Bonjour à tous!

Je vous retrouve pour un nouveau chapitre qui je l'espère vous plaira.


Lexa fronça tout de suite les sourcils, entendant un bruit de pas se rapprocher dans sa direction. Sortant son pistolet et le pointant dans la direction d'où provenait le son, elle se prépara à rapidement se remettre sur ses pieds si c'était nécessaire. Voyant une silhouette approcher, elle positionna fermement son doigt sur la gâchette, avant de soupirer de soulagement en le retirant.

— Raven… Bon sang, j'ai bien failli te tirer dessus…

— J'apprécie vraiment que tu ne l'aies pas fait alors, lui répondit-elle avec un léger sourire en se rapprochant, prenant place sur une chaise face à l'autre brune.

Son sourire s'agrandit un peu plus quand elle vit Madi toujours allongée et la tête sur les jambes de la Commandante. Depuis quelques heures, la jeune fille n'avait pas bougé d'un seul pouce.

— Tu sais, commença Raven en fronçant légèrement les sourcils. Ce que je disais la dernière fois, je le pense vraiment.

— De quoi est-ce que tu parles ? lui demanda-t-elle un peu perdue.

— Quand je disais que vous étiez une famille, Lexa. Tout le monde peut le voir. Ça crève les yeux.

La Commandante regarda Madi avec un léger sourire, avant de plonger ses yeux dans ceux de la jeune hispanique qui était malgré toute leur histoire passée devenue son amie.

— Je sais. On en a parlé un peu toutes les deux, avant qu'elle ne s'endorme. C'est ce que je ressens et que je veux aussi, reconnut-elle vraiment pour la toute première fois. J'ai plus d'attachement pour Madi que je n'en ai jamais eu pour aucun de mes Natblida, pas même pour Aden. Mais je ne veux pas la pousser d'une quelconque manière…

— Lexa, elle te regarde exactement de la même manière qu'elle regarde Clarke. Et Clarke est sa mère, il est indéniable qu'elle pense la même chose te concernant.

La Trikru la regarda avec émotions, comme étaient à même de le prouver ses yeux légèrement humides qu'elle ne pouvait cacher.

— Je pense que tu devrais le lui dire clairement, ajouta Raven.

— Je le ferais, répondit-elle avec certitude.

Quelques instants plus tard, la jeune fille commença à bouger, avant d'ouvrir les yeux.

— Hey, désolée si Raven et moi t'avons réveillé, déclara la brune avec un sourire.

— Pas de problème, de toute façon ça va bientôt être l'heure de partir, non ? répondit-elle en se remettant sur ses pieds, voyant les premiers rayons de soleil de la journée percer.

Lexa acquiesça, ils se préparèrent donc rapidement avant de quitter la maison qui leur avait servi de refuge pour la nuit passée.

— Bien, commença la Commandante une fois dans la voiture. On va faire quelques kilomètres tout droit comme on l'a fait hier, puis poser la dernière bombe. Après ça on fera une boucle pour rentrer à la Coalition. J'espère juste que notre plan aura fonctionné…

Ils prirent la route continuant de rouler tout droit comme ça avait été prévu, avant de décider de s'arrêter vers ce qui semblait être un magasin. Comme d'habitude, Lexa entra en première pour nettoyer, tandis que les trois autres restaient près de la voiture.

Quand Raven la rejoint un peu plus tard dans le bâtiment, elle lâcha un éclat de rire qui surprit les deux autres brunes. Elles échangèrent un regard étonné avant de reporter leur attention sur l'Hispanique.

— C'est un magasin de bricolage et de jardinage, Lexa, déclara-t-elle simplement, comme si ça expliquait tout.

Lexa la regarda en haussant un sourcil, se demandant si elle n'avait pas perdu la tête, ce qui la fit soupirer.

—Lexa… Ça veut dire, produit inflammable et instable.

— Oh, comprit finalement celle qui était née ici. C'est vrai, j'ai étudié ça au Lycée.

La Reyes soupira en secouant la tête avant de préparer l'explosif, arrachant un rire à Madi. La Commandante quant à elle alla récupérer le plus de produits pour les rapprocher de Raven.

— On pourrait aussi ramener quelques trucs à l'usine, non ? De l'engrais par exemple ? demanda Madi à la Commandante.

