Qui garde les enfants ?
-Ils ne sont pas de toi ! cracha Ginny
C'était douloureux mais c'était la stricte vérité. Harry ne pouvait rien y faire.
Après treize années de mariage, Ginny avait demandé le divorce. Ne voulant que son bonheur et surtout, conscient qu'ils ne s'aimaient plus, Harry avait accepté. Alors qu'il pensait que la séparation se passerait à l'amiable, le brun avait découvert que le seul but de sa future ex-femme était de faire sa fortune sur son dos. Refusant que son héritage ne soit aux mains d'une autre que lui et comme ils n'avaient pas signé de contrat de mariage, Harry s'était battu pas à pas pour que Ginny ne reparte qu'avec ce qu'elle avait apporté à leur union, soit les maigres économies qu'elle avait pu faire sur son salaire et ses immenses dettes. Le Sorcier avait longuement tergiversé pour savoir s'il allait lui donner un bien immobilier de son choix pour y vivre mais quand elle avait voulu réclamer Grimmaud Place, il s'était rétracté parce que le bien en question était la future propriété d'Al.
Les enfants …
Quand elle avait compris qu'elle n'aurait pas plus que ce qu'elle ne pourrait légitimement réclamer, elle avait abattu une carte que personne n'avait pu voir venir.
Elle avait certifié que les trois enfants Potter n'étaient pas d'Harry.
Ce dernier en avait été anéanti. Ce n'était pas tant le fait que Ginny l'avait trompé pendant leur mariage – et plusieurs fois de surcroit – mais plus que les enfants qu'il considérait comme siens ne l'étaient que de cœur. Certes, la naissance de Jay avait précipité leur mariage mais de là à dire que tout comme Al et Li, ils n'étaient pas les enfants d'Harry, c'était trop. Et le pire, c'était que le brun les avait reconnus comme sien devant la magie familiale, ce qui voulait dire que même si adultère il y avait eu, ils étaient des héritiers Potter.
Et chaque héritier Sang Pur disposait d'un coffre très bien fourni qui était alimenté continuellement sans justificatif, d'une maison et de nombreux avantages. Tout ce dont rêvait Ginny.
L'avocat des Potter avait été écœuré de la manœuvre.
-Les enfants viennent avec moi puisqu'ils ne sont pas de toi, déclara vicieusement Ginny.
-Ils ont assez grands pour choisir avec qui ils veulent vivre, répondit Harry.
Le juge regarda tristement les trois enfants. Leur garde était le dernier point pour rendre effectif le divorce. Devant la virulence de chaque parti, il avait demandé que les deux derniers enfants soient logés à Hogwarts avec leur aîné. Pendant les sept mois qu'avait duré la procédure, il était allé leur rendre visite et avait longuement discuté avec eux de ce qu'ils voyaient de leurs parents. Il avait été témoin de la relation qu'ils entretenaient et certains points lui avaient fait écarquiller des yeux.
-Aucun d'entre vous ne nous en voudra si on choisit l'autre ? demanda pour acquis de conscience Jay
-Bien sûr que non, balaya Ginny avec humeur. De toute façon, les enfants sont bien mieux avec leur mère, c'est prouvé !
Jay se tourna vers Harry.
-Je ne comprendrai pas, avoua Harry. Mais je voudrais toujours le meilleur pour vous. Et si vous vous sentez mieux avec votre mère, soit, qu'il en soit ainsi.
Jay serra contre lui Al et Li avant de regarder le juge droit dans les yeux.
-Nous voulons aller chez notre père, annonça Jay.
-QUOI ?! rugit Ginny. Comment osez-vous ?! Vous êtes mes enfants !
Ne voulant pas que les vociférations de la rousse ne perturbent les enfants, le juge érigea autour des enfants et lui une Bulle d'Intimité.
-Pourquoi ? demanda calmement le juge
-Même si papa n'est pas notre vrai papa, il n'a jamais changé de comportement, expliqua Al. Il me prépare toujours mon petit déjeuner comme je l'aime, il joue toujours avec moi quand je le demande et il m'explique toujours quand je ne comprends pas.
