Voici le nouveau chapitre ! J'espère qu'il vous plaira (en plus, il arrive plus rapidement que les 2 ou 3 derniers chapitres, haha).

Réponse aux reviews :

Drou : Merci à toi ! Effectivement, cette cheminée à l'air très intéressante ahah.

Aki : Merci beaucoup de ton soutien, ça fait plaisir ! je suis contente de savoir que certains découvrent encore la fic ! J'espère que ça te plaira jusqu'au bout.

Bonne lecture !

Hermione se tourna une énième fois, ignorant ses fesses douloureuses. Elle aurait tout donné pour avoir sa vieille couverture de jute à mettre sous elle. Elle remua ses doigts autour des barreaux au-dessus de sa tête. Elle n'avait pas la moindre idée du temps qu'elle avait passé dans cet endroit.

Il lui semblait que ça faisait des jours qu'elle était là, mais il était plus vraisemblable que cela ne fasse qu'une journée, sans doute moins. Son bras suspendu en l'air par les menottes la faisait souffrir depuis longtemps maintenant. Ses doigts étaient glacés, son poignet lui faisait mal, enserré dans le métal froid. Même son épaule était douloureuse. Elle ne pouvait pas s'allonger ni se redresser complètement. Elle aurait tout donné pour pouvoir simplement s'allonger.

Et pour couronner le tout, son estomac criait famine. La lumière était désagréable, elle n'avait pas réussi à dormir correctement. La seule chose qui allait, c'est qu'elle n'avait pas froid.

Drago ne lui avait pas rendu visite.

Elle avait entendu une porte s'ouvrir deux fois, comme si quelqu'un était entré dans le cabinet, mais il ne vint pas la voir. A son grand damne.

Hermione avait trouvé le temps de penser à la vie, à Drago, à sa présence dans cet endroit. Elle y avait pensé une éternité pour finir par cette conclusion : c'était une vie de fou. Comment en était-elle arrivée là ?

Une porte s'ouvrit et Hermione se redressa un peu dans sa cage, oubliant la douleur sourde dans son dos. La porte de la pièce fut actionnée et Hermione sentit son cœur battre plus fort. Et si c'était Voldemort ?

Mais ce fut la chevelure blonde de Drago qui apparut. Il se glissa à l'intérieur de la pièce, un plateau dans les mains et referma la porte d'acier d'un coup de pied. Il n'avait pas l'air de bonne humeur ni très rassuré. Il ouvrit la porte de la cage et y posa le plateau. Il refermait déjà celle-ci sans un regard pour Hermione.

- Attends ! Ne t'en va pas comme ça …

Drago se figea. Il était plus livide que jamais.

- Je n'ai pas le temps, il va se demander où je suis.

- Ça fait combien de temps que je suis ici ?

- Je t'ai emmené hier soir, et là, il est 16h00, dit-il prestement en repartant déjà vers la porte. Je reviendrais ce soir, j'aurais peut-être plus de temps, ok ?

- D'a…

Il avait déjà refermé la porte. Elle soupira lourdement et tira le plateau à elle. C'était de la purée et du pain. Ce n'était pas grand-chose, mais cela épongerait un peu la faim qui tenaillait son ventre. Elle mangea lentement, profitant de cette unique occupation en 24h. Ce n'était pas très à l'aise pour elle de manger d'une seule main mais ça avait le mérite de faire durer ce court passe-temps.

Elle soupira lourdement, dégageant lassement le bol du plateau et se tortilla pour glisser le plateau sous ses fesses. Ce serait moins désagréable que les barreaux. Son esprit ne prit pas longtemps avant de retourner à Drago. Allait-il vraiment revenir ce soir-là ? Et pourquoi tenait-il tant à la protéger du regard du Lord si ce n'est parce qu'il … tenait à elle ?

Jamais elle n'oserait lui poser la question, le mettre face à ses actions qui contredisaient ses paroles. Où était passé sa haine des sangs de bourbe ? Quand est-ce qu'il avait arrêté de l'exécrer autant que Harry ? Hermione n'aurait pas su le dire, tout comme elle n'aurait su dire quand est-ce qu'elle avait cessé de ressentir une haine viscérale contre lui pour passer à un sentiment bien plus agréable.

