Bonsoir à tous ! Voici le nouveau chapitre, comme d'habitude, j'espère qu'il vous plaira et n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez. Je réponds aux reviews en privé sauf pour les guests à qui je réponds ici même.

Je sais que parfois des petites incohérences peuvent se glisser dans l'histoire, je dois bien avouer que je ne relis pas l'histoire chaque fois que j'écris un chapitre (même si je devrais peut être) et certains chapitres ont été écrits il y a plus d'un an, et même plus, donc je ne me souviens pas de tout ! J'en suis désolée, j'essaie de faire attention un maximum, mais ça peut arriver. N'hésitez pas à me le dire, et peut être que je les corrigerais lorsque j'aurais fini l'écriture de l'histoire. !

Merci pour vos reviews, ça me fait toujours plaisir quand je reçois la petite notification !

Bonne lecture !


Hermione listait les planques compromises au fur et à mesure que Neville les énumérait. Il avait les sourcils froncés et une ride d'inquiétude qui lui creusait le front. En deux semaines, plusieurs endroits où s'étaient réfugiés d'anciens évadés qui avaient voulu quitter le QG de l'Ordre avaient été investis par des mangemorts.

Il n'y avait pas eu un seul survivant.

- Je ne comprends pas comment ils ont pu trouver en si peu de temps autant de planques, s'énerva Neville en frappant du poing la table.

Hermione ne répondit rien, mais elle pensait la même chose. 8 planques qui étaient restées sûres pendant des années d'après Neville, qui avaient été saccagés en deux semaines.

- Il faut envisager qu'il y ait un traitre parmi nous, dit George en croisant les bras, se renfonçant dans son siège alors que Fred croisait et décroisait nerveusement les doigts à côté de lui.

Ses cheveux avaient un peu repoussé, il s'était remplumé, et il ressemblait bien plus au Fred de Poudlard qu'à celui qui avait péniblement survécu en prison. Ses cheveux plus roux lui donnaient un air moins maladif.

- Je refuse de croire qu'il y ait un traitre, s'offusqua Seamus, les bras croisés. Ce n'est pas possible. On n'a jamais eu le moindre soupçon depuis toutes ces années, je ne vois pas pourquoi l'un des membres de l'Ordre nous trahirait maintenant.

- Aucun des membres de longue date, dit gravement Dean. Mais beaucoup de monde nous a rejoint dernièrement. Dont on ne connait pas la fiabilité.

Hermione se sentit rougir.

- Tu nous accuses ? se défendit-elle en le fusillant du regard.

Il détourna le regard, mal à l'aise.

- Pas toi ou Fred, on vous connait. Vous ne feriez jamais ça, mais … tous ceux qu'on a accueilli … on ne les connait pas personnellement. Et franchement, la plupart est mal en point et ne m'inspire pas une grande confiance. L'un d'eux a pu nous vendre.

- Si c'était le cas, pourquoi notre QG n'a pas encore été découvert alors ? demanda Hermione.

- Je suis le gardien du secret de cet endroit, dit Neville. Vous n'avez pas dû le remarquer parce que je vous ai tous ouvert la porte de cet endroit, mais vous seriez incapable de dévoiler l'adresse du QG ou de le montrer à quiconque que je n'ai pas fait entrer moi-même à l'intérieur.

C'était la meilleure des sécurités, mais Hermione était surprise que l'un d'eux ait réussi à lancer un sortilège de fidélitas.

- Aucun des évadés ne nous aurait trahi, dit Hermione, pensive. Pas après quitté cet endroit. Vous leur avez sauvé la vie.

Elle chercha le regard de Fred qui leva les yeux vers elle au même moment. Il avait un air inquiet et Hermione sut qu'il était de l'avis de Dean.

- Ils sont tous si fragiles, Hermione. Est-ce vraiment inconcevable que l'un d'eux soit devenu à moitié fou à force de mauvais traitements au point de pouvoir vouer sa fidélité à nos ennemis ?

Seul le silence répondit à la question de Dean. Un silence pesant qui trahissait la pensée de chacun, y compris celle de Hermione.

Ça n'avait rien d'inconcevable.

- On ferait mieux de tous aller se coucher, dit finalement George dans un soupir.

Il se leva, suivit de tous ceux qui étaient assis autour de la table Neville, Seamus, Dean et Fred. Maxwell était absent, réclamé à la prison par Rookwood le nouveau bras droit de Malefoy.

Hermione poussa sa chaise contre la table et sortit de la salle de réunion. Fred l'attendait, les bras croisés, l'air toujours nerveux.

- Je pensais qu'on était sauvé quand on a réussi à s'échapper de … là-bas.

- C'est le cas, Fred.

Il secoua la tête.

- Je ne suis même pas sûr qu'on vivra beaucoup plus longtemps, dit-il en la suivant dans les escaliers, l'accompagnant jusqu'à sa chambre.

