Bonsoir à tous ! Voici un chapitre qui s'est fait un peu attendre, je manque un peu d'inspiration et de temps, mais je n'abandonne pas !

Alors pour répondre aux quelques interrogations, Maxwell est un gardien que j'ai déjà mentionné dans un chapitre précédent, il me semble ! Il était un peu étrange aux yeux de Hermione et on va mieux comprendre pourquoi dans ce chapitre. Certains ont été déçus par la scène de "concrétisation" de nos deux amoureux, ce que je peux comprendre, je n'en étais pas totalement satisfaite mais je bloquais totalement sur ce passage ... je commençait à peiner à finir le chapitre et j'ai préféré faire moins bien pour pouvoir continuer sans trop de frustration !

Réponse aux reviews :

Drou : Merci pour ta review, toujours fidèle au poste, ahah

Eve : Merci pour ta review, je comprends ta remarque, cela a été un peu trop expédié, je suis d'accord. J'espère que la suite te plaira !

Kazae : ahah, déso, effectivement on est loin du porno ! Déçue que ça ne t'ait pas plu, mais je comprends ! J'ai classé la fic M parce que le contexte est quand même assez difficile, au delà de la présence de sexe ou non, je trouvais que certaines choses étaient assez dures au niveau du comportement de Malefoy etc. J'avoue que les ratings sont assez flous pour moi, je classe assez au hasard, ahah. J'espère que la suite te plaira.

Nenya : Merci beaucoup ! ça fait plaisir de savoir que ça t'a plus. La suite, c'est maintenant, j'espère que tu aimeras tout autant.

Pour les reviexs des membres, je réponds en privé, comme d'habitude.

Bonne lecture et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez !


Hermione était guillerette. Autant que l'on puisse l'être à 7h00 du matin dans une prison glaciale, vêtue d'une chemise qui n'était plus si blanche, de chaussures usées et d'un jeans qui ne lui seyait guère. A vrai dire, elle se sentait si bien qu'elle avait même eu l'impression d'avoir le teint frais ce matin en se regardant dans le miroir. Les mains enfoncées dans les poches, elle ne ressentait même pas le froid hivernal qui soufflait à travers les ouvertures béantes des cellules. Non, elle était bien trop plongée dans ses pensées, se remémorant encore et encore la nuit qu'elle avait passé avec Drago.

Oui, Hermione appréciait tout particulièrement cette journée et pas même la bouillasse infâme qu'elle mangeait chaque matin ne pourrait lui retirer son exaltation.

C'est ce qu'elle se disait si souvent avant d'être frappé de plein fouet par la réalité lui rappelant qu'elle n'était pas la jeune fille la plus chanceuse de la planète.

Alors quand Hermione Granger vit apparaitre Astoria Greengrass, la peste de Serpentard dans le réfectoire, suivi de deux détenus qui portaient difficilement une masse conséquente de valises, Hermione n'en crut pas ses yeux.

Là, vêtu des vêtements luxueux que sa famille pouvait lui offrir avec la richesse amassée depuis des siècles et fortement nourrie depuis qu'on dépouillait les nés-moldus, Hermione l'avait à peine reconnu. Le menton haut, l'air fier, elle marchait d'un pas sûr vers Drago qui distribuait les ordres matinaux à ses gardiens.

Hermione ne pouvait pas cacher son air interloqué, les yeux ronds, la cuiller suspendue de sa bouche ouverte, plusieurs regards de ses codétenus étaient tournés vers elle. Les rumeurs allaient bon train et bien que personne ne soit vraiment certain de ce qui se passait entre ces deux-là, on savait qu'ils étaient liés. D'une façon ou d'une autre.

Les détenus étaient plus silencieux que jamais. Chacun avait développé un instinct de survie impressionnant dans cette prison où la mort les attendait à chaque angle de couloir. Alors tous avaient bien compris que la situation risquait de dégénérer très rapidement. En effet, le Général n'était pas un homme du genre très patient, Astoria Greengrass était du genre à faire de grandes esclandres en public dès que quelque chose la contrariait, et Hermione n'était pas du genre à se laisser berner si facilement.

Le regard dardé sur Drago, qui n'avait pas encore remarqué l'arrivée d'Astoria, Hermione ne savait pas trop ce qu'elle devait penser. Elle n'avait pas croisé grand monde qui était à Poudlard avec elle, si ce n'est Blaise Zabini une ou deux fois, Crabbe et Goyle, mais ça en était resté là. Astoria était du genre à la mépriser dès qu'elle la croisait à Poudlard, tout comme ses compatriotes de Serpentard, et elle n'avait pas la moindre envie que celle-ci la voit dans un tel état. Elle ne manquerait pas de se moquer d'elle avec entrain.

Hermione ne savait pas pourquoi cela la dérangeait tant. Après tout, ils la prenaient tous de haut, elle, Hermione Granger du trio d'or, on se donnait à cœur joie pour la narguer et lui rappeler que la guerre avait été gagnée par Voldemort, qu'elle n'était rien et que son ami, Harry Potter, était mort et pourrissait probablement quelque part dans la forêt interdite. Mais Hermione n'avait pas envie de faire face à cette fille. Elle était incapable de donner une explication à cette gêne.

Astoria s'arrêta derrière Drago, attirant les regards curieux des gardes qui écoutaient silencieusement le Général, et elle tapa sur l'épaule de celui-ci.

Le moment sembla durer une éternité à Hermione.

Drago se retourna lentement, interloqué qu'on ose l'interrompre de cette façon. Il sembla surpris en apercevant Astoria et aussitôt, son regard se tourna vers l'assemblée de détenus qui se tenaient dans le réfectoire, en haleine, plus silencieux qu'à l'habitude, observant du coin de l'œil ce qui se passait. Ce n'était pas tous les jours qu'on voyait arriver une jolie blonde pour interrompre le Général dans son travail de tyran. Hermione croisa le regard de Drago qui sembla le fuir aussitôt après l'avoir cherché au milieu du réfectoire.

- Bonjour, Drago.

Hermione n'était pas tout près, mais assez proche pour voir le sourire sur le visage d'Astoria et elle eut une soudaine envie de la gifler.

