— Lexa ? l'interpella John, en s'approchant doucement d'elle.
— Je t'écoute, dis-moi ce qu'il y a, lui répondit-elle sans lever les yeux des documents qu'elle était actuellement en train d'étudier à ce moment-là.
— Il est possible qu'une des bagarres ait encore une fois résulté sur quelqu'un de blessé qui a dû être conduit à l'infirmerie, lui annonça le jeune Blake qui était venu la voir aux côtés de l'ancien policier.
La Commandante souffla bruyamment en fermant fortement les yeux, comme si ce qu'elle avait entendu pouvait disparaître, puis leva la tête en poussant les documents plus loin pour regarder les deux hommes à qui elle fit signe de s'installer.
— C'est grave à quel point ? s'informa la seule femme de la pièce.
— Un nez cassé et une épaule déboîtée, lui répondit clairement l'ancien Skaikru, quand tous les deux eurent pris place.
— Sur la même personne ? demanda la brune étonnée en fronçant les sourcils.
— Non, lui répondit John en soupirant de lassitude. L'homme au nez cassé vient de l'Éligius. L'épaule, c'est un gars d'ici qui n'a pas voulu aller à l'infirmerie, Jason.
— Et il est simplement reparti avec son épaule déboîtée, comme ça ? demanda encore une fois la Commandante, étonnée.
— John et moi la lui avons remise en place, expliqua le Blake. Mais pas sans douleur, du coup il a hurlé et rameuté toutes les personnes qui se trouvaient aux alentours dans l'usine.
— Et comme Bellamy et moi étions en train de le toucher, ajouta le plus vieux, ils ont tout de suite pensé qu'il était en train de se faire attaquer. Ça a bien failli déclencher une bagarre une nouvelle fois, mais j'ai pu les arrêter avant que ça ne dégénère plus que ça.
— Je pense déjà connaitre la réponse à la question qui va venir, commença la Commandante, mais je vais tout de même vous la poser. Qui a été à l'origine de la bagarre ?
— L'un des anciens, Jason, lui répondit John très honnêtement, le Blake confirmant avec un signe de tête.
— C'est en effet bien ce que je pensais… Mettez-le dans une cellule pour quelques jours, le temps qu'il comprenne qu'il doit se calmer…
La jeune femme ne put s'empêcher de se prendre le visage dans les mains en poussant un soupir dans lequel les deux hommes purent sentir poindre tout son énervement. Elle était restée calme jusqu'à présent, même si ça faisait plusieurs jours que des accrochages avaient lieu et que ce n'était pas le premier blessé. Mais ça faisait maintenant trop et elle devait faire cesser cela définitivement.
— John, je te laisse regrouper tout le monde dans la grande salle, nous devons mettre un terme à tout ça, ordonna la brune d'une voix ferme. Tu es un ancien policier, si je me souviens bien. C'est pour ça que je veux que tu reprennes en charge ce rôle dans la Coalition, avec Bellamy à tes côtés. Je pense que tu auras l'autorité nécessaire pour que les habitants t'écoutent, ils ne penseront pas que tu ne te préoccupes que des nouveaux. Indra restera cependant la Générale pour tout ce qui concerne la sécurité face à l'extérieur. Je ne peux pas apparaître présente partout, mais je sais que je peux te faire confiance pour monter une équipe et venir me voir seulement si c'est nécessaire. Et c'est ce que je vais aller annoncer à tous dès que possible, il faut que ça cesse. Tu peux y aller, merci.
Le plus vieux des deux hommes lui fit signe qu'il avait bien compris avant de rapidement quitter la petite salle que Lexa avait transformée en bureau. C'était la salle dans laquelle Madi lui avait annoncé sa théorie par rapport à la Fleim, il était donc logique que ce soit son espace de travail personnel. Et elle ne tenait pas forcément à rapporter tous ces documents chez elle, Clarke ne serait pas forcément d'accord. Elle savait également d'elle-même avec son expérience qu'il fallait qu'elle pense à s'octroyer des moments de répit. L'endroit était donc parfait pour toutes ces raisons, se trouvant en plus non loin de leurs appartements.
