Lexa ferma la porte derrière elle après avoir laissé entrer Clarke dans ce qui leur servait de cellule et de salle d'interrogatoire. Puis elle vint prendre place face à l'homme toujours attaché sur la chaise.
— Bonjour Warren, déclara la brune sur un ton qu'elle voulut neutre. J'espère que le temps qu'on t'a laissé pour réfléchir a été suffisant.
Celui-ci la regarda et elle pouvait voir qu'il hésitait encore à parler, mais qu'il n'en était pourtant pas loin. Ses lèvres tremblaient légèrement et ses yeux étaient fuyants sous le regard de la brune. Elle lui laissa donc un moment supplémentaire, sachant qu'il allait finalement prendre la parole. Ce qu'il fit peut-être même plus tôt qu'elle ne l'aurait pensé.
— Je… Je vais tout vous dire. Mais je veux que vous me promettiez que malgré ce que j'ai fait, ma famille pourra venir vivre ici avec vous.
Le voyant encore hésitant pour le moment, la Commandante se contenta de hausser très légèrement les épaules en lui faisant signe de la main de continuer, voulant savoir ce qu'il allait dire de plus.
— J'ai vu que vous traitiez tout le monde bien ici et c'est ce que je veux pour ma famille… Je sais que c'est beaucoup demander face à ce que j'ai fait…
Encore une fois, la brune le laissa continuer sur sa lancée. Il semblait encore chercher ses mots avec une certaine difficulté, mais elle sentait malgré tout qu'il voulait continuer de parler. Et vu le début de la conversation, ça semblait être une bonne chose pour eux.
— Je ne pensais pas vraiment que quelqu'un puisse encore vouloir prendre soin de quelqu'un d'autre dans ce monde… Pas sans demander de lourds sacrifices… Mais c'est votre cas.
— Nous les ramènerons ici, Warren, lui assura Clarke qui parlait pour la première fois depuis qu'elles étaient entrées dans la pièce.
— Et nous prendrons soin d'elles comme si elles avaient toujours fait partie de notre peuple, ajouta la Trikru, entièrement d'accord avec les dires de sa compagne. Nous en ferons de même pour toi, si c'est ce que tu veux.
Il les fixa du regard, complètement bouche bée. Il avait déjà eu du mal à croire qu'elles pourraient accepter de recueillir ses filles et sa femme. Mais jamais il n'aurait pu penser qu'elles lui proposent ça, surtout pas Lexa. Pas après tout ce qu'il avait fait pour faire tomber cet endroit, pour l'affaiblir elle.
— Oui, je t'offre une deuxième chance, Warren. Et tu devrais en profiter, cela m'arrive assez rarement. Mais ça ne sera pas facile, ça, je peux te l'assurer. Je dois absolument tout savoir. Pourquoi Michael t'a envoyé, ce qu'il prévoit de faire, où il est, son armement…
Prenant un moment pour s'en remettre, y croyant à peine, il décida de prendre le risque de leur faire confiance. Au moins pour sa famille. Il dévoila donc finalement tout ce qu'il savait. Leur camp était petit, pas vraiment très sécurisé et les ressources commençaient grandement à manquer.
Leur chef, que tous suivaient non par respect, mais parce qu'il faisait régner la terreur, voulait donc prendre cet endroit. Il voulait en faire le sien et récupérer toutes les ressources possibles. Mais ce dernier point, Lexa et Clarke en étaient déjà informés, puisqu'il le leur avait lui-même de vive voix.
Celui qui était encore pour le moment leur prisonnier déclara également que Michael avait très mal pris qu'elles lui tiennent tête de cette manière. Il avait encore moins apprécié de se faire rabaisser devant ses hommes par deux jeunes femmes. Le chef déclaré avait donc demandé, forcé plutôt, Warren à entrer dans l'usine et à y semer le plus de trouble et de discorde possible de l'intérieur. Ils n'avaient pas assez de puissance pour les attaquer de front.
— Et où se trouve le camp ? demanda la blonde.
— Il est à une heure trente de voiture environ, au nord d'ici. Nous étions plus loin, mais l'endroit est tombé complètement en ruine et il a voulu se rapprocher d'ici.