- Astoria. Tu n'étais pas censée arriver si tôt, dit-il le plus bas possible.

Mais Hermione avait bien compris ce qu'il disait. Elle ne lisait pas vraiment sur les lèvres, mais l'air inquiet et fuyant de Drago l'aidait à deviner ce qui se disait.

Drago attrapa Astoria par le coude, l'entrainant loin des yeux de Hermione, suivi par les deux détenus qui peinaient à suivre le rythme, transpirant.

- Déposez-ça dans les appartements des invités, ordonna-t-il durement aux deux porteurs.

- Les appartements des invités ? Ils ne peuvent pas déposer ça dans ta chambre ? dit-elle avec un air offusqué.

Les pauvres porteurs s'arrêtèrent, confus, mais Drago leur ordonna d'un seul regard froid de continuer. Ils se dépêchèrent autant qu'ils purent de rejoindre ladite chambre.

- Qu'est-ce que tu fais déjà là, Astoria ? insista-t-il durement.

- Je devais arriver aujourd'hui, Drago. Qu'est-ce que ça change que ce soit à 7h00 du matin ou à 15h00 franchement ? dit-elle avec un geste de la main au-dessus de l'épaule, l'air de ne pas vraiment se préoccuper des considérations de Drago. A moins que tu aies quelque chose à cacher ? Je devrais peut-être prêter attention aux rumeurs qui courent parmi nos amis ?

Son ton s'était fait menaçant et Drago se tendit. Il eut envie de la gifler, de la forcer à se taire mais il n'en fit rien. Il n'avait pas le droit à l'erreur. Le père d'Astoria était haut placé et risquait de finir de réduire à rien la confiance du Lord en Drago.

- Arrête tes petites menaces à peine dissimulées, Astoria.

- Alors n'oublie pas qui je suis, Malefoy. Je ne suis pas une de tes petites trainées que tu fréquentes. Je n'ai rien dit jusque-là, mais c'est terminé, siffla-t-elle. Nous sommes adultes maintenant, n'oublie pas la promesse qui a été faite autrefois.

- Je n'ai pas oublié, dit-il avec le plus de douceur dont il était capable dans un tel moment. Je n'aime simplement pas être dérangé dans mon travail.

Il soupira, feintant la fatigue et lui discerna son sourire le plus hypocrite.

- Va te reposer, je passerai te voir tout à l'heure. Je dois d'abord travailler.

Il devait faire preuve de beaucoup de retenue pour ne pas lui sauter à la gorge et la fusiller d'un simple regard.

Les poings enfoncés dans ses poches, il la regarda suivre un gardien jusqu'à ses appartements.

Le sourire crispé, il s'assura de ne pas trahir sa colère.

A peine avait-elle disparu dans le couloir qu'une tornade brune aux cheveux touffus déboula, le bousculant sans ménagement.

Pas ça, pensa-t-il.

- Est-ce que tu peux m'expliquer ce que c'est que ça, Malefoy ?

- De quoi tu parles ? dit-il lentement, notant le soudain usage de son nom de famille qui se faisait de plus en plus rare dans la bouche de la Gryffondor.

- Ne joue pas à l'imbécile, ça ne prend pas, siffla-t-il.

- Je te conseille de baisser d'un ton, dit-il froidement.

Il se pencha sur son visage, le regard acier.

- N'oublie pas ta place. Granger.

Hermione frissonna. Le Granger avait sonné comme un « sang de bourbe ». Un peu sonnée et surprise alors que Drago avait encaissé chacun de ses reproches sans vraiment broncher dernièrement, elle ne s'attendait pas à un tel revirement. Pourquoi étaient-ils retournés si rapidement à la distance froide et tendue d'autrefois ? Elle n'aimait pas ça. Et surtout, elle n'aimait pas la présence d'Astoria Greengrass.

- Ma place ? Tu veux dire celle dans ton lit chaque soir ? s'énerva Hermione, rouge comme une tomate alors que son esprit commençait à imaginer des scénarii tous plus grotesques les uns que les autres.

- La ferme, Granger.

Il l'attrapa brusquement par le bras, l'entrainant dans un placard à l'abri des regards et des oreilles indiscrètes.

- Ne t'avise pas de me faire ce genre de scandales, ça ne va pas me plaire.

- Alors dis-moi ce qui se passe. Pourquoi elle est là ?

- De qui tu parles ? évita-t-il.

Il vit sur le visage de Hermione qu'elle se retenait de toutes ses forces de le gifler. Les joues rouges, son regard brun brillant … Drago n'était pas bête, il savait très bien ce que Hermione imaginait. Il détourna le regard une seconde, incapable de faire face à sa culpabilité nouvelle. Se sentir coupable … c'était quelque chose de nouveau, quelque chose qu'il n'aimait pas et que la Gryffondor lui avait apporté en même temps que la sensation de vivre. Il se serait bien passé de ce côté-là.

- Regarde-moi, Drago.

Cette fois, sa voix avait tremblé bizarrement, se brisant sur son prénom dans un étranglement à peine dissimulé. Il retourna se plonger dans les yeux de Hermione et sa gorge se serra.

- Dis-moi que ce n'est pas ce que je crois.

- Ce n'est pas ce que tu crois, dit-il entre ses dents.

- Ah vraiment ? Pourtant, la dernière fois tu m'as dit que vous étiez promis l'un à l'autre depuis toujours. Et ce matin, elle débarque, l'air de conquérir son territoire, comme si tu attendais sa visite. Tu savais qu'elle venait et malgré ça …

- Bien sûr que je le savais, Granger, mais aux dernières nouvelles, je n'ai pas à te faire parvenir mon agenda, siffla-t-il.

La gorge de Hermione était serrée. Tout un tas de reproches se bousculaient contre ses lèvres, mais une seule question s'éleva :

- C'est ta copine ?

Drago ne put retenir un ricanement. Elle ne leva pas les yeux au ciel comme elle avait l'habitude de le faire lorsqu'il ricanait de la sorte.

