Qui sème le vent récolte la tempête
Harry avait été le premier à partir.
Peu avant la bataille finale, le brun avait affronté Fenrir Greyback qui l'avait mordu. Il avait donc quitté l'Angleterre pour trouver refuge dans une meute de loups garous pour apprendre à maîtriser sa nouvelle nature et également se préparer à vaincre Voldemort sans qu'on ne scrute à la loupe ce qu'il apprenait pour en informer immédiatement le camp ennemi. Une fois sa tâche accomplie, le peuple Sorcier lui avait tourné le dos à cause de sa nouvelle nature. Il était donc parti sans un bruit.
Hermione avait été la deuxième.
Pendant la bataille finale, des Vampires renégats avaient sillonné le champ de bataille et avait fait de nombreuses victimes. Hermione avait été l'une d'entre elles mais l'un d'entre eux l'avait transformé. Il l'avait emmené dans son clan pendant plusieurs semaines et elle était revenue pour prendre part aux hommages qui s'enchaînaient à travers le pays. Mais quand elle avait révélé sa nouvelle nature à ses proches, la plupart avait refusé de continuer de la fréquenter. Dégoûtée, elle s'était exilée.
Il ne restait que Ron.
-Je te demande pardon ? articula Ron
-Signe ça, ordonna Molly. Ce sont de dangereuses bêtes donc ils n'ont pas le droit d'avoir tout ça !
Le regard du roux s'étrécit. Quand ses meilleurs amis avaient quitté le pays, ils lui avaient donné procuration sur tous leurs avoirs. C'était un secret bien gardé depuis cinq ans mais quand des membres du Ministère avaient voulu mettre la main sur toutes ces richesses qui leur paraissaient abandonnées, son nom était apparu en lettres de feu. Cela faisait trois mois que le roux refusait inlassablement leurs propositions pour qu'il pioche pour eux dans les coffres dont il avait la garde et excédés, ils avaient décidé d'utiliser une nouvelle arme.
Sa mère, Molly.
Une Sorcière qui avait rejeté son premier fils parce qu'il avait accepté de travailler pour les Gobelins, race magique qu'elle méprisait ouvertement, puis pour avoir voulu épouser une Veela. D'ailleurs, ce n'était que parce qu'elle avait imaginé que les Delacour la snobaient qu'elle avait accepté que le mariage se tienne au Burrow.
Une Sorcière qui avait rejeté son deuxième fils parce qu'il ne cachait pas son homosexualité et qui avait préféré quitter le pays.
Une Sorcière qui avait rejeté son troisième fils car une fois qu'il avait fait la carrière que sa mère voulait qu'il fasse, il avait refusé de suivre ses « précieux » conseils.
Une Sorcière qui avait rejeté son quatrième et cinquième fils parce qu'ils étaient trop fantasques à ses yeux et qu'ils avaient refusé de courber l'échine devant une employée du Ministère qui osait torturer les élèves.
Une Sorcière qui avait rejeté sa seule fille car elle avait refusé de se marier dès sa majorité atteinte et avait osé voler de ses propres ailes sans prendre en compte les ordres de sa mère.
Ron était le seul à ne pas encourir le courroux de Molly Weasley. Il était un Auror avec d'excellents états de service, vivait seul dans un petit appartement dans un quartier Sorcier calme, rendait chaque semaine visite à ses parents, ne se droguait pas, ne buvait pas plus que de raison, avait des fréquentations honorables.
Bref, le fils parfait.
Plus pour longtemps.
-Pourquoi ? demanda Ron
-Les créatures qui sont dangereuses pour les autres n'ont pas droit d'avoir des biens, déclara Molly. Tout le monde le sait !
-Quel dommage qu'on n'applique pas cette loi sur les Sorciers alors, grinça Ron.
Molly sursauta.
-Les Sorciers ne sont pas des créatures ! s'offusqua Molly
-Les Sorciers sont des créatures magiques, rappela Ron. Comme c'est étrange qu'ils l'oublient …
-Ce n'est pas le problème, gronda Molly. Signe ça !
-Pourquoi ? répéta Ron
-Ils n'ont pas le droit d'avoir des biens ! répéta Molly
-Alors pourquoi le Ministère ne se charge pas de les exproprier ? pointa Ron
Molly rougit et Ron s'empêcha de lever les yeux au ciel. Tous les deux savaient que si le Ministère ne faisait pas les choses lui-même, c'était parce que leur requête était totalement illégale.
