Hello à toutes et à tous et un gros merci à toutes celles qui aiment et suivent cette histoire.
Bonne lecture !
Chapitre deux
Quatre semaines plus tard.
« Bon sang ! »
Remus avait lâché ces mots dans un souffle alors qu'il grimpait la marche du bus, mais la vieille dame derrière lui, lui lança un regard outré comme s'il avait crié des obscénités à pleins poumons. Remus lui adressa un bref sourire d'excuse et jeta un coup d'œil à sa montre tout en s'asseyant. Il avait fait quelques heures supplémentaires à son travail et avait loupé le bus qu'il prenait habituellement, attrapant le bus suivant à la place . Cela signifiait qu'il allait être en retard à son cours du vendredi soir.
Il passait ses journées à bosser, passant d'un job de subalterne à un autre – servir du café dans un grande chaîne de restaurants par exemple - et ses soirées à tenter de retrouver ses anciennes compétences. Il dormait de façon irrégulière et avec un sommeil particulièrement agité, sans cesser de compter les jours qu'il lui restait jusqu'à son exposition (il lui restait six mois à peu près), il se demandait s'il devait tout annuler maintenant ou attendre que son talent revienne et effectuer ensuite quelques toiles dans les temps.
Mais peut-être que cela ne servira à rien, j'aurais beau m'échiner à dessiner, je ne retrouverais sans doute jamais mon talent.
Dans sa classe d'art, Serendipity avait fait en sorte qu'ils peignent plusieurs sortes de choses, des différentes variétés de fruits, de fleurs, en passant par des objets inanimés, et la semaine dernière elle avait acheté un petit chiot qui passait son temps à dormir pour leur permettre de s'entraîner. C'était la première fois que Remus s'essayait sur un modèle vivant depuis son accident et il s'était mis en colère, parce qu'il avait lamentablement échoué à capturer le portrait du petit Labrador sur sa page de papier. Rien de ce qu'il faisait n'était terrible, il ne pensait même pas à tenter de créer une œuvre pour son exposition, de toute façon, s'il les accrochait à côté d'artistes reconnus, ses peintures seraient très certainement moquées. Il avait déjà suffisamment honte comme ça, pas la peine d'en rajouter une couche.
Il s'était placé dans le même coin à chacun de ses cours, ayant besoin d'espace quand il essayait de travailler. A la fin de chaque leçon qui durait trois heures, il était entouré d'une monticule de papiers froissés et son humeur, quasiment exécrable, le rendait inapte à côtoyer les autres. Après tant d'échecs répétitifs, son premier réflexe avait été de quitter le cours, mais sa nature particulièrement tenace l'avait fait revenir malgré tout. Les autres étudiants avaient d'abord tenté de lui parler, le complimentant sur son travail, mais avaient très vite abandonné l'idée de sympathiser avec lui, quand il ne leur avait répondu que par monosyllabes ou quand il les avait envoyé purement et simplement sur les roses. Serendipity avait renoncé à l'encourager, la femme avait dû sentir qu'il luttait contre quelque chose qui n'appartenait qu'à lui-même, et l'avait donc laissé à ses propres techniques. Remus avait honte de son attitude irritable, mais il n'y avait rien – rien – de plus important pour lui que de redevenir l'artiste qu'il avait été.
Le bus cahota jusqu'à un arrêt et Remus sortit de sa rêverie, se rendant compte qu'il était arrivé Il attrapa son sac à dos et se hâta de descendre du bus, il pressa le pas en regardant à nouveau sa montre et se rendit compte qu'il avait manqué le début du cours. Trois bâtiments le séparaient de sa destination, il se mit alors à courir, se frayant un chemin à travers les piétons, son sac cognant contre sa hanche.
OoOoOoOoOo
Sirius promena un regard autour de lui, un regard bien plus nerveux qu'il ne voulait l'admettre. En général, il était quelqu'un de sûr de lui, de trop sûr de lui, selon la rouquine de James, mais c'était une situation inhabituelle à laquelle il était confronté et il avait presque l'impression de s'humilier.