Elle se rabroua. Il fallait qu'elle se sorte cette idée de la tête. Il n'y aurait jamais rien entre elle et Drago, d'abord parce qu'elle mourait sans doute sous peu et enfin parce qu'ils ne venaient pas du même monde. S'ils s'étaient rapprochés, c'était seulement parce qu'il y avait été forcé ici, dans cette prison qui tirait le pire de chacun d''eux. S'ils s'étaient trouvés tous les deux, c'est simplement parce qu'ils se rappelaient seulement ces temps anciens où ils n'étaient pas trop malheureux, lorsqu'ils étaient au plus proche d'être heureux, à l'abri des murs de Poudlard.

Elle tourna la paume vers le ciel, observant la croix noire qui dépassait de moitié de sa chemise. Il fallait qu'elle se rende à l'évidence, elle avait été prise au piège par elle-même.

Elle aurait tout donné pour sortir de cet endroit, pour revenir 10 ans en arrière, lorsque tout était plus simple, où son seul souci était ses examens de fin d'année, quand tout était blanc ou noir, que Malefoy était un sale petit con fils de mangemort détestable qu'elle haïssait de tout son cœur, aussi mauvais que tous les Serpentard et où les Gryffondor étaient des gens bons. Tout était si facile.

A présent, il n'y avait plus tant de courageux chez Gryffondor, beaucoup avait fui la guerre pour ne pas se retrouver exterminer par les forces du Lord. Il n'y avait pas tant de gens mauvais chez Serpentard, certains avaient fui l'emprise du Lord, terrifiés à l'idée de mourir de la main de celui-ci, qui était aussi meurtrier parmi ses troupes que parmi ses ennemis. Il ne restait presque plus rien de l'Ordre du Phénix, Harry était mort, Ron était loin, il n'y avait plus que quelques résistants, et elle. Coincée ici.

Une seconde, elle se surprit à en vouloir à Harry, qui avait simplement disparu dans la forêt sans réapparaitre. Il leur avait à peine dit au revoir. Il était parti et malgré ses derniers mots, Hermione n'avait cessé de croire qu'il reviendrait vivant.

Mais il n'était jamais revenu. Il était mort. Lui, le héros de la prophétie qui devait mettre en défaite Voldemort, il n'avait pas accompli la prophétie. Voldemort l'avait fait.

Hermione s'endormit sur ses pensées macabres. C'était comme si cet endroit la forçait à l'introspection, la forçait à se remémorer tous ces moments désagréables. Son sommeil fut agité, perturbé par des cauchemars et des rêves étranges. Voldemort qui arrivait dans cette pièce et la tuait d'un avada kedavra sans même prendre la peine de la sortir de sa cage. Dans un autre, Drago la sortait de là et la trainait dans le réfectoire pour l'humilier devant tout le monde sous le rire glacial et strident du Lord. Drago riait froidement, lui sifflant aux oreilles qu'il n'avait fait que la manipuler, que tout ça, c'était simplement pour coucher avec elle. Qu'il la haïssait et qu'elle le dégoutait. Puis Harry apparaissait soudainement et tout le monde se figeait comme sur une photo. Plus personne ne bougeait, Drago était immobile, la baguette tendue vers Hermione alors que le sourire hideux de Voldemort déformait pour l'éternité le visage du Lord. Les clés d'un gardien étaient stoppées en l'air alors qu'il se penchait pour les ramasser. Il n'y avait plus un seul mouvement.

Tous étaient éteints, il n'y avait que Hermione recroquevillée sur le sol et Harry qui marchait à grands pas vers elle. Il attrapa la baguette de Drago en passant, jouant avec entre ses doigts.

- On fricote avec l'ennemi, Hermione ? lui dit-il dans son rêve avec un sourire moqueur.

- Tu es mort. Tout ça, c'est dans ma tête.

- Bien sûr que c'est dans ta tête.

Il se pencha vers elle et Hermione s'abreuva de son regard vert derrière ses grandes lunettes rondes. Hermione sentit les larmes lui monter aux yeux. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait pas vu le visage de son meilleur ami, ce sourire en coin malicieux, son regard farouche et ses cheveux en bataille. Elle aurait aimé rester dans ce rêve pour l'éternité, le rejoindre, peu importe où il se trouvait. Tout serait plus simple.

- J'aimerais te rejoindre, Harry. Tu me manques.

- On se retrouvera plus tôt que prévu, dit-il en se redressant. Mais pas là où tu penses.