Elle attendait simplement sa réponse. Elle attendait qu'il lui dise la vérité. Et Drago ne s'était jamais senti autant pris au piège qu'à cet instant. Il regretta de l'avoir mené dans ce placard trop étroit, il regrettait de lui avoir donné ce droit de lui poser des questions, de lui demander des comptes. Il regrettait de l'avoir laissé entrer dans sa vie, il la détestait de s'être installée sans qu'il s'en rende compte.

- Je n'ai pas de « copine », Granger. Je ne trempe pas dans ce genre de choses mièvres. C'est un passe-temps pour les gens qui n'ont rien à faire de leur vie et qui baignent dans les bons sentiments de Gryffondor.

Ses sarcasmes ne tirèrent aucun sourire à Hermione. Son coeur battait à tout rompre.

Drago savait qu'elle n'avait pas le coeur à rire, que sa suffisance ne serait pas prise à la légère comme d'habitude. Et c'était pour éviter ce regard plein de déception, plein de peine qu'il avait appréhender l'arrivée d'Astoria.

- Tu es en train de me dire que tu t'es comporté de … cette façon avec moi alors que … tu savais qu'elle venait? Tu es quel genre de goujat pour agir de la sorte ?! explosa-t-elle.

- Ne dramatise pas, si je t'écoutais, j'aurais dû rester vierge jusqu'à mon mariage avec elle sans jamais sortir avec quiconque … j'avais 5 ans quand on a été promis l'un à l'autre, je n'allais quand même pas rester dans mon pieu sans rien faire jusqu'à mes 30 ans, Granger. Tu savais que nous étions promis l'un à l'autre, je te l'ai dit.

Une expression dégoutée apparut sur le visage de Hermione et c'est ce qui le heurta le plus. Du moins, c'est ce qu'il pensait. Il n'avait pas encore entendu les paroles pleines de reproches de Hermione.

- Je croyais que … je croyais que c'était une promesse hypothétique ! Tu ne parles jamais d'elle, et … et là … j'ai vu comment elle te parlait, elle est attachée à toi. Je n'aurais jamais … on a couché ensemble hier soir, tu savais pertinemment qu'elle viendrait et ne me dis pas le contraire, j'ai entendu votre conversation dans le réfectoire. Tu savais qu'elle venait et tu ne m'as rien dit car tu savais que je n'aurais jamais accepté de coucher avec toi.

Elle recula d'un pas, comme si la proximité avec lui en était devenu insoutenable. Comme si elle ne pouvait plus supporter sa vue en découvrant la laideur d'âme de Drago.

- Tu savais comme ça me faisait peur de passer pour la fille qui couchait avec toi pour obtenir des faveurs et ça ne t'a pas empêché de passer le cap. Alors qu'elle arrivait aujourd'hui.

Les yeux de Hermione se remplir de larmes et Drago regarda sans un mot, observant ce qu'il provoquait chez elle sans même la toucher, sans la frapper, sans la menacer. Il lui faisait mal alors qu'il n'avait même pas essayé. Il lui faisait mal par son comportement. Et c'était comme s'il se plantait un couteau dans le flanc. Comme s'il s'agissait de sa douleur.

Instinctivement, il fit un pas vers elle, essayant de combler cette distance qui lui arrachait le cœur tout d'un coup, mais elle recula encore, se heurtant au mur.

- Ne me touche pas, souffla-t-elle.

Drago retint son geste. Il n'avait pas le droit de la toucher, il était incapable d'aller à l'encontre de sa volonté.

- Tu as profité de moi. Pour moi … pour moi, ce n'était pas anodin ce qui se passait entre nous. Si j'ai couché avec toi, c'est parce que …

Elle s'arrêta brusquement, essuyant les larmes qui coulaient sur ses joues. Quelque chose s'éveilla dans l'esprit de Drago. Son cœur battait à tout rompre.

- Parce que quoi ? osa-t-il.

- Est-ce que tu te rends simplement compte du mal que tu fais, Drago ? dit-elle, la voix brisée sans répondre à sa question. Est-ce que tu te rends compte d'à quel point ça me fait du mal que tu puisses arranger ton coup pour obtenir ce que tu veux de moi en me cachant les informations qui m'auraient empêché d'agir ainsi ?

- Ce n'était pas si important. Je ne voulais pas gâcher notre soirée, se défendit-il péniblement.

- Gâcher notre soirée ? Mais Drago, tu as gâché bien plus que ça.

Drago était incapable de déterminer ce qu'était ce « plus que ça », et pourtant, il savait qu'il regrettait affreusement sa tromperie.

- Arrête, Hermione. Tu crois vraiment que si j'avais eu le choix je l'aurais fait venir ? gronda-t-il.

- Tu ne vas certainement pas me faire croire ça, tu décides de tout ici et tu es en train de me dire que tu es incapable d'empêcher une pauvre fille de venir ici ?

Cette fois Drago vit rouge. Cela faisait des semaines qu'il bataillait pour retenir le sol sous ses pieds qui se dérobait. Des semaines qu'il sentait que le Lord perdait confiance, que ce qui se passait dans cette prison commençait à outrepasser ses murs.

- Qu'est-ce que tu en sais, Granger ? explique-moi ce que tu comprends des subtilités de diriger cette foutue prison et de jouer avec les humeurs du Lord, sans parler de se méfier de chacune des personnes que je côtoie qui n'attend que de pouvoir me planter un couteau dans le dos ?

Mais Hermione ne décolérait pas :

- Ne t'inquiète pas, Drago. Je sais très bien ce que c'est que d'être sur la corde rouge et de risquer ma vie chaque jour. Je sais ce que c'est que de faire attention à chacune de mes paroles ou gestes pour éviter d'énerver une certaine personne.

- Tu es vraiment …, gronda-t-il.

Mais il ne finit pas sa phrase et Hermione ne lui demanda pas de le faire. Son cœur la faisait déjà trop souffrir, elle n'avait pas la moindre envie d'entendre une nouvelle méchanceté. Elle avait le cœur au bord des lèvres.

Pense à autre chose, récite tous les ingrédients de potions que tu connais, pensa-t-elle.

