Nouveau lundi, nouveau chapitre !

J'ai essayé de répondre à chacun de vos messages en MP, mais a priori ça n'a pas fonctionné… J'ai principalement deux mots à vous dire : Merci Beaucoup ! Le fait que l'histoire vous plaise, il n'y a rien de plus important, c'est le carburant qui me fait avancer.

Je vous laisse enfin découvrir le chapitre d'aujourd'hui, qui j'espère vous plaira (je suis pas certaine, mais bon… On garde en tête qu'il faut toujours aller jusqu'au bout!)


Ayant rapidement étaient mis au courant de la situation et de l'état dans laquelle se trouvait Clarke par l'intermédiaire d'Abby et de June, tous firent en sorte de déranger et de solliciter le moins possible la blonde pendant quelque temps.

Bellamy fit le maximum possible pour prendre le relai et remplacer son amie qui lui avait indiqué très clairement ce qu'elle voulait mettre en place au sein de la Coalition. Il voulait la laisser se faire à l'idée, d'autant plus qu'Abby lui avait dit qu'il n'y avait pas d'autre solution.

Alicia ne se réveillerait pas et il leur fallait économiser le plus possible les ressources médicales en cas d'urgence. D'urgences qui avaient une chance d'être résolues, pas comme la situation d'Alicia.

Les tours de garde proposés par Indra et Octavia furent acceptés par tout le monde après quelques détails supplémentaires, ainsi que le planning des entraînements qui ne changea pas énormément de ce qui se faisait déjà, mais qui engloba désormais les anciens gardes de la Coalition. D'autres personnes qui n'étaient pas forcément à la sécurité avant l'arrivée des guerriers, ainsi que des jeunes souhaitant simplement apprendre à se défendre, décidèrent également de profiter de ces entraînements.

Il y eut ainsi dans un premier temps des entraînements à main nue, puis ils passèrent aux armes blanches : épée, lance, poignard, masse… L'entraînement sur les armes à feu lui se fit à vide, sans qu'aucune munition ne soit tirée.

Le stock de balles de l'usine était pour le moment assez important, mais trop bas pour qu'elles soient utilisées et gaspillées lors d'un simple entraînement. Sans prendre en compte également le bruit qui en résulterait et attirerait plus que nécessaire l'attention.

Cependant, la théorie du maniement des armes leur fut apprise ainsi que la sécurité, comment se placer ou encore comment les nettoyer, ainsi qu'à agir au mieux si l'arme venait à s'enrayer.

Le besoin de pouvoir atteindre des cibles à distance était cependant très fort, Écho prit donc en charge des entraînements au tir à l'arc et passa également un moment à apprendre à ceux qui suivaient ses directives comment en fabriquer un, ainsi que les flèches.

L'un des habitants de la Coalition se mit en binôme avec elle pour ce qui était du tir à l'arbalète, les deux armes étant assez similaires.

Dans une tout autre partie de la Coalition, plus proche des garages et de ce qui servait d'atelier à Raven, cette dernière avait mis son cerveau à profit pour créer le plus de pièges et de défenses possibles.

Certains habitants de l'usine l'avaient rejoint pour l'aider et apprendre, dont Althéa qui avait quelques bases en connaissance des technologies et en mécanique.

— Et du coup, il n'y a pas plus simple, tu n'as plus qu'à accrocher ces deux pièces ensemble et ça fera l'affaire, déclara Raven à l'ancienne journaliste tout en lui montrant la manipulation à effectuer ainsi que le résultat qui était attendu.

— Un vrai jeu d'enfant en effet, déclara à son tour la brune aux cheveux courts, sceptique, en ayant à moitié compris ce que lui avait expliqué l'autre brune, mais malgré tout avec un sourire.

— Si tu ne fais pas d'effort aussi… soupira longuement et faussement la jeune pilote, avant de lui faire un clin d'œil.

