Bonsoir à tous, voici un nouveau chapitre (je suis sûre que vous êtes tous surpris de le voir apparaitre si tôt, ahah).

Je n'ai malheureusement pas le temps de répondre aux reviews, je les ai toutes lues et elles m'ont fait plaisir comme d'habitude, mais je suis un peu pressée par le temps en ce moment, mais je vous poste tout de même le chapitre.

J'espère qu'il vous plaira et je vous souhaite une bonne lecture !


Hermione grattait nerveusement la marque à son poignet. Cela faisait des heures qu'elle était en planque dans un bar de l'allée des Embrumes, et elle ne supportait plus l'odeur de rat crevé qui émanait des murs.

- A croire que la magie noire n'apprend pas à faire le ménage, dit-elle entre ses dents à Fred.

Fred pouffa à demi dans sa tasse de café insipide.

C'était sa première mission de surveillance. George avait fini par accepter que Fred avait besoin de s'investir dans quelque chose pour sortir de cette torpeur qu'était la sienne depuis plusieurs semaines maintenant. Lire les journaux, entendre la liste de tous les noms des membres de la résistance mort chaque jour sur la radio sorcière qui tournait en boucle toute la journée sur l'émission de la résistance ne l'aidait pas à se sentir mieux.

George avait fini par accepter qu'il participe à une mission de surveillance des plus inutiles et qui ne comportait pas le moindre risque. Dissimulés par des sortilèges et emmitouflés dans des capes de sorcier, personne n'aurait reconnu Hermione et Fred. Fred était plongé dans une gazette du sorcier dont la une était consacré à la découverte d'une planque de la résistance.

- Ils les envoient là-bas.

Hermione frissonna, se rapprochant un peu de Fred pour observer l'image animée sur le papier. On y voyait un convoi dont une nuée de résistants et nés-moldus descendaient pour rejoindre l'endroit que Fred et Hermione avaient fréquenté pendant si longtemps.

- Ils les envoient avec lui.

Hermione n'était qu'à quelques centimètres de Fred, mais elle avait à peine entendu le son de sa voix effrayée.

Hermione avait dû mal à se dire qu'elle avait été à la place de ces gens-là seulement quelques mois auparavant. Elle avait l'impression que cela faisait une éternité qu'elle avait fait partie de ce convoi, qu'elle avait mis pour la première fois les pieds dans cet endroit où elle avait cru finir sa vie.

Elle revoyait encore Malefoy, son regard gris sans vie qui se posait sur elle avec une pointe d'intérêt.

Il lui avait donné à boire alors qu'elle était assoiffée. Puis il l'avait marqué comme du bétail.

Elle passa sa main là où la marque qu'il avait laissée sur elle à l'encre noire se cachait, sous la manche de sa cape.

- Imagine ce qu'il va leur faire subir après qu'on a réussi à s'échapper. Imagine comme il doit leur fait mal pour se venger de nous. De …

- De moi, compléta Hermione en s'éloignant du journal comme si cela pouvait lui faire oublier l'horreur que ces individus allaient vivre.

Il replia brusquement le journal. Lui non plus ne voulait plus y penser. Il se consacra à son café immonde alors que Hermione avalait d'une gorgée un whisky pur feu. La brûlure dans sa gorge lui fit du bien, lui redonnant l'impression d'être en vie.

Cette sensation, elle l'avait perdue depuis bien longtemps. Le feu de l'avait quitté n'avait plus rugi aussi fort en elle depuis Poudlard. La flamme vacillante de la vie peinait à se maintenir. Et elle menaçait de s'éteindre alors qu'elle se trouvait loin de celui qui avait été le dernier à être capable de la raviver.

Ne pense pas à lui.

- Je n'aurais jamais cru sortir vivant de là-bas, tu sais, dit Fred.

- Je crois que personne n'y aurait cru. C'était l'enfer là-bas.

- Un enfer qui te manque.

Ça fit l'effet d'un verre d'eau glacée coulant dans son dos à Hermione.

- Je le sais, Hermione. Je le vois à ton regard.

- Comment un endroit pareil pourrait me manquer ? dit Hermione sans lâcher du regard le journal qu'elle avait récupéré pour se donner contenance.

- Tu as raison ce n'est pas vraiment la prison qui te manque. C'est celui qui la dirige.

- La ferme, dit froidement Hermione, observant autour d'elle.