Mais il n'y avait rien à faire. Elle avait beau de quoi faire une très longue liste, elle ne pensait qu'à ce qu'elle venait de voir et d'entendre. Et plus elle y pensait, plus cela lui faisait du mal. Les larmes lui montaient aux yeux.

Elle plongea dans son regard, d'un gris anthracite. Des émotions s'y bousculaient mais Hermione n'arrivait plus à savoir lesquelles. Ses propres émotions l'empêchaient de comprendre Drago. Au bord des larmes, elle se faufila à côté de lui et quitta le placard.

Il ne la retint pas, et ce fut comme un coup de couteau dans le dos.

Reniflant bruyamment, elle rejoignit les archives, la tête basse, cachant ses yeux bouffis dans ses cheveux trop longs. Epuisée et à fleur de peau, elle se laissa glisser contre une étagère, ramenant ses genoux contre elle dans un sanglot silencieux. Serrant ses genoux contre elle, elle laissa les larmes qu'elle retenait difficilement, couler sur ses joues.

Elle avait si mal au cœur … même les larmes s'arrachaient douloureusement à ses yeux et sa gorge était si serrée que ç'en était désagréable. Elle tira sèchement sa manche, observant la croix en relief qui apparaissait toujours. Toujours aussi noir et visible.

Hermione aurait aimé la faire disparaitre à tout jamais.

Comment en était-elle arrivé à se mettre dans un tel état pour ce sale serpent ?

Elle pressa ses paumes de main contre ses paupières closes, respirant calmement. Elle devait reprendre contenance. Drago Malefoy n'était qu'un garçon si tant est qu'on pouvait l'appeler ainsi. Il se rapprochait plus de la bête sans âme que d'un homme. Hermione s'efforça de se convaincre de cette pensée, contrant comme elle le pouvait les souvenirs qui cherchaient à démentir cette nouvelle opinion qu'elle tentait de s'imposer.

Ce qu'il y avait entre eux … ça ne pouvait pas durer. Et puis, elle n'était pas certaine d'en avoir eu véritablement envie. Malefoy lui avait fait de sacrés mauvais coups, que ce soit à Poudlard ou aussi. Il n'était pas agréable, pas des plus attentionnés ni bavard.

A vrai dire, Hermione se demandait bien ce qu'elle pouvait lui trouver. Il était imbuvable. Elle pouvait bien l'abandonner à Astoria Greengrass. Elle se rendrait vite compte qu'il était loin d'être un cadeau.

- Ce n'est qu'un abruti. Il ne vaut vraiment pas la peine de pleurer. Ressaisis-toi, Hermione. Ne sois pas si mièvre.

Elle prit une longue inspiration et se redressa.

- Ce sale petit mangemort, marmonna-t-elle en ouvrant brusquement un tiroir. Toujours aussi lâche et manipulateur, j'aurais dû m'en douter.

Elle claqua le tiroir dans un bruit métallique et l'étagère tangua dangereusement.

- Hum hum.

Le raclement de gorge derrière elle la fit sursauter. Est-ce qu'on l'avait entendu … ? Elle se retourna et tomba sur Maxwell Roswell. Il tenait encore un dossier bien fait sous son bras. Il jeta un coup d'œil inquiet à la porte fermée des archives. Il tendit le dossier à Hermione qui le prit sans un mot.

Son visage lui disait toujours vaguement quelque chose sans qu'elle puisse le replacer.

- Tout se passe bien avec le Général ? s'enquit le gardien.

Hermione fut surprise de la question. Elle leva un œil méfiant vers lui. Ses doigts pianotaient nerveusement sur le haut de l'étagère métallique.

- Oui, répondit-elle seulement en partant dans un autre rayon pour ranger le dossier qu'il lui avait mis dans les mains.

Il la suivit.

- Tu sais, je pense que tu devrais jeter un œil dans le dossier avant de le ranger.

Il jeta un nouveau coup d'œil à la porte. Hermione fronça les sourcils. Il était vraiment bizarre celui-là.

- Je n'ai pas le droit de faire ça, dit-elle lentement.

- Eh bien fais-le quand même, la pressa-t-il. C'est à propos de … d'amis communs que nous avons.

Hermione plissa les yeux. Elle croyait comprendre mais … était-ce vraiment possible ? Elle ouvrit brusquement le dossier. Il y avait quelques photos de la prison vue de l'extérieur, un parchemin couvert d'écritures qui semblaient décrire les horaires des rondes des gardiens.

- Qui es-tu ? dit-elle en fermant brusquement le dossier, lui rendant comme si le papier la brûlait.

Elle n'avait pas intérêt à être prise avec ce genre d'informations dans les mains.

- A ton avis ? dit-il avec un sourire aux lèvres.

- Tu fais partie de … l'ordre du phénix ? Tu es en contact avec eux ?

Il hocha de la tête et baissa encore d'un ton :

- Nos … amis m'ont demandé de te dévoiler ma nature. C'est risqué mais il voulait que tu saches que nous pouvions procéder à ton évacuation dès que tu le souhaites. Neville n'a pas compris pourquoi tu as refusé de partir.

Hermione sentait bien que Maxwell soupçonnait quelque chose, qu'il se doutait que c'était Malefoy qui la retenait. Il n'attendait qu'une chose : qu'elle démente.

- Alors tu fais partie de l'ordre ? dévia-t-elle.

- Pas vraiment. Pas encore. Je suis seulement en contact de temps en temps avec Neville Londubat. Nous sommes cousins au 7ème degré.

- Oh. Je comprends mieux. Tu n'étais pas à Poudlard, n'est-ce pas ?

- Pas en même temps que vous, c'est certain, plaisanta-t-il. Trêve de plaisanterie. L'ordre prévoit de libérer cette prison dès que possible. C'est la vitrine du Lord, ce serait un sacré coup à son influence. Le plan, c'est que tu nous y aides de l'intérieur.

- Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée … c'est une véritable forteresse. Vous n'arriverez jamais à entrer.

- Pas de l'extérieur, c'est certain, dit-il avec un sourire malicieux, mais de l'intérieur …

Hermione ne comprenait pas. Ce fut à elle de regarder la porte.

- Il y a une seule cheminée ici. Elle ne peut être activée que d'ici.