Quand elle voulut se remettre un peu au travail, le temps que John la prévienne qu'elle pouvait venir parler à tout le monde, elle se rendit compte de la présence de Bellamy qui se tenait toujours à ses côtés. Cela ne la dérangea pas, mais elle lança un regard étonné au jeune homme qui le remarqua.
— Je voulais te remercier, Lexa, déclara-t-il après quelques instants qu'ils passèrent à se jauger tous les deux, avant de se lever du siège qu'il avait occupé. J'apprécie vraiment la confiance dont tu fais preuve à mon égard. Surtout après ce qui est déjà arrivé dans le passé…
— Tu n'as pas à t'excuser, Belomi, lui répondit la brune en se levant à son tour. Ce qui est arrivé s'est passé il y a bien longtemps, du moins pour moi, et nous ne pouvons pas changer le passé. Tu as commis des erreurs, mais je serais hypocrite si je disais que ce n'est pas mon cas, j'en ai commises également de mon côté. Ce qui importe le plus aujourd'hui, c'est que je sais que ça ne se reproduira pas. De plus, Clarke a confiance en toi, il en est donc de même pour moi. Tu as accompli beaucoup ici, pour elle et pour moi. Pour la Coalition.
— Merci, Heda, lui répondit Bellamy, les yeux légèrement brillants.
Lexa lui lança un sourire avant de lui tendre son bras, le jeune homme empoignant son avant-bras sans perdre une seconde avant de se diriger vers la sortie de la pièce avec un sourire à son tour.
— Et si tu peux aussi dire à Écho de venir me voir, ajouta Lexa en se rasseyant avant qu'il n'ait le temps de sortir. Je sais qu'elle veut me parler, mais qu'elle hésite à le faire. Je suis prête à entendre tout ce qu'elle a à me dire.
Le Blake lui donna un signe de tête pour lui signifier qu'il avait entendu très clairement ce qu'elle lui avait dit et que ce serait fait, avant de fermer la porte derrière lui.
Lexa passa encore quelques minutes à lire les rapports qu'elle possédait à sa disposition à ce moment-là, avant que celui à qui elle avait demandé de reprendre son poste de policier ne la prévienne qu'il était temps qu'elle vienne parler à son peuple. Elle sortit donc de son bureau en le refermant à clé, avant de se rendre dans la salle où tous avaient pris l'habitude de se regrouper de temps en temps pour les annonces.
— Que ce soit bien clair, je suis devant vous aujourd'hui pour vous faire comprendre quelque chose, commença-t-elle d'emblée, sans préambule. Quelqu'un a encore été envoyé à l'infirmerie aujourd'hui et ça ne peut plus durer comme ça indéfiniment. Je vous ai pourtant déjà mis en garde à ce sujet. C'est pourquoi j'ai décidé de remettre en place ce qui se rapproche le plus d'un service de police. John en sera le responsable avec Bellamy et instaurera des règles.
Elle fit une pause, dardant l'assemblée face à elle de son regard froid, les défiant tour à tour d'oser prendre la parole pour la contredire. Son regard apparaissait froid, pourtant tous pouvaient bien sentir la colère flamboyante qui l'habitait à cet instant.
— Des mesures seront prises, qui vous enlèveront certaines de vos libertés, reprit-elle. C'est tout ce que vous avez gagné à vous conduire de la sorte. Il y aura également maintenant des conséquences à chacun de vos actes. Peut-être même plus que simplement de l'enfermement provisoire. Le prochain qui aura l'audace d'agir encore une fois de la sorte subira ces conséquences. Je préfère vous dire et appuyer sur le fait que je ne referais plus de mise au point à ce sujet et que j'attends que votre comportement, à tous, soit irréprochable. Nous sommes un seul peuple maintenant, je tiens à vous le redire. J'ai toujours en moi une partie d'Alicia et vous êtes tous sur le même pied d'égalité pour moi.
