Chapitre 10 : Imprévu


C'était un jeudi. Il n'y avait rien de spécial ou de marquant le jeudi. Jeudi était juste un autre jour de la semaine. C'était ce qui traversait les pensées de Derek alors qu'il se réveillait ce matin-là. Il avait regardé la date et c'était dit qu'on était jeudi. Juste jeudi.

La journée s'était déroulé simplement. C'était un jour normal. Il eut son café, mangea une tourte à la citrouille épicée, partit en classe et étudia comme tous les jeudis. Puis il eut un appel de sa sœur.

Elle voulait juste prendre de ses nouvelles, vérifier qu'il allait bien considérant la date d'aujourd'hui. Elle pensait bien faire, mais Derek espérait qu'elle comprenne son besoin d'oublier cette date. Son oncle Peter l'avait compris. Il était plutôt du genre à l'appeler le vendredi, même peut-être le samedi, mais certainement pas le jeudi. Mais Laura pensait toujours connaître mieux Derek. Et dans la plupart des cas c'était vrai. Mais sur ce sujet-là…

Derek soupira. Il ne pouvait pas être fâché contre elle. Il ne pouvait l'être contre personne. Et ça le laissa dans cet appartement étouffant où il était seul avec ses émotions prête à le submerger. Incapable de tenir plus longtemps, Derek attrapa ses clefs et sortit.

Il était tard. Presque minuit. Et c'était pour le mieux, sinon il aurait sûrement percuté quelqu'un. Il conduisait à une vitesse folle, prenant des virages secs, usant ses roues et ses freins. Il baissa la vitre entièrement, laissant l'air frais claquer contre son visage. Et une fois que son besoin de vitesse s'épuisa, il se retrouva là, garé avec ses vitres refermées, en face de l'appartement de Stiles.

Il n'avait pas l'intention de rentrer. Évidemment. Le jeune homme devait sûrement dormir à l'heure qu'il était. Il avait juste besoin d'être proche de lui. Simplement d'être là, dans sa voiture, le faisait sentir mieux, à un point qu'il ne pouvait vraiment comprendre. Derek soupira et posa sa tête sur son volant.

'Merde Laura… Pourquoi a-t-il fallu que tu m'appelles ? Tout allait bien.' Il ferma ses yeux. « Tout allait bien... » Se répéta-t-il, encore et encore. À un moment, il n'était même plus sûr qu'il parlait encore de sa sœur.

Soudainement, quelqu'un tapa à sa vitre. Derek sortit de ses pensées et tourna rapidement la tête vers la personne qui se tenait devant sa vitre.

« Derek ? Je me disais bien que c'était ta voiture. »

'Stiles.'

Le garçon sourit.

Derek sortit finalement de sa rêverie et déverrouilla ses portes.

Stiles pointa le siège passager et se déplaça de l'autre côté de la voiture quand Derek hocha la tête. Stiles monta, retirant sa capuche, et posant le sac qu'il tenait à ses pieds. « Salut, qu'est-ce que tu fais là ? »

« J'étais juste en train de...conduire... »

Stiles haussa un sourcil, mais n'insista pas.

Derek regarda ses mains, qui serraient le volant. « Pourquoi tu ne dors pas ? » Demanda-t-il, la voix basse.

« Hm ? Moi ? Je t'ai dit. Je ne dors pas beaucoup. Je suis sorti pour acheter mes en-cas de minuit. » Il sourit, soulevant le sac avant de le secouer un peu puis de le reposer. « Ne le dit pas à Scott par contre. Je le pousse à manger sainement alors il me taperait sûrement s'il savait pour les oreos que je m'apprête à démolir. »

Derek entendit le garçon glousser. Il essayait d'alléger l'ambiance. Derek savait qu'il devrait réagir. Un sourire, merde, même un petit ricanement ferait l'affaire. Mais il ne pouvait pas se résoudre à le faire.

Un moment passa, les laissant dans le silence complet. Stiles regarda son ami, de l'inquiétude dans le regard. « Derek ? Ça va ? » Demanda-t-il, concerné. Doucement, il plaça sa main sur le bras de Derek, sentant ses muscles tendus.

« Je vais bien. Tout va bien. » Répondit-il machinalement.

