Une fois qu'Abby eût terminé de prélever la moelle osseuse de Lexa, cette dernière était restée bien sagement allongée dans son lit, comme le lui avait demandé la chirurgienne.
De toute manière, Clarke et Madi devaient avoir environ une heure devant elles avant de se réveiller et la brune avait décidé qu'elle resterait dans les environs si quelque chose devait arriver. Elle ne laisserait ni sa compagne ni sa fille.
Alors d'un œil curieux, elle s'était contentée d'observer Abby un peu plus loin qui s'était déjà mis au travail avec les échantillons prélevés. Selon ce que la Commandante avait compris, il était question de séquençage ADN, mais elle n'était pas complètement certaine d'avoir tout compris.
Même si dans ce monde, en temps qu'Alicia, elle avait étudié la science humaine, elle n'en été cependant pas arrivé à suivre des cours de médecine ou de génétique. Alors elle laissait ce domaine à la mère de Clarke, lui faisant complètement confiance pour s'en occuper. D'ailleurs, même si la jeune blonde avait des connaissances tout de même assez poussées en médecine, Lexa n'était pas certaine qu'elle pourrait tout comprendre non plus.
La seule chose que la Commandante avait bien compris, c'est qu'il y avait une chance que l'on puisse empêcher les transformations après une morsure de marcheurs. Ce qui donnait une chance à ce monde de redevenir, au moins en partie, celui qu'elle avait connu dans le passé.
Après tout, elle avait vécu dans un monde Apocalyptique dans leur Ancien Monde, sans ces monstres-là, alors il lui serait certainement possible de remettre en place une vraie civilisation, du moins l'espérait-elle.
— Heya, ai Niron, déclara-t-elle avec un sourire à l'attention de la blonde, qui venait d'ouvrir les yeux. Tu vas bien ?
Lexa s'était levée de la chaise sur laquelle elle avait pris place depuis qu'elle-même avait pu se relever, pour venir s'installer sur le lit de sa compagne, lui prenant la main.
— Je crois… lui répondit la jeune femme, un air encore légèrement endormi.
— Bien, laisse-moi aller chercher ta mère, lui dit la brune avec un sourire, lui embrassant la main avant de se lever.
Abby était toujours dans la même pièce, mais trop occupée par ce qu'elle faisait, elle avait fait abstraction de tout le reste. Alors quand la Commandante s'approcha de la plus vieille, elle fit en sorte de se faire entendre pour ne pas la surprendre.
— Clarke est réveillée, déclara-t-elle en se rapprochant, j'imagine que ça ne va pas tarder non plus pour Madi.
— Je peux gérer pour le moment, Abby, l'informa Jackson qui était également en train de travailler.
Le remerciant, la Griffin posa la fiole qu'elle avait dans les mains à sa place, et prit la direction de sa fille avec Lexa à ses côtés.
— Clarke ? Comment te sens-tu ? demanda la médecin. Pas de symptômes pouvant te paraître étranges ?
— Non, dit la jeune blonde, maintenant plus alerte. Un peu de contracture musculaire, mais légère, mais tu m'avais prévenu. Hormis ça, tout va bien.
— Parfait, alors. Tu vas pouvoir te lever tout de suite, mais vas-y doucement. Il est tout de même préférable que tu attendes quelques minutes. Je retourne voir Jackson, prévenez-moi quand Madi se réveillera, finit-elle avant de les quitter.
Clarke essaya de se relever, alors ne perdant pas de temps Lexa vint l'aider à s'asseoir contre le mur.
— Ta mère a raison, tu devrais rester un peu au lit. Et en plus, ça donnera le temps à Madi de se réveiller, déclara la brune avant que la jeune femme ne puisse répondre.
La plus jeune se réveilla peu de temps après, et semblait également aller bien.
— Je vais aller faire le tour des lieux avant qu'on ne parte tout à l'heure, déclara la Commandante quelques minutes plus tard. Vous avez le temps de récupérer vos affaires et d'en faire de même.
