il avait la réponse devant lui. Une nonne ne pouvait pas prononcer ce genre de mots. Une nonne ne réussirait pas à le choquer en trois mots. Et tout Poudlard savait qu'Hermione Granger était une nonne qui se cachait sous des airs d'intellectuels.

Peut-être un oracle avait-il prédit à ses parents que jamais un homme digne de ce nom ne s'intéresserait à elle. Et voilà pourquoi elle s'était rabattue sur les cours. Tout ragaillardi par cette conclusion on-ne-peut-plus-logique, Draco sourit à la jeune fille. Celle-ci ne semblait pas partager sa bonne humeur et fronça encore plus les sourcils. A coup sûr, dans trois ans elle aurait des rides.

« Malefoy ! Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle. Alors, tu choisis : Strings ou culottes? »

C'était reparti ! Il était bon à interner. Pire que Dumbledore. Enfin non. Ce n'était pas possible. Malgré tout, il s'approchait dangereusement de la ligne rouge. Perdant son sourire, il faillit émettre un sanglot des plus répugnants. Non. Il ne voulait pas. Il ne méritait tout de même pas ça. Déjà ne serait-ce que penser Hermione Granger en sous-vêtements risquait de l'achever plus rapidement qu'un Avada Kedavra bien envoyé mais penser que lui, Draco Lucius Malefoy, fils de mangemort et descendant d'une des plus longues lignées de sang pur au monde, allait porter des dessous féminins…

Potter ! Il n'y avait que lui. C'était un coup monté. On lui avait envoyé une saleté de sort qui le condamnait à être en fille tant qu'il ne l'aurait pas annulé. Le sale prétentieux avait sans doute profité de la maladresse de Goyle pour lui refiler discrètement un charme de sa connaissance et personne n'avait rien vu ! Personne ! Ce parent de moldu devait bien rire. Mais il ne fallait pas sous-estimer un Malefoy. La magie de Potter était trop faible que pour évoquer des sorts de grande envergure.

En deux temps, trois mouvements, il retourna sa baguette contre lui et cria : « Finite Incantum ».

Un sourire triomphant étira les lèvres du serpentard. Le calvaire était sûrement terminé. Maintenant il fallait trouver une vengeance. Rien ne serait trop horrible pour le gryffondor. Comment avait-il osé ! Il n'y avait pas de mots pour décrire une telle ignominie.

« Malefoy ! Tu as terminé ton cirque ? Je te rappelle que tu ne peux pas rester en chemise de nuit éternellement »

Lentement, Draco baissa les yeux vers son torse et découvrit deux renflements aussi ronds que des oranges sous la chemise de nuit à l'endroit où cela aurait du être plat. Cela n'avait pas marché !

Queen Malefoy fondit en larmes tandis que Draco s'invectivait de tous les noms. Hélas rien n'était compréhensible au travers des geignements qui s'échappaient de sa gorge. Eperdu le jeune homme chercha un placard, un lit, un oreiller où il aurait pu s'y jeter et s'y enfouir de telle manière qu'on ne le retrouve jamais plus. Un cauchemar ! Cette situation n'était qu'un cauchemar et…

'.' Non ! Pas ça ! Tout mais pas ça ! Non ! Non ! Et Non ! '.'

Jamais un Malefoy n'était tombé aussi bas. Il avait perdu toute dignité. Il allait s'enterrer loin sous terre. Très loin. On ne le reverrait pas de sitôt dans le monde sorcier. Il allait s'exiler dans le désert du Sahara et deviendrait gâteux à force de monter des complots stupides de revanche à l'encontre de ses bourreaux.

Queen Malefoy sanglotait pitoyablement sur l'épaule tant haïe d'Hermione Granger. Et celle-ci ne le repoussait pas. Que du contraire ! Voilà qu'elle lui caressait doucement le dos en lui murmurant des paroles apaisantes. Un Malefoy se faire consoler par une sang de bourbe, l'idée même était écoeurante. Il fallait qu'il reprenne les commandes de ce corps de foutue femelle. D'ailleurs ce qui venait de se passer prouvait bien que les femmes étaient inférieures aux hommes : même doué d'un esprit masculin un corps du sexe faible n'était pas capable de dominer ses émotions.

« Faut pas te mettre dans cet état-là. Ce ne sont que des sous-vêtements. T'as qu'à les essayer tous les deux… Tu verras lequel sera le plus confortable. Ne t'inquiètes pas. Tu t'y habitueras… »

A cet instant Draco devint livide tandis que Queen séchait les grosses gouttes qui coulaient le long de ses joues, pâles sous son hâle. Il fallait vraiment qu'il se réveille !

