Révolution
Harry savoura lentement sa tasse de café, profitant d'une pause bien méritée. Après avoir fait les batailles des autres, il avait décidé de prendre sa vie en main sans qu'on ne lui souffle dans le cou. Pour cela, il avait pris contact avec des personnes qui n'avait aucun intérêt à le forcer à rester en Angleterre, comme le couple Delacour Weasley. Fleur et Bill avaient été heureux de le recevoir à la Chaumière aux Coquillages quand il était parti et lui avaient conseillé de se réfugier chez les parents de Fleur. Personne ne pourrait l'en déloger sauf s'il tenait à déclencher un incident diplomatique international.
Melissandre Delacour, la grande cousine de la mère de Fleur et Grande Dame, c'est-à-dire la chef de la communauté Vélane la plus proche, avait été géniale. En effet, alors qu'elle rendait visite à la famille Sorcière, elle avait capté des dysfonctionnements magiques autour du brun et l'avait traîné chez son Médicomage. Ce dernier avait été horrifié de découvrir que le jeune Sorcier n'avait jamais été correctement soigné pour tout ce qui lui était arrivé durant sa vie et discrètement, il avait pris contact avec l'infirmière de l'école anglaise. Il s'était avéré que sa tutrice légale, Pétunia, n'avait jamais donné son accord pour que son neveu puisse recevoir des traitements médicaux approfondis. Seules ses blessures les plus graves devaient être soignées, s'il mourait d'une bête angine, ce serait tant mieux. Le directeur, même si ce n'était pas la première fois qu'il se heurtait à la volonté des parents, avait toujours essayé de la faire changer d'avis, en vain.
Pendant plus d'un an, Harry avait donc disparu des radars anglais pour se soigner correctement. La communauté Vélane possédant sa propre clinique, le brun avait pu bénéficier d'une chambre pour ne pas se faire harceler. Il avait fini par se faire des amis parmi les membres du personnel et avait appris à connaître mieux Fleur mais aussi sa sœur Gabrielle, qui venait lui rendre visite dès qu'elle sortait d'école.
Entre deux traitements lourds, Harry s'était de plus en plus intéressé à sa famille. Pour cela, les Gobelins avaient été fantastiques car il lui avait fourni tous les éléments qu'on ne lui avait jamais donnés pendant son enfance et sa scolarité. Se retenant à grande peine de maudire un mort, en l'occurrence Albus Dumbledore, le brun avait demandé une grosse remise à niveau. Pour cela, il avait décidé de prendre conseil avec Andromeda Tonks, qui avait accepté, et qui en avait profité pour s'exiler avec son petit-fils Teddy Lupin en France, dont les lois sur les loups garous lui seraient bien plus favorables que dans leur pays d'origine. Il en avait également profité pour se mettre à niveau scolairement parlant, ayant conscience des lacunes qu'il avait dans certaines matières, notamment la Défense ou encore les Potions.
Ainsi, deux ans après la fin de la guerre, Harry était prêt à se montrer tel qu'il devrait être et avait passé en France ses examens qu'il avait réussi avec des résultats très honorables. Ce fut une grande surprise pour le Magenmagot de le voir réclamer les sièges des Potter et des Black et de faire le ménage autour de lui. A la plus grande stupeur de certains, il s'était également lié d'amitié avec des anciens Slytherin. D'ailleurs, alors que tout le monde s'attendait à ce qu'il épouse dans les plus brefs délais la jeune Ginny Weasley, il avait entamé une relation brève, explosive, tumultueuse et controversée avec Draco Malfoy dont il était resté très proche après leur séparation.
Contrairement à ce que le peuple Sorcier avait imaginé, Harry ne s'était pas réinstallé en Angleterre à son retour. Pire, il avait fait détruire le mémorial construit illégalement sur les ruines de sa maison à Godric's Hollow peu après la mort de ses parents et avait poursuivi en justice les personnes qui en avait fait un lieu de recueillement et un business extrêmement lucratif, en même temps qu'il avait traîné devant les tribunaux tous les auteurs et journalistes qui s'étaient faits de l'argent sur son dos et sans son autorisation.