- Ne dis pas n'importe quoi. On se bat pour notre liberté, pour renverser tu-sais-qui. Et on en réchappera.

Sa voix était plus sûre qu'elle ne l'était vraiment intérieurement. Fred la regarda de ses grands d'un bleu délavé, voilé.

- Personne ne sort vivant de la prison Malefoy. On nous l'a toujours dit.

- Mais on est encore vivant, contra Hermione alors que Fred s'éloignait pour rejoindre sa propre chambre.

- Mais on a déjà un pied dans la tombe, Hermione.

Il referma la porte de sa chambre avant qu'elle n'ouvre la sienne.

Elle se sentait épuisée. Maussade, elle se traina dans la douche et elle vit une énième fois cette croix qui ne disparaissait toujours pas. Elle la gratta avec force, espérant la faire disparaitre, mais elle ne fit rien d'autre que s'égratigner.

Fred n'avait pas tout à fait raison. Hermione n'avait pas un pied dans la tombe, mais ce qui était certain, c'est qu'elle en avait au moins un dans cette prison. Incapable d'oublier celui qui avait été son bourreau mais bien plus que ça aussi.

Ce regard gris la hantait, sa voix grave et froide raisonnait encore dans son oreille. Elle pouvait encore entendre ses lourds pas raisonner en écho dans les longs couloirs de la prison.

Elle enfila sa veste et jeta les sortilèges habituels avant de sortir du QG. Elle se leva les yeux vers la fenêtre qui était celle de Fred et l'aperçut, l'observant sans un mot. Elle n'avait pas besoin d'être plus près pour savoir que son regard était plein de désapprobation.

Il ne pouvait pas comprendre. Ce que c'était que de s'être approché trop près du soleil.

Hermione essayait de se sevrer de cette chaleur addictive, d'oublier le manque douloureux qu'était l'éloignement de celui qui avait été le seul capable de faire battre son cœur sans vie.

Elle s'aventura jusqu'au Rat Pendu, jetant un œil à travers la vitrine. Il était déjà presque minuit. Hermione avait pris l'habitude de venir trop régulièrement et elle savait qu'après minuit, il ne viendrait pas. Elle fit demi-tour, le cœur douloureux.

Elle n'avait pas pu apercevoir sa chevelure d'un blond presque blanc, ni même entendre le son de sa voix lorsqu'il réclamait un autre verre au barman.

Il pouvait boire ainsi pendant des heures et Hermione ne pouvait s'empêcher de se dire que c'était probablement sa faute s'il se mettait dans de tels états.

Parce qu'elle l'avait trahi. Et elle l'avait entrainé dans sa chute. Le Lord n'avait pas dû accueillir l'évasion spectaculaire de la prison Malefoy avec joie.

Elle transplana à l'abri des regards, non loin du QG et se dépêcha de se faufiler dans la pénombre pour rejoindre la porte principale. Mais celle-ci était déjà ouverte, et Neville l'attendait.

Les bras croisés, le regard suspicieux, son visage n'avait plus rien d'enfantin. Il n'était plus le petit garçon qu'on ne prenait jamais au sérieux car pas très doué en magie et trop maladroit.

- Neville, qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle nerveusement en levant les sortilèges qui camouflaient son apparence.

Il descendit d'une marche, les sourcils froncés.

- Je te retourne la question, Hermione. Qu'est-ce que tu fais dehors à cette heure-ci ?

- Je ne crois pas devoir justifier de mon emploi du temps auprès de toi, dit froidement Hermione espérant le décourager à poser d'autres questions. Est-ce que tu me surveilles ?

- Non. Non, mais je me demande si je n'aurais pas dû depuis tout ce temps. Est-ce que tu es de notre côté ?

- Tu insinues que je suis une traitre, s'emporta Hermione, rouge de colère. Moi ? Après tout ce que j'ai subi là-bas ? Alors que je suis tout ce qu'ils détestent ? Alors qu'ils ont tué Harry ?

Son regard flamboyait dans la nuit et sa voix se répercutait en écho dans la nuit mais Neville ne semblait pas s'en émouvoir.

- Comme tous ceux qu'on a aidé à s'échapper cette nuit-là, Hermione. Et ce que je vois, c'est que tu sors la nuit à l'abri des regards.

Il prit une inspiration.

- Et on raconte des choses, Hermione. A ton sujet. Sur ta relation avec Malefoy. Et je me souviens aussi du soir de Noël où on t'a croisé. Et où tu as refusé de partir.

Hermione ne montra rien de son malaise, impassible.

- Maxwell nous avait dit à quel point tu étais proche de … lui, dit-il avec dégout. Je n'avais pas mesuré à quel point. Je pensais que tu y étais forcée. Pour rester en vie. Mais maintenant je me demande … est-ce que c'est lui que tu es allée voir ce soir, Hermione ?

