Volontés matrimoniales désespérées

Grâce à l'Occlumencie, personne ne pouvait deviner qu'Harry Potter, vingt-cinq ans, était particulièrement agacé de se retrouver au Ministère. D'un pas calme et mesuré, lord Potter-Black se rendait dans le bureau du ministre, la foule se fendant devant le Sauveur. Alors que les badauds s'extasiaient devant la célébrité, le brun pestait dans sa tête qu'il avait dû reporter de nombreux rendez-vous pour satisfaire les caprices d'un Sorcier borné et vraiment vicieux. Mais comme l'invitation était pour le lord, il était plus sûr qu'il s'y rende dans les plus brefs délais.

Après que le secrétaire lui ait indiqué que le ministre de la magie l'attendait, Harry entra dans le bureau.

-Monsieur Clive, salua le brun.

-Milord, répondit Gregor Clive, le ministre de la magie.

-Hermione, ça faisait longtemps, railla légèrement Harry en prenant place à ses côtés.

-Vraiment trop longtemps, répondit Hermione, les larmes aux yeux.

L'arrêt sur image du brun fut imperceptible mais il termina son mouvement comme si de rien n'était alors que son esprit travaillait activement.

Depuis que la paix était revenue, le Trio d'Or refusait d'apparaître aux côtés du Ministère, ne cherchant qu'une vie calme après toutes les aventures de leur adolescence. Mais le nouveau ministre ne l'entendait pas de cette oreille et faisait tout pour traîner les héros de guerre dans toutes les soirées mondaines possibles pour qu'ils attestent que le ministère avait aidé dans l'effort de guerre. En pure perte, bien entendu. Par conséquent, Hermione, Ron et Harry faisaient en sorte de mettre les pieds le moins possible au ministère. La question avait été réglée pour Ron puisqu'il était devenu Auror en France. Hermione, avocate, dès qu'il fallait traiter avec eux, envoyait son cher mari Nathan Nott, cousin du tenant du titre et quant à Harry, Médicomage, comme il était à son compte, il n'avait aucune raison de mettre les pieds ici.

Mais là, cela sentait l'entourloupe à plein nez. D'abord parce qu'Hermione avait été convoquée en même temps que lui. Et surtout …

Elle était sincère.

Visiblement, il avait vraiment manqué à Hermione. Quand on savait qu'ils avaient pris le petit déjeuner ensemble, c'était louche.

Donc ce n'était pas Hermione qui se tenait à ses côtés.

Du coin de l'œil, Harry observa son « amie ». Plusieurs détails lui sautèrent aux yeux, notamment le fait qu'elle était apprêtée. Hermione ne portait jamais de boucles d'oreilles et ne se maquillait que lorsqu'elle sortait avec son mari ou qu'elle apparaissait en tant qu'héritière Nott. Mais jamais pour travailler. De plus, elle portait une robe Sorcière alors que depuis qu'elle avait quitté Poudlard, elle mettait un point d'honneur à ne porter que des tenues Moldues, même pendant les soirées mondaines.

-Bien, fit Gregor Clive. J'ai fait appel à mademoiselle Granger ici présente pour lui soumettre un partenariat entre le ministère et vous. Elle a estimé que c'était une grande opportunité qu'il ne vous faut pas rater.

-Ah bon ? s'étonna faussement Harry. Faites voir.

-Tu peux me faire confiance, Harry, assura Hermione.

Harry sut alors que c'était un piège, et grossier en plus.

-Vraiment ? fit faussement Harry. C'est vraiment dommage qu'Hermione ne soit pas mon avocate alors.

Les deux autres se figèrent.

Un sourire machiavélique orna les lèvres du brun. La plupart des Sorciers pensaient qu'à cause de leur longue amitié, il aurait confié son patrimoine à sa meilleure amie. Or, Hermione s'était spécialisée dans les affaires mixtes et avait fermement refusé de mettre le nez dans les affaires de son meilleur ami car elle voulait être reconnu pour ses propres aptitudes.

-Hermione comme moi ne voulons pas avoir de liens avec le ministère car nous avons des divergences d'opinion, ce dont nous ne nous cachons pas, fit Harry. Alors accepter d'étudier un contrat pour moi … aucune chance.

D'un geste de la main, il prit le contrat et désensorcela le document.

-Un contrat de mariage … grinça Harry. Comme c'est étonnant … ce n'est pas comme si j'avais publiquement déclaré que je ne comptais pas me marier dans l'immédiat. Et avec nulle autre que votre chère nièce par alliance. Comme si elle ne m'insupportait pas assez avec son harcèlement …

Le brun se leva.

-J'emporte ceci, annonça froidement Harry. Je suis certain qu'Amelia Bones sera ravie de voir que vous abusez de votre place pour forcer un lord à épouser quelqu'un qu'il ne veut pas, qui plus est Cho Chang, qui est passé sous tout le Ministère et qui attend un enfant et actuellement sous Polynectar. D'ailleurs, à ce propos, vous savez enfin qui est le père ?

Sur ces mots, il quitta la pièce, laissa le ministre et la Sorcière sous Polynectar en état de choc.