John avait terminé depuis à peine seulement deux jours de mettre en place ce qui lui avait été demandé par la Commandante, avec l'aide de Bellamy et d'autres, que l'utilité de la décision fut bien visible. La plupart des cas isolés se calmèrent tout de suite, redonnant un semblant de paix à la vie dans l'usine. Cependant, Lexa fut prise à partie par Victor une nouvelle fois, ainsi qu'Althéa. Tous les deux ne comprenaient pas sa manière de faire les choses et n'étaient pas du tout d'accord avec la jeune femme, soutenant même qu'ils se rangeraient aux côtés des « vrais habitants de la Coalition », comme ils les appelaient, si cela s'avérait être nécessaire.
— On aurait dû s'échapper dès le moment où j'ai retrouvé tous mes souvenirs… soupira Lexa à l'attention de sa compagne, qui lui embrassa la pommette.
Elles étaient toutes les deux dans ce qui était devenu leur foyer, la brune se détendant dans le canapé sous les caresses légères prodiguées par la femme qu'elle aimait.
— Tu sais aussi bien que moi, voire même mieux, que tu ne l'aurais jamais vraiment fait, ricana Clarke. Tu n'aurais pas abandonné ton peuple en le laissant à son propre sort.
— Je crois qu'il n'y aura jamais aucun moment où nous ne devrons plus rien à nos peuples, notre peuple… déclara la Commandante, sa phrase faisait écho à celle qu'elle avait déjà dite dans sa première vie.
— Tu es faite pour diriger, est-ce que tu as vraiment cru réellement une seule seconde à ce que tu m'as dit ce jour-là ? lui demanda la blonde en haussant un sourcil.
— Cru ? Bien sûr que non. Espéré ? Oui. De toutes mes forces. Même si je sais maintenant que ce ne sera jamais possible…
Elles restèrent un moment dans cette position, avant que Clarke ne se lève subitement pour se mettre debout face à la brune. Dans le mouvement, elle manqua de peu de faire tomber cette dernière au sol, sa compagne la regardant comme si elle était devenue complètement folle.
— Tu as besoin de te changer les idées, décréta la Griffin avec un sourire en voyant son air surpris. Alors, allons faire une balade en moto.
Lexa la regarda un moment avec un air ahuri, avant de prendre la main tendue de sa compagne pour se relever tout en rigolant. Celle qui était la plus jeune physiquement, mais qui était toujours la plus vieille puisqu'elle avait vécu plus de temps en cumulant ses deux vies se dirigea vers la commode où elles avaient rangé leurs affaires de moto. Il était vrai que Clarke avait vécu plus d'un siècle en cryogénie, mais elle n'en avait aucun souvenir physique ou psychologique, donc ça n'entrait pas en compte dans le calcul. Ce qui arrangeait bien la brune qui avait mis en avant plusieurs fois cet argument lors de leurs différentes discussions à ce sujet.
— J'adore te voir dans cette tenue, décréta Lexa en se mordant la lèvre à l'attention de la blonde, après que cette dernière ait revêtu sa veste de moto.
— Je sais, lui répondit la jeune femme de manière malicieuse en récupérant son casque. Mais ce n'est pas le moment, habille-toi et l'on y va !
La Commandante se plaignit faussement en soupirant, mais mit effectivement sa veste, avant qu'elles ne quittent toutes les deux leurs appartements en direction du garage de Raven auprès de qui la Griffin avait laissé sa Triumph en sécurité.
Quand elles pénétrèrent dans le lieu sacré de l'Hispanique, la moto rouge était bien visible, comme un joyau qu'on aurait mis le plus en évidence possible. À première vue, les deux jeunes femmes ne virent pas celle qui était devenue la chef, comme elle aimait elle-même s'appeler, de cet endroit.
— Tiens, ça m'étonne qu'elle ne soit pas encore là ! s'exclama la blonde avec un sourire. En général, elle est toujours là comme un pitbull, veillant à ce que personne ne touche à ses jouets !
— Je t'ai entendu, Griffin ! s'écria une voix venant de sous une voiture un peu plus loin, que toutes deux reconnurent instantanément.
La personne posa ses outils au sol assez violemment, créant une cacophonie assourdissante.