— Très bien, acquiesça Lexa. Parle-nous des habitants. Est-ce que ce sont des familles comme la tienne, des gens seuls ? Et sont-ils tous prêts à suivre entièrement les ordres de Michael ?
— Nous sommes plusieurs familles, mais pas très nombreuses. Tout au plus une trentaine, et l'on ne peut pas dire qu'il y a beaucoup d'armes. La plupart d'entre-deux le suivent par peur.
Elles lui posèrent pendant un moment encore quelques questions auxquelles il répondit sans filtres, avant de se regarder toutes les deux. Clarke hocha la tête, signe qu'elle croyait tout ce qu'il venait de dire et c'était aussi le cas de la brune.
— Bien, commença cette dernière. Nous irons dès que possible chercher ta famille. D'ici là, je vais demander à Sindri et Danae ici présents que tu sois placé dans une vraie chambre et non plus une cellule. Mais je tiens à préciser que tu resteras dedans au moins jusqu'à ce que ta famille soit ici, et que tu seras étroitement surveillé. Tous ici comptent sur moi et je me dois de faire le maximum pour les protéger, donc je ne peux pas te laisser faire ce que tu veux pour le moment dans nos murs. Pas avant d'être entièrement certaine de tout ce que tu as avancé. Tu n'auras pas d'autre chance, Warren. J'espère que c'est clair et que tu le comprends bien.
— C'est compris, lui dit-il il en déglutissant difficilement face à son regard qui lui donna l'impression de se faire transpercer. Encore merci pour tout, je sais que je ne le mérite pas…
Les deux jeunes femmes sortirent de la pièce, commençant à avancer dans le couloir.
— Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? demanda Clarke.
— On vérifie que les armes que nous avons trouvées fonctionnent, on arme un groupe et l'on y va. Je veux régler ce problème dès que possible. Le plus rapidement possible, même.
La blonde hocha la tête en continuant de la suivre, prenant la direction de la salle de réunion. Lexa en profita pour activer sa radio sur le chemin.
— John, c'est moi. Tu peux faire venir le groupe dirigeant dans la salle de réunion ? Nous sommes déjà en route avec Clarke. Et dis à Althéa de venir aussi.
— Bien reçu Lexa. Je fais au plus vite.
La brune haussa les sourcils en voyant le petit sourire de sa compagne, mais ne prit même pas la peine de lui demander pourquoi. Elle le savait, alors se contentant de secouer un peu la tête elle ouvrit la porte.
Comme il l'avait dit, le cowboy regroupa tout le monde assez rapidement. Ceux qu'elle pouvait considérer comme son équipe dirigeante ici. Ses soutiens. Au complet, hormis Victor qui était toujours mis sur le côté jusqu'à nouvel ordre, le temps qu'elle sache quoi faire de lui exactement. Ne perdant pas une seconde de plus, la Commandante leur fit un rapport de ce qu'elles avaient appris, Clarke ajoutant certaines choses pertinentes quand c'était nécessaire.
— Comme je vous l'ai déjà dit, je veux donc que ça se fasse le plus rapidement et proprement possible. Indra, Octavia, vous deux ainsi que John et Bellamy vous occuperez de créer les groupes. Il faut que l'on soit assez pour avoir le dessus, mais je ne veux pas que la Coalition reste sans défense non plus, au cas où ce serait juste un piège. Alors, faites attention à ça.
— Nous pourrions passer chercher un groupe de personnes qui sont toujours à l'Éligius, Heda, proposa Indra.
— C'est une bonne idée en effet, hocha la tête la Commandante. Althéa, je veux qu'avec Niylah vous vous occupiez de la logistique et des armes. Vous pourrez venir également, si vous le souhaitez.
— On sera là, Lexa, lui répondit rapidement l'ancienne journaliste avec certitude.
— Alors c'est parfait. On se prépare et l'on y va dès que possible. Je tiens simplement à vous le rappeler, je ne veux pas de mort inutile. Dans le tas, il y a des gens innocents qui seront apeurés. Je ne veux plus que le sang réponde le sang. Ne tuez que s'il n'y a absolument aucune autre solution.