— Oui, tu as raison, ça pourrait nous être très utile.

Récupérant donc certaines choses, elles chargèrent le tout dans la voiture avant de revenir vers Raven qui venait de trafiquer une sorte de réveil.

— J'ai mis un détonateur à retardement, apprit-elle à Lexa quand elle la vit regarder avec surprise. Avec tous les produits chimiques, il vaut mieux que nous soyons assez loin quand ça explosera.

— Combien de temps ?

— J'ai mis deux minutes, ça nous laissera le temps de nous éloigner assez, mais d'être certains que ça se déclenche. Si c'est bon pour toi, on peut y aller maintenant.

Lui faisant un signe positif de la tête, Lexa prévint Arny et Madi, demandant à cette dernière de se mettre au volant et de mettre le contact. La Commandante retourna donc chercher Raven qui déclencha alors le système, puis elle aida l'Hispanique à sortir rapidement. Ils étaient déjà assez loin quand tout explosa dans un grand fracas assourdissant.

— Madi, continue tout droit pendant un moment, lui dit Lexa en soupirant de soulagement. Puis on fera une boucle avant de rentrer. On devrait être à la Coalition avant cette nuit si tout va bien.

Étant débarrassés des produits très explosifs, ils purent rouler un peu plus vite sans prendre de risque.

— Lexa, il faut qu'on s'arrête, on va bientôt manquer de carburant, l'informa la plus jeune quelques kilomètres plus tard.

— Très bien, arrête-toi ici. La clairière nous permettra de voir si quelque chose arrive. Ça ne nous fera pas de mal, de faire une petite pause après tout. Ça fait presque six heures qu'on roule.

Tous les quatre descendirent, pendant que Lexa utilisa les derniers jerrycans pour remplir le réservoir. Ça devrait être largement suffisant pour leur permettre de rallier l'usine sans problème. Ils se dégourdirent les jambes pendant quelques minutes, avant que la Commandante ne reprenne le volant.

— Ça va aller, Madi, déclara-t-elle quelques minutes plus tard en voyant son air inquiet.

— Je m'inquiète juste pour Clarke…

— Je sais bien, lui répondit-elle avec une grimace en prenant sa main qu'elle serra.

La voiture roula environ pendant encore quatre heures, sans qu'ils s'arrêtent, avant que la Trikru ne mette en route la radio.

— Ici Lexa, dit-elle en attendant une réponse. Terminé.

Leksa, hir Niylah. Alta ste kom me. Laik yu klir? «Althéa est avec moi. Vous êtes en sécurité?»

Sha, laik yu ? Nou stepnes raun Kongeda? «Oui, et vous? Rien n'est arrivé à la Coalition?»

La Trikru répondit que tout allait bien même s'ils avaient dû gérer quelques cadavres qui étaient un peu trop proches, mais rien de grave. Elle reprit donc la parole avec appréhension.

— Ha ste Klark? «Comment va Clarke?»

— Nou os… Ai set kom em gon tika, kom gochuplei. Ba em oso laik beda taim yu laik der, Madi en yu. «Pas bien… Je suis restée un moment avec elle, pour la soutenir. Mais ça ira quand vous serez là, Madi et toi.»

Ai hof yu don nou gochuplei em as pas ai wamplei. «J'espère que tu ne l'as pas soutenu comme après ma mort», dit Lexa avec amusement dans une tentative de détendre la situation.

À ses côtés, une grimace fit son apparition sur le visage de Madi et bientôt ils purent entendre Althéa prise dans un fou rire qui semblait être incontrôlable. Elle pouvait presque imaginer très clairement le visage de la guerrière blêmir face à ses mots, surtout en entendant la réaction de la brune qui ne devait rien avoir compris.

Ai laik kiden, Niylah. Chof gon bak op kom em, yu laik bos lukot. Tel Klark osir laik komb hir en bilaik klir. Osir beda be hir in twin nabit. « Je plaisante, Niylah. Merci d'être restée avec elle, tu es une bonne amie. Dis à Clarke que nous arrivons et que nous allons bien. Nous devrions être là d'ici trente minutes. »

Mochof, Heda. Ai laik na taida nau. «Merci, Heda. J'y vais tout de suite.»