N'étant plus sous le regard pervers des Sorciers anglais, Harry avait décidé seul de son avenir. Il avait rapidement écarté le métier d'Auror, refusant de chasser les méchants alors qu'il n'aspirait qu'à vivre en paix. Il avait été tenté par le métier de Médicomage mais il savait que son empathie et son grand cœur allaient trop jouer avec ses nerfs. En cherchant çà et là, il avait fini par entamer des études pour devenir maître de Métamorphoses. Il était devenu Animagus essentiellement pour Teddy et avait fini par être fasciné par la matière. Il avait passé sa maîtrise auprès d'un collègue de Minerva McGonagall et dix ans après la guerre, il était professeur Animagus dans une école privée en Suisse.
Aujourd'hui, il se penchait sur le cas de Teddy. Il refusait qu'il aille à Hogwarts pour la rentrée prochaine, notamment parce que de nombreuses choses étaient restées en place alors qu'elles avaient montré leur limite durant la dernière guerre, voire bien avant, et autres petits points déplaisants. Devant lui, il y avait de nombreuses brochures d'écoles qui acceptaient les loups garous. Il avait déjà fait le tour de certaines et avait fait le tri entre celles qui pourraient convenir et les autres. Mais il fallait avouer que son choix avait déjà été fait et qu'il n'avait besoin que de l'accord d'Andromeda pour qu'il puisse y emmener Teddy.
Soudain, quelqu'un frappa à la porte. Se redressant et arrangeant sa tenue, Harry rangea un peu son bureau pendant qu'il invitait son visiteur à entrer.
-Bonjour Fleur, salua Harry.
-Bonjour Harry, répondit Fleur. Désolée mais aujourd'hui, ce ne sera pas une visite de courtoisie.
-Assieds-toi, pria Harry.
La blonde prit place.
-Il parait que tu as accepté d'enseigner à Hogwarts, lâcha Fleur.
Le brun soupira. Il se doutait d'une manœuvre pareille depuis qu'il s'était exilé d'Angleterre. Assez étonnant toutefois qu'on ait attendu autant de temps pour agir.
-Je n'ai pas souvenir d'avoir signé de contrat, railla Harry.
-Il me semblait bien, sourit Fleur. Oh, et tu vas réintégrer Grimmaurd Place. Il parait que tu l'as fait restaurer récemment.
-Si récemment c'est il y a huit ans, haussa des épaules Harry.
-Molly est en train de mettre la touche finale, fit Fleur.
-Quel idiot ! soupira Harry. J'ai oublié de vérifier les autorisations d'accès au manoir ! Elles datent du moment où Sirius a rouvert Grimmaurd Place !
-Là, c'est ta faute, ricana Fleur.
-C'est ça, moque-toi, grogna Harry. Tu as d'autres bonnes nouvelles ?
-Ton mariage ? proposa Fleur
Harry frissonna violemment. C'était véritablement sa hantise.
-Je plaisante, sourit Fleur. Leur étalon fétiche, Ginny Weasley, est en train de s'éclater en Quidditch international depuis sept ans, je te rappelle. Et elle n'a pas l'intention de raccrocher son balai.
Harry soupira de soulagement. Il adorait Ginny depuis qu'elle s'était débarrassée de son encombrant béguin pour lui, ce n'était pas le problème, mais il savait que s'il l'avait épousé, des personnes bien intentionnées auraient jugé utile de s'incruster dans leur vie à deux « pour les aider ».
-Non, je n'ai rien d'autre, fit Fleur. Je savais que tu aimais enseigner mais pas au point de retourner en Angleterre.
-Au moins une personne qui me connait bien dans ce bas monde, sourit Harry. Je ne te retiens pas sinon, ton mari va encore râler. Et je sais que pour ma survie personnelle, il ne faut pas que j'agace un Weasley !
Fleur éclata de rire avant de l'embrasser et de partir.
§§§§§
-La procédure est terminée, annonça Ron. L'union Sorcière sera brisée ce soir à minuit.
Quand Harry avait quitté le pays, par la force des choses, il n'avait gardé contact qu'avec très peu de personnes. A son retour, il s'était fait de nouveaux amis comme Draco mais avait également renoué avec d'anciens amis, dont Ron. Le fait d'être éloigné d'Harry l'avait fait grandir et mûrir et ça avait été sans l'ombre de son célèbre ami qu'il avait pu faire ses preuves à l'école des Aurors. Les mauvaises langues avaient longuement pensé que le roux se servirait du nom de son meilleur ami pour avancer et grimper les échelons mais il n'en avait rien fait. Il était maintenant un Auror Senior apprécié de ses supérieurs et de ses collègues avec de très bons états de service.
Mais malheureux en amour.