Hermione comprit aussitôt. Il voulait qu'elle ouvre un passage depuis la chambre de Malefoy. Elle pâlit.

- Même pas en rêve, Roswell. C'est beaucoup trop dangereux.

- C'est la seule solution. Imagine les conséquences ! Malefoy serait hors-jeu, le Lord fou de colère et toute l'Angleterre sera au courant en moins d'une journée. Tu n'imagines pas l'espoir que ça redonnera au monde des sorciers … l'ordre revivra enfin !

La porte s'ouvrit brusquement et Maxwell claqua brusquement le tiroir ouvert.

- Réfléchis-y, souffla-t-il en quittant la pièce.

Hermione était sous le choc. C'était un plan … dangereux, mais si ça marchait … Roswell n'avait pas tort. Ça redonnerait beaucoup de force à l'ordre du phénix.

Cette histoire la travaillait tant qu'Astoria Greengrass lui sortit de la tête. Sa colère contre Malefoy s'était évaporée. Il n'y avait plus que la peur, le tiraillement, l'espoir et le désespoir. Toutes ces émotions se mélangeaient, se heurtaient et s'étreignaient. Elle en avait mal au ventre.

Quand elle aperçut Astoria suivant Malefoy de près los du repas au réfectoire, toute sa rancœur remonta dans sa gorge. Elle avait envie de lui cracher à la figure. Il avait profité d'elle. Pourquoi devrait-elle avoir le moindre regret de partir, de le trahir ?

Elle croisa le regard de Malefoy. Même de là où elle était, elle pouvait sentir le froid glacial de son regard alors qu'Astoria piaillait sans interruption à ses oreilles.

Que ferait l'ordre à Malefoy ? Est-ce qu'il le tuerait ? Elle ne voulait pas de sa mort sur la conscience. Elle serait incapable d'être la responsable d'un coup si bas, un coup de poignard dans le dos. Elle ne voulait pas être la responsable d'une mort si misérable.

- Salut, lui dit Fred en s'asseyant à côté d'elle.

Hermione le regarda. Il avait l'air épuisé. Combien de temps encore pourrait-il tenir ? La meilleure idée était d'accepter le plan de Maxwell et de tout faire pour que Fred sorte de cet enfer. Il serait si heureux de retrouver George, elle n'avait pas le droit de le priver de ce bonheur. Il méritait la liberté. Malefoy ne valait pas autant que Fred, elle devait se faire une raison.

Hermione s'efforça de discuter normalement avec Fred mais son esprit était ailleurs, elle ne pouvait pas s'empêcher de se dire qu'elle ne voulait pas qu'il arrive malheur à Malefoy. Qu'est-ce que le Lord allait lui faire subir si cette prison se faisait attaquer ? Elle n'osait pas l'imaginer. Maxwell Roswell passa dans le réfectoire. Il ne la regarda pas. Elle n'aurait jamais imaginé qu'il était un espion de l'ordre.

Elle dormit peu cette nuit-là. Elle peinait à garder les yeux fermés et lorsqu'enfin elle plongeait dans le sommeil, elle rêvait d'horreurs inimaginables. Parfois Malefoy découvrait sa traitrise et la tuait après lui avoir infligé des tortures affreuses, d'autrefois c'étaient des membres de l'ordre ou le Lord qui tuaient Malefoy. Parfois c'était Fred qui mourait.


Elle aurait préféré que Maxwell s'adresse à quelqu'un d'autre. A Fred par exemple. Elle ne voulait pas avoir le poids de cette décision. Mais Maxwell ne devait même pas savoir qui était Fred Weasley. Ses liens avec l'ordre étaient bien trop lointains, et Hermione doutait qu'il y ait un véritable registre avec le nom de tous les prisonniers. Ils n'étaient plus que des numéros.

Peut-être devrait-elle en parler à Fred. Il saurait la mettre sur la voix. Mais Hermione se doutait de son conseil. Il serait aussitôt partant pour fuir ce cauchemar.

Hermione ne discuta plus avec Maxwell pendant un bon moment. Elle continuait de réfléchir à son idée mais plus elle y réfléchissait, plus elle se disait qu'il était inconcevable. Malefoy n'aurait pas le sommeil assez lourd pour ne pas remarquer qu'elle allumait un feu de cheminée dans sa chambre et le bruit que faisait la poudre de cheminette finirait de le sortir du lit.

Et puis il y avait Astoria. Il n'y avait plus la moindre chance qu'elle dorme avec lui.

Elle avait retrouvé le confort de son matelas trop fin dans sa cellule trop fraiche. Et elle n'avait plus aucun espoir d'y échapper. L'espace d'une seconde, elle se surprit à avoir l'espoir de fermer les yeux et ne plus les rouvrir.

- Ressaisis-toi, Hermione, se morigéna-t-elle en se retournant sous sa couverture.

Malefoy ne lui adressa pas la parole pendant des jours et cela ne fit que la blesser encore plus. Elle avait eu la sensation d'être proche de lui, que quelque chose s'était tissé entre eux sans qu'elle ne sache trop quoi. Ça la mortifiait de l'admettre mais il lui manquait … et Drago ne donnait pas l'impression d'avoir le même sentiment. Il ne lui avait pas accordé un regard le peu de fois où elle l'avait aperçu hors des quartiers des officiers. Il passait le plus clair de son temps avec Astoria probablement.

Cette peste écervelée ne pouvait pas s'empêcher de regarder dédaigneusement Hermione chaque fois qu'elle la voyait et Hermione n'avait pas connu plus grande humiliation de toute sa vie. Ici, dans cette prison où elle n'était plus qu'une esclave, elle était pieds et poings liés. Elle ne pouvait pas braver le regard d'Astoria comme elle le faisait à Poudlard. Elle ne pouvait plus se dire à elle-même qu'elle valait bien mieux que ces chiens de Serpentard.

Ils avaient gagné la guerre, et elle n'était plus que ce qu'ils avaient essayé de lui entrer dans la tête tout au long de sa scolarité : une sang de bourbe qui ne valait pas un véritable sorcier.

Elle n'avait même plus de baguette.