Elle les darda chacun à leur tour de son regard le plus autoritaire possible pour s'assurer qu'ils avaient bien compris, s'attardant un peu plus sur les Natifs qu'elle savait peut-être un peu plus enclins à faire couler le sang. Même si depuis leur arrivée et son retour, ils respectaient encore plus leur Heda qu'avant, si c'était possible.
— Bien, si tout est clair pour vous, la séance peut être levée, indiqua-t-elle en reportant son regard sur les quelques notes qu'elle avait prises, pendant que la salle se vidait rapidement.
— Lex', je dois aller voir Madi, lui dit sa compagne à côté d'elle en se levant subitement. À toute à l'heure.
Levant le regard avec étonnement, elle ne comprit pas tout de suite le sourire de la blonde. Pas avant que celle-ci ne prenne la direction de la sortie et qu'elle ne remarque Althéa qui était juste derrière elle.
— Je ne veux pas abuser Lexa, mais…
— Assied-toi, Al', lui dit-elle calmement en poussant les documents un peu plus loin.
La jeune femme aux cheveux courts le fit sans attendre, se sentant un peu mal à l'aise et ne sachant pas comment commencer ce qu'elle voulait dire à celle qui avait été son amie. Qui l'était toujours, elle espérait du moins de tout cœur.
— Je… Je voulais vraiment te remercier d'avoir demandé à ce que je vienne aujourd'hui pour la réunion. Ça représente énormément pour moi, je sais que tu m'en veux encore pour ce qui est arrivé à Clarke.
Son amie la regarda fixement sans rien dire pendant quelques instants, avant de finalement soupirer.
— Je suis contente que tu aies été là, Althéa. Et je ne peux pas te mentir, une partie de moi t'en veut encore énormément pour ce qui est arrivé à Clarke. Mais elle m'a fait réaliser que tu n'étais pas vraiment la plus coupable, voire presque pas. Non, ce pour quoi je t'en veux le plus, ce qui m'a le plus blessé venant de toi, c'est ton manque de confiance en moi.
Sa vis-à-vis fronça quelque peu les sourcils, alors celle qui portait la Fleim continua, ne lui laissant pas le temps de reprendre la parole. Elle voulait dire ce qu'elle pensait une bonne fois pour toutes, essayer de remettre les choses à plat avec l'ancienne journaliste.
— Je suis toujours moi, Al'. Je suis Alicia. Mais je suis aussi Lexa et je ne peux pas nier que c'est la majorité de moi, en un sens. Et je pense que c'est normal en quelque sorte, c'est ma vie d'avant… C'était la première que j'ai vécue, donc je pense que ça compte. Et j'y ai eu beaucoup de responsabilités, bien plus qu'ici et plus longtemps. Mais je suis aussi restée celle que tu as rencontrée en premier : Alicia.
La jeune femme voulut répondre, mais ne dit finalement rien, se contentant simplement de l'écouter parce qu'elle savait que celle aux yeux verts n'avait pas encore fini.
— Et c'est ce qui me fait peut-être le plus de mal à l'heure actuelle venant de toi. Al'… Je t'ai dit plusieurs fois que rien ne changerait entre nous, certainement pas parce que j'ai retrouvé la mémoire de mon ancienne vie. Vous restez tous très importants pour moi et ça ne changera pas. Et tu es la seule à ne pas l'avoir compris, tout le monde l'a compris mis à part toi : Luciana, John, Morgan, Charlie, June… Victor c'est encore un autre problème… Et je ne peux pas penser autrement que c'est parce que tu n'as absolument plus aucune confiance en moi.
— Non ! Ce n'est pas le cas Lexa ! Je… Je sais que tu me l'as dit plusieurs fois. Mais de ce que tu as dit, tu as connu une bonne partie de ces gens depuis que tu es enfant… Et d'une certaine façon, malgré ce que tu as dit, j'ai eu peur qu'ils ne passent en priorité sur nous…
— Mais ce n'est pas le cas. Vous êtes tous mon peuple, sans distinction. Al'… J'ai déjà été obligé dans le passé, dans mon ancienne vie, de choisir entre mon peuple et un autre. Je pense que j'ai déjà dû te le dire. Et je peux t'assurer que je regrette ce que j'ai fait, tous les jours qui passent. Mais maintenant, les choses sont différentes, je n'ai pas à choisir. Je n'ai plus à choisir. Je veux que nous soyons une Coalition, tous.