Mochof, ai sin yu nestaim « Merci, je vous dis à plus tard. », finit-elle en coupant la communication avec un sourire rassurant pour la jeune fille.

Mais environ quinze minutes plus tard la brune freina brusquement en mettant un coup de volant, plaquant Madi d'une de ses mains contre le siège par réflexe. Une roquette venait tout juste de s'abattre au sol dans un bruit assourdissant, à seulement moins de deux mètres d'eux. Si la conductrice ne l'avait pas vu arriver avant et n'avait pas changé sa trajectoire, elle aurait certainement atterri directement dans le véhicule. La voiture trembla avec violence, mais ça aurait été bien pire si elle n'avait pas été blindée.

La Commandante regarda tout autour d'eux, apercevant le 4x4 de leurs assaillants un peu plus loin sur la gauche. Le même 4x4 que celui qui les avait attaqués sur le pont.

— Michael, dit-elle avec froideur et fureur en le voyant en sortir avec un sourire satisfait.

Ne perdant pas de temps, elle rapprocha un peu plus la voiture de lui avant d'en sortir. Demandant à Madi de se mettre au volant et de partir tout de suite en cas de problème.

— Lexa ! s'exclama-t-il avec un grand sourire. J'allais attaquer ton usine, mais je pourrais tout aussi bien te tuer là maintenant. Tu me rends la tâche bien plus facile.

Elle lui lança un regard noir avant de se rapprocher dangereusement de lui.

— C'est moi qui vais te tuer, dit-elle lentement en appuyant sur chaque mot, avant de pointer son arme vers lui.

— Non, tu ne le feras pas, mauvaise réponse, dit-il avec un sourire suffisant sans se sentir en danger une seule seconde. Retourne-toi donc.

Elle le garda dans son angle de vision en se retournant, serrant fortement les mâchoires jusqu'à s'en faire grincer les dents. Trois lance-roquettes tenus par ses hommes étaient dirigés vers son véhicule.

— Si je ne me trompe pas, à ce que je vois c'est blindé. Mais trois roquettes d'un seul coup… Si j'étais toi, je ne prendrais pas le risque. Jette ton arme.

Il avait raison, elle ne savait pas à quel point le blindage pourrait résister. Une peut-être, deux… Mais trois… Peut-être que ce serait trop en une seule fois pour maintenir l'intégrité du tout terrain. C'était même certain. Alors avec un regard noir, elle fit ce qu'il lui avait demandé. Elle ne pouvait pas risquer de mettre en péril les trois personnes qui étaient à l'intérieur. Elle ne pouvait pas risquer de faire tuer Madi.

— Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle avec rage.

— Toujours la même chose. Récupérer ta base et tout ce qui s'y trouve. Mais tu as mal répondu, alors… Si tu arrives à survivre assez longtemps, tu pourras peut-être voir la déchéance de cet endroit auquel tu tiens tant.

Avec un sourire mauvais et sans qu'elle ait le temps de ne rien faire, il lui tira une balle dans le ventre avant de courir en direction de sa voiture. Lexa écarquilla les yeux en mettant sa main qui devint complètement noire sur la blessure, titubant.

— NON ! hurla Madi en venant la rejoindre. Pas encore une fois !

Tout s'enchaîna très rapidement, Raven ouvrit le feu sur les hommes tenant les lance-roquettes, qu'elle arriva tous à toucher avant qu'ils ne puissent s'enfuir. Dans un geste désespéré et en tremblant, la Commandante trouva malgré tout la force d'envoyer son poignard qui atterrit directement dans la gorge de Michael, qui s'effondra au sol à seulement quelques mètres d'elle. Il la regarda avec peur et surprise. Elle pouvait déjà voir la vie quitter ses yeux.

— Tu… Tu ne t'en prendras plus… jamais… à ma famille ! dit-elle difficilement avec rage avant de tomber elle-même au sol sur les genoux, l'adrénaline l'ayant quitté ne lui permettant plus de se maintenir droite.