Il éclata de rire et ce rire transporta Hermione dans un autre rêve. Un rêve chaleureux où ses parents se trouvaient de l'autre côté de la table. Sa mère lui servait du poulet tout en babillant à propos de sa journée de travail. Son père coupait le pain en écoutant distraitement. Elle était dans sa maison d'enfance. Il y avait des photos d'elle plus jeune partout sur les murs, quelques-unes de ses parents plus jeunes, amoureux et jeunes mariés.

- Tu prendras des haricots, ma chérie ? demanda sa mère.

- Oui, s'il te plait.

Son père releva la tête vers elle, les sourcils froncés :

- Granger.

Ce n'était pas sa voix. Hermione fronça les sourcils. Son père frappa du poing sur la table et répéta plus fort :

- Granger !

Hermione émergea de son rêve, le cœur battant. Elle se retrouva dans le froid de sa cage, éblouie par les néons froids. Elle voulait retrouver la chaleur de son chez elle, elle voulait repartir dans ce cauchemar devenu rêve. Mais Drago était là, tapant sur les barreaux métalliques avec un froncement de sourcils.

- Tu as le sommeil lourd, fit-il remarquer en ouvrant la cage et s'asseyant face à l'entrée, y glissant un nouveau plateau.

Celui-ci était plus consistant. Hermione le tira à elle sans un mot, buvant son grand verre de jus de fruit d'une traite.

- Il est quelle heure ?

- 2h00 du matin.

- Si tard, s'étonna Hermione.

- Le Lord ne m'a pas lâché d'une semelle, dit-il en appuyant le dos contre le mur.

Il avait l'air fatigué, des cernes étaient apparus sur sa peau diaphane.

- Il sait, Hermione. Ce qui se passe ici.

- Tu crois que c'est Astoria ? souffla Hermione, s'arrêtant de manger une seconde.

Si Voldemort avait compris … elle ne donnait pas chère de sa peau. A vrai dire, elle ne comprenait pas pourquoi elle était toujours en vie. Le Lord se donnerait un grand plaisir à la tuer.

- Je ne crois pas. Je crois qu'Astoria a été envoyée ici pour vérifier ce qu'il soupçonnait. Ce sont les gardes. Ça peut être Crabbe, Goyle ou Zabini. Ça peut être n'importe qui. Ils veulent tous ma place. Ça allait forcément fuiter.

- Qu'est-ce qu'on va faire ? demanda Hermione du bout des lèvres.

- Nier en bloc, dit-il avec un regard pour elle.

Hermione baissa les yeux sur son plateau. Elle se sentait impuissante et coupable. Elle avait participé à se mettre dans cette situation. Il y avait peu de chance qu'elle survive plus de quelques jours à présent, et Drago risquait aussi d'en payer le prix.

Elle aurait dû accepter la proposition de Maxwell. Elle aurait dû trouver un moyen de s'introduire dans la chambre de Malefoy, ouvrir le conduit de cheminée et provoquer l'attaque de la prison. Elle aurait survécu et Fred aurait été sauvé. Elle avait été stupide avec ses états d'âme.

- Il a essayé d'entrer dans ta tête ? demanda Hermione.

- Bien sûr. C'est la première chose qu'il a essayé de faire, mais j'ai eu un bon professeur, souffla-t-il. Il ne découvrira rien par ce moyen.

Un silence pesant écrasa chacun d'eux, plongé dans ses regrets et ses inquiétudes. Hermione avait fini de manger lorsqu'elle osa poser la question du bout des lèvres :

- Est-ce que tu regrettes ?

- De quoi ?

- Tu sais de quoi je parle. Est-ce que tu regrettes … tout ça, tout ce qui s'est passé entre nous.

Il soupira bruyamment, visiblement irrité. Le cœur de Hermione se serra un peu.

- Evidemment, Granger. Je nous ai foutu dans une merde monstre. Je sais que ce n'est pas la réponse que tu espères, mais il va falloir que tu arrêtes avec tes bons sentiments de Gryffondor. Là, on joue nos vies et celles de tous les gens qui vivent dans cet endroit. Alors oui, je regrette de t'avoir approché de trop près. Je regrette que ça se soit su. Je regrette d'avoir rompu mon armure pour toi. Parce que maintenant, je risque de crever.

Il était en colère, son regard était orageux mais Hermione ne le craignait pas. Plus depuis quelques temps.

