Petit OS d'anniversaire pour ma super copine Damelith !

Il s'agit d'un Pansy x Charlie avec un fond de Drarry !

Merci à Glitterpuline et Genny pour leur relectures de dernière minute qui m'ont sauvé la vie !

Bonne lecture !


Pansy entra dans l'une des cheminées de l'Atrium et disparut dans les flammes vertes de celle-ci. Elle avait eu une longue journée et n'attendait qu'une chose : retrouver son lit.

Elle était rentrée deux heures plus tôt d'une mission particulièrement longue en Côte d'Ivoire, dans le cadre de son travail. En effet, depuis qu'elle travaillait au Département de Régulation des Créatures Magiques, Pansy se voyait très souvent quitter le pays pour faire des recherches multiples et variées, ou bien – et cela avait été le cas les semaines passées – pour enquêter sur des cas bien précis qui posaient problème au Ministère ou menaçaient le Secret Magique.

Cette fois-ci, son supérieur l'avait placée sur l'affaire d'une créature bien précise : le Génie. Elle avait passé un mois entier à investiguer sur une entreprise de braconnage qui avait mené des villageois moldus à s'inquiéter d'un monstre dans les eaux alentour. Ainsi, à l'aide de quelques employés du Ministère Ivoirien, Pansy avait arrêté les braconniers et rendu leurs libertés aux Génies qui avaient été enfermés dans des rivières inadaptées à leur condition.

Cette affaire avait été particulièrement longue et la jeune femme en rentrait épuisée. De plus, le rapport qu'elle avait dû faire à son supérieur l'avait encore plus fatiguée. Elle avait passé deux heures dans son bureau et ils avaient été en désaccord tout du long. Elle avait bien trop de fierté pour admettre lorsqu'elle avait tort et, lui, il manquait d'humilité, ce qui menait très souvent à des conflits.

Elle était donc ravie d'enfin rentrer chez elle, prête à s'effondrer dans son lit et rattraper des tas de nuits de sommeil.

Il était déjà huit heures lorsqu'elle apparut dans l'âtre de la cheminée de sa chambre. Sous la porte de celle-ci, elle pouvait voir que les lumières du séjour étaient allumées. Elle entendait un air de jazz flotter dans l'air et le brouhaha léger de discussions résonner dans la pièce adjacente.

Pansy sourit. Elle était chez elle.

Elle s'empressa de retirer sa cape, posa son sac de voyage au pied de son lit et quitta sa chambre, excitée à l'idée de retrouver ses amis les plus proches.

Et en effet, en rejoignant le salon, elle tomba sur Théo et Drago, installés dans de grands fauteuils, discutant autour de verres de whisky Pur-Feu.

Son entrée se fit aussitôt remarquer et les deux jeunes hommes se tournèrent vers elle.

– Pans' ! s'exclama Théo en se levant pour la rejoindre. Je commençais à croire que nous allions devoir trouver une nouvelle colocataire.

Elle pouffa, tout en le prenant dans ses bras.

– Comme si vous étiez capables de supporter quelqu'un d'autre, les taquina-t-elle en embrassant la joue de Théo.

– C'est déjà le cas ! Crois-moi, je commence à en avoir marre de supporter les aller et venues de filles au beau milieu de la nuit, fit Drago en la prenant à son tour dans ses bras.

– Et tu penses que je suis content de prendre le petit déjeuner avec Potter tous les matins ? grogna Théo en haussant un sourcil.

– Ce n'est pas ma faute si tu n'es pas capable de t'afficher officiellement avec quelqu'un, Nott ! Moi au moins, je n'ai aucun problème à ce que les gens sachent que je suis avec Potter, répliqua le blond avec un rictus.

– Par Salazar, je crois que je vais retourner à Daloa si ça continue, bougonna Pansy en se laissant tomber dans un fauteuil.

– Ne nous mens pas, Pansy-Chérie, nous t'avons terriblement manqué, fit Drago en se penchant au-dessus de son siège pour lui chuchoter quelques mots à l'oreille. Et toi aussi.

Elle leva les yeux au ciel mais ne put s'empêcher de sourire en entendant sa dernière phrase.

– Potter n'est pas là ? demanda-t-elle alors qu'il reprenait place dans son canapé.

– Il est chez les Weasley. Dîner de famille, d'après ce que j'ai compris, expliqua-t-il en haussant les épaules.

Elle vit à son regard qu'il semblait triste, mais ne fit aucun commentaire. Elle en parlerait avec lui plus tard. Visiblement, le fait que Potter y aille seul lui posait problème.