— Lexa, regarde-moi ! lui hurla Madi en essayant de compresser au mieux la plaie. Ça ne peut pas arriver encore une fois…

— Je… Je vais… bien…

Elle avait du mal à respirer, mais ne voulait pas que la jeune fille panique. Elle sentait cette fois que ce n'était pas pareil. La douleur n'était pas exactement la même, même si elle avait bien remarqué qu'elle perdait cette fois aussi beaucoup de sang.

— Je vais m'en… sortir cette… fois, dit-elle difficilement pour ne pas l'inquiéter, ne sachant pas vraiment si ce serait vrai.

Arny, kom op sis au! «Viens m'aider!» Lui ordonna la plus jeune avec autorité.

Très vite, ils la firent s'allonger, tandis que Raven prenait la route de la Coalition. Ils ne devaient être qu'à quelques kilomètres, moins de dix minutes au maximum.

Madi continua de faire le maximum pour compresser la blessure et la Reyes roula le plus vite possible, ils ne mirent pas plus de cinq minutes à arriver.

— Ouvrez tout de suite le portail ! Et qu'on apporte un brancard ! ordonna en hurlant la fille de Wanheda et celle qui avait été Heda pendant un petit moment, avant d'arriver au portail après avoir ouvert sa portière en roulant.

Raven ne ralentit presque pas et passa de justesse dans l'ouverture, avant de s'arrêter au plus proches des portes. Un brancard les attendait déjà, ils ne perdirent donc pas de temps avant d'y allonger la brune pour l'emmener en direction de l'infirmerie.

— Lexa ! hurla sa compagne en courant vers elle quand elle la vit, avant que ses larmes ne coulent. Non, pas encore…

— Ça va aller, lui dit la brune avec un léger sourire alors qu'ils arrivaient enfin à l'infirmerie où Abby était déjà sur le pied de guerre en train de tout préparer. Cette fois, je… ne t'abandonne pas. Promis. Madi… reste avec… ta mère.

La blonde essaya d'entrer à sa suite, mais Abby lui ordonna de rester dehors. Deux gardes durent même l'empêcher d'entrer de force, tandis qu'elles les frappaient pour qu'ils la lâchent. Puis elle se calma peu à peu, certainement trop fatiguée pour continuer, et Madi vint la prendre dans ses bras en la serrant contre elle.

— Ça va aller, Clarke, lui dit-elle avec cependant une once d'inquiétude bien présente dans la voix. Lexa ne te l'aurait pas promis si ce n'était pas le cas. Elle ne s'y serait pas risquée.

La blonde soupira en tremblant, serrant un peu plus sa fille contre elle.

— Toi ça va ? Tu n'as rien ? lui demanda-t-elle inquiète en l'inspectant sous tous les angles.

— Je n'ai rien, je te le promets. Et cette fois Lexa ira bien.

— Je suis tellement contente de te voir… J'ai cru t'avoir perdue, Madi… déclara-t-elle avec émotion.

Clarke ne savait pas combien de temps était passé exactement depuis qu'Abby l'avait mis dehors et qu'elle attendait avec Madi à la porte. Mais même si elle était plus calme, l'inquiétude ne l'avait pas quitté ne serait-ce qu'une seule seconde. Pas plus que le flash-back de Lexa se vidant de son sang sur la couverture de fourrure blanche qui était maintenant grise. Lexa, qu'elle n'avait pas été capable de sauver à ce moment-là. Ça ne pouvait pas se reproduire encore une fois. Elle ne savait pas si elle pourrait y survivre.

Puis la porte s'ouvrit et la plus vieille des Griffin en sortit.

— Comment va-t-elle ? demanda prestement et avec inquiétude Clarke, en se remettant sur ses pieds.

— Elle va avoir besoin de repos pour le moment, mais elle va bien.

La blonde ne put s'empêcher de soupirer de soulagement et de laisser couler quelques larmes.

— Elle a perdu beaucoup de sang et si vous n'étiez pas arrivés aussi vite, on l'aurait très certainement perdue. Et si je n'avais pas anticipé le fait de faire des réserves de poches de Night Blood pour vous trois, ça aurait été le cas également.

— Est-ce qu'on peut aller la voir ? demanda Madi tout aussi soulagée.

— Allez-y, ça lui fera plaisir de vous voir. Mais elle ne va pas tarder à se rendormir, je l'ai mise sédatif pour qu'elle se repose. Allez vous coucher aussi après, le soleil vient à peine de se lever.