— Et pour ta gouverne, je ne suis pas un pitbull, ajouta l'Hispanique. Je suis un majestueux berger allemand.
— Et maintenant, elle se prend pour un chien… soupira Clarke avec un sourire en coin moqueur.
Raven lui répondit avec un regard qui se voulait noir, mais dans lequel on pouvait voir scintiller un sourire, avant de se tourner vers Lexa.
— Salut, Lexa. Sincèrement, je ne sais pas comment tu fais pour la supporter tout le temps, déclara la brune en soupirant.
— Si tu veux tout savoir, elle est assez bien dressée avec moi, ricana la Commandante pour seule réponse, avant de recevoir un coup sur son épaule de la part de la blonde. Aïe ! Je rigole, ai Niron, tu le sais bien !
Cette dernière lui envoya un dernier regard noir pour la forme, tandis que l'Hispanique partit dans un fou rire dans lequel l'accompagna l'autre brune.
— Bon, aller on y va ! décréta l'ancienne Skaikru en tirant sa compagne par le bras vers la moto, avant de mettre son casque et de prendre position sur le véhicule.
Heda la regarda quelques instants avec un regard appréciateur, avant d'en faire de même. Le moteur de la Triumph se mit à ronronner doucement, faisant soupirer Clarke de bien être, sa passagère lui demandant de s'arrêter à côté de Raven avant de quitter le garage.
— Je ne sais pas quand nous serons revenus, déclara la guerrière à l'attention de la brune quand elles furent à son niveau. Tu peux prévenir John et Bellamy ? Et leur demander de faire un peu plus attention. On est joignable sur les talkies, si c'est nécessaire.
Après avoir eu un signe de tête entendu comme réponse, la blonde remit les gaz afin de sortir du garage, puis bientôt du terrain de la Coalition. Elle ne savait pas où elles allaient aller, mais celle qui avait vécu deux vies avait entièrement confiance en sa conductrice. Elle se colla donc contre son dos, la laissant pour une fois complètement faire, se réjouissant de ne pas avoir à diriger.
Elles passèrent plus d'une heure à rouler, avant que la jeune Griffin ne quitte subitement la route.
— Qu'est-ce que tu fais, Clarke ? lui demanda la Commandante, surprise et commençant quelque peu à s'inquiéter.
— Fais-moi confiance, Lex' ! lui répondit-elle rapidement, sa compagne pouvant percevoir un sourire dans sa voix.
Décidant de lui faire entièrement confiance, la jeune femme attendit patiemment de voir ce qu'elle allait faire.
Arrivant dans un petit chemin ou la moto passait à peine, la moto ralentit et la brune fut subjugué par la vue, un sourire se dessinant sur son visage.
— Alors, contente de m'avoir fait confiance pour une fois ? Lui demanda sa compagne en retirant son casque et en l'aidant à descendre, avant d'en faire de même.
— Je te fais toujours confiance, ai hodness, répondit-elle en enlevant à son tour son casque avec un sourire flamboyant. C'est magnifique.
Devant elles se trouvait un petit lac d'eau turquoise surmonté d'une cascade paradisiaque.
— Je suis tombée dessus avec Octavia la dernière fois, lui précisa la jeune Griffin. Et depuis je voulais t'emmener ici.
— Ah d'accord, c'était donc pour ça que tu voulais qu'on aille faire une balade ! rie la jeune femme avant de l'embrasser. Mais tu as raison, ça me plait beaucoup.
Lexa retira sa veste et la posa sur le dossier de la moto avant de commencer à retirer ses chaussures.
— Qu'est-ce que tu fais ? lui demanda la jeune blonde.
— Et bien, l'eau est magnifique, il fait bon, donc je vais me baigner, répondit-elle en enlevant son pantalon et son haut, avant de se diriger vers l'eau.
Clarke ne la quitta pas des yeux une seule seconde et ne put que déglutir quand elle retira finalement ses sous-vêtements.
— Et nous sommes toutes seules, ajouta la brune quand elle entra dans l'eau en se mordant la lèvre inférieure. Qu'est-ce que tu attends, au juste ?