Prenant une légère pause pour réfléchir, la Trikru relava finalement la tête.
— Et je me dis que c'est peut-être à moi de te présenter mes excuses si je t'ai donné l'impression que vous pouviez être l'écart, de vous avoir mis à l'écart.
— Ne t'excuse pas, Lexa. C'est vraiment à moi de le faire, pas à toi. Je n'ai pas su voir les choses telles qu'elles étaient. Même si tu me l'as pourtant dit plusieurs fois. Et je t'ai ajouté des soucis inutiles en plus de ceux que tu avais, au lieu de te soutenir comme j'aurais dû le faire. J'espère que tu pourras finalement tout de même me pardonner…
Sur ces mots, elle se leva sans attendre plus, avec pour but de sortir de la salle et de fuir la jeune dirigeante.
— Al', revient là, lui dit son amie vers qui elle se retourna.
Écoutant sa demande, elle revint doucement près d'elle, s'attendant à subir le courroux de la Commandante.
— Je t'ai déjà pardonné. Allez, viens là, lui dit son amie en ouvrant les bras.
N'hésitant pas une seconde, Althéa vint dans les bras de l'autre brune et lui rendit son étreinte. Elle savait qu'il était rare qu'elle le fasse, alors elle ne se posa pas plus de questions. Elles sortirent par la suite de la salle de réunion toutes les deux dans un silence qui n'était pourtant pas lourd, se séparant à mi-chemin pour se rendre à leur destination respective.
— Alors, ça s'est passé comment ? lui demanda Clarke dès le moment où elle passa la porte de ses appartements.
— Très bien, ne t'en fais pas. Merci pour tes conseils, ai Niron, répondit-elle en venant déposer un baiser sur les lèvres de sa compagne.
Rapidement, tout fut en ordre et l'intervention pour se rendre à la base de Michael fut prête. Warren avait été parfaitement irréprochable pour le moment, Lexa le prévint donc que si tout se passait bien, il reverrait sa famille le soir même.
— Lexa, j'ai fait les dernières vérifications avant qu'on ne se mette en route, tout est bon, la prévint Althéa en se rapprochant d'elle.
— Parfait, j'ai fait un tour de mon côté également pour donner les dernières précisions, on peut y aller alors.
Tous les véhicules étant prêts à démarrer, elles montèrent donc à leur tour dans le fourgon du SWAT où se trouvaient déjà Clarke et Niylah.
— Comment elle a fait pour la dissuader de venir au juste ? demanda Niylah à la Skaikru avec amusement, accompagné d'un léger rire.
— Si seulement je le savais… soupira cette dernière en levant les yeux. Elle ne m'écoute pas à moi et quand elle le fait elle rechigne un moment, mais elle n'oserait jamais transgresser les ordres de Lexa…
Souriant en entendant l'échange, cette dernière vint déposer un baiser sur la joue de sa compagne.
— Ça, c'est parce que je suis Heda, lui dit-elle avec le même sourire.
— Et tu sais pertinemment que ce n'est pas le cas, Lex'… soupira faussement Clarke, cette fois avec un air attendri.
— Peut-être ! répondit la Commandante, en jetant un regard amusé à Niylah qui lui répondit avec un sourire, avant de prendre place aux côtés de son amie à l'avant du fourgon.
— On peut y aller, Commandante ? lui demanda la brune aux cheveux courts avec un sourire, n'ayant rien manqué de l'échange.
Sur un hochement de tête positif, elles prirent la tête du cortège comme c'était prévu. Lexa regarda encore une fois la carte qu'elle avait pourtant déjà étudiée pendant des heures.
Le voyage se déroula calmement, seulement rythmé par les éclats de rire entre les quatre femmes et les échanges radio réguliers avec les autres véhicules. Bientôt, elles arrivèrent non loin de la position de l'endroit où étaient supposés se trouver Michael et son groupe, voyant déjà le bâtiment.