- Et toi aussi, dit-il en détournant le regard.

Il se releva finalement, époussetant son pantalon et tirant le plateau de sa cage. Il allait refermer la porte mais Hermione le retint.

- Attends, est-ce que tu peux changer de poignet ? demanda-t-elle en agitant sa main suspendue. Je commence à avoir vraiment mal à l'épaule.

Drago hocha silencieusement de la tête et jeta un sortilège sur les menottes qui s'ouvrir sans protester. Il attrapa le poignet de Hermione avec délicatesse et l'approcha de la menotte mais se figea, le regard fixé à l'intérieur du poignet de Hermione.

Elle comprit.

Il avait vu la croix. Les doigts de Drago se resserrèrent autour du poignet de Hermione, la mâchoire de Drago était serrée et il releva un regard furieux vers elle. Si Drago n'était pas si colérique, s'il n'était pas si persuadé qu'on ne pouvait l'aimer, il aurait sans doute compris la raison pour laquelle était apparue la croix.

Mais c'était inconcevable à ses yeux. L'idée ne lui effleura même pas l'esprit.

La menotte se referma trop brusquement sur le poignet de Hermione dont le cœur battait à tout rompre.

- Ce n'est pas ce que tu crois, Drago, se défendit-elle faiblement.

- J'en ai rien à faire, Granger, dit-il brusquement. Mais ne me fais plus tes beaux discours parce que tu es aussi hypocrite que moi.

Il n'avait pas tort. Elle avait été hypocrite, elle ne lui avait rien dit sur ses sentiments mais ça n'avait rien à voir avec ce qu'il pensait deviner.

- J'enverrai quelqu'un t'apporter à manger demain.

- Attends, Drago, s'il te plait, écoute-moi.

Mais Drago était déjà parti.

- Mais quelle imbécile je suis, se morigéna-t-elle en se giflant.

Elle aurait mieux fait de garder son épaule douloureuse. Elle choisissait le meilleur moment pour perdre la confiance de Malefoy. Sans sa protection, elle ne donnait pas chère de sa peau alors que Voldemort était là, tout près. Elle connaissait les colères de Malefoy, et elle craignait qu'il décide de la livrer à Voldemort sans le moindre regret.

Elle angoissait. Elle ne réussit pas à fermer l'œil une seule fois, bien trop stressé à l'idée de voir le Lord passer la porte. Son cauchemar menaçait de se réaliser. Hermione attendit avec impatience la visite de celui qui allait lui déposer son repas. Cela signifierait que 2 jours étaient passés. Plus qu'un jour à survivre avant que Voldemort ne reparte.


Drago était immobile, assis juste à côté du Lord. Quelques gardes gradés avaient été conviés au repas, ainsi que les mangemorts proches du Lord. Un silence de roi régnait dans la salle de réception décorée aux couleurs de Serpentard. Il y avait deux cadavres de sangs de bourbe posés dans un coin de la pièce. Ils avaient été tués par le Lord et ses mangemorts pour un service « trop imprécis ». Les quelques autres qui assuraient encore le service ne bougeaient pas d'un pouce. Certains avaient les larmes aux yeux, d'autres tremblaient.

Astoria était assise aux côtés de Drago. Elle ne faisait pas le moindre geste et avait le teint verdâtre. Bien qu'elle fricote allègrement avec les mangemorts, elle n'avait jamais été aussi près du Lord et sa peur était palpable. Drago glissa une main sous la table, pressant doucement son genou. Il n'aimait pas cette fille, il n'avait jamais ressenti le moindre sentiment amoureux pour elle mais elle ne méritait pas de subir un sortilège doloris de la part de Voldemort simplement parce qu'elle tremblait de tout son corps. Il espérait la calmer de ce geste mais cela ne sembla pas vraiment l'apaiser.

- J'aime beaucoup ce que je vois, Drago, dit le Lord de sa voix sifflante. Beaucoup. Tu as fait du très bon travail. Tu ne ressembles pas à ton poltron de père.

Lucius Malefoy, assis à table se ratatina sur son siège. Il avait perdu de sa superbe, Drago ne pouvait le nier. Il avait honte de son père devenu alcoolique et misérable. Où était passé l'homme imposant et charismatique qu'il admirait tant plus jeune ?

- J'ai obéi au mieux à vos instructions, maitre, répondit Drago.