Ne perdant pas un instant de plus, sa compagne se rua vers elle, jetant ses vêtements en chemin avant de la rejoindre dans l'eau et de venir contre elle.
Après avoir profité de leur tranquillité seulement toutes les deux et en dehors des tensions régnant à l'usine, elles se remirent en selle, reprenant la route dans un premier temps plus ou moins au hasard.
— Clarke, arrête-toi vers ici ! lui dit Lexa un peu fort pour couvrir le bruit du vent en voyant un groupe de rôdeurs.
L'un des principaux avantages des modifications réalisés par Raven sur la Triumph résidait dans le fait que le bruit du moteur avait énormément été amoindri. Il aurait même pu disparaître totalement lors du passage au fonctionnement électrique, si la Reyes n'avait pas fait valoir que le bruit d'un « bijoux » tel que celui-ci devait tout de mettre être un minimum entendu. Celle qui s'était approprié le véhicule ayant été d'accord avec elle, la Commandante, qui n'avait pas encore conscience de l'être à ce moment-là, n'y avait vu aucun inconvénient. De toute façon, le volume assez bas pouvait être entendu seulement par ceux qui étaient dessus ou assez proches.
Écoutant la demande de sa compagne, la blonde arrêta doucement la moto rouge sur le bord de la route.
— Qu'est-ce qu'il se passe ? lui demanda-t-elle, étonnée que la jeune femme lui demande de s'arrêter à cet endroit précis où il ne semblait rien y avoir.
— J'ai besoin de me défouler ! lui répondit la brune en descendant de la moto et lui montrant le groupe d'une dizaine de rôdeurs un peu plus loin.
Elle sortit son épée de l'emplacement de rangement qui avait été aménagé à l'arrière de la moto.
— Parce que tu ne t'es pas assez défoulé tout à l'heure ? l'interrogea la jeune femme avec un sourire en coin, faisant référence à leur moment au lac.
- Pas de cette manière-là, Klark ! entendit-elle comme réponse, accompagné d'un rire.
— D'accord, ça va, mais je viens avec toi, décréta la Griffin en récupérant à son tour ses armes.
Elle décida de s'équiper également de son épée, un peu d'entraînement ne pouvant pas lui faire pas de mal. Mais elle s'assura également que son arme de poing était toujours présente dans son holster, au cas où ça puisse devenir nécessaire.
La Commandante de la Mort ne perdit pas une minute de plus, rejoignant Lexa qui avait déjà commencé à jouer de son épée sur les cadavres ambulants. Elle y mit cependant moins d'entrain, laissant la brune se défouler complètement.
Cette dernière n'avait qu'une idée en tête : en mettre le plus à terre et faire le plus de dégâts possible. Elle tranchait les membres, poignarda et découpa les têtes des marcheurs, produisant un véritable bain de sang au milieu duquel elle se trouvait. Clarke la laissa finalement faire, restant simplement là en cas de besoin et mettant à terre les rôdeurs venant directement vers elle.
Quand Heda retira son épée qui était plantée dans le crâne du dernier des morts, elle était complètement pleine de sang et dégagea le liquide sur son front à l'aide du dos de sa main, faisant un sourire à la blonde qui le lui rendit.
— Ça va mieux ? lui demanda cette dernière en allant chercher une bouteille d'eau et un chiffon pour que Lexa puisse se nettoyer un peu.
— Oui, fut simplement la réponse, accompagnée d'un sourire.
Elles prirent le temps de se nettoyer, surtout la brune, avant de reprendre la route vers l'Éligius avant que l'après-midi ne soit trop avancé. En effet, elles avaient décidé d'aller voir si tout se passait bien et en profiterait pour y passer la nuit, ayant prévu de retourner à la Coalition le lendemain si tout se passait bien.
Quand elles arrivèrent aux abords du vaisseau, Clarke prit le temps d'en faire le tour en moto, s'assurant qu'il n'y ait pas de brèches ou de danger imminent pouvant les surprendre. Elle arrêta la moto devant les portes, toutes les deux enlevant leurs casques makis en restant sur l'engin. Elles prirent un talkie-walkie afin de joindre Marcus pour qu'il leur ouvre.
