Salut à tous, voici le dernier chapitre qui s'est un peu fait attendre ! J'avoue avoir tout simplement oublié de publier alors qu'il est prêt depuis quelques temps, ahah.
Pour les reviews :
Drou : Eh bien, écoute parce que la spécialité de Drago Malefoy est de tout ruiner, ahah
Puerta : Effectivement, Barnabé risque d'un peu trop attirer l'attention de Drago en s'approchant de Hermione et il va vite s'en rendre compte ! Je considère que la relation entre Drago et Hermione sera toujours un peu malsaine de toute façon, rien de "sain" ne peut naitre dans un tel environnement, pour autant, ils vont tendre vers une relation qui se veut plus "égalitaire" dans le sens où Drago ne pourra pas toujours profiter de cet avantage d'être "le dieu de la prison", Hermione n'est pas du genre à se laisser "dompter" si facilement, surtout après la tentative d'abus qu'elle a pu subir. Le consentement est quelque chose qui m'intéresse énormément (merci la fac de droit qui m'a complètement transformé, ahah). J'espère que la suite te plaira !
Awa : Oh la la, merci pour tous ces compliments, j'adore ! En espérant que tu auras le même avis pour la suite.
Merci à toi Guest aussi ! Et à tous également, pour toutes vos reviews qui me donnent toujours plus envie d'écrire !
Hermione avait été un peu angoissée à l'idée de croiser Malefoy qui devait sans doute être encore très en colère du fait de son comportement, pourtant elle ne l'avait pas croisé en 4 jours. Elle avait fini par arrêter de jeter des coups d'œil inquiet derrière elle et profitait de la présence chaleureuse de Barnabé. Les cauchemars avaient vite été oubliés, éclipsés par le comportement exemplaire de Barnabé qui se montrait toujours respectueux et heureux de la voir. Il n'avait jamais eu le moindre geste déplacé et Hermione avait maudit silencieusement Malefoy de lui avait insufflé une telle idée. Barnabé était quelqu'un de bon et gentil.
Ils passaient le plus clair de leur temps ensemble. Il partageait ses repas avec Hermione et Fred qui avait fini par se faire à la joie débordante du nouveau venu. Hermione l'avait même vu répondre à quelques-unes de ses plaisanteries.
Hermione et Barnabé faisaient leur tournée ensemble, discutant en promenant leur brouette depuis le hangar jusqu'aux cuisines plusieurs fois par jour. Barnabé était quelqu'un de drôle et il avait le mérite de lui faire penser à autre chose.
Jamais il ne lui avait demandé d'où provenait cette chemise au nom de Malefoy, jamais il n'avait posé son regard dessus. Hermione n'était pas stupide, il avait dû entendre parler des rumeurs qui circulaient dans la prison, mais il ne lui avait pas posé la moindre question et Hermione lui en était très reconnaissante.
Hermione profitait de la présence de Barnabé, de son engouement pour la vie pour voir à nouveau ce qui l'entourait en couleur. Il était comme un nouveau souffle, et bientôt son agression et les méchancetés de Malefoy devinrent secondaires. Elle ne l'avait pas vu depuis plusieurs jours, mais il ne lui manquait pas le moins du monde. Malefoy était quelqu'un d'irascible et impétueux, incapable de laisser quiconque s'approcher de lui. Il était odieux et mesquin, et Hermione ne voulait plus se confronter à lui alors qu'il ne se complaisait que dans l'idée de lui faire du mal, de remuer le couteau dans la plaie alors qu'elle gardait péniblement la tête hors de l'eau.
Alors quand Collins, un des gardiens se dirigea à grands pas vers eux alors qu'ils rejoignaient le parc à brouettes, Hermione perdit son sourire. Ce regard noir annonçait quelque chose qui n'allait sans doute pas plaire à Hermione. Est-ce que c'était déjà l'heure de la sélection ? Pourtant, il lui semblait que ce n'était pas encore pour tout de suite, Fred ne l'avait pas prévenu !
- DM et le nouveau, aboya-t-il, interdiction de faire sa tournée à plusieurs !
- Mais … ça ne fait pas partie des règles, répliqua Hermione, perplexe.
La réponse de Collins ne se fit pas attendre. Sa baguette siffla et Hermione encaissa un doloris bien senti de quelques secondes. Barnabé l'avait regardé tomber avec un air horrifié, figé face à ce spectacle.
