Hello, hello !

Petit OS surprise, que j'ai écris dans le but très précis d'une vengeance ! Eh oui, car notre chère Blue BellvineTea, nous a publié le premier chapitre d'un Two-Shot (que je vous conseille vivement d'aller lire) qui nous a laissé... Sur nos faims. Enfin bref ! Raison pour laquelle je me venge ici avec ce Two-Shot, dont la suite sera postée prochainement ;)

En espérant que cela vous plaise,

Bonne lecture !


Le vent se levait lorsque Hermione atterrit dans la ruelle sombre qu'elle connaissait si bien. Ce n'était pas la première fois qu'elle venait ici et ce ne serait clairement pas la dernière.

La nuit commençait à tomber et le ciel recouvert de nuages n'apportait qu'une très faible luminosité. Le temps était gris et cela n'aidait pas à son humeur des plus maussades.

Elle resserra sa cape autour de ses épaules et rangea sa baguette. Elle arrivait en terrain moldu, il fallait rester discrète. Elle quitta la ruelle et atteignit l'allée principale du village où elle avait transplané.

Les rues étaient vides. Seul le bruit du vent sur les murs et les arbres venait perturber le silence de mort - et c'était le cas de le dire - des alentours. Les lampadaires n'étaient pas encore allumés et Hermione dut plisser les yeux pour essayer d'apercevoir le bout de la rue.

Du brouillard commençait à se former et quelques gouttelettes s'échouèrent sur le haut de son crâne. Elle remonta la capuche de sa grande cape et songea qu'elle aurait dû se vêtir davantage. Il commençait à faire froid.

Elle entendit les aboiements d'un chien au loin, mais ils s'estompèrent doucement alors qu'elle atteignait le bout de l'allée. Encore quelques minutes de marche et elle serait arrivée.

Elle avait appréhendé de s'y rendre toute la semaine. Elle avait pris l'habitude de venir chaque semaine, mais cette fois serait différente, elle le savait.

Elle tourna au coin de la rue et emprunta un petit chemin dallé, qui descendait jusqu'au bas du village. De là, elle avait une vue dégagée sur toute la vallée et sur les champs qui entouraient les lieux. C'était magnifique et, bien que le brouillard en cache une partie, l'ambiance automnale qui y régnait la laissait mélancolique.

À quelques kilomètres du village, elle put apercevoir un bâtiment qu'elle reconnaîtrait entre mille. Les murs recouverts de lierre étaient visibles d'ici et les grandes fenêtres aux allures haussmanniennes laissaient apercevoir la lumière de quelques pièces.

On ne pouvait pas le louper. De par sa taille et son ancienneté, tous les habitants du village le connaissaient. Les moldus pensaient pour la plupart qu'il était inhabité, voire hanté et aucun d'entre eux n'avait osé s'en approcher, ou du moins n'avait réussi à s'y rendre.

Pour ceux qui étaient dotés de pouvoirs magiques, les choses étaient bien différentes. Tous savaient qui y vivait et que l'endroit était protégé par un Repousse-Moldu. Eux savaient bien que le manoir - car c'en était un - était habité, et ce, depuis des générations.

Hermione le connaissait bien, pour y avoir habité pendant des d'années. Un élan de nostalgie s'empara d'elle aux souvenirs qu'elle avait là-bas. Elle cligna des yeux plusieurs fois pour chasser les larmes traîtresses qui menaçaient - déjà - de couler.

Décidant qu'il ne valait mieux pas s'attarder ici, au risque qu'elle ne perde pied si tôt dans la soirée, elle emprunta un chemin de terre, qui menait à l'extérieur du village. Il traversait une petite colline, au milieu d'une forêt, avant de s'arrêter là où Hermione se rendait.

À l'abri des arbres, le vent se calma légèrement, laissant Hermione se réchauffer. Elle n'avait pas envie d'utiliser sa baguette, pas ce soir. C'était la tradition lorsqu'elle venait ici. Peut-être était-ce futile, d'autant qu'elle n'avait pas de raison particulière à cela, mais elle avait pris cette habitude et n'était pas près de la perdre. Elle utiliserait sa baguette une seule fois, comme chaque dimanche.

Si les arbres la protégeaient du vent, ils l'empêchaient aussi d'y voir clair. La luminosité était encore plus basse que dans le village et Hermione ralentit sa cadence, de peur de trébucher sur une racine ou une pierre. Ce n'était pas le moment de jouer aux maladroites.

Elle marcha une dizaine de minutes avant d'enfin atteindre la fin de la forêt. La nuit avançait à grands pas et il fallait qu'elle se dépêche si elle voulait arriver avant qu'elle ne soit définitivement tombée.

