Bonjour, bonjour ! Voici le dernier chapitre en date, j'espère qu'il vous plaira, bien sûr comme d'habitude tous vos petits commentaires me font très plaisir ! Merci à ceux qui continuent de suivre cette histoire même si je ne publie pas très régulièrement ...

Bonne lecture !


Ce qui heurta Hermione en premier, ce fut l'odeur. L'odeur âcre de brûlé, l'odeur de la mort qui baignait l'endroit. Avant même d'ouvrir les yeux, elle se plia en deux, dégobillant sur le sol. Les genoux déjà faibles, elle tomba, tout son corps traversé d'un violent frisson alors que son estomac se retournait dans son ventre, n'ayant pas grand-chose à rejeter.

- Tu me dégoutes, dit Drago derrière elle, reculant d'un pas.

Hermione ne répondit même pas, se redressant, les genoux toujours tremblants. La prison. Ils se trouvaient juste à l'entrée, encore à l'extérieur.

Tout semblait mort à des kilomètres à la ronde. Il n'y avait pas un bruit. Hermione se demanda ce qui pouvait bien apparaitre aux yeux des moldus. Ou peut-être que personne ne s'était préoccupé de lancer un sortilège de camouflage et qu'on se contentait de tuer tout moldu qui osait approcher de trop près.

- Avance, gronda Drago en la poussant dans le dos.

Bon retour en enfer.

C'était le cas de le dire.

Elle réussit à trouver la force de bouger ses jambes, mais était toujours incapable de retenir les larmes qui coulaient sans s'arrêter sur son visage. Elle n'avait même pas l'impression de pleurer, les larmes coulaient toutes seules.

- Et arrête de trembler, souffla-t-il.

Hermione ne reconnut pas tout de suite les couloirs qu'elle avait pourtant trop traversé. Elle ne se repéra que lorsqu'elle reconnut une porte. Ce fut comme un électrochoc pour Hermione qui planta ses pieds dans le sol.

Drago eut un rire froid.

- Tu reconnais cet endroit, n'est-ce pas ? Je vais m'occuper personnellement de ton admission, dit-il sur le ton de la plaisanterie.

Hermione ne rit pas alors qu'il plantait sa baguette dans son dos.

- Et donne-moi ça.

Il lui arracha des mains le petit sac qu'elle serait toujours contre elle et la poussa dans la pièce douche, entièrement de carrelage. Il se mit devant l'autre porte et agita sa baguette avec un sourire sadique alors que le torrent d'eau glacée se déversait sur Hermione qui manqua presque de s'évanouir.

Drago la regarda un long moment sous l'eau, le visage impassible, les bras croisés. Elle, sous une pluie diluvienne, lui, immaculé et épargné chez lui, sur son territoire. Ça représentait parfaitement bien sa situation. Elle était dans la merde, et lui, il était en parfait contrôle de la situation.

Il décrocha son regard d'elle et ouvrit la porte suivante.

Hermione se rappelait cette pièce. C'était celle qui lui avait fait le plus de mal.

Le tabouret était là, identique à son souvenir aussi frais que s'il datait de la veille.

- Pas ça, souffla-t-elle.

Il l'attrapa par la nuque, l'asseyant violemment sur le tabouret. Sa main toujours sur sa nuque, il se pencha sur elle, menaçant.

- Tu dois comprendre une chose : plus ça te fait du mal, plus ça me fait plaisir. Alors si. Tu vas y passer. Et arrête de pleurer.

Hermione avait les doigts serrés sur le bois du tabouret alors que Drago approchait sa baguette pour couper ses cheveux qui avaient repoussé jusqu'à l'épaule depuis sa première coupe.

La première mèche tomba. Hermione étouffa un sanglot.

- Arrête de pleurer, dit-il avec irritation. Ce ne sont que des cheveux.

- Qu'est-ce que tu en sais, toi ? siffla-t-elle sans pouvoir se contenir.

La baguette de Drago se fige un instant, surpris par cet élan de rancœur. Son regard gris glisse jusqu'à son propre regard plein de larmes difficilement contenues. Elle détestait cet endroit. Elle détestait ce qu'elle était ici, un être sans valeur, de la chair à canon, un simple numéro sur une longue liste.

Ou plutôt deux pauvres lettres. Les initiales de quelqu'un d'autre. Elle ne s'appartenait même plus.

