Bonsoir à tous ! Tout d'abord merci beaucoup pour toutes ces petites reviews, je vais commencer à prendre la grosse tête (ahah). Je suis très contente que ça vous plaise à tous, et n'hésitez pas à me faire part de vos impressions pour les prochains chapitres ! Ce chapitre est un peu plus longs que les derniers !

Pour les reviews des guests :

Artnock : Wow, merci beaucoup, je suis très flattée ! Je n'aurais jamais pensé que ma fic aurait pu être considéré comme la meilleure pour quelqu'un, mais ça me fait hyper plaisir en tout cas ! J'espère vraiment que la suite te plaira, ça restera toujours un peu dark mais l'horizon s'éclaircira un peu au fil des chapitres, je t'avoue ! Toutefois, Malefoy ne pourra jamais être quelqu'un de parfaitement lumineux à mon avis.

Guest : Merci beaucoup !

Drou : Un peu plus humain, un peu moins douloureux mais n'oublions pas que nous sommes dans une prison pour sangs de bourbe ! Il faut bien qu'il y ait du tragique de temps en temps, ahah. Ce chapitre devrait te plaire, il est un peu moins ténébreux !

Awa : J'espère que la suite plaira ! Ce chapitre là est un peu plus long en plus !

Puerta : Merciii !

Jenny : Drago va s'apaiser peu à peu, mais je pense qu'il restera toujours un peu "cassé", on ne vit pas une enfance comme la sienne pour devenir sain d'esprit en deux temps trois mouvements à mon avis, mais Hermione va l'aider à s'adoucir un peu bien que ce sera toujours très compliqué ! Et effectivement, on en saura plus à propos de Harry, mais pas tout de suite ! Contente que ça te plaise et j'espère que ça te captivera jusqu'au bout !

Bonne lecture à tous, j'espère que ce chapitre vous plaira c'est un de ceux que j'ai préféré à écrire je crois !

Hermione rangeait quelques dossiers avec lenteur, plongée dans ses pensées. Elle avait entendu quelques rumeurs courir et bien qu'elle n'en ait confirmé aucune, elle savait que tous continuaient de parler. Que ce soient les prisonniers ou les gardiens, tous s'intéressaient à la soudaine disparition de Hermione Granger de sa cellule une fois la nuit tombée.

Aucun n'avait osé poser la moindre question à Hermione, bien trop effrayé par le nom en caractères noirs sur la chemise qu'elle arborait toujours, mais Hermione savait. Elle sentait les regards sur elle, elle entendait les murmures sur son passage.

D'autant plus que cela n'était pas arrivé une fois et même Hermione se posait des questions. Elle n'était même pas certaines de pouvoir répondre aux interrogations des curieux. Malefoy l'avait réinvité trois fois en moins de deux semaines et Hermione devait bien avouer qu'elle ne comprenait pas les motivations du Serpentard.

Il ne l'aimait pas, n'avait pas la moindre envie de la maintenir en vie d'après ses dires… alors pourquoi s'évertuer à la faire dormir au chaud ? Dans SON lit ? Elle connaissait son dégout des sangs de bourbe, et elle était certaine qu'à l'époque de Poudlard, il n'aurait même pas accepté de manger à côté d'elle, ni même de l'effleurer au prétexte qu'elle n'était qu'une usurpatrice.

Alors qu'est-ce qui avait changé ? Pourquoi finalement il ne montrait plus trace de ce dégout si ce n'est quand elle l'effleurait par mégarde ? Il arborait toujours cette grimace qui passait l'espace d'une seconde sur son visage, et avait toujours un mouvement de recul. Il ne manquait pas de l'insulter de sang de bourbe dès qu'elle osait faire un pas de travers, mais il y avait tant de fois où il aurait pu montrer son dégout mais ne le faisait pas.

Elle mourait d'envie de lui poser toutes ces questions mais elle savait qu'elles seraient bien mal accueillies par le Général Malefoy.

Et pourtant … Elle crevait d'envie d'entrer dans cette tête si difficile à cerner.