- On ne discute pas les ordres, sang de bourbe, dit-il en levant sa baguette.
Hermione se releva, le souffle un peu court. Collins n'était pas le meilleur des gardiens, du genre plutôt susceptible, mais au moins, il n'était pas très doué avec le sortilège de doloris. Les détenus tenaient un classement très précis des gardes selon l'intensité de leur doloris. Collins était plutôt dans le bas du classement, et Hermione n'osait imaginer l'intensité d'un doloris envoyé par l'un des membres du top 3. Hermione passa une main tremblante sur son front, brûlant.
- Remettez-vous au travail avant que je ne vous envoie rendre une petite visite au Général.
L'effet fut immédiat. Hermione attrapa sa brouette, aussitôt suivi de Barnabé qui accéléra le pas.
Ça avait eu le don de le faire taire pour une fois. Hermione lui ordonna de partir en premier, elle partirait quelques minutes plus tard. Barnabé s'exécuta sans un mot, ne voulant sans doute pas offenser Collins qui les observait toujours d'un œil mauvais.
Hermione chargeait sans brouette, morose.
C'était sans doute un coup de Malefoy. Elle savait qu'il n'appréciait pas Barnabé, qu'il n'aimait pas qu'elle puisse ressentir la moindre once de joie dans cette prison aux murs ternes. La simple idée que quelqu'un puisse lui rendre la vie plus agréable le mettait hors de lui, elle avait pu le constater. Dès le premier jour, il avait tenu à ruiner le peu de bonheur que Barnabé lui avait insufflé.
Hermione savait très bien qu'il pouvait la voir lorsqu'il prenait sa pose clope, qu'il devait être hors de lui en la voyant continuer de discuter avec Barnabé alors qu'il avait tout fait pour l'en dissuader. C'était forcément lui qui avait envoyé Collins pour leur interdire de travailler ensemble. Fourbe et mesquin, c'était sa signature.
Elle lâcha un dernier sac dans sa brouette et toussa encore une fois. Elle filait un mauvais rhume. Même ses vêtements plus chauds ne pouvaient pas l'immuniser face au froid de plus en plus prenant. La fenêtre de sa cellule ne l'épargnait pas. Elle se redressa, cherchant le Général de l'autre côté du grillage. Elle ne manqua pas de le trouver, appuyé contre un mur, il l'observait sans un mot, fumant sa cigarette.
Quel con.
Elle attrapa sa brouette et partit pour les cuisines.
Elle croisa Barnabé sur le chemin mais il se contenta d'un grand sourire qu'elle lui rendit. Le travail était bien moins agréable et les journées ne passaient plus si rapidement à présent, et Hermione en était très contrarié. Si Malefoy s'était mis en tête de les séparer un maximum c'était réussi, mais Barnabé mangeait avec elle et Fred chaque jour à tous les repas. Au fond, elle espérait bien que Malefoy le remarque et en soit frustré.
En même temps, elle se méfiait. Malefoy était bien du genre à créer de nouvelles règles qui l'empêcheraient de le voir même en dehors du temps de travail, alors elle ne se faisait pas remarquer, essayant de ne pas croiser le regard du dit Malefoy car elle savait que quand elle tombait dans ce regard orageux, elle participait à le mettre plus en colère encore.
Hermione passa une main fébrile sur ses joues, essayant de calmer la chaleur qui irradiait dans son crâne. Elle avait une migraine depuis qu'elle s'était réveillée et elle ne savait pas trop comment elle allait tenir la journée. Elle était passée à l'infirmerie la veille au soir, mais on l'avait gentiment renvoyé dans sa cellule avec un ricanement moqueur. L'infirmerie n'était pas là pour les bobos.
- Je vais m'occuper des plus gros sacs, ok ? Je suis plus costaud, prends-les plus légers. Au moins, le temps que ça aille mieux, lui dit Barnabé avec un air concerné.
- Merci beaucoup, Barnabé, mais je ne peux pas te demander ça … toi aussi tu dois préserver tes forces.
- Tu ne me demandes rien, je le fais de moi-même !
Il attrapa quelques petits sacs qu'il lâcha dans la brouette sans délicatesse.
- Allez fonce, dit-il avec un sourire.
Hermione lui rendit son sourire et le remercia à demi-mot.