Pourtant, tout avait bien commencé. Quelques heures à peine après la fin de la guerre, il avait demandé en mariage la femme dont il était amoureux qui avait accepté. Pendant qu'il faisait une huitième année, elle avait décidé de directement faire ses preuves au Ministère. Ils s'étaient mariés dès qu'il avait obtenu ses examens.
Et la descente aux enfers avait commencé.
Il n'avait rien vu les deux premières années, puisqu'il était pris par le programme des Aurors, puis les deux suivantes en tant qu'Auror junior. Il avait levé le pied quand elle lui avait annoncé qu'il allait devenir papa. Il avait été aux petits soins pour sa femme jusqu'à ce qu'elle accouche d'une merveilleuse fille.
Ça avait été à ce moment-là qu'il avait compris qu'il y avait quelque chose qui clochait. Déjà, il avait été le seul à se réveiller à toute heure du jour et de la nuit pour s'occuper de l'enfant et cela, sans jamais rechigner. Leur vie sexuelle n'était pas palpitante à cause de leurs responsabilités respectives mais depuis la naissance, ils faisaient l'amour de façon mécanique qu'une fois par semaine et le reste, ils faisaient chambre à part, Ron préférant rester au plus près de sa fille. Enfin, le roux s'était aperçu que leur couple n'en portait que le nom puisqu'ils ne faisaient plus rien ensemble. Avec tout cela, il était assez étrange qu'un autre enfant ait vu le jour deux ans après la première ! Malgré l'échec de plus en plus flagrant de leur couple, Ron avait accueilli le petit garçon avec bonheur.
La situation devenant de plus en plus intenable, Ron confrontait de plus en plus souvent sa femme. Mais cette dernière, qui avait obtenu la direction d'Hogwarts peu avant la naissance de leur première enfant, se servait de ses obligations pour éviter toute discussion, sans compter les décisions qu'elle prenait en leur nom à tous les deux sans qu'elle ne lui dise.
Alors Ron avait décidé d'adopter la même tactique. C'était puéril et vicieux mais pour le bonheur de ses enfants, il comptait bien utiliser tous les moyens à sa disposition.
Il avait donc déposé une demande pour briser son union Sorcière.
C'était une procédure assez méconnue mais qui pouvait être utilisée dans quelques cas particuliers, ici l'absence totale de l'un des époux dans la vie de famille sans que ça n'ait été convenu. La preuve la plus flagrante qu'il avait totalement raison de vouloir se séparer de sa femme était qu'elle n'avait même pas daigné répondre à la convocation pour répondre de la décision qui avait été prise. Pendant la procédure, elle n'avait même pas montré qu'elle était intéressée, ne s'indignant même pas du fait qu'elle allait perdre toute prétention sur ses enfants qui, d'après les médias, étaient sa fierté.
Tout cela allait donc prendre fin ce soir.
-Comment tu te sens ? demanda Harry
-Même pas triste, avoua Ron. Je mets quand même fin à presque neuf ans de mariage et je vais me retrouver du jour au lendemain père célibataire. Mais mes enfants auront une autre vie et c'est tout ce que je veux.
-Tu vas quitter les Aurors ? demanda Harry
-J'y réfléchis encore, avoua Ron. Pour l'instant, le chef a accepté mon congé d'un an. Il comprend que ma situation va changer du tout au tout.
-Tu as trouvé une nouvelle maison ? demanda Harry
-Pas encore, avoua Ron.
-Tiens, fit Harry en lui tendant une enveloppe.
-Je ne veux pas … protesta Ron.
-Ce n'est pas de la charité, coupa Harry. Je te loue une des maisons qui m'appartient. Tu auras un loyer à payer et tu pourras disposer des meubles qui sont à l'intérieur. Elle se trouve en Belgique, ça te fera du bien de changer d'air et les enfants aussi.
-Mais … fit Ron.
-Tu as besoin de te recentrer, fit Harry. Tu as besoin de t'éloigner un peu de ce pays. Je ne veux pas être méchant mais ce ne sera pas avec ta mère que tu arriveras à oublier qu'Hermione ne fera définitivement plus partie de ta vie.