-Papa il vient toujours me border le soir et il me raconte des histoires, sourit Li. Il me fait des câlins tous les jours !
-Notre mère est rarement à la maison, déclara sombrement Jay. Papa aussi, je ne dis pas le contraire, mais lui, au moins, il faisait l'effort de passer du temps avec nous, même s'il est Auror et a un siège au Magenmagot. Parfois, on ne voyait pas maman pendant plus d'une semaine, voire plus, sans aucune explication.
-Quand papa n'est pas là, il nous prévient et il nous appelle tous les soirs, fit Li.
-Depuis que je suis à Hogwarts, papa m'écrit une fois par semaine, sourit Jay. Et depuis qu'Al et Li sont avec moi, il nous écrit à tous les trois. Maman passe parfois à l'école mais je ne la vois que cinq minutes, et encore.
-Depuis qu'ils veulent se séparer, maman nous donne beaucoup de cadeaux, fit Al. Papa non.
-Pourquoi ? s'étonna le juge
-Il nous a toujours dit qu'un cadeau devait être exceptionnel, répondit Jay. Si on en reçoit trop, on n'a plus le plaisir d'en recevoir.
-On a des cadeaux qu'à Yule et pour notre anniversaire, fit Li.
-Et quand quelque chose vous fait envie ? demanda le juge
-Maman nous l'offre tout de suite, fit Li. Papa veut qu'on le mérite.
-Les enfants aiment recevoir ce qu'ils veulent, non ? fit le juge
-Papa nous a raconté ce qui se passait avec son cousin, répondit Jay. Tout ce qu'il voulait, il l'avait dans la seconde. Et il nous a montré ce qu'il avait fait de sa vie. Il est en prison parce qu'il a frappé quelqu'un qui ne voulait pas lui donner son argent.
Le juge grimaça. Ce n'était pas la première fois que les enfants avaient fait référence à ce fameux cousin Moldu, Dudley Dursley. Il avait demandé des explications à Harry Potter qui lui avait donné son casier judiciaire. Coups et blessures étaient l'accusation la moins grave de ce gosse pourri gâté depuis la naissance.
-Pourquoi vous ne voulez pas aller avec votre mère ? demanda finalement le juge
Jay hésita quelques instants avant de répondre.
-Maman ne fait pas tout ce que fait papa, avoua Jay. Les seules fois où elle reste avec nous, c'est quand elle a des invités ou qu'elle nous fait faire des photos pour les journaux. Même pour nos anniversaires, elle ne fait que passer en coup de vent. Et quand elle doit nous garder, elle nous laisse avec l'une de ses assistantes. Son travail lui prend tellement de son temps que mes copains se demandent si j'ai vraiment une maman. Même tante Hermione, qui est directrice du Département de l'Education, garde du temps pour Rose.
-Et comment vous prenez le fait qu'Harry ne soit pas votre vrai père ? demanda le juge
-Al et Li ne comprennent pas ce que ça veut dire, fit Jay. Mais pour moi, ça ne veut rien dire. Même quand il l'a su, papa a continué de s'occuper de nous, comme si nous étions de son sang. Il nous aime et c'est tout ce qui compte.
-Ça n'a rien à voir avec le fait que votre père soit très riche ? demanda le juge
-Il l'était avant qu'on naisse, rappela Jay. Et pas une fois, il ne l'a étalé devant nous. Nous avons toujours vécu très simplement donc je ne vois pas pourquoi ça changerait.
Le juge se redressa et annula la Bulle.
-Je valide la décision des enfants, fit le juge.
Ginny voulut se jeter sur eux mais un bouclier d'une grande puissance l'arrêta. Elle croisa le regard d'Harry et comprit qu'elle avait perdu.
Dans un cri de rage, elle s'en alla sans un regard pour ses enfants qui s'étaient jetés dans les bras du brun.
-Je ne vous ferais jamais regretter votre décision, murmura Harry.
-Tu es notre papa et ça, personne ne pourra nous l'enlever, assura Jay.