La deuxième fois, lorsqu'il l'avait une nouvelle fois accostée pour lui « ordonner » de venir dormir dans sa chambre une nouvelle fois, elle était restée estomaquée comme si c'était la première fois. Il n'avait pas aimé sa réaction. Pas le moins du monde et n'avait pas manqué de lui faire une remarque désobligeante. La troisième fois, Hermione avait accusé le coup et s'était montrée tout ce qu'il y avait de plus neutre.

Et pourtant, chaque fois, elle ressentait une plus grande perplexité. Quel était l'objectif de cette mascarade ? Que cherchait-il à obtenir ?

Fred ne lui avait pas parlé de ses absences répétées, mais elle pouvait sentir dans son regard qu'il était préoccupé par ce qui se passait. Déjà, il s'était montré inquiet à peine quelques jours auparavant. Et puis depuis le début de son incarcération.

Malefoy lui vouait une attention inhabituelle qui pouvait se montrer dangereuse.

Au moment où cette idée lui traversa l'esprit, elle entendit la porte s'ouvrir et vit passer la tête blonde qui occupait son esprit.

- Qu'est-ce qu'il y a ? lui dit froidement Malefoy en voyant son air mal à l'aise.

- Oh. Rien, dit-elle rapidement en attrapant les dossiers. Je réfléchissais simplement.

Il soupira en levant les yeux au ciel.

- C'est ce que tu fais toute la journée.

Elle eut un sourire douloureux et repartit dans les rayons, toujours aussi perplexe. Le voir rendait la chose plus difficile. Hermione ne pouvait pas nier qu'elle ne faisait plus confiance à personne depuis l'incident et bien que Malefoy soit son sauveur… elle commençait à se poser des questions sur ses motivations.

Elle osa un regard vers le dénommé qui l'observait avec un froncement de sourcils.

- Est-ce qu'il était du genre à se montrer si déloyal ? A lui tendre un piège mesquin pour lui faire du mal ?

C'était définitivement son genre, mais elle tendait à croire que ce garçon savait se montrer droit. Il ne l'avait jamais touché, n'avait jamais fait la moindre proposition indécente. Non, elle ne pouvait pas croire qu'il serait du genre à lui infliger de telles souffrances. Pas de ce genre-là en tout cas.

- Tu es sûre que ça va, Granger ? Tu as l'air pâle.

Hermione passa une main sur son front un peu chaud. Elle devait encore être malade. Elle avait l'impression d'être malade depuis des semaines, incapable de se débarrasser de cette fièvre insupportable.

- Est-ce que tu te risques à aller prendre des douches froides ? Alors que je te donne accès à un putain de lit au chaud et à une douche ?

Elle glissa le dernier dossier dans son emplacement et rejoignit son « bureau ».

- Malefoy, dit-elle d'une voix plus faible qu'elle ne l'aurait cru, tu crois vraiment que dormir dans un lit deux fois par semaine et éviter les douches froides suffiront à me garder en vie ? On est bientôt en décembre, il fait un froid de canard et je me promène en chemise toute l'année, sans parler que je ne mange pas à ma faim depuis des mois. Alors oui, je perds du poids, je m'affaiblis. Mais c'est l'objectif, non ?

La fièvre devait lui faire perdre la tête pour se permettre de parler ainsi au Général et cette même idée effleura l'esprit de Malefoy.

- Oh, cela ne suffit pas à madame la princesse ? Tu voudrais peut-être que je t'apporte le repas au lit et que je t'envoie en croisière peut-être ? Est-ce que tu as oublié pourquoi tu es ici, sang de bourbe ? Je peux te le rappeler si tu veux.

- Ça ne fera que me tuer plus vite, ce n'est pas bien grave, persiffla-t-elle.

Malefoy devait bien avouer qu'il n'était pas habitué à une telle aigreur de la part de la Gryffondor qui rivalisait presque avec son ton sarcastique.

- Aucun d'entre vous n'a eu le droit à ces avantages, et tu arrives encore à te plaindre. A croire qu'il faudrait que je te fournisse également une chambre privée pour batifoler avec ton sang de bourbe.

Hermione ne put s'empêcher de lever les mains au ciel, absolument ahurie qu'il puisse ramener la conversation sur Barnabé.

- Qu'est-ce que Barnabé vient faire ici ? dit-elle en s'appuyant sur la table, soudain prise d'un vertige.