Son nez bouché l'empêchait de respirer correctement, et Hermione commençait à regretter le temps où son nez était parfaitement fonctionnel.
Elle remercia le ciel qu'aucun garde ne traine trop dans le coin du parc à brouettes car aucun n'aurait manqué son manque d'énergie et elle aurait sans doute reçu quelques doloris pour la remettre d'aplomb. Elle hissa avec difficulté un sac dans sa brouette et éternua bruyamment. Il ne manquait plus que ça.
- Tu es malade ?
Hermione sursauta brusquement. Derrière le grillage qui la séparait de sa liberté, Malefoy se tenait, une cigarette à la bouche.
Elle ne put s'empêcher de ressentir une pointe de colère envers lui, celui qui avait claqué des doigts pour qu'elle ne puisse plus travailler avec Barnabé. Toutefois, elle se rappela qu'il n'était pas le genre d'homme à mettre en colère dans un tel endroit.
- Oui. Un peu, dit-elle en reniflant un peu.
Elle n'était pas si malade que cela, c'était simplement un mauvais rhume mais travailler dur en étant malade était vraiment désagréable.
- Tu devrais arrêter les douches à l'eau froide, dit-il en expirant la fumée de sa cigarette.
Hermione se rapprocha un peu avec sa brouette.
- C'est tout ce qui me reste. Je travaille dans la terre toute la journée, si je ne me lave pas pendant plus de deux jours, je change carrément de couleur de peau.
Malefoy ricana. Un peu. Hermione le regarda faire un peu étrangement.
Alors après lui en avoir fait voir de toutes les couleurs quelques jours auparavant, il venait faire un brin de causette comme si de rien n'était ? Qu'est-ce qui ne tournait pas rond chez lui ?
- C'est toujours mieux que d'être morte.
- Ça respire la joie de vivre ici, dis donc.
Malefoy darda son regard sur elle. Quelque chose joua sur ses lèvres, comme s'il se retenait de montrer qu'il était amusé. Hermione se prit à oublier la méchanceté de Malefoy. C'est vrai qu'il avait l'air seul. Depuis toujours.
- Je ferais mieux de me remettre au travail.
Il ne répondit rien, jetant sa cigarette sans un mot et en sortant une deuxième qu'il alluma aussi vite.
- Sans doute.
Son regard accrocha Barnabé qui approchait au loin, et il tourna les talons. Hermione attrapa sa brouette et entama son périple jusqu'aux cuisines. Malefoy était vraiment très étrange.
- Toi, aboya Collins qui semblait décidément beaucoup s'occuper de Hermione, tu es réaffectée.
- Quoi, mais …
Hermione s'interrompit alors que la sirène hurlait dans leurs oreilles, sonnant le début du déjeuner. Elle en fut sauvée car Collins n'entendit pas son début de protestation.
- Où ça ?
- Aux archives. Tu commences cet après-midi. Je n'ai pas besoin de te montrer où ça se trouve, n'est-ce pas ? dit-il avec un large sourire hypocrite.
Hermione se garda bien du moindre commentaire.
Elle se dépêcha de déposer sa brouette au hangar alors que Barnabé l'attendait pour rejoindre le réfectoire.
- Je suis réaffectée, soupira Hermione.
- Ah bon ? Où ça ?
- Aux archives.
- C'est génial, ça l'air beaucoup moins fatiguant que ce qu'on fait ! s'exclama Barnabé en lui donnant une claque dans le dos qui manqua de lui décoller les poumons.
Hermione accusa le coup. Barnabé avait raison, elle ne devrait pas se plaindre. Elle finirait sans doute par devenir folle au milieu des archives mais elle aurait chaud et tous ses muscles ne hurleraient pas de douleur. Elle risquait beaucoup moins les ampoules. C'était plutôt un cadeau béni d'obtenir une réaffectation pareille alors que l'hiver approchait, elle ne devrait pas s'en plaindre.
Mais elle ne parvenait pas à s'en réjouir. Car encore une fois, cela ne pouvait être que l'œuvre de Malefoy. Personne n'avait subi autant de réaffectation en si peu de temps. Il cherchait la séparer de Barnabé et elle n'aimait pas ça. Elle n'aimait pas sa façon de faire ses coups en douce.
