Obscurus
Albus Dumbledore était inquiet. Le hibou qui devait amener la lettre de bienvenue à Hogwarts d'Harry Potter était revenue sans être ouverte. Il avait retenté plusieurs fois mais le 31 juillet, il se décida à y aller lui-même.
Il fut d'abord surpris de découvrir que Pétunia Dursley ne vivait plus au 4, Privet Drive. D'ailleurs, la maison était laissée à l'abandon, ce qui faisait un contraste étrange avec la propriété immaculée qu'il avait entraperçu dix ans plus tôt. Comme il n'y avait personne, il se rendit à quelques maisons de là, où il avait placé une Cracmol pour surveiller Harry Potter. Mais à sa plus grande surprise, il s'était avéré que cette dernière était morte voilà six ans de cela. Le vieux Sorcier était maintenant inquiet. Persuadé qu'il avait fait le meilleur choix, il ne s'était pas préoccupé de la vie du Survivant, quand bien même de nombreux Sang Pur l'avaient harcelé pour savoir s'il lui donnait l'éducation à laquelle il devait avoir droit.
Il rentra chez lui et tira quelques ficelles pour savoir ce qu'il était advenu des Dursley. Il réussit à obtenir l'adresse de Pétunia Durlsey, qui avait repris son nom de jeune fille. Le sept août, il sonna à sa porte. A peine eût-elle ouvert la porte qu'elle plissa des yeux.
-Vous êtes l'un d'entre eux, siffla Pétunia.
-Albus Dumbledore, directeur d'Hogwarts, se présenta Albus. Puis-je entrer, madame Dursley ?
-Mademoiselle Evans, corrigea sèchement Pétunia. Depuis six ans.
Elle lui tourna le dos et laissa la porte ouverte. Prenant cela comme une invitation, Albus entra et la suivit dans le salon dans lequel elle s'était installée. Comprenant qu'elle n'allait pas se montrer courtoise, il fit apparaître un service de thé dont il lui servit une tasse mais elle ne fit pas mine de vouloir y toucher.
-Nous avons envoyé à votre neveu Harry Potter sa lettre de bienvenue pour Hogwarts, déclara Albus. Pourquoi ne lui avez-vous pas autorisé à l'avoir ?
-Vous ne savez pas ?! écarquilla des yeux Pétunia
-Savoir quoi ? demanda Albus, perdu
A la place, Pétunia renversa sa tête en arrière et éclata d'un rire hystérique. Elle mit quelques minutes à se reprendre.
-Et le pire, c'était que dans votre lettre, vous aviez certifié que vous nous garderiez à l'œil ! ricana Pétunia. Foutaises !
-Pétunia, je vous en prie … tempéra Albus.
-Pour vous, ce sera définitivement mademoiselle Evans, grinça Pétunia. Nous n'avons pas élevé les cochons ensembles !
Albus cligna des yeux. Peu de personnes se permettaient de le remettre aussi vertement à sa place.
-Ouvrez bien vos oreilles, car c'est la dernière fois que je vais vous adresser la parole, cracha Pétunia. Quand vous vous êtes permis d'abandonner le fils de ma sœur sur le pas de ma porte comme un paquet encombrant, dans la lettre que vous avez laissée, vous aviez assuré que vous aviez posé des protections magiques sur notre maison. Sauf que le sortilège de Haine Douce a totalement dégénéré !
Albus sursauta. Le sort en question devait seulement permettre à Harry de devenir plus fort dans l'adversité.
-Oh oui, gronda Pétunia. Vernon est devenu extrêmement violent. Il a commencé par me rouer de coups et quand ça ne suffisait pas, il s'en prenait à Harry et Dudley.
Albus déglutit péniblement.
-Il a fini par perdre son travail et à passer ses journées à boire, continua Pétunia. Et il nous battait, encore et encore. C'était pire quand Harry avait des éclats de magie. Combien de fois nous nous sommes retrouvés en sang ? Trop pour les compter, malheureusement.
Albus prenait peur.