Elle les quitta donc, s'assurant que tout se passait bien dans le vaisseau. Elle espérait vraiment pouvoir regrouper son peuple en totalité à la Coalition rapidement.
— Mais bande d'incompétents ! entendit-elle pester une voix de femme. Non ! J'ai besoin de toute la structure, sinon on ne pourra pas la remettre correctement !
Amusée, la jeune brune regarda Raven continuer de s'énerver sur les quelques ouvriers qu'elle avait réussi à motiver pour l'aider à démonter certaines parties du vaisseau.
— Il est indéniable que Raven est plus que bonne dans ce qu'elle fait, mais je pense qu'elle n'aurait pas fait un très bon leader, dit Marcus qui venait de rejoindre celle qui était la fille de Madison dans ce monde, avec un air amusé également.
— Je suis d'accord avec toi, admit la jeune femme avec un sourire en coin. Mais ça s'apprend, c'est juste que pour le moment elle n'a pas pris le temps de le faire. Ou que ça ne l'intéresse pas et je peux tout à fait le comprendre.
— Tu as raison, ça s'apprend. Mais c'est aussi quelque chose qui est propre à chaque personne, quelque chose qui est en quelque sorte inné. Une personne qui apprend à être un leader ne pourra jamais l'être plus que quelqu'un qui est né en tant que leader.
Ils restèrent sur place un petit moment, échangeant des choses et d'autres sur l'organisation à mettre en place pour réunir les deux endroits, puis la Reyes les vit.
— Comment est-ce que cela avance, Raven ? demanda la Commandante quand cette dernière vint les rejoindre.
— Bien, même si j'aimerai que ce soit plus rapide… Mais nous avons déjà de quoi commencer à travailler pour renforcer l'usine.
— Tu penses commencer par quel endroit ? lui demanda une nouvelle fois la brune aux yeux verts.
— À voir avec toi et les autres, mais j'aimerai peut-être commencer à mettre en place une sorte de muraille tout autour de l'usine.
— C'est une bonne idée, acquiesça-t-elle. Tu as une idée de la surface qui pourrait être couverte ?
— Beaucoup ! Bien plus que la surface couverte par les grilles à l'heure actuelle ! s'exclama l'Hispanique, un grand sourire aux lèvres. Et si tu veux savoir, ça pourrait même avoir la taille d'une petite ville !
— Je te fais confiance, déclara Lexa avec un air satisfait. Nous repartons d'ici peu de temps, est-ce que tu viens où tu as encore du travail ici ?
La jeune femme se retourna vers les travaux en cours, plissant les yeux en réfléchissant aux avancées et ce qui restait à mettre en œuvre.
— Laisse-moi deux ou trois jours, dit-elle finalement. Que je puisse avoir un peu plus pour commencer et tout mettre en place.
Hochant la tête, la Commandante se rapprocha un peu plus, observant les hommes et femmes travailler avec soin et précision.
— Merci pour tout le travail que vous réalisez ici, déclara-t-elle d'une voix forte leur étant destinée. Votre travail va nous permettre à tous de pouvoir nous regrouper et de ne former qu'un seul peuple. N'oubliez pas que chacun d'entre vous est nécessaire au bon fonctionnement de notre Coalition.
Tous la remercièrent platement, avant de se remettre au travail encore plus d'arrache-pied, sans se ménager. Marcus adresse un regard entendu à la jeune femme quand leurs yeux se croisèrent.
Elle continua son tour de l'Eligius, informant les habitants qu'elle partirait dans l'après-midi et que ceux qui le voulaient seraient les bienvenus à l'usine. Puis elle retourna dans sa chambre, où se trouvaient les deux Griffin, récupérant leurs affaires.
— Est-ce que ça s'est bien passé ? demanda la blonde en venant l'embrasser rapidement.