- Peut-être que je devrais le faire passer dans la prochaine sélection, un nouveau convoi arrive en fin de semaine. Je serais débarrassé de son air de mongole et de tes soudains élans de courage depuis qu'il est dans les parages.

Hermione ouvrit la bouche, prête à réagir, mais une information venait de faire l'effet d'un boulet de canon. Un nouveau convoi ? Donc une nouvelle sélection ? Elle qui ne savait toujours pas comment elle avait survécu à la première, encore moins à la deuxième, elle ne pensait pas avoir la moindre chance de survivre à la troisième. Surtout vue son état. Surtout vue la colère qu'elle créait chez le maitre de toutes choses dans cette prison.

- Tu ne ferais pas ça, souffla-t-elle.

Est-ce qu'il oserait ? Lui faire du mal en exécutant son ami ? Oui, sans aucun doute. C'était tout à fait son genre.

Il contourna le bureau, s'approchant si près de la Gryffondor qui se tenait toujours à la table qu'elle dut lever le menton pour soutenir ce regard orageux. Ce regard qui ne lui infligeait que souffrance depuis son plus jeune âge.

- Je vais me gêner, Granger, dit-il la voix rauque de colère.

- Il est innocent ! Et performant ! Ce n'est pas ce que vous cherchez dans cette fichue prison de malheur ?

- Mais il est proche de toi, et ça, ça me déplait.

- Proche de moi ? Nous sommes juste amis, Drago ! Rien d'autre, arrête de te faire des idées à son sujet. Il ne me plait même pas un peu, et lui ne nourrit pas la moindre attirance pour moi. Tu lui imagines des sentiments qui sont clairement inexistants, dit-elle avec un air ahuri et des grands gestes.

- Que tu es naïve, Granger. Tu leur fais tous tourner la tête à ces chiens galeux.

Hermione ne sut que répondre.

Malefoy était si en colère et Hermione ne pouvait pas le calmer, il croyait bien trop fort à ce qu'il disait. Il était persuadé que Barnabé nourrissait une quelconque attirance pour elle, et ce n'était pas faute de s'éloigner de son ami. Elle savait qu'il n'aimait pas leur proximité. En fait, il détestait ça, plus précisément.

Le simple fait de les voir ensemble le mettait hors de lui, et elle n'en mesurait pas vraiment le niveau. Il avait envie d'éclater le crâne de ce Barnabé contre le mur juste devant elle pour lui apprendre à le provoquer de la sorte, à continuer de le fréquenter malgré toutes les fois où il lui avait demandé de s'en éloigner.

Mais Hermione faisait des efforts, elle ne touchait pas Barnabé et elle devait bien dire qu'elle n'en avait pas la moindre envie. Le contact l'angoissait toujours un peu depuis son agression, elle avait l'impression qu'il n'y avait qu'un pas entre la main sur l'épaule et ce qu'elle avait failli subir. Alors c'était sans trop se faire prier qu'elle avait gardé ses distances. Mais elle appréciait Barnabé, elle n'allait pas couper tout contact alors qu'il était bien sa seule source de joie, son seul rayon de soleil à des centaines de kilomètres à la ronde.

Mais ces efforts, si louables étaient-ils, étaient bien trop insuffisants pour Malefoy qui n'arrivait pas à calmer le feu dans son crâne chaque fois qu'il la voyait avec lui.

Il l'accueillait dans son propre lit, et elle ne consentait même pas à oublier ce sang de bourbe.

- Barnabé n'est que mon ami, dit-elle finalement. Rien d'autre.

- Je ne veux même pas qu'il soit ton ami, qu'est-ce que tu veux que je te dise d'autre pour que ce soit plus clair ? siffla-t-il.

Elle passa une main sur son visage et recula d'un pas pour s'éloigner de Malefoy.

- Et ne t'éloigne pas.

- J'ai juste besoin d'air. Comment en est-on arrivé là ? Tout ça, juste parce que je suis un peu malade ?

Malefoy ne répondit rien. Il se sentait ridicule quand elle lui parlait ainsi, comme s'il n'était qu'un gosse irritable et capricieux. Comme s'il n'était que ce gosse insupportable qu'il avait été plus jeune, si arrogant, si narcissique et vaniteux, si riche qu'il préférait payer des balais tout neuf à toute l'équipe de Quidditch de Serpentard pour pouvoir être attrapeur et rivaliser avec Harry Potter.

