Bonsoir ! Voici un nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira et encore une fois faites moi part de vos impressions !
Merci à drou, puerta et Sarah pour vos reviews ! Ca me fait super plaisir comme d'habitude ! Pour les autres je vous réponds en pv, bien sûr ! Effectivement, c'est un peu sombre et glauque, c'est l'idée ! Mais notre petit Malefoy va finir par s'adoucir ! peut-être pas tout de suite ...
Bonne lecture.
Hermione était là, figée, spectatrice de la scène macabre qui n'allait pas tarder à devenir plus glauque encore.
Fred était juste à côté d'elle. Son épaule touchait presque la sienne, tout comme celle de son voisin de gauche. Tous amassés les uns contre les autres, ils observaient sans un mot, et Hermione ne s'était pourtant jamais senti aussi seule.
Seule au monde, comme s'il n'y avait personne avec elle assistant à une horreur pareille, à une telle inhumanité.
Comment en étaient-ils arrivés là ?
Hermione avait cru entrapercevoir quelque chose à travers lui, quelque chose d'humain, d'un peu plus fragile que le monstre sanguinaire et froid qu'il avait toujours affiché. Qu'il affichait depuis Poudlard, qu'il affichait encore plus dans cette prison de malheur qui était déjà suffisamment malsaine.
Il lui avait semblé qu'il avait parfois un peu baissé sa garde.
Elle s'était trompée.
Wagner. Le pauvre Wagner qui l'avait rabaissé plus bas que terre quelques semaines auparavant et à qui elle aurait souhaité tout le malheur du monde hier encore, lui inspirait la plus grande pitié à présent. Elle avait honte d'elle qui n'avait pas voulu penser à l'avenir de cet homme maintenant que le Général Drago Malefoy savait qui était le traitre.
Elle avait envie de détourner le regard, de ne plus regarder le visage tuméfié et sanglant de l'homme, déformé par les coups, mais elle en était incapable. Son regard ne voulait pas lâcher ce visage. Le macabre attirait l'œil. Alors Hermione continuait de regarder, scrutant chaque plaie, chaque marque bleutée, observant avec curiosité chaque mouvement douloureux de l'homme agenouillé qui tenait à peine droit.
Chaque respiration lui semblait douloureuse, son dos rond s'arquait un peu plus chaque fois que ses poumons se gonflaient et son épaule droite ne semblait plus à la même hauteur que la gauche.
Hermione, incapable de penser à quoique ce soit d'autre, avait la nausée. Et en même temps, elle se demandait quel sortilège Malefoy avait bien pu utiliser pour infliger une telle souffrance. Ce n'était pas à Poudlard qu'il avait appris cela, ni dans les livres de la bibliothèque. Elle doutait même que la réserve contienne des ouvrages qui parlaient d'une telle torture.
En fait, elle comprit une chose. Il n'y avait pas que des sortilèges qui avaient été utilisés sur ce pauvre homme. Malefoy avait utilisé la forme de torture la plus basique, celle qu'on attribuait aux êtres qu'il répugnait pourtant au plus haut point : la torture employée par les moldus.
Son regard se décrocha pour la première fois de l'homme qui semblait vivre un supplice. Il avait dû subir plus d'un doloris et Hermione ne doutait pas que Malefoy était un maitre dans l'art de ce sortilège impardonnable.
Son regard se braqua sur Malefoy.
Il avait la baguette tendue vers le pauvre homme.
Les gardes étaient tous alignés, observant la déchéance du bras droit de Malefoy, Wagner, cet homme qui les avait commandés pendant plusieurs années. Certains étaient incapables de soutenir ce spectacle. D'autres avaient les yeux écarquillés, terrifiés par cette scène.
- Regardez ce qui arrive à ceux qui m'ont trahi, tonna le Général.
Hermione regarda les lèvres de Drago Malefoy bouger. C'était comme si cette voix n'émanait pas de la bouche de ce garçon qui avait partagé toute sa scolarité. Comment ? Comment en étaient-ils arrivés là ?
Comment avait-il pu devenir si cruel, si mauvais alors qu'ils avaient partagé les mêmes cours, les mêmes repas ?
Sa gorge se serra. Elle avait envie de pleurer.
Et ce dont elle avait honte, c'est qu'elle avait envie de pleurer pour ce garçon. Pas pour Wagner qui allait mourir de la main de Malefoy. Elle avait le cœur serré pour ce garçon qui avait perdu son innocence, à qui il ne restait plus une once de bienveillance et de joie.