- Et c'est une réussite. Il n'y a pas meilleur endroit pour les sangs de bourbe qui empoisonnent le monde sorcier. Toutefois, je m'interroge.

Il laissa planer un long silence. Drago observa du coin de l'œil le gigantesque serpent qui ondulait sur le sol, menaçant les chevilles des sangs de bourbe de la pièce.

- Oui, maitre ?

- Où se trouve la fille, l'amie de Potter ?

Le cœur de Drago se fendit un peu plus dans sa poitrine. Cet organe qu'il avait pincé mort depuis bien longtemps se réveillait peu à peu depuis que la Gryffondor était entrée dans sa vie, bien malgré lui. Voldemort n'avait pas posé la moindre question sur Granger jusque-là, Drago avait espéré y échapper.

Un silence de plomb et d'acier écrasa la table. Même les fourchettes cessèrent de tinter contre les assiettes. On aurait pu entendre une mouche volée, tous écoutaient ce que le Général Malefoy allait répondre.

- Granger, elle est du genre revêche, ça m'a pris beaucoup de temps pour la mater. Encore aujourd'hui, je suis obligée de lui rappeler régulièrement qui est aux commandes.

Drago était impressionné par le calme de sa voix. Il avait toujours été un brillant menteur, mais il ne se pensait pas capable d'un tel flegme devant le Lord. Il promena son regard sur la table. Aucun de ses gardes ne leva les yeux, aucun ne mettrait à mal son mensonge. Les mangemorts quant à eux, observaient du coin de l'œil Voldemort.

Drago n'en doutait pas une seconde, ils avaient tous entendu des rumeurs. Y compris ses parents.

- Ah oui ?

La voix du maitre se fit plus doucereuse et Drago crut que son cœur allait exploser. Il s'était affaibli, il n'était plus si imperturbable qu'à l'époque.

- Elle est à mon cabinet pour tout vous dire, maitre. Elle y séjourne dans une cage depuis quelques jours maintenant. Histoire de lui rappeler sa place.

Un demi-sourire apparut sur ses lèvres et il pouvait aisément imaginer la réaction de Granger si elle le voyait agir de cette façon. Jamais elle ne se laisserait rabaisser de la sorte. Elle avait un caractère de chien.

- Mon garçon, est-ce que tu peux m'assurer que la fille souffre chaque jour ?

Drago leva les yeux, plongeant dans le regard sanglant de Voldemort.

- Je peux vous l'assurer, maitre.

Les lèvres du Lord frémirent. Son mensonge était découvert, Drago en était certain, mais celui-ci devait vouloir le piéger, le faire avouer son mensonge et son péché. Drago ne lâcherait pas. Car s'il osait revenir sur ses paroles, alors le Lord le tuerait. Et il la tuerait elle aussi.

Il ravala l'aigreur dans sa gorge. Pourquoi persistait-il à la sauver ? Elle l'avait trahi. La croix était apparue sur son poignet alors qu'il n'avait plus le moindre doute sur l'inexistence d'un garçon dans sa vie. Il s'était trompé. Elle en aimait un. La croix ne pouvait mentir.

- Je veux la voir.

Drago fut tiré de ses sombres pensées.

- Demain. Je veux la voir avant de partir. Je veux que tu la conduises aux chambres. Elle doit mourir.

- Maitre, pensez-vous…, osa Lucius.

- Silence, Lucius, persiffla le Lord. C'est à ton fils que je m'adresse.

- Elle pourrait encore nous servir, maitre, tenta Drago. Pour réduire l'ordre du phénix à néant.

- Ils sont déjà détruits.

Personne ne pipa mot mais tous n'en pensaient pas moins. Plusieurs prisons avaient été attaquées ainsi que plusieurs points stratégiques. L'Ordre reprenait du poil de la bête, il était insensé de croire le contraire. Tous étaient inquiétés, y compris Drago. On ne savait pas d'où sortaient leurs nouvelles forces, mais ce qui était certain, c'était que la guerre était loin d'être terminée. Il fallait mettre un dernier coup de pied dans la fourmilière pour réduire à néant la résistance.

Le Lord se leva.

- Demain, 11h00. Avant mon départ, je veux assister à la lente agonie de la sang de bourbe.

- C'est entendu, maitre.

