Bonjour à tous :) Merci de continuer à suivre cette traduction qui me tient à coeur. J'espère que vous l'appréciez toujours.
Bonne lecture.
Chapitre quatre
Les genoux de Remus tremblaient alors qu'il conduisait Sirius jusqu'à son appartement, principalement à cause du trajet en moto qui l'avait secoué, et le fait d'être constamment appuyé contre le dos de Sirius n'avait pas arrangé les choses, même s'il ne s'en plaignait pas vraiment. Il pria pour ne pas avoir laissé de sous-vêtements sales traîner sur le sol – c'était peu probable, mais bon- alors qu'il ouvrait la porte et faisait signe à Sirius d'entrer. L'homme aux cheveux sombres s'arrêta dans le hall, se débarrassant de son manteau en cuir et jetant autour de lui un coup d'œil intéressé.
« Voici donc la piaule d'un artiste ? » murmura-t-il, ses yeux parcourant l'appartement propre, bien rangé, mais miteux.
Remus prit le manteau de Sirius et l'accrocha avec le sien sur un crochet derrière la porte avant de répondre « Non, c'est la piaule d'un artiste qui en bave » corrigea-t-il. « Les véritables artistes vivent au milieu de l'inspiration et de la beauté. J'ai des murs gris, du linoleum qui s'écaille et un camionneur poilu et plein de graisse qui aime se promener en slip avec ses rideaux ouverts... »
Sirius le regarda brusquement et Remus lui désigna la fenêtre. Sirius grimaça en apercevant le voisin en question dans une ruelle.
« Bon sang, pas étonnant que tu ne puisses pas peindre » grommela-t-il et Remus se mit à rire, tirant les rideaux et indiquant au jeune homme de le suivre.
« Il n'y a pas grand chose » dit-il, englobant l'espace ouvert d'un geste ample de la main. « Cuisine, salon, salle à manger... » fit Remus en montrant chaque endroit pendant qu'il parlait. « Et c'est tout. »
« Pas tout à fait » objecta Sirius en lui décochant un sourire et Remus se maudit comme il rougissait à nouveau.
Sirius marcha sur ses talons tandis qu'il se dirigeait vers un petit couloir, présentant la salle de bain, puis sa chambre à coucher – soulagé en constatant qu'il n'y avait pas de sous-vêtements.
« Ma chambre »
Il s'éloigna rapidement, mais Sirius pénétra dans la petite pièce. Remus retourna sur ses pas et se tint devant la porte, regardant le jeune homme s'asseoir sur le bout de son lit et rebondir sur le matelas. Il entendit le bruit des ressorts rouillés grincer et Sirius sourit.
« Hum, c'est flexible » nota-t-il, puis il se mit à glousser devant l'expression effrayée qui traversa le visage de Remus avant de se lever. « Tu es si simple, Remus. Allez, montre-moi le fruit de ton travail. »
Remus s'engagea dans le couloir et marcha jusqu'à la seule porte fermée et l'ouvrit, révélant sa chambre d'amis minuscule et Sirius sourit en signe d'approbation.
« C'est mieux comme ça » murmura-t-il, passant devant Remus pour rentrer dans la pièce. « Cela te ressemble plus »
Remus avait entièrement dépouillé cette salle quand il avait emménagé – déterminant que ce serait l'endroit idéal pour travailler, une sorte de refuge dans une mer insipide. Il avait arraché la moquette trouée par des cigarettes, laissant les planches nues (qui étaient dans un état étonnamment bon). Puis il avait peint les murs d'un blanc immaculé et suspendu son travail un peu partout ainsi que des affiches d'art ou des endroits qu'il aimait, ajoutant une note de couleur à l'ensemble de la pièce. Son chevalet était positionné près d'une fenêtre à rideaux, profitant ainsi de la lumière naturelle qui se propageait dans la salle, et il faisait face au canapé – qui était principalement utilisé pour faire poser les modèles quand l'artiste travaillait chez lui.
Un coup d'œil à son chevalet arracha un gémissement à Remus quand il réalisa que ses croquis de la veille étaient toujours accrochés dessus.
Ses croquis de Sirius.