Sa gorge se noua.

Les mèches de ses cheveux continuèrent de tomber. Et maintenant, il n'y avait plus que l'air glacial dans sa nuque dégagée. Elle passa une main tremblante dans ses cheveux dont les mèches étaient trop courtes à présent.

Sans un mot, ils passèrent à la salle suivante. Il y avait toujours ces piles de vêtements usés.

- J'ai emmené ce qu'il me fallait, dit-elle à mi-voix alors que Malefoy se penchait pour fouiller dans les piles de vêtements.

Il se figea un instant avant de tourner le regard vers le sac à dos qu'il avait laissé dans un coin de la pièce.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

Glacial.

Il se redressa et attrapa le sac à dos qu'il ouvrit d'un mouvement sec. Elle était à quelques mètres de lui, toujours près de la porte et son cœur tambourinait dans sa poitrine. Elle les avait gardés tout ce temps, tout au fond d'un placard. C'était tout ce qui lui était resté de son séjour ici.

- Tu les as gardés, dit-il sans la moindre émotion.

Il extirpa la chemise d'un blanc plus si blanc et un pantalon noir et usé.

- Je n'étais pas certaine que tu me donnerais des vêtements, dit-elle en choisissant soigneusement ses mots.

A vrai dire, c'était surtout qu'elle avait espéré lui rappeler le temps où ils étaient tous les deux, dans leur bulle au milieu de l'Enfer qu'était cet endroit. A l'époque où tout était si simple et difficile à la fois. Ce temps où ils se refusaient à se poser la moindre question, à faire face à ce qu'ils ressentaient, se contentant de vivre tant qu'il le pouvait.

Maintenant, alors qu'il la regardait de son regard gris de lune, sa chemise dans son poing, celle qu'il avait donné à Hermione, dans le plus grand des silences, c'était comme si toutes ces questions qu'ils avaient gardé pour eux, tous ces non-dits flottaient là, dans cet espace qui les séparait. Ces quelques mètres qui semblaient être des kilomètres de champs de mines et barbelés aux yeux de Hermione.

Elle aurait tant aimé que tout soit plus simple. Qu'il suffise de lui dire à quel point il était important pour elle. A quel point il lui avait manqué pendant ces quelques semaines loin de lui, à quel point elle haïssait cet endroit mais que pour lui, elle allait le supporter.

Elle aurait aimé lui dire qu'il n'avait qu'à lui dire pour Harry, que tout pourrait se terminer comme ça, qu'ils pourraient vivre heureux après ça. Quand la guerre serait terminée.

Mais quand elle voyait le froid de son regard, quand elle sentait les lames de reproches et de rancœur s'enfoncer dans tout son corps chaque fois qu'il posait les yeux sur elle, quand elle voyait son dégout sur son visage, sa rage et sa colère, elle savait qu'il n'y aurait pas d'issue heureuse.

Parce qu'il la haïrait d'être revenu pour Harry et pas pour lui. Il la haïrait au point de combattre tout ce qu'elle était jusqu'à la mort.

Si elle gagnait, si Harry gagnait, alors il perdrait.

Et si elle perdait, alors elle mourrait.

Pas d'issue heureuse. Que de la douleur. Qu'une peine monstrueuse qui allait la tuer le jour où il perdrait.

Son souffle se coupa et elle baissa les yeux. Parce que tout ce qu'elle voyait dans ce regard gris, c'étaient les réponses aux questions auxquelles elle avait refusé de réfléchir depuis qu'elle avait commencé cette étrange chose entre eux.

- Tu les as gardés pendant tout ce temps. Tu ne t'en es pas débarrassé.

Hermione déglutit et prit une inspiration. Pour le monde, pour Harry, elle devait continuer. Ne pas penser aux conséquences, ne pas penser à la douleur qui irradiait chaque cellule de son corps.

- C'était tout ce qu'il me restait de toi.

Elle se refusa à le regarder. Elle se refusa à voir cet éclair qui avait probablement traversé son regard, à sa mâchoire qui avait dû se serrer. Elle dut se contenter de son silence. Il y eut un mouvement et ses vêtements atterrirent à ses pieds.