Depuis son arrivée au sein l'usine, la Reyes s'était dit que ça ne pourrait jamais passer avec la plus vieille. En particulier, elle voyait d'un mauvais œil la façon que l'autre brune avait de regarder et de jeter des regards noirs à Clarke quand elle était avec Alicia. Puis tout avait empiré quand cette dernière était tombée dans le coma, l'Hispanique ayant pensé à ce moment-là que l'ancienne journaliste allait bien finir par déclencher une guerre et les obliger de cette façon à se défendre.
Ce qu'elle ne voulait pas qui arrive, car elle savait très bien comment toute cette situation ce serait terminée : en bain de sang.

Mais heureusement, la blonde avait finalement réussi à calmer les choses et ils arrivaient aujourd'hui à travailler tous ensemble pour la même chose, main dans la main.

Finalement, il lui semblait aussi qu'elle avait lié un bon commencement d'amitié avec Althéa. C'était plus ou moins le cas avec tous les amis d'Alicia si elle devait le dire, peut-être un peu plus avec Luciana qui lui avait permis de découvrir un peu mieux ses origines, chose qu'elle n'avait eu ni l'occasion de faire ni les informations pour quand elle était encore dans l'Arche.

— Nous allons demander à Denis s'il a des informations, déclara soudainement l'ancienne journaliste au fil de la conversation. Ça fait maintenant deux jours qu'on le laisse se reposer dans ses quartiers, mais selon ce qu'il a à dire il faudrait savoir le plus vite possible pour pouvoir agir au mieux.

— J'imagine que c'est ce qu'il faudrait oui, lui répondit Raven en la regardant cette fois. Tu devrais mettre au courant Clarke, je pense qu'elle voudra être là.

— C'est ce que je voulais justement te demander, dit alors l'autre brune avec un soupir soulagé. Tu penses que ça ne fait pas trop tôt pour ça ?

— Non, elle est à l'infirmerie depuis plus de deux jours. Je pense que la sortir de là et lui faire prendre un peu l'air lui fera du bien. Voir Alicia comme ça… Ça ne sert à rien, mis à part lui faire du mal. Je sais que c'est ton amie, mais… Je ne pense pas, et c'est également ce que pense Abby, qu'elle se réveille et s'en sorte…

— Je sais, lui répondit Althéa en détournant la tête, la tristesse faisant légèrement trembler sa voix. C'est aussi ce que je pense et je pense que je m'y suis préparé même si c'est compliqué… Les autres aussi.

Un moment passa pendant lequel la brune ne se retourna pas, le silence seulement perturbé par les légers bruits de collisions causés par le boulon qu'était en train de resserrer l'Hispanique.

— Et je tiens aussi à te dire que j'ai bien compris que ce n'était pas la faute de Clarke ou même celle de quelqu'un d'autre, reprit finalement l'ancienne journaliste en regardant la jeune femme. Elle l'aurait certainement fait même si l'on avait essayé de l'en empêcher… Peut-être même qu'elle aurait tenu encore plus à le faire vu comme elle est têtue…

Althéa quitta par la suite ce qui était devenu l'atelier de Raven après un regard pour cette dernière, avant de se diriger vers l'infirmerie où elle savait qu'elle trouverait Clarke à coup sûr.

Elle savait aussi qu'elle devrait bientôt faire ses adieux à son amie, pour qui elle avait jusqu'à il y a peu de temps eu bien plus de sentiment que simplement de l'amitié. Tout portait à croire qu'elle ne se réveillerait jamais, ses autres amis pensaient eux aussi la même chose. Ils avaient discuté entre eux de la situation et s'étaient mis d'accord sur le fait que laisser la jeune femme allongée dans ce lit n'était plus une option. Ce n'est pas ce qu'elle aurait voulu.

La seule chose les empêchant de débrancher tous les appareils permettant encore à Alicia de respirer à ce jour, c'était Clarke. Cette dernière ne les laisserait faire sous aucun prétexte, même si c'était le mieux à faire. Même si la blonde savait tout aussi bien qu'eux qu'il n'y avait plus aucun espoir de voir Alicia se relever.

Elle était complètement perdue dans ses pensées quand elle entra en collision avec quelqu'un et se retrouva au sol.