Mais qu'est-ce qui m'a pris, putain ? Et s'il y a un mec complètement hot là bas et que je commence à m'exciter ?
Il n'avait vraiment pas besoin d'avoir une érection devant une dizaine d'inconnus alors qu'il était complètement nu. Sirius se mordit la lèvre. Il ne pouvait pas reculer maintenant, James allait se ficher de lui pour le restant de ses jours. Sirius poussa un juron tout bas, puis tira sur la robe que la femme hippie lui avait remise quelques instants plus tôt, il jeta un œil à travers le rideau et remarqua Serendipity taper dans ses mains pour attirer l'attention de la classe.
Tandis qu'elle expliquait qu'elle avait une excellente surprise pour eux ce soir, Sirius observa les étudiants plus attentivement. Il n'y avait que des couples de personnes âgées apparemment, et il sourit intérieurement.
Aucune chance que je bande avec tous ces petits vieux.
Serendipity se tourna vers le rideau, et, le voyant regarder au travers, lui adressa un petit signe. Il sourit en direction du petit groupe, et à la demande de la femme, glissa sa robe. Quelques femmes se mirent à rire d'un air nerveux et une femme aux cheveux gris lui adressa un clin d'œil. Étant à présent plus à son aise, il se mit à rire quand Serendipity, le visage écarlate, lui suggéra une pose convenable.
OoOoOoO
Remus essayait de se faufiler tranquillement et aussi discrètement que possible dans la salle, s'asseyant dans son coin habituel et installant rapidement son chevalet et son carnet de croquis. Il fit dériver son regard vers le centre de la pièce où était posé habituellement un petit podium avec un bol de fruits ou de légumes ou bien un vase de fleurs, des objets plutôt peu attrayants, mais aujourd'hui c'était un Nu masculin, très attrayant.
Remus cligna des yeux plusieurs fois, se demandant s'il était mort ou au Paradis. L'homme se trouvait de dos, mais Remus appréciait vivement ce qu'il avait sous les yeux, son excitation fut telle, qu'elle lui coupa le souffle.
Bon sang ! Cela fait combien de temps que je n'ai pas vu un dos aussi bien dessiné ?
Remus secoua la tête, prenant une respiration apaisante tout en prenant son crayon. Ce fut particulièrement difficile pour lui de se concentrer, au lieu de regarder les bras du modèle aux cheveux sombres qui étaient tendus alors qu'il prenait la pose, Remus admirait les muscles fermes qui se mouvaient sous une peau légèrement hâlée, le mouvement l'envoûtant jusqu'à ce qu'un rire sur sa droite ne le sorte de sa rêverie. Tournant la tête, il aperçut une des femmes les plus âgées – Glenda, se rappela-t-il – qui lui souriait d'un air entendu. Apparemment, son appréciation à l'égard du modèle avait été trop flagrante. Il rougit avec embarras, et se força à se concentrer sur son carnet de dessin.
Il y eut un bruissement de papiers lorsque les étudiants tournèrent une nouvelle page et que l'homme aux cheveux sombres changeait de position. Il s'étendit langoureusement, rebondissant un peu sur ses talons. Remus demeura bouche bée, voyant le dos de ses jambes et ses fesses fermes et rebondies se tendre et se détendre à nouveau. Le modèle se tourna, obéissant aux instructions de Serendipity, ce qui ne calma en rien Remus, qui pouvait voir à présent un corps superbe. Ses yeux couraient sur sa peau, et son regard n'avait pas l'objectivité d'un artiste, mais plutôt celle d'un mâle affamé. Remus imagina de quelle façon il pourrait faire poser le jeune homme s'il en avait l'occasion, la chaleur lui montant aux joues tandis qu'il songeait aux positions plutôt osées qui trottaient dans son esprit.
Le modèle se retourna, ses mèches de cheveux lui tombant devant les yeux, et il remarqua Remus pour la première fois. Ses yeux s'écarquillèrent un peu, puis le coin de sa bouche se releva en un léger sourire. Remus détourna le regard, se concentrant sur son carnet de croquis, essayant de ne pas prêter attention au tremblement de ses mains. Cet homme, cet...Adonis...le remuait profondément.