Hermione trainait des pieds pour rejoindre son poste quand elle fut subitement tirée par l'épaule. Elle n'avait pas le moindre doute sur l'auteur de ce geste. Elle se dégagea de sa main, y mettant toute sa rancœur. Là, dans un cul de sac, Malefoy la dévisageait avec un air grave.

- Calme-toi, Granger, pas besoin d'en faire des tonnes., dit-il en levant les yeux au ciel.

- Je n'ai rien à te dire, Malefoy. Qu'est-ce que tu veux ?

- Arrête de me regarder avec cet air-là, dit-il entre ses dents. Voilà ce que je veux.

Hermione rit froidement. Il était vraiment sans gêne.

- Tu ne veux pas aller voir Astoria plutôt ? J'ai du travail qui m'attend.

Elle tenta de s'échapper mais il lui barra le chemin.

- C'est ça le problème, hein, Hermione ? Tu es jalouse.

Hermione rougit furieusement et dut réprimer son envie de le gifler.

- N'importe quoi, siffla-t-elle. Je n'aime pas vraiment être prise pour une imbécile et c'est totalement ce que tu as fait.

- Bon, admettons, j'aurais dû te le dire, dit-il lentement mais cela ne réussit pas à apaiser la colère de Hermione, mais ne crois pas qu'elle est là parce que j'en ai envie. Je fais face à quelques petits pro…

- Arrête ! Arrête, Drago ! Je n'en ai absolument rien à faire de tes excuses ! Tu as profité de moi ! Comment devrais-je le prendre ? Toi, tu aurais bien réagi si je couchais avec …Barnabé puis avec toi ?

Au moment où le nom de Barnabé passa ses lèvres, elle se rendit compte qu'elle était peut-être allée trop loin. La colère de Drago irradiait presque tout autour de lui, son regard orageux dardé sur Hermione qui regrettait un peu sa colère.

- ça ne serait jamais arrivé, gronda-t-il, et ne prononce plus jamais le nom de ce moins que rien.

Il jeta un œil dans le couloir toujours désert.

- Et baisse d'un ton.

Il bouscula Hermione, l'acculant contre le mur.

- Le Lord n'a plus totalement confiance en moi, dit-il moins fort. Je crois qu'il a entendu des rumeurs, je ne vois pas d'autres explications même s'il ne m'a rien dit. C'est lui qui a insisté pour qu'Astoria vienne me rendre visite ici. Je dois montrer patte blanche le temps de sa visite, je pense que tu es suffisamment intelligente pour comprendre que je ne peux pas me permettre de le défier simplement pour que ton égo ne soit pas trop froissé.

Hermione ne répondit rien, aigre. Il n'avait pas tort mais quand Astoria était apparue …c'est l'ancien Drago qu'elle aperçut, le couard qui faisait ses coups en douce, qui cachait des choses et manipulait les autres. Pas le Drago qu'elle avait appris à apprécier depuis qu'elle était ici.

Il l'attrapa par le poignet et elle se laissa entrainer cette fois. Il la poussa dans son bureau et ferma la porte sans un bruit.

- J'ai réussi à échapper à Astoria quelques heures, j'ai du mettre une potion d'endormissement dans son verre hier soir. Elle ne me lâche pas d'une semelle, grommelle-t-il.

Il ouvrit le tiroir d'un meuble de son bureau et en sortit un gâteau marbré découpé en tranche. Il en tendit une à Hermione et en prit une aussi. Hermione ne se fit pas prier et dévora la moitié du gâteau à elle toute seule. Elle ne mangeait plus à sa faim depuis peu.

- Tu crois qu'il a entendu dire que je venais dormir avec toi le soir ? demanda Hermione.

- Probablement. Astoria n'arrête pas les sous-entendus bizarres.

Un silence retomba entre eux et Hermione posa la question qui lui pesait sur le cœur.

- Est-ce que tu as … tu as couché avec elle ?

Malefoy leva les yeux au ciel.

- Je sais que la nonne prude en toi ne le supporterait pas, Granger, se moqua-t-il.

- Arrête de te moquer de moi, dit-elle en peinant pour retenir un sourire.

Il rit. Chaleureusement. Et c'est comme si Hermione était revigorée subitement, comme si son enfer s'était un peu apaisé.

Il ouvrit la bouche, prêt à lui dire quelque chose quand des éclats de voix traversèrent les murs du bureau :

- Je vous interdis de poser la main sur moi !

Hermione sauta sur ses pieds, soudain alarmée. Astoria ! Malefoy eut le même air et contourna le bureau en vitesse, attrapant Hermione par l'épaule et la poussant dans le placard attenant. La porte claqua en même temps que celle du bureau s'ouvrait.

Hermione se couvrit la bouche, retenant une exclamation de douleur alors qu'elle venait de se cogner dans un seau.

- Drago ? On devait prendre le petit-déjeuner ensemble, dit sèchement Astoria.

Hermione colla son oreille contre la porte, avide d'écouter une conversation qu'elle n'était pas censée entendre. Drago devait être fou à l'idée de ce qu'elle pourrait dire alors que Hermione était juste derrière la porte.

- Tu dormais et je devais retourner travailler.

- Tu as toujours une excuse. Tu m'évites, je ne suis pas stupide. Dois-je te rappeler qu'on doit se marier d'ici peu ?

Elle entendit le son sourd de la voix de Drago mais fut incapable de comprendre ce qu'il avait pu dire.

- Je te conseille de faire des efforts, Drago. Autrement, le Lord risque d'entendre parler de ce qui se passe dans cet endroit.

- Il ne se passe rien du tout, arrête de te faire des idées.

Il y eut un bruit étrange, comme une exclamation de douleur, et Hermione ne comprit ce qu'il s'était passé que lorsque Malefoy dit durement :

- Ne lève jamais la main sur moi, petite peste.

- Lâche-moi, dit Astoria la voix tremblante.

Il y eut un long silence. Un silence qui dura une éternité pour Hermione. Elle aurait tout donné pour voir ce qui se passait dans ce bureau. Elle était appuyée si fortement contre la porte que son oreille menaçait de la traverser.

