Alicia s'arrêta encore une fois devant un énième magasin. Il n'avait pour elle, pas plus d'intérêt que les autres de l'extérieur. Mais tout ce qui y restait pouvait être bon à récupérer, et elle ne savait pas ce qu'elle pourrait y trouver d'utile avant d'être à l'intérieur du magasin.

Après avoir nettoyé le magasin des cadavres ambulants, la jeune femme se mit à vagabonder dans les différents rayons en récupérant ce qui pouvait être nécessaire à la Coalition et ses habitants. De la nourriture, des armes, des médicaments, des produits de soin et d'hygiène, des composants électroniques ou encore des vêtements.

Le magasin suivant qu'elle visita était situé dans un grand centre commercial. Elle savait que le camp manquait de vêtements, elle avait fait une liste avec l'aide d'Althéa avant de partir pour ramener en priorité ce qui leur était le plus nécessaire. C'était donc dans un magasin de ce type qu'elle s'était rendue, et il était encore assez plein, les vêtements n'ayant pas été pour l'instant la priorité absolue. Elle y trouva des jeans, t-shirts, pulls, différents types de chaussures, ainsi que des vestes qu'elle mit dans des sacs. Elle vit sur un présentoir trois vestes en cuir en parfait état, qu'elle récupéra tout de suite. Deux vestes pour femmes, et une un peu plus petite, qui pouvait convenir à un enfant. Elle en choisit une et la mit tout de suite sur elle. Alicia n'avait jamais été trop cuir, mais devait bien admettre que le cuir épais était utile, pouvant lui sauver la vie en évitant une éventuelle morsure. Il était assez rare d'en trouver, surtout en bon état, c'était donc une aubaine depuis le temps qu'elle en cherchait puisqu'elle n'en avait jusqu'à aujourd'hui pas trouvé. Elle continua de fouiller et récupéra tout ce qui pouvait l'être, faisant des allers-retours jusqu'au pick-up afin de tout ranger.

Décidant qu'elle avait passé bien assez de temps sur la route cette fois-ci et ne voulant pas plus s'éterniser dehors, elle décida finalement de rentrer à la Coalition. Elle en était la leader, et malgré le bien que lui faisait le fait de pouvoir être dehors seule, elle se devait d'être un minimum présente pour ceux qui étaient son peuple. Alors avec de la musique et une vitesse assez élevée, mais en même temps pour que le pick-up puisse rester maniable, la jeune femme prit la direction de ce qui était aujourd'hui son foyer.

Malgré le volume de la musique assez élevé, elle entendit soudain un grand bruit sourd et le sol se mit à trembler, lui faisant presque perdre le contrôle de son véhicule, qui dérapa sur quelques mètres. Soudain suivirent plusieurs énormes détonations, qui de là où elle était pouvaient ressembler à des bombes.

— C'est quoi ce bruit ? se demanda-t-elle à haute voix entre ses dents, ennuyée. Elle savait qu'elle ne pourrait s'empêcher d'aller en chercher la cause. Et merde !

Elle changea brusquement de direction pour faire demi-tour et se dirigea vers l'origine des bruits. Elle ne pouvait pas ne pas aller voir. Elle ne pouvait pas se résoudre à laisser d'éventuelles personnes ayant sûrement besoin d'aide dans une mauvaise situation. Pas après ce qu'elle avait traversé. Pas après ce qu'elle avait juré de faire. Elle devait faire ce que sa mère aurait fait à sa place, voire mieux que ce qu'elle aurait fait. Elle avait réussi à pardonner à Charlie et l'avait accepté auprès d'elle après ce qu'elle avait fait à Nick, elle ne pouvait plus se résoudre à abandonner des gens si elle pouvait apporter son aide. Elle ne pouvait définitivement pas.

Plus Alicia approcha de l'épicentre de l'endroit d'où le bruit lui semblait provenir, plus la fumée qu'elle avait pu voir auparavant était haute et dense. Elle pensa en voyant la forme au loin que cela pouvait être un hélicoptère qui s'était écrasé, bien que cela l'étonnerait. Il était certain qu'elle n'aurait jamais pu penser une seule seconde à ce qu'elle avait devant les yeux à ce moment donné.

— Comment est-ce que ça peut, ne serait-ce qu'être possible ? siffla-t-elle encore une fois entre ses dents à haute voix, ahurie. C'est quoi ce bordel ?

Devant elle, une chose qu'elle n'avait pas vue depuis très longtemps. Et qu'elle n'avait vu que dans des films ou à la télé dans des séries ou des documentaires. Jamais elle n'aurait pu imaginer voir cela devant elle, et certainement pas à l'heure actuelle. Pas dans le monde dans lequel ils vivaient aujourd'hui. Cela ne pouvait pas être un vaisseau spatial. Malgré tout, il ne semblait pas être en très bon état.