Elle et Malefoy n'avaient jamais été amis, mais elle l'avait observé. Il avait ri, s'était amusé avec ses camarades Serpentard, même si c'était parfois au dépend de Hermione. Il avait souri quand il recevait une lettre de ses pensées, avait sauté de joie lorsque Serpentard gagnait les matchs de Quidditch, avait fêté sa propre victoire quand il avait écrasé l'attrapeur de l'équipe adverse. Elle l'avait vu se démener sur ses devoirs à la bibliothèque, lui hurler dessus pour qu'elle lui donne le foutu livre dont il avait besoin pour son devoir de potions.
Et ce garçon, il avait été broyé par l'homme sans âme face à elle. Il ne restait rien de ce garçon, il n'y avait plus que le mangemort, le Général Drago Malefoy qui n'hésitait pas à torturer et à tuer celui qui avait eu le malheur de le trahir.
Le regard gris métallique et froid défia chaque regard de chaque gardien avant de balayer la foule de détenus qui avaient été conviés à la fête. Il s'arrêta une seconde sur Hermione, et elle sentit la nausée tout près de ses lèvres. Son regard se durcit.
Ses lèvres bougèrent à nouveau mais cette fois Hermione n'entendit aucun son sortir de la bouche du Général. Mais elle lut sur ses lèvres. Ce sortilège, elle pourrait le lire sur n'importe quelles lèvres, c'est ce sort dont elle rêvait chaque nuit.
L'éclair de lumière verte frappa de plein fouet la poitrine de Wagner.
Un sursaut général secoua la ligne de gardiens qui observaient la scène sans un mot. Hermione pressa les paupières une seconde, inspirant profondément.
Elle n'était pas si fragile. Beaucoup de ses camarades étaient morts, certains juste devant elle. Ses compagnons de fuite et de cavale avaient été capturés, parfois torturés sans qu'elle puisse agir.
Elle avait déjà vu la mort, bien en face. La mort de Wagner ne devrait pas la heurter.
Le corps sans vie de l'homme s'écroula sur lui-même, comme un pantin qui n'avait jamais été animé.
Il n'y avait pas un bruit. Pas un reniflement, pas un éternuement, pas un chuchotis. Rien. Juste le son du vent qui sifflait dans le grillage qui les séparait de la liberté.
La sirène retentit. Elle annonçait le diner, et pourtant l'empressement qui animait habituellement les détenus n'anima pas la foule. Pas un seul mouvement n'avait été amorcé, chacun attendant le signal qui annonçait qu'ils avaient enfin le droit de bouger.
Aucun n'aurait pris le risque de bouger alors que le Général n'en avait donné l'autorisation. Pas alors qu'il venait de tuer un homme d'un simple coup de baguette.
- Allez-y, dit-il avec un geste de la main.
Aussitôt, gardes comme prisonniers se dissipèrent d'un même mouvement, échappant à l'ambiance étouffante qui régnait dehors. Tous fuyaient cet endroit qui risquait de devenir leur peloton d'exécution s'ils ne se dépêchaient pas de disparaitre de la vue du Général qui semblait prêt à commettre un massacre.
Hermione était bousculée, mais elle ne pouvait détacher son regard du corps de Wagner. Elle entendait la voix de Fred, mais elle ne comprenait pas ce qu'il disait. Il la secouait par l'épaule, essayant de l'arracher à cette contemplation pour qu'ils partent eux aussi, avant que Malefoy ne décide de passer ses nerfs sur eux.
Des têtes passaient devant elle, la coupant une seconde de la vision du mort, mais ça ne changeait rien. L'image était imprimée sur ses rétines.
Elle accrocha le regard du Général. Et Malefoy eut envie de lui lancer le sortilège de mort à elle. Elle qui l'avait confronté à la trahison de celui en qui il avait attribué sa confiance par erreur. Il avait envie de voir la vie s'échapper de ce regard plein de terreur et plein de jugement. Ce regard qui lui disait « tu es un monstre » sans utiliser le moindre mot.
Le rouquin, l'unique Weasley de la prison, réussit à l'arracher de sa contemplation et elle disparut dans la multitude de têtes qui se précipitaient pour obtenir leur ration quotidienne.
Il soupira. Lourdement.
Hermione attrapa son bol sans un mot, suivant Fred mécaniquement.
- Il l'a tué.
- C'est ce qui se passe quand on ose défier le Général, dit-il en baissant d'un ton.
- Il l'a tué, répéta Hermione.