Elle se tourna vers Théo, qui lui servait un verre de whisky.

– Et toi ? Toujours pas décidé à avouer ton amour à Ria ? Tu préfères continuer de jouer au Don Juan pour qu'elle te remarque ?

– Très drôle, fit-il en lui tendant son verre. Elle n'est pas intéressée, je vous l'ai déjà dit. Et puis, elle n'est pas du genre à vouloir se poser sérieusement avec quelqu'un.

Pansy leva une nouvelle fois les yeux au ciel et trempa ses lèvres dans le whisky. Elle savait d'avance qu'il serait excellent, ses deux colocataires étant passionnés par les bonnes bouteilles.

– Assez parlé de nous, dit Drago en la voyant prête à répondre à Théo. Comment s'est passé ton voyage ? Tu es restée plutôt vague dans tes lettres.

– Je n'avais pas beaucoup de temps pour moi, à vrai dire. Nous passions nos journées à courir à droite à gauche pour chercher les braconniers. Nous sommes parfois restés des nuits entières allongés dans des champs à attendre qu'ils se pointent. Autant vous dire que ce n'est jamais arrivé. J'avais bien dit aux autres que c'était inutile, mais mon merveilleux supérieur leur avait donné l'ordre de ne pas bouger tant que nous n'avions pas mis la main sur eux.

Elle vit ses deux meilleurs amis échanger un regard entendu, mais décida de les ignorer. Elle n'avait pas fini de leur raconter son périple.

– Il a fallu que je contacte cet idiot par cheminée pour qu'il accepte qu'on lâche l'affaire. Et heureusement ! Nous sommes montés sur des sombrals, prêtés par le Ministère pour ce genre de missions spéciales et nous avons parcouru les environs pendant deux jours. Finalement, nous avons débusqué leur campement, qui était dissimulé derrière des tas de maléfices, que j'ai détecté grâce à quelques sortilèges. Croyez-moi, ceux qui travaillaient avec moi n'avaient pas inventé le jus de citrouille ! Enfin, au moins, ils ont su se servir de leurs baguettes quand il a fallu arrêter les braconniers. C'est moi qui me suis chargée de remettre les Génies à l'eau et de rédiger le rapport officiel qui a été envoyé à la Directrice du Département.

– Tu as été remerciée comme il se doit, j'espère ? demanda Théo avec un sourire tout sauf innocent.

– Très drôle, Nott, grogna-t-elle en le fusillant du regard. Weasley a été insupportable pendant tout le rendez-vous ! Il n'a pas cessé de me dire que j'aurai été plus efficace en lançant des sorts de localisation, plutôt qu'en survolant la zone. Comme s'il ne nous avait pas envoyés dans un champ désert pendant une semaine pour rien !

Ils se jetèrent un autre coup d'œil sceptique et cette fois, Pansy en eut assez.

– Arrêtez ça ! les gronda-t-elle en se levant. Je ne suis pas d'humeur. Je viens de passer une heure avec cet idiot et j'ai tout sauf envie d'entendre des sous-entendus salaces simplement parce que vous pensez que je pourrais me le taper !

– Ce ne sont pas des sous-entendus, répliqua Drago avec un sourire en coin. Nous le clamons haut et fort ! Cette tension sexuelle entre Charles Weasley et Pansy Parkinson est insurmontable ! s'exclama-t-il ensuite théâtralement.

Elle le fusilla du regard et avala cul sec la fin de son verre.

– Je suis fatiguée, je vais me coucher, marmonna-t-elle.

– Pans'... On rigole !

– Très drôle.

– On s'en fiche de ce mec, on voulait juste détendre l'atmosphère. Reste ! l'implora Théo depuis son fauteuil.

– Promettez-moi de ne plus parler de lui alors, demanda-t-elle en les pointant du doigt.

– Promis ! firent-ils d'une même voix en levant les mains au ciel.

Elle ne put rester fâchée très longtemps, bien trop faible face à leurs regards innocents.

oOo

Charlie était installé dans un coin du salon du Terrier, une Bièraubeurre à la main et un bol de chips sur les genoux. Comme chaque vendredi soir, il venait rendre visite à ses parents en dînant avec eux. De plus, le repas mensuel "spécial Weasley" avait lieu ce soir-là. Il se retrouvait donc avec le reste de ses frères et sœurs, leurs compagnons respectifs, ainsi que Harry et Hermione.