Clarke ne perdit pas de temps pour se rendre au chevet de sa compagne, sa fille toujours sur les talons.

— Lexa… dit la blonde avec émotions.

— Tout va bien, lui dit la blessée avec un léger sourire, ses yeux papillonnants sous la fatigue. Je t'avais promis de ne pas te laisser. De ne pas vous laisser…

Avec le plus de douceur et de précaution possible, la Griffin vint déposer un baiser sur les lèvres de la brune qu'elle sentit sourire contre sa bouche.

— Ne laisse pas ta mère dormir ici, Madi, dit-elle en sentant tout à coup le sommeil l'emporter complètement.

La jeune fille acquiesça et quand Lexa s'endormit finalement à peine quelques instants plus tard, elle prit sa mère par le bras en la tirant hors de la pièce.

— Tu l'as entendue, viens, on rentre à la maison. Abby et June vont bien s'occuper de Lexa, ne t'inquiète pas.

Hochant la tête la blonde la suivit sans plus y réfléchir et elles s'endormirent par la suite toutes les deux rapidement. Clarke n'avait pas dormi ces derniers jours, les croyants toutes les deux mortes. Et Madi de son côté avait également assez peu dormi, toute leur traversée avait été éreintante. Surtout sur la fin.

Quand la plus vieille des Griffin se réveilla, sa fille était encore endormie. Elle sourit en la voyant respirer avec régularité, avant de décider de se rendre à l'infirmerie. Elle devait vraiment voir comment allait Lexa, elle en avait besoin.

Quand Niylah et Althéa étaient venues la voir pour lui dire que Lexa et Madi étaient vivantes et qu'elles arrivaient d'ici très peu de temps, elle n'y avait pas cru. Elle était désespérée, pensant les avoir vues mourir sous ses yeux sans rien pouvoir y faire. Alors entendre ça avait fait remonter sa colère au-dessus de sa peine et elle n'avait pu s'empêcher de gifler violement la Trikru. Althéa avait essayé de la calmer, mais rien n'y avait fait.

Puis Bellamy était arrivé et l'avait empêché de bouger en la serrant contre lui, ne disant rien en lui laissant simplement le temps de reprendre ses esprits et de se calmer. Puis il lui avait assuré sur leur amitié, sur tout ce qu'ils avaient vécu et échangé, que c'était vraiment le cas. Que les jeunes femmes lui avaient dit la vérité. Qu'il avait lui-même parlé avec sa compagne et sa fille moins d'un jour auparavant. Alors elle l'avait finalement cru et s'excusant rapidement envers les deux femmes, elle s'était dépêchée de se rendre devant les grilles pour attendre leur arrivée en faisant les cent pas.

Et après quelques instants, elle entendit Madi hurler avant même de pouvoir la voir. Et son inquiétude augmenta encore un peu plus quand sa fille demanda à ce qu'on apporte une civière. Alors qu'elle n'entendait toujours pas un mot venant de Lexa, la peur lui tordant le ventre. La blonde n'eut même pas le temps de se réjouir un millième de seconde de pouvoir les voir en vie qu'elle aperçut Lexa blessée au ventre, et le sang noir présent partout sur elle. Sur les mains de Madi. Beaucoup trop de sang.

Secouant la tête pour essayer de faire disparaître les images d'il y a tellement de temps et d'hier qui se mélangeaient complètement, elle pénétra dans l'infirmerie. Son regard se porta immédiatement et automatiquement sur le lit où se trouvait Lexa. Se figeant en la regardant discuter joyeusement avec Althéa. Elle avait l'air d'aller bien et son cœur s'emplit d'un soulagement profond.

— Arrête de dire n'importe quoi et essaie de te reposer un peu, on peut gérer un petit moment sans toi, Heda! lui dit son amie en riant, avant de voir arriver la compagne de son amie et de lui sourire. Je vais vous laisser, à plus tard, Lexa.

— Hey… Tu peux approcher, Clarke, lui dit la brune aux yeux verts avec un sourire en ne la voyant absolument pas bouger, comme figée.

