Bonsoiiir ! Voici le nouveau chapitre ! Qui n'est encore pas très long (mais le prochain fait le double de longueur) ! J'espère qu'il vous plaira, comme d'habitude n'hésitez pas à me faire part de ce que vous en pensez et à suivre ma fic !

Guest : Merci beaucoup pour ta review, ça fait plaisir de voir que certains découvrent toujours ma fic !

Nenya : Ahah, je pense qu'on doit pouvoir s'arranger ! Merci de ton soutien !

Drou : Oui, je sais, c'était dur pour Fred...

Guest : Merci !

Jenny : Je comprends, la mort de Fred n'est pas facile à accepter ...

Bonne lecture !

Hermione tâchait de travailler correctement mais elle était aussi amorphe qu'un zombie. Elle n'avait pas réussi à fermer l'œil une seule seconde et chaque mouvement lui provoquait une fatigue extrême. Elle n'était déjà pas bien en forme habituellement, alors une nuit de sommeil en moins, il n'y avait pas pire pour réduire à néant le peu d'énergie qu'elle avait.

Elle frottait le sol sans la moindre conviction, somnolant parfois un peu sur place, réveillée brusquement par les pas des gardes qui approchaient de temps en temps.

Ce soir-là, elle n'allait sans doute pas perdre de temps à aller aux douches. Elle mangeait et allait se coucher aussitôt, il n'y avait rien à redire.

Elle engloutit son repas et rejoignit sa cellule. Quand elle vit la couchette vide sous la sienne, elle sentit son cœur s'étreindre une nouvelle fois. Le petit-déjeuner et le déjeuner avaient sans doute été les moments les plus difficiles de sa journée. Sans la présence du rouquin à ses côtés, elle ne pouvait que penser à sa mort toute fraiche.

A peine allongée et malgré le froid, elle s'endormit.

Hermione était postée dehors, regardant la silhouette de Fred disparaitre à l'horizon alors qu'il rejoignait les cheminées avec quelques autres sélectionnés qui marchaient seuls et en silence. Elle était incapable de décrocher les pieds du sol et elle avait beau appelé son ami, il ne se retournait pas. C'est comme s'il ne l'entendait pas !

- Fred ! cria-t-elle encore une fois mais sa voix se brisa.

- Mieux vaut la mort que d'être près de toi, tu te rappelles de ça, Granger ?

Elle se retourna brusquement et Malefoy était là. Il était plus grand que jamais, menaçant. Sa voix tonnait si fort qu'on aurait pu la confondre avec l'orage.

Il se mit à pleuvoir et Hermione fut trempée en quelques secondes mais Malefoy était toujours sec.

- Après tout ce que j'ai fait pour toi, c'est comme ça que tu me remercies, Granger ? C'est pour ça que je l'ai sélectionné. A cause de toi. Tu es celle qui l'a condamné à mort.

- Non…

- Si tu avais su te taire, il serait vivant.

- Hermione.

- C'est faux. Ce n'est pas ma faute, je …

- Hermione !

Elle se réveilla brusquement, en sueur, sortie de son cauchemar par la force. Son rêve avait été si réel qu'elle peinait à se débarrasser de cette affreuse image. Fred était là devant elle, comme s'il était réel et elle sentit son cœur s'étreindre. Elle passa une main devant ses yeux mais Fred était toujours là, un sourire aux lèvres.

- Je deviens complètement folle en plus de ça, souffla-t-elle.

- Oh tu ne rêves pas, Hermione, c'est bien moi !

Une seconde, elle reconnut le ton enjoué du Fred de Poudlard, le Fred d'avant-guerre.

- Quoi, mais …Fred ?

- Je ne suis pas mort ! s'exclama-t-il.

Hermione tomba plus qu'elle ne descendit de son lit, tâtant le visage de Fred comme pour vérifier qu'il était bien là.

- C'est impossible, tu as été sélectionné ! Tu es allé là-bas hier soir, comment tu peux … être là ?

- Il semblerait que ta petite conversation avec le Général ait fait mouche, dit-il un peu plus bas.

Mais il n'y avait personne à cette heure-là dans les couloirs des dortoirs. Tous mangeaient et discutaient dans le réfectoire. Hermione attrapa la main de Fred. Elle était réelle. C'était impossible.