Bien sûr, comme la loi de Murphy le voulait, les dessins furent la première chose où Sirius posa les yeux. Il s'était assis face à l'esquisse de Remus et touchait légèrement le papier.
« C'est moi » dit-il, un peu redondant. Il regarda le jeune artiste qui avait pris la couleur d'un camion de pompier. « Tu les as fait en cours ? »
« Euh non. Je voulais simplement m'amuser ….» lâcha-t-il en traversant la pièce. « Ils ne sont pas terrible, de toute façon »
Il attrapa le bloc, mais Sirius lui donna une tape sur la main. « Laisse-moi d'abord en juger » répliqua-t-il avec un sourire. « Après tout, qui connaît mon visage mieux que moi ? »
Remus se tortillait sur place pendant que Sirius étudiait attentivement les dessins. Il aperçut un pli barrer le front de Sirius, il savait que l'autre homme pouvait voir les défauts dans le croquis, mais ignorait ce qu'il manquait exactement. Remus s'empara d'un tabouret et se glissa à côté de Sirius, lui donnant la réponse.
« Il n'y a pas de vie en eux » fit-il, et Sirius le regarda de la même façon qu'il avait détaillé les yeux sur le croquis.
« Tes yeux sont mort ici » expliqua-t-il. « Je ne pas pu capter la lumière qui se dégageait d'eux. Il est difficile de le faire, et encore plus quand le modèle n'est pas en face de toi... »
Il haussa les épaules et Sirius jeta un nouveau coup d'œil sur le dessin, penchant la tête et fronçant les sourcils vers le bloc durant quelques secondes avant de se tourner vers Remus.
« Dessine-moi. »
Remus se figea. « Quoi ? »
« Je suis là, à présent » répliqua Sirius en battant des cils. « Il y a beaucoup de lumière dans mes yeux. »
Remus laissa échapper un rire, Sirius se fendit d'un sourire et lui donna un petit coup de coude.
« Allez. S'il te plaît » le cajola-t-il. « Je vais même garder mes vêtements, comme ça tu n'auras pas à regarder mon affreuse nudité. »
« Ouais, elle est vraiment affreuse » ironisa Remus, faisant rire Sirius. Il se leva, constatant que l'artiste ne trouvait rien à redire.
« Où veux-tu que je me mette ? » s'enquit-il.
Remus poussa un soupir résigné, mais intérieurement il était excité par la proposition de Sirius. Il prit un crayon, et désigna un tabouret.
« Juste sur le tabouret, ce sera très bien » répondit-il, en se décalant un peu en arrière.
Sirius obtempéra et lança d'un ton amusé : « Assure-toi de prendre mon meilleur profil. »
Remus secoua la tête comme il retournait une nouvelle page sur le bloc à papier. « Cela ne devrait pas être trop difficile » dit-il dans un murmure. « Je ne pense pas que tu es de mauvais profil – la vie n'est vraiment pas juste. »
« Trop de perfection dans l'ensemble ? » demanda malicieusement Sirius.
Remus entendit les taquineries de Sirius, mais il lui fallut quelques secondes avant de tilter. « Exactement » dit-il, levant les yeux de sa feuille pour apercevoir le sourire amusé de son modèle se muer en un sourire charmeur.
« Tu ne veux vraiment pas que je me déshabille ? » demanda-t-il d'une voix basse et un peu rauque.
Remus hésita, son corps réagissant à la demande sans équivoque de Sirius. Il aurait adoré que Sirius soit étendu nu sur son lit, juste pour ses yeux, mais à contrecœur il secoua la tête, sachant que c'était trop tôt, beaucoup trop tôt.
Le sourire charmeur de Sirius s'élargit. « Tu en as mis du temps pour te décider, n'est-ce pas ? » fit-il doucement. « Tu agis toujours aussi correctement, Remus ? »
« Habituellement » répliqua Remus, puis il fit un petit geste avec son crayon. « Tourne-toi un peu sur ta droite. »
Sirius fit exactement ce qu'il dit, tournant son visage. « N'est-ce pas ennuyeux ? » poursuivit-il, sans se laisser décourager. « Cette convenance doit t'empêcher de prendre du plaisir...alors qu'il suffirait juste de me demander d'enlever mes habits... »
« Sirius, je ne peux pas te dessiner pendant que tu parles... » soupira Remus, mais il fut vite interrompu par le jeune homme.
