Hello les gens ! Bienvenue sur ce nouveau chapitre de Muse :)
Bonne lecture !
Maintenant qu'il avait l'opportunité de se défendre, Sirius se rendit compte que le plaidoyer qu'il avait soigneusement mis au point était en train de se tarir dans sa bouche. Il n'y avait aucune excuse pour sa conduite minable et il décida que se justifier n'en valait même pas la peine.
«J'ai été un connard complet. »
Remus le regarda en arquant un sourcil. «J'espère sincèrement que tu ne t'es pas interrompu parce que tu espérais que je te contredise... »
Sirius se mordit la lèvre, secouant nerveusement son pied. Il cogna à plusieurs reprises le côté de la chaise, frappant à un rythme rapide. «Non, dit-il. «Non, en fait, je m'attendais à ce que tu ponctues cette phrase d'un coup poing sur mon visage et je l'aurais certainement mérité. »
Remus renifla avec dérision et tourna la tête en direction de la fenêtre. Sirius suivit son regard - le chauffeur du camion garée dans la rue voisine devait regarder la télévision; Sirius pouvait voir des lumières colorées scintiller à travers le rideau sale et usé. Ses yeux se tournèrent vers Remus. L'artiste essayait de garder son visage vide, mais Sirius était conscient que l'expression froide et impassible de l'artiste n'était rien d'autre qu'un masque appliqué à la hâte. La douleur transperça la poitrine de Sirius - c'était de sa faute si les cernes qui entouraient les yeux de Remus s'étaient creusées davantage
«Comment… comment vas-tu, Rem ? » demanda-t-il timidement. « Tu as l'air… »
«Je vais bien, Sirius. »
Remus se tourna vers Sirius, les narines s'évasant un peu alors que son masque de froideur glissait le temps d'un battement de cils, mais Sirius eut le temps de remarquer la colère qui bouillonnait derrière.
« Ne t'inquiète pas. Je ne vais pas m'enfuir et me tirer dessus comme l'a fait Van Gogh. Même si j'étais malheureux sans toi, je sais que la tristesse ne dure pas éternellement. Je vais m'en remettre - cela prendra un certain temps, mais tu pourrais sans doute accélérer le processus en m'expliquant ce qu'il t'est passé par la tête.»
Remus cligna des yeux et son masque se remit en place sans effort. « Alors ? Pourquoi es-tu parti et pourquoi t'a-t-il fallut quinze jours pour rassembler ton courage et revenir ici ? »
Sirius se leva, incapable de rester assis plus longtemps. Il essaya de se rappeler tout ce qu'il aurait pu dire pour émouvoir Remus mais il valait peut-être mieux laisser tomber. Il soupira et commença à faire les cent pas alors qu'il triait ses pensées, essayant de trouver par où commencer. Finalement, il s'arrêta et regarda Remus, décidant de commencer tout simplement par le commencement.
«Quand j'avais seize ans, mes parents m'ont emmené à une sorte de...secte», commença-t-il lentement. «Je leur avais dit que j'étais gay ce jour-là et ils avaient organisé une séance d'exorcisme pour essayer de« libérer le démon »qui sommeillait en moi. »
Remus le scrutait de près, son visage dure et rigide comme la pierre et Sirius prit une profonde inspiration avant de continuer.
«Toute la congrégation était là, prête à faire tout ce qu'il fallait pour me remettre sur le droit chemin. » Sa voix suintait de sarcasme et il ferma les yeux, se rappelant ce qui s'était passé cette nuit-là. «Mes parents m'avaient drogué – ils avaient sans doute mis quelque chose dans mon verre au cours du repas. J'étais conscient, mais tout était flou autour de moi, comme si on avait placé une vitre sale devant mes yeux »
Il risqua un regard vers Remus et vit que le front de l'autre homme s'était plissé d'inquiétude. Prenant cela comme un signe positif, il continua.
« Ils s'apprêtaient à effectuer une cérémonie qu'ils avaient déjà voulu faire quelques années auparavant, mais qu'ils n'avaient pas tenté de refaire après que je me sois rebellé et que j'ai brisé la mâchoire de l'un des anciens. »
Un pli amusé apparut à la commissure des lèvres de Remus et Sirius lui adressa un rapide sourire avant que sa mâchoire ne se serre à nouveau.
«Mais je n'ai pas pu les arrêter cette fois», lui dit-il, sentant son corps se tendre alors qu'il se rappelait cette nuit-là. «Ils… m'ont déshabillé et m'ont allongé par terre. Ils avaient peint tous ces symboles runiques sur le sol autour de moi puis ils les ont reproduits sur ma poitrine. »
Sa main flotta vers le haut et toucha légèrement son sternum et il vit le masque de Remus se disloquer complètement au fur et à mesure qu'il comprenait.