—Ne nous suivez pas jusqu'au bout, prévint la dirigeante par radio. Nous allons avancer avec le fourgon qui est blindé pour le moment, vous agirez par la suite si la situation le demande. Bellamy, Octavia, je veux que vous entriez dans la structure sans vous faire repérer avec votre groupe, comme on l'a convenu. Mais ne prenez pas de risque inutile, contentez-vous de protéger ceux qui le nécessitent. Et de mettre en sécurité les Hopper en priorité.
Les Blake donnant tous deux leurs assentiments, les véhicules avancèrent encore un peu, restant à bonne distance. Althéa, elle se rapprocha au maximum, la Commandante se levant pour aller récupérer l'amplificateur de voix. Le temps qu'elle revienne à l'avant du véhicule, elle put s'apercevoir que plusieurs personnes étaient déjà massées devant le portail d'entrée.
La radio s'activa, la brune restant à l'affût.
— Heda, emo laik klir. « Elles sont en sécurité »
— Os odon, Belomi. Yu don ge snap. Nou sichripa? «Bien joué, Bellamy. Vous avez fait vite. Pas de problème?»
— Non. «Aucun».
Lexa mit donc en route l'amplificateur avant d'ouvrir la fenêtre qui était du côté opposé du bâtiment, au cas où.
— Bonjour à tous, déclara-t-elle d'une voix calme. Nous sommes ici pour vous aider, ayant appris que votre situation pouvait laisser à désirer. Ceux qui le voudront seront les bienvenus au sein de la Coalition, et bien traités également. Chez nous, chacun est libre de ce qu'il fait du moment que ça n'entrave pas les autres et qu'il est prêt à participer à l'effort commun. Et en prime, vous n'aurez plus comme dirigeant un tyran.
La brune se tut, attendant patiemment, sachant quel allait être l'effet de ce qu'elle venait de déclarer. Et ça ne manqua pas. Quelques instants plus tard, Michael lui-même se rapprocha et passa le portail qu'il referma derrière lui pour que personne ne le suive. Venant à grands pas vers le fourgon, avec tout son égocentrisme.
— Qu'est-ce que tu fais, sale conne ? lui demandât-il avec hargne. Je vais tous vous faire tuer, un part un !
— Tu devrais changer ta manière de voir les choses, Michael, dit-elle avec un sourire un peu mesquin. Tous mes hommes sont armés, contrairement aux tiens. Si tu veux te battre, je t'assure que tu ne feras qu'envoyer tes hommes à un mort plus que certains.
— Les miens aussi sont tous armés, essaya-t-il de bluffer avec un sourire.
— Ce n'est pas ce que Warren Hopper m'a dit, en tout cas.
— Ce sale rat ! Ne put-il se retenir de hurler en fulminant. Je vais faire tuer toute sa famille ! Toutes dans d'atroces souffrances !
Mais ce qu'il n'avait pas prévu, c'est que la Commandante attendait justement qu'il perde le contrôle de ses émotions. Elle en profita pour le mettre à terre rapidement et l'entraver, Clarke et Niylah venant l'aider.
Ce qu'il n'avait pas non plus prévu, c'est que toutes les personnes présentes au portail avaient très clairement entendu ce qu'il avait hurlé sans réfléchir.
Contre l'avis de Clarke avec qui elle en avait parlé, mais qui lui lança tout de même un regard noir, Lexa se rapprocha des grilles.
— Je peux vous offrir une bien meilleure alternative que ce qu'a à vous proposer Michael. Et je vous promets qu'il n'y aura rien qui ne vous sera imposé, et que vous serez traités de manière entièrement égale.
À ce moment-là, Bellamy et Octavia approchèrent, escortant la famille Hopper pour les emmener aux côtés de leur Commandante. Très vite, les deux Blake retournèrent là où ils le devaient.
— Bonjour, Barbara, je suis ravie de vous rencontrer. Je suis Lexa, la dirigeante de la Coalition, mais j'imagine que votre mari a dû l'indiquer dans sa lettre. Bonjour à vous aussi Tasha et Ruby, si vous avez faim, il y a de quoi dans le fourgon.
Les deux jeunes filles regardèrent leur mère, incertaines de quoi faire. Alors Clarke s'avança un sourire sur le visage et deux barres chocolatées dans les mains qu'elle tendit aux deux fillettes.