« Si tu peux » rétorqua-t-il. « Alors ? Tu n'as jamais eu envie de te lâcher, de faire quelque chose de complètement incorrect juste parce que tu le voulais ? »
« Jamais. »
« Et pourquoi pas ? »
Remus poussa un soupir. « Comment veux-tu que j'y arrive si tu n'arrêtes pas de parler ? »
« Pourquoi ne viendrais-tu pas ici pour me faire taire ? » suggéra Sirius, l'air provoquant, tandis que Remus levait les yeux de son travail avec un amusement frustré.
« Tu es incorrigible » rit-il et l'homme brun hocha la tête.
« Et corruptible » ajouta celui-ci avec un sourire narquois. « Pour la bonne personne »
Remus tapota le crayon contre son menton et répliqua d'un ton amusé. « Oh, et j'ai l'impression qu'il n'y a rien que je puisse faire pour te corrompre davantage, tu es le diable en personne. »
« Tu n'en as aucune idée, Remus » souffla-t-il, et le sourire malicieux sur le visage du modèle lui envoya un pincement de luxure qui noua l'estomac de Remus.
Il se racla la gorge, puis se focalisa sur son carnet à croquis. Sa main tremblait comme il se mettait à travailler, mais bientôt, il fut emporté par un flux de lignes et de courbes et mit momentanément de côté toutes les pensées érotiques qui le traversaient, se concentrant plutôt sur la texture, les nuances et la lumière de ces cheveux trop-parfaits-pour-être-vrais.
OoOoOoOoO
Sirius resta silencieux quand il vit Remus se plonger dans ce qu'il faisait. Ces yeux bleus n'étudiaient pas Sirius comme un homme pour qui il aurait de l'attirance, mais plutôt comme un sujet qu'il évaluerait, sa main dansait et survolait le bloc avec une dextérité intense et envoûtante. Remus sépara Sirius pièce par pièce, partie du corps par partie du corps, pour les rassembler ensemble sur la page. L'immersion de l'artiste dans son travail permit à Sirius de regarder plus profondément dans son cœur et il aima ce qu'il y vit. La façon dont Remus semblait ignorer toute autre chose que son crayon faisait courber étrangement ses lèvres ou plisser son front, et Sirius trouvait ça touchant parce que c'était tout à fait naturel et que ça lui conférait un certain charme.
Il n'a aucune idée à quel point il est incroyablement sexy quand il est plongé dans ce qu'il fait.
Après ce qui pourrait être des minutes ou des heures, il vit Remus froncer les sourcils et se recentrer sur Sirius-l'homme plutôt que sur Sirius-le modèle.
« Qu'est-ce qui ne va pas ? » s'enquit Sirius.
Remus cligna des yeux plusieurs fois. « Je ne peux pas... » Sa main se leva et il traça une courbe dans l'air entre eux. « Je n'arrive pas à saisir la texture, les ombres...correctement... »
Il tendit son bras, comme pour toucher le visage de Sirius, mais stoppa son geste avant qu'il ne puisse entrer en contact. Sirius savait instinctivement ce dont il avait besoin.
« Touche-moi »
Les yeux de Remus s'élargirent et il parut pris de court. « Excuse-moi ? »
« Tu en as envie » fit Sirius d'un ton perspicace. « Si cela peut t'aider, alors touche-moi. »
Remus eut l'air encore réticent et Sirius essaya de le persuader, voulant sentir fortement le toucher de l'homme plus qu'il ne voulait l'admettre.
« Remus, je t'ai bien observé ce soir » dit-il avec un petit sourire. « Tu es très...tactile. Tu fais courir partout tes doigts diablement sexy, alors si tu en as besoin...touche. »
Sirius vit l'incertitude de Remus et il prit sa décision en une fraction de seconde, tendant la main pour toucher la joue de Remus, son index suivant le contour de sa longue cicatrice et sentant la mâchoire du jeune homme se crisper.
