CHAPITRE 1

RETROUVAILLES GLACIALES

Harry se réveilla en sursaut. Encore un cauchemar : il n'en pouvait plus de faire ce rêve où les corps de ses parents, de Cedric Diggory, de Sirius et de Dumbledore, allongés les uns à côté des autres, le fixant de leurs yeux vitreux et vides de toutes émotions.

Il regarda l'heure sur le vieux cadran qu'il avait hérité de Dudley, alias Gros-Porcinet-de-cousin. Il était quatre heures vingt-cinq du matin. Sachant qu'il serait incapable de s'endormir de nouveau, il s'assit en tailleur sur son lit en essayant de penser le moins possible.

Absolument tout lui rappelait les personnes défuntes qui lui était chères : son balai lui rappelait Sirius; le matériel scolaire, Dumbledore; sa baguette Cedric – à cause de l'examen des baguettes du tournoi des Trois Sorciers – et son propre reflet dans le miroir, ses parents.

Il se leva et alla se chercher un grand verre de lait dans la cuisine. Depuis la visite de Dumbledore chez eux, les Dursley se montraient légèrement plus permissifs avec Harry en raison de l'imposante frayeur que leur avait causée sa venue. Ils osaient à peine réprimander Harry par peur que "cet olibrius de Merlin" comme ils l'appelaient, ne rapplique. Bien entendu, Harry avait omis de leur dire qu'il était décidé.

« Arrête d'y penser ! » se dit-il.

Il était si tourmenté par ses pensées qu'il était maintenant fréquent qu'il se donne l'ordre d'arrêter de se questionner.

Soudain, il entendit des voix qui semblaient provenir de l'étage. Il ne pouvait s'agir des Dursley car ils n'avaient point l'habitude d'être matinal. Lentement, agrippant sa baguette magique qu'il portait en tout temps sur lui, il grimpa les escaliers et, le coeur battant la chamade, une suite de pensée telle que " Ce sont des Mangemorts ? Voldemort ? Kreattur qui vient encore une fois pester devant moi ?"

"Ginny?" pensa-t-il avec une once d'espoir.

Soudain, il entendit :

-Ron, espèce de grand pied !

Suivi d'un bruit de chose que l'on renverse.

Respirant plus normalement, Harry ouvrit la porte de sa chambre avec un sourire pour apercevoir son meilleur ami, Ron Weasley, accompagné de deux de ses frères, Fred et Georges, les jumeaux inséparables. Les trois frères se tournèrent d'un seul mouvement vers lui.

-Comment ça va, vieux frère ? demanda Georges comme s'ils étaient tranquillement assis en train de dîner.

-Désolé pour ta bibliothèque, Ron ne contrôle plus les immenses chaloupes qui lui servent de pied, fit Fred comme si le fait que des tonnes de livres soient répandues dans toute la pièce n'était pas grave.

Harry observa Ron et ne put masquer sa surprise : en un mois, Ron avait encore grandi d'une dizaine de centimètres. Harry ne put s'empêcher de se demander s'il égaliserait un jour Hagrid.

Ron se décida finalement à parler.

-S'lut Harry, lui dit-il d'un ton plus froid que la crème glacée de Florian Fortarôme.

Avant que Harry n'ait pu le questionner sur son attitude, Georges lui administra une tape sur l'épaule qui le fit fléchir des genoux.

-Allez! Fais tes bagages! On t'emmène!

Oubliant la question qu'il voulait poser, il balbutia:

-Quoi? Maintenant?

-Non, on venait te dire bonjour à cinq heures trente du matin, dit Fred d'un ton ironique.

Surpris mais content d'aller dans une maison de sorciers, Harry mit dans sa valise quelques-uns des livres qui s'étaient écroulés sur le sol et ses vêtements. Il empoigna de sa main libre la cage d'Hedwige qui dormait et réalisa soudainement une chose:

-Comment êtes-vous venus ici ?

-En transplanant, Ron a passé son permis il y a deux semaines répondit Fred en prenant la valise de Harry. Georges prit la cage de l'oiseau qui ne dormait plus et qui observait les visiteurs de ses grands yeux ambre.

-C'est vrai ? C'est génial ! Tu l'as eu du premier coup ? Questionna Harry

-Oui... dit Ron dans un souffle presque inaudible.

Harry fronça les sourcils. Pourquoi Ron se comportait de la sorte? Georges demanda:

-Tu sais ce que veux dire transplanage d'escorte?

-Oui répliqua Harry qui continuait de fixer Ron d'un regard interrogateur.

-Très bien. J'emmène ta valise, Fred Hedwige et Ron te transportera. Et tu devrais peut-être laisser un mot à tes Moldus.

-C'est vrai, ils pourraient se réjouirent trop vite en pensant que je me suis enfui, déclara Harry sous les éclats de rire des jumeaux.

En écrivant le mot, il entendit Ron dire à Georges:

-Je vais prendre la cage transporte Harry.

Personne ne posa de questions mais Harry se promit de le soumettre a un sérieux interrogatoire une fois au Terrier. Sans une parole, il empoigna le bras de Georges et sentit la même sensation d'étroitesse que les fois précédentes. Ce séjour au Terrier s'annonçait particulièrement étrange.