Elle dut descendre quelques marches creusées dans la terre, avant d'apercevoir son objectif. Chaque dimanche, son cœur commençait à tambouriner dans sa poitrine en arrivant à cet endroit précis. Là où elle pouvait enfin distinguer le cimetière du village.

Sa gorge se serra, mais elle lutta contre son envie de revenir sur ses pas.

Elle ne pouvait pas s'en aller, c'était bien trop important. Pas aujourd'hui.

Elle ferma les yeux quelques secondes et prit une grande inspiration.

- Tu peux le faire, Hermione, se murmura-t-elle à elle-même.

Le chemin jusqu'au cimetière fut l'un des plus durs qu'elle avait eu à emprunter dans sa vie. Chaque dimanche, c'était la même chose. Chaque dimanche, tout son corps lui criait vouloir faire demi-tour. Mais chaque dimanche, elle luttait pour avancer.

Le brouillard ne s'était pas dissipé, tout comme la pluie qui continuait de battre légèrement sur le haut de sa capuche. Elle songea qu'elle avait l'air d'un détraqueur ou d'un mangemort, ainsi vêtue. Enroulée dans sa cape qui cachait son visage, elle n'était nullement reconnaissable.

Elle poussa le petit portillon en fer, qui grinça légèrement, et entra dans le cimetière. Le brouillard s'était fait plus dense et elle ne parvenait pas à voir à plus de deux mètres devant elle. Heureusement, ou malheureusement, elle ne connaissait que trop bien le chemin.

Elle se dirigea vers le fond du cimetière, tête baissée pour ne pas chuter sur les graviers. L'endroit était plus silencieux que tout, pas un seul oiseau ne gazouillait dans les environs. C'était… mort.

En arrivant près de la tombe qu'elle cherchait, Hermione s'immobilisa brusquement. Elle blanchit à vue d'œil.

Comment avait-elle pu espérer qu'elle serait seule ce soir-là ? Elle venait aussi tard chaque dimanche, car elle savait qu'il ne serait pas là, mais visiblement il avait fait une exception.

Elle ne sut quoi faire. Devait-elle faire demi-tour et revenir plus tard ? Non, elle ne pouvait se le permettre, le soleil se couchait et elle avait prévu de passer chez ses parents pour le dîner.

Elle ne pouvait décemment pas rester ici. C'était au-dessus de ses forces. Des larmes menaçaient déjà de couler sur ses joues, ce serait bien trop pour elle.

Pourtant, elle ne bougea pas. Elle n'arriva pas à s'y résoudre.

Elle ne l'avait pas vu depuis des semaines et son cœur se serra rien qu'en y pensant.

Il portait un costume noir des plus coûteux - comme toujours - et tenait dans sa main une lettre, qu'elle aurait reconnue entre mille. Il était dos à elle, mais pourtant, elle sut qu'il pleurait. Ses épaules se secouaient très légèrement et sa tête était baissée.

Elle resta silencieuse. Elle ne voulait pas perturber son instant de recueillement. C'était bien trop important.

Il s'était coupé les cheveux, elle le remarqua tout de suite. Ses cheveux blonds, presque blanc, qu'il portait en catogan depuis plusieurs années, avaient été raccourcis franchement. Ils étaient aussi courts que lors de leur scolarité. Elle se mordit la lèvre, retenant un sanglot.

Elle n'essayait plus de retenir ses larmes. Elle savait que c'était une cause perdue.

Il ne laissait jamais personne couper ses cheveux. Personne sauf sa mère et elle. Et sa mère était décédée depuis trois ans. Son cœur se brisa un peu plus en comprenant qu'il avait laissé quelqu'un d'autre l'approcher. Était-ce une autre femme ? Hermione ne put s'empêcher de se le demander.

Elle se morigéna. Elle n'avait pas le droit d'être jalouse.

Il s'agenouilla face à la tombe de marbre et sortit sa baguette. D'un petit mouvement de poignet, il fit apparaître un magnifique bouquet de lys qu'il déposa directement sous les inscriptions de la tombe. C'est alors qu'elle l'entendit prendre la parole.

- Bonjour, ma grande, murmura-t-il en se passant une main dans les cheveux. Tu dois me trouver bien pitoyable, à pleurer comme ça, ce n'est pas dans mes habitudes. Mais que veux-tu, ton père est une chose fragile, plaisanta-t-il tristement.

Hermione se mordit fortement l'intérieur des joues pour s'empêcher de sangloter bruyamment.

