Salut tout le monde, voici une suite au OS " Le Maître et la Diablesse ". J'espère que cela vous plaira !

Prince of tennis ne m'appartient pas, c'est la propriété de Takeshi Konomi-sensei.

Bonne lecture !

Mise à jour : 30/12/21


[Une plaisanterie qui tourne mal]


/Deux semaines après le Tournoi National/

L'équipe masculine de Rikkaidai était en plein entraînement, ne se reposant pas bien qu'ils aient gagné pour une troisième année consécutive le titre de champion National. Yukimura n'avait laissé aucun répit à son équipe et avait directement reprit la pratique quelques jours après leur finale contre Seigaku. L'été touchait à sa fin et les étudiants avaient encore deux semaines de congé, avant la fin des vacances d'été, mais les membres de l'équipe venaient tout de même à l'école pour pratiquer pendant l'après-midi, quatre jours sur sept. Les trois jours de repos qu'ils avaient étaient consacrés au repos ou à prendre du bon temps avant de reprendre les cours pour le deuxième trimestre de l'année.

Alors que l'entraînement touchait à sa fin, Yukimura rassembla toute l'équipe.

-Qu'y a-t-il Yukimura-kun ? Demanda le gentleman en voyant son capitaine sourire. Qu'est-ce qui semble te rendre si heureux ?

-Et bien, commença-t-il. J'ai gagné des places pour aller à un Onsen à Hakone, avoua-t-il. J'ai pensé que l'on pourrait prendre une pause bien méritée depuis notre victoire au tournoi national.

Sanada et Yanagi froncèrent des sourcils à la déclaration. Le nombre de fois que Yukimura leur avait donné une pause pouvait se compter sur les doigts d'une seule main. Bien que le tournoi soit terminé, ce n'était pas son genre de proposer des sorties à l'équipe. Cependant, ils n'allaient pas s'en plaindre et puis, avec tout ce que Yukimura avait traversé les derniers mois, ils pouvaient comprendre son envie de prendre un peu du temps loin des courts.

-T'es sérieux ?! S'exclama Marui, avalant de peu son chewing-gum.

Il sauta presque de joie sur son partenaire de double.

-On part quand ? Questionna le rouge, impatient.

Jackal et Yagyuu n'étaient pas contre cette sortie, tout comme Sanada et Yanagi. C'était rare qu'ils aient un temps de répit venant de leur capitaine alors ils allaient en profiter. Niou, lui, sourit narquoisement en pensant déjà aux différentes sortes de blagues qu'il pourrait faire à l'encontre de ses coéquipiers.

-Nous partons après-demain. Prévenez vos parents ce soir, si possible, les avertit leur capitaine en souriant légèrement. On prendra le train en direction d'Hakone dans la matinée.

C'était donc sur cette nouvelle que les habitués partirent vers le vestiaire pour se changer et ensuite rentrer chez eux. Alors que Yanagi marchait lentement vers les grilles d'entrées de l'école pour y retrouver Ayaka, il entendit quelqu'un l'interpeller.

-Yukimura?

Le bleu sourit à son ami avant de lui proposer de parler à Ayaka des sources chaudes. Sanada était derrière le bleu, les bras croisés.

-J'ai reçu 8 places au total. Je suis sûr qu'Ayaka sera contente de venir avec nous.

-Il est vrai qu'elle avait mentionné le fait de n'être jamais allée aux sources chaudes, murmura-t-il pour lui-même. Je lui en parlerai, acquiesça Yanagi avant de saluer ses amis et de reprendre son chemin.

Il vit Ayaka lui faire signe de l'endroit où elle l'attendait. Elle lui sourit quand il s'arrêta devant elle.

-Alors, la pratique ? Le questionna-t-elle.

-Comme d'habitude. Avec Yukimura, la pratique ne change jamais vraiment. Il nous épuise toujours jusqu'au bout.

Elle rit avant de se rapprocher un peu de Yanagi, leurs épaules se touchant presque.

-Tu crois que l'on pourrait se faire quelque chose ce week-end, je n'ai rien de prévu, proposa-t-elle en rougissant légèrement.

Elle n'avait pas encore l'habitude de lui proposer ce genre de chose, bien que cela fasse plus de deux mois et demi qu'ils sortent ensemble.

-Justement, en parlant de sortie, Yukimura nous à proposer d'aller aux sources chaudes, après-demain. Il m'a dit de t'en parler. Est-ce que tu voudrais venir avec nous ? Lui proposa Yanagi.

-Aux sources chaudes, répéta doucement Ayaka avant de sourire au garçon. Vraiment ?! Je peux venir avec vous ?

Elle avait envie de sauter partout mais elle se retint. Elle ne voulait pas se ridiculiser devant son senpai et petit-ami.

-Il faudra juste que tu en parles à tes parents, ajouta Renji.

La joie d'Ayaka s'éteignit instantanément en entendant parler de ses parents. Elle baissa son regard vers le sol en marmonnant faiblement sa réponse.

-Ils s'en fichent de ce que je fais de toute façon. Pas besoin de s'inquiéter pour cela, déclara-t-elle faiblement.

Yanagi baissa son regard vers sa petite-amie, remarquant que ses parents étaient un sujet sensible à aborder. Il se demandait si un jour elle se confierait à lui pour cela. Mais, il n'était pas pressé. Elle lui dirait lorsqu'elle se sentira prête.

-On prendra le train dans deux jours pour se diriger vers Hakone, la ville où se trouve l'Onsen, l'avertit déjà Yanagi. Essaye de ne pas être en retard, sourit-il à la jeune fille, la connaissant bien.

-J'essayerais, fit-elle en croisant les bras sur sa poitrine. Au faite, qui va aux sources chaudes ? J'espère que Niou-senpai ne viendra, murmura Ayaka en grimaçant au nom de son senpai farceur.

-Toute l'équipe vient, l'informa-t-il en la coupant dans sa phrase.

-Toute l'équipe... donc même Niou-senpai !? Demanda-t-elle, ennuyée en pensant au garçon aux cheveux argentés.

-Oui, même Niou, s'amusa Yanagi.

Ayaka soupira à cela. Ce n'était pas qu'elle détestait l'argenté. Elle le trouvait juste très ennuyant et agaçant. Il venait s'excuser quand ses blagues allaient trop loin, mais Ayaka était sûre que ce n'était que parce que Yagyuu et Marui le forçait à le faire. En tout cas, elle ne l'appréciait pas comme un ami ou autre. Elle discutait un peu avec lui parce qu'il restait souvent en compagnie de Marui avec qui elle s'entendait très bien. De plus, il était l'un des coéquipiers de son petit-ami, elle ne pouvait pas vraiment l'éviter, même si elle le voulait. Il arrivait toujours un moment ou un autre où elle le croisait pendant qu'elle attendait Renji après sa pratique de tennis.

-Si seulement il pouvait avoir un accident en rentrant chez lui pour qu'il ne puisse pas venir, souhaita fortement Ayaka en prenant une pose de prière tout en levant sa tête au ciel.

-Ayaka, la gronda doucement Renji. Ce n'est pas très bien de souhaiter le malheur des autres, même si c'est Niou.

-Mais, il le mérite. Pour toutes les fois où ses blagues ont blessé une personne, bouda la deuxième année, une moue sur le visage. Il devrait vraiment faire attention à ce qu'il fait, un jour ça se retournera contre lui...

Alors qu'Ayaka continuait de marmonner entre ses lèvres, Yanagi la fixa avec affection. Il lia alors soudainement leur main ensemble, faisant sursauter Ayaka.

-Ne t'en fais pas pour lui. Tu devrais profiter de cette chance, toi qui n'as jamais été aux sources chaudes, lui conseilla gentiment Renji.

Ayaka hocha de la tête en levant sa tête vers le garçon.

-Tu as raison. Et puis, tu seras là pour veiller sur moi, si jamais, conclut-elle timidement en serrant plus fort sur la main de Renji.

Ce dernier sourit. À chaque fois qu'elle aura besoin de lui, il sera là pour elle. Pour tout et n'importe quoi. Il ne la laissera pas seule. Ayaka sentit soudainement l'autre main de Yanagi passer dans ses cheveux alors qu'un petit « clic » se fit entendre.

-Renji-senpai ?

Elle posa sa main sur le coin de sa tête et sentit, du bout de ses doigts, une barrette à cheveux. Celle que venait de lui mettre Yanagi.

-C'est...

-Le week-end précédent, il semblait que tu aies flashé sur cette barrette, lui expliqua Renji. Je n'ai pas pu m'empêcher de la prendre.

-Il ne fallait pas, répliqua-t-elle embarrassée, baissant les yeux vers ses chaussures.

Son visage était aussi rouge que les cheveux de Marui. Le cœur d'Ayaka battait intensément dans sa poitrine alors qu'elle souriait du geste de Renji. Il avait toujours été attentionné avec elle, depuis le début de leur relation. Elle était vraiment la plus chanceuse des filles. Avoir rencontré Yanagi était vraiment la plus belle des choses qui pouvait lui arriver.

-Merci, Renji, souffla-t-elle, les yeux pétillant.

Le garçon sourit tendrement à sa phrase, entendant pour la première fois la jeune fille dire son nom sans suffixe.

-C'est avec plaisir, Ayaka.


/Le matin du départ/

-Ayaka-chan vient avec nous ? S'exclama Marui en voyant la jeune fille arriver en compagnie de Yanagi, à la gare.

-Est-ce que ça te pose-t-il un problème Marui ? Lui demanda gentiment Yukimura. C'est moi qui ai proposé qu'elle vienne, ajouta-t-il.

Marui avala difficilement sa salive au ton qu'employait son capitaine. Yukimura ne souriait pas et Marui sentait le regard sombre de Sanada sur son dos. Il répondit que cela ne le dérangeait pas du tout, qu'il était juste surpris de la voir et de ne pas avoir été mis au courant. Il s'entendait bien avec la fille donc au final, ce n'était pas si grave que ça. Elle étant amusante et il ne s'ennuyait jamais avec elle, donc ce n'était pas vraiment un problème qu'elle vienne avec eux.

-Je pensais que ça serait juste une sortie en équipe, déclara Niou, un regard nonchalant fixant la deuxième année.

-Dis aussi que tu ne voulais pas que je vienne, grogna Ayaka, les bras croisés.

-C'est justement ce que cela signifie, répondit Niou avec un rictus aux lèvres.

Yanagi calma rapidement sa petite-amie, voyant qu'elle commençait lentement à s'énerver.

-Voilà pourquoi je ne voulais pas qu'il vienne, pensa Ayaka en regardant méchamment l'illusionniste se faire calmer par son partenaire de double. Ca finit toujours comme ça quand il est dans les parages.

Ayaka se demanda à nouveau comment Yagyuu faisait pour le supporter ? Il était le président du conseil des étudiants et pourtant, il tolérait un tel personnage. Lui qui devait pourtant veiller à ce que les règles soient respectées. Il y avait sans doute une facette de lui qu'Ayaka ne connaissant pas encore. Elle ne savait même pas si elle voulait la connaître du tout.

Lorsque le train arriva à quais, Ayaka monta à l'intérieur, imitant l'équipe masculine de tennis, Marui discutant joyeusement avec elle. Elle rangea son sac dans le porte bagage placé au-dessus de sa tête avant de prendre un siège. Elle se trouva assise à côté de Yukimura. Devant elle se trouvait Yanagi alors qu'à côté de lui Sanada prenait place. De l'autre côté du petit couloir qui les séparait, se trouvaient Marui et Jackal l'un à côté de l'autre et en face d'eux, Niou et Yagyuu.

Elle tira la langue à Niou en le surprenant à la fixer hautainement. Elle s'arrêta en voyant le regard d'avertissement que lui lançait Yanagi devant elle.

-C'est bon, j'arrête. Mais c'est de sa faute, se défendit-elle avant de s'installer plus confortablement.

Elle sortit du petit sac qu'elle gardait près d'elle, sur ses genoux, une console de jeux. Ce n'était pas parce qu'elle faisait une sortie aux sources chaudes qu'elle allait abandonner ses précieux jeux vidéos.

Et alors que le temps passait, le paysage défilant au-delà des vitres du train, Ayaka finit par ranger sa console portable, n'arrivant pas à battre le boss final. En regardant autour d'elle, elle vit Yukimura jeter un petit regard à Sanada et lui sourire tendrement alors que ce dernier rougissait faiblement. Ayaka fronça des sourcils en voyant cela. Est-ce que c'était bien ce qu'elle pensait que c'était... Gardant son enthousiasme pour plus tard, Ayaka décida de ne rien dire. Elle posera la question à Yukimura plus tard, quand l'occasion se présentera.

Ayaka porta ensuite son regard sur Yanagi qui était plongé dans un livre. Marui, Jackal, Yagyuu et Niou jouaient aux cartes et visiblement Niou gagnait, au sourire moqueur qu'il avait sur les lèvres. Il devait encore avoir triché, elle en était certaine.

La jeune fille bailla soudainement et sentit ses yeux se fermer doucement, contre sa volonté. C'était sûrement dû au fait qu'elle n'ait pas su dormir la nuit précédente, les disputes entre ses parents prenant plus d'ampleur de jour en jour. Elle en avait assez de les entendre sans cesse se crier dessus. Elle avait peur de ce à quoi cela pourrait venir à les emmener. Mais au final, pourquoi s'en inquiétait-elle ? Ses parents ne faisaient même plus attention à elle, ne la voyant que comme une nuisance, une enfant sans avenir. Elle savait ce qu'ils pensaient d'elle bien qu'ils ne lui aient jamais dit. Le regard ne ment jamais.

Et c'était sur ces pensées qu'Ayaka finit par s'endormir. Ses yeux se posèrent sur Yanagi, assis en face d'elle avant que tout ne devienne noir. Elle pouvait faire une petite sieste, dormir quelques minutes avant d'arriver à leur station.

Yukimura, installé à côté de la jeune fille, sentit sa tête se poser sur son épaule. Le capitaine de l'équipe éloigna son regard de Sanada pour le poser sur Ayaka. Il sourit légèrement en voyant ses yeux fermés. Quand il l'avait vu arrivé, il avait remarqué qu'elle semblait fatiguée, presque comme si elle n'avait pas dormi de la nuit. Il était un peu inquiet, mais il savait que Yanagi prendra soin d'elle. Ses yeux se dirigèrent alors vers Yanagi qui avait sorti sa tête de son livre et qui avait désormais ses yeux poser sur la forme endormie de la deuxième année.

Yukimura était toujours aussi amusé de pouvoir observer son ami sous un autre jour. Qui aurait pu croire que la jeune fille qu'il avait rencontré au début de sa deuxième année deviendrait la personne la plus chère aux yeux de Yanagi, lui qui n'avait jamais montré beaucoup d'émotions.


\Début de la deuxième année de Yukimura à Rikkaidai Fuzoku\

Yukimura marchait dans les couloirs du première étage, son professeur d'anglais de première lui ayant demandé de le rejoindre dans son ancienne salle de classe. Quand il rejoignit la salle, il y vit son ancien professeur, Yamada-sensei, ainsi qu'une jeune fille aux cheveux noirs bouclés. Elle ne lui lança même pas un regard.

Il marcha jusqu'au bureau de l'enseignant et prit place à côté de la jeune fille, qui était assise en face de Yamada-sensei.

-Bonjour professeur, le salua poliment Yukimura en baissant la tête dans sa direction avant de la relever et de croiser le regard fatigué de l'enseignant.

-Merci d'être venu, Yukimura-kun. Je voulais te demander un petit service.

Le bleu fronça des sourcils imperceptiblement.

- Que puis-je faire pour vous aider ? Demanda Yukimura.

- J'aimerais beaucoup que tu aides, Kirihara-san ici présente. Il lui faudrait quelqu'un pour lui donner des cours supplémentaires en anglais.

- Si je peux me permettre, pourquoi moi, professeur ? Il y a d'autres personnes plus qualifiés que moi. Par exemple, en troisième année, commença Yukimura perplexe.

Le deuxième année était surpris de la demande de Yamada-sensei. Il était vrai qu'il s'en sortait très bien académiquement parlant et qu'il faisait également partie du conseil des étudiants. Mais avec le tennis en plus, qui lui prenait une grosse partie de ses journées après l'école et pendant le week-end, il ne pensait pas avoir le temps de s'occuper de la première année.

-J'ai confiance en toi. Tu étais un de mes anciens élèves et puis, tu as des compétences très avancées en anglais. Tu es presque meilleur que les troisième année, ton professeur de cette année ne fait que de te complimenter quand je demande de tes nouvelles. Je suis sûr que tu lui seras d'une grande aide, lui expliqua gentiment Yamada avant de soupirer. Et puis, tu n'es pas son premier tuteur.

Yukimura tourna légèrement son regard vers Kirihara Ayaka qui ne semblait pas se sentir concerner par la discussion en cours à côté d'elle. Son regard restait fixer sur le bureau devant elle. Les yeux vides.

-Elle a déjà eu plusieurs personnes pour l'aider en anglais, mais chacun d'eux a fini par abandonner au bout de deux à trois jours. Tu es le dernier à qui j'ai pensé. Je ne voulais pas te déranger, sachant tes responsabilités avec le club de tennis et le conseil des étudiants, continua l'adulte, le regard désolé.

Le deuxième année sourit alors à son professeur, comprenant parfaitement la suite de sa phrase. À la fin de l'introduction de Yamada-sensei, celui-ci décida de laisser les deux élèves seuls pour qu'ils puissent se mettre d'accord sur les dates de rattrapage.

Alors que la porte de la salle de classe se fermait, Yukimura pivota doucement sur sa chaise en direction de sa kohai, lui souriant gentiment. Cette dernière n'avait pas bougé d'un centimètre depuis son arrivée. Yukimura s'apprêta alors à parler, mais Ayaka pris soudainement la parole, le surprenant un peu. Et pour la première fois depuis son entrée dans la pièce, les yeux émeraudes de la jeune fille se plongèrent dans les siens.

-Senpai, tu n'es pas obligé de me donner des leçons tu sais. Tu finiras par laisser tomber aussi, comme tous les autres. Vous êtes tous pareils, dit-elle en murmurant la dernière partie.

-Kirihara-san, qu'est-ce qui te fait si peur ? J'ai l'impression que tu ne fais confiance à personne. Prends le temps de connaître les gens avant de te faire un avis sur eux, non ? Déclara doucement Yukimura.

Du point de vue de Yukimura, le problème semblait autant venir de Kirihara que de ses autres tuteurs. Elle ne semblait donner de chance à personne... Que s'était-il passé avec ses précédents tuteurs ? Il était curieux de savoir la raison pour laquelle ils partaient au bout d'un moment. Ce n'était sûrement pas à cause de ses lacunes...

-Je préfère ne plus donner ma confiance aveuglément. Je commence à comprendre comment les gens fonctionnent, senpai. Si tu n'as pas envie de perdre ton temps avec moi, tu ferais mieux de partir et d'expliquer la situation à Yamada-sensei. Tu peux lui dire ce que tu veux, je m'en fiche, rajouta-t-elle faiblement avant de détourner le regard.

Il resta quelques secondes à l'observer avant de prendre une respiration profonde. Il sortit son habituel sourire. Sourire qu'il faisait à tout le monde sauf à sa famille et à ses amis proches. Il ne voulait pas décevoir son professeur. Ce n'était pas une première année comme elle qui allait le faire abandonner aussi rapidement. Il pouvait le faire, rien que pour lui prouver le contraire. Il voulait comprendre et il allait la réponse.

-Alors, quand es-tu disponible ? L'interrogea Yukimura paisiblement.

-... N'importe, répondit-elle d'une voix quelque peu surprise.

-N'as-tu pas des activités de clubs ?

Il se demandait alors si elle faisait du sport, de l'art ou de la musique. Il devra préparer l'horaire en fonction de ses heures de club avec les siennes, si elle faisait partie d'un quelconque club.

-Je suis dans l'équipe de tennis, déclara-t-elle lentement, surprenant Yukimura.

Il ne s'attendait pas à ce qu'elle fasse du tennis mais comme cela, ça leur faisait un point en commun. Il sourit un peu en l'imaginant faire du tennis. Ils s'entendraient au moins déjà sur un sujet.

-Tes parents seraient d'accord pour que tu restes à la bibliothèque avec moi, après ta pratique ?

Il vit brusquement le regard Ayaka s'assombrir, comme s'il venait de rouvrir une plaie cicatrisante. Elle semblait... triste, blessée.

-Quoi que je leur dise, ils n'en n'auront rien à faire, souffla-t-elle en détournant son regard de son senpai aux cheveux bleus. C'est comme tu veux senpai, je n'ai pas vraiment d'heure à laquelle rentrer à la maison.

Les deux finirent par s'arranger sur deux jours par semaine et Ayaka quitta la salle de classe en lui faisant signe de la main. Yukimura resta quelques instants silencieux, regardant la porte par laquelle la première année venait de partir. Il semblerait que l'école ne soit pas le seul problème concernant Kirihara Ayaka. Rien qu'avec cette première rencontre, il avait compris, dans un sens, que parler de ses parents était l'équivalent de se promener sur un terrain miné, tout autant que de lui parler de l'école et sans doute de ces anciens tuteurs. Il allait devoir faire attention.