Elle put voir quelques personnes commencer à sortir de l'engin de métal de manière désordonnée et précipitée. Sans se soucier même une seule seconde de ce qui pouvait être autour d'eux, ils continuèrent de sortir et d'avancer. Car si elle avait été attirée par le bruit d'aussi loin, il était certain qu'elle n'était vraisemblablement pas la seule. Arrivant de toute part, ils attaquèrent. C'était un massacre, mais elle était encore trop loin pour pouvoir faire quoi que ce soit. Voyant que la plupart n'étaient pas armés elle continua de s'approcher en voiture, tout en zigzaguant du mieux qu'elle pouvait entre les assaillants autour d'elle, qui ne semblaient pas lui porter trop d'attention. Alicia put continuer d'approcher assez rapidement de ce qui semblait être la porte principale. De là où elle était, elle remarqua que les personnes se faisant attaquer semblaient principalement être des hommes qui portaient ce qui ressemblait à des vêtements de prisonniers.

Au bout d'un moment, étant presque arrivée à l'entrée elle entendit des gens hurler après être sortis rapidement du vaisseau.

— C'est quoi cette histoire ?! entendit-elle un des hommes crier.

— Putain ! Revenez tout de suite, ce n'est pas sûr ! cria à son tour une femme.

Arrivée non loin de la porte, Alicia fut dans l'obligation de sortir de la voiture. L'un des hommes aux yeux vides se jeta sur elle et elle lui transperça avec calme et sans hésiter un instant le crâne à l'aide de l'un de ses poignards.

— Rentrez ! hurla-t-elle au groupe dont faisaient partie les personnes qu'elle avait entendues crier un peu plus tôt. Ces derniers ne ressemblaient pas à ce qui était habillé en prisonniers.

Malgré l'ordre qu'elle venait de leur hurler, personne ne prit la peine de l'écouter. Les premières personnes sorties continuèrent de se faire mordre et le groupe à qui elle avait parlé commença à se battre, avec des armes blanches et à feu. Mais Alicia ne comprenait pas pourquoi ils ne visaient pas les têtes des cadavres. Tout le monde savait que c'est ce qui devait être fait, visaient-ils si mal que ça ?

— Visez la tête ! leur cria-t-elle. La tête ! Tout en continuant elle-même de se battre, poignardant les infectés autour d'elle avec facilité, tirant quand elle le pouvait.

Elle remarqua que sa phrase avait eu l'effet escompté, ils commencèrent à tirer dans les têtes, les poignarder et les couper. Et dans la panique générale, elle continua à en faire de même de son côté, essayant de se rapprocher d'eux comme elle le pouvait.

Alicia était tellement pleine de sang qu'elle commençait à avoir du mal à voir ce qu'elle faisait et agissait par réflexe.

— Madi ! entendit-elle un hurlement déchirant qui la transperça de toute part. Malgré le volume assourdissant des combats autour d'elle, elle n'avait entendu que ça, comme si d'une certaine manière ça lui avait été directement adressé à elle.

Pendant une seconde elle n'entendit plus rien d'autre, tout étant assourdi dans sa tête, mis à part le cri qui fut répété une deuxième fois. Elle porta son regard vers l'origine des cris qui provenaient d'une jeune femme blonde. Elle suivit son regard inquiet et aperçut une jeune fille brune au milieu de plus d'une dizaine d'assaillants.

La jeune Clark jura en la voyant. La jeune fille ne semblait pas être beaucoup plus vieille que Charlie. Qui laisserait une enfant se mettre dans une telle situation, alors que les adultes eux-mêmes ne semblaient pas arriver à se débrouiller seuls. En se rapprochant de la jeune fille, elle fit tomber plusieurs corps à l'aide son poignard et de son arme de poing. Alicia remarqua étonnée que la jeune fille en fît de même de son côté avec une épée, tranchant et perçant des crânes de tous les côtés. Elle se retrouva vite à ses côtés et elles continuèrent de se battre avant d'avoir pu repousser les assaillants les plus proches. Dans un petit moment de répit, Alicia se retourna face à la jeune fille brune.

— Tu vas bien ? lui demanda-t-elle, inquiète, avant de passer sa manche sur son visage pour nettoyer le plus gros du sang présent.

— Oui, merci beauc… Lexa... ? demanda la dénommée Madi, choquée.

— Il faut y aller tout de suite ! décréta Alicia en la prenant par le bras et commençant à se rendre aux portes, avant de se rendre compte de la fin de la phrase de la jeune fille. Quoi ? Comment est-ce que tu m'as appelé ? Non, laisse tomber, plus tard.