Cela ne devrait pas la surprendre de la part du Serpentard – et ça ne la surprenait pas d'ailleurs – mais elle ne supportait pas ce genre de comportement. Elle était frustrée, d'autant plus qu'elle n'avait pas le moindre moyen de protester. Elle ne pouvait que subir ces changements, sans un mot, sans une protestation au risque de subir un doloris bien senti. Cela ne faisait que lui rappeler qu'elle se trouvait dans une prison où on pouvait faire ce qu'on voulait d'elle.
Elle déjeuna avec Fred et Barnabé et rejoignit son nouveau poste. Elle y retrouva son « bureau », qui était une table qui pliait sous le poids d'une montagne de dossiers. A croire que personne n'avait fait l'effort de ranger ses dossiers depuis qu'elle avait été réaffectée au transport. Et c'était probablement le cas.
Hermione ne put retenir un soupir irrité. Et dire qu'elle avait mis tout un système de classement plus simple pour tout le monde ! Aucun d'eux n'avait fait l'effort de l'adopter, et pourtant, tout le monde savait que Hermione Granger était une professionnelle de l'organisation.
- Doux Jésus, je ne peux pas y croire ! Et dire que j'ai mis des heures à tout remettre en ordre ! Tout ça pour qu'ils n'arrivent pas à mettre un dossier dans le bon casier. Ce n'est pas faute d'avoir marqué la lettre en gros …
Hermione soupira lourdement une nouvelle fois. Elle avait collé une feuille A4 sur chaque meuble-classeur, indiquant la première lettre de chaque dossier. Ça n'avait pas empêché certains de fourre le dossier FORNEL dans les Q.
- Je vois que ton esprit de névrosée de l'organisation est au bord de l'implosion face à un tel désordre, la nargua Malefoy qui venait d'entrer dans la pièce.
Hermione pâlit un peu, terrifiée à l'idée qu'il ait pu l'entendre.
Il lâcha quelques dossiers supplémentaires sur la table qui menaçait véritablement de s'écrouler.
- Relax, Granger, dit-il en levant les yeux au ciel comme si sa réaction était absurde.
Hermione se garda bien de lui dire qu'à certains moments de la journée, il l'aurait insulté pour bien moins que ça. Elle attrapa quelques dossiers pour se redonner contenance et les rangea à leur emplacement.
- C'est toi qui as demandé à ce que je sois réaffectée ? osa-t-elle.
Malefoy n'aurait pas pu rater la pointe d'animosité dissimulée dans la voix de la Gryffondor. A cet instant précis, il avait envie de lui rappeler qu'elle lui devait le respect, qu'elle était toujours en vie simplement parce qu'il avait toléré sa présence dans cette prison, qu'il pouvait faire cesser ce privilège à chaque instant. Il avait envie de lui rappeler qu'ils n'étaient pas égaux ici, qu'elle n'avait pas le droit de le vouvoyer.
Mais il lui avait donné ce droit. Et paradoxalement, il ne voulait pas lui retirer. Il ne voulait plus l'entendre parler avec une telle distance.
- Oui, dit-il finalement en se redressant.
Il aperçut la colère passer par le regard de la Gryffondor. Elle était si transparente. Il voyait en elle comme dans un livre ouvert. Comme à l'époque. Elle n'avait jamais été douée pour dissimuler ce qu'elle pensait malgré cet air supérieur et snob qu'elle affichait chaque fois que Malefoy s'était moqué d'elle. Elle ne le trompait pas. Il savait qu'il tapait juste, que ça la touchait malgré l'apparent désintérêt qu'elle affichait.
- C'est à cause de Barnabé ?
Le simple fait qu'elle ose prononcer son prénom menaça de le faire exploser. Il ne supportait pas cette nouvelle relation. Il savait que Fred Weasley était son ami, mais ce nouveau, il portait une attention toute particulière à Granger, et celle-ci n'avait pas bataillé longtemps avant de n'avoir d'yeux que pour lui.
En quelques jours, elle n'avait plus cherché sa présence au détour des couloirs. Elle souriait, elle semblait « heureuse » malgré tous les efforts de Malefoy pour éradiquer ce mot et cet état d'esprit de sa prison. Il l'avait sauvé d'une situation terrible et il avait eu le droit à un vague merci avant qu'elle ne se tourne vers ce putain de sang de bourbe.