Yukimura finit par rester plusieurs mois le tuteur d'Ayaka, à la grande et heureuse surprise de Yamada-sensei qui semblait soulager de voir Kirihara s'entendre avec quelqu'un. La première année avait appris à connaître Yukimura, remarquant que certaines personnes pouvaient être différentes de ce à quoi elle s'attendait. Elle remarqua qu'il ne s'était pas arrêté à l'image qu'elle renvoyait et aux rumeurs qui courraient sur elle.

Malgré tout, elle savait que Yukimura n'était pas la personne qu'elle cherchait. Ce n'était pas lui.

Finalement, ses cours d'anglais, sous la tutelle de Yukimura, prirent fin. Yukimura avait été admis à l'hôpital, laissant la jeune fille. Ils ne se virant plus pendant un moment. Ayaka avait été prise au dépourvue en apprenant que ce dernier avait été envoyé à l'hôpital, mais elle n'était jamais allée lui rendre visite, ne sachant pas si ce sera bien pour elle d'aller le voir sans le prévenir et surtout dans un état loin de celui dans lequel elle avait pu le voir pendant ses cours. Ce n'était que lorsqu'elle avait rencontré Yanagi, qu'elle avait trouvé la force d'aller le voir à l'hôpital, enfin.


Yukimura et elle n'avaient plus jamais eu de réelles conversations depuis. Et le garçon ne savait pas si, oui ou non, les parents d'Ayaka parents étaient toujours un sujet sensible pour elle. Peut-être que grâce à Yanagi, tous ses problèmes s'arrangeraient. Il l'espérait pour elle.

Le capitaine Rikkaidai sentit le regard de Sanada et finit par détourner les yeux d'Ayaka pour les poser sur son ami d'enfance, en lui faisant un sourire. Le bleu laissa Ayaka dormir ainsi sur son épaule, sentant intérieurement que c'était la seule chose dont elle avait besoin à l'instant même.

Ayaka finit par se faire réveiller à la fin du trajet par un Yukimura amusé. Elle releva sa tête précipitamment en remarquant où elle avait dormi.

-Yukimura-senpai, je suis désolé. Je me suis endormie sur ton épaule, s'exclama-t-elle en baissant plusieurs fois la tête en signe d'excuse.

Le bleu lui répondit que ce n'était pas grave. Ils se levèrent tous les deux de leur siège et sortirent du train avec les autres.

-Alors, le bébé a fait une petite sieste, se moqua Niou en passant derrière elle.

-Comment est-ce que tu m'as appelé ? Je te signale que je n'ai qu'un an de moins que toi, déclara la deuxième année en lui lançant un regard noir.

-C'est déjà beaucoup trop, puri, rit-il moqueusement.

Et encore une fois, Yagyuu et Yanagi durent séparer les deux avant que cela ne tourne mal.

-Ayaka, l'appela à l'ordre son petit-copain.

Cette dernière respira un bon coup, mais fixait toujours Niou. Ce serait de sa faute à lui si ce voyage tournait mal, elle pouvait le parier.

Après avoir quittés la gare, ils marchèrent jusqu'à l'arrêt de bus le plus proche. Ils prendraient ainsi le bus qui les emmènera jusqu'au somment de la montagne sur laquelle se trouvait l'Onsen. Plus ils s'y rapprochaient, mois Ayaka tenait en place. La jeune fille sautillait sur place, impatiente d'être enfin arriver à destination.

-On est bientôt arrivé ? Demanda-t-elle pour la troisième fois depuis qu'ils étaient montés dans le bus.

Yanagi avait pris place à côté d'elle cette fois-ci. Marui, Niou et Jackal s'étaient assis dans le fond du bus alors que Yukimura et Sanada s'étaient placé un peu plus à l'avant. Jackal se trouvait de l'autre côté du petit couloir, sur la même rangée qu'Ayaka et Yanagi. Il avait le nez dans un livre de tourisme.

-Bientôt, soit patiente, lui répondit doucement Yanagi.

Le troisième année sourit intérieurement au comportement de sa petite-amie alors que cette dernière regardait le paysage défilait par delà les vitres du bus. Elle semblait être revenue à son état normal, sans Niou pour l'irriter. Mais Yanagi savait qu'elle n'était pas totalement là. Parfois, il pouvait voir son regard devenir flou et Ayaka se perdait alors dans ses pensées, inaccessible. Lorsqu'il l'avait attendu le matin même pour qu'ils puissent aller marcher ensemble jusqu'à la gare, elle n'avait pas semblé être dans son assiette, ses yeux fatigués et sa démarche lente l'avaient inquiété.

Yanagi savait qu'elle avait déjà pris beaucoup sur elle pour lui parler de ses sentiments sur son style de tennis ou même sur son état d'esprit par rapport aux autres et son insécurité vis-à-vis d'elle-même. Mais il savait que ce n'était qu'un petit problème comparer à ce qu'elle cachait vraiment derrière le sourire qu'elle essayait de lui montrer lorsqu'ils se voyaient.

Yanagi dû sortir ses pensées, Ayaka lui faisant remarquer qu'ils étaient enfin arrivés. La jeune fille sortit en première du bus, admirant le paysage devant elle. L'Onsen était un grand bâtiment en bois, entouré d'une forêt dense. De cet endroit, au sommet de la montagne, elle pouvait voir toute la ville, l'Onsen étant placé sur une montagne volcanique.

Marui s'avança vers elle, mâchant son éternel chewing-gum à la pomme.

-Alors ? Ça te plaît ? J'ai entendu de la part de Yanagi que c'était la première fois que tu venais à des sources chaudes, la questionna Marui.

-Oui, c'est super. Je ne suis jamais allée à un Onsen avant, c'est pourquoi je vais en profiter un maximum, sourit-elle malicieusement au garçon.

Lorsqu'elle et Marui entrèrent dans le bâtiment, la jeune fille remarqua quelque chose qu'elle n'avait pas prit le temps de remarquer avant. Plaçant sa main au-dessus de sa tête, Ayaka l'amena ensuite au-dessus de la tête de son senpai aux cheveux rouges.

-Marui-senpai, l'appela-t-elle, attirant l'attention de ce dernier.

-Ouais ?

-En faite, tu es petit, lui dit-elle étonnée. Tu fais presque ma taille. Je n'avais jamais remarqué avant.

Le rouge rougit à sa remarque. C'était bien la dernière personne dont il espérait recevoir ce commentaire. Ce n'était pas sa faute s'il ne grandissait pas aussi vite que les autres.

-Et alors, je n'ai pas encore eu ma poussée de croissance. Tu seras surprise quand je grandirai d'un coup, la prévint-il. Tu verras dans quelques années, je ferais une tête de plus que toi, sois en sûre.

- Bien sûr, senpai. Et Sanada-senpai aura les cheveux longs, ricana-t-elle à l'image.

Elle et Marui se fixèrent quelques secondes avant d'éclater de rire, se moquant de l'image du vice-capitaine avec des cheveux longs. Les autres finirent par les rejoindre, Yukimura, Sanada et Yanagi s'étant dirigé vers l'accueil pour remettre les places du concours qu'avait gagné le capitaine. Yagyuu, Niou et Jackal se dirigèrent vers eux, curieux de savoir pourquoi est-ce qu'ils rigolaient aussi fort.

- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ? Tu pactises avec l'ennemie maintenant Marui, dit Niou, le regard ennuyé.

- Quoi ? Tu as peur que je te le voles ? Je peux aussi être ami avec Marui-senpai, lui répondit Ayaka sur la défensive.

À chaque fois qu'elle passait du bon temps, elle pouvait compter sur Niou pour venir tout gâcher.

- Tu penses qu'il est ami avec toi ? Il ne fait que passer du temps avec toi parce que tu es la petite-amie de Yanagi, rien d'autre, riposta Niou.

Yagyuu, à côté de Niou, poussa un faible soupir, replaçant ses lunettes sur son nez. Cependant, il ne dit rien pour calmer la tension qui s'installait entre les deux. Jackal se racla la gorge, essayant de dissiper l'atmosphère tendue. Ayaka sentit sa mâchoire se serrer alors qu'elle se retenait de répondre à la pique que venait de lui envoyer Niou. Elle vit Marui les regarder tous les deux, l'un à la suite de l'autre, ne sachant visiblement pas quoi dire. La jeune fille pouvait comprendre son hésitation, il connaissant Niou depuis bien plus longtemps qu'elle et il ne voulait sûrement pas commencer à prendre le parti de quelqu'un dans le risque de commencer une nouvelle dispute. Ayaka allait juste se retenir de répondre à Niou et continuer comme s'il n'avait rien dit.

-Hum... Si tu le dis, répondit-elle d'un ton qu'elle voulait détaché.

Ayaka savait qu'elle devait tirer une drôle de tête lorsqu'elle sentit le regard surpris des 4 habitués du club de tennis masculin la regarder surpris. Pour eux, c'était bien la première fois qu'ils la voyaient se retenir de répondre à une des remarques lancées par Niou. Niou retint un sourire à sa réponse. Elle pouvait essayer de faire comme si ça ne la touchait pas, mais il allait la pousser à bout et un jour, elle finira par craquer. Il avait hâte d'y être.

- Au faite, combien de temps restons-nous ? Demanda soudainement Ayaka en se tournant vers Yagyuu et Jackal.

-Nous restons une nuit et deux jours, Yagyuu lui répondit rapidement.

-Si peu de temps, comprit Ayaka tristement.

-Nous ne sommes qu'au début de la journée, donc nous avons énormément de temps devant nous pour profiter, Kirihara-san, lui fit-il remarquer.

Elle acquiesça à la phrase de son senpai à lunettes. Elle se demandait ce que les autres avaient prévu de faire. Ils n'allaient sûrement pas rester à l'Onsen toute la journée jusqu'au lendemain sans sortir profiter un peu de la région ? Est-ce que Yanagi avait quelque chose de prévu pour eux deux ?

Alors qu'Ayaka et les autres habitués attendaient patiemment à l'entrée, Yukimura, Sanada et Yanagi revinrent avec les clés de leur chambre. Ils se dirigèrent ensuite à l'étage pour rejoindre leur pièce attitré. Yukimura informa Ayaka qu'elle dormirait dans une chambre séparée de la leur, précisant que celle-ci se trouvait juste à côté de la leur. Elle hocha positivement de la tête. Pendant que les garçons découvraient leur chambre pour la nuit, Ayaka s'avança vers la pièce adjacente à la leur, la plus proche des escaliers, et ouvrit la porte.

Au milieu de la pièce se trouvait une petite table en bois. Il y avait dans le coin de la pièce un fauteuil devant une fenêtre qui lui donnait vu sur l'orée de la forêt qui entourait l'auberge. Ayaka retint une grimace. La nuit, cette vue ne devait pas inspiré confiance, surtout avec tous les jeux d'horreur auxquels elle avait pu jouer depuis qu'elle avait découvert les jeux vidéos. En regardant un peu plus, elle trouva son futon rangé sur une petite étagère derrière une autre porte coulissante.

La chambre était simple et assez grande pour ne pas se sentir renfermer. La jeune fille se demanda si les garçons avaient une chambre aussi grande que la sienne. Etant 7, leur chambre devait être plus spacieuse que la sienne.

Son regard fut alors attirer par le tissu bleu et blanc qui était posé sur la petit table basse au centre de la pièce. En dépliant l'habit, elle remarqua que ce tissu était un yukata. Elle pourra le porter après avoir été se rafraichir dans les sources chaudes.

- Ayaka, tu as fini de ranger tes affaires ?

La voix de Renji l'appela de l'extérieure de sa chambre. Ayaka déposa son sac de voyage sur le sol à côté de la table et se dirigea vers la porte, l'ouvrant pour faire face à son copain. Elle l'invita à entrer le temps de prendre son petit sac comprenant ses affaires essentielles comme son portefeuille. Yanagi la rejoignit alors qu'elle vérifiait qu'elle avait bien tout avec elle, n'oubliant pas les clés de sa chambre.

- Tu es prête ?

- Oui, lui répondit Ayaka en ajustant sa veste autour d'elle. Est-ce les garçons et toi, vous avez prévu quelque chose pour cet après-midi ?

- On pensait aller faire un tour en ville, en descendant une partie de la montagne à pied pour rejoindre une petite rue marchande à quelques minutes d'ici.

- On ne devrait pas plutôt reprendre le bus ? Se demanda curieusement Ayaka, en repensant au temps que cela leur avait pris de la gare à l'auberge.

- Pas besoin, la ville principale se trouve de l'autre côté de la Montagne, à l'opposé de la gare. On y sera en quelques minutes en prenant l'autre chemin pour descendre la montagne, lui expliqua Yanagi alors qu'ils quittaient la chambre d'Ayaka.

Cette dernière prit le temps de refermer la pièce à clé, laissant ses affaires en sécurité à l'intérieur. Les autres les attendaient déjà en bas, chacun prêt à découvrir une partie de la ville avant de pouvoir profiter pleinement des sources chaudes en fin de journée.

En sortant de l'Onsen, Ayaka jeta un regard à la dense forêt qui entourait une partie de l'auberge. Elle se demandait bien ce qui pouvait se trouver de l'autre côté de cette forêt... Un frisson la parcourut en y pensant. Elle n'aimerait pas s'y promener la nuit en tout cas. Ce n'était pas comme dans un jeu vidéo où elle avait plusieurs vies et prenait un malin plaisir à prendre un tas de risque rien que pour obtenir des récompenses supplémentaires.

-Ayaka-chan, l'interpella Marui en voyant qu'elle s'était arrêtée dans sa marche.

Elle lui fit un sourire et courut pour le rattraper ainsi que le reste du groupe.

-Je viens !

Pendant une grande partie de l'après-midi, Ils visitèrent un peu la ville, parcourant les différentes rues et découvrant les différentes boutiques. Ils s'arrêtèrent à plusieurs magasins, certains de sports ou de jeux vidéos pour Ayaka, qui les avait presque suppliée pour juste y jeter un coup d'œil. Ils rentrèrent finalement après quelques heures de marche, Marui et Ayaka le ventre gonflé de ce qu'ils s'étaient acheté à manger sur le chemin pour rentrer à l'Onsen.

De retour à l'auberge, ils rejoignirent leur chambre pour y déposer leurs affaires et leurs achats. Ils avaient encore un peu de temps avant le souper, donc Ayaka, Yanagi, Yukimura et Yagyuu décidèrent de faire le tour de l'auberge, se repérant pour la soirée à venir.

Ayaka remarqua, au fur et à mesure qu'ils avançaient dans les couloirs de l'auberge, qu'il n'y avait presque pas un chat. À part une vielle dame, un homme d'affaire et une famille. Elle remarqua aussi qu'ils étaient les seuls à se trouver à leur étage et à ce couleur en particulier, l'auberge se composant de plusieurs ailes différentes, un petit jardin composant le centre de la propriété.

-Il n'y a pas beaucoup de monde aujourd'hui, fit remarquer Ayaka aux garçons. Est-ce que c'est normal ?

-Pas vraiment, répondit Yagyuu. Normalement, cet Onsen est assez réputé dans la région et les chambres devraient être toutes complètes à cette période de l'année.

-Tant mieux pour nous, je dirais. On sera au calme pour la soirée avec si peu de monde présent, dit Yukimura, un sourire serein aux lèvres.

Les trois autres acquiescèrent à ses mots. Après avoir fait le tour de l'auberge et avoir salué le peu d'employés qui travaillent ce jour-là, Yanagi et Yagyuu repartirent à leur chambre, laissant Yukimura et Ayaka seuls ensemble. Ces derniers se mirent d'accord pour sortir un peu à l'extérieur, prendre un peu l'air même s'ils l'avaient déjà fait durant l'après-midi. Yukimura annonça à sa kohai qu'il avait vu des parterres de fleurs dans le jardin de l'Onsen et qu'il voulait aller les voir de plus près. Ayaka accepta de l'accompagner, se sentant nostalgique en pensant au temps où Yukimura lui donnait des cours de rattrapage en anglais.

Alors qu'ils rejoignaient la sortie, l'air frais du début de soirée caressant leurs joues, Ayaka se souvint soudainement d'une chose. De ce moment entre Sanada et Yukimura dans le train et... d'une conversation qu'ils avaient eu il y a longtemps.

-Yukimura-senpai...

La voix d'Ayaka détourna l'attention de Yukimura des fleurs à elle. Il lui lança un regard attentif, attendant la suite de sa phrase, un sourire aux lèvres.

- Est-ce que tu te souviens de cette conversation que nous avons eu il y a longtemps, à l'hôpital...

- Oh... Cette conversation, se souvint Yukimura en posant à nouveau son regard sur les fleurs à ses pieds. Oui, je me souviens.

- Je ne sais pas si je peux te demander ça, mais... As-tu finalement avoué tes sentiments à la personne que tu aimes ?

Le bleu leva ses sourcils à sa question avant de sourire.

-Oui, il y a quelques jours, l'informa le capitaine. Pourquoi ?

-C'est juste que... Dans le train, plus tôt, avec Sanada-senpai, répondit-elle doucement. Je me demandais si... Tu sais...

Ayaka sentit son visage se réchauffer alors qu'elle jouait avec ses mains d'embarras. Elle ne savait pas comment demander à Yukimura s'il y avait quelque chose entre lui et Sanada, mais elle était si curieuse.

En réponse à son comportement, le doux rire de Yukimura fendit l'air, faisant sursauter Ayaka. Cette dernière se figea sur place avant de se détendre tout aussi rapidement. Le rire de son senpai avait quelque chose de très relaxant.

-Tu es plus perspicace que tu ne le laisses paraître, Ayaka.

-Dois-je prendre cela pour une insulte ? Lui demanda la jeune fille, plissant son front et faisant la moue.

-C'est un compliment, la rassura Yukimura avant de continuer. Et bien, oui, c'est Genichirou dont je suis amoureux.

-Et qu'a-t-il dit ? De ce que j'ai pu voir dans le train, vous semblez en très bon terme. Il a dit oui, c'est ça ? Devina Ayaka, heureuse pour le capitaine.

-Exactement, acquiesça joyeusement le bleu.

Alors qu'il s'accroupissait à hauteur des fleurs, Il en toucha délicatement une du bout des doigts.

-Je suis contente pour toi, senpai. Vraiment. Tu mérites de connaître le bonheur après ce qui t'est arrivé, murmura Ayaka au garçon.

-Oui, tu as raison. Mais, pendant un certain temps, j'ai eu peur que mon amour soit à sens unique, lui avoua le bleu en se relevant de sa position accroupie.

Sa kohai leva la tête vers lui.

-C'est vraiment génial que vous soyez ensemble au final, le félicita la jeune fille. Je ne connais pas bien Sanada-senpai, mais du moment qu'il te rend heureux et que vous arrivez à vous comprendre autant sans avoir à vous parler, je suis de tout cœur avec vous.

Yukimura lui lança un regard brillant avant d'ébouriffer les cheveux de la jeune fille et de se diriger vers l'entrée.

-Ayaka, rentrons, le diner va bientôt commencer, la prévint-il alors qu'il allait passer le pas de la porte.

-Hai. Et senpai, l'appela-t-elle.

-Qu'y a-t-il ?

Yukimura se retourna vers elle, la jeune fille faisant la moue.

-Ne refais plus jamais ça, dit-elle tout en montrant du doigt ses cheveux plus en désordre que d'habitude.

Yukimura ne fit que rire derrière sa main et attendit qu'Ayaka le rattrape. Yukimura se rendit alors compte qu'Ayaka s'était frayée une place dans son cœur et qu'elle était devenue une amie très chère pour lui, autant que les autres habitués du club de tennis. Il ne regrettait vraiment pas de l'avoir invité à ce voyage, au contraire. Il était content de l'avoir près de lui.


Le diner se passa dans le calme, ce qui en étonna certain. C'était sûrement à cause du fait qu'Ayaka et Niou aient été placés à deux places opposées, évitant ainsi les disputes qui se produisaient fréquemment entre les deux. Après le repas, Niou, Marui, Jackal et Yagyuu les informèrent qu'ils allèrent prendre leur bain, laissant les trois démons de Rikkai avec Ayaka.

-Tu n'y vas pas ? Demanda Renji à sa petite copine assise à côté de lui.

-J'irais après. Je dois d'abord ranger mes affaires et mes achats.

Elle salua les trois garçons plus âgés et rejoignit sa chambre. Elle laissa échapper un long soupir et s'installa à la table au milieu de la pièce. Plus tôt dans l'après-midi, elle avait remarqué que sa grande-sœur, Miyaka, lui avait envoyé un message. Elle n'avait pas eu le temps de le lire, occupée à visiter la ville, à revenir à l'auberge et à manger le repas de soir. Maintenant qu'elle avait le temps, Ayaka allait enfin pouvoir lire son message. Elle n'avait pas l'habitude d'en recevoir énormément de sa sœur aînée puisque cette dernière était surchargée par le travail la plupart du temps.

Sa sœur, Miyaka, habitait à Osaka. Elle y avait emménagé l'an dernier, quittant ainsi la maison familiale et laissant Ayaka seule avec leurs parents.