— Ce sont les préférés de ma fille, j'espère qu'elles vous plairont aussi, déclara la blonde.
Avec un sourire timide, les deux petites s'en emparèrent rapidement avant de la remercier. La dirigeante regarda les habitants de l'endroit un à un, du moins ceux qu'elle pouvait voir. Ils avaient l'air surpris et elle pouvait voir que presque tous semblaient également avoir faim.
— Mais allez chercher des armes et descendez-les ! hurla Michael qui avait réussi à se défaire de son bâillon, mais qui était toujours au sol. Ou c'est vous que je tue !
Ce moment était crucial, Lexa le savait bien. Alors elle fit un signe de main pour que ses guerriers se tiennent prêts. Espérant seulement que son plan aurait fonctionné. Althéa se rapprocha de l'homme pour le faire taire.
À l'ordre de Michael, une grande partie de son groupe se rebella contre lui. Une autre ne fit rien et une partie d'environ une dizaine d'hommes, une peu plus que ce qu'elle avait pensé, se rendit vers ce qu'elle savait être l'endroit où étaient entreposées les quelques armes en leur possession.
— Ça va aller, ne vous inquiétez pas, déclara la brune aux habitants avec un sourire, sûre d'elle.
En tout cas, elle l'espérait. Quelques coups de feu retentirent, les effrayants, mais Lexa et Clarke ne bougèrent pas d'un pouce. Ce qui eut pour effet de les calmer. Puis les hommes de la Coalition revinrent avec quelques personnes attachées, Bellamy et Indra en tête.
— Désolé Lexa, mais une bonne partie a résisté et a essayé de nous tuer ou de tirer dans le tas ici…
— Vous avez bien fait, ne t'inquiète pas Bellamy. Vous voyez, ces hommes qui sont censés vous protéger ont essayé de vous tuer, parce que vous avez refusé de nous attaquer ! Je peux vous proposer mieux, mais il faut que vous acceptiez de nous suivre.
Il fallut encore un peu de temps et d'autres mots pour qu'ils se décident, notamment grâce à ceux de la part de Barbara. Mais finalement, une vingtaine d'entre eux les rejoignirent. Les autres étant ceux qui voulaient rester à la botte de Michael, dont une partie se fit tuer en essayant de déclencher une attaque, tandis que d'autres arrivèrent à fuir. Les voitures et le camion furent remplis après que tous aient pu manger quelque chose et qu'ils aient pu récupérer leurs maigres propriétés.
— On y va ! déclara Lexa à l'attention de tous, avant de prendre la direction du fourgon avec sa compagne, Althéa et Niylah.
— Merde… dit-elle entre ses dents, pleine de rage.
Michael avait été attaché et enfermé dans l'une des voitures à côté de leur véhicule, mais la vitre était brisée et du sang coulait sur la carrosserie. Et plus aucune trace de l'homme.
— Tu veux que l'on envoie un groupe à sa recherche ? lui demanda l'ancienne journaliste.
— Non, je ne pense pas que ce soit la peine. Il a déjà dû perdre pas mal de sang. Et de toute façon, il ne pourra rien faire tout seul. Rentrons à la maison.
Le trajet du retour prit un peu plus de temps, les véhicules étant plus remplis. Mais ils arrivèrent rapidement à l'usine et chacun sortit de son véhicule.
— Bienvenue, déclara la Commandante aux nouveaux venus. Vous êtes ici chez vous le temps que vous le voudrez. Cependant, je demanderai dans un premier temps aux gardes d'avoir un œil sur vous. Il ne vous arrivera rien, mais je veux pouvoir être certaine que personne ne causera de trouble. Vous pouvez y aller.
Les nouveaux furent menés à leurs quartiers par des habitants de l'usine, qui leur firent visiter également et leur expliquèrent le fonctionnement.
Warren qui attendait impatiemment leur retour vint se jeter sur sa famille en pleurant de joie. Il resta un moment comme ça avant de se rapprocher de Lexa et Clarke qui étaient toujours à l'extérieur.
— Je… Je ne sais vraiment pas comment vous remercier… dit-il, les yeux brillants. J'ai failli détruire cet endroit et tuer plusieurs personnes, dont vous, pourtant…
— Contente-toi de profiter de ta famille, Warren, lui répondit Clarke en le coupant. C'est tout ce que l'on te demande.