«La peinture… cette nuit-là…? »
Sirius hocha la tête en guise de confirmation et Remus bougea inconfortablement, fronçant les sourcils.
«Les anciens - y compris mes parents- se sont mis à chanter, espérant chasser le démon de mon corps,» continua Sirius. «A la fin du chant, ils m'ont demandé si je voulais toujours« commettre le péché de luxure avec mon propre sexe » J'ai répondu oui. Alors, ils ont sorti des ceintures. »
«Sirius…» fit soudain Remus, se penchant en avant. «Tu n'as pas à…»
«Non, je dois continuer», dit-il fermement, se mordant la lèvre.
Même s'il détestait penser à cela, il savait que cette trahison avait été la goutte d'eau pour lui, que les actions de Connor et de ses parents avaient brisé tout ce qui restait de sa foi en d'autres personnes, et que ses problèmes de confiance découlaient de cette nuit.
«Ils pensaient que la flagellation serait suffisante pour faire sortir le diable de mon corps», articula-t-il doucement, la douleur de cette nuit revenant à sa mémoire aussi nettement que si cela avait été hier. «Ils se sont tous relayés - ma mère et mon père en premier, puis… l'homme que j'avais aimé. »
Remus esquissa un geste, comme s'il voulait lui tendre la main, mais il se reprit. Sirius en fut presque soulagé - il ne voulait pas que Remus lui tende la main parce qu'il avait pitié de lui; il voulait qu'il lui tende la main parce qu'il lui avait pardonné.
«Son nom était Connor,» raconta Sirius, sa voix s'étant presque transformée en un chuchotis. «Il avait vingt ans. Je suis tombé amoureux de lui si fort… »
Sirius fronça les sourcils, s'éclaircissant la voix alors que les souvenirs de son passage avec Connor l'assaillaient. «Nous avions prévu de nous enfuir ensemble. C'est la raison pour laquelle je m'étais disputé avec mes parents ce jour-là. Je leur avais parlé de Connor et de moi. »
Il lâcha un rire dénué d'humour. «Pendant qu'ils exécutaient le rituel, je le cherchais des yeux. J'attendais qu'il vienne me sauver, qu'il vienne leur qu'il m'aimait et qu'il m'emmenait - comme il l'avait promis. »
Sirius regarda Remus, qui regardait par la fenêtre, le corps tendu et la mâchoire serrée. «Je l'ai vu avec la ceinture et je l' ai supplié de tout leur dire sur nous. »
La tête de Remus se tourna légèrement vers lui et Sirius savait qu'il écoutait.
"Il a nié en bloc," murmura Sirius, déglutissant difficilement. « Il a affirmé à tout le monde que je mentais à propos de notre liaison, puis il m'a fouetté avec une sangle en cuir jusqu'à ce que la peau se déchire de mes os. J'ai tellement hurlé son nom que je n'arrivais plus à parler. »
Il soupira lourdement, enroulant ses bras autour de lui. «J'ai fini par céder. J'ai dû promettre que je n'aimerais plus jamais les hommes, le lendemain j'ai emménagé chez James et ses parents. »
Sirius pencha la tête, essayant d'attirer l'attention de Remus alors qu'il parlait. « Je ne te raconte pas ce passage de ma vie pour que tu te sentes désolé pour moi, ou pour justifier mon comportement, je voulais simplement que tu saches que tu n'y es pour rien si je me suis enfui. Je suppose que ma fuite est due...à toute cette peinture qu'il y a autour de moi, et à ces traces qui étaient sur ma poitrine. J'avais l'impression d'être à nouveau là-bas. J'ai paniqué.»
Remus fronça les sourcils, fixant Sirius avec des yeux si acérés, si pensifs, que Sirius se demanda s'il devait simplement abandonner la partie et s'en aller, puis Remus parla.
«J'ai du mal à y croire» dit-il brusquement, surprenant Sirius. «Un peu de peinture t'a rappelé une mauvaise expérience datant de près de dix ans, donc tu parti sans un mot pendant quinze jours ? » Il secoua la tête. «Je n'essaye pas de nier ce qui t'est arrivé – ce que tu as vécu était horrible, et ce que t'ont fait subir tes parents et ton amant…»
Il serra les dents pendant un moment puis enchaîna : «Mais j'ai l'impression que tu ne me dis pas tout. »
Sirius se mordit la lèvre. Remus avait raison. Merde, il le connaissait si bien après si peu de temps. Raconter le passage le plus douloureux de sa vie avait été un jeu d'enfant comparé à ce qu'il devait révéler à Remus. Car Remus devait l'entendre, avait besoin de l'entendre, méritait de l'entendre.