/o/

Comment est-ce que des femmes pouvaient supporter cet immonde bout de tissu trop fin se calant entre deux fesses et frottant douloureusement contre la peau de leur arrière-train ? C'était immonde. Quel était le misogyne qui avait inventé cela ? Sans doute un détraqué de moldu. Et encore une raison pour empêcher cette bande de psychopathes attardés d'avoir accès au monde sorcier.

Trois fois hélas, il avait promis à la jeune fille qui l'attendait dans, il déglutit lentement, leur chambre qu'il lui montrerait le résultat. Bien obligé : cette satanée salle d'eau n'était même pas équipée d'un miroir et pas question d'aller jusqu'à la salle de bain des préfets pour se changer. Il ne manquerait plus qu'on le vit parader en lingerie fine dans les couloirs de Poudlard. Sa déchéance n'était tout de même pas allée aussi loin. Les rumeurs non plus.

S'efforçant à inspirer et à expirer calmement, Draco poussa la porte communicante à la chambre. A la dernière seconde, il rabattit les pans de sa chemise de nuit contre ses jambes. Pas question de se balader les fesses à l'air même si c'était pour relever ses jupes quelques moments plus tard.

Tout en avançant, il regardait le sol devant lui. Il imaginait déjà le regard railleur que poserait sur lui cette damnée gryffondor. Qu'elle aille rôtir en enfer. Le sort était trop compliqué pour être celui de Potty. Il devait être son œuvre à elle.

Les mains de Draco se mirent à trembler et, pour ne pas faire remarquer ce détail embarrassant, il les cacha derrière son dos. Se faisant sa poitrine bomba en avant mais il ne le vit même pas. Ce qu'il imaginait était dix fois pires : Si Hermione Granger se procurait une pensine et y jetait les souvenirs qu'elle garderait du grand et superbe Draco Malefoy réduit à l'état de créature sans défenses. Après la gifle qu'elle lui avait administrée un temps plus tôt, elle avait manigancé une revanche machiavélique. Que ce temps remonte à près de trois années ne gênait pas le serpentard, le souvenir était encore cuisant dans son esprit.

Elle, une petite sang de bourbe de rien du tout, avait osé faire claquer sa main sur la joue douce et imberbe d'un gamin de quatorze ans innocent. Il ne l'avait jamais battue pourtant et ce n'était pas l'envie qui lui avait manqué. Même en cet instant. Surtout en cet instant.

« Enlève cette robe, Draco, j'y vois rien. »

Lentement il s'exécuta. Et Hermione éclata de rire. Il lâcha le tissu et rougit comme jamais il ne l'avait fait durant ses seize années, presque dix-sept, d'existence. Elle riait ! Il lui avait fait confiance durant un millionième de minute et cette stupide gryffondor se gaussait de lui. Il allait la tuer, la trucider, la carboniser. Aucune torture ne serait de trop pour elle. L'Endoloris lui-même n'était pas à la hauteur. Elle devait souffrir plus qu'aucune autre personne.

La jeune fille du sentir la flamme de son ire la frôler dangereusement parce qu'elle arrêta de s'esclaffer en un instant. Un gentil sourire acheva de mortifier Draco.

« Je ne me moquais pas. »

Et il fallait la croire ?

« Simplement un string ne se remonte pas au-dessus du nombril. »

Quatre pas après ainsi qu'une chemise de nuit relevée, Hermione Granger abaissait le sous-vêtement sur les hanches de Draco tout en évitant soigneusement de contempler la moindre parcelle de l'anatomie de ce dernier. Etait-il tellement hideux sans vêtements ? Non seulement, il s'était transformé en femelle mais en plus de cela en un laideron.

« Draco, je crois qu'il faudrait que tu ajuste ce vêtement toi-même. » Enfin une rougeur monta aux pommettes de l'adolescente jusque là restée impassible. « Je ne vais pas te passer une main entre les … Tu m'as compris. »

Une semaine plus tôt, ce dernier n'aurait pas hésité à ridiculiser la pudibonderie de la jeune fille mais dans la situation présente ce n'était plus du tout risible. Il était directement concerné. Lui ! Alors qu'il aurait du garder une réputation inattaquable allait être raillé sur cet épisode honteux de sa vie jusqu'à la fin de ses jours.