Stiles resta silencieux un moment. Depuis le coin de ses yeux, Derek le vit hocher la tête légèrement avant d'enlever sa main. Il se tourna, Derek pensa qu'il allait ouvrir la porte. Mais à la place, Stiles attrapa sa ceinture pour s'attacher. « Ok. On y va. »

Derek se tourna enfin pour regarder le garçon. « Quoi ? »

« On y va. Là où tu veux. » Stiles Sourit. « Ce sera notre petite escapade de minuit. »

« Stiles– »

« tu veux. » Dit-il en hochant la tête, regardant Derek droit dans les yeux.

Derek se retourna vers le pare-brise, laissant ses mains desserrer le volant. Il resta assit là, la mâchoire serrée, il tourna la clef pour démarrer avant de commencer à conduire.

Stiles parla pendant le trajet, sans doute pour remplir le vide. Il parlait des paysages variés, des arbres et même des étoiles dans le ciel. Derek écoutait, trouvant dans la voix du garçon un réconfort, bien qu'il ne soit pas en état pour répondre. Il les conduisit en dehors de la ville, à travers les montagnes, jusqu'à ce qu'ils soient enfin face à l'océan baigné sous un ciel étoilé. Derek gara la voiture mais ne fit aucun mouvement pour en sortir.

Stiles fixa son ami. Ensuite, après plusieurs minutes de silence, il se pencha pour enlever ses lacets.

Derek le regarda, curieux.

Stiles lui sourit doucement et haussa les épaules alors qu'il enlevait une de ses chaussures. « Si on va à la plage je ne veux pas avoir de sable dans mes chaussures. »

Derek regarda alors que Stiles enlevait sa chaussette, la rentrant dans sa chaussure déjà abandonnée, faisant ensuite de même avec son autre pied. Il glissa ensuite son jean jusqu'à ses chevilles. Quand il eut fini, Stiles le regarda avec impatience. Après un moment, Derek l'imita. Quand il eut fini à son tour, Derek ouvrit sa porte et sortit pour aller marcher sur le sable. Il entendit Stiles le suivre.

« Wow. » Soupira Stiles. « La lune est magnifique. »

Derek leva la tête et acquiesça. Elle brillait au-dessus de la mer, son reflet s'étendant au loin. Derek s'assit sur le sable, entourant ses jambes de ses bras. Il regarda la mer s'écraser contre le rivage avant de retourner dans la grande bleue. Stiles s'assit à côté de Derek, en tailleurs, en mettant le sac d'en-cas entre ses jambes. Il ouvrit le paquet d'Oreo, sépara les deux côtés du biscuit et les mangea séparément. Il offrit le paquet d'Oreo à Derek. Derek en prit un, et ne se souciant pas de la technique, croqua simplement dedans.

« Pouah. Brute. » Murmura Stiles.

Derek fronça les sourcils. « Quoi ? Parce qu'il y a une mauvaise façon de manger un Oreo ? »

« Techniquement non, mais s'il y en avait une ce serait celle-là. » Le garçon ricana.

Derek leva les yeux au ciel et enfonça le reste dans sa bouche. Il en prit un autre.

« Tu sais. » Continua Stiles, en prenant un autre lui aussi. « J'adore les oreos. Mais il y a un gros inconvénient quand on les mange. » Il sépara les deux parties du biscuit et les mangea séparément de nouveau.

« Et c'est quoi ? » Demanda Derek, finissant le sien.

« Elles rendent tes dents toutes sales. » Il prouva son affirmation en lui souriant. Ses dents étaient parsemées de bouts noirs. C'était dégoûtant. Derek ne put s'empêcher de rire. « Ah ! » S'exclama Stiles, pointant Derek. « Toi aussi t'en as plein tes dents ! » Stiles sortit alors de son sac une briquette de lait. Il enleva la paille avant de percer la briquette avec et de la tendre vers Derek qui en but un peu volontiers.

Stiles glissa sa langue sur ses dents. Il regarda Derek. « Est-ce que j'ai tout eu ? » Demanda-t-il, les montrant à l'autre garçon.

Derek acquiesça avant de faire de même. Il pointa ses dents.