Elle avait l'impression d'être un animal que sa compagne ne voulait pas risquer de brusquer. Ou, qu'elle était tellement fragile qu'elle ne voulait pas prendre le risque de la blesser plus.

— Si tu ne viens pas, c'est moi qui me lève, menaça-t-elle pour la faire réagir.

— Non ! s'écria la Griffin en approchant vivement. Tu ne bouges surtout pas !

— Je ne l'aurais pas fait, Klark. Je sais que tu m'aurais tué toi-même, sinon ! dit-elle avec amusement en lui prenant la main.

— Ne t'amuse pas à rigoler avec ça, Lexa. Ce n'est pas drôle du tout ! répliqua la blonde.

La Commandante put très clairement voir la peur et le désespoir dans ses yeux, ne pouvant s'empêcher de s'en vouloir de lui avoir causé de tels sentiments.

— Excuse-moi, ai Niron, dit-elle doucement en embrassant la main de la blonde.

— J'ai eu tellement peur pour vous… J'ai eu tellement peur de te perdre encore une fois, Lexa… Quand j'ai vu tout ce sang…

Elle avait eu la voix tremblante et la brune pouvait voir les larmes perler au coin de ses yeux. Elle aurait voulu se relever et pouvoir la prendre dans ses bras, la serrer contre elle. Mais pour l'instant, elle ne pouvait pas se le permettre, la blessure était bien trop fraîche.

— Embrasse-moi, demanda-t-elle doucement à la place, presque suppliante.

Sa compagne ne se fit pas prier et approcha son visage avant de déposer un doux baiser sur ses lèvres. Lexa la prit par la nuque pour la maintenir un peu plus contre elle. Puis quand le baiser pris fin, la Griffin déposa délicatement son front sur celui de la femme qu'elle aimait. Se contentant simplement d'ancrer ses yeux bleus dans les yeux verts, qui faisaient battre un peu plus battre son cœur, à chaque fois qu'elle les voyait.

— Je ne sais vraiment pas comment je pourrais vivre ne serait-ce qu'un jour de plus sans toi, dit-elle avec une voix tremblante qu'elle ne put contrôler.

Elle était tellement vulnérable en cet instant, que la brune sentit presque son cœur se briser de désespoir. Ce n'était pas des sensations qu'elle voulait que la jeune femme ne puisse ressentir en pensant à elle.

— Je ne peux pas te promettre que ça n'arrivera pas Clarke, tu le sais bien. Mais je ferais tout ce qui sera possible pour rester auprès de toi. Pour toujours rentrer à la maison.

La Griffin savait qu'elle avait raison, elle ne pouvait pas lui dire le contraire. Pas si elle voulait rester entièrement honnête avec elle. Et peu importe tout ce qu'elles avaient traversé, c'était l'une des facettes de la personnalité de Lexa qu'elle appréciait le plus. Et qui avait un peu plus été accentué par sa vie en temps qu'Alicia. Son honnêteté. Et en cet instant, c'était encore plus vrai alors qu'elle pouvait lire la plus grande sincérité dans son regard. Alors elle l'embrassa une nouvelle fois avec douceur.

— Madi va bien ? lui demanda Lexa.

— Oui, elle dormait encore quand je suis parti. Mais ça m'avait l'air d'être le cas.

— Les derniers jours ont été un peu longs et compliqués pour nous aussi, j'imagine qu'elle a besoin de repos. Mais je suis rassurée, soupira-t-elle de soulagement.

— Lex'… Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

— Tu es au courant pour la horde ? demanda-t-elle avec un froncement de sourcils, elle voulait savoir où commencer.

La blonde hocha la tête, révélant qu'Althéa, Niylah et Bellamy lui en avaient vaguement parlé.

— Donc nous avions réussi à la dérouter et étions sur le chemin du retour, à peine à moins d'une demi-heure. C'est le moment où j'ai dit à Niylah de t'annoncer que nous allions bien, je ne pensais pas que nous pourrions avoir d'autres problèmes. Mais nous avons croisé Michael et ses hommes. J'ai voulu le tuer, mais il a menacé de tuer les autres, dont faisait partie Madi. Puis il m'a tiré dessus, finit-elle en montrant la blessure de la main.

— Je dois envoyer une équipe pour s'occuper de lui ? demanda Clarke dont les yeux étaient emplis de la rage qu'elle ressentait envers cet homme.