Sans un mot, il alla dans la salle d'eau pour exécuter le conseil d'Hermione. Le fil ne lui limait plus la peau des fesses, passant presque inaperçu. Peut-être n'était-ce pas totalement un instrument de torture. Il retourna auprès de la jeune fille qui cachait un étrange objet sous du papier de soie.

« Ahem. Vu que la question du string est réglée, passons à autre chose. Etant donné que nous n'avons pas la même taille de… Enfin… de… » S'embrouilla-t-elle.

Draco fronça les sourcils, agacé. Ne trouvant manifestement pas ses mots, la jeune fille se contenta de pointer les monts culminants à hauteur de son torse. Que voulait-elle dire ?

« Alors Dumbledore m'a aidé à te trouver un… Un… Un soutien-gorge. Il est plus doué que moi pour évaluer les tailles. »

Un ange passa.

Draco s'étrangla avec sa salive. Hermione était d'un beau rouge écrevisse. Un cauchemar ! C'était un cauchemar, se persuada le garçon tandis que la jeune fille déballa rapidement le paquet et lui fourra le vêtement dans la main.

Draco observa ledit soutien-gorge. Autant se suicider le plus rapidement et le plus dignement possible, décida-t-il. Dumbledore lui choisissait sa lingerie. Qu'il trouve sa baguette et rien n'empêcherait Draco Malefoy de quitter ce monde trop cruel pour sa sensibilité exacerbée.

Où était-elle ? Eperdu, il chercha dans toute la pièce puis il se souvint qu'Hermione l'avait rangée avec le manteau. Rangée ! Planquée plutôt. Elle préférait le voir s'humilier sous ses yeux. Elle ne possédait pas la plus petite once de compassion. Elle ! C'était sûrement cette horrible sang-de-bourbe qui lui avait fait rater sa potion et l'avait changé en … En abomination !

/o/

L'appartement qui leur avait été attribué n'était finalement pas une mauvaise chose. Comment aurait-il fait pour ne dormir, ne serait-ce qu'une seule nuit, sans perdre sa virginité sous les assauts d'un serpentard de septième année attiré par lui comme pouvait l'être un mâle quand une femelle de la même espèce était en chaleur. Draco tiqua à la pensée qu'il venait de formuler. Les humains n'étaient pas en chaleur, les lapins l'étaient, pas les humains. Il n'était pas en chaleur. Il ne pouvait pas être en chaleur.

Laissant ses pensées suivre leur cour, Draco ferma les yeux et s'enfonça dans le sommeil. Malheureusement un autre petit élément qu'il avait manifestement oublié de manière tout à fait délibérée lui fit monter le sang aux joues.

Ses mains tremblèrent, son corps tout entier prit la couleur d'un cachet d'aspirine mis à part le pourpre qui s'étalait d'une oreille à l'autre.

'.' Merlin ! Faites que… Oh ! S'il vous plaît, laissez-moi un peu de dignité. Ne rajoutez pas cela en prime. '.'

L'odieux garçon de serpentard qui n'était plus vraiment très viril commença à pleurer, encore. Tout en silence. Hermione, dormant à une demi-douzaine de mètres de là, ne pouvait l'entendre. Draco Malefoy était entrain d'imaginer ce qu'il ferait si jamais… Dieu ! Même sa mère n'en parlait pas devant lui. Il s'agissait d'un sujet exclusivement féminin. Pitié ! La seule chose que Draco demandait s'il devait rester sous cette apparence trop féminine était de ne pas se réveiller un matin, du sang sur le matelas, une barre au fond de l'estomac et la preuve que, s'il se dégotait un homme pleinement pourvu de ses attributs virils, il puisse faire des…

Draco se tourna et enfouit sa tête dans l'oreiller, jurant au passage contre les deux boules de chair en trop qui l'empêchaient de dormir confortablement.

Tout ce qu'il demandait c'était de ne pas pouvoir mettre au monde des enfants !

Etouffant un gémissement dans son oreiller, il se défoula sur ce dernier, le mordant, le déchirant à pleines dents. Pour mieux assurer sa prise, il l'agrippa bien fort des deux mains. Pas question que ce Potter, que cette Granger lui échappe. S'il parvenait à éventrer le coussin avec ses dents, il redeviendrait un homme. Un homme, un vrai. S'arrêtant le temps de trois inspirations et deux expirations, il s'acharna sur le pauvre oreiller de plus belle.