- Il est venu me voir dans les rangs et il m'a dit de me mettre à la fin de la file. J'ai obéi, bien sûr, tu te doutes bien. Et puis à la fin, il m'a dit de récurer toutes les chaussures qui avaient été laissés par les sélectionnés derrière eux, dit-il un peu plus sombrement. Ça m'a pris toute la journée.

Il reprit son souffle, passant une main dans ses cheveux roux qui étaient plus ternes qu'à l'époque.

- J'ai cru qu'il m'avait oublié là-bas, mais il est venu me chercher tout à l'heure. Il m'a dit de déguerpir avant qu'il ne change d'avis. Autant te dire que je n'ai pas discuté, je suis parti en courant. Et tout ça, grâce à toi, Hermione, dit-il plus doucement.

Il l'attrapa entre ses bras et Hermione lui rendit son étreinte. Elle était si heureuse que son cœur menaçait d'exploser et les larmes dévalaient sur ses joues.

Il avait sauvé, Fred ! Malgré toutes les horreurs qu'il lui avait craché à la figure quand elle était allée le voir, il l'avait sauvé !

- Finalement, je ne suis pas pressé de mourir, dit-il en la relâchant. La vie, même ici, ce n'est pas plus mal.

- Oh, Fred, si tu savais comme je suis heureuse de te voir !

Elle était complètement euphorique et ahurie. Son cerveau avait l'air de planer plus haut que son crâne. Elle ne se sentait plus sur Terre, tout lui semblait… réalisable.

- Il faut que j'aille le voir, Fred. A tout à l'heure.

- Tu le remercieras de ma part, dit-il avec un rire qui se coinça bien vite dans sa gorge.

Hermione éclata de rire alors que la blague n'était même pas si drôle.

Elle courut si vite dans les couloirs que ses boots trop grandes menaçaient de se décrocher de ses pieds. Elle cogna à la porte si fort qu'elle crut qu'elle allait la défoncer.

- Qu'est-ce qu'il y a encore ?! grogna Malefoy en ouvrant la porte.

Il ouvrit la porte et Hermione vit apparaitre un Malefoy trempé, essuyant ses cheveux d'une serviette qui avait l'air moelleuse. A moitié vêtu, il n'eut pas le temps d'encaisser le coup. Hermione se jeta sur lui, l'entourant de ses bras et de sa chaleur. Sonné, il ne savait comment réagir. Il resta un moment les bras ballants avant de replier lentement ses bras sur ses épaules et de poser son menton sur le crâne de la Gryffondor. Finalement Hermione s'écarta au bout de quelques secondes, se rappelant qui était face à elle.

- Tu l'as sauvé, souffla-t-elle. Je ne pourrais jamais assez te remercier.

Malefoy darda son regard sur elle. Il pouvait voir sur son visage son bonheur, l'état euphorique dans lequel elle se trouvait. Elle avait les yeux brillants, un sourire flottait sur son visage et lui, lui il était seul avec sa rage et sa colère qui le consumaient encore de l'intérieur.

Il se détestait d'avoir cédé. Il avait envie de se venger sur elle mais il savait que c'était à double tranchant : s'il la touchait, il se sentirait plus mal. Et cela le mettait hors de lui. Il était emprisonné dans sa propre prison, emprisonné par le regard chocolat de la Gryffondor qu'il avait haï depuis tout petit. Il était pris au piège, elle le tenait par les couilles, lui réclamant des services en lui servant son plus beau regard larmoyant.

Et ça le foutait hors de lui, il avait envie de tout casser, elle y compris, et en même temps, il sentait l'épaisse muraille de pierre s'effriter à la simple vue de ce sourire qui ornait parfois ses lèvres, disparaitre quand elle le charriait.

Quelle genre de lavette était-il devenu ?

Le genre de lavette qui savait qu'on se servait de lui et qui acquiesçait sans protester. Oh, il protestait, il luttait contre elle et contre lui, mais il savait qu'au bout du compte, il allait craquer parce qu'il ne supportait pas la souffrance qui tâchait son visage si harmonieux.

Il avait envie de lui cracher à la figure qu'elle n'était qu'une pourriture, qu'il savait ce qu'elle faisait, mais il en était encore une fois incapable. Comme il avait été incapable de supporter cet air plein de souffrance, ce visage baigné de larmes lorsqu'elle était venue le supplier de sauver Fred Weasley.