Fred soupira, plantant sa cuiller dans le gruau trop compact. Elle ne l'écoutait pas.
Il dut presque la tirer derrière lui pour qu'elle quitte le réfectoire bondé et finalement, il accepta de la laisser rejoindre les douches.
Elle n'avait pas l'air en forme, un peu déconnectée de la réalité, le regard hagard, il s'inquiétait un peu de ce qu'elle pouvait faire. Il connaissait Hermione, elle était flamboyante, capable de tout même quand c'était dangereux pour elle.
Elle lui assura qu'elle ne ferait pas d'imprudence et il finit par la laisser. Il était bien trop fatigué pour lutter. Elle était intelligente, elle saurait se contenir et éviter une mort certaine. Il l'espérait.
Alors Hermione rejoignit la douche, profitant enfin d'un moment de solitude pour essayer de remettre de l'ordre dans ses pensées. Le mois d'octobre était déjà bien entamé et le froid commençait à se faire sentir, pourtant elle resta un long moment sous le jet d'eau gelée. Le froid lui faisait du bien, brûlant presque sa peau abimée.
Elle n'arrivait pas à retirer l'image de la mort de Wagner de son esprit. Elle était imprimée dans son cerveau, claire et limpide. Elle revoyait encore et encore le rayon vert heurté le corps abimé de Wagner et son corps tombé. Mort.
Elle sortit de la douche alors que son corps commençait à convulser de froid. Elle enfila ses vêtements, essayant d'oublier le froid et d'ignorer ses tremblements. Elle se brossait les dents, se demandant si le tremblement de ses mains était dû au froid ou plutôt à la peur, à l'angoisse. Au traumatisme.
Peut-être un peu de tout ça.
Hermione plongea le visage sous l'eau stagnante de l'évier, essayant une dernière fois de retirer le visage sans vie de Wagner de son esprit et quand elle redressa la tête, cherchant son reflet dans le miroir, elle ne fut pas surprise d'y voir le visage de Malefoy.
C'est comme si elle savait, comme si elle avait senti qu'il viendrait ce soir-là plus que les autres. Elle se retourna, toujours appuyée contre le lavabo abimé.
Son regard avait eu l'air plus bleu dans le miroir, moins dur. Gris et impénétrable, il la regardait sans ciller. Hermione ne savait pas ce qu'il attendait d'elle, elle était mal à l'aise. Elle sentait la tension qui régnait entre eux et il savait qu'il ne suffirait que d'une étincelle pour déclencher l'explosion, pour qu'il décide de lui faire du mal. Mal comme il savait le faire.
Alors elle ne dit rien, soutenant ce regard si impénétrable, qui lui restait si intriguant, cherchant à y trouver quelque chose encore et encore.
- Tu n'as rien à dire ? dit-il finalement en s'approchant de quelques pas, jouant avec une bague à son doigt.
Hermione s'éloigna un peu du lavabo.
Est-ce qu'elle avait quelque chose à dire ? Elle se rappela le visage tuméfié de Wagner. Non elle n'avait rien à dire. Les mots n'étaient pas assez forts pour exprimer son état d'esprit.
- Je ne sais pas, dit-elle finalement. Est-ce que je devrais ?
Il plissa les yeux.
- Tu as toujours quelque chose à dire, Granger. J'ai surpris ton regard tout à l'heure. Je sais ce que tu penses de moi.
- Qu'est-ce que je pense alors ?
Elle se le demandait vraiment. Peut-être qu'il saurait mieux qu'elle mettre des mots sur son état d'esprit.
- Tu penses que je suis un monstre, dit-il durement. Parce que je lui ai fait du mal. Parce que je l'ai tué.
Hermione hocha de la tête.
- Tu l'as tué, souffla-t-elle. Pourquoi tu l'as tué, Malefoy ? Pourquoi ne pas … simplement le renvoyer chez lui ?
Sa voix était trop aiguë, presque chevrotante et Hermione savait de quoi elle avait l'air : d'une fille à moitié hystérique et fragile. Elle en avait oublié les foutues règles de Malefoy. Elle ne supportait pas de le vouvoyer, ni de l'appeler monsieur. Elle ne supportait pas d'être rabaissée si bas.
Elle plongea son regard dans le sien, orageux.
- Pourquoi le faire souffrir, pourquoi l'humilier jusqu'au dernier instant, le tuer en face de nous ? De ses collègues et amis ?