Au bout de vingt minutes d'activité, une fissure apparut dans le tissu pourtant si solide. Une heure plus tard, des plumes voletaient ici et là autour du lit de Draco. Quel joli tableau cette jeune fille endormie formait, ses longues boucles blondes répandues autour de sa tête en un immense halo lumineux. Son teint doré était un parfait écrin pour de belles lèvres pleines appelant les baisers. D'un coup de talon, la Belle envoya valser draps et couette. Un autre mouvement de jambes plus tard et sa chemise de nuit remontait en haut des cuisses pour montrer de belles et longues jambes tonifiées par le Quidditch. Ses hanches étaient pleines, sa taille étroite et pour couronner le tout, deux seins aussi gros et ronds que des oranges se balançaient au rythme paisible de sa respiration.

/o/

Une voix l'appelait, douce et posée. Elle l'attirait. Toutefois elle ne parvenait pas à le décider à quitter l'homme de sa vie, à savoir l'infidèle Morphée. Jamais il n'en voudrait d'autres, d'hommes, bien sûr. Il était tellement bien dans les bras de cet amant de rêve, il ne voulait pas sortir des limbes du sommeil. De ces derniers instants de béatitudes avant de s'enliser dans la douloureuse réalité. Pourtant la voix continuait, devenant de plus en plus pressante, de plus en plus nerveuse. Comme quand sa mère voulait que son Dracounet chéri soit présent et présentable lors d'une visite matinale de l'une ou de l'autre de ses amies.

« Laisse-moi dormir, m'man. » Marmonna-t-il sans ouvrir les yeux.

La voix se tut. Enfin. Il allait replonger avec joie dans les délices du dodo quand la même voix que tout à l'heure mais cette fois-ci sèche et cassante l'appela.

« Draco ! Bouge de ce lit tout de suite ou je te fais rôtir ce qui te sert de cervelle. Et je ne suis pas ta ! » Un crocodile pour accentuer le mot. « MERE ! »

L'avant-dernière voyelle tapa d'une paroi à l'autre du crâne de Draco. Bon sang ! Qu'est-ce que cette fille pouvait crier fort ? Pas besoin de cela pour une petite précision : les erreurs, cela arrivait à tout le monde.

« On va être en retard en cours ! Pas question que j'rate mon année pour toi, espèce d'âne stupide ! »

Âne ? Jamais encore quelqu'un avait osé traiter un Malfoy de cette façon. Seulement Draco ne pouvait pas faire payer son impudence à la jeune fille : il était encore trop dans les vapes et le temps qu'il se réveille, trouvé et attrapé sa baguette sans oublier d'avoir une idée de sort suffisamment cruel pour Hermione, elle l'aurait certainement assommé. Après tout, il s'agissait d'Hermione Granger, la miss je-sais-tout de l'école, celle qui réussissait chaque charme, chaque métamorphose, chaque potion du premier coup et à la perfection. Avait-il la moindre chance alors qu'il était encore à moitié en train de dormir ? La neurone sensée et réveillée située dans la partie droite de sa cervelle jugea que non et qu'il ferait mieux de se bouger le popotin ou ça allait barder…

Draco sauta d'un bond hors du lit, les paupières toujours baissées. Horrifié, il sentit sa toute nouvelle poitrine ballotter sous l'impact. Rien n'allait y faire ! Il détestait être une fille. En plus, il se retrouvait dans le corps d'une blonde aux gros seins qui pleurnichait pour un oui ou pour un non. La famille Malefoy était tombée bien bas.

Les yeux désormais grands ouverts, l'ancien garçon se retrouva face à face avec une Hermione Granger qui le regardait de ses deux trois ou quatre centimètres de haut de plus que lui. Correction à faire. Il se retrouvait dans le corps d'une blonde aux gros seins qui pleurnichait pour un oui ou pour un non et qui avait la taille d'un lilliputien. A lui toutes les blagues stupides sur les nains, les blondes ou les femmes à forte poitrine. Malefoy ou non, on ne l'épargnerait pas.

Qu'avait-il fait pour se retrouver dans cette situation ? Il lui coûtait de l'avouer mais mis à part insulter le trio Potter, Weasley, Granger, il n'avait pas fait grand-chose de mal dans cette fichue école. Toujours à bosser pour rattraper le niveau de la petite peste intellectuelle de Gryffondor ou à s'entraîner pour parvenir, un jour, à attraper le vif d'or au nez de Potter. On ne pouvait rien lui reprocher.