Alors il avait craché toute sa haine et sa colère ce jour-là. Il lui avait dit comme il détestait qu'elle lui rappelle qu'elle pouvait lui demander n'importe quoi qu'il finirait par accepter, si ce n'est la laisser sortir de cette prison.

Alors il avait craqué. Elle avait donné un trop gros coup de marteau contre son cœur de fer qui avait grincé. Pour la première fois depuis longtemps, il avait entendu son cœur s'exprimer suffisamment fort pour l'entendre et l'écouter.

Alors, au dernier moment, il avait changé d'avis. Il était allé aux chambres, là où il ne se rendait jamais, il avait cherché le Weasley dans les rangs. Il s'était arrêté devant lui, il avait encore hésité, tandis que le rouquin n'osait même pas lever les yeux vers lui.

Il n'avait rien à voir avec Hermione, c'était un trouillard, alors qu'elle cherchait constamment son regard. Et il l'avait finalement tiré du rang, et avait craché sans la moindre conviction une remarque acerbe pour se donner un peu de contenance. Il s'était senti pathétique.

Il n'avait pas pensé que Granger viendrait lui rendre visite pour ce genre d'effusion. Il n'aurait jamais pensé qu'elle l'aurait remercié. Et pourtant, elle était là, le regardant de ses grands yeux bruns et il se dégouta de sentir son cœur s'attendrir. Il détestait le sentir se gonfler en voyant son sourire, le sentir au bord de l'explosion alors qu'elle le serrait dans ces bras. Et par-dessus tout, il se haïssait d'en vouloir plus.

- Maintenant que tu as eu ce que tu voulais, tu es contente, j'imagine. Tu peux retourner me détester en toute tranquillité dans ta cellule, siffla-t-il.

Hermione fronça des sourcils. Malefoy se détourna d'elle, feintant de chercher quelque chose sur la commode voisine à la porte mais Hermione le retint par le poignet. Elle pouvait sentir sa peau froide et moite sous sa main, fraichement sortie de la douche.

C'est là qu'elle remarqua l'intérieur du bras gauche de Malefoy, taché par la marque des ténèbres.

Il surprit son regard mais ne dit rien. Hermione leva prudemment les yeux vers lui, certaine qu'il allait se mettre en colère contre elle pour avoir osé le toucher. Pour avoir osé regarder sa marque.

- Je ne te déteste pas, Malefoy, dit-elle finalement alors qu'il ne disait rien.

Il ferma les yeux l'espace d'une seconde et Hermione crut entrapercevoir une faille.

- C'est juste que … tu m'as fait du mal.

- Je sais.

- Et moi, j'étais en colère. Je ne pouvais pas simplement … oublier.

- Je sais.

Hermione prit une longue respiration. Elle pouvait toujours sentir sa peau sous sa main. Il n'avait pas récupéré son bras. Elle pouvait presque sentir le sang pulser dans son bras. A moins que ce soit dans sa main.

- Je ne suis pas venue simplement pour te demander un service.

Il resta encore silencieux et Hermione commençait à se sentir mal à l'aise. Elle lâcha son bras sans grande conviction.

- m'as aidé quand j'en avais le plus besoin. Alors je me suis dit … pourquoi pas ?

Un rire gêné lui échappa et elle se sentit plus bête encore.

- Pourquoi pas, hein ? dit-il avec un reniflement.

- Tu sais être gentil parfois.

Ce n'est pas un qualificatif qu'on me donne d'habitude.

Hermione fronça des sourcils.

- Tu n'es pas parfait, Malefoy, loin de là, mais tu n'es pas non plus un monstre sans émotion. C'est peut-être le genre que tu te donnes depuis tout petit mais je sais qu'au fond, il se passe quelque chose, dit-elle en plantant son index dans sa poitrine. Tu m'as aidé cette nuit-là, alors que tu aurais pu simplement laisser se faire les choses. Tu m'as donné de nouveaux vêtements, à manger, un lit parfois … Tu ne me feras pas croire qu'il n'y a rien de bon en toi, Drago.

Malefoy avait envie de hurler à son cœur d'arrêter de battre, d'arrêter de se gonfler lamentablement, mais ce sont ces mots pathétiques qui lui échappèrent :

- Même après que je sois entré dans ta tête ? Même après ça ? dit-il en attrapant son poignet à la croix invisible.