Ayaka soupira en y repensant. Sa sœur avait eu la chance de partir de leur maison pour aller habiter loin d'eux et elle l'avait évidement saisi. Tout comme elle, Miyaka ne supportait pas leurs parents, mais pour des raisons complétement différentes. La plus âgée en avait eu assez d'être toujours sous la pression de leurs parents qui la voyaient comme leur seule fierté, oubliant totalement la présence de leur deuxième enfant, Ayaka. Elle était partie en pensant que leur parents s'intéresseraient enfin à la plus jeune, mais le contraire s'était produit. Miyaka ne l'avait sûrement pas remarqué, mais depuis son départ, Ayaka était encore plus malheureuse et ses parents l'ignoraient encore plus qu'avant. Sans Miyaka, Ayaka n'avait plus personne sur qui se reposer lorsqu'elle rentrait chez elle.

Bien sûr, elle avait désormais Renji et les habitués du club, mais en rentrant chez elle, elle était toute seule face au mépris de ses parents. Tout ça parce qu'elle n'était pas comme ils avaient voulu qu'elle soit. Elle n'était pas l'enfant prodigue qu'ils espéraient avoir, loin de là. Elle était leur enfant mais sans puisqu'elle n'avait aucune valeur à leurs yeux, c'était comme si elle n'existait plus. Elle était une étrangère dans sa propre maison.

Ayaka secoua sa tête, effaçant tous les souvenirs douloureux qui resurgissaient dans sa tête. Elle préféra se concentrer sur le texte que lui avait envoyé sa sœur à la place.

« Salut Ayaka,

Comment vas-tu depuis la dernière fois qu'on s'est vu ? J'espère que tout va bien à la maison, que papa et maman font enfin attention à toi. Si jamais quelque chose te chiffonne, pense à m'appeler. Je serais toujours là pour toi, même à des kilomètres de distance.

J'ai pensé à passer un jour à la maison, mais mon travail me prend énormément de temps. Je te préviendrais lorsque je trouverai le temps de venir vous rendre visite.

Bisous, Miyaka.

PS : Ne fais rien de mal durant mon absence ! Je t'aime petite-sœur. »

Ayaka retint un rire en lisant le texte, surtout pour la fin. Même si elle lui disait cela, elle ne pourrait pas toujours garder un œil sur les agissements de sa petite-sœur. Ses yeux revinrent sur le début du texte et Ayaka le relit une seconde fois, puis une troisième fois... Sa sœur lui manquait beaucoup. Elle qui était parti pour permettre à Ayaka d'être enfin remarqué par leurs parents, c'était un échec total. En plus de l'avoir laissé seul avec eux, cela n'avait fait que renforcer le ravin entre Ayaka et leurs parents.

Rangeant son téléphone dans son sac, la deuxième année s'étira de tout son long et s'allongea sur le sol de sa chambre. Elle regarda le plafond et ferma les yeux quelques instants. Une image de Renji apparut dans son esprit alors qu'elle souriait. Elle était heureuse de l'avoir comme copain. Après tout, c'était celui qu'elle avait attendu depuis longtemps. La personne qui pouvait la comprendre et l'accepter comme elle était, n'essayant pas de la changer de tout au tout, mais l'aidant à se développer et à devenir une personne don telle pourrait être fière plus tard.

Yanagi était vraiment la personne qui lui fallait. Il était calme, serein et avait réponse à tout. Elle était colérique, bipolaire, enfantine et bavarde. Ils n'avaient rien en commun à part le tennis et pourtant, tout allait si bien entre eux. Comme deux pôles opposées s'attirant sans cesse. Il savait la calmer quand elle s'énervait et elle pensait, qu'elle arrivait à amuser légèrement Renji, le changeant de son quotidien monotone.

Après ce qu'elle pourrait appeler une éternité, elle jeta un coup d'œil à sa montre, remarquant qu'une heure et demie était passée depuis le souper. Elle se leva du sol, prenant dans ses bras son yukata et de quoi se laver, et partit vers les bains. Elle avait hâte de voir à quoi ils ressemblaient. Elle pouvait sentir les muscles de son corps se tendre de douleur avec toute la marche qu'ils avaient fait dans la journée. L'eau chaude allait bien la détendre et lui permettre de mieux dormir de la nuit.

Elle se déshabilla rapidement après être entrée dans le vestiaire pour femmes et s'enroula dans une serviette. Elle entra dans la salle de bain, sautillant légèrement de joie.

-Ne sautillez pas ainsi, jeune fille, vous risquez de glisser sur le sol mouillé, la prévint une voix douce.

Ayaka se stoppa net et se retourna vers la source de la voix. Une vielle dame était déjà assise dans l'eau chaude du bain, la regardant d'un air amusée.

-Ah, merci de me prévenir, s'empressa de dire Ayaka en s'inclinant doucement vers elle. Je ferais plus attention désormais.

Avant de prendre place dans l'eau, la joueuse se nettoya le corps et se rinça les cheveux. Quand elle fut totalement immergée dans l'eau bouillante, elle soupira d'aise. Elle était si bien qu'elle souhaitait ne jamais quitter cet endroit pour le reste de sa vie.

-Vous êtes venue seule ? La questionna la même vielle dame qui lui avait conseillé de ne pas sautiller sur les pierres humides de la salle.

Ayaka ouvrit ses yeux et hocha négativement de la tête, lui expliquant qu'elle était venue ici avec son copain et ses coéquipiers de club. Elle rajouta aussi que c'était la première fois qu'elle venait dans un Onsen. La dame sourit gentiment à la deuxième année et s'excusa soudainement de ne pas lui avoir dit son nom.

-Je m'appelle Yamato Sakura, l'informa la femme âgée.

-Je suis Kirihara Ayaka, enchanté, s'exclama joyeusement la jeune fille.

Les deux femmes discutèrent un moment, la plus vieille riant aux histoires que lui racontait la jeune fille.

- Ils ont l'air d'être de bons senpais, lui sourit tendrement la plus vieille, repensant à sa propre jeunesse.

- Oui, s'exclama joyeusement Ayaka. Sauf Niou-senpai, rajouta-t-elle après coup, faisant la moue.

- Niou ? S'interrogea Yamato.

- Oui, il n'arrête pas de me faire des blagues et de se moquer de moi. Je sais que je ne suis pas la plus facile à vivre parfois, mais je me demande toujours pourquoi il s'acharne à me faire des blagues, lui expliqua Ayaka avec un regard noir. Pourquoi est-il comme ça avec moi ?

- Ne dit-on pas que "Qui aime bien, châtie bien" ? Lui demanda doucement Yamato.

- Si c'est sa manière de me montrer qu'il est mon ami, alors je ne le comprends pas du tout, renifla Ayaka regardant l'eau dans laquelle elle est plongée.

- ... Je suis sûre que vous finirez par vous entendre à un moment et puis, il faut que les changements se passent des deux côtés, lui dit gentiment Yamato. Si vous faites chacun des efforts, vous verrez peut-être que vous avez plus de points en commun que vous ne le pensiez.

Ayaka jeta un regard surpris et curieux à Yamato, réfléchissant à la question. Et alors qu'elles continuèrent sur un autre sujet, faisant oublier à Ayaka ses doutes, Yamato annonça qu'elle sortait de l'eau.

-Ça a été un plaisir de discuter avec vous jeune fille. J'ai passé un bon moment, surtout avec toutes les histoires intéressantes que vous m'avez raconté, s'amusa Sakura.

Avant qu'elle ne sorte complètement de l'eau, elle rajouta pour la plus jeune.

-Il y a un bain d'extérieur si vous le souhaitez. Le ciel est dégagé ce soir, vous aurez une merveilleuse vue sur les étoiles.

Ayaka la remercia et attira une dernière fois son attention, Yamato se retournant vers elle, le regard curieux.

- Je... Je vais faire quelque chose... Pour Niou-senpai, lui dit-elle timidement faisant sourire Yamato alors qu'elle acquiesçait à sa déclaration et lui souhaitait de passer une bonne soirée.

Alors qu'Ayaka observait Yamato quitter la salle, un sentiment étrange s'emparant de son cœur, elle se se leva, replaçant correctement sa serviette autour d'elle et se dirigea vers le bain extérieur. Elle était curieuse de savoir à quoi ça ressemblait de se baigner à la belle étoile. Elle pût s'orienter grâce aux indications placées sur les murs. Quand elle arriva enfin à l'endroit mentionné, elle sourit en voyant qu'il n'y avait personne. Elle aurait donc ce lieu pour elle toute seule.

Elle s'enthousiasma en marchant prudemment vers le bain et en y entrant doucement. Elle bascula sa tête vers l'arrière pour pouvoir observer les étoiles. Yamato Sakura n'avait pas menti, le ciel était magnifique ce soir. Même la vapeur de l'eau chaude autour d'elle ne pouvait masquer l'intensité des étoiles qui éclairaient petit à petit la nuit. Ayaka regardait avec attention l'étendue de petites lumières. Elle était concentrée sur ce qu'elle observait, impatiente de voir, peut-être si elle en avait la chance, une étoile filante. Elle n'en avait jamais vue. Elle aimerait beaucoup en voir une un jour et faire un souhait à cette étoile.

Alors que ses yeux étaient collés au ciel qui la surplombait, Ayaka n'entendit pas les bruits de pas qui se dirigèrent dans sa direction.

-Ayaka ? L'appela une voix, quelque peu surprise.

Lorsque la jeune fille entendit son nom, elle tourna violement sa tête dans la direction avant de détourner tout aussi vite le regard.

-Renji-senpai ? Mais... Mais qu'est-ce que tu fais ici ? S'exclama-t-elle abasourdie.

Ayaka couvrit son corps de ses bras et recula le plus loin possible du garçon, se plongeant dans l'eau jusqu'au cou. Que faisait-il là ? N'était-ce pas le bain des femmes ? Renji, comprenant sa question muette, soupira et s'installa plus confortablement dans l'eau chaude.

-Ayaka, le bain extérieur est mixte. Ne l'as-tu pas vue avant de venir ici ? Lui demanda gentiment Renji.

La jeune fille resta muette de surprise. Elle était tellement impatiente de voir les étoiles qu'elle n'avait pas pris le temps de lire l'entièreté des panneaux d'indications.

-Non, je ne l'avais pas vu. J'ai dû passé à côté, avoua-t-elle timidement en tournant son dos au garçon.

Elle était gênée de se retrouver ainsi devant lui. Surtout depuis qu'elle n'avait qu'une serviette pour se couvrir. Renji, remarquant cela, décider de sortir du bain extérieur pour rejoindre le bain des hommes, plus à l'intérieur de l'auberge.

-Je vais retourner à l'intérieur dans ce cas, lui annonça-il doucement pour ne plus la surprendre.

-Non, c'est bon. Tu peux rester, l'arrêta-t-elle dans son action, élevant sa voix assez pour qu'il puisse l'entendre. Tu as aussi le droit de te baigner ici, j'aurais dû faire plus attention, c'est tout. C'est ma faute.

Le garçon lui lança un regard bien que ses yeux ne tombèrent que sur son dos dénudé. Les cheveux de la joueuse étaient drastiquement plus long à cause de l'eau du bain. Il sourit en reprenant sa place dans l'eau, à quelques mètres de sa petite-amie.

-Tu es sûre ? Je ne veux pas te mettre mal à l'aise, s'assura le garçon.

-Oui, répondit Ayaka.

Cette dernière avait du mal à reprendre une respiration normale. Elle était tellement embarrassée et stressée. Allaient-ils rester silencieux jusqu'à ce que l'un d'eux ne sortent ? L'ambiance lui semblait lourde alors qu'elle tournait doucement son visage vers son senpai.

Elle rougit en le voyant torse nue. C'était la première fois qu'elle le voyait ainsi. C'était très gênant. Elle essaya de se calmer en se disant qu'à la piscine aussi il était torse nue. Qu'elle ne devait pas être gênée de le voir comme ça.

-Les étoiles sont belles, non? Commença-t-elle maladroitement en pivotant pour se retrouver de profil, son dos contre le bord du bassin.

-Très, déclara Renji de sa voix profonde.

Ayaka frissonna en l'écoutant. Elle aimait sa voix tout autant que lui. Celle-ci avait quelque chose de très rassurant. Il essayait de la mettre à l'aise.

-Tu crois que l'on pourra voir une étoile filante ?

La question sortit de ses lèvres sans qu'elle ne puisse l'en empêcher. Elle se sentit bête de l'avoir dit. Renji avait réponse à tout, mais pas à ce genre de questions. Elle se retint difficilement de se frapper.

-Peut-être. Il y a une probabilité de 50% que nous en voyons une ce soir, lui répondit-il finalement.

Ayaka jeta un coup d'œil à Renji pour croiser son regard. Elle rougit, mais ne détourna pas les yeux. Elle lui fit un petit sourire, certes timide, mais heureux. Renji lui en rendit un.

-Tu t'es bien amusée aujourd'hui ?

-Oui, dit Ayaka en repensant à la journée. Même si Niou-senpai était le seul point négatif, renchérit-elle en plaisantant à moitié, repensant encore à la conversation qu'elle avait eu avec Yamato.

Renji soupira à la deuxième partie de sa phrase, mais sourit d'amusement. Il ne pourra sans doute jamais changer son opinion sur Niou.

-Tu ne sembles pas lâcher l'affaire avec lui, lui fit remarquer Yanagi, amusé.

-Je ne sais pas pourquoi, mais je suis sûr qu'il prépare quelque chose, lui avoua-t-elle. Il prépare toujours quelque chose, peu importa l'endroit ou le moment. Et puis, tu sais très bien que je ne l'apprécie pas et ça, depuis le début, rajouta-t-elle espièglement. Mais... Je ... J'aimerais vraiment comprendre pourquoi... Peut-être qu'on pourrait être... Tu sais, ami lui et moi, non ?

Les yeux de Yanagi s'écarquillèrent en entendant les mots sortir de la bouche d'Ayaka. Venait-il vraiment de l'entendre dire qu'elle pensait à devenir ami avec Niou ? Ayaka se tendit en n'entendant aucune réponse venir de son petit-ami.

- Oublie ce que je viens de dire, dit brusquement Ayaka, ses cheveux cachant son visage qui brulait d'embarras.

- Ayaka, l'appela Renji. Je suis juste surpris. Qu'est-ce qui t'as fait changé d'avis aussi soudainement ? Lui demanda curieusement le garçon.

- Il y avait cette femme dans les bains avec moi plus tôt et tu sais, on a discuté ensemble et on s'est bien amusé, lui expliqua Ayaka reprenant un peu d'entrain en pensant à Yamato.

Renji sourit en voyant le regard enjoué d'Ayaka alors qu'elle lui expliquait sa rencontre et la conversation qu'elle avait eu avec la femme.

- Et tu sais, elle n'avait pas tort par rapport à ça, finit Ayaka en se grattant l'arrière de la tête. Et puis, elle me rappelait un peu ma grand-mère, lui avoua-t-elle tendrement. Alors... J'y pense beaucoup depuis qu'elle est parti.

Ayaka lui lança un petit regard en jouant avec ses doigts, gênée de lui en parler. Elle vit alors Renji lui faire signe de continuer.

- Elle m'a dit que si je voulais que Niou fasse des efforts, je devais aussi en faire et, ça m'a vraiment rappelé ma grand-mère, sourit timidement Ayaka. Elle est décédée il y a deux ans et cette femme, Yamato-san, elle m'a rappelé un peu d'elle et de ses convictions.

- Elle devait être une femme d'une grande gentillesse. Je ne t'ai jamais entendu parlé de quelqu'un comme ça avant, lui apprit-il.

- C'était la meilleure, rit Ayaka en se souvenant du temps qu'elle avait passé avec sa grand-mère.

Après sa mort, Ayaka avait essayé de l'oublier, son cœur souffrant trop de son absence. Sa grand-mère était la seule, avec sa grande-sœur, à la réconforter quand ça n'allait pas à l'école ou quand ses parents l'ignoraient, lui donnant l'épaule silencieuse. Sa grand-mère avait été sa meilleure amie, sa confidente... La mère qu'elle n'avait jamais eu. Mais elle était partie en la lançant seule avec des parents qui ne la regardaient même plus.

- Tu sais, je suis heureuse de vous avoir maintenant, continue Ayaka. Toi et les habitués du club de tennis. Et c'est pour ça que... Peut-être, si on faisait chacun des efforts, Niou-senpai et moi, on pourrait être ami comme tout le monde ?

Renji acquiesça, un sourire tendre aux lèvres.

- Si c'est ce que tu veux, je serais là pour t'encourager.

Renji et Ayaka entrèrent alors dans une discussion animée, surtout du côté de le jeune fille. Ils parlèrent en même temps d'observer les étoiles, Ayaka détaillant des formes dans le ciel sous le regard attentionné de Renji, qui avait du mal à détourner les yeux.

Alors que le temps passait, ils décidèrent de sortir de l'eau. Ayaka accrocha fermement sa serviette autour d'elle et se leva doucement dans l'eau, envoyant un signe de la main à Renji. Cependant, lorsqu'elle se dirigea vers la sortie, Ayaka perdit l'équilibre glissant sur les pierres humides entourant le bassin extérieur. Elle sentit son corps glisser vers l'avant un petit cri de surprise passer ses lèvres. Ses bras se levèrent instinctivement pour protéger son visage alors qu'elle se préparait à tomber sur le sol, mais son corps n'arriva jamais à destination.

Deux mains puissantes la rattrapèrent soudainement, l'empêchant de tomber. Les yeux qu'Ayaka avaient fermé dans sa chute se rouvrirent lentement, son cœur battant rapidement dans sa poitrine.

-Tout va bien, Ayaka ?

La voix de Renji résonna dans ses oreilles et elle soupira de soulagement, se redressant doucement, les mains de Renji encore fermement autour des ses épaules.

-Merci Renji-senpai, tu viens d'éviter une sacrée chute, rit-elle à moitié en essayant de se remettre droite sur ses jambes.

Se redressant, désormais face à Renji, Ayaka fit un mouvement brusque vers l'arrière, en voyant la proximité soudaine entre elle et le garçon. Ayaka oublia cependant que Renji la tenait toujours fermement et son mouvement l'entraina avec elle. Le garçon glissa vers l'arrière et tomba brutalement sur le dos, Ayaka atterrissant sur lui, lui coupant le souffle. Les yeux de la jeune fille fixèrent, choqué, le garçon sous elle, son visage à quelques centimètre du sien.

Elle rougit en voyant dans quelle position ils se trouvaient. Elle avait ses mains contre le torse nu du garçon et son visage de trouvait si proche du sien. Elle était complètement appuyée contre lui, essayant de ne pas penser à la manière dont leurs jambes étaient entremêlées.

Renji rouvrit ses yeux en réalisant ce qu'il venait de se passer. Son bras avait était amené vers l'avant, le faisant déraper sur le sol et lui faisant perdre l'équilibre. Il avait entraîné Ayaka dans sa chute et elle était tombée sur lui, ce dernier se cognant le dos contre le sol dur.

Il toussota en reprenant sa respiration et laissa un petit gémissement de douleur passer ses lèvres.

-Je suis vraiment désolée, Renji-senpai. Tout est de ma faute, si j'avais fais plus attention, s'excusa Ayaka en bougeant pour s'éloigner.

Renji serra plus fortement sa main sur le bras de sa kohai et lui demanda de ne plus se déplacer, le temps qu'il reprenne ses esprits et que sa douleur disparaisse. Ayaka hocha de la tête et la posa sur la poitrine de son aîné, ne pouvant plus supporter de le regarder de si près. Elle sentait vraiment que son nez allait saigner si jamais elle l'observait un peu plus. Il était tellement attirant. L'eau ruisselant sur son visage et ses cheveux collant légèrement à ses joues, elle ne pouvait en voir plus sous risque d'un saignement de nez digne des plus grands pervers de jeu vidéos ou d'anime.

-Ayaka?

Quand elle releva sa tête, elle croisa le regard de son senpai et ses joues s'empourprèrent instantanément. Elle ne pu répondre, les mots restant bloqués dans sa gorge. Elle était bien trop gênée. Elle n'allait tout de même pas lui dire qu'il était beau comme un dieu.

-... Comme un dieu, tu dis, répéta Renji doucement, ses joues prenant une légère couleur rouge.

-Ne me dis pas que je viens de penser à voix haute... ? Lui demanda-t-elle, embarrassée.

Elle rougit encore plus, balbutiant des phrases incompréhensibles.

Ils se relevèrent finalement, chacun gêné, et partirent rejoindre leur vestiaire respectif. Ayaka le rejoignit même en courant, ne faisant pas attention au sol glissant sous elle. Elle avait bien trop honte pour rester une minute de plus avec Renji. Elle n'arrivait pas à croire qu'elle venait de lui dire.

Renji, de son côté, respira un bon coup, calmant ses battements de cœur irréguliers. Il avait été surpris en entendant ces mots sortir de la bouche d'Ayaka. Il serra ses poings avant de les desserrer. Il refit cela plusieurs fois en marchant vers son vestiaire. Une sensation nouvelle était apparut en lui...

Il se demandait s'il pourrait retenir cette envie croissante jusqu'au lycée.


Ayaka, après s'être changée dans son yukata bleu et blanc, se dirigea vers le distributeur de boissons qu'elle avait vu à l'entrée des bains. Elle devait se rafraîchir les idées et rien de mieux qu'un Ponta pour l'aider à y arriver.