Elle les ramassa et s'autorisa à jeter un coup d'œil à Drago qui était celui qui se refusait à le regarder à présent. Son cœur fit un bond. S'il ne la regardait pas, c'était parce qu'il avait quelque chose qu'il ne voulait pas lui montrer. Une émotion ? Un peu de sensibilité ?

- Change-toi, dit-il d'une voix rauque.

Il s'appuya contre le mur, les bras croisés, le visage impassible. Il avait revêtu cette armure dont il se couvrait toujours, qu'il avait eu tant de mal à retirer auprès de Hermione.

Lentement, elle se déshabilla.

Ça n'avait rien de sensuel, rien de sexuel. Il n'y avait que ce froid terrible dans cette pièce entièrement carrelée. Rien d'autre que le silence, rien d'autre qu'un Drago plein de colère et une Hermione remplie de peur et de regrets.

Elle enfila le pantalon et boucla la ceinture qu'elle n'eut pas à serrer au maximum.

Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Elle savait ce qu'il allait devoir voir quand elle mettrait la chemise. Il verrait cette croix qui n'avait jamais disparu. Elle misait tout sur celle-ci. Elle misait tout sur cette croix qui était la preuve qu'elle ne le manipulait pas. Elle espérait qu'il se souviendrait de la lettre, elle espérait que chacun de ses mots avaient eu un effet sur lui et que cette croix le lui rappellerait.

Elle retira son sweat, dévoilant sa chemise et le déboutonna lentement de ses doigts tremblants rendus maladroits.

- Tu as repris du poids, constata-t-il.

- J'ai mangé à ma faim, dit-elle simplement du bout des lèvres.

C'était terminé.

Elle laissa sa chemise par terre et se pencha pour attraper celle qu'elle avait porté pendant des mois, celle couverte du nom de Malefoy. C'était comme si elle ne l'avait jamais quitté, comme si elle avait été dans sa peau à chaque instant depuis qu'elle était partie.

Elle n'avait jamais vraiment quitté cet endroit. Ni elle, ni Fred, ni les autres. Ils avaient tous cette vieille chemise qui leur collait à la peau, ce numéro gravé dans leur peau.

Elle enfila les manches de sa chemise et s'apprêtait à en fermer les boutons quand une main glaciale se saisit de son poignet. Elle frissonna tandis que les doigts de Drago entouraient son poignet sans la moindre violence. Il releva lentement la manche de sa chemise sans lâcher du regard son poignet.

- Elle est toujours là, dit-il d'une voix sourde.

Hermione frissonna.

- Bien sûr, souffla-t-elle.

Il releva un regard enflammé vers elle. Enflammé de rage.

- Elle est toujours là. J'imagine que tu as emmené celui que tu m'as caché pour pouvoir t'échapper d'ici, dit-il avec aigreur.

Elle fronça les sourcils.

- Tu sais pour qui la croix est apparue, dit-elle, perplexe. Tu … tu as lu ma lettre ?

Il arracha son regard à la croix et son pouce effleura le « DM » plus haut sur son bras avant qu'il ne la lâche subitement, reculant d'un pas comme s'il avait besoin de cette distance brusquement.

- Et pourquoi je l'aurais lu, Granger ? Pourquoi j'aurais lu la lettre de celle qui m'a condamné à une vie de repentance auprès du Lord ? Celle qui m'a condamné à la déchéance, au même destin que mon père.

Le cœur de Hermione cessa de battre. Ce n'étaient pas les reproches de Drago qui lui faisaient si mal.

Et pourquoi je l'aurais lu, Granger ?

Il n'avait pas lu sa lettre. Il n'avait pas accordé la moindre importance à la seule chose qu'elle lui avait laissé, cette unique lettre qui avait aidé à soulager un peu sa conscience chaque soir lorsque son ventre lui faisait mal à l'idée de l'avoir trahi, de l'avoir laissé sans la moindre réponse. Tout ce qui l'avait aidé à s'endormir, c'était cette lettre dans laquelle elle lui expliquait qu'elle ne l'avait pas manipulé. Où elle avait couché sur le parchemin tout ce qu'elle n'avait jamais trouvé la force de dire à voix haute. Tout ce qu'elle n'avait jamais pu lui avouer alors qu'il lui avait semblé impossible à dire.

Ce soir-là, elle l'avait fait.

- Tu ne l'as pas lu, dit-elle d'une voix désincarnée alors que son cœur saignait.