Il venait tout juste de les rejoindre, ayant terminé sa journée plus tard que d'habitude. En effet, ce soir-là, un membre de son équipe était de retour de mission. Il avait donc dû s'occuper de son rapport.

Il avait été muté quelques années plus tôt au poste de référent d'équipe, après deux ans à travailler au Département de Régulation des Créatures Magiques du Ministère. Après la guerre, il n'avait pas souhaité retourner en Roumanie, préférant rester auprès de sa famille, sans pour autant s'éloigner de son domaine de prédilection : les dragons. Il avait travaillé un an dans la branche spécialisée dans les créatures dangereuses de son département, avant de s'étendre à un domaine plus large.

Depuis sa mutation en tant que référent, il s'épanouissait à merveille dans son travail. Il choisissait les membres de son équipe, les envoyait sur différentes missions et pouvait même choisir celles auxquelles il voulait participer.

Le seul bémol dans tout cela était la dernière recrue de son équipe. C'était la seule qu'il n'avait pas choisie. La Directrice du Département la lui avait imposée, arguant qu'elle serait parfaite pour compléter son équipe. Il n'avait pas pu dire non.

Depuis, leur mésentente avait fait le tour du ministère. Charlie Weasley et Pansy Parkinson, les deux employés qui ne parvenaient pas à s'entendre.

Elle avait toujours le don de le contredire ! Elle se croyait parfaite et était persuadée de toujours avoir raison ! C'était tout simplement insupportable.

Pas plus tard qu'à son retour, elle lui avait crié dessus – il avait dû insonoriser son bureau – pour lui faire comprendre que sa mission avait pris autant de temps à cause de lui. Quel culot ! Il avait tout fait pour qu'elle se termine au plus vite. C'était sa faute si cela s'était éternisé !

– Tout va bien, Charlie ?

Il releva la tête de son bol de chips et croisa le regard inquiet de sa sœur. Il n'avait pas réalisé qu'il s'était perdu dans ses pensées.

– Oui, oui, répondit-il en souriant aussi naturellement que possible.

– Tu vas finir par briser ce bol si tu continues de le serrer aussi fort, lui fit-elle remarquer en pouffant.

Il retira aussitôt ses mains dudit bol et le posa sur la table basse.

– Longue journée ? demanda Ginny en s'asseyant à ses côtés.

– C'est peu dire, répondit-il en laissant retomber sa tête sur son dossier.

C'était bien le seul siège de la maison qui était adapté à sa grande taille. Sa mère l'avait acheté exprès pour lui.

Il était le plus grand de la fratrie. Avec son mètre quatre-vingt-treize, il battait tous les records. Le seul inconvénient était bien sûr le fait qu'il ne trouve que rarement des sièges qui lui permettent d'être installé confortablement.

– Mission catastrophe ou collègue insupportable ? tenta de deviner sa sœur.

Il grimaça. Elle avait directement compris.

– Parkinson vient tout juste de rentrer de Côte d'Ivoire, répondit-il alors qu'elle posait sa tête sur son épaule. J'ai bien cru que j'allais lui lancer un sort de Mutisme. Elle n'a pas arrêté de me contredire.

– Ce n'est pas nouveau, pouffa-t-elle en lui retirant sa bière des mains pour en boire une gorgée. Reconnais que vous faites toujours du bon travail ensemble, quoi que tu en penses.

Il haussa les épaules.

– Je préférerais que ça se passe calmement. J'en ai plus qu'assez de subir ses petites crises de nerfs. Si elle ne supporte pas d'avoir un supérieur, elle n'avait qu'à pas choisir ce boulot. Elle aurait dû s'y attendre.

– C'est facile à dire. Tu sais très bien qu'elle n'a pas eu le choix.

Il grimaça. Effectivement, il le savait.

Après la guerre et les procès qui avaient suivi, la plupart des familles de Mangemort – dont Pansy faisait partie à cause de son père – s'étaient retrouvées sans rien après que le Ministère ait perquisitionné tous leurs biens.

Ainsi, et ce pour pouvoir remonter la pente, beaucoup avaient dû trouver un emploi en urgence. Cela avait été le cas de Pansy, qui s'était retrouvée au Département de Régulation des Créatures Magiques.

Il savait qu'elle avait fini par gravir les échelons. Elle avait commencé en tant qu'archiviste du département et avait su faire ses preuves. S'il devait être honnête, elle avait beaucoup de talent dans ce domaine. S'ils passaient leur temps en désaccord, cela n'empêchait pas qu'elle soit douée.