« Je sais que tu penses que j'ai plaisanté aujourd'hui » murmura-t-il, le doigt glissant sur la peau lisse. « Quand j'ai dit que tu m'excitais quand tu me regardais, mais tout est vrai. J'ai dû repenser à des images de mon ex-petite amie nue, pour ne pas me laisser emporter par des choses...indécentes. A force de regarder tes mains...eh bien, disons simplement que si Serendipity ne m'avait pas appeler pour changer de position, je me serai trouvé dans une situation très embarrassante. »
Sirius sentit la peau de Remus chauffer doucement sous son doigt. Son pouce dériva sur une lèvre rosée, et suivit la courbe de la bouche de Remus d'une commissure à une autre.
« Tu vois ? » murmura-t-il. « Ce n'est pas si difficile »
Il baissa la main et saisit Remus, le sentant trembler sous ses doigts.
« Touche-moi, Remus »
Il pressa sa joue contre la paume de Remus puis effleura sa main, glissant sur les métacarpiens fragiles, le poignet étonnamment délicat, lui envoyant des décharges électriques dans tout son corps.
Remus ferma les yeux, luttant contre la sensation qui menaçait de le submerger, et prit une profonde inspiration avant de toucher le visage de Sirius. Il entendit le souffle du jeune homme s'accélérer quand son pouce caressa légèrement la peau rugueuse, se déplaçant vers l'arête du nez et montant la ligne droite jusqu'à se trouver entre ses sourcils. Remus ouvrit les yeux, tentant d'apaiser les battements frénétiques de son cœur, tandis que son autre main allait rejoindre la première. Ses deux pouces se pressèrent entre les sourcils sombres de Sirius, puis se séparèrent, prenant des directions opposées, et rejoignirent ensemble le front de l'homme brun, glissant doucement sur la peau de Sirius qui gardait les paupières fermées.
L'air autour d'eux s'alourdit, sous la tension et la luxure qui flottaient dans la pièce. Remus pouvait presque sentir les phéromones suinter de leur peau et il lui fallu toute sa maîtrise de soi pour ne pas sauter sur l'autre homme et l'embrasser. Au lieu de ça, il se concentra sur une tâche qui aurait dû être automatique, ordinaire et sans intérêt, et qui fut pour lui l'expérience la plus érotique de sa vie.
Ses mains tremblantes dérivèrent vers les pommettes aristocratiques qui créaient des angles tout à fait intéressants pour l'artiste qu'il était. Remus fit ensuite courir ses doigts le long d'une mâchoire forte, un peu mal rasée. Il sentit un muscle se tendre alors qu'il prenait la mâchoire de Sirius en coupe, les pouces se mouvant lentement en cercles concentriques sur le menton de l'homme. Une inspiration forte rompit le silence comme Remus descendait lentement sur la gorge de Sirius, ses doigts délicats frôlant la peau sensible sous les oreilles du brun. Un frisson parcourut Sirius qui ouvrit des yeux obscurcis par le désir et plongea dans le regard de l'artiste comme s'il pouvait lire dans son âme. Remus le fixa durant plusieurs secondes, l'air passant à peine dans sa poitrine comprimée. Puis, presque automatiquement, ses mains glissèrent du visage de Sirius pour s'emparer de son crayon et de son bloc. Son regard resta sur l'autre homme aussi longtemps que possible, puis dériva sur son bloc, parfois il remontait sur le visage de Sirius pour l'imprégner à nouveau dans sa mémoire. Sa tête se baissait alors vivement vers le papier, sa frange dans les yeux, se balançant à chacun de ses mouvements.
Vingt minutes plus tard, Remus leva les yeux et prit une longue respiration avant de tendre à Sirius le carnet de croquis. L'autre homme le prit et observa si longuement le portrait que Remus se mit à bouger et osa enfin parler.
« Sirius ? »
Celui-ci le regarda et lui adressa un sourire, un sourire lumineux. « C'est incroyable. »
« Tu le penses vraiment ? » questionna-t-il, soulagé.
« Allons, Remus » répliqua Sirius, avançant son tabouret afin qu'ils regardent le croquis ensemble. « C'est toi l'artiste – ne fait pas preuve de fausse modestie. Il est bien, pas vrai ? »
Remus essaya de regarder l'esquisse d'un œil objectif et sourit à son tour. « Oui, il est bien. »
Sirius laissa échapper un rire clair et heureux et passa un bras autour des épaules de l'artiste de manière toute à fait inattendue. « Est-ce que ça veut dire que tu as retrouvé la forme ? » demanda-t-il et Remus rit, se penchant vers le jeune homme.