Fred avait raison. Son secret n'aurait pas pu être gardé, même si jamais personne d'autre que Fred n'avait vraiment eu les détails ce qu'était la relation entre Hermione et Drago. Les rumeurs circulaient déjà en prison. Elles circulaient aussi ici. Personne n'aurait pu empêcher les évadés de parler de l'étrange chose qui se passait entre le Général et Hermione Granger.

- Je ne vous aurais jamais trahi, Neville, dit-elle lentement. Jamais. Et tu sais que ce n'est pas moi. Je ne connaissais même pas toutes ces planques.

- Peut-être. Mais est-ce que je peux te faire confiance ? Je n'en suis plus si sûr.

- Je suis la même qu'avant, Neville.

- La Hermione d'avant n'aurait jamais pactisé avec le Mal.

- Il n'est pas le Mal, répondit-elle du tac au tac.

Neville la regarda comme s'il ne l'avait jamais vu et Hermione eut honte. Plus honte encore que chaque fois qu'elle pensait qu'elle s'était attachée à l'immonde être qu'était Drago Malefoy. Elle voyait dans le regard de Neville l'effroi, le dégout qu'elle craignait de voir dans chaque regard lorsqu'on apprendrait ce qu'elle ressentait pour Drago, quand on découvrirait ce que signifiait la croix à son poignet.

Neville ouvrit la bouche, prêt à rétorquer mais ce fut une autre voix qui parvint à ses oreilles :

- Hermione !

Avant même qu'elle ne reconnaisse cette voix qui l'avait accompagné tant d'années, elle reçut de plein fouet l'étreinte qui lui coupa le souffle.

- Tu m'as tellement manqué, chuchota-t-il à son oreille.

Ron s'écarta un peu d'elle, attrapant son visage en coupe pour l'observer, un sourire lui dévorant le visage. Ses cheveux roux étaient plus courts et plus pâles que dans ces souvenirs, mais son regard était le même.

- Ron, souffla-t-elle en l'enlaçant. Tu es revenu.

- Aussi vite que j'ai pu quand j'ai reçu la lettre de Fred. Je n'ai pas pu vous répondre, je ne voulais pas prendre le risque qu'on suive mon hibou et qu'on vous démasque.

Ils se serrèrent dans les bras une bonne minute alors que Fred et George attendaient sur le palier, souriant. Neville ne dit pas un mot, se positionnant à côté de George, les bras toujours croisés. Hermione n'aurait su dire s'il était en colère au point de vouloir la démasquer devant tout le monde ou s'il voulait simplement des explications.

- Je ne te remercierai jamais assez d'avoir sauvé, Fred, lui souffla-t-il à l'oreille. Je te serai redevable toute ma vie.

Hermione sourit en s'extirpant de sa poigne.

- Tu ne me dois rien, Ron. Rien d'autre que ton amitié. Tu m'avais manqué.

- Toi aussi, Hermione, dit-il, toujours avec le sourire.

Il passa un bras autour de ses épaules. Elle avait l'impression qu'il avait encore grandi et il faisait un peu plus vieux que ses 20 ans.

- Alors comme ça, vous cherchez Harry ? demanda Ron, perdant son sourire pour un air sérieux qu'il n'avait pourtant pas l'habitude porter autrefois.


- Où est père ? demanda Drago en se servant de la salade.

- Le Maitre a demandé à le voir, répondit sa mère en prenant sa fourchette avec délicatesse.

A deux sur cette gigantesque table assez grande pour accueillir une vingtaine de convives, ils avaient l'air ridicule, mais sa mère aimait voir les choses en grand, même encore maintenant. Le manoir était désert et recevait rarement des visites si ce n'est les mangemorts qui passaient transmettre un message au père Malefoy.

Sa mère avait essayé d'apporter un peu de vie au manoir, mais depuis que le Lord l'avait investi, c'était comme si la lumière n'avait jamais accepté de revenir totalement à l'intérieur des pièces majestueuses du manoir.

Il y faisait toujours froid et l'elfe de maison passait son temps à rallumer les chandelles des lustres immenses pendus au plafond.

- Lucius m'a dit que tu avais rencontré le Lord dernièrement.

- Oui. Il veut s'assurer que je cherche convenablement les évadés.

Le silence retombait entre chaque bribe de conversation. On n'entendait plus que les couverts tintés contre la porcelaine de l'assiette.

- Et tu le fais comme il le souhaite, Drago ? demanda-t-elle avec douceur.

- Bien sûr, mère.

Il leva les yeux vers elle. Elle était parfaitement coiffée, parfaitement habillée comme en toutes circonstances. Contrairement à son père qui avait perdu toute sa superbe en même temps que son rang aux côtés du maitre, sa mère avait su garder sa dignité sans jamais se plaindre. Du moins, elle ne l'avait jamais fait devant lui.