Ron soupira. Molly était une mère aimante, on ne pouvait pas le lui retirer, mais elle restait très envahissante. Si elle ne mettait pas son grain de sel, à ses yeux ça ne valait pas la peine. C'était essentiellement à cause de l'ingérence maternelle que la fratrie Weasley quittait dès leurs ASPIC en poche la maison familiale – voire avant, pour les jumeaux. Combien de fois s'était-elle permis d'aller chercher Rose et Hugo chez leur nurse pour les ramener chez elle sans même en aviser Ron ? Trop pour toutes les compter. Et généralement, ça se finissait en dispute à la fois avec Molly qui se plaignait qu'il ne la laissait pas s'occuper de ses petits-enfants comme elle l'entendait et à la fois avec Hermione qui ne voyait pas où était le mal puisqu'ils étaient avec leur grand-mère.
-Je te rembourserai jusqu'à la dernière Noise, assura Ron en prenant l'enveloppe.
-Je n'en doutais pas, sourit Harry. En attendant, je peux garder les enfants le temps que tu prépares vos bagages.
-Merci, souffla Ron. De toute façon, je n'importerai que l'essentiel. S'il le faut, je rachèterai ce qui manque.
-N'oublie d'utiliser ce qui se trouve dans la maison, cligna de l'œil Harry.
-Tu as fait des folies, comprit Ron.
-Ne me reproche pas de gâter ma nièce et mon neveu, fit Harry. Allez, amène-les-moi, je n'ai plus personne aujourd'hui. Je pense qu'ils vont apprécier barboter dans la piscine.
Ron ne put que sourire.
§§§§§
La rentrée des classes avait lieu le soir même. Harry avait fait semblant de ne pas comprendre que s'il avait rendez-vous à Hogwarts le soir même, c'était pour être présenté comme le nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal.
Les gens le pensaient vraiment stupide ?
Le brun avait passé de chouettes vacances en compagnie de Ron et de ses enfants. Ces derniers avaient déménagé depuis trois semaines maintenant et la mère ne semblait pas avoir remarqué leur absence. Le roux était totalement épanoui et depuis qu'il ne travaillait plus, ses enfants étaient heureux qu'il s'occupe entièrement d'eux.
Le brun avait eu du mal à les quitter et avaient dû préparer sa propre rentrée scolaire. Heureusement, il s'était préparé à sa situation actuelle depuis des années donc il savait parfaitement ce qu'il avait à faire. Que ça ne convienne à personne ne lui faisait ni chaud ni froid.
-Tu vas vraiment le faire ? demanda Draco
A son retour de Belgique, Harry s'était rendu chez le blond où il avait rejoint également Théo. C'était grâce à ce dernier que son plan actuel allait se réaliser dans les meilleures conditions.
-Oui, confirma Harry. La guerre a beau être terminée depuis dix ans, cette société continue de fonctionner sur des bases complètement fausses. En fait, rien n'a changé et ce n'est pas ce pour quoi je me suis battu.
-Tu ne choisis pas la méthode la plus calme, ricana Draco.
-Ça suit le même but que notre relation, sourit Harry. Je veux qu'on considère les Slytherin comme des personnes normales et non comme le mal incarné. Ça comprend ce que je m'apprête à faire.
-Tu vas te faire hurler dessus, fit Draco.
-Je n'en ai strictement rien à foutre, s'irrita Harry. J'ai dû renoncer à un poste que j'adorai parce qu'une garce s'est arrangée pour que j'enseigne dans son école sans me demander mon avis et même pas dans ma matière ! Maintenant, elle va comprendre que je ne suis pas sous ses ordres mais surtout, qu'il est temps que le monde Sorcier arrête de mettre sa tête dans le sable. Ils ne veulent pas changer ? Alors je vais les forcer à le faire !
Les deux Slytherin éclatèrent de rire.
§§§§§
Harry adorait son nouveau bureau.
Il l'avait investi dès le lendemain de son arrivée, ayant gracieusement autorisé l'ancien locataire à disposer de toute la nuit pour déménager ses affaires.
Flash-Back
Harry avait fait son entrée juste avant que les élèves de première année ne soient répartis. Minerva McGonagall fut la première à le reconnaître et lui adressa un magnifique sourire en stoppant net son discours de Répartition. Très vite, les élèves le reconnurent et des murmures excités se répandirent dans la Grande Salle. Hermione Granger, directrice d'Hogwarts, mit que quelques instants à le reconnaitre et se leva de sa chaise avec un grand sourire.
-Mes chers élèves, je vous présente votre nouveau professeur de Défense contre les Forces du Mal, notre Sauveur, Harry Potter ! s'exclama Hermione
Une ovation retentit, faisant sourire Harry pendant quelques instants. Il leva la main et obtint immédiatement le silence.