Il regrettait de ne pas l'avoir envoyé aux chambres dès la première sélection. Il n'aurait pas cette nouvelle variable à gérer. Il n'aimait pas le comportement de Granger depuis qu'il était là. Elle redevenait cette fille insupportable et insolente, celle qui le jugeait sans chercher à comprendre. Il n'y avait plus beaucoup de peur dans son regard, il n'y avait que la défiance.
Granger s'était toujours sentie plus forte entourée par ses amis, il l'avait déjà remarqué à Poudlard, et cela se confirmait ici. Elle se sentait indomptable. Et Malefoy n'appréciait pas ce comportement. Il avait passé des semaines à lui rappeler ce dont il était capable, à la faire trembler comme une feuille chaque fois qu'il entrait dans une pièce et il ne suffisait que de quelques jours avec ce clown pour qu'elle en oublie ce dont elle était capable.
Et dire qu'il avait donné des vêtements à cette sang de bourbe sans reconnaissance. Dire qu'il l'avait réaffecté.
- Bien sûr, tout tourne autour de ton nouveau mec. Est-ce que tu veux que je vous prête une chambre pour baiser ? Ou bien ça ne vous dérange pas de faire ça dans vos draps crasseux ?
Hermione fut soufflée par une telle méchanceté. Il était dégoutant. Ses joues se teintèrent de rouge mais elle ne baissa pas les yeux.
- Il n'y a rien du tout entre Barnabé et moi. C'est interdit de sourire dans cette prison ?
- Oui, ça l'est, cracha Malefoy en s'approchant si près que Hermione recula d'un pas. Je t'ai fait réaffecter pour que tu puisses être au chaud. Pour que tu n'aies pas à passer dans ces putains de douches froides maintenant que tu ne traines pas dans la poussière toute la journée. Et toi, pour me remercier, tu me parles de ton putain de sang de bourbe dont je n'ai rien à foutre. Je devrais le faire exécuter simplement pour t'apprendre le respect.
Hermione recula d'un nouveau pas, les mots lui échappant de la gorge.
Malefoy avait vraiment fait cela pour elle ? Ou cherchait-il simplement à la manipuler, essayant de se faire passer pour le gentil alors qu'il voulait simplement la séparer de ses amis ? Elle chercha une réponse dans son regard orageux, mais il n'y avait aucune réponse. Que de la colère.
Elle se sentit mal, rougissant un peu de honte, alors qu'elle l'avait accusé avant même de savoir. Mais après tout, ce n'était pas le genre de Malefoy. Elle ne se serait jamais doutée qu'il ferait le moindre geste pour l'aider. Si on pouvait appeler ça aider.
- Je … Comme tu n'aimais pas Barnabé, j'ai cru que …
- Oh oui, je sais ce que tu as cru, Granger. Je le sais très bien. Mais ne te donne pas une telle importance, cracha-t-il. Je n'ai rien à faire d'avec qui tu baises. Mais n'oublie pas qui je suis ici. Ne me parle plus jamais comme ça. Je n'ai aucun compte à te rendre. Aucun. Alors quand je te donne quelque chose, tu le prends, tu me remercies, et tu fermes ta grande gueule, si tu ne veux pas que je change d'avis.
Il avait planté son index sur l'épaule de Hermione qui ne pouvait le lâcher des yeux, la bouche béante, un peu choquée.
- Je suis désolée, balbutia Hermione. Comme tu n'arrêtes pas de me reprocher de trainer avec lui, de … coucher avec lui, j'ai cru que tu essayais simplement de nous séparer. Après tout, ça aurait bien été ton genre, il y a quelques années. Mais merci. Je n'avais pas imaginé que tu avais pu agir de façon altruiste. Enfin, ce n'est pas une critique. Tu vois ce que je veux dire. Mais Barnabé et moi, il n'y a rien.
Hermione en perdait ses mots, parlant à toute vitesse, sans trop savoir si elle devait se justifier ou pas. Elle était mortifiée à l'idée d'avoir accusé Malefoy de quelque chose dont il n'était pas responsable et en même temps, elle n'avait pas envie qu'il croie qu'il y avait quoi que ce soit entre elle et Barnabé.
- Enfin… Je suis désolée. Merci. Et rien du tout. Il y a rien du tout entre nous. Enfin entre Barnabé et moi.
Malefoy dut retenir un sourire face à l'état de Granger, complètement décontenancée et mal à l'aise. Elle n'avait pas changé. Pas du tout.
Il avait besoin d'une cigarette.