« Je l'espère. Il ne me reste que quelque mois pour faire quelque chose avant l'ouverture. »
Sirius hocha la tête et son regard glissa du bloc au visage de Remus. « Tu y arriveras. Tu as du talent, Remus. Tu es...brillant. »
Remus rougit et secoua la tête avant de se tourner et de regarder Sirius, leurs yeux s'ancrant l'un dans l'autre.
« Merci. » dit-il d'une voix un peu rauque, mais si elle était à peine plus forte qu'un murmure.
Remus fut le premier à rompre le contact, son regard dérivant vers les lèvres de Sirius, puis il se força à fixer le sol, se raclant la gorge.
« Il...il se fait tard » marmonna-t-il.
Sirius cligna des yeux, reprenant conscience de son environnement et hocha la tête. Il se leva et s'étira, ne manquant pas de remarquer les yeux de Remus qui glissèrent sur la parcelle de peau quand son t-shirt se souleva. Réprimant un sourire amusé, il suivit Remus jusqu'à la porte, prenant son manteau, restant près de l'artiste aussi longtemps que possible avant d'enfiler sa veste en cuir.
« Est-ce qu'on pourra encore se voir ? » lâcha-t-il alors, sentant ses joues s'empourprer.
Remus se mordilla timidement sa lèvre inférieure et haussa les épaules, essayant de paraître décontracté. « Tu me verras en cours samedi soir »
Sirius fixa les lèvres rosées et humidifiées par Remus et perdit tout contrôle.
« Je ne peux pas faire ça en classe » souffla-t-il, se penchant en avant et appuyant ses lèvres contre celles de Remus.
Le baiser était chaste, sec et la réponse de Remus mourut dans sa gorge. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas embrassé quelqu'un, et encore moins quelqu'un qui l'attirait autant. Sirius se retira suffisamment pour humidifier ses propres lèvres, goûter celles de Remus, puis ses yeux brillèrent avec intensité. Ses lèvres se firent plus audacieuses, leur intention limpide, et Remus ne put arrêter cette réaction élémentaire, pas plus qu'il n'aurait pu éteindre le soleil ou repousser les marées.
La langue du jeune homme se fit plus exigeante, il avait à peine dériver sur ses lèvres que Remus ouvrit la bouche, refuser l'accès à un Sirius aussi audacieux n'était même pas pensable. Des ondes électriques les traversèrent et le baiser s'approfondit, leurs langues dansant et se mêlant, chacune désirant savourer les goûts et les textures de l'autre. Sirius enfouit ses doigts dans les cheveux bruns roux de Remus, avec une douceur surprenante.
Il n'y avait rien de tendre ou de doux, cependant, à la façon dont son corps se pressait contre Remus, jusqu'à ce que l'artiste se retrouve appuyé contre le chambranle de la porte. Les mains de Remus s'agrippaient désespérément au cuir souple de la veste en cuir de Sirius, tandis qu'une jambe se glissait entre ses cuisses. Il eut juste le temps d'enregistrer sa dureté qui glissait sur celle de Sirius avant qu'il ne se retire brusquement, trébuchant un peu en arrière et heurtant la porte.
Tous deux se regardèrent avec des yeux hagards, haletant.
« Wow !»
Remus rougit en entendant l'exclamation étouffée de Sirius.
« Comme tu dis : Wow ! »
Le bruit de leurs respirations essoufflés emplit le silence puis Remus s'écarta de la porte, tentant de garder l'équilibre sur ses jambes vacillantes.
« Je te verrai vendredi ? » dit-il d'une voix mal assurée et Sirius acquiesça.
« Bien sûr » répondit-il à la hâte. « On pourra boire un verre après ?
« Absolument. »
« Et ensuite » fit Sirius avec espoir. « Tu pourras me dessiner à nouveau ? »
Remus laissa échapper un rire saccadé. « Si tu veux... »
Sirius se redressa et déposa un rapide baiser sur la bouche de Remus, et murmura avec un sourire en coin. « Je le veux. »
