Ils furent heureux et eurent beaucoup d'enfants … et les ennuis qui vont avec

Minerva était trop vieille pour ces conneries.

Oui, elle était vulgaire, et alors ?

Un incident avait eu lieu et elle pressentait qu'avant la fin de la journée, elle avait avoir une migraine carabinée et qu'elle aurait envie d'en tuer certains.

Et non, elle n'exagérait pas.

Dans la salle spécialement conçue pour les confrontations « musclées » entre parents et professeurs, d'apparence calme, Minerva prit place derrière le bureau et observa les deux autres pièces où chaque camp en présence avait été séparé.

Dans un coin de l'une des pièces, Teddy Lupin-Tonks et Victoire Weasley, tous les deux en stage à l'infirmerie, attendaient calmement qu'on ait recours à leurs services. Minerva reconnaissait que leurs compétences en Médicomagie seraient un atout mais elle comptait surtout sur le fait qu'ils soient Lycan et Veela pour calmer les esprits les plus belliqueux qui allaient sûrement s'enflammer.

Et par la force, s'il vous plait. Elle n'avait aucune envie d'être conciliante avec qui que ce soit aujourd'hui.

Les élèves présents avec Teddy et Victoire, conscients que s'ils faisaient mine de s'asseoir, ils perdraient en crédibilité, que leur âge dépréciait déjà énormément, étaient restés debout. Minerva les regarda attentivement un à un et se souvint que quand elle les avait convoqués pour qu'ils s'expliquent sur la situation, aucun n'avait baissé les yeux, sûrs de leur bon droit, même ceux qui avaient souffert de la situation qui les avait amenés là.

L'arrivée à Hogwarts de l'aîné du Sauveur avait été le coup d'envoi de l'arrivée dans le monde Sorcier de la « Next Gen », la génération issue de celle de la guerre et avait symbolisé le fait que le monde Sorcier avait enfin tourné la page Voldemort.

James Sirius Potter – « Par Merlin, je ne suis pas mon grand-père donc appelez-moi Jimmy » – en 6e année, reprenait avec brio le flambeau des Maraudeurs sans la cruauté dont ils avaient fait preuve envers les Slytherin. Lucy, la fille de Percy, 7e année, tenait dans ses bras Roxane Weasley-Johnson, celle de Georges Weasley et d'Angelina Johnson, en 1re année alors que son frère aîné Fred II Weasley-Johnson, en 3e année, lui caressait tendrement les cheveux tout en lui murmurant des paroles pour la calmer. Lily-Luna Potter, la sœur de James, et Hugo Weasley-Granger, le fils d'Hermione Granger et de Ron Weasley, tenaient chacun une main de James.

Et les Dragons.

Les quatre derniers étaient surnommés ainsi car même s'ils étaient dans chaque maison d'Hogwarts, ils étaient inséparables depuis leur première année. Aujourd'hui en 4e année, il ne viendrait à l'idée de personne de tenter de les séparer sans être sûr de s'y casser les dents.

Rose Weasley-Granger, Ravenclaw comme aurait dû l'être sa mère Hermione Granger.

Nathan Nott, Hufflepuff, d'une fidélité sans faille comme son père Théo III Nott.

Scorpius Malfoy, Gryffindor qui avait eu le courage de suivre un autre chemin comme son père Draco Malfoy.

Albus Severus Potter, Slytherin comme aurait dû l'être son père Harry Potter.

Les Dragons par rapport à la devise d'Hogwarts : « On ne titille pas le dragon qui dort ». Beaucoup l'avaient appris à leurs dépens.

Tous les quatre se tenaient les uns près des autres. A bien des égards, ils lui faisaient penser au Trio d'Or, formé par Hermione Granger, Ron Weasley et Harry Potter, voire aux Maraudeurs, formés eux par Sirius Black, Remus Lupin, Peter Pettigrow et James Potter. Mais les Dragons étaient vraiment ce qu'on attendait des élèves d'Hogwarts, une unité par-delà les maisons et les convictions, une véritable amitié. Ayant appris de ses erreurs, Minerva ne laissait passer aucune de leurs frasques mais pour autant, elle avait beaucoup d'affection pour eux, malgré les préjugés qu'elle avait eu et qu'ils avaient détruits.

On frappa à la porte et Minerva autorisa l'ouverture. Elle ne put louper le soulagement dans les regards et les postures des enfants quand ils reconnurent les adultes qui arrivaient.

Hermione Granger-Weasley était une jeune femme épanouie. Alors que toutes les portes s'ouvraient devant elle, autant grâce à son intelligence qu'à son statut d'héroïne de guerre et son Ordre de Merlin, elle avait préféré reprendre en main le Service de l'Enfance puis avait pris la tête d'un autre, le Service de Liaison Sorciers Moldus, dans le but avoué de protéger le secret de leur monde, de protéger les Nés Moldus et de faire en sorte qu'ils aient une véritable place dans le monde Sorcier. Elle faisait désormais partie des figures clés du gouvernement sans pour autant négliger sa vie personnelle.

