Disclaimer : Sinbad est l'oeuvre de James Dormer, de Russel Lewis et de Jack Lothian.
Résumé : Les anges n'existaient pas. Sinbad en était convaincu. Jusqu'à sa rencontre avec Anwar. [UA!Moderne]
Note de l'auteur : Oui, je sais, c'est basiquement la trame de La Voie du Tablier. Lisez-le et regardez l'anime, c'est cool.
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de Sinbad/Anwar + S : Sinbad (Sinbad – Alphabets) + Blessure 97 : Lésions thoraciques internes + Quatre aspects de... John Locke : Couteau : Ecrire sur quelqu'un qui est blessé par une lame ou sur un.e épéiste
Une seconde chance
Chapitre 1
Malgré sa vision qui n'était pas très nette, Sinbad arrivait à détailler le garçon qui lui faisait face. Un peu plus petit que lui, la peau blanche mais le teint mat, il avait une mâchoire franche et des traits très connotés grecs. Ses cheveux de jais ondulaient sur ses tempes et sur son front. Une barbe de quelques jours partaient de l'avant des oreilles, à la naissance de la chevelure, pour faire le tour de la partie basse du visage, le dessus et le dessous de lèvre ornés d'une moustache et d'un bouc, le tout donnant un aspect savamment négligé, le fameux casual chic comme ils disaient chez les gens « branchés ». Ses yeux, quant à eux, étaient bruns, un noisette assez tendre d'ailleurs, et le fait que son sauveur avait la gentillesse inscrite sur la figure accentuait cette sensation.
- Puis-je regarder ?
Le jeune homme se demanda dans quel monde on demandait à un blessé sa permission de l'examiner. Il acquiesça rapidement. Les gestes de l'inconnu étaient précis, sa concentration et sa minutie lui insufflèrent un brin d'espoir.
- Je vois... Dit-il. La peau froide et transpirante, les lèvres qui bleuissent... Ca ne peut pas être que le sang... Vous éprouvez des choses particulières ?
- Vous... Vous êtes médecin ?
Son interlocuteur eut un sourire rassurant.
- Pas encore. C'est en bonne voie. Je suis étudiant en médecine. Dites-moi. Qu'est-ce qui a causé la plaie ?
- Une lame. Du genre cran d'arrêt... Ou couteau de cuisine. C'est flou...
- Des sensations particulières ?
- J'ai le cœur qui s'emballe...
Il sembla trouver la réponse à son énigme et face à sa mine s'assombrissant, Sinbad s'en voulut d'avoir osé espérer survivre.
- Et avec l'hémorragie, on n'est pas loin de l'état de choc... Vous n'êtes pas en état de marcher ?
Il était épuisé à la vérité et l'autre le comprit rapidement. Il lui tendit la main, l'aida à se mettre sur ses pieds, le soutint du mieux qu'il put et avança prudemment. Une fois la rue principale regagnée, il n'eut qu'à faire quelques pas pour trouver quelqu'un pour passer un coup de téléphone pour une ambulance qui vint les chercher.
- Tu devrais aller boire un coup à la cafet, Anwar. T'as pas volé une collation.
L'interne sourit à son senior.
- Je voudrais juste attendre d'avoir des nouvelles de ce jeune homme. Juste savoir s'il va s'en sortir.
- Et tu peux très bien le faire en allant te reposer un peu. Je dois dire que je suis impressionné : réussir à diagnostiquer une lésion thoracique interne dans des conditions pareilles, c'est un bel exploit ! Tu es le digne fils d'Ali Sheibani.
Anwar était en effet le fils unique d'Ali Sheibani, médecin réputé et respecté de l'hôpital impérial de Bassorah, fondé par l'Emir de Bassorah au VIIème siècle après Jésus Christ. De plus, son grand-père, Osman, avait été lui-même un praticien extrêmement doué avant de, dans ses dernières années, se tourner vers la recherche et la rédaction d'ouvrages universitaires. C'était très simple : dans la famille Sheibani, on était médecins de père en fils et le jeune homme ne faisait que suivre les traces paternelles pour ensuite reporter son héritage à son futur enfant. Par chance, il avait un réel amour pour le domaine, il voulait aider les gens et le destin l'avait doté d'une excellente mémoire, d'une saine curiosité, d'un très grand sens des responsabilités et du devoir, d'un amour pour les études et surtout d'une intelligence rare, tant au niveau de l'apprentissage que de l'humain. Le tout en étant modeste. Cependant, pour rééquilibrer la balance, il s'avérait que l'étudiant était quelqu'un d'assez timide, de pudique et son éducation avait laissé, continuait de laisser des traces :
Seul enfant survivant de ses parents, sa sœur jumelle étant morte in utero, ayant lui-même failli ne pas prendre son premier souffle de vie, il n'avait dû son salut qu'à une césarienne d'urgence qui avait sauvé le fils et la mère.