Il n'y avait pas grand monde dans le bar, et elle n'avait pas la moindre envie que quelqu'un surprenne leur conversation et devine qu'ils n'avaient rien des sorciers louches qui trainaient dans ce genre d'endroit.

- Tu es retournée au Rat Pendu hier. Je t'ai vu partir.

- Est-ce que tu m'espionnes ? dit froidement Hermione.

- Je prenais l'air. Je n'arrivais pas à dormir, dit-il avec un haussement d'épaules.

Il reposa sa tasse un peu trop bruyamment, attirant les regards de quelques clients ennuyés. Il fallut plusieurs minutes pour qu'on les oublie à nouveau et que Fred reprenne :

- Qu'est-ce que dirait les autres en apprenant que tu es entichée de ce psychopathe ?

- Je ne suis pas entichée de lui, dit-elle sèchement.

Il attira brusquement son poignet à lui sous la table, relevant sa manche pour dévoiler la croix qui s'y trouvait toujours.

- Alors qu'est-ce que c'est, ça ?

- Tu crois vraiment que si j'avais le choix, je … que je …

- Que tu l'aimerais ? C'est le mot que tu cherches.

- Je n'y peux rien.

- Je te l'avais dit. A t'approcher trop près du Soleil, tu vas te brûler. Et j'espère simplement que tu ne vas pas tous nous brûler avec toi, dit-il sombrement.

Hermione tressaillit. Ce « je te l'avais dit », elle l'avait bien mérité, elle l'attendait comme une sentence inévitable depuis des mois.

- George m'a demandé ce qui s'était passé là-bas.

Le cœur de Hermione bondit dans sa poitrine. Alors voilà la raison de la soudaine colère de Fred à propos de Malefoy.

- Il me l'a demandé alors que ça fait un mois que nous sommes partis. Et je sais qu'il parlait de toi. Je crois qu'il a entendu des histoires que racontent les autres. Si George se doute de quelque chose, Neville, Seamus et les autres aussi.

- Qu'ils pensent ce qu'ils veulent. C'est le dernier de mes soucis.

La porte s'ouvrit dans un tintement et un sorcier apparut dans la pénombre. C'était un sorcier d'une quarantaine d'année, les cheveux bruns et mal coiffés qui lui donnaient un air encore plus fou que son regard dément. Il renifla bruyamment avant de rejoindre le comptoir où il commanda un whisky pur feu.

- Alors comment ça se passe à la prison Malefoy, Rookwood ? demanda le barman qui avait un air aussi inquiétant que son client, en lui servant son verre.

Aussi bien que ça puisse se passer avec ce morveux à la barre, marmonna Rookwood en vidant son verre d'un trait, le tendant vers le barman qui lui remplit sans rechigner. Ce gosse se croit meilleur que tout le monde.

- Ça se passait bien jusqu'à ce que … enfin, tu sais, éluda le barman. Et je croyais que le maitre l'avait évincé, d'ailleurs.

- Pas vraiment. Le maitre veut le garder là-bas, et moi je dois l'aider à ne pas sortir du droit chemin, si tu vois ce que je veux dire.

Hermione frissonna. Elle avait l'impression que le droit chemin, c'était de ne pas s'approcher du moindre sang de bourbe sauf pour le tuer.

- Après tout ce que j'ai sacrifié pour le Lord … j'espérais vraiment avoir cette promotion, soupira-t-il. Mais à croire qu'on ne peut pas rivaliser avec ces gosses de riche de sang pur.

- Ne dis pas ça, Augustus, le rassura le barman. Tu auras le poste. Dès qu'il aura fait un faux pas.

- Le faux pas a déjà été fait. Quand il a fricoté avec cette sang de bourbe.

Le barman ne répondit pas, mal à l'aise. Mieux valait ne jamais être pris à critiquer la politique du Seigneur des Ténèbres.

Hermione se renfonça un peu dans son siège, songeuse. Alors comme ça Drago n'avait plus un total contrôle de la prison ? On lui avait mis une tutelle dans les pattes ? C'était bon à savoir. A vrai dire, elle avait été surprise de le voir encore à la tête de la prison après l'évasion d'une centaine de prisonniers, elle l'avait été aussi en le voyant toujours en vie.

Elle était heureuse que le Lord ne l'ait pas tué dans un accès de rage mais elle avait trouvé cela étrange. Le Lord n'était pas avare de punition par la mort, c'était suspect que Malefoy ne soit pas mort après l'avoir ridiculisé aux yeux de toute l'Angleterre.