Hermione entendit une inflexion dans la voix de Malefoy et elle croyait tout bonnement hallucinée.

Il avait raison. Il la mettait face à un dilemme. Devait-elle lui pardonner ? Elle plongea dans son regard gris si impénétrable et tempétueux à l'habitude. Mais aujourd'hui, il lui sembla si facile de discerner quelque chose dans ces yeux gris, quelque chose comme la douleur.

- Tu es sans doute le garçon le plus instable que je connaisse, dit-elle doucement. Et tu es loin d'être parfait, mais … je crois qu'on a tous le droit à une seconde chance. On fait tous des conneries.

Il la regarda sans répondre un long moment et elle pouvait deviner ce à quoi il pensait car elle pensait à la même chose. Des chances, il en avait eu des milliers. Leur guerre durait depuis leur 11 ans, et chaque fois il lui avait fait plus mal et Hermione avait encaissé.

C'était une nouvelle fois le cas.

Malefoy se sentit si bien et si mal à la fois. Il n'était pas le genre de personne qui avait le droit à la compassion de Hermione Granger. Il se sentait comme un foutu imposteur.

- Je ne suis pas quelqu'un de bien, dit-il durement. Tu le sais, Granger.

- Tu n'es pas non plus quelqu'un de mauvais.

Il ne répondit pas, se jaugeant chacun du regard.

Hermione savait qu'elle n'aurait pas d'excuse du Général alors elle n'en demanderait pas. Sauver Fred était suffisant, elle n'avait rien d'autre à demander.

Elle avait l'impression de voir un nouvel homme face à elle, pas le Général Malefoy mais Drago Malefoy, cet être qui se cachait derrière son long manteau et ce visage impassible.

- Est-ce que … reste dormir ce soir.

Hermione sourit, acquiesçant du chef.

- Tu peux te doucher, ton pyjama est dans la salle de bain.

Il referma la porte derrière elle et enfila un t-shirt alors que Hermione s'enfermait dans la salle de bain.

« Son » pyjama était là, l'attendant patiemment. Elle trouvait cela très étrange. Elle se doucha rapidement, épuisée. Toute la tension accumulée depuis trois jours s'était évaporée et la fatigue l'écrasait. Un peu somnolente, elle sortit de la salle de bain. Malefoy était déjà dans le lit.

Elle n'avait pas remarqué jusque-là mais il avait l'air fatigué lui aussi. Elle se glissa sous la couverture et observa les bras couverts de son partenaire de lit. Est-ce qu'il mettait des manches longues pour dissimuler la marque ? Elle se le demandait bien.

Il éteignit la lumière et Hermione bailla.

- On va déjà se coucher ?

- Ouais. Je suis claqué.

- Moi aussi, soupira-t-elle.

Mais Hermione ne s'endormait pas. Son cerveau fonctionnait à plein régime. Elle sentait presque Malefoy à côté d'elle.

- Granger ?

- Oui ?

- Ne me fuis jamais. Il n'y a rien qui me mettra plus en colère.

- Ok, répondit-elle sans trop savoir ce qu'il voulait qu'elle réponde.

Nouveau silence. Elle sentit la couverture bouger puis la main de Malefoy couvrir la sienne. Elle était froide. Hermione frissonna. Elle pouvait presque sentir la tension dans l'air. Son cœur tambourinait monstrueusement dans sa poitrine.

Elle ne savait pas ce qu'il attendait d'elle et elle ne savait pas vraiment non plus ce qu'elle voulait de lui. Elle n'était pas certaine de vouloir savoir de toute façon. Après tout, c'était peut-être très bien ainsi. Ils n'avaient pas besoin de mettre un nom là-dessus.

Son cœur se réchauffait un peu chaque fois qu'il était là. C'est comme s'il se rappelait de la mécanique des émotions.

Lentement, sans trop savoir si elle n'allait pas regretter son geste, elle pressa la main de Malefoy dans la sienne. Un instant, il ne se passa rien puis elle sentit Malefoy lui rendre son étreinte.

Elle fit la sourde oreille quand sa conscience lui murmura que son cœur ne devrait pas autant s'emballer. Elle avait trop sommeil pour se permettre de penser.

- Reviens dormir tous les soirs.

Tu ne pourras pas toujours me faire taire, lui souffla sa conscience qu'elle ignora.