« Malefoy, grouille-toi ! » Qu'est-ce qu'elle pouvait être vulgaire la fille de moldus. « Je te rappelle que tu dois prendre ta douche et t'habiller. Et que moi ! J'dois t'aider pour la dernière partie. Heureusement, on n'est pas encore trop loin de la grande salle. Donc je te laisse un quart d'heure le temps d'aller manger. »

Sur ces mots, elle partit.

Si Draco avait vraiment eu envie de lui envoyer une série de coups de pied au cul pour ses paroles irrespectueuses, d'un autre côté, il était soulagé. Au moins il était seul pour passer le cap horrible de la douche. Prenant son courage à deux mains, il sortit à son tour de la chambre pour entrer dans la salle de bain des préfets. Forcément : quelqu'un avait oublié de lui donner le mot de passe de celle des préfètes. Fermant la porte à double tour avec deux ou trois sorts de verrouillages en prime, il se détendit enfin.

Evitant consciencieusement le miroir du regard, il entra dans l'espace où un jet d'eau ne tarderait pas à tomber. Se rappelant à temps qu'il portait une chemise de nuit, il l'ôta rapidement et l'expulsa à l'autre bout de la pièce.

« 36 degrés, menthe. »

Et l'eau commença à tomber en une pluie bienfaisante, ôtant la moindre des impuretés de son corps. La douche sorcière avait cela de particulier qu'il suffisait de préciser la température qu'aurait l'eau et le parfum du produit nettoyant, faisant à la fois office de shampooing et de savon. Pas besoin de se compliquer la vie avec des réglages ou des bouteilles encombrantes.

Quand il jugea qu'il avait été suffisamment astiqué, le garçon exigea le rinçage. Et l'appareillage magique s'exécuta. Au moins, il y avait une consolation. Les objets ne pouvaient pas se moquer et encore moins rapporter ce dont ils avaient été témoins. Pas une fois le serpentard ne baissa les yeux sur son corps.

Deux minutes plus tard, il se séchait les cheveux à l'aide d'une serviette. Le corps attendrait un peu et tant pis s'il attrapait froid. Cela lui permettrait au moins d'esquiver quelques cours. Et dire qu'il commençait par botanique. Ce jour-là commençait un travail qui compterait pour un quart des points de l'examen final. Et il fallait se mettre en duo…

En temps normal, cela n'aurait pas posé de problèmes. Il se serait mis avec Zabini. Ce dernier disposait de plus de cervelle que Crabbe et Goyle réunis, ce qui n'était pas vraiment difficile au demeurant. Pourtant cette fois-ci, il n'en était pas question. Non seulement cet abruti ne voulait plus lui adresser la parole mais en plus il en profiterait certainement pour peloter une partie de ce qui lui servait de corps.

A propos de corps… Il fallait s'en occuper. Se baissant, il commença par les pieds. Malgré une plus grande finesse, on ne pouvait pas dire qu'ils avaient beaucoup évolué. C'était bien la première fois que Draco se réjouissait d'avoir des petits pieds.

Venaient ensuite les jambes. Plus de galbe, peau plus douce. On ne les confondrait sûrement pas avec celles d'un mec. Les cuisses et puis l'entrejambe. Quel cauchemar. Ce qui faisait de lui un représentant à part entière de la moitié masculine de la population de Poudlard avait disparu. Seul restait un amas de poils drus et blonds. Merlin ! Qu'avait-il fait pour mériter cela ?

Le torse et le dos furent expédiés. Pas question de s'attarder plus que nécessaire sur ce corps affreux. Il allait marcher jusqu'à la robe de chambre dont il se revêtirait avant de traverser le couloir quand il se vit dans la glace.

Il en lâcha sa serviette, sentant le désir monter en lui, enfin, en lui, seulement dans son cerveau parce que son corps restait de marbre. Il comprenait maintenant les paroles de Blaise. Aurait-il rencontré une fille aussi bien foutue qu'il aurait essayé de coucher avec.

'.'Aaaaaaaaaah ! '.'

Il se désirait ! Il ne restait plus qu'à s'avada kedavriser tout de suite. Voilà qu'il éprouvait du désir pour le corps dans lequel il résidait. Cela n'avait beau être que provisoire… Cela devait être provisoire ! C'était tout de même écoeurant. Un Narcisse caricatural des temps modernes, voilà ce qu'il était devenu. Heureusement, il lui restait encore assez de raison pour s'arracher à son reflet et courir vers la chambre qu'il partageait avec une certaine gryffondor.

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