Il quitta la salle de réception. Les mangemorts ne tardèrent pas à partir, chuchotant sans que Drago ne puisse comprendre ce qu'ils se disaient. Sa mère vint le saluer, pressant doucement son épaule et quitta la pièce avec son père qui lui avait accordé un sourire douloureux.

Ils ne lui avaient pas adressé une parole. Ils n'avaient jamais été proches quoique sa mère avait été aimante. Depuis qu'il avait quitté le manoir, qu'il était devenu le Général du Lord, il n'y avait plus la même complicité entre la mère et le fils. Elle manquait parfois à Drago. Il n'avait plus personne sur qui s'appuyer.

Une fois que la salle fut vidée, qu'il ne resta plus que lui et Astoria, celle-ci ouvrit enfin la bouche :

- Drago, je suis désolée. Je …Je ne pensais pas que cela prendrait de telles proportions.

- Il fallait y penser avant, Astoria, dit-il froidement.

- Ce n'est qu'une sang de bourbe. Ce n'est pas grave, dit-elle d'une voix tremblante.

Drago tourna si brusquement la tête vers elle que son cou craqua.

- Ne te cherche pas d'excuses, Astoria. Granger n'est pas le problème. Le véritable problème, c'est que tu as osé mettre ton nez dans mes affaires.

- Je pense que tu n'y crois pas toi-même, dit-elle lentement. Granger est au centre de tout. Elle va mourir, et c'est ça qui t'énerve.

Sa main partit toute seule et heurta de plein fouet la joue d'Astoria qui recula d'un pas, la bouche ouverte de surprise, sa main délicate posée sur sa joue rougie.

- Comment oses-tu ?

- Va-t'en.

Les yeux brillants de larmes, elle tourna les talons et quitta la salle de réception.

Il était seul à présent. Seul avec ses inquiétudes et ses regrets, seul avec ses peurs, seul face au mur car il n'y avait aucun échappatoire.

Il se versa un nouveau verre de cognac, le cœur lourd. Il était déchiré entre la colère et l'envie de vengeance et la peur à l'idée d'en accomplir une si terrible. Il la haïssait depuis qu'il avait aperçu la croix. Il avait envie de lui faire endurer les pires des souffrances. Mais tout au fond de lui, il ne voulait pas qu'elle disparaisse à tout jamais. Il ne voulait pas qu'elle meure et qu'elle ne devienne qu'un souvenir lointain. Cette vengeance-là … était trop définitive. Trop permanente. Il n'y aura pas de pardon, pas de retour possible.

Il quitta la salle de réception, s'assurant qu'il n'y avait personne qui le suivait, il rejoignit son cabinet. Il poussa doucement la porte, sans un bruit. Granger dormait dans une position étrange, gênée par son bras suspendu. Elle avait l'air fatigué, même dans son sommeil. Il entra à pas de loup, s'appuyant contre le mur.

La croix, il la voyait clairement, la manche de sa chemise étirée par son épaule levée, il ne voyait qu'elle. Elle lui brûlait le regard, elle enflammait le sang dans ses veines. Il avait envie de la faire disparaitre de force. Il avait envie de lui faire regretter d'avoir osé poser son regard sur un autre homme.

Il refoula les questionnements et sa conscience qui ricanait sournoisement l'air de dire « qu'est-ce que ça peut bien te faire ? ». Il avait beau cherché, il ne voyait pas qui pouvait être celui qui avait éveillé la croix. Elle ne fréquentait personne. Elle ne voyait jamais Barnabé, Drago s'en était assuré, elle ne discutait avec personne, bien trop isolé dans les archives – au grand soulagement de Drago. Il y avait bien ce Fred Weasley, mais il n'arrivait pas à y croire une seule seconde.

Un garde ? Il se pourrait que l'un de ses hommes profite de la discrétion des archives pour draguer Granger quand il avait le dos tourné.

Le bruit de métal des menottes cliquetant contre les barreaux le tira brusquement de ses pensées. Granger papillonna des yeux, se redressant brusquement lorsqu'elle l'aperçut enfin.

Voir son regard brun innocent lui donna des envies de meurtre plus prononcées encore. Comment avait-elle pu ? Après tout ce qu'il lui avait donné.

- Tu t'es bien foutu de ma gueule, Granger, dit-il avant même de se rendre compte que sa rancœur venait de passer la barrière de ses lèvres.

Il se sentait pathétique. Comment pouvait-il se rabaisser à ça pour cette sang de bourbe ? Elle ne méritait pas son attention, elle ne méritait que sa rage et sa soif de sang.