Son mari, Ron Weasley, était un Auror célèbre et très sérieux, contrairement à ce qu'il laissait entrevoir pendant sa scolarité. Il était un adjoint appréciable du chef du Bureau des Aurors mais même lui avouait qu'il ne voulait pas obtenir le poste plus tard. Tout comme Hermione, la chasse aux criminels n'empiétait pas sa vie personnelle.

Théodore Nott, en plus de rétablir à la force du poignet la réputation de sa famille, était un historien réputé à travers le monde. Excédé par les mensonges et les demi-vérités déversées – voire vomies – par le professeur Binns, le gouvernement Sorcier ou encore Voldemort, il s'était efforcé de rétablir la vérité sur de nombreux points. Pour bien faire les choses – et pour montrer aux Anglais qu'ils étaient des imbéciles complets – il avait publié dans toutes les nations Sorcières du monde avant d'autoriser la publication de ses travaux en Angleterre. Quand le peuple Sorcier anglais avait voulu s'insurger, ils avaient découvert qu'ils étaient la risée du monde.

Draco Malfoy était l'un des avocats les plus réputés du monde Sorcier. Spécialisé dans le droit des affaires et le droit Sang Pur, il s'était fait un devoir de faire évoluer les us et coutumes Sang Pur en Angleterre pour enfin les aligner aux autres pays. Comme Hermione, Ron et Théo, son travail ne prenait jamais le pas sur sa vie personnelle.

Harry Potter, enfin, était comme son meilleur ami Ron Auror. Autre adjoint du chef du Bureau des Aurors, lui aussi refusait ce poste tant convoité, malgré son statut de Sauveur. Du petit garçon qui découvrait le monde Sorcier il était devenu un homme qui savait ce qu'il voulait et pas se faire manipuler par des imbéciles en col blanc pour leur propre bénéfice.

Les enfants se précipitèrent vers eux pour une étreinte chaleureuse. Théo invoqua cinq canapés dans lesquels tous s'installèrent.

-Tout le monde n'est pas encore arrivé, prévint Teddy.

-Victimes ? Auteurs ? Témoins ? demanda simplement Draco

-Les trois, répondit Teddy. C'est ce que la directrice m'a dit de vous dire.

C'était un code entre eux. Les cinq adultes étaient régulièrement convoqués dans le bureau de la directrice et cela permettait aux adultes de savoir quelle ligne de conduite ils devaient adopter. Généralement, quand les Dragons étaient impliqués, seul l'un des parents était appelé. Mais que les quatre soient présents n'augurait rien de bon.

-C'est si mauvais que ça ? demanda Hermione

-Assez, soupira Victoire. J'ai dû donner une potion calmante à Roxanne.

-Alors je suis là pour mes nièces et neveux, décida Ron.

Minerva se retint de frissonner. Si le roux se mettait volontairement de côté … Hermione, Harry, Draco et Théo étaient en mode « maman ours protège ses enfants ». En clair, ils n'allaient épargner personne.

Dans un sens, c'était mieux.

Un brouhaha monstre s'éleva de l'autre côté de la porte, faisant sursauter Minerva. Soupirant lourdement, elle invoqua plusieurs fauteuils avant d'ouvrir les deux portes. Tout le monde entra et s'installa en silence puisque la plupart – pour ne pas dire tous – avaient eu Minerva McGonagall en tant que professeur et savait qu'il ne fallait pas jouer avec elle. Les deux clans se formèrent immédiatement et la directrice attendit que d'avoir toute l'attention avant de prendre la parole.

-Si vous êtes tous réunis aujourd'hui, c'est parce que madame Prade ici présente souhaite déposer plainte contre certains élèves, plus particulièrement contre Rose Weasley, Albus Severus Potter et Nathan Nott, pour avoir attaqué sa fille Candy.

Contrairement à Harry, Draco, Théo et Ron, Hermione ne retint pas un reniflement de dédain. La quête des Parkinson – mais à ce stade, on pouvait plus parler d'obsession – pour entrer chez les Sang Pur par le biais des Malfoy ne s'était pas arrêtée avec Pansy Parkinson et Draco Malfoy. Pire, Pansy Parkinson, épouse Prade, avait patiemment instruit sa fille Candy pour qu'elle fasse en sorte qu'elle puisse épouser l'héritier Malfoy. Malheureusement pour elle, Scorpius ne voulait pas d'elle et les autres Dragons lui faisaient bien comprendre. Et le harcèlement durait depuis qu'ils étaient tous entrés à Hogwarts.