Ron repoussa le document.
-Tant que tu ne donneras pas de raisons valables de priver arbitrairement mes meilleurs amis de leurs héritages, je ne réfléchirai pas à la question, déclara Ron.
Molly vit rouge.
-Cet argent servira à ceux qui en ont vraiment besoin ! s'exclama Molly. Tu ne voudrais pas vivre autre part que dans ce minuscule appartement ? Ou bien que ton père et moi vivions dans une maison digne de ce nom, pourquoi pas à Godric's Hollow ?
Ron ne bougea pas d'un cil. Avant d'être le lieu où Voldemort avait été défait pour la première fois, il s'agissait de l'un des villages Sorciers les plus prisés du pays, car la légende voulait que Godric Gryffindor y ait établi sa demeure. Toutes les grandes familles Sang Pur avaient un pied-à-terre sur ces terres et le village n'était occupé que par des familles Nées Sorcières vivant là depuis des générations. Pour s'y installer, donc, soit il fallait partir de ces familles, soit avoir beaucoup d'argent pour acheter l'une des propriétés présentes et vu la réputation des lieux, il était certain qu'il n'y en avait pas.
Soit il fallait être l'heureux bénéficiaire d'une expropriation.
-Je suis bien là où je suis, assura Ron. Et papa ne s'est jamais plaint de sa maison, surtout maintenant qu'il n'y a plus que vous deux.
Molly devint rouge d'agacement.
-Signe ! ordonna Molly
-Non, répondit calmement Ron. Et avant que tu ne te décides à me hurler dessus, sache que je peux toujours me jeter un sort de Silence pour ne pas t'entendre. Quant à m'attaquer … rappelle-toi que je suis Auror et que j'ai été entraîné avec Harry pour vaincre Voldemort.
-Ne prononce pas son nom ! siffla Molly
-Rassure-toi, il est bien mort, grinça Ron. Donc son nom ne porte plus malheur ou autre ineptie à laquelle tu crois dur comme fer.
Ron ne montra pas qu'il en avait marre. Mais heureusement pour lui, ce fut Molly qui céda la première et qui quitta l'appartement à grands pas.
Il attendit quelques minutes pour être sûr qu'elle ne reviendrait pas puis fit ses bagages et se rendit à Gringotts. Il fut immédiatement reçu par Ragnok, le directeur de la banque.
-Il est rare de voir des Sorciers nous rendre visite à une heure aussi avancée de la nuit, constata Ragnok.
-Parce qu'ils n'ont pas une mère qui leur tienne la jambe pendant des heures, renifla Ron. Tenez, je pense que ça pourrait vous intéresser.
Le Gobelin ne montra pas sa fureur.
-Oserais-je demander comment avez-vous pu avoir ce document en votre possession ? fit Ragnok
-Il se trouve que pour avoir un semblant de légitimité pour faire main basse sur les coffres et du patrimoine des Potter et des Black, sans oublier celui des Granger, le Ministère a pensé que je signerai tout ce que ma chère mère me présenterait, sourit vicieusement Ron. Comme par hasard, elle a oublié de reprendre cette feuille, au contraire des différents envoyés ministériels. C'est ce que vous cherchiez, non ?
-Si, confirma Ragnok. Nous pouvons maintenant enclencher le Codex Magia sur l'Angleterre. La loi est claire, personne ne peut retirer les biens d'un autre sous l'excuse qu'il est une créature magique. Le Conseil International des Sorciers et la Communauté Magique vont être enchantés d'enfin pouvoir dissoudre ce gouvernement.
-Et moi, je vais enfin pouvoir quitter le pays, s'étira Ron. Je commençais à en avoir marre de faire le voyage deux fois par semaine pour aller voir ma Nymphe. Heureusement que j'étais détaché par l'ambassade magique de France et que je n'étais qu'un agent de liaison entre l'Angleterre et la France.
-Vous n'êtes plus Auror anglais ? sursauta Ragnok
-Nope, sourit Ron. Auror français depuis … un an, déjà. Je faisais partie d'un programme d'échange. La seule raison pour laquelle personne n'est au courant est que le ministre de la magie français a fait signer un contrat de confidentialité au truc qui nous sert de ministre. Bon, ce n'est pas tout ça mais j'ai envie de rentrer chez moi. Hermione et Harry doivent être impatients de déclencher l'apocalypse sur ce pays …