— Salut, Marcus, c'est Clarke, commença la jeune femme après avoir entendu le grésillement prouvant l'activation de la radio de l'homme. Tu m'entends ?
— Salut Clarke ! entendit-elle comme réponse, échangeant un regard avec la brune en ne reconnaissant pas la voix de l'homme. C'est Shaw, je vous ouvre et j'appelle Marcus pour qu'il vous rejoigne aux portes.
— Parfait, merci, répondit la blonde en voyant les portes s'ouvrir mécaniquement, entrant avec la moto dès que possible et la mettant à l'arrêt dans l'entrée.
— Clarke ! la salua joyeusement Nathan Miller, qui était non loin des portes dès qu'il la vit. Jolie moto !
— Salut, Miller, j'espère que tu vas bien, lui répondit-elle avec un sourire.
— Oui, merci. Oh, bonjour Alicia, ajouta-t-il de manière un peu plus neutre à l'attention de la jeune femme. Excuse-moi, je ne t'avais pas vue !
— Pas de problème, bonjour à toi aussi, lui répondit la brune avec un sourire virant un peu à la grimace en ayant entendu « son » nom.
Clarke ne put s'empêcher de pouffer légèrement de rire, ce qui déstabilisa Nathan, ce dernier ne comprenant pas. La jeune femme lui fit signe de laisser tomber et posa son regard sur Lexa qui grommela un peu, la faisant encore plus rire.
En effet, personne ici n'était au courant que Lexa avait retrouvé tous ses souvenirs, ils pensaient encore qu'elle était seulement Alicia. Et même en sachant ça, certains de ses guerriers ne purent s'empêcher de se prosterner légèrement à son passage.
Miller les entraîna à sa suite pour rejoindre Marcus dans la salle de contrôle du vaisseau. Ce dernier était le seul à avoir été mis au courant du retour de la Commandante, pour des raisons pratiques. Quand elles entrèrent dans la salle, le dirigeant temporaire était seul et Nathan sortit tout de suite, retournant à son poste.
— Bonjour Marcus ! lui dit Clarke avant de venir le prendre dans ses bras, étreinte qu'il lui rendit.
— Bonjour à toi aussi, lui répondit-il avec un sourire. Tout va bien ?
La jeune femme lui faisant signe que oui avec un grand sourire, il se tourna vers la brune.
- Heya, Heda, lui dit-il avec un sourire plein de respect.
- Heya, Markus, lui répondit la Commandante également avec un sourire en lui tendant son avant-bras, qu'il serra tout de suite.
— Je suis content de vous voir, dit-il, mais je ne savais pas que vous deviez venir ! Tout va bien, j'espère ?
— Nous n'avions pas vraiment prévu de venir jusqu'à il y a quelques heures à peine, l'en informa Lexa. Sinon on peut dire que tout va bien, mis à part quelques blessés suite aux tensions.
— J'ai décidé de la sortir de là-bas pour qu'on se change les idées, ajouta Clarke avec un sourire en coin. Donc on a fait une balade en moto et l'on a décidé de venir ici.
— En moto ? dit l'homme en haussant un sourcil avec un sourire. J'aimerais beaucoup la voir plus tard si c'est possible. Mais j'imagine que si vous êtes ici, vous avez d'autres choses à faire.
— Pas vraiment, lui répondit la brune. Nous sommes surtout venus pour voir si tout allait bien et avoir un endroit où passer tranquillement la nuit. Si ça ne te dérange pas, bien sûr.
— Absolument pas ! rétorqua Marcus avec un sourire. Vous êtes ici chez vous, toutes les deux ! D'ailleurs, tu veux toujours que personne ne sache qui tu es vraiment ?
— Je pensais annoncer ça au repas de ce soir, lui dit-elle avec un petit sourire.
— Allez vous installer dans la chambre de Clarke et vous reposer alors, leur proposa-t-il avec un sourire. On se voit plus tard.
Toutes les deux prirent donc cette direction et purent profiter de l'eau chaude de leur douche. En sortant, elles en profitèrent pour se changer, Clarke ayant laissé des affaires à elle ici.