— Oh, je suis désolée, fit la personne en lui tendant sa main pour l'aider à se relever, qu'elle acceptât tout de suite.

— Niylah ! Désolée aussi, et merci, lui répondit Althéa avec un sourire en s'apercevant que c'était la blonde.

— Tout le plaisir est pour moi ! lui dit l'ancienne Trikru avec un sourire en coin qui fit rougir la brune.

— Mais, qu'est-ce que tu fais là ? s'interrogea la jeune femme d'origine polonaise en voyant juste à côté d'elles deux la porte de l'infirmerie, n'ayant pas fait attention qu'elle avait atteint sa destination.

— Je viens voir Clarke… soupira la blonde avec un sourire triste. J'ai vu l'état dans lequel elle était après avoir perdu Lexa… Et son état actuel est bien pire, je voulais voir comment elle va et peut-être essayer de la faire sortir de là…

Althéa avait eu un regard suspicieux en entendant la première phrase, la deuxième femme qui avait à peu près son âge avait donc continué ce qu'elle disait.

— Elle compte beaucoup pour moi, elle m'a sauvé la vie, ajouta Niylah en voyant le regard de la brune. Sans elle, je serais morte il y a des années. Je ne peux pas la laisser. Même si Octavia et Raven pensent qu'il vaut mieux lui laisser du temps pour l'instant. Qu'elle sait qu'on est là pour elle… Je ne peux pas la laisser comme ça, pas en l'ayant vue autant perdue après la mort d'Heda… Enfin bref, qu'est-ce que toi, tu fais là ?

— Je viens voir Clarke aussi. Je dois demander à Denis ce qui s'est passé et Raven m'a confirmé qu'elle voudrait sûrement être là. Viens avec nous si tu veux, au moins tu pourras être là pour Clarke. Cette Lexa devait être vraiment phénoménale, au passage, vu la façon dont vous avez quasiment tous de parler d'elle, dit la brune.

— Elle l'était vraiment, répondit la blonde avec un léger sourire. Elle était la seule dirigeante qui ait réussi à apporter la paix dans notre monde. Même si elle a été obligée de faire certaines choses qui n'ont pas été faciles, elle a toujours fait passer son peuple avant tout le reste. Mais ça, c'était en partie avant l'arrivée des Skairkru, avant l'arrivée de Clarke. Elle était réellement phénoménale, comme tu dis. Même si pour être honnête, j'aurais certainement dû la détester parce qu'elle était entre Clarke et moi.

— J'aurais aimé la connaître, je pense, déclara Althéa avec un sourire fin. Mais vu ce qu'on m'a dit, il aurait certainement fallu que je sois de son côté !

Après un rire partagé et un regard entre elles deux qui dura un peu plus que nécessaire, elles entrèrent toutes les deux dans l'infirmerie et se rendirent à l'endroit où elles savaient toutes deux que se trouvait Alicia. La blonde était comme elles l'avaient imaginé à ses côtés, lui tenant la main.

— Salut Clarke, commença doucement Niylah en s'approchant d'elle et en mettant sa main sur l'épaule de l'autre blonde.

— Hey, Niyl', lui répondit la Griffin sans pourtant détacher son regard de la brune qui était allongée à côté d'elle. Qu'est-ce qui t'amène ici ?

— Nous voulions savoir comment va Alicia et comment tu vas, lui répondit la Trikru.

— Oh. Salut, Althéa, je suis désolée je ne t'avais pas vu, déclara la plus jeune qui avait finalement porté son regard sur elle à l'utilisation du pronom au pluriel par son amie.

— Bonjour, Clarke, ne t'en fais pas, lui répondit la brune avec un sourire un peu crispé. À vrai dire, je suis aussi ici pour te demander quelque chose.

La blonde s'installa de manière un peu plus droite sur le fauteuil tout en faisant signe à l'ancienne journaliste de parler, plus concentrée et attentive à ce qu'elle allait bien pouvoir lui dire.

— Nous avons laissé un peu de temps à Denis pour qu'il puisse se remettre avant de l'interroger et nous allons aller le faire maintenant. Je pensais que tu voudrais en être au courant et peut-être même venir, déclara Althéa.