Il recula d'un pas à son tour.

Il devait arrêter de s'impliquer, de porter une telle attention aux relations de Granger. C'était malsain et complètement ridicule. C'était une effarouchée, elle ne risquait vraiment pas de tenter quoique ce soit avec ce sang de bourbe. Il n'était sans doute pas assez intelligent pour elle de toute façon, il ne voyait pas ce qu'elle pourrait bien lui trouver.

- Tu es malade ? dit-il finalement.

- Un peu.

- Tu es vraiment fragile, Granger, dit-il en croisant les bras avec son air pédant. Tu travailles au chaud toute la journée, tu as même le droit d'avoir des douches à l'eau chaude, sans parler d'un vrai lit quelques fois, et tu arrives quand même à être malade ?

- Désolée de ne pas être un sanglier capable de survivre à toutes les conditions extrêmes, y compris le travail forcé, la faim, le froid, et les maladies qui se propagent comme neige fond au soleil, Drago, dit-elle avec un haussement de sourcils.

Malefoy retint un sourire. Oui, elle était sarcastique. Un peu.

- Tu as pourtant le même air avec tes cheveux, Granger.

Hermione ouvrit la bouche sans qu'aucun son n'en sorte, choquée par une telle insulte. Et cette fois, Malefoy ne put retenir un petit ricanement devant son air outré. Elle était vraiment ridicule.

- Tu peux parler toi, avec tes cheveux blancs comme si t'avais 90 ans. J'ai failli te confondre avec Dumbledore quand tu es rentré tout à l'heure.

- Je ne te permets pas, Granger, dit-il avec son air snob de gosse de 12 ans. C'est l'héritage Malefoy, des cheveux blond platine, ce n'est pas le genre de cheveux qu'on trouve dans la forêt dans un troupeau de sangliers, si tu veux mon avis.

Hermione qui avait du mal à ne pas glousser, ne put retenir un rire. Malefoy était vraiment le pire des personnages.

- Je ne pourrais plus jamais me regarder dans un miroir maintenant, dit-elle finalement.

Malefoy ne répondit rien, occupé à retenir un sourire qui menaçait dangereusement d'apparaitre sur ses lèvres et de troubler son masque si bien travaillé depuis des années. Elle, elle ne s'encombrait pas d'un masque pour cacher tout ce qu'elle ressentait. Elle était un livre ouvert que Drago prenait plaisir à lire chaque fois qu'une nouvelle expression apparait sur ce visage, chaque émotion qu'il était capable de provoquer chez elle.

Autrefois, il n'y avait que colère et dédain, mais là, il y voyait cette lueur rieuse dans son regard brun, ce sourire rouge et son air amusé.

Oui, il adorait lire ce livre-là. Un livre si facile à lire comparé à tout ceux qu'il côtoyait, tous ces gens qui passaient leur temps à mentir et manigancer tout en affichant ce masque de fer que Drago était si doué à afficher.

- Tu sais où trouver ma chambre, ce soir, Granger.

Et sans un mot de plus, il abandonna Hermione qui riait toujours à la plaisanterie de Malefoy. Il savait être drôle parfois, elle ne comprenait pas pourquoi il se cachait toujours derrière cette froideur excessive. Elle n'était que Hermione, une détenue de cette prison dont elle sortirait probablement jamais.

Pourquoi se cacher devant elle ?

Elle haussa des épaules, l'esprit un peu plus léger, en oubliant presque sa migraine.

C'est l'esprit léger qu'elle rejoignit le réfectoire pour diner avec ses amis. Elle devait bien dire que ça lui manquait de ne plus travailler avec Barnabé et elle se sentait plus isolée que jamais dans les archives. Elle ne voyait pas le moindre détenu et se sentait passablement seule au monde.

Passer du temps lui faisait du bien et lui faisait oublier ce statut si particulier marqué par cette chemise que personne d'autre ne possédait.

- Les nuits sont de plus en plus fraiches, je ne comprends vraiment pas pourquoi ils ne mettent pas de vitre ! Un petit coup de baguette, et c'est réglé. Vous ne trouvez pas ?