Cela fait certainement trop longtemps...
Serendipity se racla ostensiblement la gorge derrière lui et Remus revint à l'homme avec une certaine réticence. Il avait tourné la tête à présent – son profil directement dans le champ de vision de Remus. Prenant son crayon à papier, sa main se mit à dessiner alors qu'il fixait l'Adonis, cette fois-ci son œil artistique faisant le pas sur sa libido.
L'homme était vraiment magnifiquement constitué. Ses proportions étaient belles, ses muscles bien dessinés, de temps en temps ses mains aux longs doigts fins et élégants, remettaient en place une mèche de cheveux ébène. Son profil était presque royal avec un nez fin et droit, ses yeux étaient ombragés par de longs cils épais et ses lèvres rosées, légèrement pleines, s'étiraient parfois en un sourire moqueur. Remus n'arrivait pas à distinguer correctement ses yeux et il espérait que le modèle se déplacerait afin qu'il ait un meilleur aperçu.
Il jeta un coup d'œil à son dessin, surpris que ses coups de crayons étaient bien meilleurs aujourd'hui. Il sentit l'espoir revenir et se mit à travailler pendant quelques minutes avant de laisser échapper un grognement d'exaspération et de retourner l'esquisse qu'il avait à moitié fait. Les mains le laissaient perplexe, et il était furieux d'avoir pensé qu'il avait retrouvé son énergie et sa motivation.
Comment le pourrais-je ? Je suis complètement bousillé.
Remus passa un doigt sur la cicatrice de son visage, un geste qui était devenu une habitude, et grimaça. Juste devant lui, se trouvait l'image même de la perfection et il ne pouvait même pas la capturer. Ce fichu accident lui avait puisé toute sa force vitale – par l'enfer, qu'allait-il devenir sans son art ? Il se sentait comme une demi-personne.
Lorsque Serendipity passa derrière lui, il se frotta les yeux, tentant désespérément de chasser les larmes qui menaçaient de s'échapper. Plusieurs clients lui avaient offert leurs portraits pour son exposition, et il avait accepté les meilleurs, mais il lui en fallait plus. Il avait déjà appelé le directeur de la galerie pour lui demander de réduire l'espace qu'on lui avait attribué, sachant qu'il lui restait encore un peu de temps pour faire quelques peintures. Remus avait espéré se contenter de quelques croquis pour combler l'espace, mais même ça n'était pas suffisamment prometteur. Il soupira puis regarda Serendipity demander une dernière pose à l'Adonis.
Bon Dieu ! Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?
L'homme lui faisait face, les jambes étendues devant lui comme il s'inclinait sur un tabouret. Le moindre centimètre de sa peau dénudée était exposée et Remus dut lutter pour retrouver son sang-froid. Il déglutit, tentant désespérément de ne pas baisser ses yeux en dessous de la taille de l'homme, mais il échoua lamentablement. Ce qu'il vit à la jonction des cuisses du modèle lui chauffa les joues et il sentit son pantalon le serrer désagréablement au niveau de l'entrejambe, quand il leva la tête vers le visage de l'homme, il put voir de l'amusement et un intérêt manifeste briller dans ses yeux.
Ses yeux...
La mâchoire de Remus s'affaissa légèrement sous la surprise. Quelques instants plus tôt, il s'était imaginé que ses yeux étaient peut-être bleu clair ou marron clair, mais ils ne l'étaient pas du tout. Ils étaient perlés de gris, un gris magnétique assez inhabituel, qui attiraient Remus comme un aimant. Durant quelques minutes, Remus observa simplement, ouvertement, et effrontément. Il n'avait jamais vu des yeux d'une couleur aussi envoûtante auparavant , et tout à coup sa libido laissa place à son âme d'artiste, sa main se dirigea automatiquement vers son bloc. Un frisson d'excitation familier le parcourut alors que son crayon courait rapidement et avec précision sur le papier. Il se pencha, sa frange glissant sur ses yeux, mais il ne l'écarta pas. Il n'avait pas senti un tel engouement, une telle euphorie depuis des mois et il ne voulait pas se laisser distraire – il avait une envie irrésistible de reprendre le contrôle et de voir où cela allait le mener.