-Je vous remercie de votre accueil, sourit Harry. Mais avant de poursuivre la Répartition, il y a certaines choses à dire.
Hermione fronça des sourcils.
-Cela peut attendre que les élèves rejoignent leurs nouvelles maisons, déclara Hermione.
-Non, assura Harry. Je serais bref.
-Très bien, capitula Hermione.
Harry attendit d'avoir le silence complet avant de reprendre la parole.
-Moi, Harrison James Potter, chef du clan Potter, Héritier de la lignée Gryffondor et de la lignée Serdaigle, réclame la propriété de Poudlard ! proclama Harry
Toutes les bougies s'embrassèrent.
-Impossible ! souffla Hermione
-En tant que propriétaire de Poudlard, je proclame cette école institution indépendante et par conséquent, brise tout lien avec le Ministère de la Magie, continua Harry.
Hermione tomba sur son siège, sentit les liens magiques se dissoudre brutalement.
-En tant que propriétaire de Poudlard, je réclame la direction de l'école, termina Harry.
Hermione fut éjectée de son siège sans douceur.
-Maintenant que cela est fait, fit Harry, faisons les présentations. Contrairement à ce que mademoiselle Granger vous a annoncé, je suis le nouveau directeur de Poudlard, qui est désormais une institution indépendante. A cause de ce nouveau statut, les cours seront suspendus pendant toute la semaine pour que nous mettions au point les nouveaux programmes avec les professeurs. Cependant, je peux d'ores et déjà vous dire que les Répartitions seront suspendues jusqu'à nouvel ordre. A la fin de votre repas, les élèves de première année seront conduits dans un nouveau dortoir dont la salle commune aura des passages vers les salles communes des autres maisons. Vous en saurez plus dès la fin de la réunion du corps enseignant. Je vous souhaite un bon appétit.
Harry frappa dans ses mains et une nouvelle table fit son apparition pour les nouveaux élèves. D'un geste, il invita les enfants à s'installer pour manger tandis qu'il se dirigeait vers la table des professeurs. D'un geste de baguette, il appela un Elfe de maison pour qu'il emmène Hermione vers l'infirmerie puis prit place à son tour.
-J'imagine que nous aurons des explications après le repas, déclara Minerva.
-Exactement, sourit Harry. Bon appétit !
Les professeurs dînèrent dans un silence à couper au couteau puis Harry mena les plus jeunes vers leur nouveau dortoir en compagnie des directeurs de maison avant de se diriger vers la salle des professeurs, où ils étaient attendus, y compris par Hermione furieuse.
-Comment oses-tu ? rugit Hermione
-J'ose comme toi tu as osé envoyer ma démission à mon ancien employeur pour m'engager sur ordre du ministère à un poste pour lequel je n'ai même pas les qualifications ! claqua Harry. Maintenant assieds-toi et laisse les adultes parler !
-Mais … protesta Hermione.
Mais elle ne put plus prononcer un mot et fut collée à son siège.
-Bien, fit Harry. Commençons, voulez-vous ?
-Le Prince de Gryffondor est véritablement l'Héritier de Gryffondor, ricana Severus.
-Ça a été l'une des grandes surprises que m'ont apprise les Gobelins quand je me suis enquis de mon héritage, sourit Harry. Curieusement, il semblerait que d'autres personnes aient été au courant bien avant moi, notamment Voldemort et également Dumbledore et certains de ses pions. N'est-ce pas, Hermione ?
Tous les professeurs virent l'ancienne directrice rougit, signe qu'elle était parfaitement au courant.
-Les Gobelins m'ont également appris que par ma mère, qui descendait d'une longue lignée de Cracmol, je suis également l'héritier de Serdaigle, continua Harry. Grâce à quelques recherches, je suis tombé sur la Charte de l'école et j'ai appris des choses très intéressantes. Ici que l'école a toujours été privée et qu'elle appartient aux descendants des Fondateurs.
-Si je vous suis bien, Voldemort aurait été l'un des propriétaires de l'école ? sursauta Filius Flitwick
-Non, assura Harry, parce qu'il était le descendant d'un cousin de Serpentard, qui est à l'origine de sa mauvaise réputation, répondit Harry. Ce que tous les directeurs savaient s'ils posaient la question à l'école.
Les yeux de Minerva et de Severus brillèrent. Avec une telle information, bien des choses auraient pu se passer autrement, à commencer par le nombre d'adeptes de Voldemort qui avaient cru aveuglément qu'il était véritablement le descendant de Salazar Serpentard.