En arrivant devant la machine et en choisissant la boisson qu'elle voulait, elle remarque Niou et Marui un peu plus loin, assis sur un des fauteuils installés dans le petit salon bordant l'entrée vers les sources. Ils semblaient l'avoir vu aussi car le rouge lui faisait signe de la main pour qu'elle vienne près d'eux. Ayaka attrapa sa canette et marcha dans leur direction, d'un pas léger.

-Qu'y a-t-il Marui-senpai ?

Sa question fit naître un sourire sur le visage de Niou, assis juste à côté de Marui, mais Ayaka préféra l'ignorer pour l'instant, encore gênée d'avoir pensé àà devenir ami avec lui.

-On se demandait si tu en avais entendu parler, commença Marui sur un ton rempli de mystères.

L'attention d'Ayaka fut tout de suite attirée et elle fut plus attentive à la suite.

- Parler de quoi ? Leur demanda-t-elle curieuse.

-Il parait que cet endroit est hanté à cette période de l'année et que ça explique pourquoi il n'y a presque personne aujourd'hui, continua le rouge, mâchant bruyamment son chewing-gum..

-Hanté ? Comment ça ?

La deuxième année avala difficilement sa salive, se préparant à écouter le reste. Elle aimait les histoires d'horreur quand elle jouait en ligne. Les maisons hantés étant son genre préféré, mais ici ce n'était pas un jeu. C'était la réalité. Elle n'avait pas vraiment envie d'en entendre plus, mais sa curiosité prenait le dessus sur sa peur. Niou prit la parole, attirant l'attention de la jeune fille.

-Il y a plusieurs années, durant cette même période, un homme s'est pendu après avoir été victime d'hallucinations. Ça s'est passé au première étage, dans l'aile Est de l'Onsen, lui dit Niou.

Le cœur de la jeune fille s'affola dans sa poitrine, remarquant que c'était l'aile dans laquelle où ils dormiraient cette nuit.

-Il dormait dans la chambre 13. Il semble s'être pendu avec ses draps à la poutre soutenant le plafond. On dit qu'il apparaît pendant la nuit pour prendre possession du corps la personne dormant dans sa chambre et le contrôler pour lui faire vivre la même chose qu'il a vécu avant de mourir.

-Mais la chambre 13, c'est la mienne, déclara-t-elle faiblement.

Elle secoua sa tête rapidement, regardant les deux garçons dans les yeux. Elle leva un doigt tremblant dans leur direction, sa voix toute aussi tremblante.

-Vous mentez, ça ne peut pas être possible. Yukimura-senpai ne nous aurait jamais emmené dans un endroit où il y a eu un suicide. De plus, cet endroit ne serait pas aussi reconnu dans la région si c'était le cas, essaya-t-elle de se rassurer.

Niou rit moqueusement en sortant un journal de sa poche. Il le lui tendit en lui expliquant que l'affaire avait été rapidement étouffé et que c'était pour cela que presque personne n'était au courant.

-Comment se fait-il que tu sois au courant si personne n'est sensé l'être ? lui demanda suspicieusement Ayaka, tentant de calmer son cœur et ses mains tremblantes.

-J'ai fait mes recherches avant de venir et ces informations sont vraies. C'est à toi d'y croire ou pas, n'est-ce pas Marui ? Dit Niou en lançant un regard à son coéquipier.

- Niou a raison, Ayaka-chan, confirma Marui mâchant toujours aussi bruyamment son bonbon.

Avant qu'Ayaka n'ait eu le temps d'ouvrir le journal, Niou lui reprit des mains, sous son regard perplexe.

-Laisse le moi, je veux le lire, répliqua-t-elle. Je veux être sûre que vous je me mentez pas, ajouta-t-elle en posant ses mains sur ses hanches.

-Je suis sûr que tu ne préfères pas voir ce qu'i l'intérieur. Cela pourrait te rendre malade, contra-t-il. Il y a des choses que tu ne devrais pas voir.

L'horloge accroché au mur du petit salon ouvert sonna brusquement, faisant sursauter Marui et Ayaka. Marui toussa violement, avalant de peu son chewing-gum. Niou laissa un ricanement passer ses lèvres alors qu'il lançait un long regard à Ayaka.

- Nous t'avons prévenu, maintenant c'est à toi de voir si tu y crois ou pas, soupira Niou en croisant ses bras sur sa poitrine. Si tu as trop peur de dormir dans le noir après avoir ça, tu peux toujours dormir avec une lampe allumée, comme le gros bébé que tu es.

La moquerie de Niou remplaça la peur d'Ayaka par de l'irritation. Voulait-elle vraiment devenir ami avec quelqu'un comme ça ? Les mots de Yamato résonnèrent dans sa tête, mais elle ne pouvait pas laisser Niou lui marcher sur les pieds. Jamais.

- Je n'ai pas peur et je n'ai pas besoin de dormir avec la lumière allumée. Ce n'est qu'un ramassis de bêtises, je ne vous crois pas de toute façon.

En levant sa tête vers le haut, de manière hautaine, Ayaka décida de rejoindre sa chambre et laissa les deux garçons seuls. Cette histoire ne pouvait pas être vraie, Yukimura ou Yanagi auraient été au courant si une telle chose s'était produite ici. Niou n'était qu'un menteur, mais Marui... Elle ne pensait pas que Marui pourrait mentir sur ce genre de chose... Si ?

-Fais attention à toi, cela pourrait être ta dernière nuit parmi nous, lui cria Niou en la voyant disparaître au détour d'un couloir.

Ayaka se retourna une seconde, lui fit un doigt en l'air et disparu de leur vue. Niou laissa échapper un rire à son geste alors qu'une larme coulait de son œil.

-Tu penses vraiment que ça va fonctionner ? Lui demanda Marui. Elle ne semblait pas aussi convaincue qu'on pensait qu'elle le serait.

-Ne t'en fais pas pour ça, je suis sûr qu'elle est morte de trouille à l'heure qu'il est. Et si jamais elle ne nous croit toujours pas, elle passera la meilleure nuit de sa vie.

En voyant le regard inquiet de Marui, Niou soupira d'exaspération.

- Quoi, tu ne veux plus le faire ? C'est juste pour s'amuser.

- Mais... Et si Yanagi l'apprend ? S'inquiéta Marui en croisant ses bras derrière sa tête et en s'adossant au dos du fauteuil.

- Connaissant Kirihara, elle n'osera jamais en parler à Yanagi. Cette fille essaye toujours de paraître plus forte qu'elle ne l'est vraiment alors que ce n'est qu'un petit bébé pleurnichard qui aime se plaindre pour tout, marmonna Niou.

Marui lui lança un regard perplexe.

- Pourquoi est-ce que tu es aussi dur avec elle ? Elle ne t'a rien fait. Je ne comprends pas.

-... Rien. C'est juste comme ça. J'ai envie de m'amuser un peu avec elle. Une petite frayeur n'a jamais fait de mal à personne, dit Niou avant de se lever, mettant fin à la conversation.

Alors qu'il empruntait le même chemin qu'Ayaka, il revint sur ses pas pour se placer devant Marui, qui n'avait toujours pas bougé.

- Ne penses pas que je ne t'ai pas vu, tu t'es presque étouffé au bruit de l'horloge, se rappela Niou. Attend que j'en parle aux autres, ils vont en rire.

Niou laissa Marui à lui-même, alors que ce dernier le menaçait d'avouer cet évènement aux autres. Comme s'il n'avait jamais été surpris aussi.


En arrivant dans le couloir où se trouvait sa chambre, Ayaka s'immobilisa quelques secondes sans bouger. Elle jeta des regards autour d'elle au moindre bruit suspect. Elle posa un pied devant l'autre et s'arrêta devant sa chambre, la numéro 13. Une boule se forma dans sa gorge. Une personne pourrait s'être suicidée dans sa chambre et il y avait un risque potentiel qu'elle soit possédée par cet esprit et qu'elle finisse par mourir dans d'atroces souffrances. Elle força un rire à sortir de sa gorge, n'ayant pourtant pas un seul soupçon d'humour. C'était des conneries. Ils cherchaient juste à lui faire peur, c'était simplement ça.

Elle ne savait pas combien de temps elle était restée ainsi devant la porte coulissante, mais quand elle reprit ses esprits, une main se plaça sur son épaule.

Elle sursauta au contact et se retourna brusquement pour voir Renji, le visage tordu dans une expression d'inquiétude.

-Ayaka, tu vas bien ? Ça fait un moment que je t'observes et tu restes planter devant ta porte sans rien faire. Il y a un problème ?

La scène du bain lui revint en tête et elle rougit brusquement en détournant le visage. Elle répondit tout de même faiblement à son copain, bien qu'elle ne lui dit pas toute la vérité. Elle ne voulait pas se faire passer pour une faiblarde devant lui.

-Ne t'en fais pas, tout vas bien. J'étais juste perdue dans mes pensées, mentit-elle en grattant l'arrière de sa tête et en essayant de faire un sourire, maladroitement.

Yanagi acquiesça, mais ne rejoignit pas sa chambre pour autant.

-Renji-senpai ?

Sans qu'elle ne s'y attende, la main de Renji prit la sienne et il déposa quelque chose dans sa paume. Elle le regarda fixement et pencha légèrement sa tête sur le côté en signe d'interrogation.

-C'est un porte-bonheur que j'ai acheté pour toi au temple que l'on a visité cet après-midi, lui avoua-t-il en souriant.

-Il ne fallait pas, déclara-t-elle.

-Tu m'as exactement dit la même chose pour la barrette, il y a quelques jours, rit-il en touchant du bout de la main la pince se trouvant dans les cheveux de la jeune fille. Ça me fait plaisir de te le donner, donc ne le refuses pas.

Pour prouver qu'elle l'acceptait volontiers, elle plaça rapidement le porte bonheur autour de son cou. Elle releva ensuite la tête vers le garçon aux cheveux bruns et lui sourit. Elle regarda ensuite fixement le sol sous elle, se dandinant sur elle-même.

-Je voulais vraiment m'excuser pour tout à l'heure. J'espère que tu n'as plus mal au dos, s'excusa-t-elle tout à coup, surprenant Renji.

Il passa une main dans ses cheveux noirs et lui dit de ne pas s'en faire pour ça, que c'était un accident. Il déposa un rapide baiser sur ses lèvres avant de rejoindre sa chambre. Les joues d'Ayaka prirent une couleur cramoisie et elle finit par entrer dans sa chambre, un sourire amoureux sur les lèvres. Elle oublia complètement ce que lui avait expliqué ses deux senpais plus tôt et installa son futon, se couchant immédiatement après l'avoir déplié et éteint la lumière.

La lumière de la Lune éclairait une petite partie de la pièce, la rassurant intérieurement de ne pas être plongé dans le noir le plus total dans cette pièce si vide.

Ayaka ferma les yeux et se retourna plusieurs fois dans sa couche en repensant au baiser de Renji sur ses lèvres. Ce baiser la maintenait plus éveillé qu'autre chose. Et alors qu'elle repensait à la journée qu'elle venait de passe en compagnie de Yanagi et des autres habitués et au message de sa sœur ainée, le sommeil vint finalement la trouver, l'envoyant rejoindre les bras de Morphée.

Niou, allongé dans son futon, sourit en pensant à son plan. Il allait être parfait. Ayaka serra effrayée au point de ne plus jamais vouloir l'ennuyer et l'insulter. Il allait s'en assurer.


Un bruit sourd réveilla soudainement Ayaka, les yeux s'habituant lentement à l'obscurité de la pièce. Elle bailla et se redressa dans son futon, se frottant les yeux. En regardant autour d'elle, elle ne vit rien d'anormal et se recoucha tout aussi rapidement, le sommeil encore fort présent.

Un nouveau bruit lui fit rouvrir les yeux, son rythme cardiaque s'élevant d'un cran. Ayaka se redressa à nouveau, la couverture glissant sur ses genoux. Ses yeux s'accommodaient à nouveau au peu d'éclairage de la pièce, la seule lumière venant de la Lune qui éclairait le ciel nocturne. Et aussi soudainement que le bruit qui venait de la réveiller, la voix de Niou apparut dans sa tête.

/ Il semble s'être pendu avec ses draps.../

/ ...il apparaît pendant la nuit pour prendre possession du corps la personne dormant dans sa chambre et le contrôler pour lui faire vivre la même chose qu'il a vécu.../

Le ventre de la jeune fille se tordit alors qu'elle serrait sa couverture fort contre sa poitrine. Un sentiment malaisant prit place en elle et des scénarios plus farfelus les uns que les autres se formèrent dans sa tête. Ce que lui avaient dit Niou et Marui ne pouvait pas être vrai. Ils mentaient, c'était sûr. Ça ne pouvait pas être la vérité. Ils voulaient juste lui faire peur, non ?

En regardant autour d'elle, Ayaka vit que la chambre de sa porte était légère entrouverte. La jeune fille se souvint alors qu'elle n'avait pas fermé la porte avant de s'endormir. Ayaka soupira de soulagement en pensant que ce n'était que sa porte qui avait dû s'ouvrir à cause d'un courant d'air et rien d'autre. Ayala se leva de son futon, ajustant son yukata et marcha doucement vers la porte, la fermant silencieusement.

Un mouvement brusque dans le coin de son œil attira soudainement son attention et elle se retourna lentement, pivotant sur elle-même. Un cri se forma dans sa gorge, mais sa voix ne sortit pas, la peur la prenant d'une telle rapidité que le resserrement de sa gorge ne permettait à aucun son de s'en échapper. Ses yeux restèrent fixer sur la silhouette qui venait d'apparaître dans le coin de sa chambre, le plus sombre de la pièce. Une corde pendant autour du cou de la personne qui semblait.

Rêvait-elle encore ? Est-ce que l'histoire d'horreur de Marui et Niou l'avait à ce point terrifier ?

Passant une main dans son dos, elle attrapa la poignée de la porte et la baissa lentement, ouvrant la porte de sa chambre d'un geste lent et silencieux.

La silhouette fantomatique s'avança soudainement vers elle alors qu'Ayaka sortait de la chambre, des larmes de peur se formant au coin de ses yeux. Elle avait envie de crier, que Renji vienne l'aider, la sauver, mais elle n'y arrivait pas, sa voix restait bloquer dans sa gorge. Niou et Marui avaient raison, c'était l'esprit de l'homme qui avait pris sa propre vie et qui hantait désormais cette pièce. C'était lui. Il venait après elle, parce qu'elle s'était permise de dormir dans cette chambre...

La silhouette fantomatique réduit un peu plus la distance entre eux et Ayaka passa à l'action.

Rassemblant le peu de courage qu'elle pouvait encore trouver en elle, Ayaka s'élança dans le couloir, courant en direction des escaliers et essayant de rejoindre le plus vite possible l'accueil, à la recherche de quelqu'un qui pourrait l'aider. La chambre des garçons se trouvait à l'opposé des escaliers, la fin du couloir se terminant sur une impasse, elle n'avait pas le temps de venir toquer à leur porte, l'esprit sur ses talons.

Alors qu'elle s'élançait dans les escaliers, elle fit très attention en les descendant, ne voyant pas grand chose avec toutes les lumières éteintes. Il faisait si sombre qu'elle ne pouvait pas voir à plus d'un mètre. En arrivant encore en un seul morceau au bas des escaliers, près de l'accueil de l'auberge, Ayaka se retourna pour vérifier si l'esprit l'avait suivi jusqu'ici.

Personne.

Il n'y avait personne derrière elle.

Elle était toute seule.

Reprenant son souffle et s'accroupissant au sol, Ayaka posa une main sur son cœur qui battait la chamade. Quelques larmes coulèrent de ses yeux, la peur lui prenant la gorge. Est-ce que ça c'était vraiment passé ? Est-ce que c'était réel ? Elle avait peur de remonter les escaliers pour s'assurer que l'esprit était toujours dans le couloir. Sa main quitta son cœur pour venir serrer le porte bonheur que Renji lui avait passé avant de se préparer à dormir. Est-ce que ce cadeau la protégera si elle remontait à l'étage ? Elle n'avait même pas pris son téléphone avec elle, ni ses chaussures d'intérieur. Elle avait son porte-bonheur, son yukata sur elle et la pince que Renji lui avait offert. Rien d'autre.

Alors que sa respiration s'égalisait et que rien ne venait perturber le silence de l'auberge endormi, Ayaka se demanda un instant si ce n'était vraiment pas un rêve, si elle n'avait juste pas imaginé tout cela ?

- Je ressemble à une idiote, s'amusa Ayaka essayant de calmer la peur dans son ventre.

Elle se releva et s'avança vers les escaliers, prête à remonter dans sa chambre et à oublier à jamais ce qui venait de se passer. Elle avait encore peur, mais c'était ridicule. Il n'y avait plus rien, pas un bruit de pas venant des escaliers. Personne ne l'avait suivi jusqu'au rez-de-chaussée. Les employés devaient probablement tous dormir en ce moment, elle ne pouvait pas se permettre de rester ici et de causer des problèmes. Elle allait remonter gentiment les escaliers et retourner dans sa chambre. S'allonger dans son futon et se rendormir comme si rien n'était arrivé, c'était aussi simple que ça.

Hochant la tête et sentant une nouvelle détermination grandir en elle, Ayaka se dirigea vers les escaliers, sa main longeant le mur de manière à ne pas trébucher.

"Tap"

Ayaka s'immobilisa.

Un bruit de pas.

"Tap"

Un autre.

Juste derrière elle.

Une main agrippa son bras et Ayaka se détourna, s'éloignant de l'emprise. Son regard croisa les yeux rouges d'une figure blanchâtre. Une longue corde pendait autour du cou de la silhouette.

Il était là, il l'avait suivit, elle allait vraiment mourir.

Un regard sur l'entrée suffit à pousser Ayaka à courir de toutes ses forces vers les portes. Si elle s'avançait trop loin dans l'auberge, elle avait peur de se perdre dans le dédalle de couloirs, ne connaissant pas suffisamment les lieux pour s'enfuir plus en profondeur dans l'établissement. Et ses jeux-vidéos lui avaient toujours appris qu'un esprit hanté ne pouvait s'aventurer très loin de son lieu de mort. Si elle sortait de l'auberge, elle sera sauvée.

Ne réfléchissant pas une seconde de plus, Ayaka se précipita vers les portes et les poussa, surprise de constater qu'elles étaient restées ouvertes. L'air froid de la nuit lui frappa le visage alors qu'elle s'éloignait rapidement des portes, ces dernières se refermant derrière elle avec un bruit sourd. Ses pieds s'enfoncèrent dans le gravier du petit chemin menant vers l'entrée, mais la douleur n'était pas aussi forte que la peur qui la consumait toute entière. Elle se tourna vers les portes, regardant si le fantôme allait la suivre ou pas. Si c'était comme dans ses jeux, elle ne risquait plus rien maintenant. Elle s'en fichait d'attendre des heures à l'extérieur, du moment que ce fantôme la laissait tranquille.

Elle aurait dû écouter Niou et Marui, peut-être qu'ils auraient pu lui donner des conseils.

Les portes de l'auberge s'ouvrirent lentement, un fin grincement accompagnant leur ouverture. Ayaka serra son yukata, les mains tremblantes. Les larmes qu'elle avait réussi à repousser jusqu'ici revenaient au gallot alors que l'esprit s'avançait vers elle, le bras tendu dans sa direction.

- Je... Je ne veux pas mourir, murmura Ayaka les larmes coulant sur ses joues.

S'éloignant encore plus des portes principales de l'auberge, essayant de mettre le plus de distance entre elle et l'esprit, son regard se fixa sur les arbres qui entouraient l'auberge. C'était sa chance, elle pouvait le semer. Ayaka souleva le bas de son Yukata et s'élança vers la forêt, arrachant le porte-bonheur de Renji et le lançant en direction du revenant.

Et sur le moment, les seules choses auxquels faisait attention Akaya étaient sa vie et le chemin qu'elle empruntait. Elle se rassura mentalement en se disant qu'elle arrivera à retrouver sa route, une fois qu'elle sera en sécurité et que le soleil commencera à se lever. Mais elle ne fit pas assez attention, son esprit brouillé par la peur et ses yeux brouillés de larmes. Son corps disparu derrière le tronc des arbres, ne laissant rien derrière.


Marui patientait dans le couloir jusqu'à ce qu'il voit Niou revenir vers lui, un rire hystérique secouant ses épaules. Il se leva de sa position indienne dans le couloir et marcha vers lui, curieux et tout de même inquiet. Le rouge avait enlevé sa perruque et la corde qu'il avait attaché autour de son cou. Niou l'avait imité et avait enlevé son déguisement, beaucoup plus sophistiqué que celui de son ami aux cheveux rouges.

-Où est Ayaka-chan ? Demanda-t-il inquiet de ne pas la voir avec son ami.

Depuis qu'il l'avait vu disparaître dans les escaliers, les larmes aux yeux, il s'en était un peu voulu de l'avoir surpris en pleine nuit. Il pouvait se souvenir de son visage tordu de peur au point où il avait presque failli laisser tomber l'acte.

-Je ne sais pas, mais la tête qu'elle tirait était mémorable. J'aurais tellement voulu avoir un appareil sur moi pour immortaliser ce moment.

-... Comment ça tu ne sais pas ? Répondit Marui. Jusqu'où est-ce que tu l'as poursuivi ?

