Pas assez rapide

Ronald Weasley, vingt-six ans, était un Sorcier très envié. Meilleur ami du Sauveur depuis qu'ils étaient tous les deux entrés à Hogwarts la même année et dans la même maison, il avait été de toutes ses aventures. Il avait également été à ses côtés quand il avait vaincu Voldemort et depuis, il était considéré comme un héros de guerre et avait même eu une Médaille de Reconnaissance. Il n'avait jamais compris pourquoi il n'avait pas eu droit à l'Ordre de Merlin alors qu'il en avait plus fait que d'autres, à commencer par ses propres frères.

Aujourd'hui Auror, il avait la veille atteint le grade envié d'Auror Senior, ce qui voulait dire qu'il pouvait désormais choisir ses enquêtes et de surcroît, enquêter seul. Il l'avait annoncé à sa mère qui lui avait sous-entendu que ce serait le bon moment.

C'était pour cela qu'il se trouvait devant un pavillon Moldu, vêtu de sa plus belle robe Sorcière, un bouquet de glaïeuls (vous ne pourrez rien me refuser) dans les mains. En effet, sa mère lui avait donné l'autorisation de courtiser officiellement la femme de sa vie dans le but de l'épouser dans les plus brefs délais. Maintenant qu'il avait une place sûre, assez d'économie pour s'acheter une petite maison, enfin, qu'il était l'homme parfait, elle ne pouvait pas refuser d'envisager l'avenir avec lui. Il l'imaginait parfaitement en train de l'attendre quand il reviendrait du travail, lui mijotant de bons petites plats et élevant ses enfants … Le meilleur étant qu'elle s'entendait déjà très bien avec sa mère.

Prenant son courage à deux mains, il appuya fortement sur la sonnette, ayant peur qu'elle ne l'entende pas. Il n'eut pas à attendre longtemps avant que la porte ne s'ouvre.

-Ron ?

-Bonsoir Hermione, sourit timidement Ron.

La jeune femme s'était embellie après la guerre. Prenant enfin conscience qu'elle n'avait qu'une vie, elle avait décidé d'en profiter tout en restant raisonnable. Elle n'hésitait plus à se mettre en valeur comme à défendre son point de vue de façon plus directe et percutante.

Un point que sa mère voulait corriger avec elle, d'ailleurs.

-Que puis-je pour toi ? demanda la brune

Le roux se tortilla sur ses jambes, indécis, avant de se souvenir de ce que lui avait montré la jeune femme quand ils avaient assisté à une demande en mariage. A son tour, il posa un genou à terre et lui tendit le bouquet de fleurs.

-Hermione, est-ce que tu voudrais sortir avec moi ? demanda Ron

La jeune femme rougit de gêne.

-Ron, fit Hermione, je serais honorée mais …

-Hermione ? fit une voix à l'intérieur

Quelques instants plus tard, une silhouette bien connue apparut.

-Bonsoir Ron.

-Harry, mais qu'est-ce que tu fais là ? s'étonna Ron

Harry Potter, le Sauveur, se tenait aux côtés d'Hermione dans toute sa splendeur. Alors qu'une carrière d'Auror lui tendait les bras, il avait décidé de passer ses ASPIC en candidat libre et de faire des études de Médicomagie en France. Il pratiquait depuis deux ans et partageait son temps entre son cabinet en France et son siège au Magenmagot en Angleterre. Molly avait conseillé à Ron de s'éloigner de lui car sinon, il ne pourrait pas autant briller qu'il ne devrait. Ne comprenant pas ce revirement, Harry s'était battu pour avoir au moins une explication cohérente mais Ron n'avait jamais démordu des ordres de sa mère. Quand son inscription en école supérieure de Médicomagie en France avait été confirmée, le brun était allé voir une dernière fois son ami et lui avait signifié que s'il ne s'expliquait pas ici et maintenant sur le fait qu'il ne voulait plus le voir, alors il ne ferait plus un seul pas vers lui. Ron n'avait pas changé de comportement et Harry s'en était allé sans un regard en arrière et il avait tenu parole. Par exemple, chaque année, il organisait une grande soirée mondaine et chaque année, Ron était allègrement oublié. Ce qui faisait rager Molly à chaque fois.

-Je viens rendre visite à Hermione, répondit Harry. C'est ce que font les amis, tu sais.

Ron grimaça. Effectivement, quand Harry était en Angleterre, il se rendait très souvent chez des amis mais jamais il n'avait fait l'effort d'aller chez Ron.

Le roux nota qu'il avait son manteau sur lui.

-Tu allais partir ? sourit Ron. Vas-y, ne te gêne pas. Hermione et moi devons discuter de nous.

-Vraiment ? fit Harry. De vous ?

Le brun regarda la brune qui soupira.

-Ron vient de me demander à l'instant de sortir avec lui, révéla Hermione.

-Nous ferons un couple parfait ! coupa Ron, euphorique. Tu verras, nos enfants auront ton intelligence et ma force !

-J'ai hâte de voir ça, ricana Harry.

-Arrête un peu ! gronda faussement Hermione. Ron, je serais honorée de sortir avec toi …

-OUI ! rugit Ron

-Mais j'aurais aimé que tu fasses ta demande il y a sept ans, termina Hermione.

L'information eut du mal à remonter jusqu'au cerveau.

-Pourquoi ? demanda piteusement Ron

-Parce que ça fait six ans que je sors avec Hermione, annonça Harry. Et tu as de la chance, tu es le premier à savoir qu'elle a accepté de m'épouser. Hermione, voilà ton manteau, je rappelle que nous sommes attendus.

La jeune femme enfila son manteau, prit son sac et verrouilla la porte de sa maison, alors que roux était figé. Harry embrassa Hermione tendrement sur les lèvres.

-Je t'attends à la voiture, annonça doucement Harry.

Hermione se retrouva alors seule devant Ron. Elle posa une main gantée sur sa joue.

-Je t'ai attendue pendant des années, Ron, souffla Hermione. Depuis notre sixième année, pour être exacte. Mais tu n'as jamais fait un seul pas vers moi. Pire, d'après Ginny, tu m'as toujours crue acquise et que si tu n'avais pas estimé nécessaire de me séduire, c'était uniquement sur ordre de ta mère. Je t'ai beaucoup entendu parler de tes rêves de vie de famille et je suis désolée, je ne compte pas devenir femme au foyer pour toi. Ça, Harry l'a compris et il est vraiment ce que je cherche comme compagnon. Il ne m'aurait jamais enfermée dans un rôle que je ne voudrais pas et encore moins ordonné d'obéir aveuglément à quelqu'un comme tu sembles penser que je le ferais avec ta mère. Vis ta vie, Ron. Tu as laissé passer ta chance.

Elle l'embrassa doucement sur la joue et s'en alla, laissant le jeune homme abasourdi sur le pas de la porte, son bouquet de fleurs tête en bas et la neige tombant sur lui.