- Travaille maintenant, Granger.
Elle hocha de la tête, profitant de cet échappatoire pour se cacher dans une pile monstrueuse de dossiers. Malefoy tourna les talons, quitta la petite salle des archives, tirant son paquet de cigarettes de la poche de son manteau pour prendre une cigarette.
Il en avait bien besoin pour oublier la brunette qui le mettait en rogne tous les 4 matins. Et toutes les 4 secondes.
Il rejoignit son coin préféré pour fumer sa clope, de là il la voyait passer. Il n'aurait plus le privilège de la voir se donner du mal pour rester en vie et il en était un peu déçu. Le dénommé Barnabé passa et Drago le regarda charger sa brouette.
Il était costaud, il ne pouvait pas lui retirer ça, et son sourire était éclatant. Même lui l'avait remarqué. Malefoy n'avait jamais vu quelqu'un avoir un sourire si large. Il pouvait bien comprendre que Granger tombe sous son charme. Pour autant, cela l'irritait.
Il lui avait menti en disant qu'il n'en avait rien à faire de la voir roder avec ce sang de bourbe.
Il détestait ça.
Hermione avait travaillé consciencieusement toute l'après-midi et elle n'allait pas mentir, elle avait aimé pouvoir travailler à son rythme, assise sur une chaise, loin des brouettes trop lourdes et usées jusqu'à l'os. Alors quand elle rejoignit Fred et Barnabé, ce fut avec le sourire aux lèvres. Eux, étaient épuisés, Hermione ne pouvait pas se targuer d'être dans le même état.
Barnabé lui demanda si elle voulait faire un tour dehors après le diner et elle accepta malgré le regard moralisateur de Fred. Fred n'approuvait pas les « folies » de Hermione, qui passait tout son temps à se balader. Les gardes n'aimaient pas voir les détenus passer un moment agréable et Hermione n'allait pas tarder à se faire remarquer si elle continuait à afficher un sourire aussi resplendissant.
Hermione aimait sa compagnie et elle n'allait pas s'en priver. Il était bien le seul qui n'était pas encore pourri par la pire prison pour sang de bourbe du pays. Assis là, contre l'un des murs de la prison, ils regardaient le soleil se coucher.
Hermione n'avait jamais remarqué comme la vue pouvait être belle depuis la cour de la prison.
- Tu crois qu'un jour on pourra avoir une vie normale ? Comme avant ? Avec une baguette magique ?
Barnabé avait perdu son sourire éternel, l'air mélancolique. Il n'avait jamais eu l'air aussi abattu et Hermione eut de la peine pour ce garçon qui allait certainement mourir dans cette prison, tout comme elle.
- Bien sûr que oui, dit-elle avec un sourire qui se voulait rassurant. Un jour, nous sortirons d'ici.
- Et en attendant ?
- En attendant, on continue de vivre.
Barnabé la regarda et Hermione lui sourit. Il lui rendit, moins éclatant que d'habitude.
Hermione aperçut Malefoy au loin, qui fumait sa cigarette, derrière le grillage qui les séparait. Elle ne pouvait pas voir l'expression de son visage d'ici. Elle le regarda un long moment, un peu mélancolique.
Elle n'avait jamais profité du calme olympien qui régnait une fois le diner sonné. Il n'y avait plus personne dehors, et sous le soleil couchant, tout semblait endormi, apaisé. Même Malefoy semblait plus serein. Sans doute parce qu'il était loin. Elle plissa les yeux, alors qu'il lui semblait que Malefoy s'était rapproché du grillage.
Avec le soleil couchant, elle n'arrivait pas à bien le voir. Est-ce qu'il …
Il lui semblait que Malefoy lui faisait signe d'approcher. Perplexe, et un peu angoissée à l'idée d'un nouveau règlement de compte, elle se leva.
- Il faut que je te laisse, dit-elle.
- Maintenant ?
- Oui. Tu ferais mieux de rentrer.
Barnabé la regarda bizarrement, et elle ne se leva que lorsqu'il fut entré, une fois qu'elle fut certaine qu'il ne pourrait plus la voir. Elle n'avait pas envie qu'il la juge, ni qu'il se fasses des idées.
Malefoy avait une main enfoncée dans ses poches. Appuyé contre le grillage qui pliait sous son poids, il la regardait approcher. Son regard était perdu au loin. Lui aussi il regardait le soleil couchant. Même lui ne pouvait qu'être touché par un spectacle si beau. Il partageait la même mélancolie que Hermione.