Stiles acquiesça aussi. « Ouais c'est bon. »

Derek gloussa. Être avec Stiles le faisait toujours sentir mieux, même si tout ce qu'ils faisaient c'était de manger des oreos. Ils restèrent assis là, à regarder les vagues, à écouter le bruit de la mer, finissant la moitié du paquet d'Oreo et presque tout le lait.

Derek finit par parler. « Ma sœur m'a appelé. Tout allait parfaitement bien et puis elle m'a appelé. » Il expira de frustration., posa sa tête sur ses genoux. Sa voix était basse. « Mes parents sont morts aujourd'hui… il y 7 ans de cela... »

Il sentit une main sur son épaule le serrer légèrement. « Derek… Je suis désolé... »

Il le regarda de nouveau. « Tout allait bien. » Répéta-t-il. « J'ai… Je n'ai pas envie d'oublier cette journée, mais je… Je n'ai pas envie qu'on me le rappelle. »

Stiles acquiesça, compréhensif.

« Mais ce n'est pas comme si je pouvais ignorer Laura. » Continua Derek, amère. « Elle a presque tout fait pour moi depuis que c'est arrivé. Elle et Peter sont tout ce qui me reste. Et j'allais bien. Et puis elle a appelé. Et c'est ok pour elle de s'en souvenir car elle a un fiancé et merde… Même Peter sait qu'il ne faut pas m'appeler parce que je ne peux pas... » Il cacha de nouveau de sa tête dans ses jambes, fermant les yeux. « Je ne peux pas...supporter tout ça...pas quand je suis ici..tout seul... »

Il sentit sa main glisser le long de son dos pour la laisser sur sa taille alors que Stiles se rapprocha de lui, l'étreignant à moitié. Stiles posa sa tête contre l'épaule de Derek, sa main caressant doucement son dos avant de revenir à sa taille. « Tu m'as maintenant. » Dit-il, simplement.

Derek ne répondit rien malgré le torrent d'émotion que cela provoqua en lui, mais il savait que Stiles comprenait à quel point ça comptait pour lui. Doucement il se permit de se reposer un peu contre le garçon, empruntant un peu de sa force. Ils restèrent assis là pendant un moment, les seules sources de lumière étant la lune et les quelques lampadaires qui alignaient la route derrière eux.

Stiles fut celui qui brisa le silence. « Comment ils sont morts ? » Demanda-t-il doucement. Derek laissa une de ses mains tomber sur le sable, puis joua avec le sable. « Il y a eu un feu. Ils sont restés bloqués à l'intérieur de la maison alors que Laura et moi étions à l'école. » Il s'arrête, sa main posé à côté de lui. « Tout allait bien... » Répéta-t-il mais cette fois avec de la douleur dans sa voix. « Et puis ils nous ont sortis de la classe, Laura et moi, et la seule chose dont je me souviens c'est le directeur nous apprenant la mort de nos parents. J'étais censé penser au bal de promo et à toutes les cochonneries que j'allais manger au déjeuner, et pas à où est-ce que j'allais aller ou qu'est-ce que j'allais faire sans ma maison ni mes parents. La seule chose qui m'a aidé à passer tout ça c'était Laura et mon oncle. Sans eux… Je ne… Je n'aurais même pas... »

Stiles caressait encore son dos, ce qui aidait l'autre garçon, triste, à se calmer.

« Par chance, mon oncle nous a accueillis chez lui à New York. J'ai eu mon diplôme* et puis j'ai pris quelques années sabbatiques hors de l'école, un peu perdu dans ce que je voulais faire. Je me sentais juste...perdu… » Derek pencha la tête sur le côté, prenant une poignée de sable avant de le regarder tomber de nouveau sur le sol. « Je me contentais d'être en colère contre le monde entier. En colère contre mes parents qui sont morts. En colère contre moi-même pour réagir comme ça. Mais Laura... » Il railla. « Elle m'a remis les idées en place. Elle m'a dit de remettre de l'ordre dans ma vie. De me concentrer sur autre chose et d'avancer. Elle m'a ramené en Californie avec elle pour que je puisse arrêter de fuir ce qui s'était passé. Elle m'a même ramené à la maison, enfin ce qui en restait. Mon Dieu… J'étais vraiment dans tous mes états ce jour-là… Toute la cendre, le porche noirci… Ils ont déclaré le feu comme accidentel mais je me suis toujours demandé s'ils n'avaient pas raté quelque chose. Même un tout petit indice... »