- Il y a des rumeurs qui courent dans les rangs du Seigneur des Ténèbres, dit-elle après un long silence. Des rumeurs qui disent que tu t'es acoquiné avec une sang de bourbe. Avec la sang de bourbe amie avec Potter.

Drago se tendit et érigea ses barrières mentales par réflexe alors que sa mère n'avait jamais fait de légilimencie.

- Il ne faut pas écouter tout ce que les rumeurs disent, mère, dit-il en continuant de manger comme si de rien n'était.

- Est-ce vrai, mon fils ? As-tu manqué de fidélité au maitre en fréquentant cette fille ?

Sa mère ne mangeait plus, dardant son regard sur son fils qui ne montrait pas la moindre émotion.

- J'ai été aussi fidèle au maitre que vous l'avez été, mère, dit-il finalement d'un ton glacé.

Sa mère flancha et détourna le regard. Sa fourchette tremblait dans sa main. Drago avait tapé à un endroit très sensible dissimulé par des années de silence.

- Alors tout va bien, dit-elle finalement.

- Tout va bien, répondit Drago du même ton énigmatique.


- Je t'assure que je n'ai rien dit.

Fred venait d'entrer dans la chambre de Hermione, la refermant brusquement derrière lui, un air paniqué sur le visage.

- Quand Ron est arrivé, Neville est allé te chercher dans ta chambre mais tu n'étais plus là. Je n'ai pas dit où tu allais mais je crois qu'il a vu que je cachais quelque chose.

- Je ne t'en veux pas, Fred. De toute façon, il se doutait de quelque chose. Il me l'a dit.

- Il ne croit pas sérieusement que tu es la traitre, n'est-ce pas ?

- Je ne sais pas, répondit Hermione avec lassitude. Ce qui est certain, c'est que je ne suis pas une traitre. Je ne fais qu'aller le voir quelques soirs par semaine. Ça ne comporte pas le moindre risque, et je me sens un peu mieux. Est-ce que c'est vraiment un crime ?

- Non. Mais tu dois comprendre que c'est quand même suspect.

- Je sais.

Elle soupira lourdement. Il était six heures du matin et elle n'avait toujours pas dormi.

- Je suis épuisée.

- Moi aussi. Et cette histoire de traitre … ça m'empêche de dormir.

- Tu crois vraiment qu'il y en a un parmi les évadés qui sont avec nous ? demanda Hermione.

Ils s'étalèrent en même temps sur le petit lit, côte à côté, fixant le plafond.

Fred lui semblait être le seul à pouvoir la comprendre, à pouvoir imaginer ce qui se passait dans sa tête et savoir quelles horreurs ils avaient vécu tous les deux. Il était son ami. Le seul ami qui la connaissait entièrement.

- Oui. J'en suis même certain. Ils n'ont pas eu un seul cas de fuite en deux ans de résistance d'après Neville. Et depuis un mois et demi, c'est-à-dire depuis que nous et les autres les avons rejoint … huit planques ont été détruites. Ce n'est pas un hasard. Et toi et moi, on sait ce qu'on peut être amené à faire pour rester en vie. Chacun de nous est capable de trahir pour sauver sa peau. C'est une réalité, dit-il avec lucidité.

- Mais Neville et les autres nous ont sauvé ! Comment l'un d'entre nous peut vivre tranquillement alors qu'il a précipité à la mort plusieurs des autres évadés ? Il ne peut pas dormir la conscience tranquille.

- Mais peut-être qu'il a obtenu quelque chose en échange, dit gravement Fred. Peut-être qu'on lui a promis la vie sauve lorsque l'Ordre tombera.

Hermione ne répondit rien, mais Fred avait raison. Le traitre était parmi ceux qu'ils avaient sauvé. Et celui-ci ne se laisserait pas démasquer si facilement.

- On réfléchira à un plan demain. Tu étais heureux de revoir Ron ?

- Plus que tu ne le penses, dit-il en se relevant. Il m'a redonné un peu d'espoir. Le trio légendaire est presque au complet.

- Il ne manque plus que Harry. Et je crains qu'on recherche un mort.

- Je ne sais pas, Hermione, dit-il les sourcils froncés de réflexion. Cette histoire de pierre de résurrection qui ne fait pas apparaitre Harry … c'est quand même étrange. Et il y croit avec tellement d'énergie.

- Mais où serait Harry ? Tu-sais-qui le dit mort, et Harry était allé le retrouver dans la forêt interdite. Il n'a pu que le tuer. Pourquoi le garder vivant alors qu'il est l'unique menace à son pouvoir ? Et s'il n'est pas mort ou capturé par tu-sais-qui … alors pourquoi n'est-il pas réapparu pendant tout ce temps ?

- Je n'ai pas de réponse à tes questions, Hermione. Tout ce que je sais, insista-t-il, c'est qu'il n'apparait pas lorsque toi ou Ron vous tenez la pierre.