-Ma fille se plaint toujours que ces petits garnements s'en prennent toujours à elle ! piailla Pansy

-Comme tu avais l'habitude de m'insulter quand nous étions à l'école ? persifla Hermione. Désolée, Parkinson, mais vu le nombre de fois où elle a insulté ma fille, mon neveu ou leurs meilleurs amis, devant témoins comme devant les professeurs, je ne crois pas que tes accusations aient une quelconque valeur.

Pansy, à son corps défendant, rougit. Ce n'était un secret pour personne qu'elle cherchait tous les moyens pour éloigner Scorpius de Rose, Nathan et Albus Severus pour qu'ils fassent place nette pour Candy. En pure perte, bien sûr.

-Mais là, ils s'en sont physiquement pris à ma fille ! s'exclama Pansy

-S'ils l'ont fait, c'est qu'ils avaient une bonne raison, pointa Théo. Ils savent parfaitement que les coups doivent être la dernière solution, on le leur a bien fait comprendre.

-Les enfants ? demanda Harry

-Nous ne nions pas les faits, déclara Albus.

-Pourquoi ? demanda Draco

-Prade a voulu nous donner un « avertissement », renifla Rose. Avec des méthodes tout à fait pathétiques.

-Lesquelles ? demanda Draco

-Elle a réuni une petite équipe pour prendre au piège Roxanne et la tabasser, gronda Albus.

-Sauf que j'ai pris sa place, avoua Scorpius. Et ils ne se sont pas gênés pour avouer que Prade était à l'origine de la situation.

-Il ne nous a pas été difficile de découvrir la vérité, déclara Rose. Et on a fait en sorte qu'elle avoue devant le maximum de personnes.

-Ce n'est pas de notre faute si elle a estimé nécessaire de sortir sa baguette et de lancer des sorts qu'elle ne peut à peine maîtriser, renifla Nathan.

-Lucy ? Jimmy ? fit Ron. Est-ce vraiment ce qui s'est passé ?

-Roxanne était présente quand Scorpius a pris les coups à sa place, révéla Lucy.

-Et c'est cette garce qui a attaqué les Dragons en premier, gronda James.

-Langage ! claqua Ron

-Désolé pour la vulgarité mais c'est exactement ce qu'elle est, bougonna James en serrant Lily et Hugo contre lui. Les autres n'ont fait que se défendre.

-Mon fils n'aurait jamais fait ça, gronda une voix venimeuse. C'est cette blonde peroxydée qui le manipule !

-Et qu'est-ce qui te fait dire que ce n'est pas ce qui te sert de fils qui a manipulé le mien ? cracha une autre voix acide

Et c'est reparti, soupira Minerva.

C'était la raison pour laquelle elle détestait positivement quand les Dragons étaient mis en cause dans une infraction du règlement et que leurs parents devaient être appelés. Ginny Weasley et Astoria Greengrass, respectivement mères d'Albus Severus Potter et de Scorpius Malfoy, se faisaient un devoir à chaque fois qu'elles se voyaient dans une même salle de rejeter la responsabilité de toutes les fautes commises par les deux adolescents sur l'autre. Quand elles épuisaient l'affaire, elles tournaient leur attention sur leurs pères en les accusant de mal élever leurs enfants.

Pères de leurs enfants mais surtout, ex-maris.

Astoria Greengrass avait accepté de signer un contrat de mariage avec Draco Malfoy qui stipulait qu'ils devraient divorcer quand l'héritier qu'ils auraient conçu ensemble aura atteint trois ans et qu'il était en excellente santé. La jeune femme, dans sa grande arrogance, avait pensé que Draco s'attacherait suffisamment à elle pour renoncer au divorce. Mais alors que Scorpius approchait de son troisième anniversaire et que Draco ne faisait pas mine de revenir dans son lit, Astoria avait pris peur et avait tenté d'empoisonner son fils.

Minerva se corrigea. Astoria n'avait pas tenté officiellement d'empoisonner Scorpius mais la rumeur disait qu'elle lui aurait inoculé la dragoncelle, maladie Sorcière mortelle dans quatre cas sur dix, statistique doublée pour les moins de dix ans et les plus de cent ans. Sensibilisé par la mort de son grand-père, Draco avait donc pris ses précautions par rapport à cette maladie et avait découvert rapidement ce qui touchait son fils. Le doute avait toujours plané et ça avait été avec soulagement que Draco avait activé les clauses du contrat de mariage, Scorpius se portant bien mieux.