Il jeta un regard si étrange à Hermione qu'elle se sentit mal à l'aise. Pourquoi cette soudaine remarque ?

- Au cas où tu ne l'aurais pas compris, Barnabé, l'objectif est de nous faire vivre une vie désagréable. Histoire qu'on ne se croit pas en vacances, tu comprends ? dit-il avec un faux air ahuri parlant comme si Barnabé était un idiot.

Hermione, elle, ne dit rien. Elle ne savait pas comment interpréter le regard de Barnabé. Elle savait comme les rumeurs se propageaient à toute vitesse dans la prison, et Barnabé avait dû entendre parler de son absence dans sa cellule de temps à autre.

Voilà plusieurs semaines que Hermione le côtoyait et qu'il n'avait jamais eu l'air d'y prêter attention, mais cette fois … Elle savait qu'il avait entendu tout ce qui circulait à son sujet, à propos de ce qui se dit sur ce qu'il y aurait prétendument entre elle et Malefoy. Visiblement, même s'il ne lui en avait jamais parlé, tout cela avait fait écho et cette fois, ça devait être la goutte de trop pour qu'il puisse ne pas lui demander la moindre explication.

Elle ressentit une pointe de déception. Il était son ami, il n'aurait pas dû douter d'elle. Il aurait dû savoir qu'elle n'était pas du genre à vendre son corps pour obtenir des faveurs. Tout le monde savait que Hermione Granger et Drago Malefoy n'avaient jamais été amis, et même ennemis. Comment pouvait-on la soupçonner de pactiser avec le mal ?

Hermione éloigna la petite voix de sa conscience qui lui disait qu'elle ne se comportait pas comme une ennemie, qu'elle pactisait avec le mal véritablement. Alors pourquoi n'avait-elle pas l'impression d'avoir le mal incarné face à elle lorsqu'elle le rejoignait le soir venu ? Pourquoi oubliait-elle les horreurs qu'il faisait subir aux gens comme elle ?

Ou plutôt, pourquoi elle cherchait à lui trouver des excuses, une raison à son comportement et ce qui pouvait bien le rendre si violent et froid ?

- Il parait qu'un nouveau convoi va bientôt arriver ?

Cela suffit à effacer Malefoy des esprits de Barnabé et Fred. Un convoi annonçait une nouvelle sélection, tous le savaient.

- Quand ?

- Je ne sais pas. Mais bientôt, dit Hermione en finissant son repas.

Tous les deux partirent dans des pronostics mais Hermione n'eut pas le cœur à y participer. Bientôt, toute la prison serait au courant et les paris pourraient bientôt s'ouvrir concernant les futurs sélectionnés.

Hermione déclina la proposition de Barnabé de passer un petit bout de leur soirée ensemble, bien trop refroidi par la question indélicate de celui-ci. Elle n'avait pas la moindre envie d'être prise au piège et de devoir s'expliquer sur son comportement. Elle détestait ces ragots qui couraient dès que quelqu'un faisait quelque chose qui sortait de l'ordinaire monotone de la prison.

Pourquoi tout le monde devait avoir un avis sur ses actes ? N'avait-elle pas le droit à une vie privée ?

Une vie privée ? Mais où tu te crois, Granger ?

Elle pouvait entendre la voix froide de Malefoy et son ricanement suffisant. Evidemment. Ici, elle n'avait le droit à rien. Surtout pas à une vie privée.

Pensive, elle rejoignit la chambre de Malefoy, après s'est assuré qu'il n'y avait personne pour la voir emprunter le couloir qui menait à la chambre de Malefoy. D'ailleurs, elle était surprise que celui-ci se contente d'une simple chambre. Drago Malefoy avait toujours eu des gouts de luxe, et aurait cru qu'il se serait accordé tout un pan de la prison rien que pour lui.

Elle toqua à la porte et il ne fallut qu'une seconde à Malefoy pour lui ouvrir.

- Tu es en retard, dit-il froidement.

- Je ne suis jamais en retard, répondit-elle du tac au tac.

C'était vrai. Elle était la personne la plus ponctuelle qui puisse exister au monde. Malefoy rit. Granger était du genre à réagir si on insultait son intelligence ou sa ponctualité, il aurait dû s'en rappeler.