Il haussa des épaules pour rejoindre la porte.

- J'ai vraiment besoin de dormir, dit-il. On en reparlera demain, mais maintenant que Ron est de retour … j'espère qu'on va continuer de faire bouger les choses. Et peut-être qu'un jour où on pourra dormir sur nos deux oreilles. Peut-être qu'on peut sortir vivant de la prison Malefoy.

Hermione aurait aimé y croire.

Lorsque Hermione se réveilla le lendemain, le déjeuner était déjà passé de plusieurs heures. Elle rejoignit la salle de réunion avec l'espoir que Neville ne s'y trouverait pas. Malheureusement, il était là avec Dean, Seamus, les jumeaux et Ron.

Il lui jeta un regard lourd de sens mais ne dit rien lorsqu'elle rejoignit l'une des chaises libres.

- Bon, je pense qu'on peut éliminer tous ces noms, dit Ron en rayant plusieurs noms sur la liste des 80 évadés qui vivaient encore au QG. Est-ce qu'ils sont tous au courant des emplacements des planques de l'Ordre ? Y compris ceux qui ne sont pas actifs dans la résistance.

- Non, répondit Seamus. Seulement ceux qui sont suffisamment en forme pour participer. Il doit y avoir une moitié qui ont quelques missions de ravitaillement des évadés qu'on a placé dans les planques, ou de surveillance assez simple.

- Tu te rappelles leur nom ?

Seamus tira la feuille à lui et raya plusieurs noms de la liste.

Au bout d'une demi-heure de mise en commun de toutes les informations, il ne restait plus qu'une dizaine de noms sur le parchemin. Hermione attrapa le parchemin, le regardant pensivement.

- Vous n'avez pas d'autres noms de suspects ? demanda Ron.

Hermione releva les yeux vers Neville qui gardait les lèvres résolument scellées. Face au silence général, Ron continua :

- Bon, je pense que le plus simple, ce serait de divulguer une adresse différente de planque à chacun des dix noms sur la liste. On poste une surveillance devant chaque adresse et on verra où les mangemorts se pointent.

- Excellent plan, dit Hermione un peu surprise que Ron soit aussi dégourdi.

A l'époque, il n'était pas du genre meneur et n'était jamais celui qui proposait de plan.

Hermione se proposa d'effectuer l'une des planques et s'apprêtait à transplaner quand Neville apparut devant elle.

- Si tu es encore là parce que tu t'inquiètes encore que je vous trahisse, ne t'inquiète pas, je n'y vais pas seul, il y aura Fred avec moi, dit-elle glaciale.

- Tu ne peux pas me reprocher de m'assurer de la sécurité du QG. On parle du dernier bastion en place contre tu-sais-qui.

- Je sais. Mais tu me connais, et malgré les histoires que tu peux entendre … tu sais qui je suis. Je ne vous trahirai jamais. Et je suis vexée que tu puisses croire le contraire.

- Je sais, Hermione, mais tu devras m'expliquer. Pour que je comprenne.

Hermione hocha de la tête avec raideur.

- Je sais.

Neville roula des épaules, reprenant un peu contenance.

- Normalement vous ne devriez pas avoir besoin de monter la garde plus qu'une journée. On leur a dit qu'on changeait les planques demain matin. Si le traitre diffuse l'info … il le fera avant ce soir.

- D'accord. On se tient au courant.

- Salut, Neville, dit Fred qui courait jusqu'à Hermione. On y va ?

- On y va.

Ils transplanèrent et arrivèrent dans une petite rue crasseuse de Londres. C'était le genre d'endroit que l'Ordre affectionnait. Ce n'était pas le genre d'endroits où des sorciers trainaient et les voisins s'occupaient assez peu de ce qui se passait autour d'eux.

Hermione lança les sortilèges qu'elle avait si souvent utilisés pour protéger sa position lorsqu'elle était en fuite avec Ron et Harry, puis avec Ron, puis seule.

Jusqu'à ce qu'elle se fasse attraper.

- Tu connais vraiment un nombre de sortilèges impressionnants, Hermione, dit Fred, admiratif en s'asseyant contre le mur.

- Si j'avais ma baguette, je serais meilleure encore.

- Ça, il ne faut pas trop compter dessus.

Il était presque 17h00 et Hermione commençait à avoir faim. Son ventre grognait bruyamment et elle n'avait pas mangé de la journée.

- On n'est pas très loin du chemin de traverse, remarqua Hermione.

- Non. Mais n'y pense même pas.

- Je n'allais pas aller au Rat Pendu, dit-elle en levant les yeux au ciel.

- Comme si c'était inconcevable, grommela-t-il.