Stiles s'appuya contre lui. « C'est pour ça que t'étudies la criminologie maintenant ? »

Derek acquiesça doucement. « Je suppose. Je veux dire, j'ai toujours été intéressé par ça… Mais je suppose que si jamais je finissais par me retrouver dans une situation similaire en tant qu'inspecteur sur l'affaire, je pourrais tourner la page en sachant que j'ai fait de mieux pour apporter la vérité à quelqu'un d'autre, tu vois ? »

Il sentit Stiles acquiescer contre son bras. « Ouais, je comprends. »

Derek laissa sa main sur le côté de nouveau et regarda l'océan. Il soupira. « Peut-être qu'il y a un truc qui cloche avec moi. Laura le vit très bien. Elle se souvient de ce qu'il s'est passé et elle est plus forte que moi. Alors que moi... j'essaie juste de l'éviter. »

« Hé, il y a rien de mal à ça. » Stiles fronça les sourcils. « Ça fait très mal. Les gens ont tous des manières différentes de faire face à la douleur. »

« Je ne veux pas l'ignorer… C'est juste… Je ne pense pas pouvoir le supporter. Je ne peux pas le supporter. Regarde-moi. »

« Hé. » Répéta Stiles, plus fort. Il secoua légèrement Derek. « On essaie de le supporter comme on peut. »

« Mais j'ai l'impression que je m'enfuis juste de tout ça. Même maintenant, après toutes ces années. »

« OK, alors arrête de fuir. » Répondit Stiles, simplement, levant la tête en se tournant pour regarder l'autre garçon. Derek soupira. « Non, écoute-moi. » Il continua. « Tu te souviens de ce qu'on a fait pour l'anniversaire de la mort de ma mère ? »

« On a joué aux jeux vidéo et on a mis ta cuisine sens dessus dessous. »

« On a cuisiné. Et la cuisine c'est quelque chose que ma mère faisait. Cuisiner me rappelle ma mère et la joie que ça lui apportait à chaque fois qu'on complimentait sa cuisine. Cuisiner est un moyen pour moi de me souvenir des bons moments. Alors. Trouve juste ce qui te rappelle de bons souvenirs. Tu penses à quoi quand tu te souviens de tes parents ? »

Derek expira longuement. « Feu. Mort. Douleur. »

Stiles le poussa doucement. « Allez. Y'a bien un truc que vous faisiez ensemble et qui te rendait heureux non ? Qui faisait de vous une famille ? »

Derek soupira mais chercha quelque chose dans sa mémoire. Il essaya de se souvenir des bons moments avant l'incendie. « Baseball. »

« Baseball ? Ouais, ok. Le baseball. On peut faire un truc avec. Donc y'avait quoi avec le baseball ? »

« C'était quelque chose que mon père m'a appris. On regardait les matchs ensemble, tout en supportant la même équipe. Et quand j'en faisais plus petit ils étaient tous là pour me soutenir. » Derek lâcha un petit gloussement, un souvenir lui venant à l'esprit. « Je me souviens de la première fois que j'ai fait un home run. Ma mère s'était levé depuis les gradins, criant à la balle de passer au-dessus du grillage alors que mon père faisait bouger ses mains comme s'il pouvait la pousser de loin. Même Laura avait posé son téléphone et regardait. Et une fois que la balle a atterri derrière la grille, ils se sont tous levés, criant de toute leur force. » Derek sourit. « Après ça, mon père nous a emmenés à la pizzeria. Et pour le dessert, on est allé à cet endroit qui faisait des soufflés juste délicieux, plus crémeux qu'on peut l'imaginer. Mes parents en ont partagé un au chocolat alors que moi j'en ai pris un au- »

« Citron ? » Devina Stiles, souriant.

Derek acquiesça, un sourire sur ses lèvres. « Ouais. Citron. » Il mordit sa lèvre, revivant le souvenir dans sa tête.