- Je l'ai brûlée.

Et son cœur se brisa.

- Alors tu ne sais pas.

Il y eut un long silence, chacun accroché au regard de l'autre.

- Elle est pour toi, Drago, cette croix. Elle a toujours été pour toi, dit-elle dans un souffle comme si sa voix refusait de coopérer.

Il y eut un flottement. Pas la moindre émotion n'apparaissait sur le visage de Drago.

- C'était ça ? Ton petit plan pour être épargnée ? Tu croyais vraiment que ça allait m'attendrir et que tu pourrais retrouver ton petit confort ici.

Hermione ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit, elle était trop ahurie. Son petit confort ? Elle accusa le coup.

- Mon confort ? Crois-moi que je ne serais pas revenue si c'était pour avoir « mon petit confort ». Je ne te croyais pas si stupide, siffla-t-elle. Pour qui aurait-elle pu apparaitre à part pour toi, Drago ? Tu ne te souviens pas de ce qu'on a fait juste avant … mon départ ?

- Comme si on ne pouvait pas baiser sans amour, dit-il avec un rire froid. Tu sais dont je me souviens, moi ? Toi qui profites de l'occasion pour me faire croire que tu tiens à moi, pour endormir un peu ma méfiance et en profiter pour te barrer avec tes petits copains les pourritures. Maintenant avance.

Il la bouscula, et Hermione manqua de tomber. Elle passa la porte suivante et boutonna sa chemise. La salle de tatouage.

- Toi, tu n'en as plus besoin, dit-il avec froideur.

Ils rejoignirent les couloirs de la prison et la gorge de Hermione se serra. Ses murs ne lui avaient pas manqué. Elle avait la nausée.

Il faisait nuit noire et il n'y avait pas un bruit dans les couloirs. Drago sortit sa baguette et elle la sentit s'enfoncer entre ses omoplates alors qu'il lui faisait traverser des couloirs interminables. Certains détenus s'étaient réveillés avec le bruit et observait Hermione en silence. Elle garda les yeux fixés au loin, incapable d'affronter leur regard.

L'humiliation d'être de retour parmi eux lui faisait mal. Surtout après des semaines de liberté. Elle ferma les yeux une seconde et repensa à Fred. Libre.

C'était pour lui qu'elle avait fait tout ça.

Ils arrivèrent dans un couloir sans le moindre détenu. Il n'y avait même pas les lits superposés à l'intérieur des cellules. Il passa sa baguette devant l'une des portes de cellule dans laquelle il n'y avait rien. Pas même une couverture.

Il la poussa à l'intérieur et la porte se referma.

- Passe une bonne nuit, sang de bourbe.


Hermione n'avait pas fermé l'œil de la nuit. Allongée à même le sol de béton, elle était transie de froid mais elle n'avait pas trouvé l'énergie de se réchauffer en s'agitant. Elle était plongée dans un mal être profond. Son ventre ne lui avait jamais fait si mal et cette croix ne l'avait jamais autant gratté.

Il n'avait jamais lu la lettre. Alors il était toujours persuadé qu'elle était une manipulatrice qui s'était servi de lui pour mieux s'enfuir, quitte à sacrifier sa vie à lui. Comment pourrait-il simplement la pardonner ? Comment pourrait-il seulement la croire alors qu'il n'avait jamais lu cette lettre qu'elle avait écrit le jour de sa fuite ?

Elle ne lui aurait pas pardonné non plus. Elle n'aurait jamais démordu de l'idée qu'il l'avait trahi, qu'il s'était servi d'elle. S'il avait couché avec elle, s'il avait attendu qu'elle ne soit pas dans le coin pour profiter des quelques privilèges auxquels il avait eu le droit pour fuir et faire disparaitre avec lui une centaine de détenus … il n'y aurait pas eu de place pour le pardon.

Elle plaqua une main sur sa bouche et bloqua sa respiration, essayant de ravaler les larmes, le malaise qui la bouffait de l'intérieur. Elle aurait aimé s'endormir et ne jamais se réveiller. Pour ne plus jamais penser à ce malaise.

Il ne la croyait pas. L'aurait-elle cru ?

Il faisait à peine jour quand elle entendit les bruits de pas qui raisonnaient dans le couloir. Elle se redressa péniblement, le dos endolori d'être restée allongée toute la nuit sur le béton.

