Frères pour toujours
-Je sais que ce sera dur mais nous n'avons pas le choix, déclara Walburga. Nous t'aimons et nous refusons de te sacrifier.
Sirius soupira.
Ça avait été la stupeur générale quand l'héritier des Black avait été envoyé à Gryffondor. Le jeune garçon avait alors suivi son instinct et s'était fait petit jusqu'aux fêtes de fin d'année où il avait pu rentrer chez lui. A ce moment-là, il avait eu une importante discussion avec ses parents et les avait convaincus de ne pas faire pression sur le directeur pour qu'il le fasse repasser sous le Choixpeau. En effet, il s'était lié d'amitié avec l'héritier des Potter, James, et un autre jeune garçon, Remus. Tous les trois s'entendaient bien et après une période de suspicion, ils avaient commencé à voir Sirius au lieu du Black. De plus, comme le jeune Potter était un cousin, il n'était pas spécialement opposé aux positions de la famille Black. Enfin, s'il s'y était penché.
Mais au retour de l'année scolaire, Walburga et Orion, ayant encore des doutes sur la répartition de leur fils, avaient voulu vérifier que tout allait bien pour lui. C'est alors qu'ils avaient découvert que Sirius avait été ensorcelé très lourdement et ses pensées modifiées pour correspondre au contraire des convictions du clan Black.
Non, sérieusement … vouloir tuer tous les Nés Moldus ? Ils étaient contre leur présence dans le monde Sorcier, certes, mais s'ils étaient correctement éduqués dans leurs traditions et leurs coutumes, ils n'avaient aucun problème avec eux.
Les soupçons s'étaient très vite portés sur les adultes, les seuls pouvant avoir des intérêts à miner la position des Black, les élèves les plus âgés étant encore terrifiés par leur influence.
-Tu vas porter des talismans qui vont protéger ton esprit, déclara Walburga.
-Tu vas également porter un tatouage, annonça Orion.
Sa femme et son fils le regardèrent, bouche bée. Les tatouages Sorciers étaient une pratique assez secrète de leur société. Contrairement à leur équivalent Moldu, les tatouages étaient rangés en trois catégories : la soumission, les dons innés et la protection. La soumission comprenait les contrats signés entre deux Sorciers en échange d'un service ou le remboursement d'une dette magique, les dons innés étaient la marque de la puissance d'un Sorcier qui apparaissait de manière spontanée et la protection renforçait la magie du porteur. Alors que les dons innés pouvaient apparaître à tout âge, on attendait que les porteurs atteignent au moins dix-sept ans pour qu'ils aient des marques de soumission ou de protection. Donc en faire porter une à un enfant de douze ans était assez rare. Mais les circonstances l'exigeaient.
-Père … protesta Sirius.
-Je sais, ça peut être dangereux, déclara Orion. Mais comme l'a dit ta mère, nous t'aimons et nous refusons de te sacrifier. Le tatouage est le meilleur moyen sans que tu ne te fasses remarquer. De plus, plus personne ne pourra t'influencer, même nous. Tu seras indépendant. Ce sera une très grande responsabilité pour te permettre de rendre honneur à notre famille.
-Oui, père, capitula Sirius.
-Va te coucher, poussa Walburga. Nous allons prendre rendez-vous demain matin.
Le couple regarda avec inquiétude leur fils aîné monter les escaliers.
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-Nous avons également eu des doutes quand il s'est avéré que James n'était pas puni sévèrement pour ses bêtises, avoua la Sorcière après avoir pris une gorgée de thé.
Les Black n'avaient pas attendu le retour de leur fils pour faire avancer leur enquête. Ayant entendu parler de l'amitié qui liait leur héritier à celui des Potter, ils avaient convenu d'un rendez-vous discret après les examens de Sirius. Harrison et Elana Potter avaient accepté, curieux. Walburga et Orion leur avaient révélé ce qu'ils avaient découvert et leurs suspicions.
-Nos soupçons se portent directement sur Albus Dumbledore, révéla Harrison.
-Pourquoi ? s'étonna Walburga
-Depuis la montée au pouvoir de Voldemort, Dumbledore cherche à avoir mon appui, expliqua Harrison. Il est vrai que je me suis battu contre Grindelwald mais honnêtement, il y avait quelque chose qui clochait, autant avec Voldemort qu'avec Dumbledore.
-Le secret qui les entoure tous les deux, verbalisa Orion. Nous avons été approchés par des partisans de Voldemort et nous nous sommes interrogés sur le fait que nous ne savions rien de lui alors qu'il se prétend héritier de Slytherin. Les Malfoy aussi sont circonspects.
Elana et Harrison haussèrent un sourcil. Si les Malfoy se posaient des questions, alors il fallait creuser la situation.
-Dumbledore rassemble aussi des supporters, renseigna Elana. Mais lui privilégie ceux qui ne font pas de magie « noire ».
-Il est encore sur cette distinction fausse ? s'étonna Harrison. Pourquoi ne veut-il pas comprendre que la Magie est une et que seules les intentions la « teintent » ?
-Ce n'est pas le débat d'aujourd'hui, recentra Orion. Notre fils Sirius a été ensorcelé pour correspondre aux « qualités » les plus évidentes de Gryffondor. Je crains que le vôtre l'ait également été.
-Il est vrai qu'il ne jure que par Dumbledore depuis qu'il est revenu, avoua sombrement Harrison. Pourtant, il n'appartient pas à nos cercles.
-Nous allons vérifier, déclara Elana. Si c'est le cas, comme Sirius, qu'est-ce que vous avez prévu de faire ?
-Lui faire porter des talismans de protection, répondit Walburga.
-Ainsi qu'un tatouage de protection, ajouta Orion.
Les Potter furent stupéfaits.
-C'est extrême, constata Harrison. Mais d'un autre côté, c'est justifié. Je propose que si les garçons sont effectivement ensorcelés par la même personne, qu'ils portent tous les deux un tatouage de protection. Dans le cas où leur amitié ne survivrait pas, qu'ils fassent un Serment Sorcier de ne pas le divulguer à qui que ce soit d'autre.
-Nous avons déjà demandé à Sirius de continuer de jouer le jeu comme s'il n'était pas au courant, précisa Walburga.
-Nous allons faire pareil avec James, murmura Elana.
-En espérant que nous ne faisons pas tout ça pour rien, souffla Orion.