- Je vais prendre ma douche, dit-il finalement. Mange.

Il désigna du menton le plateau qui attendait patiemment sur son bureau. Hermione resta plantée là, clignant des yeux avec des airs de poisson rouge.

- Est-ce que tu es sourde, Granger ? s'impatienta-t-il.

- Non, mais … C'est vraiment pour moi ? Tout ça ?

Le plateau était si rempli que Hermione ne savait même pas si elle serait capable d'ingurgiter une telle quantité de nourriture. Elle attrapa le plateau avec des mains tremblantes, peu sûre que Malefoy ne se moquait pas d'elle. Elle risqua un regard vers lui, mais il fixait résolument la porte de la salle de bain.

- Grouille-toi, avant que je change d'avis, dit-il finalement en s'enfermant dans la salle de bain, claquant la porte avec un peu trop de violence.

Hermione fixa la porte un long moment. Pourquoi Malefoy agissait-il ainsi ? Pourquoi lui apporter un repas ?

Elle se rappelait leur conversation de l'après-midi. Elle lui avait dit qu'elle n'avait aucune chance de survivre alors qu'elle mourait de faim.

Et elle avait un plateau gigantesque devant le nez.

Il essayait de la maintenir en vie, elle ne pouvait pas le nier. Et surtout, elle ne pouvait pas se leurrer. Malefoy n'était pas clair. Il ne lui disait pas tout, toujours caché derrière ce masque de froideur, il se passait quelque chose, elle en était certaine.

Elle essayait de comprendre ce qui pouvait bien se passer dans cette tête si insondable, mais elle devait bien dire que cela était au-dessus de ses capacités. Elle avait bien une idée, mais … Malefoy n'était vraiment pas de ce genre-là.

L'eau se mit à couler dans la salle de bain et elle s'assit au bureau, plantant une fourchette résolue dans le steak qui l'attendait. Le repas était chaud et délicieux. Hermione avait même pleuré quelques larmes, émue de manger pour la première fois un vrai repas en plusieurs mois.

Elle ne put se résoudre à manger le dessert, l'estomac noué. Il n'était plus habitué à ingurgiter autant de nourriture, elle en avait envie de vomir. Elle s'éloigna de son plateau, nauséeuse. Malefoy sortit de la salle de bain, les cheveux humides et en bataille et jeta un coup d'œil au plateau presque vide.

- Tu ne finis pas ?

- Si je mange plus, je crois que je vais vomir, dit-elle dans un souffle.

Il hocha de la tête, pensif.

- Va te doucher, et on va se coucher.

Hermione ne se fit pas prier. Elle sentait qu'il était d'une humeur fragile, menaçant à chaque instant de perdre son calme. Elle avait fini par apprendre à sentir la tempête approcher. Elle ferma la porte derrière elle et remarqua aussitôt ce qui était devenu son pyjama sur la corbeille qui l'attendait patiemment.

Elle se demandait comment Malefoy se sentait à l'idée de l'héberger dans sa propre chambre.

Malefoy de l'autre côté de la porte se posait exactement la même question, faisant disparaitre le plateau d'un coup de baguette. Il avait envie de stopper le flot de questions incessant qui lui pourrissait l'esprit, l'empêchait de se concentrer. Il voulait simplement arrêter de se prendre la tête, mais il en était incapable alors que sa conscience et sa raison n'arrivaient pas à se mettre d'accord.

Il vérifia que la porte était bien fermée et se risqua à jeter un coup d'œil par la fenêtre. Il l'avait surprise plusieurs fois à regarder au travers. Sans doute se prenait-elle à rêver de fuite en empruntant cette fenêtre sans barreaux.

La porte de la salle de bain s'ouvrit sur Granger, les cheveux mouillés et vêtue tout de noir.

Cette couleur lui allait, elle qui avait toujours arboré le rouge et l'or des Gryffondor, c'était assez ironique de voir qu'une couleur si sombre se mariait si bien avec son teint.