— Parfaitement, si ça vous va on va pouvoir y aller. Comme ça, on sera rentré avant la nuit.
— C'est bon pour moi ! confirma Madi, tandis que Clarke hocha également la tête.
Ainsi, elles se mirent en route vers la sortie principale de l'Éligius et y retrouvèrent l'un des groupes voulant voir où ils vivraient bientôt, ainsi que Bellamy, Écho, Indra et Althéa, ainsi
— On revient avec vous, déclara cette dernière en les voyant arriver.
— Alors, allons-y, dit Lexa avec un sourire. Clarke, Madi et moi reprenons le 4x4 et serons devant. Althéa, Écho, vous essaierez d'être au milieu. Bellamy et Indra, je vous veux dans une voiture pour fermer la marche. Les autres, surtout, veillez bien à rester dans le cortège.
Elle demanda à ce qu'on leur ouvre la grande porte métallique et se préparât à toute éventualité, la main tenant la crosse de son pistolet. Les alentours étaient vérifiés par les gardes sur le toit en permanence et en principe il n'y avait pas d'angle mort, mais on ne savait jamais.
Ils se mirent alors tous en route pour la Coalition et y arrivèrent comme prévu avant que la nuit ne soit tombée.
— Bienvenue à la Coalition, déclara Lexa à ceux n'étant jamais venus. Vous serez libre de faire ce que vous voulez, et Althéa va vous faire visiter. La seule chose que je vous demande ici, c'est de me remettre vos armes.
Elle passa elle-même les récupérer avec l'aide de Bellamy, avant de reprendre la parole face à leur air étonné et certain un peu énervé.
— Je sais que certains d'être vous n'ont pas l'habitude de ne pas être armés, ba em's gon klirness gon hogeda gon yu. Wich ai in. «Mais c'est pour votre sécurité à tous. Faites-moi confiance.». Ici, seulement les gardes sont armés, je ne le suis moi-même pas tout le temps.
Une visite fut organisée pour ceux n'étant jamais venus, tandis que les autres allèrent déposer leurs affaires, certains se rejoignant par la suite dans l'un des grands salons. Quant à Lexa et Bellamy, ils prirent la direction de l'endroit qu'ils avaient transformé en armurerie.
— Joken skrish ! «Putain de merde!», ne put s'empêcher la Commandante en entrant dans la pièce.
Le Blake sur ses talons entra presque en collision avec la brune, quand elle s'arrêta subitement.
— Lexa ? Tout va bien ? demanda-t-il en fronçant les sourcils, ne comprenant pas sa réaction.
— Viens, regarde, lâcha-t-elle sur un ton froid et laconique en le faisant entrer, avant de refermer la porte derrière elle.
— Merde… C'est pas vrai… dit-il en voyant ce qu'elle avait remarqué, se passant les mains dans ses cheveux bouclés, après avoir déposé ce qu'il tenait précédemment au sol.
Devant eux, la salle pourtant remplie d'armes de tout genre en temps normal était quasiment complètement vide. La brune se dépêcha d'aller consulter le registre sur lequel chacune des entrées et sorties était notée avec attention.
— N'en parle à personne, Bellamy. Pas même les autres pour le moment. Si la moindre rumeur vient à se propager, ça pourrait complètement être la panique et ce n'est pas une bonne chose. Je veux que tu ailles me chercher John, on doit savoir ce qu'il se passe. En espérant qu'il le sache…
L'homme hocha la tête et parti rapidement, tandis que Lexa resta ici pour le moment. Elle enregistra chacune des armes des nouveaux venus, plus pour la forme puisque tout avait disparu, avant de ressortir.
— Lexa… Qu'est-ce qu'il se passe ? lui demanda sa compagne en la voyant arriver dans leurs appartements.
La Trikru avait beau avoir fait son possible pour ne rien montrer aux autres habitants qu'elle avait croisés, la blonde la connaissait bien trop pour ne rien apercevoir. Son air avait beau être indifférent et neutre, ses yeux verts étaient emplis de préoccupation, bien plus qu'en temps normal.