- Première chose, Granger, il n'y a pas d'amis parmi les mangemorts. Il n'y a que des rivaux, des traitres potentiels, des individus qui n'hésiteront pas à te planter un couteau dans le dos si ça peut leur assurer un tremplin pour avoir l'air plus utile auprès du Lord. Il n'y a pas de bons sentiments chez nous.
Il reprit son souffle une seconde, la bousculant.
- Seconde chose, le meilleur moyen d'éviter la prochaine traitrise, c'est de montrer à tous les candidats potentiels ce qui arrive à ceux qui ont le malheur de se faire prendre.
Il la bouscula encore une fois :
- Troisième chose, surveille tes paroles, sang de bourbe. N'oublie pas les règles.
- Sinon quoi ? s'énerva Hermione en le bousculant en retour. Sinon tu vas me faire la même chose qu'à Wagner ?! C'est tout ce que je mérite de toute façon. Je n'aurais jamais dû t'aider, jamais dû te dire que c'était lui. Si j'avais su …
Sa voix s'étrangla dans un sanglot et elle couvrit son visage de ses mains. Terrible erreur. Le rayon de lumière verte se rappela à elle.
- Si je n'avais rien dit, il serait toujours en vie.
- Mais toi, tu serais morte, gronda Malefoy. Il est le traitre, il méritait son sort. Tu sais combien de gens comme toi il a torturé ? Combien de sangs de bourbe il a torturé ? Pourquoi tu éprouves de la pitié pour cet homme… il était une pourriture.
Hermione planta son regard dans celui de Malefoy. Pourquoi cherchait-il son approbation ? il aimait tant lui rappeler qu'elle n'était rien, qu'un détritus qui ne méritait pas de vivre. En quoi son avis importait de toute façon ?
- Baisse les yeux, sang de bourbe.
Hermione obéit. Pas parce qu'il lui avait demandé, mais parce qu'elle n'avait pas envie de croiser ce regard.
- Je devrais rejoindre ma cellule. Avant le couvre-feu.
Elle se glissa dans l'entrebâillement de la porte, mais il la retint par le poignet et elle frissonna.
Il dut faire tous les efforts du monde pour ne pas lui briser le poignet pour avoir simplement oser frémir à son contact. Et pourquoi faisait-il cet effort d'ailleurs ? Pourquoi se retenait-il de lui faire mal s'il en avait tant envie ? Il avait tous les droits, y compris celui de vie ou de mort, alors pourquoi ?
- Je dois vraiment y aller, si je n'y suis pas avant …
- C'est moi qui fais les règles ici. Si je dis que tu restes, tu restes.
Hermione resta sans bouger. Parfois, il valait mieux faire la bête morte.
- Et je t'interdis de me regarder comme ça. Tu n'as aucun droit ici, encore moins celui de me juger.
- Si tu ne veux pas que je te juge, Drago, pourquoi tu es ici, à essayer de me tirer les vers du nez pour savoir ce que je pense de toi. Si tu es si sûr de tes actes, qu'est-ce que tu fais ici à attendre que j'approuve tes actes ?
Les doigts de Malefoy se resserrèrent autour de son poignet et Hermione crut qu'elle était allée trop loin. Elle avait déjà beaucoup trop dépassé la ligne rouge, et elle pensait avoir passé la ligne noire, celle qui signifiait que Malefoy allait lui faire passer son envie d'oublier les règles.
- Si tu veux jouer, on va jouer. Il n'y aura plus aucun traitement de faveur pour toi, persiffla-t-il. Aucun.
Hermione se garda bien de lui dire qu'elle n'avait pas eu la sensation d'avoir le moindre traitement de faveur. Elle avait plutôt eu l'impression d'attirer toute l'attention de chaque gardien et du Général, ce qui lui avait valu bien plus de remontrances que n'importe qui.
Elle pouvait sentir Malefoy en ébullition qui menaçait de lui éclater le crâne contre le mur dès maintenant, alors elle ne dit rien.
- Cours jusqu'à ta cellule, car si tu n'y es pas avant la sirène, je te promets la plus belle des remontrances.
Doucereux, Hermione fut un peu déstabilisé. Il lâcha son poignet et Hermione partit en courant. Elle eut juste le temps de retenir la porte pour se glisser à l'intérieur de la cellule avant qu'elle ne se referme. Le cœur battant et au bord des lèvres, elle s'approcha de la plaie béante qui lui servait de fenêtre pour humer l'air frais extérieur, essayant de faire disparaitre cette nausée qu'elle peinait à faire disparaitre depuis la mort de Wagner et qui n'était que plus présente depuis la petite visite de Malefoy.
