Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
Je vous présente cette nouvelle Brève de vie qui, contrairement aux autres, est beaucoup, mais alors beaucoup plus longue.
Je n'ai pas osé la publier à part parce que je n'étais pas sûre de l'accueil qu'elle aurait.
Bonne lecture !
Gros bizoux
Crystal of Shadow
Harry ne put s'empêcher de soupirer de soulagement alors que le train s'éloignait de la gare de Pré-au-Lard. Quand il ne fut qu'un point à l'horizon, il tourna des talons pour retourner à l'école.
A la fin de l'année scolaire dernière, des mangemorts s'étaient introduits dans Poudlard et avaient voulu tuer le professeur Dumbledore. Malgré sa chute du haut de la tour d'astronomie, ce dernier n'était pas mort, grâce à une barrière protectrice qui empêchait les chutes accidentelles comme les suicides à cet endroit.
En fait, les choses avaient commencé à changer à partir de la rentrée suivante.
Comme Albus Dumbledore se chargeait de continuer à déterminer et à récupérer les autres horcruxes, Harry avait décidé de retourner à Poudlard pour sa septième année. Le banquet de la rentrée avait été chamboulé par l'arrivée d'une élève directement en septième année, Seran Aranla, répartie à Serpentard, qui s'était révélée être lady Serpentard, donc propriétaire d'un quart de l'école. Elle n'avait répondu à aucune question pendant les deux premiers mois, passant la majorité de son temps libre dans un immense grimoire et raflant presque sans se fouler la première place dans toutes les matières, à la plus grande contrariété d'Hermione. Les insultes coulaient sur elle, quand elle ne remettait sèchement à leur place les belligérants – quand Ron avait une nouvelle fois déclaré qu'elle était une mangemorte, Aranla avait montré ses deux bras vierges de tout tatouage et lui avait dit que si c'était pour débiter des idioties à chaque fois qu'il ouvrait la bouche, elle se passerait de ses commentaires et elle ne serait sûrement pas la seule – et refusait catégoriquement de parler de Voldemort.
Tout bascula le premier novembre.
Les élèves apprirent par le biais d'une édition spéciale de la Gazette du Sorcier qu'Albus Dumbledore avait été renvoyé de son poste de directeur de Poudlard. Quand tout le monde fut rassemblé, Aranla avait pris la parole en expliquant qu'en tant qu'héritière de Poudlard, elle était en droit de vérifier si le directeur en place avait bien à cœur de respecter son serment. Puisque ce n'était pas le cas, le vieux sorcier avait dû quitter les lieux et elle avait mis en place de nouvelles mesures en accord avec la charte de Poudlard et les professeurs présents, notamment en rendant à l'école son statut d'institution indépendante et en remaniant totalement les programmes scolaires et la vie de l'internat. Les niveaux des cours avaient alors drastiquement augmenté, comme les systèmes de notation et après une période d'adaptation, tous s'accordaient à dire qu'on les poussait enfin dans la bonne direction pour qu'ils donnent le meilleur d'eux-mêmes. Dans le même temps, le matraquage systématique de la maison Serpentard était désormais sévèrement puni puisqu'il avait été interdit aux professeurs de faire preuve de favoritisme flagrant de manière favorable comme défavorable. Plusieurs professeurs furent remplacés à cause de leurs résultats médiocres et leurs méthodologie inexistantes, notamment Sybille Trelawney, Rubeus Hagrid et Culbert Binns, et Severus Snape fut sévèrement réprimandé pour la vendetta qu'il menait contre la maison Gryffondor en général et Harry Potter en particulier. Il n'enseignait désormais qu'aux classes d'ASPIC tandis qu'un nouveau professeur enseignait aux classes jusqu'aux BUSES.
Ce fut quand les postes de préfets furent redistribués que le feu fut mis aux poudres.
Flash-Back
-ARANLA ! rugit Hermione en débarquant dans la Grande Salle
Harry, qui était descendu plus tôt pour prendre son petit-déjeuner à cause d'une énième insomnie, ne put s'empêcher de sursauter à l'éclat de voix, comme bon nombre d'élèves. Le brun avait bien noté qu'Hermione était agacée que la nouvelle venue soit toujours devant elle dans le classement mais il était clair que ce qu'elle lui reprochait actuellement était bien plus grave.