-Les garçons avaient cinq ans quand Vernon a imaginé dans les brumes de sa beuverie un moyen pour avoir de l'argent, déclara Pétunia les yeux secs. Un soir, j'ai découvert quatre inconnus dans notre maison.
Pétunia se redressa.
-J'ai été violée sous les yeux de mon mari qui n'en avait rien à faire, cracha Pétunia. Et quand j'ai été trop brisée pour les intéresser, ils se sont tournés vers une autre source de plaisir.
-Les enfants Sorciers ne peuvent être violés, certifia Albus d'une voix faible.
-Dites ça à Harry, répliqua Pétunia. Il a été le premier à passer et j'entends toujours ses hurlements de douleur et de désespoir dans ma tête, mêlés à ceux de Dudley. Une lueur noire est sortie et a tout fait exploser. J'en ai réchappé uniquement parce que je tenais les garçons que j'avais enfin pu récupérer dans les bras.
-Où sont-ils ? pressa Albus
-Ils sont MORTS ! rugit Pétunia en se levant brutalement. En tuant leurs bourreaux, certes, mais ils sont MORTS ! A cause de votre sort, Vernon est devenu un monstre ! La magie d'Harry était devenue instable ! Et Dudley a réprimé la sienne au point de devenir un Obscurus !
Les yeux d'Albus s'écarquillèrent. Le Survivant était mort ! Comment allait-il pouvoir combattre Voldemort qui reprenait des forces ?
Mais une petite voix émergea de sa panique.
-Comment savez-vous tout cela ? demanda Albus, suspicieux
-Les Gobelins sont arrivés dès que leurs alarmes leur ont indiqué qu'Harry était mort, répondit machiavéliquement Pétunia.
Albus blanchit.
-Après m'avoir soigné, ils m'ont expliqué que jamais je n'aurais dû avoir la garde d'Harry car selon les lois de votre monde, Harry aurait dû être élevé parmi les siens, cracha Pétunia. Ils ont ensuite examiné les lieux et ont découvert les sorts sur la maison. Ils m'ont demandé si j'étais au courant et je leur ai dit que c'était la personne qui m'avait abandonné Harry sur le pas de ma porte qui en était à l'origine, pour notre protection. Mais ils ont découvert qu'aucun des sorts n'avaient été lancé dans ce but. La Haine Douce, l'Attire-Attention sur Dudley … Tout avait été fait pour qu'Harry soit brimé pendant les premières années de sa vie ! Et les Sorciers ! Seul le fait que nous habitions dans le monde normal nous avait protégés. Il n'y avait pas de barrières de protection de quelque sorte que ce soit ! Et cette soi-disant protection du sang ! Elle n'aurait pu fonctionner que si Harry se sentait chez lui. Mais avec tout ce que vous avez fait, c'était impossible ! Vous avez détruit nos vies !
C'est là qu'Albus les vit. Les cicatrices sur la gorge et les mains de la Moldue. Celles sur son visage. Elle avait véritablement souffert.
-Maintenant que vous vous êtes inquiété que votre arme n'était pas à sa place, il va falloir vous justifier sur tout ce que vous avez fait, Dumbledore ! gronda Pétunia.
-Qu'avez-vous fait, pauvre folle ? se leva brusquement Albus, craignant le pire
-J'ai porté plainte contre vous, annonça Pétunia. Ainsi qu'au nom d'Harry Potter et de Dudley Dursley. Et pas devant votre gouvernement que vous manipulez à loisir mais devant la plus haute autorité de votre monde. Vous allez payer !
Albus s'empara de sa baguette. Si sa plainte arrivait devant le Conseil International des Sorciers, tout ce qu'il aurait entreprit pour l'Angleterre Sorcière serait réduit à néant !
Voyant la panique s'emparer du Sorcier, Pétunia repartit dans un rire hystérique. Elle ne réagit même pas quand il pointa sa baguette sur elle.
Et encore moins quand le sort de mort en sortit.
§§§§§
-C'est fait, fit Ragnok.