- Chaque fois que je la vois, j'ai envie de vomir. Que tu aies pu poser tes mains sur cette …

- Je te conseille de te taire. Maintenant, casse-toi. Je viendrais te rendre visite tout à l'heure, j'ai du travail qui m'attend.

Astoria dit quelque chose, mais pas assez fort pour que Hermione comprenne quoi. La porte se referma, mais Hermione ne se risqua pas à sortir. Elle recula un peu dans le placard, feignant de n'avoir rien écouté à cette conversation qui ne la regardait en rien.

Une minute plus tard, la porte s'ouvrit et Hermione feinta d'observer avec attention un vieux balai qui patientait à côté d'elle.

- Tu es mauvaise actrice, Granger. Je sais très bien que tu as tout écouté.

- Pas du tout, dit-elle rapidement en sortant du placard.

Drago ne prit même pas la peine de la contredire, bien trop sûr de lui.

- Tu ferais mieux de rejoindre ton poste. La dernière chose dont on a besoin, c'est que quelqu'un remarque que tu n'es pas là où tu devrais être.

Hermione hocha de la tête, prenant la direction de la porte, mais elle s'immobilisa une seconde.

- On est dans la merde, Drago ?

Poser la question ne fit que renforcer l'angoisse qui avait lentement fait chemin jusqu'à son cœur. Elle sentait l'étau se resserrer. La conversation qu'elle avait entendue n'avait fait que renforcer son sentiment.

Drago releva la tête vers elle une seconde.

- Je crois que oui.

Pour la première fois, Hermione vit son masque se fissurer, son regard orageux et froid, métallique s'était brisé laissant apparaitre la peur à l'idée que le Lord comprenne le manège qu'il y avait entre elle et Drago et aux conséquences que cela impliquait.

Hermione avait la gorge serrée. Elle ne réussit pas à dire quoique ce soit d'autre. Elle quitta le bureau à l'ambiance trop pesante et rejoignit les archives.


Cela faisait maintenant deux semaines qu'Astoria était présente. Hermione avait dû apprendre sur elle, baissant les yeux lorsqu'elle la croisait dans les couloirs, ne répondant pas aux remarques venimeuses de celle-ci. Plus le temps passait, plus elle se montrait désagréable et Hermione redoutait le moment où elle s'en prendrait à elle physiquement. Elle devait prendre sur elle pour ne pas réagir à ses provocations verbales, mais si elle osait la toucher … elle était incapable de se laisser faire.

Malefoy lui avait dit de prendre sur elle, de faire profil bas, que c'était la seule façon de se débarrasser d'elle. Pour qu'elle parte au plus vite, il fallait qu'elle pense qu'il n'y avait rien du tout entre elle et Drago. Ils se voyaient peu, mais Drago faisait de son mieux pour trouver un moment pour la goinfrer de nourriture tous les 2 ou 3 jours.

Hermione n'avait pas l'énergie de refuser ce petit coup de pouce, elle avait bien trop froid, faim et était bien trop fatiguée. Elle en voulait toujours à Drago, mais elle ne savait plus où donner de la tête entre Astoria qui faisait de sa vie un enfer, les gardiens qui se donnaient à cœur joie pour diffuser toutes sortes de ragots à son sujet, Maxwell lui lançait des regards appuyés et lui avait fait comprendre deux fois depuis leur conversation qu'elle devait rapidement prendre une décision et sa difficulté à survivre dans cet environnement hostile.

Hermione était aux douches lorsqu'elle reçut une désagréable visite : celle d'Astoria Greengrass. Enveloppée dans sa serviette miteuse, elle s'arrêta nette. Son ancienne camarade d'école était dans l'ouverture de la porte, lui rappelant désagréablement le temps où Drago Malefoy la coinçait de la même façon dans cet endroit lugubre.

Elle se glissa lentement vers ses vêtements, enfilant rapidement sa culotte et son jeans maladroitement sous sa serviette.

- Qu'est-ce que tu veux ? demanda-t-elle avec le plus d'assurance possible.

Astoria s'avança de quelques pas.

- Tu as le droit de me parler comme ça, toi, sang de bourbe ?

Hermione ne répondit pas, se forçant à ne pas créer de vagues.

- Je ne suis pas stupide, Granger. Toutes ces rumeurs … Drago peut nier, je sais qu'une partie au moins est véridique. Il y en a d'ailleurs une que j'aimerais vérifier.

Elle s'approcha encore et Hermione recula encore. Mais Astoria l'attrapa durement par le bras, avec une force qu'elle ne soupçonnait pas. Son regard se posa alors sur le petit tatouage à l'intérieur de son bras.

DM.

Le regard d'Astoria se teinta d'acier et de colère. Son pouce était si profondément ancré dans le bras de Hermione qu'elle était certaine d'en avoir un bleu.

- Alors c'est la vérité, souffla-t-elle.

- Ce n'est qu'une marque, se défendit Hermione.

- Les initiales de Drago. Pas des chiffres comme pour les autres.

Elle leva ses yeux bleus vers elle et Hermione eut de la peine pour elle une seconde. Cette fille … elle devait aimer Drago Malefoy depuis longtemps, depuis Poudlard au moins. Elle s'était attachée à ce garçon détestable, et Hermione la comprit un instant. Elle s'y était attachée elle aussi.

Qu'avait-il de particulier cet homme-là, désagréable, méchant, froid et égoïste ?

Astoria Greengrass avait perdu le contrôle alors qu'elle l'avait toujours eu. Elle était promise à Drago Malefoy, fiancée depuis toujours. Il n'y avait aucune chance qu'un jour il lui échappe alors elle s'était jetée à corps perdu dans cet amour.

Pour finalement tomber du 20ème étage en comprenant ce qui se tramait dans son dos. Drago Malefoy fricotait avec ce qu'elle abhorrait le plus au monde : une sang de bourbe. Quelqu'un qui valait tellement moins qu'une riche sang pur comme elle. Il n'y avait sans doute rien de plus insultant pour elle.

- On n'appose pas son nom sur quelqu'un pour rien, dit-elle finalement en détournant le regard de Hermione.

Hermione retira son bras de la prise de Greengrass.