Elle s'appuya contre le grillage elle aussi, mais une violente décharge lui fit regretter son geste. Elle avait oublié que les sangs de bourbe ne pouvaient pas toucher la grille sous peine de recevoir un ersatz de doloris. Heureusement qu'il était moins puissant.
Malefoy n'avait même pas tourné les yeux vers elle, fumant sa cigarette tout en observant les champs noyés dans l'or chaleureux du soleil.
- C'est beau, pas vrai ? dit-il finalement.
- Magnifique. On pourrait oublier où on se trouve.
Malefoy ne répondit pas, mais il était d'accord avec elle. Il en oubliait les sangs de bourbe autour de lui, il oubliait ses responsabilités et le Lord, il oubliait toutes les tortures qu'ils devaient infliger le lendemain. C'était l'un des rares moments où il se sentait en paix, paisible, loin de la rancœur constante qu'il n'arrivait pas à faire taire tout au fond de lui.
Hermione ne dit pas un mot. Elle sentait Malefoy pensif, loin du monde et de sa voix. Il était susceptible, elle le connaissait un peu, et elle n'avait pas envie de le brusquer. S'il l'avait appelé, il avait certainement quelque chose à lui dire.
- Tu avais raison, Granger, dit-il après un long moment de silence.
Malefoy tourna la tête vers elle, l'observant à travers le grillage de son œil gris un peu moins ténébreux qu'à l'habitude.
- Je n'aime pas te voir avec lui, dit-il finalement.
Le cœur de Hermione s'étreint dans sa poitrine. Il y avait quelque chose dans la voix de Malefoy qui l'émouvait. Ce garçon lui faisait de la peine. Il lui donnait l'impression de se débattre avec lui-même. Elle se doutait de l'effort qu'il fournissait pour lui ouvrir une minuscule porte sur ce qui se cachait derrière le Malefoy dur et impénétrable.
- Ne me regarde pas comme ça, siffla-t-il en regardant à nouveau le soleil, incapable de soutenir ce regard empli de compassion, empli de pitié sur lui.
- Comme ça comment ?
Il ne répondit pas, finissant sa cigarette pour l'écraser sous sa chaussure.
- Pourquoi me le dire ? insista légèrement Hermione.
Il ne pouvait pas se contenter de cette simple réflexion. Elle avait toujours été curieuse, et Malefoy était une porte de prison, littéralement. Alors quand celui-ci s'ouvrait, ne serait-ce qu'un tout petit peu, Hermione n'avait qu'une seule envie, s'y engouffrer pour découvrir ce qui se cache derrière cette froideur et cette colère excessives.
- Pour que tu agisses en conséquence, dit-il un peu plus durement alors que le soleil venait enfin de disparaitre à l'horizon. Il a quelque chose de pas net.
Hermione pouffa, incapable de s'en retenir. Sans doute parce qu'il y avait le grillage entre elle et Malefoy, autrement elle aurait trouvé la force de se taire, elle en était certaine. Il la fusilla du regard :
- Qu'est-ce qui te fait rire ? gronda-t-il.
- Pas net ? C'est le garçon le plus gentil que je n'ai jamais vu de toute ma vie, Malefoy, dit-elle avec un sourire sur les lèvres. S'il y en a un de vous deux qui n'est pas net, ce serait plutôt toi.
Un instant, Malefoy se sentit sombrer, en colère alors qu'elle osait le comparer à ce garçon abject, à ce sang de bourbe, mais il aperçut le sourire sur les lèvres de la Gryffondor. Elle plaisantait. La dernière fois qu'on lui avait fait une vague plaisanterie, ça devait dater d'il y a plusieurs mois.
Un peu désarçonné, il ne répondit rien.
- Je ferais mieux d'y aller. Le couvre-feu va bientôt sonner.
Malefoy hocha de la tête et elle disparut dans la pénombre, rejoignant sa cellule. Il resta un moment à réfléchir en écoutant les bruits de la nuit. Il avait toujours aimé le calme une fois la nuit tombée. L'air frais lui faisait du bien et l'aidait à réfléchir, à mettre de l'ordre de ses idées.
Il soupira lourdement.
Il valait mieux qu'il retourne au travail.