Il plongea dans son regard brun si fatigué, bien moins pétillant qu'à l'époque de Poudlard, cerclé de cernes impressionnants. Il n'avait plus l'éclat flamboyant qu'elle arborait autrefois dans les couloirs de Poudlard, pourtant il pouvait encore voir l'élève de Poudlard qu'elle avait été autrefois. Il revoyait cette fille avec qui il avait partagé quelques fois une table à la bibliothèque.

Il pouvait presque encore entendre sa plume gratter sur son parchemin à toute vitesse, la voir lever subitement la tête, l'air furieux parce que des première année se permettaient de discuter trop fort. Et ce regard qui se posait sur lui, assis face à elle en diagonale. Ce regard emprunt d'interrogation et de curiosité. Il l'avait croisé quelques fois en sixième année. Il s'en rappelait bien.

Il se rappelait aussi ce regard plein de défiance qu'il croisait chaque fois qu'elle était en compagnie de ses amis. Comme si la considération qu'elle pouvait lui porter seule n'avait jamais existé dès qu'elle se trouvait avec les deux autres vainqueurs.

- Ça va ? demanda-t-elle en le sortant brusquement de ses pensées.

- Comme si ça t'intéressait, Granger.

Son ton avait été cassant, froid. Il tira brusquement le rideau, les coupant du monde extérieur. Il la vit froncer les sourcils, comme si elle ne comprenait pas sa réaction.

- On va se coucher.

Elle ne protesta pas, bien trop fatigué. Malefoy était un véritable mystère pour elle, bien trop complexe pour elle. Elle avait beau être intelligente, Drago Malefoy était un nœud qu'elle n'était pas capable de dénouer.

La lumière s'éteignit avant même qu'elle n'ait le temps de rabattre la couverture sur elle.

Il l'entendit soupirer de soulagement et il retint une remarque désobligeante. Il n'avait pas la force, pas ce soir, trop occupé à ruminer.

Elle était là, sur le dos, fixant le plafond, les bras sous la couverture, les mains à plat sur le drap housse si doux, si agréable. Malefoy était dans la même position, mais lui, c'étaient les ténèbres qu'il regardait, qu'il cherchait pour se rappeler qui il était.

Le silence était lourd, écrasant, aucun d'eux ne dormait. Tous les deux savaient que l'autre avait quelque chose à dire et attendait patiemment.

- Tu te souviens de la sixième année, Granger ? demanda-t-il.

Malefoy était plus disposé à se divulguer une fois la lumière éteinte, comme si la pénombre allait garder ses secrets, comme si cela rendait les choses moins réelles. Alors Hermione ne protestait pas, acceptant chacune de ses confessions nocturnes et n'en reparlait jamais, craignant de le mettre en colère.

- Bien sûr, dit-elle simplement dans un souffle que cacha presque le feu crépitant de la cheminée.

- De tout ?

- Comment ça ?

- Tu te souviens de moi ?

Hermione resta silencieuse un moment. La question était étrange, emprunte d'une neutralité que Malefoy n'avait jamais. Il n'exprimait que la colère, il exigeait toujours, ne demandait jamais.

- Oui.

Comment pourrait-elle oublié cette année-là, celle où Dumbledore était mort, que les mangemorts avaient ravagé Poudlard. Que Malefoy était la raison de cette déchéance. A ce moment-là, elle se dégouta d'être dans son lit, de ne pas lui cracher au visage comme elle l'avait fait tout au long de sa scolarité.

Mais elle ne se rappelait pas que de ce Malefoy qui avait précipité la mort du plus grand sorcier de son temps. Elle se rappelait son teint plus maladif que jamais, de ces tentatives pitoyables pour se débarrasser de Dumbledore.

Il était intelligent. Il aurait pu être bien plus sournois que cela.

Elle se rappelait l'accident dans les toilettes, de Harry qui avait pleuré pour son pire ennemi lorsqu'il lui avait jeté un sortilège de magie noire sans même le savoir.

Hermione avait la gorge serrée. Harry. Il lui manquait d'une telle force, imaginer qu'il soit mort…ce garçon si petit et chétif, qui n'avait eu le droit qu'aux vêtements trop usés de son cousin, qui avait grandi dans un placard avant d'être enfermé comme dans une cage à seulement 12 ans.

Harry Potter avait eu une vie si triste et il était mort en essayant de les sauver. Elle essuya une larme silencieuse de sa joue.

