Bonjour à tous !
Encore une fois merci beaucoup pour les reviews et les fav/follow. C'est toujours très motivant.
Je pense que le chapitre d'aujourd'hui devrait vous plaire, et ne pas vous plaire. J'attends avec impatience vos avis !
— Alicia ? Qu'est-ce que vous faites au juste ? demanda Victor à travers la radio de son air habituel, avec malgré tout une pointe d'inquiétude. On va rentrer dans la ville si l'on continue par là.
— On va rentrer dans la ville, lui répondit la brune, sûre d'elle.
— C'est exactement ce que je viens de dire, déclara Victor, et Alicia put presque l'imaginer les yeux au ciel de l'autre côté de la radio.
— Alicia veut dire qu'on va effectivement vraiment rentrer dans la ville, c'est notre but, répondit finalement Clarke sur le même air qu'Alicia après avoir échangé un sourire en coin avec la brune.
— En fait, c'est assez logique quand on y pense, purent-elles entendre répondre John avant que Victor n'ait repris la parole. C'est sûrement le chemin le moins prévisible de tous ceux qu'on pourrait décider de prendre.
— C'est aussi celui qui peut être le plus dangereux, ajouta la journaliste en soufflant.
— Dans des conditions normales, c'est certain que ça n'aurait pas été le premier chemin que nous aurions choisi et prit, mais dans ce cas-là, c'est vraiment le plus intelligent à faire, leur répondit John. C'est une très bonne idée, Alicia.
— Elle n'est pas de moi John, répondit la jeune brune en regardant la blonde à côté d'elle en souriant.
— Alors très bonne idée, Clarke ! déclara le cowboy en riant et la blonde le remercia de la même façon.
Et l'idée était très certainement la meilleure qu'ils avaient pu avoir, ils traversèrent toute la petite ville sans trop d'encombres avant d'en sortir et d'arriver un peu plus au nord après quelques minutes de route supplémentaire. Alicia activa la radio rapidement, mais ne dit rien, sous le regard surpris de la blonde.
— J'ai un mauvais pressentiment… déclara Alicia en ralentissant un peu et en scrutant les environs déserts de tous rôdeurs. À peine eut-elle le temps de dire ça qu'un coup de feu puissant retentit et brisa l'une des vitres d'un des bâtiments au bord de la route plus loin d'eux. À couvert ! cria-t-elle, la radio activée, en mettant le pick-up en travers de la route comme couverture, afin de pouvoir s'abriter derrière celui-ci avec Clarke avant qu'un autre coup de feu ne retentisse dans la rue. Elle vit John en faire de même de l'autre côté, barrant le reste de la route avec sa voiture.
— Soit ils visent très mal, commença l'homme au chapeau, ou alors ce sont des coups de sommations pour nous faire partir.
— Ou bien c'est une embuscade, ajouta Clarke avec colère. Ils attendent peut-être que quelqu'un vienne les voir depuis l'attaque.
Les coups de feu continuèrent de retentir régulièrement, mais ils restèrent tous à couvert derrière les voitures leur servant d'abris et bizarrement aucun tir ne toucha les voitures.
— Je ne comprends pas, déclara Alicia en grimaçant avant de sortir de son couvert pour jeter un coup d'œil et essayer de mieux comprendre la situation actuelle.
D'un seul coup avant qu'elle n'ait pu faire quoique ce soit d'autres, Clarke tira Alicia au sol sur elle, in extremis. Un dixième de seconde plus tard, le rétroviseur à côté duquel était sa tête seulement quelques instants auparavant explosa en mille morceaux.
Alicia regarda Clarke avec des yeux ronds, sous le choc en se relevant un peu. La blonde l'était également, elle avait cru pour la deuxième fois perdre Lexa devant ses yeux et avait réagi instinctivement. Mais ce n'était pas le cas, alors elle fit en sorte de se reprendre très rapidement face de la situation dans laquelle ils se trouvaient tous.
— Regarde, montra-t-elle à la brune un miroir dans l'un des bâtiments face à elles.