« Eh bien parfait alors. » Répondit Stiles. Il se leva puis essuya le sable qu'il avait derrière ses jambes. Il se pencha, prit le bras Derek pour le tirer. Une fois que Derek fut sur ses deux pieds, Stiles s'éloigna de quelques pas avant de faire face au plus vieux. Il se tint de côté, bougeant ses mains comme s'il avait une balle. « Le prochain batteur est Derek Hale, dit 'le grincheux'. Il frappe à 9 mètres* cette année, pas mal pour un débutant. »

Derek fronça les sourcils, regardant le plus jeune, exaspéré. « Stiles, qu'est-ce que tu fais ? »

Stiles haussa les épaules, comme si c'était évident. « On joue au baseball. Allez. T'es le suivant. » Il reprit sa position de lanceur.

« Stiles- »

« Et voilà la balle ! » Il lança une balle imaginaire en direction de Derek.

Derek se contenta de rester là, levant un sourcil. Stiles pencha sa tête et agita ses mains attendant une réaction de la part de ce dernier. Il leva les yeux au ciel avant de battre d'une seule main, d'un geste peu motivé.

« Bouh ! C'est raté pour le débutant. Peut-être que si le lanceur lançait des choux ce dernier arriverait à toucher quelque chose. »

Un air renfrogné gagna alors le visage de Derek. Il soupira lentement avant de prendre une position de batteur plus convenable, faisant craquer son cou.

« Ahh qu'est-ce qu'il se passe ? Est-ce que le petit nouveau a enfin décidé de jouer sérieusement ? Est-ce qu'il porte des caleçons d'homme ? Est-ce qu'il est prêt à entrer dans la ligue ? Est-ce qu'il- »

«Stiles. »

« Très bien, très bien. Voilà la balle ! » Stiles lança de nouveau la balle imaginaire. Derek, malgré le fait qu'il se sentait un peu idiot de faire ça, battit la balle bien plus fort cette fois. « Et il la frappe ! Au-delà du parc ! C'est une victoire écrasante ! La foule est en délire ! Aaaaaaaaaaaaaah ! » Le plus jeune leva les bras en l'air et commença a tourner autour, passant sur des bases imaginaires. « Le grincheux l'a fait ! Il a gagné la partie ! Il a gagné le fanion* ! Il va aller à Disneyland avec son meilleur pote, Stilinator ! Youhou ! »

Derek ne put s'empêcher de glousser alors que Stiles commença à courir autour de lui. Il avait le sourire aux lèvres. « T'es ridicule. »

Stiles se jeta sur le dos de Derek, enroulant ses bras autour du cou du garçon. Derek vacilla un peu sous le poids soudain de Stiles, mais il réussit à retrouver son équilibre à temps. « Ce n'est pas une façon de parler au Stilinator ! » Grogna Stiles, joueur, décoiffant Derek au passage.

« Hé ! Stiles ! Arrête ! »

« Jamais ! Tu dois t'excuser auprès du Stilinator ! »

Derek grogna. « Très bien alors. » Il attrapa fermement les cuisses du plus jeune alors qu'il commença à courir vers la mer.

« Hé ! Attends ! » Cria Stiles, essayant de s'échapper, en vain.

Derek continua jusqu'à ce que le sable soit mouillé sous ses pieds. Il attendit que l'eau glacée du Pacifique vînt taper contre les côtes pour se pencher en arrière, pour lâcher Stiles dans l'eau.

« Non, non, non ! »

Derek lâcha ses jambes, mais Stiles essaya immédiatement de les enrouler autour de la taille de Derek. Le bout de ses doigts de pieds eut le temps de toucher l'eau avant qu'il n'y parvienne. « Ah! C'est froid ! » Il se tint plus fermement, plongeant sa tête dans le cou de Derek. « Ok, ok. Je ne décoifferais plus jamais tes magnifiques cheveux. Plus une seule fois, ok ? »

Derek sourit, victorieux, avant de se remettre normalement, tenant de nouveau les cuisses du garçon. « Bien. »

Stiles lâcha un peu sa prise alors que Derek continua de marcher le long de la côte, satisfait de sentir le poids de Stiles contre lui. Derek pouvait sentir le cœur de ce dernier battre à tout rompre contre son dos. Il continua de marcher jusqu'à ce qu'il sentît Stiles se calmer et sa respiration redevenir normale. Là, Derek sourit malicieusement avant de recommencer à courir.