— Oui, lui répondit Clarke avec sérieux avant de reporter son regard brièvement sur Alicia. Laissez-moi un peu de temps pour aller me changer et je vous y rejoins. Où est-ce que ça va se passer ?

— On te retrouve d'ici une heure environ devant chez toi si ça te va ? demanda Niylah après avoir échangé un regard avec la brune.

Les deux plus âgés partirent donc en première de la pièce, laissant encore un peu de temps à Clarke seule avec Alicia.

— Tu veux qu'on profite de cette heure pour que je t'entraîne au combat ? demanda la blonde à Althéa avec un sourire joueur. J'ai hâte de voir de quoi tu es capable.

— Je suis certaine que je peux te battre très facilement ! lui répondit la brune avec le même sourire, en plus teinté de défi.

— C'est ce qu'on va voir, lui répondit la guerrière avec un regard malicieux, tout en laissant échapper un léger rire.

Une heure plus tard, après que Niylah ait mis Althéa plusieurs fois à terre sans trop forcer et dans des éclats de rire, elles retrouvèrent Clarke comme elles en avaient convenu avec cette dernière devant la porte des appartements de Lexa qui étaient également devenus les siens.

— Allons-y, leur dit Clarke d'un air résolu, avant de suivre Althéa qui les emmena dans les quartiers de Denis.

Ce dernier vint leur ouvrir, avant de les inviter à s'installer autour de la table. Clarke prit quelques instants pour vérifier très rapidement son état de santé, avant que la discussion ne commence enfin.

— Denis, commença Althéa en allumant sa caméra, j'aimerais que tu me racontes le plus possible ce dont tu te souviens, chaque détail peut être important pour nous permettre de comprendre exactement ce qui s'est passé.

— Je… Nous sommes partis en expédition pour chercher des ressources, ça devait être simple et rapide, commença l'homme, puis au bout d'un certain temps quand nous étions dans une petite ville en train de chercher, nous sommes tombés dans une embuscade. On était au milieu de la rue et l'on s'est fait tirer dessus comme des lapins.

— Ça devait sûrement être l'endroit où l'on s'est mis à nous tirer dessus la dernière fois, j'imagine, dit Clarke à l'attention d'Althéa. Denis, tu sais combien il y avait de personnes à peu près ?

— J'en sais rien, pas à ce moment-là, répondit celui-ci. Quatre sur les dix d'entre nous ont été tués quasiment tout de suite d'une balle dans la tête. Deux autres ont été touchés très gravement en essayant d'aider les blessés, je pense qu'ils sont morts très rapidement.

Clarke et Althéa se regardèrent, la blonde lui faisant comprendre que s'ils n'avaient pas de formation, ils auraient pu être mis à terre par seulement une personne. Peut-être la même que celle qui les avait attaqués elle-même.

— Je me suis pris une balle dans l'épaule et j'ai perdu connaissance, continua Denis en tremblant légèrement, devant sans aucun doute se remémorer la scène. Quand je me suis réveillé, nous étions quatre, les quatre survivants, je pense, complètement ligotés. Un homme est venu chercher l'un des nôtres et peu de temps après nous avons entendu des hurlements.

Il s'arrêta un instant et déglutit avant de reprendre son histoire d'une voix blanche.

— Et ça a continué comme ça. C'était toujours le même homme qui venait nous chercher. J'ai été le troisième à être emmené. Et ça a confirmé ce que je pensais, il a commencé à me torturer. D'abord sans rien me demander, je pense que c'était pour nous faire peur. Peu de temps après, un autre homme est arrivé et a commencé à poser des questions.

— Est-ce que tu te souviens de quelles questions ? demanda Althéa.

— Il a posé des questions sur le lieu où je vivais, lui répondit-il. Sur l'état de la structure, ses habitants, la défense qu'il y avait…

Les trois femmes échangèrent un regard appuyé, pensant bien savoir qui ça pouvait être, mais voulant une réelle confirmation.