Cette dernière regarda attentivement et put effectivement voir dans le miroir un tireur embusqué caché à l'une des fenêtres. Il était à coup sûr celui qui tirait sur eux depuis tout à l'heure.
— Les tirs viennent de là, ajouta Clarke pour clarifier ce qu'elle voyait.
— C'est ce qui me semble aussi, mais je ne comprends pas, répondit Alicia en fonçant les sourcils. Il est seul ? Quel est l'intérêt s'ils veulent nous abattre. Surtout qu'il n'a pas vraiment l'air de savoir ce qu'il fait…
— Si c'est une diversion, commença Clarke en la regardant, il y a peut-être quelque chose plus loin.
— Alors je vais aller voir, décréta Alicia avec un regard dur.
— Alicia ! s'exclama Althéa d'un peu plus loin, on ne sait pas ce qui t'attend, ça pourrait être très dangereux ! Beaucoup plus qu'actuellement !
— C'est bien pour ça que vous allez tous partir, leur ordonna la brune, avant de continuer avant que quiconque ne réponde. Comme je vous l'ai dit tout à l'heure.
Les voyant se taire et regardant brièvement autour d'elle, Alicia reprit.
— Avec un peu de chance, il n'a pas pu nous compter, donc je vais aller derrière ce mur, dit-elle en le montrant, et vous allez repartir avec les deux voitures. Et c'est un ordre, certainement pas une demande. Je vais jeter une grenade fumigène, et dès qu'elle se sera déployée vous allez en profiter pour partir.
Elle récupéra une des grenades, la dégoupillant.
— À mon top… Un… deux… trois !
Alicia envoya la grenade derrière les voitures en direction du tireur en espérant que ça suffirait pour lui bloquer la vue. Et quand la fumée commença à se déployer, elle fila se mettre à couvert dans le bâtiment le plus proche et elle put entendre les deux voitures partir en trombe en faisant demi-tour, comme elle leur avait demandé.
Une fois à l'abri dans le bâtiment, elle soupira longuement de soulagement, avant qu'une main ne se pose sur son bras. Avant qu'elle ne puisse faire quoi que ce soit, elle reconnut la voix de la jeune Griffin et souffla cette fois-ci de colère et d'ennuis en lançant un regard noir à la blonde.
— Tu ne pensais tout de même pas vraiment que j'allais partir sans toi ? demanda Clarke à moitié en colère, à moitié amusée à la jeune femme en haussant un sourcil.
— Clarke… C'était un ordre…
— Alors ça tombe bien que je n'aie jamais été très bonne pour suivre les ordres, répondit la blonde avec un sourire assuré et amusé.
— Et merde ! On a laissé les talkies-walkies dans la voiture… se lamenta Alicia après s'en être aperçue.
Après quelques minutes où rien ne bougea du tout et où aucun coup de feu ne put être entendu, elles décidèrent de sortir et de contourner les bâtiments pour ne pas être à découvert en passant par la rue principale. Elles croisèrent quelques rôdeurs, mais rien de bien inquiétant.
Un moment à marcher en silence plus tard tout en restant sur leurs gardes, elles arrivèrent non loin d'un petit hameau qu'elles décidèrent d'explorer. Entendant des coups de feu venant de la direction par laquelle elles étaient arrivées, les deux femmes se ruèrent dans la maison la plus proche qu'elles vérifièrent très rapidement.
— Allons voir ce qu'il se passe ! déclara Clarke en se rapprochant de la porte, après quelques minutes où aucun bruit d'armes à feu ne put être entendu.
— Attends… Ça pourrait encore être un piège de leur part… Ça me semble bien trop facile… lui répondit Alicia en l'attrapant par le bras afin qu'elle arrête d'avancer.
— Il se pourrait que ça en soit un, mais on doit y aller, Alicia ! Au moins pour voir si les autres vont bien !