Ginny, elle, avait été tout aussi extrême dans ses actes. Alors que James Sirius avait neuf ans, en rentrant de l'école avec son frère, sa sœur et leur nurse Cracmol Elisabeth, ils avaient découvert la rousse avec un homme dans le salon familial et pas en train de jouer aux cartes. Sans un bruit, Elisabeth les avait fait sortir de la maison et les avait menés avec un Portkey d'urgence vers la maison d'Hermione et de Ron puis avait avisé Harry de ce que les enfants et elle avaient vu. En retour, Harry avait immédiatement fait déménager les enfants vers le manoir Black dont il avait fait lever les barrières et avait déposé dans la maison vide la demande de divorce. Ginny avait bien évidemment refusé et avait essayé de faire pression sur Harry en donnant une interview larmoyante sur la demande de divorce et son incompréhension par rapport à celle-ci. Le brun n'était pas tombé dans le piège et l'avait laissé dire, ne cédant pas à la tentation de lui répondre par presse interposée. Quand le divorce arriva devant les magistrats, Ginny, portée par le peuple Sorcier qui avait pris faits et cause pour elle, était certaine d'obtenir ce qu'elle voulait, essentiellement un accès illimité aux coffres Potter et Black. Dans un silence de mort, Harry avait alors apporté les preuves que sa femme avait bafoué ses vœux de mariage dès qu'elle les avait prononcés, notamment avec une enquête minutieuse d'un détective privé mandaté trois jours après leur mariage, des photos datées et explicites ainsi que des témoignages de plusieurs de ses amants qui avaient juré sur leur magie des actes et des propos tenus par Ginny. Il produisit également le contrat de mariage qu'elle avait signé et dans lequel il était indiqué une liste d'actes dont ils ne devaient pas se rendre coupable sous peine de voir leur union dissoute, dont bien évidemment l'adultère. Humiliée, Ginny avait voulu faire valoir ses droits par rapport au fait qu'elle était la mère des enfants d'Harry mais ce dernier avait alors produit tous les articles de journaux qui relataient ses frasques dans divers soirées mondaines et lieux publiques tandis que lui ne se faisait connaître de la presse uniquement pour des événements familiaux ou encore avec ses enfants. Une fois que les magistrats eurent établis que même en vertu du contrat de mariage, Ginny n'avait droit à rien d'Harry, ce dernier avait activé son contrat de mariage et la rousse redevint la pauvre célibataire Ginny Weasley. Par égard pour ses enfants, Harry avait accepté qu'elle ait un droit de visite mais il était le seul à avoir l'autorité parentale.

Oui, les couples Malfoy et Potter étaient loin d'avoir été idylliques.

Comble de l'ironie, le divorce Potter avait occasionné un rapprochement entre Harry et Draco. Les deux Sorciers s'entendaient parfaitement bien. Des mauvaises langues avaient bien prédit qu'ils se mettraient en couple mais ils avaient tous les deux haussés des épaules et les avaient laissé parler dans le vent.

Minerva observa la pièce qui allait bientôt se transformer en ring de boxe grâce aux deux mères. Agacée, la directrice leva sa baguette et fit taire les belligérantes. Astoria et Ginny voulurent fusiller du regard l'auteur mais le regard polaire de la maîtresse de Métamorphoses leur fit renoncer.

-Enfin, nous nous entendons penser, sourit faussement Minerva. Mademoiselle Prade, je vais être directe. Avez-vous oui ou non demandé ou ordonné à des élèves de s'en prendre à Roxanne Weasley-Johnson ?

Elle vit la jeune fille ouvrir la bouche mais elle l'arrêta.

-Avant de répondre, je vais activer un objet enchanté avec un rituel de Vérité, annonça Minerva. Si le halo reste blanc nacré, alors vous aurez dit la vérité. S'il devient noir, alors c'est que vous aurez menti. Dans le deuxième cas, vous serez immédiatement renvoyée pour un mois et à l'issue de ce laps de temps, un conseil de discipline se tiendra pour statuer de votre renvoi définitif. Je soumettrai les Dragons à la même procédure et s'il s'avère qu'ils s'en sont pris à vous de manière gratuite et sans aucune provocation, ils encourront la même sanction.

Candy jeta un regard apeuré à sa mère. Hogwarts avait regagné ses lettres de noblesse et s'en faire renvoyer pour faute grave présageait des années difficiles au bas mot, surtout que les autres écoles européennes ne voudront sûrement pas qu'elle termine ses études chez eux. Par cette simple question, elle allait jouer son avenir et n'en déplaise à sa mère, elle ne voulait pas le gâcher pour une hypothétique union où elle ne serait même pas satisfaite. Et le pire, c'est qu'elle serait accusée d'avoir tout gâché.

Minerva, qui la regardait attentivement, comprit qu'elle avait fait son choix en à peine quelques secondes.

-Oui, j'ai demandé à ce que des personnes s'occupent de Roxanne Weasley-Johnson, avoua Candy en relevant la tête. Sur ordre de ma mère Pansy Parkinson-Prade, d'Astoria Greengrass et de Ginevra Weasley.

Et l'enfer se déchaîna.