— Toutes les armes ont disparu de la réserve… déclara-t-elle finalement, en se laissant tomber sur le canapé avec un profond soupire.
— Quoi ? Comment ça ? demanda Clarke en faisant la même chose, maintenant inquiète.
— Je n'en sais rien… soupira-t-elle. J'ai demandé à Bellamy d'aller chercher John. Si quelqu'un sait ce qu'il se passe, c'est forcément lui…
Elle récupéra son talkie-walkie avant de l'activer, pour joindre le Blake.
— Bellamy ? Tu as trouvé John ?
— Non… lui répondit la voix du brun. June vient de me dire qu'il est parti en mission de reconnaissance hier avec un petit groupe… Morgan est parti avec lui. Ils devraient revenir demain. Je n'en sais pas plus… Que veux-tu qu'on fasse?
Elle ne répondit pas pendant quelques instants, le regard dans le vide.
— Pourquoi est-ce qu'ils sont partis tous les deux alors que je n'étais pas là… Va chercher Victor et amène le dans une cellule, déclara-t-elle d'un air froid, après avoir légèrement grogné. Je t'y retrouve.
Quelques minutes plus tard, elle y était, Bellamy l'attendant devant l'une des portes.
— Je vais lui parler, déclara-t-elle. Si quelqu'un sait, c'est lui. Fais le tour des lieux, et fais attention à ce que tu entends.
L'homme acquiesça avant de s'en aller, tandis qu'elle entrait dans la pièce.
— Lexa, qu'est-ce qu'il se passe ? demanda l'homme à la peau foncée quand il la vit entrer. Tu sais que si tu voulais me voir, on aurait pu aller prendre une bière au bar ?
— Où sont les armes, Victor ? grogna la jeune femme avec un regard noir, sans perdre de temps.
— Quoi ? De quoi est-ce que tu parles ?
— Toutes les armes ont disparu de la réserve ! Ne me dis pas que tu n'y es pour rien ! Où sont-elles ?
— Je ne sais pas !
— Arrête de me mentir ! C'est que tu fais toujours. C'est toujours la même chose avec toi, Strand. Quoi qu'il se passe, tu ne changes pas, tu es toujours le même… Je ne sais même pas pourquoi j'ai encore l'espoir que ce ne soit pas le cas, que ce qui sort de ta bouche soit vrai.
— Laisse-moi rire ! répliqua-t-il en ricanant après quelques instants à la regarder. Et ça, ça vient de la femme qui m'a caché qui elle était réellement pendant je ne sais combien de temps ? Qu'elle était quelqu'un d'autre que ce que l'on croyait ?
— Victor… Je t'ai déjà expliqué. Tu sais, j'essaie, j'essaie vraiment, avec toi. Mais tu continues sans cesse de me donner des raisons de te faire du mal et de ne pas te faire confiance. Dis-moi où sont les armes, dit-elle sur un air calme, mais en l'attrapant fermement par le col de sa chemise.
— Mais je ne sais pas ! Je ne sais pas ! Je te le promets ! Ce n'est pas moi !
Elle se contenta de le regarder fixement sans rien dire, essayant de savoir s'il y avait la moindre chance que ce qu'il disait soit vrai.
— Bien. Après tout ce que tu as fait, commença-t-elle, je ne sais même plus si je dois prendre la peine de te croire. Tu resteras ici jusqu'à ce qu'on sache ce qu'il se passe.
— Lexa ! Arrête, ne fait pas ça ! s'écria-t-il tandis qu'elle allait refermer la porte.
— Je t'ai laissé ta chance, Strand. Bien plus que je n'en ai jamais laissé à quiconque…
La brune le regarda brièvement, avant de complètement refermer le battant métallique derrière elle.
Sa compagne et Bellamy étaient là, l'attendant aussi patiemment que possible.