- Tu es réveillée.

Il avait revêtu cet uniforme avec lequel elle l'avait toujours vu pendant son séjour. Il n'avait pas changé. Toujours ce visage impassible, toujours ce regard gris et froid.

- Lève-toi.

Hermione obéit sans grande volonté, épuisée. Elle devait y mettre toute son énergie, toute sa concentration pour respirer correctement, pour ignorer ces murs gris qui avaient hanté chacune de ses nuits depuis sa libération.

Inspirer, expirer. Inspirer, expirer.

Chaque porte métallique qui claquait lui donnait des frissons, chaque regard de gardien lui rappelait comme elle avait souffert à chaque doloris. Chaque uniforme lui rappelait la peur de faire un pas de travers, de la peur d'être sélectionnée parce que pas assez efficace.

La peur de recevoir un coup de trop, un doloris de plus qui la tuerait.

Inspirer, expirer. Inspirer, expirer.

L'écho des pas sur le sol qui se répercutait sur les murs nus lui rappelait ses nuits glaciales, incapable de dormir, trop transie de froid. Malefoy qui passait dans le couloir.

Elle reconnut les portes du réfectoire.

Elle ne comprit ce qui se passait que lorsqu'ils passèrent les portes. Détenus et gardiens étaient alignés. Les tables avaient été repoussées contre les murs et Hermione planta ses pieds dans le sol. La dernière fois qu'elle avait vu une scène pareille, c'était lorsque Malefoy avait appris qui était le traitre qui fomentait un plan pour lui prendre sa place.

Son cœur s'emballa.

- Qu'est-ce qu'on fait là ?

La main de Malefoy se posa brusquement sur sa nuque, glaciale. Plus froide encore que sa peau déjà refroidie. Dans son dos, il se pencha à son oreille.

- Je montre à tous que personne ne m'échappe.

Ses doigts se crispèrent dans sa nuque, la forçant à avancer. Tous les regards étaient braqués sur eux. Le souffle court, Hermione avait envie de disparaitre. De ne jamais se réveiller.

- A genoux, dit-il dans un souffle.

- Quoi ?

Sa voix était trop aiguë, trop tremblante. Le regard gris de Malefoy se posa sur elle dans un avertissement menaçant silencieux.

- Pourquoi ?

- Tu n'as plus le droit à la moindre question. Tu as perdu ce droit il y a bien longtemps. A genoux. Ou je te promets une plus grande humiliation que ce que j'ai déjà prévu.

Hermione pâlit. Elle ferma les yeux un instant. Elle savait ce qu'elle allait endurer en revenant. Elle savait qu'elle allait devoir subir la rage et la colère de Malefoy. Elle savait que c'était peut-être un voyage sans retour.

Tous ses amis le lui avaient dit.

Alors c'était comme ça que tout allait finir. Il allait l'exécuter en public pour qu'elle serve d'exemple. Pour que plus personne n'ose même penser à s'échapper. Que la seule qui avait réussi était revenu pour finir comme eux.

Inspirer, expirer.

Ses genoux heurtèrent le sol et elle posa ses mains à plat sur ses genoux, les yeux toujours clos. Elle ne voulait pas voir leur visage. Elle ne voulait pas voir leur peur, pas voir tous ces gardes qui l'observaient comme un animal de foire.

Inspirer, expirer.

Le vent soufflait doucement sur ses oreilles découvertes depuis qu'elle n'avait plus ses cheveux comme avant.

Elle était revenue pour lui. Pour Harry. Et finalement, elle n'aurait aucun des deux.

Mais elle était en paix. Il n'y avait plus de remords, rien que des regrets. Les regrets de ne pas avoir pu donner son explication à Drago. Des regrets parce que Harry ne sauverait pas les autres. Parce que ses amis ne seraient pas sauvés par une apparition soudaine de l'Elu.

Et si elle n'avait jamais fui ? Est-ce que Drago lui aurait finalement avoué savoir quelque chose sur Harry Potter ?

Peut-être.

Mais Fred. Fred n'aurait peut-être jamais revu son frère.

Alors il valait bien ce sacrifice. Et les autres. Tous les autres, ils chercheraient Harry. Tout n'était pas perdu. Elle ne serait simplement plus là pour le voir.

La mort, ce n'était peut-être pas si terrible.