– Je ne comprends simplement pas que Austen l'ait envoyée dans mon équipe.

– Peut-être qu'elle savait que, malgré toutes vos discordes, vous faites la paire, répondit Ginny en haussant les épaules. Vous parvenez toujours à venir à bout de vos affaires et tout le monde finit par être satisfait. Vous êtes les seuls à vous plaindre.

Il savait qu'elle avait raison, mais se contenta d'une gorgée de bière comme seule réponse. Il n'avait aucune envie de débattre une nouvelle fois de ce sujet avec sa sœur.

– Blaise n'est pas là ce soir ? lui demanda-t-il pour changer de sujet.

– Pas ce soir, non. Il travaille sur un cas compliqué et va probablement en avoir pour tout le week-end, donc il préférait se coucher tôt.

– Ce qui est compréhensible. Heureusement qu'il ne vit plus avec les autres, alors, plaisanta-t-il en buvant une nouvelle gorgée.

– C'est sûr qu'il aurait eu du mal à dormir correctement, d'autant que j'ai cru comprendre que Harry dormait avec Malefoy ce soir, pouffa-t-elle.

– Merlin, je n'imagine pas l'horreur que les autres vont devoir vivre !

Ils éclatèrent de rire, sans pouvoir s'en empêcher.

Harry et Drago étaient réputés pour leur manque de discrétion et ce depuis qu'ils étaient officiellement ensemble. Après tout, même Charlie, qui pourtant n'habitait avec aucun d'entre eux, les avait déjà surpris.

– À table, les enfants ! les appela alors Molly depuis la cuisine.

Charlie et Ginny ne se firent pas attendre. Ils ne purent s'empêcher de pouffer en s'asseyant en face de Harry.

oOo

Lorsque Harry apparut dans les flammes vertes de l'appartement de son petit-ami, celui-ci était plongé dans le noir. Il avait fait aussi vite que possible, sachant parfaitement que Drago l'attendait.

Il se dirigea jusqu'à la chambre de ce dernier sur la pointe des pieds, espérant ne pas réveiller ses colocataires. Il n'avait aucune envie de subir les remarques moqueuses de ceux-ci s'ils le trouvaient ici au milieu de la nuit. Après tout, il n'avait pu partir de chez les Weasley qu'à une heure du matin.

Il frappa deux premiers coups sur la porte, puis trois autres. Un signal qu'il avait inventé pour faire comprendre à Drago qui il était.

La réponse fut rapide. Il entendit un grognement somnolent au loin et s'empressa d'entrer.

Drago était allongé sur le ventre, en travers de son lit, et semblait à moitié endormi. Les couvertures ne s'arrêtaient qu'au bas de ses hanches et il avait passé ses bras sous son oreiller. Seule la lumière de la Lune illuminait la pièce.

– Tu rentres tard, marmonna-t-il d'un ton froid.

Harry se mordit la lèvre. Il s'en voulut aussitôt, conscient que Drago était déjà vexé de ne pas l'avoir accompagné chez les Weasley. Cela avait déclenché une grosse dispute entre eux la veille.

Cependant, comme souvent, Harry avait tendance à oublier lorsque les autres lui en voulaient. Surtout ses proches. Après tout, s'il pouvait être rancunier, ce n'était pas toujours le cas. Et cette fois-ci, il avait oublié à quel point Drago lui en voulait.

Ils s'étaient séparés devant la cheminée du séjour le matin même et le blond s'était contenté de l'embrasser froidement sur la joue avant de partir. Depuis, avec la journée interminable qu'il avait eue, Harry n'avait pas eu le temps d'y repenser. Il s'était contenté de s'imaginer le retrouver après sa visite chez les Weasley.

– Je suis désolé, Molly ne voulait pas que je parte, tenta-t-il de plaisanter en retirant sa veste et ses chaussures.

Sa petite touche d'humour ne sembla pas atteindre Drago, qui ne réagit nullement.

Harry se passa une main derrière la nuque, ne sachant quoi faire. Sa fierté lui criait de ne pas s'excuser pour leur dispute de la veille. Son cœur lui hurlait de serrer Drago dans ses bras en lui promettant de lui offrir le monde. Sa raison, quant à elle, lui souffla qu'il lui fallait agir avec maturité et discuter calmement avec son petit ami.

– Molly et Arthur ont demandé de tes nouvelles, tu sais, lança-t-il en rangeant soigneusement ses chaussures près de l'armoire de Drago.