— Calme-toi, Clarke… répondit la brune en roulant les yeux et en appuyant sur le mot d'une façon qui choqua la blonde. Je suis sûre et certaine que les autres sont en sécurité, Althéa, Victor et John ont de la ressource. Et l'on semble l'être aussi ici pour l'instant, nous resterons pour la nuit, elle est en train de tomber. Et nous les rejoindrons demain directement à l'usine où ils doivent quasiment déjà être arrivés.
Sous le choc de la façon dont elle venait d'entendre son prénom sortir de la bouche d'Alicia, la Griffin ne put dire quoi que ce soit. « Clarke… », elle n'avait jamais pensé pouvoir entendre un jour encore une fois son nom dit avec cette intonation si précise et si particulière. Tout simplement parce que seule Lexa avait cette manière exacte de prononcer son nom. Et Lexa n'était plus de ce monde, elle était morte depuis maintenant des années. Plus d'un siècle si elle prenait en compte le temps de la cryogénisation.
Un moment passa, où Alicia fit encore une fois le tour de la maison pour la vérifier, ne comprenant pas du tout la réaction, ou plutôt le manque de réaction de la blonde. Cette dernière voulait absolument partir, et d'un coup elle avait été plus que calme et n'avait rien dit de plus. Même si la brune voulait croire qu'elle l'avait simplement écouté, elle pensait qu'il pouvait y avoir plus, mais ne savait pas quoi. Elle finit de barricader ce qui devait et pouvait l'être, ne laissant que quelques points d'accès indispensables. Puis elle retourna voir la blonde, qui était à présent assise sur le sofa.
— Hey, Clarke… commença-t-elle doucement, ne voulant pas sortir la blonde de sa torpeur trop violemment. Je suis vraiment désolé si j'ai fait ou dis quelque chose qui a pu te blesser…
— Quoi ? Non, ne t'inquiète surtout pas pour ça ! lui répondit-elle, mais la brune pu malgré tout apercevoir un voile de tristesse passer devant les yeux bleu azur de la blonde, que cette dernière essaya de cacher avec un sourire.
— J'ai fait le tour de la maison, repris la plus habituée à ce monde après quelques instants de silence où elles se regardèrent. Le plus sûr serait d'aller dans la chambre à l'étage. Nous pouvons fermer toutes les portes et nous y enfermer de l'intérieur. Il n'y a qu'un lit, mais si ça ne te dérange pas ça devrait pouvoir le faire pour cette nuit, on est plus ou moins assez en sécurité.
Clarke acquiesça en silence et suivit Alicia dans la chambre mentionnée. Effectivement, si elles voulaient dormir elles allaient devoir partager le lit qui n'était pourtant pas très grand. Il y avait une table de chevet de chaque côté, où elles laissèrent chacune un couteau et un pistolet au cas où elles en auraient besoin rapidement. Elles se mirent finalement à l'aise en enlevant leurs pantalons et leurs soutiens-gorge sans se regarder, et se glissèrent dans les draps sans trop de gêne. Même si Alicia capta quelques regards peu discrets sur son corps de la part de la blonde, mais elle ne pouvait pas lui en vouloir, puisqu'elle-même en profitait quand Clarke ne la regardait pas. Et il était peu dire, à quel point elle trouvait la jeune blonde belle et désirable.
Elles échangèrent quelques discussions sur leur passé, le présent, ce qu'elles espéraient pour le futur… La Natblida ne put s'empêcher de remarquer à quel point à ce moment précis, aussi proche d'elle, Alicia ressemblait à la femme qu'elle avait perdue il y a tant d'années, mais qu'elle ne pourrait malgré tout jamais cesser d'aimer. Sans qu'elle puisse amener le fil de ses pensées beaucoup plus loin, quelque chose qu'elle ne pensait pas possible se réalisa.