— Comment était cet homme, Denis ? Physiquement, je veux dire. Celui qui t'a posé toutes ces questions, ajouta Clarke.

— Euh… Assez grand, châtain ou blond foncé, je ne sais plus trop et la lumière n'était pas très forte, leur répondit-il avant qu'il ne semble se rappeler de quelque chose d'assez important.

— Mais ce dont je me souviens surtout, c'est de son regard. Froid comme de l'acier glacé et de la même couleur… dit-il avec un frisson qui sembla traverser tout son corps.

— C'était Michael, confirma la Griffin à haute voix, sûre d'elle, étant la seule à l'avoir vu d'aussi près et à savoir que la description était en effet exacte.

— Je… Je suis désolé, déclara le seul homme de la pièce en baissant les yeux. Ils m'ont forcé à leur donner la position de la Coalition… Vous comprenez, ils m'ont torturé… Je ne pouvais pas…

— Ne t'inquiète pas Denis, le rassura Althéa en venant mettre une main sur son avant-bras. Je comprends, on comprend. Où sont les autres ? Et comment est-ce que tu es arrivé à revenir ?

— Ils sont morts, dit-il tristement. J'ai vu leur corps quand je suis finalement arrivé à m'échapper. Je ne sais comment d'ailleurs, en y réfléchissant maintenant, ça me semble que ça a été trop facile.

— Ils ont dû te suivre pour être certains que tu ne leur avais pas menti, dit Clarke. Mais ils n'ont pas dû se rendre compte que tu pourrais peut-être également nous ramener à eux. Est-ce que tu peux te souvenir d'où c'était ? Tu as des points de repère pour retrouver leur camp ?

Denis se rappela en effet de la position et put donc leur donner des indications et des lieux pour que des personnes n'y étant jamais allées puissent s'y rendre. Elles prirent donc toutes les trois la direction de la salle de réunion après cela, demandant à leurs amis de les rejoindre rapidement. Ils mirent donc en place une équipe afin d'aller repérer les lieux et d'avoir plus de renseignements sur Michael et ses hommes.

Une fois la réunion terminée, la jeune Griffin se rendit comme chaque fois qu'elle avait un moment de libre à l'infirmerie, veillant sur Alicia en restant à ses côtés.

— Clarke, l'appela doucement sa mère en la voyant encore au chevet d'Alicia.

La blonde avait la tête sur le lit juste à côté de celle de la brune et seul l'infime mouvement de tête qu'elle fit dans sa direction confirma à Abby qu'elle n'était pas en train de dormir.

— Chérie, il va falloir qu'on parle, reprit la plus âgée des Griffin en s'accroupissant à ses côtés. Ça ne peut plus durer comme ça, pas plus longtemps.

Abby laissa un petit moment à sa fille pour réagir si elle le devait et ne reprit la parole qu'au moment où leurs regards se croisèrent enfin, la plus jeune n'ayant pas ouvert la bouche.

— J'ai fait tous les tests possibles, déclara doucement la chirurgienne. Plusieurs fois, tous les jours, plus que je ne l'ai fait pour quiconque d'autre. Je suis vraiment désolé de te le dire comme ça Clarke, mais ça ne donne aucun résultat.

— Alors essai encore ! s'écria soudainement Clarke pleine de rage. Fais mieux !

La réaction de la jeune femme fit reculer de quelques pas Abby qui s'était relevée dans le même mouvement, ne s'attendant pas du tout à ce que la blonde réagisse de cette manière. Pourtant, au-delà de la rage qui était présente, Abby pouvait clairement voir dans les yeux de sa fille, bleus, qui étaient très similaires à ceux de Jake et qu'elle connaissait par cœur, toute la détresse qui l'habitait. La jeune femme était complètement désemparée et dévastée. Face à cela, elle ne put elle-même empêcher quelques larmes de rouler sur ses joues, avant de prendre sa fille dans ses bras pour la serrer en signe de réconfort. Elle ne savait absolument pas quoi faire pour la soulager à ce moment-là plus que ça.

— Je t'en supplie Maman, dis-moi que… Clarke ne put finir sa phrase, ses soudains sanglots devenant insupportables à contrôler.