Il savait qu'il se ferait gronder s'il les laissait traîner.

– Vraiment ? Et qu'est-ce que tu leur as donné comme excuse cette fois ? Tu leur as dit que j'étais malade ? siffla le blond avec amertume.

Il semblait bien moins endormi d'un coup.

Harry sentit son cœur se serrer dans sa poitrine en l'entendant lui parler ainsi.

– Drago, je…

– Laisse tomber, Potter. Je n'ai pas envie d'en parler ce soir. Je suis crevé. Et tu sais quoi ? Tu devrais rentrer chez toi.

Cette fois-ci, les larmes montèrent aux yeux du brun. Il n'arrivait pas à y croire.

– Tu veux que je m'en aille ? demanda-t-il d'une voix tremblante.

Il vit Drago se tendre à ces mots. Il serra son poing dans les draps, sans répondre.

– Drago, je suis tellement désolé, si tu savais, continua Harry, voyant là l'occasion de se confier.

L'entendre le rejeter ainsi pour la première fois lui brisait le cœur. Il réalisait à quel point il avait merdé.

Il s'approcha du lit et s'agenouilla à la hauteur du visage de Drago, qui avait délibérément fermé les yeux. Il osa lever la main jusqu'à son visage et posa sa main sur sa joue. Il sentit le blond frissonner à ce toucher.

– Je n'ai jamais voulu que tu m'accompagnes parce que j'ai peur, avoua-t-il en soupirant. Je m'imagine chaque fois que les choses vont mal se passer et qu'ils ne nous accepteront pas ensemble. J'ai peur que tu sois blessé, que tu ne te sentes pas à ta place.

Il renifla avec ironie.

– Je sais, c'est idiot. Zabini s'est parfaitement intégré avec eux, mais… Je ne sais pas, j'ai l'impression que les choses seront différentes. Qu'ils pourraient me rejeter plus facilement parce que je ne suis pas leur fils. Mais ils sont ma seule famille et…

Il s'arrêta, la gorge nouée par l'émotion. Une seconde plus tard, la main de Drago avait entouré son poignet et caressait l'intérieur de sa paume.

– Je suis désolé. Je te promets que ça ne se reproduira plus. La prochaine fois, nous irons ensemble et nous rentrerons ensemble.

Drago battit des paupières et Harry croisa son regard gris, derrière ses cils pâles.

– Un vrai sentimental, Potter, le nargua-t-il.

– Idiot, pouffa le brun en se frottant les yeux pour s'empêcher de pleurer.

Avant qu'il n'ait le temps de dire quoi que ce soit de plus, Drago le tira dans le lit, jusqu'à ce qu'il le rejoigne sous les couvertures. Il le serra contre son torse, posant son menton sur le haut de son crâne.

– La prochaine fois, dis-le, murmura le blond dans ses cheveux en bataille.

Harry leva les yeux vers lui et hocha la tête.

– Promis, répondit-il tout aussi bas, avant de se hisser vers lui pour poser ses lèvres sur les siennes.

Il tombait chaque jour un peu plus amoureux de cet homme.

oOo

Charlie fit ses aurevoirs à ses parents, puis à sa sœur, avant d'enfin transplaner chez lui.

La soirée avait été particulièrement longue et si certains, comme Harry, George et Fleur, avaient pu rentrer plus tôt, lui s'était senti obligé de rester jusqu'à la fin. Il savait à quel point cela comptait pour sa mère.

Ainsi, lorsqu'il apparut dans son appartement, il était déjà deux heures du matin. Pourtant, il ne comptait pas rester plus longtemps. Il se dirigea vers sa cheminée et une seconde plus tard, disparut dans les flammes vertes de l'âtre.

La chambre était plongée dans le noir lorsqu'il arriva. Les volets étaient fermés et seule une bougie allumée sur une des tables de nuit lui permit de distinguer la forme qui se dessinait dans le lit.

Il s'en voulut d'être arrivé si tard. Ses plans pour le reste de la nuit étaient foutus.

Il sortit silencieusement de la cheminée, faisant de son mieux pour ne pas se cogner la tête contre celle-ci et s'avança dans la pièce. Il retira ses chaussures et s'approcha du lit sur la pointe des pieds.

En s'agenouillant, il put apercevoir le visage de la jeune femme qui était endormie face à lui.

Ses traits étaient bien plus doux lorsqu'elle dormait, il le remarqua aussitôt. Il avait tant de fois eu envie de passer son pouce entre ses sourcils pour détendre les rides qui se créaient lorsqu'elle était en colère contre lui.