Hermione y avait réfléchi pendant des heures lors de ses nuits sans sommeil, hantée par la culpabilité et le manque de son bourreau.

Il n'y avait pas beaucoup de raisons qui auraient pu justifier le choix de Voldemort de le garder en place à son poste. Première hypothèse, le Lord affectionnait particulièrement Drago Malefoy, mais Hermione avait vraiment du mal à y croire. Il devait être admiratif de son talent à faire souffrir une masse de sangs de bourbe, mais pas suffisamment pour éprouver une quelconque affection. Il était incapable d'aimer.

Seconde hypothèse, le Lord commençait à manquer d'effectifs de qualité, et il n'avait personne d'autre de mieux que Drago à mettre à sa place. Il suffisait de voir Rookwood pour comprendre qu'il n'avait pas l'intelligence assez développé pour comprendre tous les rouages du fonctionnement d'un « établissement » aussi grand que la prison Malefoy.

Troisième hypothèse, tuer Drago signifiait perdre le père et la mère. Et ce point rejoignait le deuxième.

Car depuis quelques mois, l'Ordre avait remarqué que les partisans de Voldemort se faisaient plus rares, du moins les partisans actifs. Bien sûr, il y avait beaucoup de sympathisants à la cause, mais très peu était capable de partir au combat pour le Lord. La plupart des mangemorts étaient occupés à insinuer la puissance de Voldemort dans les pays proches, et les autres tenaient des postes à responsabilité du même ordre que celui de Drago. Le Lord n'avait sans doute pas de quoi se permettre de perdre trois partisans actifs d'un coup. Surtout les Malefoy.

Hermione se rappelait encore le regard sanglant de Voldemort se posant sur elle avec un calme terrifiant alors qu'elle agonisait sous ses yeux et ceux de Drago. Elle frissonna.

Pourquoi était-elle toujours en vie après un évènement pareil ? Elle se l'était demandé mais n'avait jamais osé poser la question à Drago. Pourquoi il n'avait pas demandé son exécution immédiate en comprenant que son meilleur général fricotait avec une sang de bourbe, et pas n'importe laquelle, Hermione Granger.

Elle n'aurait sans doute jamais la réponse.


Drago attendait patiemment qu'on vienne lui ouvrir. Il se trouvait dans un corridor sombre et sans fenêtre. Il n'y avait pas la moindre chaise où s'asseoir et Drago ne pouvait qu'attendre debout, proche de la porte.

Il croyait entendre des cris de douleur de l'autre côté du panneau de bois, mais il préférait ne pas y penser. Il devait se concentrer sur lui-même, imposer le calme à son cœur pour pouvoir ériger les barrières qui empêcheraient son maitre d'avoir accès aux pensées compromettantes qui pourraient lui valoir un allé direct vers la mort.

Il ferma les yeux un instant, se concentrant sur sa respiration et imaginant les murs de brique qui encadraient son esprit. Il devait se blinder. Son cœur devait être inaccessible. Le maitre ne devait pas pouvoir le faire tressaillir au risque de fragiliser ses défenses.

- Le Lord est prêt à te recevoir.

Drago rouvrit les yeux, arraché à ses pensées. Il n'avait même pas entendu la porte s'ouvrir.

A Drago.

Non. Il ne devait pas y penser.

Queudver le laissa entrer, le dos courbé. Il avait l'air plus misérable que la dernière fois. Drago avait rarement vu quelqu'un au visage si disgracieux. Jamais Drago n'avait réussi à lire la laideur d'une âme sur un visage, mais pour celui-ci, ça transpirait de chaque centimètre carré de son visage.

Il sentait la lâcheté. Plus encore que lui.

Il entra sans un autre regard pour Queudver, réprimant un frisson d'horreur.

L'endroit ressemblait aux cachots de Poudlard, aux murs noirs. Des fenêtres couraient les murs et pourtant la lumière semblaient refuser de passer les vitres. Il manquait de lumière à l'intérieur et il y avait une désagréable odeur de moisi. A l'extrémité de la pièce, se trouvait un imposant fauteuil noir.

Drago avait toujours appelé cet endroit la salle du trône.

C'était présomptueux de la part du Maitre, mais c'était ce qu'il avait fait de cet endroit. Un trône pour Lord Voldemort.

Il s'arrêta à une distance respectueuse, ployant un genou dans un bruit de cape, gardant le regard bas.

Il n'était pas dans les petits mouchoirs du maitre et mieux valait faire preuve d'humilité s'il ne voulait pas mourir jeune.