Le directeur de Gringotts Grande Bretagne surveillait attentivement les alarmes qu'il avait posées sur l'appartement qu'avait investi Pétunia Evans pour l'occasion. Quand Albus Dumbledore s'y était rendu, il s'était tenu sur ses gardes. Il avait pourtant prévenu Pétunia Evans des risques qu'elle courrait mais avait tenu à annoncer elle-même au Sorcier prochainement déchu de ce qui l'attendait.
-Heureusement que cet appartement n'était qu'un leurre, renifla Pétunia. Je n'ose imaginer dans quel état il est maintenant.
-Il est à votre neveu, indiqua Ragnok. Nous pouvons ajouter la dégradation de bien immobilier dans la plainte.
-C'est une bonne idée, sourit Pétunia. Qu'est-ce qui va se passer ?
-Dumbledore ne sait pas qu'il a été viré de son poste de directeur d'Hogwarts depuis la fin de l'année scolaire, répondit Ragnok.
-Je parie qu'il pense que je viens à peine de déposer plainte, ricana Pétunia.
-C'était le but de la manœuvre, rappela Ragnok. Le Conseil International des Sorciers l'a déjà déchu de son titre de Grand Manitou d'Angleterre et le Magenmagot de celui de Président. Le procès va commencer dans trois jours.
-Dans le monde normal, l'école a une très grande importance, fit Pétunia. Qu'est-ce qui va se passer pour cette école magique ?
-Hogwarts est une entité qui a déjà choisi son nouveau directeur, sourit Ragnok. Lord Merrick Selwyn a bien évidemment accepté cette charge dès à présent et a entrepris de faire de nombreux changements, à commencer par rétablir des cours d'Etudes des Moldus, d'Etudes des Sorciers, d'Etudes des Créatures Magiques et d'Histoire du monde Magique dignes de ce nom.
-Et concernant celui qui a tué Lily ? demanda Pétunia
-Vous serez heureuse d'apprendre que nous l'avons appréhendé lors de la réunion des professeurs il y a une dizaine de jours, annonça Ragnok. Il comptait entrer dans l'école en possédant un professeur avec la bénédiction de Dumbledore. Les autres parties de lui ont toutes été récupérées et isolées.
-Donc il ne viendra plus, comprit Pétunia.
-Il ne reviendra plus jamais, confirma Ragnok.
-Tout est prêt ? demanda Pétunia
-Vos passeports sont là, indiqua Ragnok. La maison à Salem est déjà meublée et les inscriptions pour les garçons ont été confirmées.
Pétunia sourit. Ce qu'elle n'avait pas dit à Dumbledore, c'était que les Gobelins avaient pu faire repartir les cœurs d'Harry et de Dudley. Les enfants étaient restés quelques mois dans le coma, sous la surveillance étroite du pôle Santé Sorcière de Gringotts, en France. Quand ils s'étaient réveillés, Pétunia était également sortie de sa dépression et tous les trois avaient recommencé à vivre. Pour le monde Moldu, Dudley Dursley était mort en même temps que son bourreau de père et Pétunia Dursley se suiciderait après six ans de dépression. Mais avec l'importance des Potter dans le monde Sorcier, il leur avait été impossible d'utiliser la même méthode pour Harry. Mais dans leur malheur, les Gobelins avaient bien été aidé par les manipulations de Dumbledore qui avait caché aux Sorciers anglais la localisation exacte du Sauveur. La petite famille s'était alors installée en France et les deux enfants – Sorciers, on ne pouvait plus en douter – avaient eu une formation complète sur le monde Sorcier qui leur aurait fait défaut s'ils étaient restés en Angleterre. Pour protéger son fils et son neveu, Pétunia avait dû avoir une formation accélérée de ce monde qu'elle avait haï pour ne pouvoir en faire partie. Elle s'accoutumait désormais mieux et élever deux Sorciers était devenu un réel plaisir. Maintenant qu'il était temps pour eux de rejoindre une école de magie, Pétunia Evans, Dudley Evans et Harry Evans-Potter avaient décidé de se reconstruire une vie loin de l'esprit étriqué des Anglais.
Après … lord Potter allait leur apprendre la vie.