Ses longs cils noirs frôlaient le haut de ses joues rondes et son nez en trompette remuait très légèrement lorsqu'elle respirait.

Si habituellement, elle portait un rouge à lèvres bordeaux des plus attirants, elle était cette fois-ci démaquillée. Ses lèvres rosées étaient tout juste entrouvertes.

Elle avait noué ses cheveux dans un chignon simple, malgré le fait qu'elle les porte au carré.

Charlie ne l'avait jamais vue ainsi. Elle qui s'évertuait toujours d'être parfaite, qui faisait attention à son apparence en toute circonstance et qui se voulait de ne jamais montrer ses faiblesses, se retrouvaient dans sa plus simple condition. Elle dormait et semblait plus vulnérable qu'il ne l'avait jamais vue.

Sans qu'il ne puisse s'en empêcher, un sourire étira ses lèvres. Pansy Parkinson était tout simplement magnifique.

Alors qu'il s'apprêtait à se lever et rentrer chez lui pour la laisser dormir, la jeune femme bougea dans son sommeil.

– Charlie ? murmura-t-elle d'une voix endormie, sans même ouvrir les yeux.

Il se figea. Elle ne l'appelait jamais ainsi.

Depuis qu'ils couchaient secrètement ensemble, Pansy s'évertuait à utiliser son nom de famille. Une manière de l'embêter alors qu'il se faisait un plaisir de l'appeler par son prénom.

Cela faisait plus de trois mois qu'ils se fréquentaient maintenant, et ce dans le dos de leurs proches qui auraient été bien trop contents de l'apprendre, après tant de temps à leur répéter qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Cependant, étant l'un et l'autre trop fiers pour avouer leur tort, ils se contentaient de se voir en secret et de s'amuser quand ils en avaient l'occasion.

Pourtant, alors qu'il la regardait, si belle et si paisible, et qu'il l'entendait prononcer son prénom ainsi, Charlie se fit la réflexion qu'il ne tiendrait pas ce secret très longtemps.

– C'est moi, répondit-il à voix basse, sans pouvoir s'empêcher de caresser sa joue.

Il était rare qu'ils aient des gestes si tendres l'un envers l'autre. Pansy répétait toujours qu'il n'y avait rien d'autre que du sexe entre eux.

– Je ne voulais pas te réveiller, je m'apprêtais à rentrer. Je suis désolé d'être venu si tard.

– Reste, dit-elle en retenant sa main alors qu'il se redressait.

Charlie se figea. Il eut l'impression que son cœur s'était arrêté l'espace de quelques secondes.

– Ce n'est pas raisonnable, il se fait tard et tu es épuisée. Nous nous verrons lundi au boulot.

– Reste, répéta-t-elle en raffermissant sa prise sur son poignet.

Elle se décala ensuite pour lui faire de la place. Elle n'avait même pas ouvert les yeux et Charlie hésita. Il avait terriblement envie de la rejoindre, mais ne voulait pas qu'elle regrette cette proposition le matin venu.

– Le lit n'est pas assez grand pour moi, Pans', il vaut mieux que je rentre.

Cette fois-ci, elle ouvrit les yeux et, sans même le regarder, attrapa sa baguette pour agrandir le lit avec un sort. Lorsqu'elle la reposa, elle braqua un regard déterminé dans le sien.

– Dernier appel, Weasley, fit-elle avant de fermer les yeux.

Charlie déglutit et se passa une main sur le visage. Il était perdu. Il avait terriblement envie de dormir avec elle, mais était terrifié à l'idée de tout gâcher. Ils n'avaient jamais dormi ensemble.

– Par Salazar, Weasley, qu'est-ce que tu veux de plus ? Que je te fasse une déclaration ? Enlève tes foutus vêtements et viens me prendre dans tes bras avant que je te fasse sortir moi-même de cette chambre !

Cette fois-ci, il ne se laissa pas réfléchir et s'exécuta, retirant un à un ses vêtements, jusqu'à se retrouver en caleçon. Le lit était tout juste à sa taille lorsqu'il s'y glissa, mais cela lui importait peu. Pansy venait de se blottir dans ses bras et de caler son visage dans son cou.

– Je prends deux sucres dans mon café le matin, fit-elle comme si de rien n'était.

Il ne put s'empêcher d'éclater de rire.

Il attrapa son visage entre ses paumes et l'embrassa passionnément, avant de la serrer contre lui.

Par Merlin, cette fille aurait sa mort !