Ramens et Confettis : Confettis – 1

Quand Obito eut huit ans, cela faisait déjà un moment qu'il avait oublié comment il avait rencontré le trio venu d'Ame. Il avait presque l'impression qu'ils avaient toujours été là, piliers de sa vie, soutiens indéfectibles et véritables amis.

Ils étaient là quand Mamie était morte et il avait pu longuement pleurer dans le giron de leurs étreintes solides. Ils étaient là – quand ils n'étaient pas en mission, bien sûr – pour assister à ses entraînements, durant lesquels il boxait un épouvantail à l'effigie de cet horripilant Kakashi le génie. Ils étaient encore là quand il racontait Rin et qu'il comptait un par un les confettis qui dansaient sous sa peau quand elle lui parlait. Ils étaient là aussi pour le protéger quand il jouait des tours au chef de clan.

À vrai dire, Obito ne comptait plus le nombre de fois où Nagato avait feint de ne pas savoir où il se trouvait quand Fugaku débarquait, véritablement énervé, pour lui passer un énième savon – était-ce vraiment si grave que ça, hein, s'il avait peinturluré la stèle sacrée cachée ? Ne pouvait-il pas souligner qu'Obito avait réussi à accomplir un tel exploit au nez et à la barbe des protecteurs du temple ? Et puis, ce n'était tout de même pas de sa faute s'il avait ruiné les noces avec Mikoto, il n'était même pas au courant que c'était ce jour-là (bon, s'il devait être honnête, même s'il avait été au courant, il aurait quand même fait sa bêtise).

Le chef du clan Uchiha avait Nagato à la bonne. Probablement parce que cela faisait déjà deux ans qu'il maîtrisait des techniques des cinq éléments et que sa domination du feu faisait presque de l'ombre aux pourtant réputés utilisateurs de katon du clan Uchiha. Et puis voilà, le rinnegan, on allait pas se mentir, ça aidait pas mal à se faire aimer par un utilisateur de sharingan.

Parfois, Obito était jaloux de cette attention que son ami recevait, mais c'était plus de la jalousie teintée de beaucoup d'admiration. Nagato était tellement vite devenu un ninja, puis il n'avait jamais cessé de monter en grade, il était beaucoup trop fort et pourtant, ça ne lui montait pas à la tête, il restait super gentil et tout timide.

D'ailleurs, c'était pour célébrer deux choses qu'ils se retrouvaient tous. D'abord l'accession au grade de jônin de Nagato – à douze ans, c'était un petit exploit – et ensuite les résultats de l'examen de chuunin de Yahiko et Konan, ils étaient tous deux reçus.

Oui, comme Kakashi, ce n'était pas nécessaire de se rappeler que cet épouvantail de malheur le surclassait totalement, merci pour lui.

Quand ses amis entrèrent dans le petit chez-lui qu'il occupait tout seul, il fit tomber sur eux un monticule de confettis qu'il mettrait sans doute des années complètes à éradiquer.

Tout ne se passa pas comme prévu : au lieu de diffuser en pluie les poinçons de papier, la montagne entière s'écroula sur les trois orphelins, laissant les confettis se glisser dans leurs vêtements, leurs bouches, sous leurs bandeaux. Ils s'infiltrèrent partout, arrachant un juron à Yahiko qui se tortilla longuement pour essayer de s'en débarrasser.

Obito les observa tour à tour, appréciant le rire silencieux et discret de Nagato qui n'avait jamais vraiment changé et lui tendait une œillade complice.

L'amusement de Konan s'entendit partout dans la pièce, pétillant sur son cœur, et il crut un instant avoir avalé des confettis qui continuaient de valser sur ses poumons. Il préféra ignorer la sensation – certes agréable, mais vraiment très étrange – pour les féliciter chaleureusement pour leur réussite.

Quand ils prirent congé après le repas, ce ne fut pas sans lui dire qu'ils avançaient, mais qu'ils savaient, tous, qu'il finirait par les rejoindre et qu'il n'aurait même pas besoin d'avoir un sharingan pour le faire.

Et bon, même s'il essayait de ne pas trop le montrer, chacun de leurs encouragements était pour lui un confetti merveilleux qui dansait dans son cœur.


À demain, pour "Ramens 2" !