Et Drago Malefoy avait eu une vie si épanouie, et pourtant …il avait eu l'air si mal en point à cette époque-là.

- Tu étais souvent à la bibliothèque, dit-elle finalement.

Malefoy retint son souffle.

- Je t'y voyais souvent.

- On a même discuté parfois. Tu te souviens, Granger ?

Oui, Hermione se souvenait un peu. Elle ne se rappelait pas avoir beaucoup parlé avec le Serpentard. Il était à sa table de temps en temps mais Hermione avait ressenti une telle animosité à son égard qu'elle se refusait à lui accorder la moindre attention à ce moment-là. Parfois ils avaient partagé un bouquin, et elle lui avait même prêté une plume parfois.

- Moi, je me souviens.

- Moi aussi.

Nouveau silence, mais moins pesant. C'était un silence plein de nostalgie et de tristesse.

- Pourquoi tu essaies de me garder en vie, Drago ? demanda-t-elle finalement.

Drago frissonna à côté d'elle. Drago.

- Et pourquoi pas ? C'est moi qui décide de tout ici.

- Ce n'est pas ma question.

Il ne répondit pas. Elle pouvait sentir sa main qui n'était qu'à quelques centimètres de la sienne sous la couverture. Elle l'avait effleuré sans faire exprès avant de s'éloigner.

- Est-ce que c'est vraiment important ? Tu as vraiment besoin de le savoir pour manger ce que je te donne et dormir dans ce lit, Granger ?

- Non.

- Personne n'a besoin de savoir ce qui se passe ici. Tout ça… ça peut rester entre ces 4 murs, alors on peut simplement faire comme si de rien n'était. Si rien n'a à sortir de cette pièce, rien n'a besoin d'y rentrer. On a juste à … oublier cette prison.

- Ce n'est pas si facile que ça, Malefoy. C'est la vraie vie, là, dehors. Une vie où je suis qu'une misérable qui ne mérite que de mourir à cause de mes origines, et où toi, tu es chargé de me tuer.

Nouveau silence.

- Et ma réponse, elle changerait quoi ? Qu'est-ce que ça apporterait de savoir pourquoi je veux te garder en vie ?

- Rien. Mais on saurait.

Saurait quoi ? Hermione ne savait même pas trop ce qu'elle cherchait à dire ni même ce qu'elle cherchait à lui faire comprendre. Mais elle avait terriblement envie d'entendre ce qu'il avait à dire, le faire parler tant qu'il l'acceptait.

- Tu as déjà eu le cœur brisé, Granger ?

- Oui. Comme tout le monde, je crois.

Cette réponse énerva Malefoy, mais il se contint.

- Je ne te parle pas d'un vague chagrin d'amour, dit-il avec un peu trop de froideur dans la voix, je te parle d'avoir suffisamment mal pour ne plus être la même.

Hermione tourna la tête. Malefoy regardait toujours le plafond.

- Ma parole, tu es complètement suicidaire, Malefoy !

Son ton avait été léger malgré la gravité de ses paroles et Malefoy se détendit un peu. La tension était trop lourde dans cette pièce.

- Désolée pour toi, Drago. Je suis sûre que tu lui as fait regretter, dit-elle avec un sourire qu'il ne devait pas voir dans la pénombre.

Elle ne croyait pas si bien dire.

Il ne répondit pas et Hermione ne brisa plus le silence. Pas même lorsqu'elle sentit la main de Drago contre la sienne. Pas même quand il l'attrapa. Il devait déjà dormir, agissant sans doute dans son sommeil mais Hermione était incapable de s'endormir, obnubilée par cette main froide qui tenait sa main trop moite.

Cette conversation n'avait eu ni queue ni tête et Hermione n'y comprenait rien. Malefoy volait d'un sujet à un autre sans lui donner la moindre réponse, et elle avait la sensation qu'il lui manquait une information capitale pour comprendre enfin ce qui se passait.

Lentement, elle s'écarta de cette main envahissante qui rendait tout plus compliqué.

Demain serait un autre jour, loin de ces 4 murs qui garderaient cet étrange moment dans le plus grand des secrets. Oui, Hermione oublierait tout demain.