OoOoOoOoOo
Sirius regarda l'homme aux cheveux bruns se pencher sur son chevalet. Quelque chose au sujet du jeune homme avait piqué sa curiosité. Cela pourrait être à cause de son apparition soudaine, qui l'avait surprise, ou bien parce qu'il était la seule personne (en dehors de l'enseignante bizarre) à avoir à peu près son âge...
Ou peut-être parce que c'est un gars assez agréable à regarder – même avec cette cicatrice.
Sirius avait remarqué la façon dont ses yeux bleus étaient devenus plus sombres alors qu'ils glissaient sur son corps, et il savait que s'il s'approchait de l'homme, celui-ci ne se déroberait pas, il n'y avait aucun doute sur sa sexualité – il y avait peu d'hétéros qui regarderaient un homme nu avec une telle intensité, et une telle profondeur.
C'est un artiste. Et je peux presque lire en lui comme dans un livre ouvert...
L'homme leva les yeux vers lui encore une fois et Sirius eut du mal à se retenir de sourire, à la place il afficha une expression neutre, et continua de faire cette pose ridicule. L'homme ne semblait pas vraiment regarder sa pose, ses yeux étaient fixés sur Sirius, mais leurs regards n'étaient pas liés, le jeune homme avait l'air de regarder dans le vide. Il retourna vers son bloc avec un léger froncement de sourcils, son nez touchant presque son chevalet alors que le crayon qu'il tenait dansait sur la surface. Il y avait une telle intensité, une telle énergie frénétique, qui se dégageait des mouvements de l'homme, qu'il fut impossible pour Sirius de s'en détacher.
Plusieurs minutes passèrent, et un claquement fort fit sursauter Sirius et il détacha ses yeux de l'artiste.
« Très bien » pépia Serendipity. « Allez faire une pause, Mr Black. »
« Sirius » corrigea-t-il avec un grand sourire et il s'amusa de la voir rougir.
« ….Sirius... » murmura Serendipity, tout en se tortillant. « Il y a du thé ou du café. »
« Merci, mais ça ira » dit-il, ignorant son expression déçue car il se leva et s'étira.
Qui aurait pensé que prendre simplement la pose exercerait une telle pression sur ses muscles ? C'était plus difficile qu'il ne l'avait pensé. Il se tourna vers l'homme aux cheveux bruns qui s'était redressé et étudiait son chevalet en fronçant les sourcils. Les yeux de Sirius parcouraient son corps svelte avec un air appréciateur.
Il y a quand même des compensations à mes douleurs, je suppose.
Il enfila sa robe de chambre et se dirigea vers le jeune artiste qui l'avait venu venir et que le regardait avec l'air d'un cerf piégé par les phares d'une voiture venant en sens inverse.
« Salut » lança Sirius, avec tout le charme propre aux Black. « Je ne t'ai pas vu quand je suis arrivé. Je suis Sirius Black. » Il tendit la main et sourit en voyant les joues de l'homme s'empourprer. « Et tu es... ? »
L'homme hésita, puis répondit: « Remus Lupin. »
Le nom avait été prononcé presque à contrecœur et sa main alla serrer celle de Sirius. Les doigts de l'artiste étaient longs et gracieux comme ils s'enroulaient autour de sa main, mais sa poigne était ferme, et Sirius se demanda ce que cela ferait de les sentir caresser son corps. Il avala sa salive, tentant humidifier sa gorge brusquement sèche, et il inclina la tête vers le chevalet.
« Je peux voir ce que tu as fait ? » s'enquit-il, le visage de l'autre homme blêmit, il jeta un regard nerveux à son bloc à dessin.
« Euh, ce n'est pas très bon... » balbutia-t-il, mais Sirius se contenta de rire.
« Je ne peux même pas dessiner une ligne droite » dit-il vivement. «Ou alors je pourrais faire comme si Picasso l'avait fait pour moi. »
Sans attendre son invitation, il bougea la tête afin qu'il puisse voir le papier, puis se figea. La page était remplie de dessins de...yeux. Il n'y avait aucun visage, seulement des yeux, et un pli perplexe barra son front.