— Je suis désolée, Clarke, il n'y a vraiment plus rien que nous ne pussions faire maintenant… Il faut seulement qu'on la laisse partir en paix… Il faut que tu l'acceptes. Je suis tellement désolée, Clarke… J'aurais tellement voulu éviter que tu n'aies à vivre ça encore une fois…

Abby laissa quelques secondes à sa fille pour digérer l'information, cette dernière restant silencieuse. Elle crut même qu'elle ne l'avait pas entendu à cause de ses sanglots, avant que la jeune femme ne reprenne finalement la parole.

— Laisse-moi encore un peu de temps pour lui dire au revoir, s'il te plaît, la supplia-t-elle avec une voix tremblante.

— Bien sûr que oui, ma chérie, je te laisse un peu de temps.

Elles restèrent toutes les deux dans cette position un moment, avant que la jeune femme ne s'arrête de pleurer subitement et ne se détache d'Abby. Elle passa ses mains sur ses joues pour essuyer le restant de ses sanglots et posa ses yeux sur la jeune brune. Il lui semblait qu'elle avait pleuré toutes les larmes de son corps et qu'aucune de plus ne pourrait faire son apparition à ce moment.

— Je dois y aller, annonça la plus jeune en regardant sa montre tout en essayant de reprendre contenance le plus rapidement qu'il lui sembla possible. On doit finaliser les détails de l'expédition.

— Clarke, ce n'est pas important et vous en avez déjà parlé, lui dit sa mère. Ils comprendraient tous que tu ne sois pas là…

— Je sais, mais il faut vraiment que j'y aille, dit-elle sa voix tremblant légèrement. Je… Je ne peux pas…

La blonde détacha finalement son regard d'Alicia en fermant les yeux brusquement et durement, avant de sortir précipitamment de l'infirmerie.

La réunion venait de se terminer, elle avait été assez rapide puisqu'ils avaient déjà discuté d'une bonne partie du déroulement de l'expédition du groupe qui allait partir au camp de Michael.

La jeune Griffin souffla fortement avant de poser la tête contre la table, complètement exténuée. La discussion qu'elle avait eue juste avant la réunion avec sa mère lui avait enlevé toutes les forces qui lui restaient, tous les plus minces et infimes espoirs qu'elle avait pu avoir pour Alicia. Madi vint rapidement à ses côtés et passa son bras autour de ses épaules en la voyant dans cet état. Depuis quelques jours, la jeune fille ne savait plus du tout quoi faire. Elle avait juste fait en sorte d'être présente le plus possible pour sa mère, pour la soutenir. Même si elle-même ne savait pas entièrement comment faire face à sa propre tristesse.

Les amis d'Alicia étaient eux aussi encore là et tous échangèrent un regard avant de s'avancer vers les deux Griffin.

— Clarke, commença John de la manière la plus douce possible en se rapprochant de la jeune femme. Je sais ce que tu vis, j'essaie de l'imaginer en tout cas. Mais nous avons discuté et… Nous pensons que c'est le moment de laisser partir Alicia en paix et dans un monde meilleur.

— C'est ce que ma mère m'a dit juste avant que je vienne ici, déclara simplement Clarke en reniflant après avoir relevé la tête, le regard las et empli de larmes. Vous pouvez aller la voir, j'y retournerais ce soir.

Tous comprirent que c'était le moment de faire leurs adieux à leur amie, à leur dirigeante. Celle qui avait permis à ces lieux de tourner comme il le fallait et de sauver des gens. Ils sortirent donc de la salle après un dernier regard attristé vers la blonde. C'était le mieux à faire à cet instant, ils le savaient. Clarke elle-même le savait, et ce malgré toute la peine et la douleur qu'elle ressentait rien qu'à y penser.

La blonde se rendit à peine compte que Madi l'avait ramené dans ses appartements, que Bellamy et Écho avaient quittés depuis peu ayant trouvé un endroit où s'installer un peu plus définitivement. Une fois allongée sur son lit dans les bras de sa fille, Clarke éclata pour la deuxième fois de la journée en sanglots incontrôlables, alors qu'elle ne pensait pas que ça pouvait être encore possible. Peu à peu, à cause de la fatigue et des émotions elle s'endormit finalement.