— Ce sera fait. Je vous promets d'être irréprochable et à tous vos ordres. Merci encore.
Lexa les regarda partir avant de prendre la main de la blonde et de l'amener vers le terrain d'entrainement.
— Qui aurait cru que la Grande Heda pourrait accorder une deuxième chance, dit la Griffin avec un sourire.
— C'est de ta faute. Et je te signale que j'en ai déjà accordé plusieurs. C'est en partie la faute de Nick, aussi… Il était bien trop confiant avec tout le monde…
Secouant la tête dans le but de faire partir les images de Nick agonisant dans ses bras qui étaient réapparus, elle se reprit.
— Je dois aller voir Raven, tu veux venir avec moi ? demanda la brune.
— Non, je te retrouve plus tard, je vais aller voir Madi.
Déposant un baiser sur les lèvres de sa compagne, Lexa se dirigea vers l'atelier de Raven, proposant à Althéa qu'elle croisa de venir avec elle. Après tout, l'ancienne journaliste allait régulièrement aider la mécanicienne.
L'Hispanique était face à un bureau, un crayon à la bouche, qu'elle mâchonnait distraitement, tout en fronçant les sourcils. Elle annota quelque chose sur la feuille devant elle, avant de lever la tête et de les voir.
— Salut ! dit-elle avec un grand sourire, comme si elle n'était pas complètement concentrée quelques secondes auparavant.
La Commandante la salua en s'approchant, intriguée.
— Raven, c'est ce que je crois ? demandât-elle en écarquillant les yeux, avant de regarder la jeune femme.
Cette dernière hocha la tête, laissant Lexa regarder la feuille, incertaine de ce qu'elle allait en penser. Althéa se rapprocha de son amie pour regarder elle aussi.
Devant leurs yeux se trouvait un plan de l'usine, mais complètement modifié. Le terrain avait été bien plus agrandi que ce qu'elle avait pensé, ainsi que la structure modifiée et renforcée. Et il était peut dire, que la dirigeante avait demandé à la Reyes de le faire pour avoir une idée, mais ça dépassait clairement ses espérances les plus folles. Elle avait même indiqué où mettre des pièges, réaménagé entièrement certaines parties de l'usine, et noté le déroulement de la mise en place du nouveau système de fonctionnement.
— C'est vraiment génial Raven ! la félicita-t-elle, légèrement extatique.
— Et bien, les idées viennent de moi, mais il se trouve que nous avons un ancien architecte dans les habitants.
— De quoi as-tu besoin maintenant ? demanda Althéa, les yeux brillants.
— J'ai de quoi commencer pour le moment, mais il va falloir aller à l'Éligius récupérer certaines choses. Mais il faut le faire bien, je ne veux pas détruire notre matière première. Il va falloir commencer par démonter certains panneaux du vaisseau. Avec ça, Lexa, je peux t'assurer que l'endroit pourra résister à tout.
— Je te fais entièrement confiance sur cette partie-là, Raven ! Laisse-moi quelque temps pour organiser l'expédition. Au moins que nous puissions nous assurer que les nouveaux seront tranquilles. Bon boulot en tout cas.
Peu à peu, les nouveaux arrivants prirent leurs marques, accueillis par tous les autres. Tout était calme et ils se rendirent rapidement utiles. Certains d'entre eux étaient des fermiers et elle trouva même un couple d'ingénieurs. Ce qui était réellement une vraie aubaine pour la Coalition.
Discutant avec eux, Lexa et Clarke se rendirent compte que jamais Michael ne leur avait posé de questions sur leur vie dans le monde d'avant. Il s'était contenté de leur ordonner les taches qui lui passaient par la tête, alors qu'au contraire Lexa s'appuyait sur les forces de chacun pour faire prospérer l'usine.
Raven profita de ce temps pour avancer sur ses plans et commencer la mise en place. Très vite, elle donna les instructions sur ce qui devait être ramené de l'Éligius, et une expédition fut prévue. Raven l'accompagnant, tandis qu'elle laissait la main aux autres ingénieurs arrivés récemment à l'usine, ainsi qu'à Althéa.