- Si tu posais les bonnes questions, Drago, tu serais certainement moins en colère, dit-elle froidement.

- Tu as perdu le droit de m'appeler de cette façon, sang de bourbe. Tes excuses à la con, tu peux te les garder.

Il se rapprocha dangereusement de la cage. Plus il se rapprochait, plus la rage bouillonnait en lui. Il avait envie de le tuer sur le champ. Il n'avait pas envie que Voldemort s'en charge. Il voulait que ce soit lui. Il refoula la pointe qui s'enfonçait lentement dans son cœur à l'idée de la mort imminente de la sang de bourbe.

- C'est fini pour toi, Granger. Il veut que tu crèves. Demain.

- Quoi, mais …

- Tu as assez profité de mon hospitalité. A demain, Granger.

Il tourna les talons, ignorant les appels hystériques de celle qui avait partagé son lit pendant des mois. Il ignora le sentiment écrasant qui tentait de lui faire tourner les talons pour la faire disparaitre mystérieusement et prétendre une fuite de la Gryffondor.

Il refoula toutes ses émotions qui le faisaient se sentir si mal, qui lui refilaient la nausée, qui lui donnaient envie de crever avec elle. Il repoussa tous ses sentiments immondes que son père lui avait appris à éradiquer quand il n'était encore qu'un enfant, en lui disant que ça n'apportait que des problèmes, que ça ne faisait qu'affaiblir les plus forts. Son père n'avait pas eu tort là-dessus.

Comment pouvait-on désirer ressentir des choses pareilles alors que ça pouvait vous mettre dans un tel état ? C'était pire qu'être malade.

Il ferma les yeux une seconde, s'arrêtant dans le couloir pour reprendre ses esprits.

Il n'y avait plus les cris de Hermione pour le poignarder en plein cœur, mais ils étaient là, raisonnant dans sa tête encore et encore. Il pouvait la sentir qui l'appelait en sanglotant.

Il serra les poings.

Où était passé le cœur de pierre que son père avait pris tant de temps à construire ? Il était en mille morceaux, tout au fond de son ventre, il en avait bien peur.


Hermione tremblait de tout son corps. Les genoux rabattus contre elle, un bras serré autour. Elle ne parvenait pas à se réchauffer. C'était comme si la vie commençait à s'échapper de son corps après l'annonce de Malefoy.

Il n'avait même pas cherché à comprendre la raison de l'apparition de la croix. L'idée ne l'avait même pas effleuré qu'elle puisse … ressentir quelque chose pour lui.

Et elle… comment avait-elle pu succomber à un être aussi mesquin, aussi sombre ? Elle se dégoutait. Pourquoi la croix ne disparaissait pas ? Même maintenant qu'il lui avait annoncé l'issue de son destin, pourquoi la croix ne s'effaçait pas ? Est-ce que cela signifiait qu'elle n'arrivait toujours pas à le détester véritablement ? Pourtant, elle l'exécrait. Elle avait envie de lui cracher à la figure.

Elle réprima un sanglot. Ses genoux étaient trempés de larmes. Elle était heureuse d'être seule. Elle ne voulait pas qu'on la voit si misérable, si faible. Son seul regret était de ne pas pouvoir dire adieu à Fred. Elle allait l'abandonner à son sort, lui qui était déjà si affaibli.

Elle aurait dû agir plus tôt, acceptée la proposition de Maxwell. Fred aurait pu retrouver George, et Voldemort aurait été affaibli. Elle avait été stupide. Pour Malefoy, elle avait repoussé l'échéance, elle avait hésité à le réduire à néant. Mais Drago n'avait pas hésité lui. Il allait la laisser mourir. Sans regret.

Elle prit une longue respiration, essayant de retrouver son calme.

Elle aurait préféré mourir tout de suite plutôt que d'attendre. C'était une véritable torture. Le temps passait si lentement et si rapidement à la fois. Elle était terrifiée chaque fois qu'elle entendait un bruit de porte, persuadée que l'heure de sa mort était arrivée.

Mais les heures passaient et personne ne venait. Elle était dans un état catatonique, attendant seulement qu'on l'emmène pour la tuer avec le moins de douleur possible, elle l'espérait.

Finalement la porte s'ouvrit sur Drago. L'air grave, il dit :

- C'est l'heure.