Elle se réveilla quelques heures plus tard seule et décida de se rendre à l'infirmerie. Il était assez tard et elle savait que les amis d'Alicia seraient déjà passés et que sa mère y était probablement encore puisqu'elle avait dit qu'elle allait revenir. Quand la blonde sortit de sa chambre, sa fille qui était installée sur le canapé la regarda fixement.

— C'est le moment ? demanda gravement la jeune fille, avant de reprendre la parole après le léger signe de tête positif de sa mère. Je viens avec toi.

— Non… Madi, je… Commença la blonde.

— Je viens, Clarke, la coupa la brune. Je te laisserais seule avec Alicia quand il le faudra, mais je t'accompagne. Je ne te laisserais pas y aller toute seule. Je suis là pour toi, Maman.

La blonde vint prendre sa fille dans ses bras, touchée par ce qu'elle venait de lui dire. Elle l'appelait très peu de cette manière, même si elle savait que c'est comme ça que la voyait la jeune fille. Et elle était heureuse qu'elle soit là pour elle, surtout à ce moment. Même si elle aurait préféré éviter que la petite brune n'ait à vivre ça. Elles quittèrent donc toutes les deux l'appartement pour aller en direction de l'endroit qui serait le tout dernier témoin de la vie et des battements de cœur d'Alicia, ainsi de ce qui serait son dernier souffle.

Quand elle passa la porte, la fille de Jake fut incapable de faire un pas de plus, comme tétanisée par l'appréhension de ce qui allait se dérouler. Madi serra sa main plus fortement et la blonde croisa le regard de sa mère qui vint vers elles et qui la prit dans ses bras.

— Madi… Va la voir, déclara la jeune femme en contrôlant sa respiration pour ne pas s'effondrer, j'imagine que tu veux aussi lui faire tes adieux.

Sur ces mots et après que Clarke lui ait assuré qu'elle pouvait la laisser, la jeune Native se rendit au chevet d'Alicia, les deux Griffin les plus âgés restants ensembles. Abby ne dit rien pendant quelques minutes, laissant juste à sa fille l'occasion de parler si elle le souhaitait. Quand Madi lui fit signe, sa mère prit rapidement la place au chevet de la femme qu'elle aimait, la jeune fille s'éloignant un peu pour lui laisser de l'intimité, mais lui faisant comprendre qu'elle était là. La blonde prit l'une des mains de la jeune brune avant de commencer à parler en essayant de contrôler sa voix.

— Alicia… Je ne sais même pas par quoi commencer et quoi te dire en fait… Je n'aurais jamais pensé rencontrer quelqu'un comme toi, avoir la chance d'aimer quelqu'un aussi fort une deuxième fois. Je te mentirais si je te disais que je vais bien, que je vais aller bien… Parce que ce n'est pas le cas… Je ne peux rien y faire, mais je n'arrive pas à te laisser partir… Je n'y arriverais jamais vraiment, je pense… Comme je ne suis jamais arrivée à le faire pour Lexa…

Si au début elle arriva à garder le tremblement de sa voix à un stade plus ou moins raisonnable, au fil de ses paroles les sanglots prirent place, l'empêchant pratiquement de respirer à certains moments.

— Tu as touché mon cœur et mon âme comme je pensais que ce ne serait plus jamais le cas, quand je pensais que personne ne pourrait plus le faire. Pas de cette manière, en tout cas. J'aurais dû savoir que ce ne serait pas une bonne idée de faire ça, j'aurais dû t'empêcher de le faire, même si j'avais dû t'enfermer jusqu'à ce que tu abandonnes, si c'était nécessaire… Il n'y a plus rien que je puisse te dire, il n'y a plus rien que je puisse faire pour te sauver maintenant… Mais je te promets de tout faire pour garder saines et sauves toutes les personnes que tu aimes.