- Je ne sais pas si ta mère est déjà passée, je suppose que oui, vu l'heure qu'il est. J'avais prévu de venir ce matin, comme toujours, mais Astoria a débarqué en pleurs et j'ai dû gérer ça. Je suis vraiment désolé, Lili, j'espère que tu ne m'en veux pas.

Astoria ?

Hermione cessa d'écouter les paroles du blond. Qui était cette femme ? La Serpentard de deux ans leur cadette ?

Le cœur d'Hermione rata un battement. Est-ce qu'elle était sa nouvelle petite-amie ? Celle qui lui avait coupé les cheveux ? Il semblait parler d'elle comme si sa fille était déjà au courant. Est-ce qu'il l'avait introduite à leur fille ?

Les larmes ne cessèrent pas une seconde de couler.

- J'ai retrouvé ça hier matin, l'entendit-elle dire, captant son attention à nouveau. Je ne sais pas si nous t'en avions déjà parlé. C'est la lettre que ta mère m'avait envoyée pour m'annoncer que nous allions avoir une petite fille. Oh, je sais ce que tu dois penser. Pourquoi n'étais-je pas avec elle pour l'apprendre ? Eh bien, j'étais parti pendant deux semaines à New York pour le Congrès International de Médicomagie. J'avais proposé de ne pas m'y rendre, afin d'être à vos côtés pour le rendez-vous chez le gynécomage, mais tu connais ta mère, elle n'a rien voulu savoir. Elle savait à quel point ce congrès était important et même si j'ai tenté de la faire céder, elle n'a pas lâché, fit-il avec un petit rire.

Hermione sourit entre ses larmes. Elle s'en rappelait parfaitement.

- Je te l'ai dit, ma Lili, ton papa est un homme trop faible pour son propre bien.

Il se tut pendant quelques secondes et essuya ses joues avec le revers de sa manche.

- Tu dois bien te moquer de moi, là-haut, reprit-il après quelques instants. Tu sais, le jour où j'ai reçu cette lettre, j'ai su que ta mère et moi allions mettre au monde la plus merveilleuse des petites filles. Et j'avais raison. J'ai cru qu'elle me faisait une blague lorsqu'elle a écrit que nous aurions une fille. Tu connais bien l'histoire de mes ancêtres, nous n'avons jamais donné naissance à un petit garçon comme premier-né. Pourtant, tu es arrivée, avec des petites bouclettes blondes et tes yeux verts. Tu ressemblais tellement à ta mère. Tu avais son nez et sa bouche, son portrait craché à la naissance. Ton grand-père Granger n'a pas cessé de le répéter lorsqu'il t'a vu pour la première fois.

Oh Hermione se souvenait très bien de ce que son père avait dit.

"Cette petite a le nez des Granger !"

Et elle ne pouvait pas le contredire. Sa fille lui ressemblait comme deux gouttes d'eau, à l'exception de ses cheveux blonds et ses yeux verts.

- On peut au moins dire que tu avais mon caractère, et ça, ma chérie, ça vaut tous les Galions du monde ! Je me rappelle encore cette fois où tu as fait criser ta mère parce qu'elle n'avait pas utilisé ton shampooing habituel pour te laver les cheveux, ou encore le jour où tu as décidé d'accrocher une écharpe de Serpentard au-dessus de ton lit, seulement quelques mois avant ta rentrée à Poudlard. Ta mère n'a pas cessé de répéter que c'était ma faute, pendant près de trois semaines. Elle répétait que je t'avais pervertie avec mes valeurs de Serpentard. Je n'ai jamais osé lui dire que je t'avais raconté une bonne centaine de fois l'histoire de Serpentard pour que tu t'endormes le soir, rit-il tristement en secouant la tête. Je pense qu'elle m'arracherait la tête si elle l'apprenait.

Hermione baissa la tête. Elle était certaine que l'apprendre plus tôt aurait été un motif de dispute entre elle et lui, mais désormais…

Disons qu'elle n'avait pas envie de se fâcher avec lui. Pas une fois de plus.

Elle l'entendit soupirer d'un air accablé.

- Joyeux anniversaire, ma Lili, reprit-il après un long silence. Je t'aime de tout mon cœur et j'espère que de là-haut, tu me souris. Tu sais ce sourire que tu nous offrais toujours et qui nous donnait chaud au cœur. J'aimerais que tu sois là pour me prendre dans tes bras et pour me dire les mots que tu trouvais toujours pour nous calmer. Je pense qu'aujourd'hui, nous en aurions bien plus besoin qu'auparavant.