— Non, je me suis occupé de lui. Et les autres, de ses hommes. Nous n'aurons plus de problème de sa part. Tu n'as plus à t'en faire.

— Bien, dit la blonde en l'embrassant encore une fois.

— Clarke… Je suis désolée de ne pas t'avoir dit que nous étions vivantes avant, mais…

Elle appréhendait la réaction de la blonde, certainement qu'elle avait dû dépasser une limite de plus, en lui cachant la vérité. La Griffin allait lui en vouloir.

— Ne t'excuse pas… J'aurais certainement fait la même chose à ta place, vous étiez toujours en danger et tu ne savais pas si vous alliez revenir en un seul morceau.

— Qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour te mériter… ? soupira la jeune femme avant de l'embrasser.

— Tu es toi. Mais s'il te plaît, évite de me cacher des choses à l'avenir, lui dit-elle avec un léger sourire avant de se tourner en entendant du bruit.

Madi venait de faire son entrée et hésitait à les rejoindre tout de suite, mais s'approcha rapidement de la Commandante après un signe de sa mère.

— Ça va ? lui demanda-t-elle inquiète.

— Oui, Strikon, dit-elle avec un sourire. Je ne sens rien du tout. J'avais demandé à Abby de mettre le minimum de médicament, mais je n'ai pas l'impression qu'elle m'a vraiment écoutée…

La plus jeune ne put s'empêcher d'éclater de rire face à la brune qui leva les yeux au ciel. La blonde ne put s'empêcher d'en faire de même face à leur interaction. Elles restèrent toutes les trois ensemble, discutant pendant un moment.

Quand Abby arriva, elles étaient en train de rire et elle-même ne put s'empêcher d'en faire de même en approchant.

— Ravie de voir que tu vas bien, Lexa, commença-t-elle toujours en souriant, mais fais quand même attention à ne pas faire sauter tes points en rigolant. Sinon je serais contrainte de demander à Clarke et Madi de sortir d'ici !

Entendant ça, la brune s'arrêta instantanément, retrouvant tout son sérieux et un air complètement neutre.

— Maman ! la fustigea la fille de Jake.

— Mais peu importe que je vous demande ou non de sortir, puisque de toute façon Lexa va pouvoir retourner chez vous.

— C'est vrai Abby ? demanda cette dernière avec espoir, n'osant pas vraiment la croire.

— Oui, à condition que tu sois la plus raisonnable possible. Mais de toute manière, je suis assez sûre que Clarke ne te laissera pas bouger, quitte à t'attacher s'il le faut.

La blonde hocha la tête avec le plus de sérieux possible, avant de rougir en ouvrant grand les yeux face au regard et au sourire que lui lança sa compagne. Heureusement pour elle, les deux autres ne semblaient rien avoir remarqué de leur échange.

Lexa étant impatiente de retrouver son lit même si Abby et June s'étaient parfaitement occupés d'elle, des hommes vinrent la transporter sur un brancard jusqu'à sa chambre.

Mochof, dit la Griffin tandis que les deux hommes se prosternèrent avant de quitter leurs appartements. Tu es bien installé, Lex' ? Tu n'as besoin de rien d'autre ? Tu veux que…

— J'ai tout ce qu'il me faut, ai Niron. J'ai juste besoin de toi contre moi pour pouvoir me reposer.

— Lexa… Tu es blessée…

Face au regard que lui envoya la brune, sa compagne vint s'allonger avec le plus de précautions possible à ses côtés après avoir soupiré.

— Ça va ? lui demanda-t-elle, inquiète, veillant à ne pas trop s'approcher d'elle pour ne pas risquer de lui faire mal.

Lexa fronça les sourcils avant de passer l'un de ses bras autour de la jeune femme, retenant une grimace face à la douleur et de la serrer contre elle.

— Maintenant oui, soupira-t-elle de bien être, avant de déposer un baiser sur sa tempe.

Il ne lui fallut pas beaucoup plus longtemps pour s'endormir, un sourire aux lèvres et l'odeur ainsi que la chaleur de sa compagne contre elle la berçant.


Alors, qu'en avez-vous pensé ?

Que leur réserve le futur ?