« Ah ! » Stiles grimaça, serrant de nouveau Derek plus fort.

Derek courut jusqu'à l'endroit où ils étaient assis précédemment, leur sac toujours là. Il entendit Stiles rire dans son oreille, luttant pour tenir Derek alors qu'il courait encore plus vite. Finalement ils tombèrent dans le sable, Stiles atterrit sur le dos et Derek juste à côté de lui. Ils rigolaient tous les deux alors qu'ils essayaient de reprendre leur souffle.

Ensuite, Derek se tourna sur le côté et enroula ses bras autour de la taille de Stiles, l'attirant contre lui. Il posa sa tête contre son torse, écoutant son cœur battre à l'intérieur. Stiles posa une main sur le bras de Derek tandis que l'autre alla trouva ses cheveux afin de les caresser doucement. Derek voulut protester comme Stiles venait de promettre qu'il ne le décoifferait plus jamais, mais se rendit compte qu'il ne pouvait pas. C'était agréable de sentir les mains de ce dernier caresser ses cheveux. Il ferma ses yeux, se détendant à ce doux toucher. Quand il reprit enfin son souffle, il soupira.

« Je voulais vraiment te voir. » Admit-il doucement. Stiles arrêta de bouger pendant un instant, mais finit par continuer. Derek poursuivit. « Mais… Il était tard. Je pensais que tu dormais… Alors simplement être proche de toi me suffisait. » Il rouvrit ses yeux. « Je pensais… 'Si Stiles était là, il saurait quoi faire.' Et tu es apparu. » Il ferma ses yeux, serrant le plus jeune un peu plus fort. « Et tu as su exactement quoi faire pour me faire sentir mieux… Je… Je suis reconnaissant auprès de toi... Je suis vraiment heureux d'avoir pu te voir... »

« Derek... »

Un silence s'installa entre eux. Derek se laissa plonger dans la chaleur des bras du jeune homme. Il était heureux, satisfait, et simplement...reconnaissant pour Stiles. Reconnaissant qu'il soit là maintenant. Reconnaissant qu'il soit dans sa vie. Il ne voulait pas se rappeler du temps où il ne connaissait pas encore cette pipelette hyperactive, ce merveilleux pâtissier, cet incroyable garçon à vous couper le souffle. Ce garçon qui a réussi à se faire une place dans son cœur, à s'incruster dans sa vie, lui donnant de la joie, de la tendresse et de l'amour.

Derek était amoureux de Stiles, le garçon qui a cuisiné sa place jusqu'à son cœur.

Stiles tourna un peu pour bercer Derek dans ses bras protecteurs. Ils s'endormirent comme ça, pressés l'un contre l'autre, se serrant mutuellement dans les bras comme s'ils ne voulaient absolument pas que l'autre disparaisse. Les inquiétudes de la journée étaient bien oubliées. Tout ce qui importait c'était l'instant présent.


NDA : C'est drôle. Quand j'écris je trouve plein de choses que j'aimerais ajouter. Mais quand il arrive le temps de les écrire, je ne sais plus quoi dire. Et puis quand je relis les chapitres après qu'ils soient postés, je retrouve ce que je voulais dire. Ça me donne envie d'écrire une version avec les commentaires, peut-être avec le point de vue de Stiles. Ouais. Et puis je me dis 'Pffff qui voudrait lire ça ?'

NDT : Bonjour, bonsoir. Un chapitre tout en douceur aujourd'hui. J'ai beaucoup aimé celui-là mais vous m'excuserez je n'y connais absolument rien en baseball donc je ne garantis pas la qualité de ma traduction quand on parle de ça.

Ps 1: Le diplôme en fait c'est le GED aux États-Unis c'est l'équivalent du bac en France. C'est ce qu'on passe après les études secondaires !

Ps2 : Je ne suis absolument pas certaine de cette traduction ? Dans l'original il tire à « ,384 » je crois que c'est ça mais moi et le baseball…

Ps3 : C'est une sorte de drapeau trophée qu'ils gagnent à la fin des matchs, apparemment.