— Il dit n'y être pour rien, déclara la brune en commençant à marcher, tous les deux la suivant.
Au vu du niveau sonore de la fin de conversation, les deux autres avaient déjà entendu que Victor avait nié, alors ils ne demandèrent rien d'autre.
— J'ai pris la liberté de dire aux gardes de garder leurs armes cette nuit avec eux, exceptionnellement, déclara le Blake. J'ai donné comme prétexte que le local doit être repeint et que ce sera plus simple comme ça.
— Tu as bien fait, acquiesça Lexa en ouvrant la porte de l'endroit dont elle se servait comme bureau. Tous sont dignes de confiance ?
— Je dirais que oui, répondit l'homme sans trop d'hésitation. Aucun d'entre eux n'a montré la moindre rancœur envers toi ou la Coalition.
La Commandante s'installa dans le siège derrière le bureau, croisant ses doigts devant elle, songeuse.
— Demande à Indra de tout de même les surveiller et accroître la surveillance, et si possible de mettre uniquement des personnes en qui l'on puisse avoir une entière confiance cette nuit. Dis-lui que l'ordre vient de moi, elle le fera et ne posera aucune question à ce sujet.
— Ce sera fait, Heda, acquiesça-t-il, pour lui faire comprendre qu'il avait bien conscience de la situation.
— Bellamy ! Et tiens-moi au courant de la situation, même de ce qui pourrait te paraître le plus infime détail, ajouta-t-elle avant qu'il sorte de la pièce.
— Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? demanda sa compagne, qui l'avait laissé parler jusqu'à maintenant.
— Reste près de moi. Si c'est Victor, il a peut-être prévu de s'en prendre à toi pour me mettre plus bas que terre.
La blonde la regarda, haussant un sourcil.
— Tu penses réellement que c'est lui ?
— Qui d'autre ? demanda celle qui était née sur cette planète, avec un léger ricanement noir.
— Je ne sais pas. Mais ce qui est certain, c'est qui si je reste avec toi, c'est pour t'aider, Lexa. Pas pour me cacher.
Hochant la tête, cette dernière commença à fouiller son bureau, commençant par les bannettes où les rapports quotidiens étaient déposés, demandant à Clarke d'en faire de même à d'autres endroits. Elle espérait que quelque chose pourrait lui faire comprendre ce qu'il s'était passé.
Les deux femmes ne trouvèrent rien après avoir continué pensant quelques minutes, alors la Griffin décida de chercher sa compagne et d'essayer d'avoir des informations autrement. Elle alla discuter avec Luciana et Althéa au bar de Sarah, laissant traîner ses oreilles pour entendre la moindre rumeur.
Mais elle s'avoua vaincue quelques heures plus tard, tandis que le soleil avait disparu depuis assez longtemps. Retournant dans ses appartements, mais n'y trouvant pas sa compagne, elle décida d'aller directement voir Victor.
Clarke connaissait Lexa, mais elle avait aussi connaissance de son attachement envers l'homme à la peau foncée, malgré tout ce qu'il avait pu faire. Alors elle voulait essayer de le faire elle-même.
— Heya, ai don kom fig au Victor «Je dois voir Victor», déclara-t-elle à l'attention du garde qu'elle avait reconnu comme étant un ancien Trikru, qui si elle ne se trompait pas avait été à la garde de la Tour à Polis.
— Sha, Wanheda, se contenta-t-il de répondre en hochant la tête, avant d'ouvrir la porte.
Quand Strand la vit entrer, il se contenta de soupirer longuement en baissant le regard sur ses mains.
— Vous avez retrouvé les armes ? demanda-t-il finalement, ne voyant pas la blonde parler.
Il semblait réellement concerné par la question qu'il venait de poser, mais celle qui était née dans l'espace ne savait pas si c'était parce qu'il tenait réellement à ce qu'elles soient retrouvées, ou s'il ne le voulait pas parce que ce serait une preuve de son méfait.