- Quelle chance incroyable que les portes de l'auberge soient restées ouvertes, tu ne penses pas ? Ricana Niou en passant une main dans ses cheveux ébouriffés. Elle m'a même lancé le porte bonheur que Yanagi lui a acheté en pensant que ça pourrait l'aider. Elle est tellement naïve, renifla Niou. Elle s'est vraiment cru dans un jeu vidéo.

- Niou... Qu'est-ce que tu as fait ? Répéta Marui, l'inquiétude montant en lui.

- Marui, ne me dis pas que tu regrettes maintenant ? Soupira Niou, ennuyé de voir son ami s'inquiéter pour Kirihara. C'est juste une blague, elle va revenir.

Marui resta silencieux quelques secondes.

-... Tu l'as enfermé dehors ? S'informa Marui, regardant les escaliers qui menaient vers le bas.

- Non, les portes sont encore ouvertes, mais l'imbécile s'est enfuie vers la forêt. Elle devrait être de retour dans une dizaine de minutes. Elle n'a sûrement pas eu le courage de s'enfoncer très loin, lui dit Niou en repliant la robe blanche et la corde qui lui avaient servi de déguisement. Sa perruque reposait dans le creux de son coude.

Marui se sentit mal en repensant à nouveau à Ayaka. Il avait voulu s'amuser aussi, mais ça n'avait pas semblé se dérouler normalement, Niou avait été plus loin que prévu. Contrairement à ce que Marui avait pensé d'elle, Ayaka était assez facile à surprendre et à manipuler. Peut-être n'auraient-ils vraiment pas du faire cela ? Et si elle venait à en garder des cauchemars... ? Est-ce qu'ils l'avaient traumatisé ?

- Tu ne penses pas qu'on devrait aller la chercher ? Déclara Marui, espérant voir la fille aux cheveux noirs débarquée à tout moment par les escaliers.

- Non, elle est grande, elle reviendra bien toute seule, nia Niou. Je ne vois pas pourquoi tu t'en fais autant pour elle, elle peut se débrouiller. Ce n'est pas une petite blague comme ça qui va lui faire du mal, rajouta Niou en s'avançant vers la porte de leur chambre, à côté de celle encore grande ouverte d'Ayaka. Si tu veux l'attendre, fais-le, mais moi je retourne me coucher. Ma mission est terminée, puri, sourit Niou avec accomplissement.

- Ta mission ?

Niou se figea, Sanada se trouvant debout devant lui, les bras croisés sur sa poitrine.

-Sanada, tiens, tu es réveillé ? Commença l'illusionniste.

-Niou, Marui, que faites-vous debout à une heure pareille ? Leur demanda Sanada, le visage sombre.

Ne recevant aucune réponse de Niou qui se contenta de détourner le visage et d'essayer de le contourner, Sanada posa son regard sur Marui qui baissa le sien. Le vice-capitaine remarqua alors que la porte de la chambre juste à côté de la leur était ouverte. Celle de Kirihara. Il fronça des sourcils et s'avança vers la pièce avant que Niou n'essaye de le stopper.

- Niou, bouge de là, lui ordonna Sanada comprenant rapidement que ces deux-là avaient quelque chose avoir avec ça.

L'illusionniste ne se déplaça pas jusqu'à ce que Marui le tire de côté. Niou se retourna vers Marui surpris avant de froncer des sourcils et de lui demander s'il était de son côté ou pas.

-Ayaka-chan ne revient pas, expliqua Marui de plus en plus préoccupé. Elle devrait déjà être rentrée. Je m'inquiète Niou, ce n'est pas normal.

-Elle est sans doute à l'accueil. Elle doit avoir trop peur de remonter pour le moment, soupira Niou.

Sanada se tourna vers les deux garçons, les regardant fixement. La jeune fille n'était pas dans sa chambre.

-Où est Kirihara ?

Alors que Marui ouvrait sa bouche pour parler, Niou le fit taire d'une main. Il lui lança un long regard. Sanada le remarqua vite et frotta ses tempes de fatigue.

-Si aucun de vous deux ne parle, il risque d'y avoir de très graves conséquences, les avertit-il.

Une douce voix l'interrompit dans son interrogatoire alors que Sanada se retournait vers la chambre qu'il avait quitté quelques minutes auparavant.

-Genichirou, que se passe-t-il ? Pourquoi êtes-vous tous les trois debout ? Leur demanda Yukimura, baillant doucement.

La lumière de la chambre fut allumée par Yagyuu alors que Yanagi et Jackal étaient en position assise dans leur lit. Sanada soupira en remarquant que leur discussion avait l'air d'avoir réveillé tout le monde. Il se retourna vers Marui et Niou.

-Vous avez intérêt à tout nous expliquer, les conseilla Sanada en craquant ses doigts. Tout de suite.

Marui baissa les yeux vers le sol alors que Niou grimaçait au ton employé par Sanada. Maintenant que tout le monde était réveillé, il n'y avait plus de retour en arrière. Niou lança un regard irrité vers Marui avant d'entrer dans la chambre, Marui et Sanada sur ses talons.


Ayaka regardait tout autour d'elle, angoissée. Où se trouvait-elle ? Elle avait couru dans une direction aléatoire, espérant retrouver l'Onsen rapidement, mais rien.

-Je suis perdue, murmura-t-elle lentement.

Ses mains tremblèrent, ses yeux étaient vides de larmes et semblaient prêt à exploser tellement ils étaient gonflés. Comment allait-elle faire pour retrouver son chemin ? Il faisait tellement sombre qu'elle ne voyait même pas ses pieds, les branches d'arbres cachant la lumière que pouvait refléter la lune.

Elle avait peur, très peur. Si elle ne s'était pas aventurée aussi loin, elle n'en serait pas là.

-Renji-senpai, aide-moi, pensa-t-elle mentalement.

Elle reprit sa marche et continua d'avancer dans une direction quelconque, se reposant plus sur sa chance qu'autre chose.

-Tout se ressemble, dit-elle pour elle-même en essuyant les traces de larmes qui restaient coller à ses joues.

Elle en avait marre et elle était fatiguée. Ses pieds lui faisaient mal et ses yeux brulaient d'avoir trop pleurer. Si seulement elle pouvait retrouver son chemin et rentrer à l'auberge. Ayaka déplaça sa main vers la barrette qui maintenait ses cheveux en place. Elle avait lancé le porte-bonheur en dernier recours et maintenant il ne lui restait plus que sa barrette.

Alors qu'elle marchait lentement sans but, son pied se pris dans une branche et Ayaka se sentit partir vers l'avant. La scène du bain lui revint en tête, mais elle savait très bien que personne ne la rattraperait cette fois-ci. Elle sentit son corps dévaler une pente, son dos et ses membres percutant des branches et des bouts de bois jonchant le sol de la forêt. Tous ses membres criaient de douleur alors qu'elle essayait de se remettre debout. Une douleur sourde pulsait sur le côté de son crâne et ses yeux finirent par se fermer petit à petit alors qu'elle abandonnait finalement l'idée de retourner auprès de ses senpais.

-Renji... -senpai, murmura-t-elle avant de sombrer dans l'inconscience.


-Vous avez fait quoi ? S'exclama dangereusement Yukimura en fusillant du regard les deux garçons assis devant lui.

-C'était juste une blague, je ne m'attendais pas à ce qu'elle ait aussi peur et qu'elle s'enfonce dans la forêt, déclara Niou ennuyé d'être ainsi questionné. Mais Jackal va sûrement revenir avec elle. Elle doit être à l'accueil maintenant.

Marui, à sa droite, mâchait mollement un chewing-gum. Il avait déjà expliqué le rôle qu'il avait eu dans la farce et n'avait rien d'autre à dire, la culpabilité prenant le dessus sur lui. La porte de la chambre s'ouvrit et Jackal entra dans la pièce.

- Alors ? Lui demanda Yukimura, les bras croisés.

- Elle n'est pas là, dit-il en se rasseyant aux côtés de ses coéquipiers.

-C'est mauvais, dit Yagyuu, ses lunettes brillants étrangement.

-Qu'y a-t-il, Yagyuu ? Lui demanda Sanada.

Le gentleman des courts soupira en leur expliquant que l'auberge, situé sur la montagne, surplombait la rivière Haya-Kawa.

-Ouais, et alors ? Soupira bruyamment Niou.

L'illusionniste se tut en voyant le regard que lui lançait Yukimura.

-Si elle s'enfonce trop loin dans la forêt, à cause de l'obscurité, elle risque de tomber, les informa Yagyuu gravement.

Tout le monde se tut à l'information. Yanagi qui était resté silencieux jusque là, se leva brusquement, mettant ses chaussures. Et alors qu'il ouvrait la porte, la main de Sanada sur son épaule le stoppa. Les autres occupants de la pièce les regardaient.

-N'y va pas. Prévenons les secours, essaya de le raisonner le vice-capitaine.

-Et prendre le risque de l'apprendre morte lorsqu'ils la retrouveront ? Très peu pour moi. Je préfère aller la chercher moi-même. Le temps est compté. Les secours n'arriveront peut-être pas à temps.

Le ton froid de Renji étonna l'entièreté de la pièce. C'était la première fois qu'ils le voyaient dans un état pareil. Mais, après tout, la personne dont on parlait était celle qu'il aimait. Yukimura pensa un instant que si quelque chose devait arriver à Sanada, il serait dans le même état que Renji.

-Niou, commença Yanagi en se retournant vers lui.

Ses yeux ouverts le fixaient froidement.

-Si jamais il lui arrive quoique ce soit, je ne te le pardonnerais pas. Tu m'entends ?

Niou ne baissa pas son regard face à celui du brun, mais il savait que ce dernier ne plaisantait pas. Il était des plus sérieux.

-Nous allons t'accompagner, Renji, le prévint Yukimura en se levant.

Ils se mirent donc tous d'accord pour partir à la recherche d'Ayaka eux-mêmes. Niou fut forcé de venir, la situation dans laquelle ils se trouvaient étant presque entièrement de sa faute. Marui, lui, s'était proposé directement, plus qu'inquiet pour sa kohai. Il avait lié des liens d'amitiés avec elle et il ne voulait pas qu'elle se retrouve plus blesser plus qu'ils ne l'avaient déjà fait, Niou et lui.

-Genichirou, Renji et moi, nous allons dans cette direction, débuta Yukimura en tendant sa main vers une partie de la forêt. Niou et Yagyuu, vous allez par là.

Le bleu regarda Yagyuu d'un air d'accord. Yagyuu allait veiller à ce que Niou ne s'enfuit pas durant les recherches.

-Et Marui et Jackal, vous allez par là. Si vous la trouvez, envoyez un message à chacun d'entre nous, continua-t-il. Si au bout d'une heure nous n'avons toujours rien, on préviendra les secours.

Tout le monde hocha de la tête, Niou la balançant seulement d'un côté à l'autre. Ils partirent alors, la lampe de leur téléphone éclairant le chemin, et ils s'avancèrent dans la direction choisi. Renji serra fortement son téléphone. Il ne voulait pas penser au pire.

-Renji, on va la retrouver, le rassura doucement Yukimura voyant l'expression de son ami.

Yanagi leva sa tête vers Sanada et Yukimura qui le regardaient déterminés. Oui, ils allaient la retrouver. Un petit éclat attira soudainement l'attention de Yanagi, qui se pencha pour le ramasser avant de remarquer ce que c'était.

-Ayaka, murmura-t-il en regardant le porte-bonheur de sa petite-amie dans sa paume.

Il rattrapa rapidement ses deux amis, qui avaient pris un peu d'avance et prit une grande respiration. Ils allaient la retrouver, saine et sauve.


Le temps passait et ils n'arrivaient toujours pas à la retrouver. Ils étaient finalement arrivé à la fin de la forêt, au-dessus de la falaise dont Yagyuu leur avait parlé. Renji refusa de croire qu'elle puisse être tombée et regarda aux alentours, s'assurant de vérifier chaque parcelle de forêt qu'ils n'avaient pas encore fait.

Yukimura et Sanada le fixèrent, désolés. Ils allaient devoir prévenir les secours, le délais d'une heure bientôt écoulé.

-Renji, laissons les secours la retrouver, essaya de lui dire calmement Yukimura bien que lui aussi soit tout aussi inquiet pour leur kohai.

-Elle ne peut pas être tombée, elle doit sûrement s'être arrêtée quelque part et s'être endormie, déclara le grand garçon. Elle ne peut pas...

Yanagi s'éloigna de la falaise, ses deux amis sur ses talons. Yukimura et Sanada pouvaient voir la peur grandir sur son visage, la faible probabilité de retrouver Akaya pesant dans son cœur. Il serra fermement le porte-bonheur qu'il avait offert à Akaya dans sa main, priant pour la retrouver avant la fin de l'heure.

-C'est la première fois que je vois Renji dans cet état, dit Sanada à Yukimura, ce dernier s'appuyant contre son vice-capitaine.

-C'est d'Ayaka dont il est question. Il l'aime beaucoup plus que nous semblions le penser, raisonna Yukimura en souriant doucement bien que son sourire soit très léger, les sourcils froncés d'inquiétude.

Subitement, les deux virent Renji s'abaisser au sol et ramasser quelque chose.

-Qu'est-ce ? Demanda Sanada en s'approchant.

-C'est la pince à cheveux que j'ai donné à Ayaka avant qu'on l'on ne parte, avoua-t-il en se penchant un peu vers l'avant.

Il vit alors une pente très raide descendre vers le bas, le fond étant caché par des buissons et autres.

-Ne me dites pas qu'elle serait là en bas ? S'exclama faiblement Yukimura, s'approchant prudemment du bord, essayant de discerner la moindre trace de la jeune fille.

-...Je vais aller voir, proposa directement Renji en entamant la descente d'un pas lent et prudent.

Il n'attendit pas la réponse de ses deux amis pour continuer la descente. Sanada se retourna vers son capitaine et lui dit d'envoyer un message aux autres, comprenant qu'Ayaka était probablement à quelques pas d'eux et qu'ils avaient plus de chance de la retrouver avec les autres.

-D'accord, mais que comptes-tu faire Genichirou ? L'interrogea Yukimura en le voyant imiter Renji.

-Je n'aime pas le savoir seul là-dedans, expliqua-t-il grave. Yukimura, reste ici et attends les autres. On vous préviendra si on la trouve.

Et comme son ami, Sanada descendit sans prendre le temps d'écouter la réponse du bleu. Ce dernier soupira avant de murmurer à lui-même que Sanada n'avait plus à l'appeler par son nom de famille maintenant qu'ils étaient ensemble. Yukimura serra fort contre lui son téléphone, le message envoyé aux autres habitués. Il espérait vraiment qu'Ayaka soit saine et sauve.


Renji arriva rapidement en bas, prenant garde à ne pas trébucher sur les bouts de bois recouvrant le sol de la forêt. Il tourna le flash dans son téléphone dans toutes les directions, espérant voir Ayaka. Il fit un pas avant de sentir une main se poser sur son épaule. Yanagi se retourna, surpris, croisant le regard de Sanada.

-Genichirou ? Tu n'es pas en haut avec Seiichi ?

-Je lui ai demandé de prévenir les autres pendant que je venais t'aider. Je n'aime pas te savoir seul avec ce qu'il se passe, déclara-t-il fermement à son ami.

Renji sourit faiblement à son vice-capitaine. Ils reprirent les recherches, faisant attention à l'endroit où ils mettaient les pieds. Des couleurs bleue et blanche attirèrent soudainement le regard de Yanagi alors qu'il se pressait dans cette direction.

- Ayaka... Ayaka !

Sanada s'avança sans attendre vers son ami et le vit s'accroupir à hauteur d'Ayaka, allongée sur le sol. Inconsciente. Yanagi s'assura rapidement qu'elle respirait encore en approchant son oreille de son visage. Il entendit une faible respiration, le soulageant quelque peu. Sanada le rejoignit et ils virent alors que la jeune fille était blessée et que du sang recouvrait une de ses tempes. Yanagi souleva le haut de son corps, la bougeant délicatement. Sanada déchira une partie de son yukata, essuyant le sang qui recouvrait le visage de sa kohai.

Yanagi sentit ses bras trembler alors qu'il serrait un peu plus Ayaka contre lui. Il l'avait finalement retrouvé. Ils l'avaient trouvé. Il était tellement soulagé.

- Renji, dépêchons-nous de rentrer. Son corps est gelé, lui dit Sanada en se relevant et en aidant Yanagi à faire de même.

Sanada prit Ayaka sur son dos, les membres de Yanagi tremblants trop pour le faire. Le fait d'avoir retrouvé la jeune fille lui avait soudainement pris toutes ses forces. Muni de la lumière de son téléphone et de celle de Sanada, Yanagi l'aida à reprendre le chemin inverse, bougeant les plus gros obstacles afin que son vice-capitaine ne tombe pas.

En arrivant en haut, Yanagi et Sanada virent Yukimura ainsi que Marui et Jackal, Yagyuu et Niou ne semblant pas encore être arrivés.

- Genichirou, Renji, les appela Yukimura alors que le duo s'avançait vers eux.

Les 3 garçons remarquèrent bien vite la présence d'une Ayaka inconsciente sur le dos du vice-capitaine.

- Ayaka-chan ! Marui s'exclama en s'élançant vers Sanada qui portait la plus jeune.

Marui avait les larmes aux yeux, soulagé d'avoir enfin retrouvé Ayaka. Il avait eu si peur. Si quelque chose lui était arrivé, ça aurait été leur faute, à Niou et à lui-même. Il le savait et il n'aurait jamais pu se pardonner.

- Comment va-t-elle ? Leur demanda Yukimura en s'avançant vers le duo qui venait de les rejoindre, Jackal sur ses talons.

- Elle a une blessure à la tête et des coupures aux jambes. Elle doit aussi avoir quelques bleus si elle s'est retrouvé là-bas inconsciente, leur expliqua Sanada en pointant du menton le petit ravin duquel ils venaient de revenir. Il faudra bien la réchauffer, son corps gelé. Je pense qu'elle souffre d'une légère hypothermie, continua Sanada en resserrant son emprise sur Ayaka.

Elle ne bougeait toujours pas, restant inerte sur son dos. Yukimura acquiesça au mot de son petit-ami avant de lancer un regard à Yanagi qui ne quittait pas des yeux Ayaka. Alors que Sanada, Marui et Jackal commençaient à partir vers l'auberge, faisant attention à ne pas trop secouer la jeune fille, Yukimura prit place à côté de son ami.

- Renji... Est-ce que tu vas bien ? S'inquiéta Yukimura.

- Je suis soulagé de l'avoir retrouvé, répondit Yanagi faiblement. Mais... La voir dans cet état, je...

Yukimura pouvait voir que ses mains tremblaient et décida de leur prendre dans les siennes, rassurant son ami.

- Elle ira bien, nous allons nous en assurer, lui sourit Yukimura.

Yanagi acquiesça faiblement, suivant Yukimura et le reste. Il ne quittait pas du regard Ayaka. Il ne le ferait plus désormais.


En arrivant à l'auberge, le groupa ayant croisé Yagyuu et Niou qui venaient dans leur direction. Jackal et Yukimura décidèrent d'aller trouver la gérante de l'auberge ou un employé, espérant recevoir de l'aide pour s'occuper d'Ayaka et la soigner du mieux possible. Yagyuu qui avait pris une fine écharpe pour chercher Ayaka dans la forêt l'enroula autour d'elle, espérant la réchauffer un peu.

Le groupe décida d'attendre à l'accueil, Sanada déposant Ayaka sur l'un des fauteuil, faisant attention à ne pas être trop brusque. Yanagi prit place à côté d'elle, surveillant tout signe de réveil, mais il était fort probable qu'elle reste endormie jusqu'au lendemain. Ses poings se serrèrent de frustration alors qu'il continuait de la fixer. Il avait laissé cela arriver.

- Que s'est-il passé ici ?

La voix d'une femme attira l'attention du groupe alors que Yukimura et Jackal avançaient dans leur direction, une vieille femme à leur côté.

- C'est Yamato Sakura-san, elle dirige cette auberge, leur expliqua Yukimura, voyant leur regard perdu.

- Alors, est-ce que vous pouvez m'expliquer ce qu'il se passe ? Leur demanda Yamato, inquiète pour ses clients.

- Notre amie est blessée, surtout au niveau de la tête, lui dit Jackal en montrant Ayaka qui était allongée sur le fauteuil. Est-ce que vous pouvez l'aider?

Yamato s'approcha de la jeune fille avant de s'accroupir à côté du fauteuil, écartant les cheveux du visage d'Ayaka, cherchant à voir de plus près sa blessure à la tête. Et alors qu'elle regardait de plus près la jeune fille inconsciente, elle la reconnut.

- Mais c'est la jeune Kirihara, s'exclama Yamato, son regard inquiet.

- Vous la connaissez, Madame ? S'étonna Yagyuu, en ajustant ses lunettes sur son nez.

Les autres semblaient tout aussi surpris, bien que Yanagi finisse par mettre les pièces du puzzle ensemble, se souvenant de la conversation qu'il avait eu avec Ayaka dans la soirée.

- Elle m'a expliqué que vous aviez discuté ensemble quand elle a été se baigner, commença doucement Yanagi, attirant l'attention des autres.

- Oui, c'est une fille très vive et agréable, quoi qu'avec un sang très chaud, s'amusa un peu Yamato avant de vérifier le reste des blessures de la jeune fille. Elle m'a raconté des histoires sur vous tous. À quel point elle admirait votre tennis, ajouta Yamato avant de se relever. Donc, que s'est-il passé ? Comment s'est-elle retrouvée dans cet état ?