- Qu'est-ce qui peut bien l'intéresser chez toi ? dit-elle avec une grimace de dégout, reculant d'un pas. Tu n'as rien que je n'ai pas. Et j'ai même tellement plus.

Hermione aurait dû être vexée, en colère contre elle qui la dénigrait mais étrangement ce n'était pas le cas. Elle sentait la tristesse qui se cachait derrière son aigreur, elle sentait la souffrance derrière ce masque de dégout.

- Il n'y a rien du tout, Astoria. Tu t'imagines des choses.

- Tu as ses mots dans la bouche.

Et elle tourna les talons. Hermione se dépêcha de se rhabiller malgré son émotion, rejoignant sa cellule avant que le couvre-feu ne commence.

Elle eut du mal à s'endormir, refoulant difficilement ce sentiment dont elle avait honte. Comment pouvait-elle se réjouir du malheur d'Astoria ? Ce n'était pas son genre. Elle n'avait jamais été si égoïste alors pourquoi jubilait-elle d'avoir l'attention que Drago refusait de donner à Astoria ?

Etait-elle devenue une de ses pimbêches ridicules qui devenaient mesquines lorsqu'un garçon entrait en jeu ? Elle ne l'espérait pas.

Le lendemain matin, lorsqu'elle arriva aux archives, des muffins l'attendaient dans le tiroir de son vieux bureau qui ployait sous les dossiers. Elle le mangea en trois bouchées, essuyant toute trace de son crime d'un geste de la main.

Ce manège dura pendant deux semaines. Hermione commençait à perdre patience et se montrait de moins en moins agréable à chaque visite de Drago. Astoria ne partait pas et chaque fois qu'elle la voyait, elle ne pouvait que se rappeler la trahison de Drago. Elle lui en voulait. Chaque soir, le souvenir de cette nuit-là l'empêchait de s'endormir sereinement. Elle aurait aimé faire machine arrière, ne jamais céder à son envie. Son honneur aurait été sauf.

- Granger, on a un problème.

Hermione tourna la tête vers Drago, surprise. C'était subtile, mais elle pouvait voir l'air alarmé de Drago sur son visage. Un air un peu plus farouche, la mâchoire plus serrée qu'à l'habitude et une tension inhabituelle dans les épaules.

- Que se passe-t-il ?

- Ça n'a rien donné, elle n'y croit pas. Je ne sais pas ce qu'elle a pu raconter, mais … Il a décidé de venir.

Le cœur de Hermione s'étreignit. Elle craignait de comprendre.

- Qui ?

- Tu sais de qui je parle, dit-il gravement. Il arrive demain. Je … Granger, je vais devoir t'emmener dans mon cabinet. Il faut qu'il croit que tu agonises ici, ou sinon …

- Tu ne peux pas me faire ça, Drago. Tu ne vas pas m'enfermer là-bas ? dit-elle d'une voix chevrotante en reculant d'un pas.

- Ecoute, dit-il en l'attrapant par le poignet l'empêchant de reculer plus. Il va falloir que tu mettes tes airs de mijaurée de côté. Ce qui se passe là, c'est très important. Tu vas jouer la victime, tu vas faire comme si je te faisais vivre l'enfer sur terre et …

- C'est déjà ce que tu me fais subir, se défend-t-elle.

- Toi et moi, on sait très bien que c'est faux. Suis-moi.

Hermione avait le cœur faiblard. Elle suivit à contre-cœur Drago, tiré par lui sans vraiment protestée. Elle savait qu'il avait raison mais elle gardait un mauvais souvenir de l'endroit où il l'entrainait.

Il poussa la porte métallique du cabinet, puis une autre. Hermione eut un mouvement de recul.

- Tu ne vas quand même pas me mettre … là-dedans ?

Elle avait envie de vomir. Il y avait 4 cages où on pouvait à peine tenir assis. Une paire de menottes était accrochée à chacune d'elle.

- Tu n'as pas le choix, dit-il durement.

Il ouvrit une porte et la poussa sans ménagement à l'intérieur, lui égratignant le visage contre un barreau. Il semblait pressé et particulièrement inquiet. Il attrapa la paire de menottes et la tendit à Hermione sans un mot.

- Oh non, certainement pas, dit-elle avec un son mi-rire mi tremblement de voix.

Il s'avança dans la cage accroupi, l'attrapant par le menton avec un zeste de colère dans la voix, à peine visible derrière la peur.

- Je n'ai pas de temps à perdre. Tu vas mettre ça, c'est tout ce que je peux te proposer. C'est ça où les doloris devant lui dans le réfectoire. Qu'est-ce que tu préfères ?

Hermione ne répondit rien, la gorge serrée, tendant ses poignets à contre cœur. Il boucla l'un de ses poignets et accrocha l'autre extrémité au plafond de la cage. Il sembla se calmer un peu et plongea son regard bleu-gris dans celui brillant de Hermione.

- Tu sais, tu es presque plus en sécurité ici, loin de sa vue. Je ne sais pas ce qu'il pourrait te faire autrement, dit-il à mi-voix.

Hermione ne répondit pas tout de suite, prenant une grande inspiration pour retrouver son calme.

- Il fait froid ici.

Drago tira sa baguette et jeta un sort silencieux sur sa chemise qui devint aussitôt chaude, presque bouillante.

- Quand est-ce qu'il arrive ?

- Ce soir. Et il a prévu de rester 3 jours.

Drago avait l'air nauséeux, encore plus sous les néons jaunâtres.

- On est dans la merde, hein ?

- Jusqu'au cou, soupira-t-il. Foutue Astoria.

Hermione se renfonça un peu dans la cage, s'appuyant contre les barreaux désagréables. Les barres de métal sous ses fesses rendaient la position douloureuse et elle doutait qu'il y en ait une qui soit agréable. Cet endroit était fait pour la faire souffrir.

Drago sortit de la cage, en referma la porte dans un grincement et quitta la pièce. Il jeta un dernier regard à Hermione avant de la refermer et elle se retrouva seule dans sa cage pour chien, un bras suspendu au-dessus de la tête.

- Putain de vie de merde, souffla-t-elle.