- Relève-toi, jeune Malefoy, siffla la voix faiblarde du Lord.

Drago obéit et osa un coup d'œil. Il était vêtu d'une cape d'un noir d'encre, trop grande sur son corps blanc et squelettique. Les fentes de ses yeux d'un rouge sang, semblait plus petites que jamais. Il n'avait plus rien d'humain.

- Vous vouliez me voir, maitre ?

La voix de Drago était désincarnée, répété en écho dans cet endroit trop vide.

- Oui. Oui, cela faisait longtemps que je ne t'avais pas vu, Drago.

Il se leva avec une vitesse surprenante, son long serpent ondoyant lentement autour de lui.

Drago en avait des sueurs froides.

- Comment se passe la gestion de la prison avec Rookwood ?

- Bien, maitre. Il prend encore ses marques.

- Bien. Très bien. J'ai appris il y a peu qu'il ne fallait pas confier un point aussi stratégique à un seul individu, peu importe la confiance qu'on lui accorde.

Drago avait l'impression qu'on lui vidait un verre d'eau glacée dans le dos, mais il ne tressaillit pas au reproche du Lord.

- Maitre, je m'excuse encore. J'organise les recherches pour retrouver chacun des échappés. Personne ne ressort vivant de la prison Malefoy. Ceux-là ne feront pas exception, maitre.

- Je sais. Je sais que tu fais de ton mieux. Je sais aussi comme ces sangs de bourbe savent mieux que personne manipuler l'esprit des sorciers.

Il était si proche de Drago qu'il pouvait sentir son souffle glacé à chaque mot qu'il prononçait.

- Un jeune homme comme toi n'a pas encore toute la sagesse que je peux avoir.

Drago déglutit.

- Sais-tu pourquoi je t'ai fait venir ?

- Non, maitre. Mais je suis disposé à accomplir toute mission que vous me confierez. Pour vous montrer ma loyauté.

- Je ne doute pas de ta loyauté, jeune Malefoy. Je doute qu'elle n'aille qu'à moi.

Drago avait les mains jointes dans le dos, les jointures blanchies de la pression qu'il leur faisait subir. Il était terrifié.

- C… Comment, maitre ?

- Me prends-tu pour un imbécile ? siffla durement le Lord. L'amour est une faiblesse. Une terrible faiblesse dont on se rend compte qu'une fois qu'elle est enracinée. Tu t'es entichée de cette fille, Granger, l'amie de Potter. Elle s'est échappée avec les autres. J'ai demandé les registres à Rookwood.

- Je la recherche activement, maitre, et quand je la retrouverai …

Il fut interrompu par la main de Voldemort, ses longs doigts encadrant son visage et il ferma les yeux une seconde d'horreur. Il avait l'impression que c'était la main d'un cadavre qui le touchait. Il se concentra sur ses murs alors qu'il sentait la pression insidieuse qui s'y frottait.

- Me la livreras-tu, jeune Malefoy ?

- Bien sûr, maitre.

Il ne sentit la baguette qui s'enfonçait dans ses côtes que lorsqu'un éclair de douleur le traversa tout entier.

- Endoloris, avait susurré le maitre.

Les genoux de Drago heurtèrent le sol avant qu'il ne se tortille douloureusement. Il ne pouvait pas hurler, les dents trop serrées de douleur. Son corps brûlait de l'intérieur, chaque once de chair s'embrasait, s'écartelait, se déchirait et fondait en même temps.

Il avait subi tant de doloris et pire encore quand le maitre avait appris l'évasion des détenus de la prison … son corps n'était pas encore remis. Même après plusieurs semaines.

La baguette se redressa, levant le sort et Drago avala de l'air, le corps tremblant, incapable de se relever.

- Ne me mens jamais, Malefoy. Ne deviens pas comme ton père ou tu le paieras de ta vie.

- Oui, maitre, souffla-t-il.

- Je connais l'amour. Je connais l'effet qu'il peut avoir. Et toi, mon garçon, tu souffres de ce mal. Et je sais aussi ce qu'on peut tirer d'un homme qui aime.

Il se pencha sur Drago, attrapant son menton de ses longs doigts glacés.

Sa poitrine se soulevait douloureusement à chaque respiration alors qu'il sentait la pression du Lord augmenter contre ses défenses. Il résistait péniblement alors que la voix presque suave s'insinuait dans ses oreilles.