— Pas pour le moment. J'espérai que tu pourrais m'en dire plus.
— J'ai déjà dit à la Commandante que je n'y étais pour rien, répondit-il d'un ton laconique, mais aussi légèrement moqueur. Mais j'imagine que la Commandante de la Mort veut tout de même aussi poser la question…
— Arrête ça, Victor, dit-elle, agacée. Tu sais pertinemment que Lexa n'est pas Heda avec toi, hormis si tu la forces à l'être. Et c'est la même chose pour moi, parce que je sais qu'elle tient à toi.
— Laisse-moi rire… ricana-t-il une nouvelle fois. Si c'était le cas, elle ne me laisserait pas moisir enfermé ici, alors que je lui ai dit n'y être pour rien !
— Tu peux tout de même admettre qu'elle a des raisons de douter de toi ? Après tout ce que tu as cherché à faire… N'importe qui douterait de toi.
— Je sais ! Mais je n'y suis pour rien ! haussa-t-il le ton en se levant, la faisant reculer par réflexe. J'ai bien compris que j'avais dépassé la dernière limite avec elle en m'en prenant à toi !
Elle ne répondit rien, attendant de voir ce qu'il avait sur le cœur.
— J'ai bien compris la leçon, Clarke. Je savais qu'il serait risqué d'essayer de prendre les choses en charge il y a quelques mois, mais encore plus maintenant que je sais qui Alicia… qui Lexa, a pu être. Vous me pensez vraiment assez bête pour mettre ma vie en jeu de cette manière ?
— Je ne sais pas. Lexa te connaît mieux que moi. Et tu ne m'as pas vraiment laissé voir la meilleure partie de toi, si elle existe.
Il grimaça en baissant les yeux, en entendant ces mots.
— Malgré tout, j'espère sincèrement que tu n'y es pour rien. Parce que si tu es impliqué, je ne suis pas complètement certaine que tu restes en vie. Et je sais que même si ce sera sa décision, Lexa en souffrira. Elle a déjà eu à le faire, dans une situation similaire.
Ne lui laissant pas le temps de répondre, la blonde sortit et fit signe au garde de refermer. Elle ne pouvait s'empêcher de trouver la situation similaire, comme elle l'avait dit à Victor, avec le moment où sa compagne avait dû mettre fin à la vie de Gustus, après l'avoir vu se faire torturer. Et la dernière chose que Clarke voulait c'était que la Commandante soit une nouvelle fois dans cette situation.
Quand elles retournèrent toutes les deux dans leur appartement pour passer la nuit, aucune des deux ne put réellement se reposer, trop préoccupée par ce qu'il pourrait arriver d'un moment à l'autre. Victor était sous les verrous, mais ça ne voulait pas dire qu'il ne se passerait rien.
Alors quand l'aube arriva et que les premiers rayons de soleil pointèrent leur nez, et que rien ne semblait s'être passé, Lexa se leva en soupirant. Sa compagne avait finalement fini par s'endormir, alors elle se contenta de déposer un baiser sur son front en faisant attention de ne pas la réveiller. Puis elle se leva pour aller s'habiller et quitta leur lieu de vie.
— Bellamy, tu es là ? demanda-t-elle à travers le talkie-walkie.
— Oui, je suis resté éveillé cette nuit. Indra a renforcé la garde, mais elle n'est au courant de rien, alors je préférai être là si c'était nécessaire.
— Tu as bien fait, merci. Rien de nouveau ?
— Rien pour le moment. Mais le groupe de John est sur le retour, ils ne devraient pas tarder.
— Très bien, rejoins-moi devant le portail, on va les attendre. En espérant qu'il en sache plus, déclara Lexa en coupant la communication.
Quelques minutes plus tard, en effet un convoi entra dans la Coalition. Lexa repéra la voiture dans laquelle semblait se trouver John et Morgan, alors elle s'y dirigea rapidement avec Bellamy.