Le groupe resta silencieux quelques secondes avant que Marui ne s'avance vers la femme, s'inclinant devant elle et s'excusant. Marui avait au passage tiré Niou avec lui.

- C'est de notre faute, à Niou et à moi, commença Marui la voix tremblante. On voulait juste lui faire une blague, mais... Ca a mal tourné. On est vraiment désolé. Est-ce que vous pouvez l'aider ? Demanda Marui en relevant la tête vers la femme, des larmes de culpabilité aux creux se ses yeux.

Et alors que Marui continuait à s'excuser, Yamato le regardant tendrement, Niou resta silencieux, son regard fixé au sol. La voix de Yamato lui fit lever la tête.

- Et vous, jeune homme ? Vous n'avez rien à dire ? L'interrogea Yamato. Vous semblez aussi être concerné.

Niou plongea son regard dans le sien. Il ne voulait pas reconnaître ses torts, parce qu'il voulait simplement s'amuser un peu, lui faire une petite frayeur. C'était Ayaka qui avait décidé de s'enfuir aussi loin, c'était elle qui...

- C'est de sa faute, si elle ne s'était pas enfuie aussi loin, on n'en serait pas arrivé là, déclara Niou, enfonçant ses mains dans le tissu qui s'enroulait autour de sa taille.

- Niou !

Les autres s'étonnèrent de sa réponse, la colère montant en eux.

- Comment peux-tu dire ça, Niou ? Demanda Yukimura, le regard sombre.

- Si tu ne l'avais pas poursuivi aussi loin, en plein milieu de la nuit, après l'avoir réveillé aussi brusquement, elle n'aurait jamais été dans la forêt, continua Marui, les yeux embuer de larmes, les lèvres serrées.

- Niou, fais attention à ce que tu dis, l'avertit Sanada.

Niou fit une grimace, ne regardant pas ses coéquipiers. Le regard noir de Yanagi pesait sur lui, plus que celui des autres et de Sanada.

Encore une fois. Depuis qu'Ayaka était arrivée dans leur groupe, devenant la petite-amie de Yanagi, chaque farce ou blague qu'il lui faisait se retournait contre lui. Il devait faire attention à ce qu'il faisait autour d'elle, Yukimura surveillant ses faits et gestes, Sanada l'imitant. Yanagi prenant toujours le temps de calmer Ayaka, s'assurant qu'elle allait bien et qu'elle ne prenait pas ses plaisanteries trop au sérieux. Marui et Jackal étaient devenus des amis proches de la fille, l'invitant presque à chaque sortie que Niou avait l'habitude de faire avec eux et Yagyuu. Même Yagyuu le grondait quand ces blagues allaient un peu trop loin à son goût alors qu'auparavant, rien de tout cela n'arrivait. Il faisait ce qu'il avait envie de faire, à qui il voulait, quand il voulait. Il n'y avait personne pour le gronder. Même Marui s'amusait de ses farces, mais maintenant que cette fille était là...

Niou lança un regard à Ayaka, toujours inconsciente.

- ... Elle m'a expliqué votre relation et j'ai dit à la jeune Kirihara qu'elle devait essayer de devenir ami avec vous, que vous deviez mettre vos différents de côté. Je lui ai dit que vous pourriez vous ressembler plus que vous ne le pensiez tous les deux, lui dit Yamato, s'approchant de Niou.

- Ami ? Répéta Niou, incrédule.

- Oui, ami, affirma Yamato. J'espère que vous vous rendez compte qu'elle aurait pu mourir ce soir, rajouta-t-elle sombrement.

Les garçons se figèrent aux mots de Yamato. Ils y avaient pensé mais l'entendre à haute voix, c'était comme se prendre un seau d'eau glacé en plein visage.

- La peur a dicté les actions de cette jeune fille. Je suis sûre qu'en temps normal, elle n'aurait jamais pris le risque d'entrer dans la forêt en pleine nuit, leur expliqua Yamato. Maintenant vous allez me faire le plaisir de m'aider à transporter cette fille vers mes appartements, je vais soigner le plus gros de ses blessures.

Yamato s'éloigna du groupe, s'avançant dans la direction de ses appartements. Sanada lança un regard à Renji avant de passer ses bras sous les genoux et le dos d'Ayaka, la ramassant doucement du fauteuil. Renji suivit Sanada, ne jetant pas un regard à son équipe. Yukimura soupira et se retourna vers les autres. Marui essuyait le reste des larmes sur son visage, observant Ayaka s'éloigner d'eux, dans les bras du vice-capitaine.

- Retournez vous coucher, leur conseilla Yukimura. Genichirou, Renji et moi, nous allons nous occuper du reste.

- D'accord Yukimura-kun, acquiesça Yagyuu.

- Prenez soin d'elle, lui dit Jackal avant de rejoindre les escaliers, remontant dans leur chambre.

Marui le suivit lentement, les pieds trainant. Yagyuu s'apprêta à remonter également, mais s'arrêta en voyant que Niou ne bougeait pas. Ce dernier regardait Yukimura rejoindre ses deux amis, accompagnant Ayaka.

- Niou ?

- Oui, je viens, murmura Niou avant de suivre Yagyuu pour rejoindre leur chambre.


Alors que Yamato soignait les plaies d'Ayaka, le trio qui était venu avec elle s'installa sur le côté essayant de ne pas gêner la femme dans son boulot.

- Est-ce que vous avez besoin d'aide, Yamato-san ? Lui demanda Yukimura, s'inquiétant de ne rien pouvoir faire.

- Ne t'inquiète pas mon garçon, lui sourit doucement Yamato en bandant les jambes d'Ayaka, ces dernières couvertes de coupures encore fraiches.

L'odeur de l'antiseptique remplit rapidement la pièce alors que les troisièmes années laissaient la directrice de l'auberge terminer avec Ayaka. Ils la virent soulever doucement sa tête, enroulant un bandage d'un blanc immaculé autour, afin de maintenir en place la compresse appuyée sur le côté de sa tête. Elle se tourna ensuite vers les pieds de la jeune joueuse, la plante de ces derniers couverte de sang. Yamato humidifia un essui d'eau chaude et nettoya la terre et le sang, laissant des plaies ouvertes se dévoiler. La dame banda rapidement ses pieds, tout en désinfectant soigneusement les blessures. Finalement, elle appliqua quelques bandages autour des bras d'Ayaka, soignant les petites écorchures qui s'y trouvaient.

- J'ai terminé, annonça Yamato, attirant l'attention des 3 garçons.

- Merci beaucoup Yamato-san, lui sourit gentillement Yukimura en s'inclinant.

Sanada et Yanagi l'imitèrent avant que ce dernier ne rejoigne la fille, prenant sa main dans la sienne.

- Je vais m'occuper d'elle pour la nuit, la prévint Yamato, rangeant le matériel qu'elle avait sorti pour soigner Ayaka. Allez vous reposer les garçons, vous pourrez venir la voir dans la matinée.

- Yamato-san... On vous a assez dérangé comme ça, on ne veut pas abuser de votre gentillesse, commença Yukimura.

- Madame, nous ne voulons pas outrepasser les limites, ajouta Sanada, le regard fort.

Yamato rit doucement derrière sa main et poussa gentiment Yukimura et Sanada vers la porte.

- Ce jeune homme ici peut rester alors, leur dit-elle en montrant Yanagi aux côtés d'Ayaka. Mais vous deux, retournez dans votre chambre. Il faut que cette jeune fille se repose dans le calme, leur dit Yamato avant de leur fermer la porte au nez.

Renji cligna des yeux plusieurs fois, surpris de la tournure que prenaient les évènements avant de retourner son regard vers Ayaka. Elle n'avait toujours pas bougé depuis qu'ils l'avaient retrouvé. Il était inquiet, mais au moins, maintenant, il pouvait garder un œil sur elle.

Yukimura et Sanada, de l'autre côté de la porte, se lancèrent un regard avant que le bleu ne laisse échapper un rire, cachant ses lèvres derrière le dos de sa main. Sanada soupira d'amusement et croisa ses bras sur sa poitrine. Les deux prirent le chemin de leur chambre, la fatigue prenant doucement le dessus sur l'adrénaline qui circulait dans leur sang. La tension retombait. Enfin.

- Je suis content qu'on ait retrouvé Ayaka, murmura Yukimura.

La nuit était encore jeune, en retournant dans leur chambre, ils pourront encore dormir quelques heures avant de ne devoir se lever pour préparer leurs affaires et partir.

- Le voyage ne s'est pas déroulé comme prévu, rajouta le capitaine, attristé. Dire que c'était la première fois qu'Ayaka venait aux sources chaudes.

- Ce n'est pas la dernière fois, le rassura tranquillement Sanada, surprenant Yukimura.

Le capitaine leva la tête vers son ami d'enfance et petit-ami. Il sourit à sa remarque.

- Oui, tu as raison.

Un silence prit place pendant quelques secondes, le temps qu'ils remontent les escaliers. En arrivant dans le couloir menant à leur chambre, Sanada attrapa la main de Yukimura dans la sienne, surprenant ce dernier.

- Genichirou ?

Yukimura vit les joues de Sanada tourner au rouge alors que ce dernier détournait le regard, continuant de marcher vers leur chambre, entrainant son capitaine avec lui.

- Merci Genichirou.


- Ayaka.

Renji murmura son nom, son regard fixer sur elle. Depuis que Yukimura et Sanada l'avaient quitté, il n'avait pas bougé d'un centimètre. Il pouvait entendre Yamato bouger autour de lui, terminant de ranger la pièce.

- Elle ira bien, le rassura Yamato, en plaçant finalement une main sur l'épaule du garçon. Mais je pense qu'elle pourrait avoir une commotion légère, il faudra faire attention à elle quelques jours.

- Une commotion ? Répéta Renji, d'un ton inquiet.

- La jeune Kirihara a dû se cogner assez fort pour pouvoir en saigner, lui expliqua la vieille femme. Il y a de fortes chances qu'elle ait un traumatisme. Elle devra rester au calme quelques jours et être surveillée également.

Renji acquiesça aux paroles de Yamato, détournant à nouveau son regard vers Ayaka.

- Merci de l'avoir soigné, déclara Renji. Nous nous blessons souvent en jouant au tennis, mais ce sont souvent de simples écorchures ou des bleus. Le pire qu'on ait eu, ce sont des entorses. Jamais des blessures de ce type-là.

- Il n'y a pas besoin de me remercier jeune homme, lui sourit gentiment Yamato. Je ne m'attendais juste pas à passer une nuit pareille.

- Je m'excuse au nom de notre équipe de vous avoir dérangé en pleine nuit, se rendit compte Renji avant de se tourner et de s'incliner dans sa direction.

- Je ne dormais pas donc pas besoin de s'inquiéter pour ça, nia Yamato.

La directrice de l'auberge finit par s'asseoir de l'autre côté du lit d'Ayaka, dos à la seule fenêtre de la pièce. Elle fit un signe de tête à Renji avant de saisir quelques papiers, sortant un stylo pour commencer à écrire. Yanagi se contenta de fixer Ayaka, faisait attention à n'importe quels signes inhabituels.

- Yanagi-san, vous pouvez dormir un peu.

Renji lança un regard surpris à Yamato. Elle connaissait son nom ? Il se rendit compte qu'il ne s'était pas présenté à la femme.

- Je suis désolé, je ne me suis pas présenté correctement, remarqua Yanagi. Je suis Yanagi Renji, Madame.

- Grâce à cette jeune fille, je connais tous vos noms, rit Yamato. Elle m'a raconté un tas de choses sur vous et le reste de vos coéquipiers, s'amusa-t-elle avant de reprendre un visage serein. Reposez-vous un peu mon enfant, elle n'est pas prête de se réveiller.

En se levant de son fauteuil, Yamato disparut quelques secondes avant de réapparaître avec une couverture et un petit oreiller.

- Je sais que vous ne voulez pas la quitter, mais une petite sieste ne vous fera pas de mal. Je veillerai sur vous deux, lui assura-t-elle en posant la couverture autour de ses épaules et en lui tendant l'oreiller. Renji l'attrapa avec sa main libre et fixa d'un air reconnaissant la dame qui faisait tant pour eux.

- Merci beaucoup Yamato-san.

- Assez de remerciements, refusa-t-elle en reprenant place.

Renji cacha un rire derrière sa main avant de poser sa tête sur l'oreiller qu'il avait posé sur le lit d'Ayaka. Il plaça son bras libre sous l'oreiller et tourna sa tête vers Ayaka, fermant lentement les yeux. Finalement, la fatigue prenait le dessus sur lui, alors qu'il abandonnait son combat. Avec un dernier regard sur Ayaka, il ferma complètement les yeux. Il n'entendit pas le petit rire de Yamato.

- Ah... L'amour de jeunesse... Que de souvenirs.


Ayaka sentit une main serrer la sienne alors qu'elle essayait d'ouvrir les yeux. Sa tête lui faisait mal et elle pouvait aussi sentir une pulsion douloureuse s'étendre dans l'ensemble de ses jambes et particulièrement au niveau de ses pieds. Avec un gémissement de douleur, la jeune fille força l'ouverture de ses yeux, rencontrant le blanc du plafond au-dessus d'elle. Blanc ? Son plafond n'était pas blanc.

- Ayaka ?

La voix de Renji attira son attention alors qu'elle tournait doucement sa tête sur le côté. Avec une grimace de douleur, elle rencontra le regard inquiet de Renji, ainsi que celui de Yukimura et de Marui.

- Senpai-tachi...

- Ayaka-chan, tu vas bien ? L'interrogea Marui, préoccupé.

- J'ai mal à la tête et aux jambes, leur dit-elle doucement avant de tousser, sa gorge aussi sèche que le désert.

Yukimura lui tendit un verre d'eau. Ayaka l'attrapa et le but entièrement, assoiffée. Elle reposa le verre sur la table de chevet à côté d'elle avant de jeter un coup d'œil à la pièce dans laquelle elle se trouvait.

- Où est-ce que je suis ? Leur demanda-t-elle, perdue.

- On est dans les appartements de Yamato-san, lui expliqua Renji, la main d'Ayaka toujours dans la sienne. C'est la gérante de l'établissement.

- Yamato-san ? Répéta Ayaka.

- Tu ne te souviens pas de moi, jeune fille ? S'exclama une voix féminine derrière les trois garçons.

Yukimura et Marui s'écartèrent du chemin pour laisser passer Yamato. Cette dernière portait un plateau de nourriture.

- Tu te réveilles au bon moment, le repas est prêt, lui dit-elle en posant le plateau sur la même table de chevet où reposait le verre vide.

Ayaka fixa Yamato, surprise.

- Yamato-san, vous être la directrice de l'auberge ? S'étonna Ayaka avant de grimacer de douleur, une pulsion douloureuse dans la tête étant apparu.

- Ayaka ?

- Ma tête, murmura-t-elle en fermant les yeux et espérant que la douleur ne soit que passagère.

- Jeune Kirihara, prenez ces médicaments, lui dit Yamato, en attirant son attention loin de la douleur.

Renji aida Kirihara à prendre les anti-douleurs, remplissant à nouveau son verre d'eau bien fraîche. En reposant son verre, la jeune fille sentit à nouveau tous les regards sur elle.

- Au fait... Je me demandais, commença Ayaka sous le regard attentif de ses senpais et de Yamato. Qu'est-ce que je fais là ?

- Eh ? Tu ne te souviens pas ?

Marui lui lança un regard abasourdi. Ayaka secoua légèrement la tête, expliquant qu'elle ne comprenait pas pourquoi elle n'était pas dans sa chambre. En levant sa main dans ses cheveux, elle remarqua la présence d'un bandage.

- Est-ce que ... Je suis tombée dans les escaliers ? Se demanda Ayaka à voix haute, faisant soupirer Marui et Yamato alors que Yukimura avait un petit sourire amusé sur les lèvres, même si son regard avait une étincelle d'inquiétude.

- Tu ne te souviens vraiment pas, Ayaka ? Lui demanda sérieusement Renji.

En voyant le visage de ses senpais, Ayaka commença à s'inquiéter. Que s'était-il passé ? Elle ne se souvenait vraiment pas, mais elle avait l'impression de manquer quelque chose de très important.

- Laissons la manger pour l'instant, recommanda Yamato en plaçant la plateau sur les genoux d'Ayaka. Je suis sûre que la jeune Kirihara doit être affamée. Vous lui expliquerez la situation plus tard.

- Je pense que Yamato-san a raison, laissons Ayaka manger et se reposer encore un peu, acquiesça Yukimura.

- On reviendra après Ayaka-chan, lui assura Marui avec un petit signe de la main.

Yukimura et lui sortirent alors de la pièce, ne laissant plus qu'Ayaka, Renji et Yamato. La jeune fille continua de fixer la porte par laquelle ses deux senpais venaient de partir.

- Marui-senpai n'avait pas l'air comme d'habitude, souffla Ayaka. Yukimura-senpai non plus...

- Ne t'en fais pas pour eux, mange un bout d'abord, lui dit Renji en attirant son attention sur la nourriture qui commençait à refroidir sur ses genoux.

- Hm. Merci Yamato-san pour le repas, même si je ne comprends pas tout à fait ce qu'il se passe, lui sourit Ayaka en ramassant les baguettes sur son plateau.

Yamato rit doucement, posant soigneusement sa petite main sur le dessus de la tête d'Ayaka.

- Je suis juste contente que tu ailles mieux, lui avoua Yamato avant de laisser les deux adolescents seuls.

La jeune fille mangea lentement son repas, jetant des regards à Renji qui continuait de la fixer. Voyant que ce dernier ne disait rien, Ayaka lui tendit ses baguettes.

- Tu veux manger un bout ?

Après quelques secondes de silence, Renji laissa échapper un petit rire, le soulagement se faisant presque entendre. Il regarda affectueusement Ayaka qui finit par rougir et détourner les yeux.

- J'ai mangé un peu plus tôt. Finis ton assiette et puis, on t'expliquera tout.


Yukimura et Marui rejoignirent les autres dans la salle de détente. Il y avait également d'autres clients, mais la salle était assez grande pour permettre aux habitués du club de tennis d'avoir un peu d'intimité. Sanada releva le visage de son jeu contre Yagyuu en voyant Yukimura et Marui s'avancer vers eux. Niou rouvrit ses yeux, les ayant fermé un peu plus tôt et Jackal posa le journal qu'il lisait, attentif.

- Alors ? Est-ce que Kirihara-san s'est réveillée ? Demanda Yagyuu.

- Oui, confirma Yukimura.

Sanada fronça les sourcils en voyant le regard tendu de Yukimura. Marui ne croisait pas le regard des autres non plus. Yagyuu ajusta ses lunettes, soucieux, alors que Jackal se redressait. Niou fronça également les sourcils, curieux de connaître ce qui tracassait son capitaine. Ayaka s'était réveillée, c'était le principal, non ?

- Mais ?

La voix de Niou s'éleva prenant un ton ennuyé. Sanada lui lança un regard grave, faisant un signe à Yukimura de continuer.

- Elle ne semble pas se souvenir de ce qu'il s'est passé cette nuit, leur expliqua-t-il.

- Elle est amnésique ? Dit Sanada, surpris.

- Yamato-san nous avait prévu qu'il était possible qu'elle ait une commotion, mais je ne pensais pas que ce serait à ce point, ajouta Yagyuu.

- Comment allait-elle ? Demanda Jackal.

- Elle avait des maux de tête et des douleurs dans les jambes, mais sinon, elle allait bien. Ayaka-chan allait manger le repas que Yamato-san lui avait apporté quand on est parti, leur dit Marui.

- Sa faim n'a pas disparu elle, souffla Niou, attirant l'attention de tout le monde.

- Niou-kun, tu ne devrais pas te moquer comme ça, le gronda Yagyuu. Tu devrais être content que ce ne soit pas pire.

- Yagyuu a raison, souligna Sanada, croisant les bras sur sa poitrine. Une petite amnésie n'est rien comparé à ce qui aurait pu lui arriver. Tu t'en rends bien compte, Niou ?

Niou soupira et passa une main dans ses cheveux. Encore une fois, il se faisait taper sur les doigts. Ce n'était plus nouveau pour lui. Quitte à en rajouter une couche...

- Au moins, comme ça, elle ne nous fera pas une crise de colère, rajouta Niou.

- Niou...

La voix de Yukimura fit frissonner les membres de l'équipe. La dernière fois qu'il l'avait entendu parler comme ça c'était lors de son hospitalisation.

- Lorsqu'on aura expliqué toute la situation à Ayaka, je veux que tu lui présentes tes excuses, c'est clair ?

- Oui.

- Et après ça, je ne veux plus te revoir faire ce genre de blague à quiconque. Et jusqu'à nouvelle ordre, je ne veux plus te voir faire aucune farce à personne à l'école.

Niou se redressa brusquement, abasourdi. Yukimura lui interdisait de faire des blagues ? Sérieusement ? Qu'allait-il faire de son temps libre s'il ne pouvait plus s'amuser sur les premières et deuxièmes années ? Tout le monde savait qu'il faisait des blagues et jamais personne n'avait essayé de l'en empêcher alors pourquoi maintenant ?