- Lorsqu'elle sera retrouvée, je te la laisserais. Mais en échange, jeune Malefoy … tu devras être le meilleur de mes généraux.

Il s'éloigna brusquement, rejoignant son trône derrière lequel se cachait Queudver, prostré sur lui-même depuis que le Lord avait lancé son sortilège.

- Pourquoi, maitre ? osa demander Drago en se redressant. Pourquoi me garder en vie, la garder en vie ? Je ne comprends pas.

- Parce que je sais que tu seras mon plus fidèle serviteur pour elle. Redresse-toi.

Drago se releva péniblement, grimaçant de douleur.

- Queudver, donne-lui le parchemin.

Queudver sauta sur ses pieds, se précipitant sur Drago pour lui tendre un minuscule morceau de parchemin qui ne contenait qu'une adresse : 21 Washington Street, Londres.

- Certains évadés se trouvent là-bas. Vois comme je te facilite la tâche, dit-il avec ironie. Je veux que tu ailles là-bas, et que tu t'assures que personne n'en réchappe. Personne ne quitte la prison Malefoy vivant, n'est-ce pas ? Il est temps de rappeler à tous ce que cela signifie, dit-il, doucereux.

Drago glissa le papier dans la poche de son manteau, hochant gravement de la tête.

- Queudver, tu l'accompagnes. Je veux que tu t'assures que le cœur du jeune Malefoy ne se soit pas trop attendri pour les sangs de bourbe. Aucun survivant.

- Oui, maitre, geint Queudver en s'inclinant plus que de raison.

Il tendit une main tremblante à Drago qui l'attrapa avec une grimace de dégout. Il se concentra et transplana, Queudver à son bras. La dernière chose qu'il vit fut le regard sanglant de Voldemort ce sourire qui déchirait son visage terrifiant.

Il fut brusquement projeté sur la terre ferme en face du 21 Washington Street à Londres.

Il faisait déjà nuit et cela surprit Drago. Il était presque 16h00 lorsqu'il était arrivé au manoir du maitre, et il faisait encore jour. Combien de temps était-il resté là-bas ?

- Dépêchons-nous, dit nerveusement Queudver qui avait lâché son bras.

Il serait désespérément sa baguette entre ses doigts et Drago sortit la sienne sans décrocher le moindre mot au serviteur le plus lâche du maitre.

Dissimulé dans la pénombre, il jeta un sortilège informulé sur la masure qui ressemblait plus à un squat qu'à une maison.

Personne ne pourrait transplaner à l'intérieur de cette ruine. Ils étaient piégés avant même de savoir qu'ils auraient besoin de fuir.

- Ne me traine pas dans les pieds à l'intérieur, dit Drago d'une voix désincarnée.

Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas accompli une mission de son genre. Depuis des années. Il s'était pleinement consacré à la gestion de la prison pendant tout ce temps, et à vrai dire, la chasse aux sangs de bourbe ne lui avaient pas le moins du monde manqué.

Il monta les marches du perron et ouvrit la porte d'un alohomora. Elle s'ouvrit presque silencieusement mais il y eut un horrible craquement de l'autre côté de la porte avant qu'un hurlement ne raisonne.

Une alarme.

Aussitôt, il y eut des bruits de pas dans toute la maison alors que les occupants s'agitaient, conscients qu'on s'était introduit dans leur cachette. Un premier homme osa passer la tête à travers la porte du premier étage. Drago pointa sa baguette vers lui et avant qu'il ne reconnaisse la chevelure blonde de celui qui avait été son tortionnaire pendant des années, un jet de lumière verte le heurtait en pleine tête. Il tomba lourdement sur le sol et il y eut un hurlement de femme.

Queudver se cachait dans l'ombre de Drago alors qu'il progressait dans les escaliers.

- Avada kedavra, dit-il d'une voix rauque, faisant tomber le corps sans vie d'une femme.

Deux.

Il entendait encore des bruits dans la maison.

Il était dans les escaliers quand il vit une autre femme courir au rée de chaussée jusqu'à la porte d'entrée. Il eut juste le temps de lui jeter un autre sortilège de mort, et elle tomba à son tour.

Trois.

Il poussa d'un coup de pied la porte d'une chambre de l'étage, mais il n'y avait personne. Il lui sembla prendre une éternité pour fouiller l'étage. Les sanglots d'un homme au loin lui indiquait qu'il restait au moins un évadé.

Il ouvrit la porte de la salle de bain et trouva un homme caché dans la baignoire.