Hermione et Fred attendirent pendant des heures, discutant de tout et de rien ou profitant du silence. Personne ne venait. Pas l'ombre de la moindre attaque sur la vieille maison en ruines qui était censé abritée quelques évadés de la prison Malefoy.

Il faisait nuit depuis une bonne heure lorsqu'enfin un membre de l'Ordre transplana devant la maison. Son regard passa sur eux sans les voir. Hermione et Fred sortirent du champ protecteur, apparaissant aux yeux de Maxwell.

- C'est bon. On a le traitre, dit-il gravement.

Ils transplanèrent ensemble et montèrent les marches quatre à quatre pour rejoindre la salle de réunion. Ils se faufilèrent à l'intérieur, se frayant un chemin dans la pièce trop exiguë pour tout ce monde.

Là, ligoté à une chaise, se trouvait un homme dont le visage disait vaguement quelque chose à Hermione.

- Tu sais qui c'est ? demanda-t-elle à Fred.

- Henry Berkeley. Il était dans notre section de dortoirs … là-bas.

Hermione le regarda à nouveau. Son visage était déformé par les larmes et ses cheveux gris repoussaient de façon irrégulière. Il tirait sur ses liens sans s'arrêter alors qu'il avait plusieurs baguettes pointées sur lui.

- Faites-lui prendre le véritasérum, dit Neville d'un ton dur.

Seamus et Dean durent s'y prendre à deux pour réussir à lui faire avaler le liquide et Hermione eut du mal à regarder la scène qui lui rappelait la prison, sans trop savoir pourquoi. Peut-être à cause de la contrainte.

- Es-tu celui qui divulgue des informations aux partisans de tu-sais-qui ? demanda de but en blanc Neville.

L'homme plissa les yeux, essayant de retenir les mots qui se battaient pour passer la barrière de ses lèvres.

- O… Oui dit-il finalement entre ses dents, redoublant de sanglots. S'il vous plait, ne me tuez pas, je …

Il sanglotait et Hermione en avait le poil hérissé. Elle ne voulait pas voir ça. Elle ne voulait pas se rappeler d'elle, suppliante, suffocant sous les yeux de Drago et du Lord.

- Pourquoi nous avoir trahi ? s'emporta Seamus. Pourquoi alors qu'on s'est démené pour vous sortir de là-bas ?

Il vociférait, postillonnant sur le visage terrifié de Berkeley.

- Parce que … ils nous auraient retrouvé, sanglota-t-il.

Il ne mentait pas. Le véritasérum l'en empêchait, cela signifiait qu'il le pensait vraiment et c'était d'autant plus terrifiant pour Hermione.

- Vous le savez, vous ! accusa-t-il brusquement en regardant Hermione et Fred, les yeux écarquillés. Vous savez que … que …

Il fondit en sanglots encore une fois.

- Que quoi ? siffla Dean.

- Que personne ne sort vivant de la prison Malefoy, compléta Fred.

Dean planta sa baguette dans les côtes de l'homme.

- C'est pour ça que tu nous as trahi ? Que tu as condamné tous ces gens qu'on a logé en leur certifiant qu'ils étaient en sécurité ? A cause d'un foutu proverbe ?

- Vous ne savez pas ce que c'est que d'être là-bas, pleurait-il. Si vous y aviez vécu … vous sauriez. Ce n'est pas qu'un proverbe … ils ont dit … ils ont dit qu'ils me tortureraient, et qu'après … ils m'enverraient là-bas. Que … je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas le revoir. Je ne suis pas Granger, il m'aurait … il m'aurait …

Mais sa voix s'éteignit dans sa gorge, la terreur prenant le dessus.

Hermione, Fred et Maxwell savaient ce qu'il voulait dire et les autres … le devinaient.

Tous les regards se braquèrent sur Hermione qui s'évertua à garder les yeux fixés sur Berkeley.

- Qui a dit qu'ils te torturaient ? demanda Hermione d'une voix un peu enrouée.

- Je … lors d'une mission de surveillance, ils me sont tombés dessus. Il y avait l'un des gardiens de la prison avec eux, il a dû me reconnaitre. Ils m'ont attrapé et … je n'avais que ça à échanger contre ma vie. Je n'avais pas le choix !

- On a toujours le choix, gronda Seamus. Toujours.

- Seamus, enferme-le dans la cave et garde la porte. Je ne veux pas qu'on puisse le voir, compris ? dit Neville d'une voix froide.

Seamus hocha de la tête, le faisant léviter d'un sortilège.

- Il est vraiment malade, dit Ron avec un air ahuri.

- Non. Il est exactement comme tous ceux qui ont vécu là-bas, dit sombrement Maxwell. Complètement traumatisé.

Hermione en avait la nausée et Fred devait être dans le même état car il était pâle comme un mort.

- Il faut que j'y aille, dit Hermione.

- Moi aussi, dit Fred en la suivant avant même que quiconque puisse les retenir.