— John ! Est-ce que l'on peut parler ? lui demanda-t-elle en essayant de ne pas laisser paraître son angoisse.
— Oui, pas de problème, déclara le cow-boy en remettant son chapeau. Morgan et moi devions te montrer quelque chose, de toute manière. Tu nous suis ?
Hochant la tête en faisant signe au Blake de les suivre, ils se mirent en route. Les deux hommes les conduisirent jusqu'au sous-sol.
— Bon, maintenant qu'on est seul on peut parler, commença la Commandante. Presque toutes les armes stockées à l'armurerie ont disparu. Nous nous en sommes rendu compte quand nous sommes revenus.
— Attends une seconde, Lexa, dit Morgan avec un léger sourire avant de sortir une clé et d'ouvrir la porte en face de lui.
Il laissa les trois autres entrer, avant d'en faire de même. Devant elle, Lexa pouvait voir qu'un grand grillage avait été mis en place, et que derrière celui-ci se trouvait plusieurs grands coffres-forts.
— Nous avons déplacé les armes, dit John en attendant pas plus, voyant la mâchoire de la brune se crisper légèrement. Nous pensions que ce serait moins risqué qu'elles soient ici, en tout cas les plus grosses, comme les lance-missiles. Et nous avons décidé de laisser dans l'ancienne armurerie seulement de quoi mettre en place la garde, au moins le temps de t'en parler à ton retour.
La jeune femme regarda le contenu des coffres, que Morgan avait ouverts pendant que son ami parlait.
— Ne faites plus jamais ça sans m'en parler, déclara-t-elle assez sèchement. Même si je dois admettre que c'est une bonne idée.
— Nous avons fait ça rapidement, mais nous ne pensions pas que tu serais revenu avant nous… soupira Morgan.
— Quoi qu'il en soit, je suis rassurée. J'ai pensé que c'était encore une idée complètement débile de Victor, par exemple de mener une révolution contre moi. Vous m'expliquerez tout plus tard. Je dois aller le libérer…
Elle fit demi-tour pour remonter dans l'usine et se diriger vers la cellule dans laquelle elle avait fait enfermer son ami. Une fois là-bas, elle dit au garde d'ouvrir et qu'il n'était plus nécessaire de rester ici.
Quand elle entra, Strand se contenta de relever la tête et de lui adresser un regard noir qu'elle soutint même si elle se sentait coupable. Après tout, il n'était coupable de rien et elle l'avait accusé, elle l'avait fait enfermer.
— Je suis désolée, Victor, déclara-t-elle finalement en le regardant droit dans les yeux. Je sais maintenant que tu n'y étais pour rien.
— Je te l'avais dit, rétorqua-t-il avec un rire jaune. Tu n'as simplement pas voulu me croire… Je peux sortir, maintenant ?
— Oui, tu peux sortir et faire ce qu'il te plaît.
Le voyant se dépêcher de quitter la salle, elle lui attrapa le bras avant qu'il n'est pu le faire.
— Victor… Je suis désolée… répéta-t-elle une nouvelle fois.
— Moi aussi. Moi aussi, Lexa… Je pense qu'il serait mieux que je quitte la Coalition. Au moins pour quelque temps… dit-il d'un air désabusé.
— Tu peux aller à l'Eligius, je ferais en sorte que tu puisses faire partie de la prochaine expédition. Mais tu es le bienvenu ici, Victor.
— Ça, je n'en suis plus si sûr… déclara-t-il après quelques secondes, avant de quitter la pièce.
Une fois seule, Lexa poussa un long soupir. Strand avait fait de mauvaises choses, c'est certain. Il n'avait pas toujours été blanc comme neige, c'était certain aussi. Mais elle lui avait malgré tout pardonné, et elle se rendait compte qu'elle avait peut-être perdu l'un de ses plus vieux amis de ce monde.