— Je ne comprends pas vraiment, commença Clarke. Tu m'as bien dit que ça fait des années que la situation est comme ça ? Que les morts se relèvent ?
Sa compagne acquiesçant, elle continua ce qu'elle voulait dire.
— Mais comment est-ce que ça se fait qu'il y en ait encore autant du coup ? Parce que vu le nombre que vous avez dû tuer… Rien qu'aujourd'hui, tu en as tué plus d'une dizaine seule ! Donc depuis des années, je n'imagine pas combien tous les survivants ont pu en tuer au total.
— Pour tout te dire, lui répondit la Commandante, il est vrai que je ne me suis jamais réellement posé la question. Mais c'est vrai que maintenant que tu le dis… Je pense qu'on les voit souvent en groupe et que ça fausse peut-être bien la vision du nombre qu'il reste. De toute façon, maintenant qu'on a des guerriers plus qu'entraînés ici, j'imagine qu'ils ne vont plus continuer d'exister très longtemps. Reste le problème de la transformation à la mort… Mais ça n'en représentera plus autant que ça.
Elles profitèrent de se trouver dans un lieu sécurisé où elles ne risquaient pas d'être prises à parti dans une bagarre pour se reposer, restant seules, puis allant échanger avec les habitants.
Marcus avait fait du bon travail depuis son arrivée, mais Lexa avait envie de plus pour cet endroit, elle voulait que tous puissent vivre au même endroit, ensemble. Mais où ? L'usine était très bien, mais elle commençait à ne plus être assez grande, alors s'il fallait rajouter tous ceux actuellement dans l'Éligius… Et ce dernier était également très bien, conférant plus de sécurité qu'elle n'aurait pensée et de technologie. Elle ne savait pas vraiment, dès que la situation à l'usine se serait calmée, elle y réfléchira très sérieusement.
Puis vint l'heure du diner et Lexa fit en sorte de prendre la parole.
— Bonjour à tous, commença-t-elle quand elle eut l'attention de tous, vous me connaissez, mais je pense que je dois me représenter à vous une nouvelle fois. Je m'appelle Alicia Clarke et je suis à la tête de la Coalition, qui abrite maintenant un petit nombre des vôtres. Mais pas seulement.
Certains qui ne la connaissaient pas bien lui souhaitèrent la bienvenue et la remercièrent, avant qu'elle ne reprenne la parole.
— Je suis aussi quelqu'un d'autre. Dont je n'en avais aucunement conscience depuis très récemment. Ai laik Leksa Kom Trikru, ai gonplei ste nou odon nowe, «Je suis Lexa du Peuple des Arbres, mon combat n'est pas encore terminé », déclara Lexa. Et je suis heureuse de vous retrouver, mon peuple, ai gona « mes guerriers ». J'espère que vous aussi.
À peine eut-elle fini sa courte tirade, que des cris de joie éclatèrent et que son nom fut scandé de toutes les manières possibles. « Heda, Heda, Heda nou ste daun ! En's bilaik nemiyon ! », « La Commandante n'est pas morte ! C'est un miracle ! ». Lexa ne put empêcher ses yeux de s'humidifier légèrement et Clarke se rapprocha d'elle après avoir croisé son regard en lui prenant la main, souriant. Ste kiken Heda, ste kiken Wanheda ! « Longue vie à la Commandante, longue vie à la Commandante de la Mort ! », purent-elles entendre par la suite.
Suite à ça, une fête fut organisée en leurs honneurs du mieux qu'il fut possible de le faire. Lexa ne pouvait pas être plus heureuse. Son peuple était plus qu'heureux de la revoir, mais surtout ils acceptèrent Clarke à ses côtés. Elle n'avait maintenant plus à craindre qu'ils ne la voient comme une faiblesse ou une menace.
Elle croisa le regard de sa compagne qui discutait un peu plus loin, tandis qu'elle-même était avec certains de ses guerriers, et la blonde lui fit un sourire qu'elle ne put s'empêcher de lui rendre, ce dernier encore plus flamboyant et heureux.