«Remus, ça…ça nous est tombé dessus si vite...j'ai paniqué,» tenta-t-il d'expliquer. « Notre histoire devenait sérieuse, je m'en suis rendu compte, et puis j'ai vu la peinture et elle ne se détachait pas - tout comme les runes - et j'avais l'impression d'être là-bas et d'être sur le point d'être blessé à nouveau ».
Remus se leva immédiatement et Sirius gémit, sachant qu'il s'était mal exprimé.
«Tu...jamais je ne t'aurais blessé et tu le sais ! Pourquoi as-tu cru une chose pareille ? »
L'indignation de Remus était complètement justifiée et Sirius se hâta de clarifier ses propos.
«Ce n'est pas ce que j'ai voulu dire. Je… je me soucie de toi, Remus. Trop sans doute et j'avais l'impression que je ne pouvais pas empêcher ces souvenirs de revenir, je ne pouvais pas les ralentir et… putain… j'ai eu peur, d'accord. J'ai perdu la tête et j'étais terrifié et je me suis enfui comme un lâche. »
Le visage de Remus se crispa de confusion. «Alors… tu t'es énervé, et tu m'as laissé là, sans un mot, me faisant croire que tu n'étais venu uniquement que pour le cul ? C'est comme ça que tu veux montrer que tu tiens à moi ? »
«Je sais,» gémit Sirius, se levant et regardant Remus d'un air suppliant. «Je sais que c'était stupide, blessant et idiot…»
"Tu dois penser que je suis un imbécile de croire cette excuse pitoyable," grogna Remus. «Si tu t'en soucies tellement, pourquoi n'as-tu pas pris - oh, disons cinq putains de secondes - pour m'appeler le lendemain et dire : « Remus, je suis vraiment désolé, mais toute cette histoire va trop vite, je suis paumé, et j'ai besoin d'un peu de temps pour mettre mes idées au clair. Ce n'est pas toi, c'est moi. Ce n'est pas parce qu'on a baisé que je suis parti… »
La voix de Remus lâcha un sanglot étouffé et Sirius sentit ses yeux le brûler.
« Je suis désolé. Remus, merde. Je suis vraiment désolé . » Il tendit la main sans réfléchir, touchant le visage de l'autre homme et fut aussitôt repoussé. «Rem, être avec toi était la meilleure chose qui me soit arrivée. Le sexe… ça n'a jamais été comme ça avant, je sais que ça sonne comme un cliché mais je le pense. Tu étais parfait; le problème c'était moi, uniquement moi… »
«Uniquement toi ! » s'énerva Remus «Ça c'est sûr, tu n'as vraiment pensé qu'à toi. »
Sirius grimaça sous la violence des mots. «Mon Dieu, tout se passe mal», murmura-t-il en se frottant le front. «S'il te plaît, Remus…» Il agrippa le visage de l'autre homme, résistant aux tentatives de Remus de le repousser. «Je ne peux pas décrire ce que je ressens, je ne sais pas comment l'expliquer correctement, mais je te veux . Je te veux tellement et cela me fait peur, mais je suis prêt...Je peux le faire »
Remus le poussa, sa force surprenant Sirius, et le brun trébucha en arrière.
« Tu peux faire ça ? » cracha Remus, ses yeux lui jetant des éclairs. «Tu es prêt ? Pourquoi diable devrais-je croire un mot de ce que tu dis ? Qu'est-ce qui t'empêche de te barrer à nouveau au prochain obstacle ? » Il secoua la tête, tournant le dos à Sirius. «Si tu penses que je vais à nouveau subir ça sans rien dire, tu te mets le doigt dans l'œil bien profond »
«Je ne le referai plus,» promit Sirius, la voix débordant de désespoir alors qu'il s'approchait. Il saisit les épaules de Remus et essaya de le tourner pour lui faire face. «J'étais seul sans toi, Remus, et je ne veux plus recommencer; je ne peux plus recommencer. »
« Arrête de me toucher ! »
Remus s'était presque mis à hurler, balançant son bras levé, essayant de déloger les mains de Sirius. Mais Sirius lâcha prise et le poing de Remus le frappa sur la pommette. Sirius cria de douleur, levant une main sur son visage, et Remus ouvrit la bouche, choquée par ce qu'il venait de faire.
« Oh merde » Remus fixa Sirius alors qu'il enlevait sa main de son visage, montrant sa joue enflée. «Putain de merde, Sirius. Je suis désolé. »
Il toucha le visage de l'autre homme avec hésitation, grimaçant de sympathie lorsque Sirius émit un sifflement de douleur.
«Tout va bien, Remus. »
«Ça gonfle…»
« Juste un peu. Ce n'est pas grave… »
«Tu as besoin de glace ou…»
Sirius saisit la main de Remus et la serra fort, attirant son regard. «Tout va bien, Remus. Je vais bien. » Il réalisa que l'autre homme tremblait et l'attira un peu plus près, prenant son visage en coupe avec l'autre main.