« Tu n'as dessiné que mes yeux ? » demanda-t-il, regardant Remus avec un air confus.
« Je...je...ne... »
Semblant renoncer à sortir une phrase cohérente, Remus secoua la tête et sa main jaillit vers le chevalet, mais Sirius fut le plus rapide, il attrapa sa main, l'empêchant ainsi de refermer le bloc.
« Non, laisse-moi regarder... »
« Ce n'est pas bien. »
« C'est très bien. »
Remus fronça les sourcils. « Tu sais je n'y connais pas grand chose en art, mais je sais ce que j'aime, et j'ai aimé ce que j'ai vu» dit-il en souriant. « Seulement, pourquoi juste mes yeux ? Je suis sûr qu'il y a d'autres parties de mon corps qui sont bien plus intéressantes...et bien plus divertissantes. »
Les lèvres de Sirius s'étirèrent en un sourire séducteur et il fut heureux de voir le visage du jeune homme virer au cramoisi.
Oh, on dirait bien qu'il a remarqué les parties les plus divertissantes !
Remus ouvrit la bouche puis la referma avant de l'ouvrir à nouveau et bégaya. « Je...j'ai juste...dessiné le plus... »
« Le plus... ? » encouragea Sirius.
« Beau. »
Le mot parut presque exploser de la bouche de Remus, qui sembla surpris de s'entendre parler ainsi, mais il continua doucement. « Je ne dessine que la beauté. »
Sirius sourit largement, et, si c'était encore possible, le visage du jeune homme se fit encore plus rouge quand il réalisa ce qu'il avait laissé échapper.
« Tu penses que mes yeux sont beaux ? »le taquina gentiment Sirius et Remus gémit, secouant la tête.
« Je ne...choisis pas ce que je dessine » souffla-t-il, passant une main dans ses cheveux, essayant de clarifier ses pensées. « C'est juste que...c'est instinctif. C'est ce que je veux dessiner, ce que je peux dessiner. »
Sirius le scruta un long moment puis demanda: « Et que penses-tu de ton travail ? Tu as dit qu'il n'était pas bon – Pourquoi ? »
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Remus cligna des yeux, surpris que le jeune homme aux cheveux noirs lui demande d'expliquer ce qu'il n'allait pas avec son dessin. Il se racla la gorge, considérant la question alors qu'il retournait vers son bloc, priant pour qu'il puisse enchaîner une phrase cohérente si jamais ce...cet Adonis...Sirius...le regardait à nouveau. Il observa l'esquisse avec attention, objectivité, et un pli apparut sur son front.
« Eh bien ? Qu'est-ce qui ne va pas ? » demanda Sirius, un brin impatient, mais Remus secoua la tête, regardant fixement la page.
Il était souvent difficile de reproduire l'œil humain – ils étaient si expressifs, reflétant une multitude d'émotions à la fois et leur nuance variait et évoluait constamment en fonction de l'humeur du moment, et ces yeux-là n'étaient pas différents. Ils reflétaient exactement tout ce que Sirius Black avait ressenti, l'amusement, la contemplation, l'excitation, la joie de la libido de Remus.
« Eh bien, merde alors » murmura-t-il et Sirius pencha curieusement la tête.
« Quoi ? » questionna-t-il.
Le regard de Remus glissa sur l'homme et il sourit, de son premier vrai sourire depuis des mois, ignorant le trouble qu'il causa chez Sirius, celui-ci avait en effet l'impression que des milliers de papillons prenaient leur envol dans son estomac.
« Ils ne sont pas si mal que ça, en fait » admit-il, son sourire s'élargissant.
Les croquis n'étaient pas que « pas mal », ils auraient pu égaler certains de ses meilleurs travaux. Il dévisagea Sirius d'un air interrogateur, évaluant l'homme dont les yeux lui avaient permis de faire son comeback.
Il se pourrait bien que mon inspiration soit revenue.