Des complications post-partum empêcheraient la parturiente, Hélène, de pouvoir agrandir la famille.
Suite à cette tragédie, les époux Sheibani avait veillé sur leur bébé comme le lait sur le feu, craignant tout ce qui pourrait lui arriver, un comportement qui ne changea pas malgré les années qui s'égrainaient. Ils l'avaient couvé en prenant garde de ne pas le rendre pourri gâté, en cela ils avaient réussi. Mais leur surprotection l'avait rendu peu armé pour le monde qui l'entourait et en réalité, son monde se résumait à la maison familiale, l'école, la ville et encore, les quartiers sûrs de la ville. A cause de tout cela, malgré ses vingt ans, le futur docteur était encore très innocent, presque ingénu bien malgré lui. Le pire était qu'il en avait conscience, qu'il en souffrait et ses parents sentaient le mal-être sans savoir réellement comment l'aider.
- Je te donnerai des nouvelles, c'est promis. Maintenant, va.
L'étudiant s'exécuta, se dirigeant vers la cafétéria de l'hôpital pour se commander un thé qu'il avait bien mérité avec quelque chose à grignoter. Mais pas avant d'appeler sa mère. Il devait lui dire de ne pas s'inquiéter, il allait rentrer plus tard, elle comprendrait aisément.
L'après-midi touchait à sa fin, apportant un peu de fraîcheur à une cité qui en avait besoin sous les effets d'un soleil un peu trop généreux en chaleur. Allongé sur son lit, Sinbad écoutait le chant des oiseaux, ayant encore du mal à réaliser sa chance :
Il était en vie.
Il avait survécu.
Il aurait dû mourir seul comme un chien abandonné dans cette ruelle.
Et il y avait eu lui.
L'ange.
Jamil avait raison : il avait une chance de tous les diables. Un coup léger frappé à sa porte attira son attention. Son sauveur se tenait là, un charmant sourire aux lèvres, l'air réellement soulagé de le voir en bien meilleure posture.
- Je ne vous embête pas longtemps. Je viens juste voir comment vous allez.
- Je suis vivant. Plaisanta l'alité. Comment s'appelle mon futur praticien préféré ?
- Je m'appelle Anwar, Anwar Sheibani.
Oh oui, une chance de tous les diables... Etre sauvé par un nom de famille aussi réputé, oui, c'était une chance incroyable.
- Donc, j'ai été sauvé par quelqu'un de brillant, qui débarque dans un halo, et son prénom signifie littéralement lumière. Ma lumière au bout du tunnel.
Le sourire enjôleur de Sinbad causa à Anwar d'envisager rapidement la possibilité d'être dragué avant de se dire que non, c'était juste la fatigue, les médicaments, le corps qui se remettait. Et en vrai, il appréciait le trait d'esprit.
- Je suis Sinbad.
- Heureux de faire votre connaissance, Sinbad. Même si j'aurais aimé que ça soit en de meilleures circonstances.
Sentant son portable vibrer, il s'excusa, lui souhaitant un bon rétablissement et il prit congé, mais pas avant que son protégé ne lui fasse promettre de revenir le voir. Le convalescent, lui, n'en démordait pas :
L'étudiant était un ange.
Son prénom ne faisait que le confirmer et il avait désormais une dette envers lui, une dette qu'il honorerait.
Enfin, il l'admettait, il avait très envie de le revoir car il était particulièrement mignon et il était amusant de le voir prêt à s'empourprer au moindre flirt.
Ce séjour à l'hôpital lui plaisait de plus en plus.
A Suivre