- Yukimura, tu ne peux pas m'interdire de m'amuser en dehors des courts, refusa Niou. Ce qui lui est arrivé est une exception, tu le sais très bien.

- C'est vrai que je ne peux pas, mais ce que je peux faire c'est t'interdire de jouer, répliqua Yukimura, le regard sombre. Et puis, tes blagues n'ont blessé personne jusqu'à présent, mais tu ne peux jamais être sûr à 100%. Regarde de qui est arrivé à Ayaka ce soir... Tes blagues pourraient blesser n'importe qui sans que tu ne puisses le prévoir. Et donc, en tant que capitaine, je peux t'interdire de jouer jusqu'à ce que tu comprennes.

Les paroles de Yukimura figèrent Niou. Marui, Jackal et Yagyuu lancèrent un regard surpris à Yukimura alors que Sanada ne faisait que fermer les yeux, comprenant la décision de son capitaine.

- Tu vas m'interdire de jouer au tennis ? À cause de cette fille ? S'exclama Niou, la colère prenant lentement le dessus sur son ennuie précédent.

- Niou-kun, calme toi, lui dit Yagyuu en apparaissant à côté de lui, la main sur son épaule. Nous ne sommes pas seuls dans cette salle.

L'exclamation de Niou avait attiré l'attention de quelques personnes assises plus loin. Jackal s'excusa du bruit auprès des autres clients avant de se retourner vers ses amis, la tension montant doucement dans leur groupe. Niou repoussa la main de Yagyuu et s'éloigna du groupe, le visage sombre. Il quitta la pièce sans un autre mot, sous le regard tendu de ses coéquipiers.

Yukimura poussa un soupir avant de s'asseoir à côté de Sanada, ce dernier le fixant d'un air préoccupé. Marui prit place à côté de Jackal, silencieusement. Yagyuu enleva ses lunettes et massa la base de son nez. Et alors qu'il s'apprêtait à suivre son partenaire de double, Sanada l'arrêta.

- Laisse-le seul. Il a besoin de réfléchir un peu, lui dit Sanada, d'un ton ferme. Il doit comprendre que ces actions ont des conséquences et qu'il doit les assumer un moment ou un autre.

- Est-ce qu'on a pas été trop dur avec lui ? Se demanda Jackal en regardant son capitaine.

- ... Si Niou est interdit de jouer alors moi aussi, déclara Marui. Je suis tout aussi responsable que Niou.

Le groupe fixa Marui qui les regardait avec des yeux déterminé. C'était aussi de sa faute. Il devait aussi en subir les conséquences.

- Marui, l'appela Yukimura. Le problème ici, ce n'est pas le fait que tu aies participé à cette plaisanterie. C'est le fait que tu ressentes de la culpabilité et que tu veilles présenter tes excuses à Ayaka. Tu t'es rendu compte de la gravité de la situation. Niou ne pense pas avoir fait quelque chose de mal, quand bien même le problème se trouve juste devant lui. J'essaye juste de lui faire comprendre que ça aurait pu très mal tourner.

- Tu voudrais qu'il présente sincèrement ses excuses à Kirihara-san ? L'interrogea Yagyuu.

Yukimura acquiesça.

- Je ne veux pas non plus le forcer, car ce ne serait pas juste pour Ayaka, mais s'il n'arrive pas à comprendre, je devrais le suspendre quelques temps des activités du club. Je ne vois pas d'autres solutions, soupira tristement le capitaine, prenant sa tête dans ses mains.

Les garçons restèrent silencieux quelques minutes, repensant à ce qu'il venait de se passer. La situation était délicate pour eux aussi. Autant Niou était un précieux membre de l'équipe et un de leur ami, ils ne pouvaient pas nier ce qui était arrivé à Ayaka. Ils savaient très bien que les deux s'entendaient comme chien et chat surtout depuis que Niou s'acharnait sur la jeune fille avec ses blagues. La nuit qu'ils venaient de passer avait été la blague de trop et cela aurait pu leur couter cher.

- Que s'est-il passé ?

La voix de Yanagi sortit le groupe du silence.

- Ah Renji, le salua Yukimura. Alors ? Ayaka ?

- Elle s'est rendormi. Je lui ai dit qu'on lui expliquerait tout quand elle se réveillera, leur expliqua Renji. D'ailleurs Yamato-san m'a demandé si vous saviez passer la voir à l'accueil, continua Renji en se tournant vers Yukimura et Sanada.

Les deux garçons semblèrent surpris de cette annonce.

- Pour quelle raison ? S'enquit de demander Sanada.

- Je ne sais pas, Yamato-san m'a dit qu'elle vous expliquera sur place. Elle n'a rien voulu me dire, répondit Renji prenant place à côté d'eux.

Le capitaine et le vice-capitaine acquiescèrent avant de se lever et de se diriger vers l'accueil. Renji les regarda partir avant de se tourner vers les autres, les sourcils froncés.

- Où est Niou ? Leur demanda-t-il.

Les trois joueurs se fixèrent du regard avant de se tourner vers Yanagi, Yagyuu prenant la parole.

- Niou-kun et Yukimura-kun se sont disputés et Niou-kun est parti, en colère. J'ai voulu le suivre mais Sanada-kun m'a arrêté, lui dit Yagyuu avec un soupire.

- Seiichi et Niou ? S'étonna Renji, surpris d'apprendre la nouvelle.

- Yukimura a interdit à Niou de refaire des blagues quand on retournera à l'école et il lui a aussi demandé de présenter ses excuses à Ayaka-chan. Niou l'a mal pris et s'en est allé, détailla Marui.

Yanagi tourna son regard vers la sortie, hésitant, se demandant ce qu'il pourrait bien faire pour arranger la situation. Il comprenait Yukimura. Si ça ne tenait qu'à lui, il aurait déjà donné un coup de poing à Niou pour sa négligence et pour avoir blessé Ayaka. Yanagi savait qu'ils ne s'entendaient pas aussi bien que les autres et que depuis qu'Ayaka avait rejoint leur petit groupe, Niou n'avait fait que l'embêter et l'ennuyer avec ses farces ou ses remarques. Au départ tout se passait plutôt bien, mais ça n'avait été qu'en se dégradant jusqu'à maintenant. Yanagi voulait comprendre pourquoi. Pourquoi est-ce qu'ils en étaient arrivés là ?

Renji se releva doucement, ayant pris sa décision.

- Je vais aller lui parler.


Niou jeta une pierre dans le petit étang présent dans le jardin de l'Onsen, assis sur un banc. Il était toujours énervé. Comment Yukimura avait-il pu lui dire ça ? Il ne pouvait pas le priver de tennis, pas après tout le travail acharné qu'il avait fourni pour arriver à ce niveau. Tout ça parce que cette fille...

- Niou.

Niou ne releva même pas la tête dans la direction de la voix. Il n'avait pas envie de parler, surtout pas avec lui.

- Niou, il faut qu'on parle. Rien que tous les deux.

- Je n'ai pas envie de te parler maintenant, Yanagi. Reviens quand je serais moins énervé, grogna Niou.

- Si on ne parle pas maintenant, on en parlera jamais, rejeta Yanagi avant de s'asseoir à côté du garçon aux cheveux argentés.

Niou refusa de croiser le regard de Yanagi et continua de ramasser des petits cailloux pour les lancer dans l'étang, créant des petites ondes à la surface de l'eau. C'était presque relaxant. Presque. Si seulement il n'y avait pas le regard perçant de Yanagi posé sur lui.

- Tch. Qu'est-ce que tu veux, Yanagi ? Je ne suis pas vraiment d'humeur, comme tu as pu le remarquer, ricana Niou, joignant ses mains à l'arrière de sa tête et en levant les yeux au ciel.

Le ciel était bleu, dépourvu de nuages. La matinée touchait lentement à sa fin.

- Je veux seulement comprendre.

- Oh ? Je pensais que tu voulais m'en coller une, je suis chanceux, plaisanta mauvaisement Niou.

- Oui, j'y ai pensé aussi, mais j'ai quelque chose de plus important à faire, lui répondit Renji.

- Je n'ai rien à dire, dommage. Tu perds ton temps, Yanagi.

Niou ne voulait vraiment pas discuter avec lui. C'était vraiment la dernière personne qu'il voulait voir pour le moment. Il allait sûrement lui demander d'aller s'excuser auprès d'Ayaka, de prendre ses responsabilités. Comme les autres.

- Vous pourriez être amis, tous les deux.

- Eh ? S'étonna Niou, en se tournant soudainement vers Yanagi.

Ami ? La vieille lui avait aussi dit ça. Qu'Ayaka et lui pouvaient devenir amis s'ils mettaient leurs différents de côtés.

- Elle et moi ? Impossible, s'exclama Niou, avec une grimace sur le visage.

- Pourquoi pas ?

- Oy, Yanagi. Tu n'étais pas sensé être en colère contre moi ? Le stoppa le garçon aux cheveux argentés. Qu'est-ce que tu cherches ?

Yanagi soupira, mais continua tout de même sur sa lancée.

- Je suis toujours en colère, ne te détrompes pas. Juste, j'aimerais que tout s'arrange à notre retour. J'aurais déjà dû faire quelque chose bien avant.

- Et bien, c'est trop tard. Après ça, ce ne serait plus jamais pareil.

Renji lui fit signe de continuer.

- Yukimura est en colère contre moi, tout comme Sanada et ne parlons même pas de ce qui se passe dans ta tête. Ma place est en jeu à cause de cette stupide blague.

- Alors, toi aussi tu la trouves stupide, répéta Yanagi.

Niou s'arrêta et se contente de fixer Yanagi, frustré.

- Dis-moi Niou, pourquoi Ayaka ? Vous vous ressemblez plus que tu ne le penses. Faites chacun un effort.

- Parce que... parce qu'elle... Ce n'était que nous au départ, déclara brusquement Niou, surprenant Yanagi. On était très bien sans elle. Maintenant, elle est toujours là. Ne peut-elle pas nous laisser seule quelque temps?

Le silence s'abattit sur le duo. Yanagi prenant le temps d'encaisser la déclaration de Niou.

- C'est ta copine, d'accord, continua Niou. Je comprends qu'elle passe du temps avec toi, mais avec l'équipe ? Avec les rumeurs, je ne pensais pas qu'elle s'adapterait aussi bien avec nous, mais regarde là. D'abord toi, puis Yukimura, Marui et Jackal... même Sanada s'adoucit quand c'est elle. À chaque sortie qu'on fait en groupe, elle s'incruste. Je n'en peux plus de la voir. Elle le fait exprès, elle cherche juste l'attention. Est-ce que tu t'es même déjà demandé si elle t'aimait vraiment ? C'est sûrement une autre de nos fan girls qui cache très bien son je-

Un poing sur sa joue le fit taire alors que Niou se retrouvait expulser du banc sur lequel il était assis, finissant le dos au sol. En rouvrant les yeux, Niou vit Yanagi s'avancer vers lui avant de s'accroupir, attrapant le devant de son pull et le soulevant au niveau de son visage. Son regard le transperçait de part en part, un frisson parcourant son corps. Quand avait-il déjà vu Yanagi aussi énervé, si ce n'était lorsqu'il avait appris la disparition d'Ayaka ?

- Quoi ?! Tu n'y as jamais pensé un instant ? Yanagi, réfléchis un pe-

- Non, toi, réfléchis un peu. Comment oses-tu dire ça d'Ayaka? S'écria Yanagi, le visage tordu de colère.

- Ce n'est qu'une gamine, tu t'en lasseras bien vite et tout redeviendra comme avant !

Yanagi le lâcha brusquement, le dos de Niou claquant douloureusement sur le sol. Avec une grimace de douleur, Niou se redressa lentement, frottant son dos. Yanagi s'était relevé et soupira, regardant Niou, toujours au sol.

- Est-ce que tu la connais ?

- Kirihara ? Les rumeurs en disent déjà assez sur elle, ricana Niou en se relevant à son tour, sa joue douloureuse.

- Avec tout le temps qu'elle a passé avec nous, tu n'as rien appris d'autres ? Lui demanda Renji, reprenant doucement son calme.

- Qu'elle a le sang chaud, que c'est encore une gamine et surtout... Que c'est une froussarde, c'est de ça dont tu parles ?

- ... Tu ne fais aucun efforts, n'est-ce pas ?

- Pas vraiment, affirma Niou, une main sur sa joue.

Niou pouvait déjà sentir son visage gonfler à cet endroit. Yanagi n'y était pas allé de main morte.

- Elle n'a personne d'autre, lui avoua Yanagi. Je ne la laisserai pas seule.

L'argenté lui lança un regard perplexe. Personne d'autre ? Kirihara ?

- Evidemment, avec un tel comportement. Personne n'a envie de devenir ami avec une fille pareille.

- Son attitude sur le court n'a rien à voir avec son comportement en dehors, réfuta Yanagi. Tu le sais très bien.

Niou le savait, oui. Quand elle avait commencé à trainer de plus en plus avec Yanagi, quelques temps avant que leur relation ne s'officialise, il avait vu. Le démon des courts féminins n'était qu'une jeune fille énergique, joyeuse et au sang chaud en dehors des terrains de tennis. Il se souvint d'en avoir discuté avec Marui peu après l'avoir rencontré, mais quand bien même, elle ne les quittait jamais. N'avait-elle vraiment pas d'autre amis ?

Était-elle si seule que ça ?

- Est-ce que c'est vraiment elle ou le simple fait de ne plus être seulement en équipe ? Si tu apprenais à la connaître un peu plus et que tu arrêtais de t'en prendre à elle, tu verras à quel point vous vous ressemblez et ça ne te dérangerai pas autant.

Yanagi se rassit sur le banc, invitant Niou à faire de même. Ce dernier l'imita, mais mis une distance assez grande entre eux.

- Elle adore les jeux vidéos, elle aime aller aux salles d'arcade. Elle adore faire des blagues, elle aime écouter de la musique pop, lui récita Yanagi. Et encore un tas d'autres choses. Je comprends que ce soit difficile au début, vous ne la connaissiez pas vraiment, mais regarde Marui et Jackal s'entendent très bien avec elle. Yukimura aussi. Je n'ai rien fait du tout pour que ça arrive. Elle ne s'est jamais invitée à nos sorties, je lui proposais à chaque fois. Si ça ne te plaisais vraiment pas, pourquoi ne pas l'avoir dit, à la place de t'amuser à ses dépends et de t'en prendre à elle ?

- Je...

- Qu'as-tu à répondre à ça, Niou Masaharu ?

Avec un rougissement d'embarras, Niou détourna le regard. Qu'avait-il à répondre ? Rien.

- Je pense, que toi, plus que les autres, peux comprendre Ayaka. Tu ne t'en souviens pas Niou ?

Si, Niou s'en souvenait très bien. Sa première année à Rikkaidai Fuzoku n'avait pas été la meilleure et c'était grâce au tennis qu'il avait pu y faire face et grâce aux membres de son équipe. Comme s'il allait l'oublier. Et c'était pour cette raison que l'arrivée de Kirihara ne lui plaisait pas. Tout ce qu'il avait pris du temps à construire, cette fille se l'appropriait à une vitesse, presque comme si c'était prémédité.

Il lui en avait voulu. Il lui en avait voulu d'être aussi proche d'eux aussi rapidement, alors qu'il lui avait fallu du temps.

Mais avec tout ce que Yanagi lui avait dit, avec la conversation qu'ils avaient eu, il ne savait plus quoi penser.

- Niou, prends le temps d'y penser un moment. Les dès sont entre tes mains maintenant.

- Yanagi, pourquoi faire autant pour elle ? C'est juste une fille de deuxième année qui aime jouer au tennis, lui demanda Niou, maintenant perdu.

- Parce que je l'aime et qu'Ayaka mérite tellement plus.


Ayaka se réveilla en sursaut, le cœur battant à un rythme effréné dans sa poitrine. Elle venait de se réveiller d'un mauvais rêve, très mauvais rêve. Un coup sur la porte attira alors son attention, alors qu'elle reprenait lentement sa respiration.

- Oui ? Cria-t-elle, curieuse.

La porte s'ouvrit sur Renji alors que ce dernier entrait suivi du reste de ses coéquipiers. La jeune fille pencha la tête sur le côté, surprise de tous les voir. Elle se redressa un peu pour mieux les voir.

- Senpai-tachi, les salua-t-elle avec un petit sourire.

- Ayaka-chan !

Marui s'avança vers elle, un sourire aux lèvres. Il s'assit sur la chaise à côté de son lit.

- Tu t'es bien reposé ? Yanagi nous a expliqué que tu t'étais rendormi directement après le repas.

- Oui, mais je ne sais pas pourquoi, je ne me sens pas très bien depuis que je me suis réveillé ce matin, lui expliqua-t-elle. Est-ce que c'est à cause de ma blessure à la tête ?

Ayaka toucha doucement sa blessure de la main, grimaçant un peu à la douleur qu'elle ressentait. Elle ne vit pas le regard que se lancèrent ses senpais.

- Est-ce que tu te souviens de quelque chose ? L'interrogea calmement Yukimura, prenant place à côté de Marui, un petit sourire aux lèvres.

Niou était appuyé contre le mur, à côté de la porte. Renji s'était assis de l'autre côté d'Ayaka, dos à la fenêtre, les rideaux tirés pour ne pas trop épuiser Ayaka. Yagyuu, Jackal et Sanada restèrent debout, Yagyuu un peu plus proche de Niou que des autres.

- Pas vraiment... Je ne me souviens de rien après avoir été dormir hier soir, lui dit-elle, fronçant un peu les sourcils.

- Ne te force pas, lui conseilla Renji, posant une main sur sa jambe sous la couverture.

- Mais je veux savoir, répondit Ayaka en faisant la moue.

Yukimura lança un regard à Marui à côté de lui et à Niou, bien que ce dernier gardait les yeux baissés sur le sol.

- Senpai-tachi ?

- Ayaka-chan, désolé, s'excusa alors Marui, baisant la tête vers sa kohai.

- Eh ? Marui-senpai ? S'étonna Ayaka, les yeux grands ouverts de surprise. Pourquoi est-ce que tu t'excuses ?

- C'est de notre faute si tu es blessé, lui expliqua Marui, coupable.

Notre ? Ayaka regardait le reste du groupe, essayant de comprendre ce qu'il se passait. Qui avait fait quoi ?

- Comment ça ? L'interrogea Ayaka perplexe. Tu m'as blessé ? Je ne m'en rappelle vraiment pas du tout, essaya la jeune fille avant d'abandonner, un mal de tête faisant son apparition.

- On t'a pas vraiment blessé, mais à cause de nous tu l'as été, se corrigea Marui. Donc, je voulais m'excuser.

Akaya accepta ses excuses sans trop comprendre pourquoi. Son regard confus se posa sur Renji, à la recherche de réponses. Ce dernier resta silencieux.

- Qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? S'inquiéta Ayaka.

- Hum...

Marui lança un regard à Niou qui n'avait toujours pas bougé.

- Ayaka-chan, tu te souviens de l'histoire que Niou et moi on t'a raconté hier soir ?

- L'histoire ? Répéta Yukimura, n'étant pas au courant de cette partie.

Sanada et le reste de l'équipe ne semblait pas savoir non plus.

- Hier soir ? Essaya de se souvenir Ayaka.

- Oui, tu t'étais acheté une canette et Niou et moi on t'a interpellé pour te parler du cas de cet homme qui ce serait... tu sais, décrit Marui sans taisant sur la fin.

- Le cas de l'homme qui...

Ayaka se tut soudainement, la scène se jouant dans sa tête. Mais oui, elle s'en souvenait maintenant. Cette histoire glauque sur le suicide d'un homme qui aurait eu lieu dans sa chambre. Dans la chambre numéro 13.

- Je... Je pensais que c'était... juste un cauchemar...

La corde autour du cou. Les vêtements d'un blanc immaculé. Le regard rouge sang. Ayaka se souvint de s'être réveillé à la vue du fantôme de l'homme. Elle se souvint s'être enfuie, la peur au ventre, les larmes aux yeux. Elle avait été poursuivie jusqu'à l'extérieur et puis, elle se souvint de tous ses arbres autour d'elle et de ce sentiment d'effroi d'être seule en pleine nuit, au milieu de la forêt sans pouvoir retrouver son chemin. Elle pensait qu'elle allait mourir... seule.

- Je pensais que j'avais tout imaginé, murmura faiblement Ayaka la tête penché vers le bas, son visage caché par ses cheveux noirs.

Des gouttes d'eau tombèrent sur ses draps, lentement. Ayaka leva ses mains pour essuyer les larmes qui coulaient de ses yeux, se rendant finalement compte qu'elle n'avait pas tout imaginé. Que ce qu'elle pensait être un cauchemar s'était vraiment passé.

- Ayaka.

Elle sentit Renji poser une main sur le dessus de sa tête, montrant qu'il était à côté d'elle.

- J'ai vraiment cru que j'allais mourir, leur dit-elle la voix tremblante. J'ai vraiment eu peur...

La jeune fille releva son visage, essuyant grossièrement ses larmes. Elle tendit la main vers son oreiller et le lança brusquement à Marui, qui se le prit en plein visage, pris au dépourvu. Yukimura, à coté de lui, s'écarta du chemin, les yeux grand ouverts de surprise. Les autres étaient restés silencieux tout le long, mais étaient surpris de voir Ayaka jeter son oreiller sur le garçon aux cheveux rouges. Niou cacha un sourire en coin derrière sa main.