Alicia s'approcha doucement de la blonde, et sans réfléchir plus elle posa délicatement ses lèvres pulpeuses sur celle de l'étrangère à ce monde. Clarke n'eut pas le temps de réfléchir et par pur réflexe elle répondit au baiser de la brune. Elle devait se faire violence depuis qu'elle avait vu le visage, qui pour elle celui de Lexa, pour ne justement pas faire ce qu'elle était en train de faire à ce moment précis. Mais ça ne venait pas d'elle, c'était Alicia qui avait mis tout cela en route et le baiser délicat s'intensifia très rapidement. C'était peut-être dû au trop-plein d'adrénaline de la journée, mais c'était bel et bien en train d'arriver. L'une comme l'autre était incapable de réfléchir à ce qu'elles faisaient à cet instant et il était encore moins possible pour elles de pouvoir s'arrêter.
Puis très vite, les mains devinrent quelque peu baladeuses, les hauts de chacune furent mis de côté, et quelques gémissements et souffles d'envie prirent place dans la chambre. Ne voulant pas perdre plus de temps, les sous-vêtements finirent par voler à leur tour dans la chambre, rendant les gémissements et les soupirs plus forts qu'ils ne l'étaient déjà à ce moment.
Elles étaient toutes les deux comme dans une transe, ne contrôlant plus rien, s'abandonnant clairement aux caresses plus qu'intimes de l'une à l'autre. Puis exactement au même moment, la délivrance éclata enfin.
Et elles se rendirent compte de ce qu'elles avaient fait, à l'instant précis où Clarke ne put retenir le nom de son amour perdu, la scène se figeant un instant comme si toutes les deux avaient pris une douche glacée, avant qu'Alicia ne prenne finalement la parole tout en se reculant.
— Clarke… commença Alicia hésitante et s'en voulant. Je… Ça n'aurait pas dû arriver… J'aurais dû savoir, que tu… Je suis désolé… Je n'avais pas le droit de…
— Alicia… la coupa Clarke doucement. Arrête, tu n'es pas la seule à t'être emportée.
— Oui, mais moi j'aurais dû me contenir, en sachant que je ressemble à ton ex… J'ai vraiment l'impression d'avoir profité de toi… souffla Alicia peinée et énervée contre elle-même. Je suis vraiment désolée…
— Non ! Je t'interdis de penser ça, pas une seule seconde ! lui rétorqua Clarke rapidement. Ce n'est pas ta faute. C'est la mienne. J'ai… J'ai eu l'impression de la retrouver… J'aurais dû t'arrêter en sachant que tu n'es pas Lexa… Mais j'ai perdu les pédales, pour moi, tu étais devenue elle…
— Je… C'était génial, mais… ça ne peut pas se reproduire, annonça finalement Alicia en se pinçant les lèvres. Je suis vraiment désolée, Clarke.
La blonde acquiesça avant de se rhabiller rapidement et de s'installer dans le lit, comprenant ce que voulait dire la jeune femme. Elle ne s'était absolument pas contrôlée. Pour elle, comme elle l'avait dit à la brune, c'était Lexa qui était avec elle dans ce lit. Les mêmes sensations qu'elle avait ressenties dans ses bras et sous ses caresses. Mais ce n'était pourtant pas elle, même si ça y ressemblait. Elle se mit de dos à la jeune femme, ne pouvant empêcher une larme solitaire de s'échapper de ses yeux.
De son côté, Alicia en fit de même. La brune ne pouvait nier que ce qu'elle avait ressenti à ce moment précis, elle ne l'avait jamais ressenti pour personne jusqu'à cet instant présent. Que chacune des caresses lui avait procuré un plaisir extrême. Mais malgré tout ça, elle pensait réellement que ça ne devrait pas se reproduire. Ce qu'elle avait fait était immoral, puisqu'elle semblait être la copie conforme de cette Lexa à ce qu'on lui avait dit. Là où elle avait en face d'elle une femme dont elle avait irrésistiblement envie, elle n'était pour la blonde qu'une manière de retrouver son amour perdu. Et elle avait vraiment l'impression, indirectement et sans l'avoir voulu du tout, d'avoir profité du chagrin de Clarke. C'est avec ces pensées que toutes deux s'endormirent de leur côté du lit, se promettant silencieusement d'oublier ce moment, ce qui venait de se passer.
— Dors, Clarke, tu es en sécurité, lui souffla finalement la brune, avant que la blonde ne s'endorme.