Hermione ravala un sanglot. Elle regardait la pierre tombale de sa fille sans que ses larmes ne s'arrêtent de couler. Il avait bien raison. Combien de fois Hermione avait-elle voulu que sa fille soit là pour lui dire qu'elle faisait une erreur, qu'elle ne pouvait pas lui faire ça ?

Elle essuya son nez avec sa manche et cligna des yeux pour chasser ses larmes. Il était toujours agenouillé devant la tombe, silencieux et la tête baissée. Le connaissant, elle sut qu'il prenait le temps de se calmer, de reprendre ses émotions en main pour ne plus qu'elles le submergent. Il avait toujours été doué pour ça.

Elle hésita à s'en aller et revenir une fois qu'il serait parti, mais avant même que l'idée n'atteigne ses muscles et qu'elle se mette à bouger, il se leva. Elle se figea en le voyant. Aucun retour en arrière n'était possible.

Elle vit ses yeux s'écarquiller lorsqu'il se tourna vers elle. Il s'était laissé pousser la barbe. Elle le trouva magnifique ainsi. Par Merlin ce qu'il la portait bien. Son regard semblait fatigué, en plus d'être plein de tristesse. Ce furent les seuls changements qu'elle remarqua au premier abord.

Puis, ses traits furent marqués par la surprise pendant quelques secondes, avant que son visage ne se ferme complètement.

Voilà. Il était redevenu aussi indifférent qu'avant.

- Hermione, la salua-t-il simplement, d'un ton aussi froid que ses yeux.

- Drago, répondit-elle d'une petite voix.

Ils restèrent là, les yeux dans les yeux, pendant plusieurs minutes. Le cœur d'Hermione battait la chamade. Depuis combien de temps ne s'étaient-ils pas retrouvés seuls ensemble ? Du moins, sans se crier dessus.

Le constat lui fit baisser la tête, n'osant plus affronter le regard de celui qui avait été son mari pendant près de quinze ans. Elle lutta pour retenir ses larmes.

Elle l'entendit renifler avec dédain, presque sarcastiquement, avant qu'il ne la contourne et commence à s'éloigner. Elle ferma les yeux avec force, serrant les poings et les dents. Elle allait probablement regretter mais elle n'était pas une Gryffondor pour rien, elle s'en voudrait après coup.

- Attends ! fit-elle, toujours dos à lui en rouvrant les yeux.

Elle l'entendit s'arrêter, mais il ne dit rien.

- Je…

Elle se coupa. Elle se trouvait tellement idiote. Était-elle vraiment en train de lui courir après ? Comment osait-elle ?

- Tu as laissé tomber ça, se reprit-elle donc, abandonnant tout son courage.

Il se tourna à moitié et ses yeux tombèrent sur le bout de parchemin qu'elle lui tendait. Elle l'avait vu traîner là où il s'était agenouillé. Ce n'était pas sa lettre, c'était autre chose. Elle avait saisi aussitôt l'occasion.

Elle se trouva lâche, mais se mordit la lèvre pour s'empêcher de dire quoi que ce soit d'autre. Il n'avait pas l'air de vouloir la voir, ni même l'écouter. Ce n'était pas le jour pour ça.

Il attrapa ce qu'elle lui tendait et le rangea dans sa veste de costume. Il garda ses yeux dans les siens quelques secondes supplémentaires, ouvrit la bouche, mais se ravisa. Il hocha simplement la tête pour la remercier, avant de soudainement transplaner.

Le cœur d'Hermione se brisa.

Elle sentit ses jambes trembler et lutta pour ne pas tomber. Comment avait-elle pu croire qu'il allait lui adresser quelques mots ? Ils n'étaient plus ensemble, il ne lui devait plus rien.

Et puis il avait quelqu'un d'autre désormais, n'est-ce pas ?

Elle se tourna vers la tombe de sa fille et tituba vers elle. Tombant à genoux, elle posa le bout de ses doigts sur le marbre gris et ferma les yeux pour laisser couler ses larmes.

- Je suis désolée, mon cœur, murmura-t-elle en pleurant. Je sais que tu aurais voulu que nous soyons ensemble pour ton anniversaire, que nous te le souhaitions tous les deux, mais je crois… Je crois que cela n'arrivera plus.

Elle sanglota bruyamment.

Elle était en colère, tellement en colère.

Ses larmes étaient un mélange de profonde tristesse et de rage. De rage contre elle-même.

Elle rouvrit les yeux et les fixa sur la tombe, où quelques mots étaient inscrits.

"Lyra Rose Narcissa Malefoy, 2003-2014.

Là où l'on s'aime, il ne fait jamais nuit."

Elle n'entendit pas le craquement d'un transplanage, trop concentrée sur ses pleurs et son immense tristesse.