- Attendez ! appela Ron, mais aucun des deux ne se retourna.

Ils dévalèrent les escaliers et débouchèrent dans le jardin.

De l'air frais.

C'était de ça dont ils avaient besoin. Pas de mur. Rien d'autre que l'horizon à perte de vue.

- Tu vas aller le voir, pas vrai ? Même après ça ?

- Tu crois que je suis malade, Fred ?

- Bien sûr. Il faut être malade pour chercher son bourreau. Il ne devrait pas te manquer, Hermione. Et il ne devrait plus y avoir cette croix sur ton poignet.

- Je sais. Mais elle est là.

Hermione commença à s'éloigner, levant haut les genoux pour traverser l'herbe trop haute.

- Est-ce que tu regrettes, Hermione ? demanda Fred d'une voix forte pour qu'elle l'entende malgré la distance.

Le cœur de Hermione s'étreignit alors qu'elle se retournait vers Fred.

- De quoi ?

- D'être partie. D'avoir fui.

Hermione eut l'impression qu'un poids énorme se soulevait à demi de ses épaules.

- De l'avoir trahi ? Tous les jours. Que tu sois libre, jamais.

Elle avait si mal au cœur. Si mal parce qu'elle savait qu'il n'y aurait pas de retour en arrière. Drago la haïrait jusqu'à la fin de sa vie. Elle avait précipité sa chute, elle en avait fait un général déchu.

Elle se concentra et transplana, effaçant le visage de Fred dans la pénombre.

Minuit et 4 minutes.

A cette heure-ci, s'il n'était pas là, il ne viendrait pas. Et s'il était déjà là … il serait sans doute ivre mort. C'était comme ça que ça se passait à chaque fois.

Elle ignora la pointe de culpabilité d'aller regarder à travers la vitrine du Rat Pendu deux soirs d'affilée, mais elle avait besoin de voir qu'il était toujours là, vivant et bien réel. Qu'il n'était pas qu'un mirage comme tout le cauchemar qu'elle avait vécu.

N'aurait-il pas mieux valu que tout soit un rêve ? Si probablement, mais elle n'en avait pas la moindre envie. Elle préférait revivre cet enfer si elle pouvait le toucher une dernière fois, entendre sa voix et sentir sa main couvrir la sienne sous la couette dans la nuit.

Hermione s'assura de lancer les sorts habituels pour modifier à demi son apparence et s'aventura dans l'allée des Embrumes. Il ne lui fallut pas longtemps pour trouver le Rat Pendu. C'était le dernier établissement de la rue qui avait encore les lanternes allumées.

Un gros chat aux yeux jaunes la regardait marcher et déguerpit lorsqu'elle arriva devant la porte du Rat Pendu.

Elle poussa la porte mais elle lui revint en pleine figure, la faisant tomber en arrière. Hermione, le cœur battant, se redressant à toute vitesse. Elle était découverte ?

Elle était à peine redressée sur ses genoux que quelque chose de lourd lui tomba dessus, la faisant chuter à nouveau.

A l'odeur d'alcool qui se dégageait du poids, c'était visiblement un ivrogne.

- Attention, siffla-t-elle en le bousculant.

Elle vit alors la chevelure d'un blond presque blanc.

- Malefoy ?

Elle se couvrit la bouche aussitôt.

Merde !

Elle ne pouvait pas prendre le risque d'être démasquée, elle devait faire plus attention ou ne jamais revenir.

Mais Malefoy était trop ivre. Il hoqueta et Hermione comprit qu'il riait. Affalé sur le sol, il avait le regard hagard et des cernes monstrueux sous les yeux. Sa chemise était froissée et ses lacets défaits. Il avait rarement eu l'air aussi dépravé.

Hermione resta quelques secondes, plongé dans ce regard gris sans lucidité, s'abreuvant de ce visage si parfait qu'elle n'avait pas vu de près depuis trop longtemps. Elle se redressa violemment, se rappelant brusquement qu'elle n'avait pas les traits de Hermione Granger et que si elle continuait à se comporter comme une pimbêche, on finirait par comprendre que quelque chose clochait.

Elle attrapa le bras de Drago d'une main forte et le souleva. Elle dut utiliser toute sa force pour le hisser sur ses pieds. Il prit appui sur la devanture, deux doigts sur la tempe, les yeux clos, essayant de retrouver son équilibre.

- Si vous racontez ça à qui que ce soit, soyez assuré que je m'occuperais de vous et votre famille.

- Venant d'un ivrogne, je ne prends pas vraiment la menace au sérieux.

- Pourtant vous connaissez mon nom, vous savez de quoi je suis capable.

- Un nom n'est qu'un nom.

- C'est tout ce qu'il est maintenant qu'il est tâché par mon déshonneur, n'est-ce pas ? dit-il, acide.

Hermione déglutit douloureusement et tira sur sa manche, s'assurant que la croix était invisible.

