La femme au sol redressa la tête vivement. Elle agrippa le katana attaché dans son dos et se mis en position de défense malgré qu'elle ne puisse pas se lever ou même s'asseoir correctement. La peur et la détermination se lisaient dans son regard. Elle suivait des yeux chaque mouvement fait par Haru et Naruto.

Dans l'espoir de la mettre un peu en confiance, Haru rangea son arme et leva ses mains désormais vides devant elle. Elle resta cependant devant l'enfant-renard.

- Qui... qui êtes-vous...? demanda la déserteuse.

- Je m'appelle Dragneel Haru et voici un enfant dont je m'occupe.

D'un regard furtif, elle fit comprendre au jeune Naruto qu'il devait garder son identité secrète.

- Nous sommes venus parce que nous vous avons entendu gémir. Est-ce que nous pouvons vous aider?

La femme aux os fracturés hésita un instant.

- Je devais rejoindre un homme... il m'a dit que Konoha allait m'aider, me mettre en sécurité... mais il n'est pas venu au rendez-vous...

La maîtresse de la mort soupira.

- Je ne pense pas qu'il vienne. Peu de gens se promènent ici à l'exception de nous deux. Et si cet homme vient, je ne pense pas qu'il ait de bonnes intentions à votre égard.

Naruto semblait scandalisé par ce que venait de dire Haru mais n'osa pas parler. D'ailleurs, il avait remarqué qu'il était partiellement ignoré par la blessée tant qu'il ne faisait pas de geste brusque.

- Oro... chimaru... Je venais rencontrer Orochimaru...

Les sourcils de l'enfant se froncèrent alors que le visage de celle qui l'accompagnait se tordit en un masque de malaise et de soulagement. Si Naruto trouvait le nom familier sans savoir pourquoi, ce n'était pas le cas de Haru.

- Oh oui. Je vois qui c'est. On peut dire que vous l'avez échappé belle. Cet homme, si on peut l'appeler ainsi, a été mis sur la liste des criminels les plus dangereux. Le village du coin a découvert son laboratoire de scientifique fou il y a quelques jours et il était rempli de corps humains et d'enfants sur qui il expérimentait. Il s'est enfui et n'a toujours pas été retrouvé. Je pense qu'il prévoyait de faire de vous et votre enfant à naître ses cobayes.

Les yeux bleu glace de la femme enceinte s'écarquillèrent d'horreur. Elle posa une main trop blanche sur son ventre avant de se reprendre. Pourtant, son visage était toujours très pâle. Cette pâleur, associée aux multiples fractures inquiétèrent la sorcière aux cheveux roses. C'est pourquoi cette dernière se rapprocha encore plus de la blessée. L'autre voulut faire un mouvement de recul mais une contraction soudaine l'empêcha de bouger.

- Et mer...

Le regard curieux de Naruto par rapport à ce qu'elle disait l'empêcha de dire sa grossièreté. Il ne manquerait plus qu'il répète! Bien vite, son attention retourna vers la femme enceinte. Les traits de la maîtresse de la mort se tordirent.

- Je crois que je peux faire quelque chose pour vous... ou plutôt pour votre enfant. Je ne possède pas de moyen de réparer vos os sans mettre en danger votre bébé mais...

Elle indiqua d'un geste discret la lame que possédait l'autre. La blessée comprit aussitôt et hocha fermement la tête.

- Tenter de donner naissance naturellement à mon enfant nous tuerait tous les deux. Je ne peux être sauvée, je le sais, je le sens... mais mon enfant le peut. Sauvez mon enfant, je vous en prie!

Haru ferma les yeux et prit une profonde inspiration.

- Naruto, je veux que tu rentres à la maison. Ce que je m'apprête à faire... ce n'est pas quelque chose que je veux que tu voies.

L'enfant voulut protester mais réalisa bien vite que sa gardienne ne ferait rien tant qu'il serait là. Il sauta donc à son tour dans le fossé pour la prendre dans ses bras avant de détaler à toute vitesse. Ce n'est que lorsqu'elle ne ressentit plus sa présence qu'elle se tourna vers la blessée.

- Je suis désolée madame mais nous ne pouvons plus retarder cela plus longtemps...

- Je suis prête. Au final, c'est probablement mieux ainsi... avec une mère venant d'un autre village, mon bébé n'aurait probablement jamais... été accepté...

Une larme roula tout de même sur sa joue à l'idée de ne pas pouvoir le voir grandir. La seule trace d'émotion qu'elle se laissa aller à afficher. En tant que kunoïchi, elle avait appris très jeune à camoufler son ressenti. En plus, elle se devait d'être forte pour que celle qu'elle croyait être une civile fasse ce qu'il faut pour sauver son enfant.


Je sais, je sais! C'est court! Sauf que je n'arrive pas à aller plus loin pour l'instant et je sais que ça fait super longtemps que vous attendez la suite alors...