- Vous êtes vraiment des idiots, s'exclama Ayaka, la voix tremblante. Comment avez-vous pu me faire ça !

- Ayaka-chan, je suis vraiment désolé, répondit rapidement Marui, le regard triste. On ne pensait pas que... que tu aurais si peur...

Se levant doucement de sa chaise, Marui lança un regard à Renji qui lui fit un hochement de tête avant que le rouge ne prenne Ayaka dans ses bras. Cette dernière serra sa chemise fermement dans ses petites mains, les larmes coulant encore de ses yeux.

- Stupides senpai, souffla-t-elle. Je vous déteste...

- Hai, Hai, Marui lui donna des petites tapes réconfortantes sur le dos, sentant également des larmes lui monter aux yeux en voyant sa kohai dans cet état.

Yukimura regarda Renji et lui fit un petit sourire rassurant, ce dernier lui répondant avec un signe de la tête. De leur côté, Marui s'éloigna de Kirihara, cette dernière essuyant ses larmes et reniflant doucement. Marui lui tendit le mouchoir que Yukimura lui offrit. Ayaka se moucha rapidement, le nez encombré d'avoir pleuré.

- Merci, dit Ayaka.

- Maintenant Niou, commença Marui en se tournant vers son coéquipier. Je pense que c'est ton tour.

L'argenté soupira et se redressa, s'avançant vers le lit sur lequel se trouvait la plus jeune du groupe. Cette dernière lui lançait un regard noir, le faisant sourire intérieurement. Il l'avait mérité.

- Niou-senpai. Je n'ai pas vraiment envie de te parler maintenant, déclara-t-elle.

- Laissez-nous seul, répliqua Niou en regardant tour à tour ses coéquipiers, le regard ferme.

Son regard resta quelques secondes de plus sur Yukimura et Yanagi avant de revenir sur Ayaka, qui le regarda toujours aussi méchamment.

- Niou ?

- Je vais m'excuser, mais j'aimerais qu'on soit seuls, leur expliqua-t-il.

Yanagi se leva et se dirigea en premier vers la porte, sous le regard surpris des autres, moins Sanada et Yukimura.

- Renji-senpai ? L'appela Ayaka, anxieuse.

- Niou, tu as 10 minutes, annonça Yanagi, les yeux fixés dans ceux de l'argenté, avant de sortir de la pièce.

Les autres membres du groupe le suivirent rapidement, quoique d'un pas hésitant pour Marui et Jackal. Yagyuu tapa doucement Niou sur le dos, les lunettes brillant de fierté. À cette vue, Niou détourna le regard, gêné. Yukimura et Sanada furent les derniers à quitter la pièce.

- Niou, fais attention à ce que tu fais, le prévint Sanada, le regard perçant. Si jama-

Avant que Sanada ne puisse finir sa phrase, Niou lui avait fermé la porte au nez, laissant échapper un soupir.

- Bon. Par quoi commencer ? Se demanda-t-il à lui-même.

- Et si tu commençais par sortir, lui répondit sarcastiquement Ayaka, reprenant l'oreiller qu'elle avait lancé sur Marui et le serrant fort contre elle.

Niou secoua sa tête, sentant déjà la fatigue monté en lui. Comment allait-il s'expliquer ? Dans un premier temps, il n'avait qu'une seule chose à faire. Niou se retourna et s'avança vers Ayaka, cette dernière le regardant avec méfiance. Arrivé à sa hauteur, Niou se baissa devant elle, présentant ses excuses.

- Hein ?

La réponse d'Ayaka fut vive. Est-ce que Niou venait de s'excuser pour ce qu'il lui avait fait ? En se redressant, l'argenté s'assit sur la chaise qu'avait occupé Yukimura, fixant Ayaka, yeux dans les yeux.

- Je viens de m'excuser, lui dit Niou, comme si ce n'était pas assez évident.

- Bien sûr que tu viens de le faire, répondit la jeune fille encore ahurie.

Ce n'était pas souvent que Niou Masaharu venait s'excuser auprès d'elle. Elle pouvait compter le nombre de fois sur les doigts d'une seule main.

-…Je vous déteste vraiment, vous savez. Pour m'avoir fait peur comme ça, j'ai vraiment cru que…

Les larmes montèrent une nouvelle fois dans ses yeux, Ayaka étant incapable de les arrêter. Les sensations encore fort présentes dans son esprit. La peur d'être poursuivi rongeant son estomac. Niou, dans un élan de réconfort, sorti d'il ne savait où, posa sa main sur le dessus de la tête d'Ayaka, les surprenant tous les deux.

-Si tu dois détester quelqu'un, déteste-moi. Marui était vraiment inquiet pour toi. C'était le premier à vouloir partir te chercher, voyant que tu ne revenais pas, lui expliqua-t-il. Alors, pardonne-le.

Ayaka le fixa, une larme roulant sur sa joue. La main de Niou était toujours posée sur sa tête, lui rappelant le geste de Renji un peu plus tôt.

-Pourquoi ?

-Pourquoi je m'excuse ? Ça semble plutôt logique, non ?

-Non, pas ça. Pourquoi est-ce que tu me détestes, senpai ?

Niou se redressa sur sa chaise, enlevant la main qu'il avait posé sur sa tête. Est-ce qu'il la détestait ? Non, ce n'était pas ça. Au final, c'était juste…

-Je ne te déteste pas.

-Alors pourquoi est-ce que tu es comme ça avec moi, dis-le-moi, senpai ?

D'autres larmes commencèrent à rouler sur les joues d'Ayaka, cette dernière jurant en se détournant de Niou, embarrassée. Elle ne voulait pas pleurer devant lui, mais elle arrivait au bout. Elle devait savoir. Elle voulait que ça change.

Niou fixa Ayaka, mal à l'aise. Il venait encore de la faire pleurer. Il ne savait pas vraiment comment réconforter une fille qui pleurait. La dernière fois que c'était arrivé, une fille lui avait avoué ses sentiments en dessous du plus grand arbre du campus. Niou l'avait rejeté poliment, mais elle avait quand même fini par pleurer, s'enfuyant en courant, le bras de Niou tendu dans sa direction. Elle n'avait pas attendu assez longtemps pour entendre Niou essayait de la réconforter.

Dans ce cas-ci, c'était Ayaka qui pleurait à cause de lui. Parce qu'il avait commis une erreur. Parce que c'était un idiot. Yanagi lui avait bien fait comprendre plus tôt dans la journée.

Il avait été comme ça avec elle tout simplement parce que cela avait chamboulé ses habitudes. La présence d'Ayaka était devenue une constante sans qu'il ne s'en rende compte et sans qu'il ne le veille. Elle s'était liée d'amitié avec tout le monde à une vitesse folle. Elle s'était fait une place dans le cœur de tout le monde. Alors que lui, il s'en souvenait très bien. Il lui avait fallu attendre le début de sa 3e année pour se sentir vraiment proche de ses coéquipiers, pour être choisi en tant qu'habitué du club, pour se sentir faire partie d'un groupe.

-Je pense que…

Ayaka posa ses yeux sur lui, attentive. Elle essuya grossièrement les larmes qui tâchaient ses joues, une nouvelle fois.

-Niou-senpai ?

-Je pense juste que j'étais jaloux de toi, répondit Niou, d'un ton révolu.

C'était ça. Simplement ça. De la jalousie. Pas de la haine, du dégout, de l'ennuie. Il était juste jaloux de l'importance qu'elle avait pris dans leur vie aussi rapidement.

-Je ne savais pas…

La voix d'Ayaka atteignit ses oreilles alors que cette dernière rencontrait le regard de Niou.

-Alors toi aussi, commença Ayaka.

-Hum ?

-Tu aimes Renji-senpai, c'est ça ?

Niou se rattrapa de justesse, tombant presque de sa chaise de surprise. Amoureux de Yanagi ? Lui ? Qu'est-ce qu'elle racontait ?

-Tu te trompes complètement. Tu as perdu la tête ou quoi, s'exclama-t-il, le visage vert de penser à Yanagi de cette manière.

Un rire s'éleva dans la pièce, faisant taire Niou. Ayaka riait de lui.

-C'était juste une blague, Niou-senpai, avoua-t-elle.

-Une blague ?

-Oui, une blague, sourit-elle, des traces de larmes couvrant toujours ses joues.

Mais Niou pouvait voir ses yeux briller d'autre chose que des larmes. Il laissa échapper un ricanement à son tour, se rasseyant correctement sur sa chaise.

-Tu m'as eu, petit démon, soupira calmement Niou, un sourire amusé sur les lèvres.

-On est quitte ? Lui demanda Ayaka, tendant sa main vers lui.

Niou n'était pas sûr de mériter cette poignée de main maintenant, pas après ce qui lui était arrivé. Pas quand il pouvait voir les bandages qui recouvraient son corps, du haut de sa tête ou bas de ses pieds.

-Alors ? Tu ne veux pas ?

-Après ce que j'ai fait, tu veux toujours…

-Tu t'es excusé non ? Lui demanda-t-elle doucement, la voix un peu rauque d'avoir pleuré. Et puis, Renji-senpai s'est occupé du reste.

Ayaka montra du bout de son doigt le bleu qui recouvrait une partie de son visage. Niou posa sa main dessus, se rendant compte qu'il avait presque oublié la blessure.

-On peut être ami maintenant, tu ne penses pas, Niou-senpai ?

-Comme ça ? D'une poignée de main ? Il ne te faut rien d'autres ?

-Si tu veux être puni tant que ça, je peux demander à Yukimura-senpai, s'amusa Ayaka.

Niou pouvait presque voir deux cornes et une queue de diable se balancer derrière elle. Maintenant qu'elle mentionnait Yukimura, il se demandait ce qui allait se passer ensuite. Yukimura allait-il le laisser continuer de jouer ou pas ? Il s'était excusé auprès d'Ayaka, mais il savait que ce n'était pas suffisant, évidemment. Pas après l'avoir blessé de cette façon. Il comprenait la réaction des autres. Il avait nié jusqu'au bout, mais maintenant qu'il voyait clairement Ayaka, il se sentait mal aussi.

-Sans façon, refusa Niou croisant les bras. Et puis, je pense qu'il a déjà quelque chose de prévu pour moi.

Voyant la main toujours tendue d'Ayaka vers lui, Niou secoua la tête, ne pensant plus à tout ce qui le tracassait, c'était de l'histoire ancienne maintenant. Il attrapa la main d'Ayaka dans la sienne avant de la serrer, la faisant craquer douloureusement.

La plus jeune laissa échapper un cri de douleur enlevant rapidement sa main de sa poigne et en la secouant, espèrent faire disparaître la douleur plus rapidement de cette manière.

-Sans rancune, lui sourit narquoisement Niou alors que la porte derrière lui s'ouvrait brusquement.

-Niou, qu'est-ce que tu as encore fait ? S'exclama Marui en entrant précipitamment dans la pièce.

-Marui-senpai, l'appela Ayaka, tenant fermement sa main blessée par Niou dans son autre main. Niou-senpai m'a cassé la main.

-Niou, prépares-toi, s'écria Marui en sautant sur Niou, s'attaquant à ses cheveux.

À l'extérieur de la chambre, le reste de l'équipe fixa la scène d'un œil soulagé et détendu. Tout se finissait bien au final.

-Tu dois être content, s'amusa Yukimura en poussant Renji avec son coude.

-C'est mieux ainsi, vous ne trouvez pas, Seiichi, Genichirou ? Sourit Yanagi.

Sanada hocha de la tête, continuant de regarder le trio qui s'amusait dans la chambre. Jackal était rentré dans la pièce et essayait de calmer Marui, ce dernier ne lâchant pas les cheveux de Niou. Yagyuu les avait rejoint et regarder d'un œil amusé les actions de Marui. Quand Niou croisa le regard de son partenaire de double, ce dernier lui fit un sourire entendu, faisant sourire Niou.

-Je préfère la voir avec un sourire aux lèvres, murmura Yanagi avant de sortir son fidèle carnet.

Il avait l'impression que cela faisait une éternité qu'il ne l'avait pas sorti. Il avait de nouvelles informations à noter dans son carnet. Par rapport à Niou et à Ayaka. Et à leur amitié naissante.


-Hein ? Mais je ne veux pas, je me sens très bien, s'exclama Ayaka bien que grimaçant de douleur juste après, apportant sa main à sa tête.

-C'est réglé, nous passerons à l'hôpital avant de rentrer, déclara Yukimura, avec l'accord de tous les membres, sauf de la concernée.

Ayaka fit la moue avant de faire un signe de la main à Yamato, qui les regardait partir.

Après la réconciliation entre Niou et Ayaka, Yamato leur avait offert de passer une nuit en plus, afin de s'assurer qu'Ayaka ait assez de repos avant de reprendre la route. L'équipe l'avait sincèrement remercié, Ayaka plus que les autres et ils avaient pu profiter d'une dernière journée aux sources, se reposant encore plus avant de reprendre l'entrainement qui s'annonçait épuisant.

Ayaka avait de nouveau passé la nuit dans les appartements de Yamato, ayant une nouvelle discussion avec elle, la remerciant à nouveau pour son hospitalité et pour tout ce qu'elle avait fait pour eux. Ayaka avoua à la femme qu'elle ressemblait beaucoup à sa grand-mère décédée et que ses mots l'avaient beaucoup touché le soir précédent, qu'elle n'avait pas arrêté d'y penser et que c'était grâce à elle si elle avait réussi à prendre une décision.

Yamato avait nié son rôle dans l'histoire, mais avait félicité Ayaka pour sa maturité et pour son courage. Elle lui avait également parlé de sa propre famille et de ses petit-enfants, bien plus jeunes qu'Ayaka. Elles avaient alors passé la soirée à parler de leur vie, Ayaka ne s'attardant pas beaucoup sur ses parents, intriguant Yamato. Mais cette dernière n'avait posé aucune question, au grand soulagement d'Ayaka.

À la fin de leur séjour, les étudiants de Rikkaidai avaient rangé leurs affaires et s'étaient retrouvés devant l'auberge, souhaitant une bonne continuation à Yamato et la remerciant de nouveau pour tout ce qu'elle avait fait pour eux.

Avant qu'ils ne partent vers l'arrêt de bus, prêts à reprendre le chemin vers la gare, Yamato avait interpellé Ayaka, plaçant une enveloppe dans ses mains et lui disant qu'elle avait hâte de les revoir.

Ayaka lui avait fait signe de la main avant de rejoindre le reste du groupe, rangeant soigneusement l'enveloppe dans la poche de son sac. Lorsque le bus arriva, le groupe monta à l'intérieur, lançant un dernier regard à l'auberge qu'ils quittaient.

-Qu'est-ce que Yamato-san t'a donné ? Demanda curieusement Marui en se penchant par-dessus le siège d'Ayaka, qui se trouvait juste devant lui.

-Je ne sais pas vraiment, je comptais l'ouvrir dans le train, lui avoua-t-elle, devenant soudainement impatiente.

Lorsqu'ils arrivèrent à la gare, Yukimura, Sanada et Yanagi partirent chercher leurs billets, alors qu'Ayaka, Marui et Jackal se regroupaient pour voir ce que contenait l'enveloppe que Yamato avait passé à Ayaka.

-Tu ne devrais pas l'ouvrir quand tu es seule ? Dit Jackal, hésitant.

-Yamato-san me l'aurait dit si c'était le cas, le rassura la plus jeune, déchirant soigneusement le dessus du papier.

Alors que l'enveloppe s'ouvrait, Niou ne pouvant s'empêcher de lancer un regard par-dessus l'épaule d'Ayaka, sous le regard sévère de Yagyuu, la jeune fille en sortit plusieurs tickets.

-Des bons ? Reconnut Ayaka, les tenant fermement dans sa main.

-Des réductions pour l'Onsen, s'écria Marui, surpris. Après tout ce qui s'est passé et tous les problèmes qu'on lui a causé, elle t'a donné des bons de réduction pour la prochaine visite.

-C'est très gentil de la part de Yamato-san. La prochaine fois qu'on la verra, il faudra lui acheter un cadeau de remerciement, déclara Yagyuu.

-On n'y manquera pas, c'est certain, affirma Jackal.

-Qui a dit qu'on y retournera ensemble ? S'exclama Ayaka éloignant les bons d'un Marui soudainement anéanti.

-Mais Ayaka-chan, on est ami toi et moi, bouda Marui, les yeux brillants.

Ayaka se détourna de lui, croisant les bras sur sa poitrine et inspectant l'état de ses ongles.

-Ah bon, on est ami ? Je ne savais pas, répliqua-t-elle avant de s'éloigner de Marui, le voyant courir vers elle, les bras tendus vers les bons.

Voyant Renji, ainsi que Yukimura et Sanada, revenir dans leur direction, en pleine discussion, la jeune fille se cacha rapidement derrière Renji, Marui s'arrêtant dans son élan.

-Ayaka, fais attention. Tu n'es pas encore complètement rétablie, soupira Yanagi se retournant vers elle.

-Mais Renji-senpai, Marui-senpai voulait me prendre le précieux cadeau que Yamato-san m'a fait, lui expliqua-t-elle doucement.

-Cadeau ? Répéta Yukimura, curieux.

La fille montra alors les bons qu'elle avait reçu de la part de la gérante de l'Onsen, un grand sourire sur son visage.

-C'est un beau cadeau Ayaka, fais-y attention, lui dit Yukimura, sereinement.

-Je n'y manquerai pas. J'y retournerai avec Renji-senpai, Sanada-senpai et toi, dit-elle à Yukimura, le surprenant.

Marui s'exclama que ce n'était pas juste qu'elle les laisse de côté, en le montrant lui et le reste des joueurs spécialistes du double.

-Pourquoi seulement nous ? L'interrogea Yanagi, amusé.

-Déjà pour remercier Yukimura-senpai de m'avoir invité, commença Ayaka. Et puis, comme ça, on fera une sortie de couples. Ce sera amusant, nan ?

À ses mots, Yukimura et Sanada rougirent brusquement, Sanada cachant son visage sous sa casquette et Yukimura derrière ses mains. Marui, Niou et Jackal lancèrent un regard ahuri dans leur direction alors que les lunettes de Yagyuu brillaient dangereusement.

-Une sortie de couples ? Répéta Marui, les yeux grands comme des soucoupes.

-Oui, Renji-senpai et moi. Et Yukimura-senpai et Sanada-senpai, compta Ayaka, pointant du doigt chaque personne. Ca fait deux couples, rit-elle malicieusement. Vous, les célibataires, vous pouvez rester chez vous, on ne veut pas de troisième roue, rajouta-t-elle.

Niou éclata de rire aux paroles de la plus jeune. Il fallait le reconnaitre, elle était imprévisible. Il ne l'avait pas du tout vu venir, même Yanagi semblait pris au dépourvu par les paroles de sa petite-amie, laissant échapper un petit rire par la suite, un regard amusé poser sur Ayaka.

- Ayaka, commença Sanada, d'une voix stricte.

- Oui, Sanada-senpai ? Lui demanda-t-elle curieuse.

- Quand nous rentrerons et après qu'on se soit assuré que tu ailles mieux, tu me feras 100 tours autour des terrains de tennis. C'est compris ?

Ayaka plaça une main devant sa tête, acquiesçant avec force et surtout peur. Jamais Sanada ne lui avait attribué de tour à faire, c'était la première fois. Marui et Niou s'approchèrent d'elle, un sourire en coin.

-C'est ce que j'appelle le Karma, ricana Niou alors que Marui tirait la langue à Ayaka.

-Tu ne peux t'en vouloir qu'à toi-même, ajouta Marui, faisant exploser son chewing-gum juste devant le visage d'Ayaka la surprenant.

Ayaka tourna son regard vers le vice-capitaine de l'équipe des garçons, sortant les meilleurs yeux de chiots qu'elle avait en réserve.

-Sanada-senpai, je ne peux pas. Je suis en pleine convalescence. Il faut que je me repose encore quelques semaines, essaya de le manipuler Ayaka, sous le regard amusé de Yukimura et de Renji.

- Qui ne tente rien n'a rien comme on dit, murmura Yukimura à Renji, qui prenait à nouveau note dans son carnet.

Le cri de Sanada résonna dans toute la gare alors que Yukimura riait de la situation, un rougissement encore présent sur son visage. Renji observait la scène sous ses yeux avec un regard tendre. C'était comme ça que ça aurait dû être depuis le début.

Le sourire maladroit d'Ayaka attira son attention, alors qu'elle se faisait réprimander par Sanada, qui avait toujours les joues rouges de la révélation précédente.

Renji referma son carnet et le rangea dans son sac, à l'abri des regards. Oui, c'était parfait.


.Fin.


Voici la fin de la deuxième partie de l'histoire entre ces deux-là. Je ferais peut-être une troisième et dernière partie, je ne suis pas encore sûre. Pardonnez-moi les fautes de frappe, je les corrigerai en relisant l'histoire ! N'hésitez pas à commenter et à me donner votre avis, ça me ferait énormément plaisir !

De base, lorsque j'ai posté cette histoire pour la première fois, le 30 juin 2015, il y avait 11 473 mots en tout. Après ma relecture, j'en suis désormais à plus de 28 000 mots. Plutôt pas mal, non ?

Merci d'avoir lu et à bientôt.

Mise à jour : 30/12/21