Clarke se rapprocha un peu plus d'elle et prit délicatement le visage de la brune dans ses mains.

— Reste, je t'en supplie, ne me quitte pas… dit-elle la voix brisée au possible, ne se préoccupant de plus rien d'autre. Les étoiles peuvent encore un peu attendre avant que tu ne les rejoignes, tu n'as pas besoin d'y aller tout de suite… J'ai besoin de toi, Alicia… Je ne veux pas vivre ici, pas sans toi à mes côtés… Pas dans ce monde que je connais à peine…

Elle prit l'une des mains de la brune dans l'une des siennes, ne lâchant pas sa joue qu'elle caressait avec l'autre.

— J'aimerais penser que tu pourrais me revenir, mais tout porte à croire que ce ne sera pas le cas. J'aimerais être plus égoïste que je ne l'ai jamais été et attendre encore avant de débrancher ces maudites machines, mais je sais que ce n'est pas ce que tu voudrais… Mais c'est comme si je perdais à nouveau encore une partie de moi… Est-ce que c'est le destin ? Est-ce que je dois perdre toutes les personnes qui me sont chères ? Est-ce que mon cœur ne doit devenir qu'une charpie ?

Clarke laissa un instant passer, avant de se pencher vers Alicia, essayant de contrôler au mieux ses larmes sans que ça n'ait aucun effet, ces dernières ruisselants sur ses joues. Elle se pencha pour enlever délicatement le tube qui permettait jusqu'à présent à la jeune brune de respirer. Une fois cela fait, et une fois qu'elle eut déposé le matériel un peu plus loin, elle regarda la jeune femme avant de se pencher une nouvelle fois, cette fois pour déposer ses lèvres sur celles de la femme à qui elle était en train faire ses adieux, qu'elle devait laisser partir malgré elle.

- Yu gonplei ste odon, dit Clarke entre ses sanglots, avant de les essuyer du revers de sa main et d'essayer de se reprendre un peu.

Elle reprit les deux mains d'Alicia dans les siennes, s'asseyant sur le lit au plus près d'elle en inspirant profondément.

— En paix, puisses-tu quitter ce rivage. Dans l'amour, puisses-tu trouver le prochain. Un passage sauf pour ton voyage. Jusqu'à notre dernier voyage sur le sol. Puissions-nous encore nous retr…

Clarke coupa sa phrase et baissa ses yeux vers les mains d'Alicia. Elle avait été persuadée d'avoir senti les mains de la brune bouger quand elle avait parlé, mais elle avait mis ça sur le compte de l'infime espoir qu'elle avait encore, même maintenant. Mais devant ses yeux, à cet instant précis, les mains de la jeune femme bougeaient et c'était absolument indéniable.

— Alicia, Alicia, tu m'entends ? Dis-moi que tu m'entends, je t'en supplie… demanda la blonde d'une voix suppliante et pleine d'espoir.

— Clarke… ? arriva difficilement à dire la jeune brune avec une voix rauque et faible, ouvrant les yeux, les émeraudes retrouvant une nouvelle fois les saphirs, chose qui n'était pas arrivée depuis un trop long moment.

— Maman ! Maman vient vite ! hurla Clarke avec une voix pressée et emplie de joie dans toute l'infirmerie, quand elle l'avait entendu parler même si c'était faible.

Mais avant même qu'Abby ne puisse arriver, la brune avait une fois de plus perdu connaissance et ne bougeait plus.

— Non… Non, non ! s'exclama la jeune blonde cette fois complètement paniquée en regardant la brune. Alicia ! S'il te plaît ! Maman, Alicia était réveillée, elle m'a parlé ! Je te le jure ! Je l'ai entendue !

— Clarke… Chérie, tu as seulement dû… commença la plus âgée, ne prenant même pas la peine de finir pas sa phrase en voyant la poitrine de la brune se soulever de manière régulière pour respirer.


Vous voyez, c'était pas la peine de vouloir me tuer trop violement ! :)

Même si je dois avouer que ça me plait - un petit peu - de vous maltraiter.

J'attends avec impatience vos retours sur ce que vous pensez qui va arriver !