- Je vais vous aider.

Elle passa un bras de Drago par-dessus son épaule, l'aidant à marcher le long de la ruelle tortueuse.

- Tout ça parce que j'ai été trop stupide. Mon gars, si je peux vous apprendre quelque chose, ne laissez jamais une fille vous approcher. C'est bien trop dangereux.

- Ne dites pas ça. Je suis sûre que la fille qui vous a fait mal, souffre tout autant de vous avoir blessé.

Drago ricana froidement, et Hermione sentit son cœur chavirer encore une fois. Elle était responsable de ce mal, elle n'avait pas le droit d'aimer sentir son bras dans son cou. Elle n'avait pas le droit d'apprécier chaque mot qui sortait de sa bouche.

- Avec son cœur de Gryffondor, je n'en doute pas. Ça n'en diminue pas pour autant la trahison.

- Peut-être qu'il y a une raison à sa trahison.

Hermione le lâcha sur un banc, épuisée par l'effort fourni.

Elle aurait tant donné pour lui dire qu'elle regrettait de l'avoir fait souffrir, qu'elle l'avait fait parce qu'elle n'avait pas le choix. Parce qu'il le fallait pour le bien de tous. Pour le bien de Fred.

- La raison c'est qu'elle a trop trainé avec ce merlan frit de Potter, et qu'elle est comme lui. Parce qu'elle ne peut pas s'empêcher de faire le bien et qu'elle ne peut pas sacrifier tout ça pour moi. Parce que je suis le Mal.

Le regard de Drago semblait moins voilé d'alcool, et la douleur en était d'autant plus visible.

- Tu n'es pas le Mal.

- C'est ce qu'elle aurait dit, dit-il dans un murmure.

Il releva les yeux, les plongeant dans ceux de Hermione. Le bleu de glace qui la tétanisait pendant si longtemps lui donnait l'impression de la réchauffer un peu, comme si la vie investissait à nouveau son corps.

- Elle avait les mêmes yeux, dit-il d'une voix rauque. Putain.

Il passa une main sur son visage trop pâle.

- Je suis complètement bourré et je deviens timbré en plus de ça. Elle m'a vraiment mis en vrac. Putain. Je le tuerais bien juste pour lui faire du mal comme elle m'en a fait.

Hermione s'assit à côté de lui.

Elle savait que parler avec lui était un risque, mais il était ivre. Et elle avait tant besoin du son de sa voix. Tant besoin de lui pour retrouver un peu l'énergie de combattre le lendemain.

- Si elle savait, rit-il. Si quelqu'un l'apprenait. Ah … je ne donnerai pas cher de ma peau.

- Si elle savait quoi ?

Drago redressa la tête, observant son voisin de banc d'un œil attentif et Hermione eut la désagréable impression d'être sondé par un regard bien plus sobre que dix minutes auparavant.

- Tu m'as l'air bien curieux, étranger.

- Vous êtes Drago Malefoy, c'est toujours intéressant de parler avec quelqu'un d'aussi important.

Drago ne répondit rien et Hermione se leva, mal à l'aise. Il était temps qu'elle s'en aille. Elle avait éveillé les soupçons de Drago.

- Bon retour, Malefoy.

- Quel est votre nom ? demanda Malefoy alors qu'elle s'éloignait.

- Harry, répondit Hermione du tac au tac, sans trop savoir pourquoi.

Drago ne réagit pas et Hermione bifurqua dans la première ruelle qui arriva. Le cœur battant, elle transplana et arriva en un seul morceau devant le QG de l'Ordre. Elle avait le cœur au bord des lèvres.

Hermione entra en trombe dans le QG et monta dans les étages avant de tambouriner à la porte de la chambre de Fred. Elle frappa jusqu'à ce qu'il ouvre, les yeux rougis de sommeil et la marque de l'oreiller sur la joue.

- Non, mais ça ne va pas, Hermione !

- Fred, je crois que …

Ça lui paraissait irréaliste, mais en même temps … si c'était vrai ? Si son intuition était la bonne ?

Ça lui était apparu lorsque le nom de son ami était sorti de sa bouche par réflexe. En une seconde, une idée s'était construite et Hermione était incapable d'en démordre.

- Fred, je crois que Harry est vivant.

- On en a déjà parlé, soupira-t-il.

- Je crois qu'il est en vie, insista Hermione, et que Malefoy sait quelque chose à ce sujet.

Fred se figea un instant, une main dans ses cheveux en pétard.

- Tu es allé le voir et tu lui as parlé ? demanda Fred avec ahurissement.

- C'est plus compliqué que ça mais il a dit quelque chose de bizarre. Et j'ai l'impression que mon intuition est la bonne.

Fred soupira, attrapa un pull et l'enfila.

- Je crois qu'il faut aller voir les autres.

Il ne croyait pas si bien dire.