Comme s'il n'allait pas le voir.

Celui-là lui disait vaguement quelque chose, et lui aussi l'avait reconnu. Il le vit à la terreur dans son regard.

- Non, s'il vous plait, supplia-t-il. Je vous en supplie, ne me …

Sa voix s'éteignit.

Quatre.

Il défonça une autre porte.

C'était de là que venaient les sanglots de l'homme. Il lui fallut un moment pour comprendre qu'il se cachait dans l'armoire. Il ouvrit la porte de bois et tomba face à l'homme recroquevillé sur lui-même qui pleurait à chaudes larmes.

- Par Merlin, ne me tuez pas, je vous en supplie. Je reviendrai dans votre prison, mais ne me tuez pas.

Drago eut un rire sans joie.

- Parce que tu crois que quelque chose d'autre que la mort t'attendrait là-bas ?

- Je ne veux pas mourir. Je ne veux pas, s'il vous plait, j'ai un enfant.

Drago eut un élan de rancœur et le tira par le col de l'armoire, le jetant par terre.

- Il fallait y penser avant de t'enfuir, sang de bourbe. Personne ne sort vivant de la prison Malefoy. Et sois sûr, sang de bourbe, que si je trouve ton gamin, je lui réserverai le même sort qu'à toi.

L'homme avait les yeux écarquillés d'horreur, jusqu'à ce qu'ils se vident de toute vie.

Cinq.

Drago vérifia la dernière pièce mais il n'y avait personne. Plus âme qui vive.

Il descendit les escaliers, rangeant sa baguette dans la poche intérieure de son manteau. Queudver l'attendait dans un angle du hall, l'air nerveux, jetant des coups d'œil inquiets de tous les côtés.

- Ça … ça y est ?

- Oui. Tu peux retourner voir le maitre. Lui dire que le travail a été fait. Enfin, je te laisse aller vérifier d'abord.

Queudver eut un rire nerveux qui se transforma en une quinte de toux et Drago eut un élan de dégout pour cet homme. Il monta les escaliers à toute vitesse, jetant un rapide regard dans la pièce en frissonnant chaque fois qu'il apercevait le corps sans vie qui s'y trouvait.

- Alors … c'est là qu'on se quitte, dit Queudver en redescendant.

Drago hocha de la tête avec raideur alors qu'ils sortaient du taudis.

Ils transplanèrent tous les deux et Drago se traina jusqu'à sa chambre avec difficulté. Ces murs gris ne lui donnaient plus l'impression d'être son chez lui.

Sans elle.

Il poussa la porte de la chambre, se doucha et s'assit sur le bord de son lit avec un soupir. Il retourna la lettre sur sa table de chevet.

A Drago.

Il soupira une deuxième fois, levant le menton pour observer sa chambre dans laquelle régnait un joyeux bazar. Elle n'avait rien de personnelle, sans la moindre décoration, rien d'autre que le mobilier indispensable.

Un Général. Un Général qui n'avait qu'une pauvre chambre digne d'un préfet en chef de Poudlard.

Mais il n'avait jamais ressenti le besoin d'avoir plus. Elle lui convenait. Il y dormait bien.

Bien mieux lorsqu'elle avait été là. Elle y avait apporté de la chaleur. Il y avait encore le t-shirt qu'elle portait pour dormir sous l'oreiller voisin au sien.

Il se laissa tomber en arrière, allongé de travers sur son lit trop grand pour lui.

Il revit le visage froid et sadique du Lord.

Il était encore en vie. Parce que le Lord pensait avoir trouvé une fidélité sans faille en lui. Il pariait sur le fait que Drago voudrait la garder en vie, qu'il ne pourrait jamais la laisser mourir.

L'amour. Il avait appelé ça de l'amour.

Il se redressa, ouvrant un tiroir de sa commode pour en tirer une bouteille de whisky pur feu à demi vide et en but une longue gorgée qui lui donna l'impression d'être en vie pour la première fois depuis longtemps. L'alcool le réchauffait presque autant qu'elle.

- Putain, murmura-t-il.

Il s'endormit, la bouteille dans le poing, plongeant dans un sommeil sans rêve. Il ne comprit qu'il avait continué de boire avant de s'endormir que lorsqu'il remarqua la bouteille vide le lendemain.

Il avait mal à la tête. Mais au moins, ça l'empêchait de penser.

Une journée de plus, et cinq morts de plus sur la conscience.

Il n'était plus à ça près.