« Je vais bien. »
Ils se regardèrent, la colère et la rancune s'étant évanouies, laissant derrière elles deux hommes fatigués de se battre contre leur propre cœur.
Remus soupira doucement, avec lassitude. «Tu ne me fais pas confiance, Sirius. C'est pourquoi tu es parti. Tu ne me fais pas confiance, tu as peur que je te blesse comme il t'a blessé »
Sirius avala sa salive et secoua la tête. «Je te fais confiance, Remus. C'est en moi que je n'ai pas confiance. En mon jugement, mon esprit, mon cœur. Je n'avais pas confiance en ce que je ressentais, et j'ai longuement débattu avec moi-même, luttant contre mes sentiments . Quand je n'ai plus eu la force de combattre, j'ai fui. »
«Combattre ou fuir» murmura Remus, et Sirius hocha la tête.
«Mais j'ai fini par me réveiller - enfin. J'ai confiance en ce que je ressens maintenant. J'espère juste qu'il n'est pas trop tard. »
Remus baissa les yeux et Sirius se mordilla l'intérieur des joues. Il passa son pouce sur le dos de la main de Remus, sentant les os fins sous la peau. Cet homme était si fort à certains égards, et très fragile à d'autres - et il l'avait blessé de la pire des manières. Sirius ravala le peu qu'il lui restait de fierté et posa la question à laquelle il redoutait d'entendre la réponse.
«Est-ce que j'ai échoué ? Tu me détestes, Remus ? »
Remus expira – un souffle long et lent - et leva les yeux. Ses yeux brillaient de larmes alors qu'il murmurait: «Ce serait beaucoup plus facile si je te détestais. »
Les larmes lui piquèrent les yeux alors que Sirius relâchait la main de Remus et la levait pour rejoindre l'autre, encadrant le visage de l'artiste. Les pouces traînèrent légèrement le long de la mâchoire de Remus, caressant sa peau. Remus ferma les yeux, essayant de résister à l'attrait de l'homme qu'il aimait, puis il gémit et se pencha, Sirius faisant de même.
Leurs lèvres se rejoignirent maladroitement, hésitantes au début, le toucher se raffermissant pendant un moment avant de s'intensifier davantage. Se goûter l'un et l'autre après s'être absentés pendant si longtemps était enivrant et, à un signal mutuel, leurs lèvres s'ouvrirent et se dévorèrent, leurs bras étaient étroitement serrés, leurs lèvres se meurtrissaient, s'écrasaient et se prenaient - avidement, passionnément, brusquement. Remus poussa Sirius contre le mur, mordant férocement la lèvre charnue de l'autre homme et esquissant un sourire quand Sirius poussa un hurlement et le mordit en retour. Leurs mains déchirèrent les fermetures éclair et les boutons, baissant à la hâte leur pantalon jusqu'aux genoux.
«Je te veux» murmura Sirius, se retournant pour faire face au mur. « En moi. Rien que toi. »
Remus frissonna et cracha rapidement sur sa main, la frottant sur son sexe palpitant avant de saisir les hanches de Sirius et de plonger à l'intérieur, Sirius se crispant à cause de cette entrée rugueuse. Remus lui donna un moment pour s'adapter à l'intrusion, tordant ses doigts dans les mèches noires de Sirius. Il ramena la tête de Sirius contre son épaule, fermant sa bouche sur la gorge exposée, les gémissements qui remplissaient l'air vibrant à travers leurs corps.
Remus enroula un bras autour de la taille de Sirius et se retira jusqu'à ce que son sexe soit presque libérée du canal chaud et serré avant de retomber dans la chaleur accueillante. C'était dur et rapide - aucun des deux hommes ne pourrait continuer plus longtemps. Sirius se libéra, chaud et épais sur sa propre main après seulement quelques coups de rein de Remus. L'autre homme ne prit que quelques coups de plus avant de se relâcher à son tour, suçant durement le cou de Sirius alors qu'il tremblait et haletait sous la force de son orgasme.
Ils glissèrent le long du mur, exténués, formant un tas de membres enchevêtrés sur le sol, leur respiration ralentissant alors que les aiguilles de la pendule clignotaient à chaque seconde. Le silence n'était pas inconfortable, cependant, et aucun des deux hommes ne voulait être celui qui le briserait. Sirius bougea, enlevant son jean puis ses doigts se déplacèrent vers la chemise de Remus, la tirant sur les cheveux bruns. Ils se dénudèrent ensemble, voulant être aussi vulnérables l'un que l'autre, plus rien ne devait être caché maintenant, puis Remus attira Sirius contre lui. Leurs fronts se pressèrent, leur souffle chatouillant doucement leurs joues pendant de longs instants avant que Remus ne parle enfin.
« Tu m'as fait mal. »
« Je sais. »
«Ne recommence pas. »