-La Charte de Poudlard déclare que l'école n'est pas soumise au Ministère pour garantir la même éducation pour tous, poursuivit Harry.
-Qu'est-ce que ça change que vous déclariez l'école institution indépendante ? demanda Pomona
-Déjà, ce qui s'est passé avec Ombrage n'arrivera jamais, assura Harry. Le Ministère ne pourra pas imposer ses programmes qui nous font passer pour des abrutis aux yeux du monde entier. Ensuite, les affaires disciplinaires graves ne pourront plus être étouffées par le Ministère parce que ça concerne les charmantes têtes blondes de nos dirigeants puisque nous pourrons directement faire appel aux Aurors. Nous ne dépendrons plus uniquement des subventions du Ministère pour survivre. Et enfin, c'est l'école qui désignera son directeur, comme ça a toujours été.
Hermione s'agita sur son siège et Harry se tourna vers elle.
-Si c'est pour hurler ou pour me dire que je n'ai pas le droit, je ne te rendrais pas la parole, décréta Harry. Si c'est pour poser une question intelligente, je te la rends.
Hermione hocha la tête et Harry s'exécuta.
-Comment l'école pourrait te désigner directeur ? demanda Hermione
-Je vais entrer dans le bureau du directeur, sourit Harry. Malheureusement pour toi, la pièce qu'occupait Dumbledore était seulement l'antichambre du bureau officiel du directeur.
-Qu'est-ce que tu reproches au Ministère ? demanda Hermione, l'œil noir
-Ta nomination, alors que tu n'as strictement aucune expérience de l'enseignement, sourit vicieusement Harry. Ton parti pris constant contre les Serpentards. Tes ordres pour que le niveau des élèves soit de plus en plus bas. J'en passe et des meilleures.
-Que comptez-vous faire, Potter ? demanda Severus
-Je vais d'abord faire le ménage par rapport aux personnes qui ont une place ici ou non, répondit Harry. Je vais vérifier les comptes pour engager plus de personnes et restaurer certaines parties du château qui en ont bien besoin pour la sécurité des élèves.
-C'est-à-dire ? demanda Minerva
-Je pense renforcer l'infirmerie d'un pédopsychiatre et d'une assistante sociale, révéla Harry.
-Pourquoi ? s'étonna Hermione. Les élèves sont tous très équilibrés !
-Vis dans ton monde de Bisounours, renifla Harry. La maltraitance, la violence, tout ce qui est passé sous silence auprès des professeurs, les élèves ont besoin d'en parler avec des personnes neutres. S'il y avait eu une assistante sociale ici, est-ce que tu penses sérieusement que je serais resté chez les Dursley ? Avec un psychiatre, est-ce que tu penses que Neville serait resté catatonique pendant trois heures après que Croupton Junior ait lancé le Doloris sur une araignée ? Les enfants peuvent se montrer aussi forts qu'ils sont fragiles. Ils doivent voir qu'on peut les aider peu importe leurs origines. Et ce n'est pas en te voyant encenser les Gryffondors pour tout et n'importe quoi, surtout leurs bêtises, qu'ils auront confiance en l'autorité.
-Je sais ce dont ils ont besoin ! s'écria Hermione
-J'en doute, puisque le nombre d'élèves descend un peu plus chaque année où tu es à la tête de l'école, rétorqua Harry. Et si tu remarques bien, il n'y a pas que les Sang Pur qui partent depuis que tu es ici.
Fin Flash-Back
Hermione continuant à s'insurger, Harry lui avait remis le sort de silence et l'avait jetée hors de la pièce avec ordre de vider ses appartements dans les plus brefs délais. Il avait enfin pu discuter avec des personnes qui savaient ce qu'elles faisaient. D'un commun accord, ils allaient supprimer les maisons pour les sept prochaines années pour que la compétition nocive disparaisse totalement. La liste des matières disponibles furent augmentées et les charges des professeurs allégées, sans oublier qu'ils auraient enfin le droit de prendre des apprentis. Ils s'étaient arrêtés à une heure avancée de la nuit pour se donner rendez-vous le lendemain pour une visite approfondie du château pour voir quels étaient les lieux à restaurer en priorité.
Il savait que d'ici peu, le Ministère allait hurler de ne plus avoir la mainmise sur l'école mais Harry allait leur apprendre qu'il comptait bien pousser le pays vers l'avenir.