La brune s'approcha à grands pas de la table des Serpentards et se planta devant la jeune femme.
-Un problème, Granger ? demanda Seran, l'air absolument pas concerné
-Tu peux me dire pourquoi tu as pensé que je ne faisais pas mon boulot de préfète ? cracha Hermione
-Contrairement à ce que tu peux penser, le monde ne tourne pas autour de toi, répliqua Seran. Ce sont les professeurs qui ont exigé de reprendre les postes pour les distribuer plus équitablement parce qu'il semblerait que ces dernières années, le directeur Dumbledore se soit largement passé de leur avis pour les désignations. Si tu dois te plaindre, adresse-toi à eux. Enfin, si tu as le cran de le faire.
Fin Flash-Back
Malheureusement, elle avait eu le toupet de se plaindre au professeur McGonagall qui n'avait pas du tout apprécié les doléances de la jeune fille sur un sujet qui ne la concernait même pas. Hermione avait donc récolté un mois complet de retenues ainsi que l'ordre de présenter des excuses publiques pour bien entériner l'humiliation. Ensuite, le professeur de métamorphoses avait déclaré que si l'équipe enseignante tenait tant à redistribuer les postes, c'est parce qu'à leurs yeux, un préfet devait savoir écouter et aider les élèves sans imposer son point de vue, contrairement à la brune qui chantait les louanges du professeur Dumbledore et vantait ses connaissances lapidaires quand une aide plus spécifique et disponible aurait mieux convenu. Ça avait été à ce moment-là qu'Hermione, Ginny et Ron avaient commencé leur petite vendetta contre Seran Aranla.
Harry, quant à lui, s'en était immédiatement écarté. L'attaque du professeur Dumbledore lui avait fait comprendre que s'il ne se prenait pas en main, personne ne viendrait l'aider à se défendre contre les hordes de mangemorts. Il avait passé l'été – contrairement aux autres années, le professeur Dumbledore n'avait pas voulu qu'il quitte les Dursley pour le QG de l'Ordre – à revoir tous ses cours et sans ses amis sur le dos, il avait compris beaucoup plus de choses. De retour à Poudlard, il s'était forcé à se rendre régulièrement à la bibliothèque et il avait décidé de faire des devoirs presque médiocres pour qu'Hermione les corrige et montre sa supériorité intellectuelle et en rédigeait d'autres qu'il rendait aux professeurs. Ses notes augmentèrent progressivement et comme la brune s'en gargarisait – alors que pas une trace de ses corrections n'arrivait dans les devoirs qu'il présentait aux professeurs – elle n'avait pas le temps de regarder ses lectures hors programme et empêchait Ron de le faire en le faisant travailler.
Mais Harry avait réellement ouvert les yeux lors de la sortie à Pré-au-Lard pour Halloween.
Flash-Back
Les mangemorts avaient attaqué le village au plus fort de la journée. Alors qu'Hermione et Ron s'étaient précipités vers eux pour les combattre, Harry avait préféré pousser les plus jeunes élèves vers les portes de Poudlard en passant par les rues extérieures de l'artère principale.
Soudain, les cris s'arrêtèrent brusquement et Harry se redressa pour voir à quelques mètres de lui Seran Aranla se dresser devant Voldemort.
-Ainsi, c'est donc toi la gamine qui prétend descendre du grand Salazar, souffla Voldemort.
-Ainsi donc, c'est vous qui avait été renié de la lignée de Serpentard pour vous être rendu coupable d'Outrage à la Magie, singea Seran avec un rictus mauvais.
Tous les Sang Pur – y compris les mangemorts – se raidirent. Harry avait appris au fil de ses lectures que l'Outrage à la Magie était le pire crime dont un être magique pouvait se rendre coupable. En même temps, défier ouvertement la mort en découpant non pas une mais au moins six fois son âme pour un semblant d'éternité devait entrer dans cette catégorie …
-Tu ne sais pas de quoi tu parles, siffla Voldemort. JE suis l'héritier de Salazar !
-Ce n'est pas ce que ceci prouve, déclara Seran en présentant sa main où se trouvait un anneau étincelant. Si c'était vraiment le cas, la bague du chef du clan Serpentard ne m'aurait pas accepté.
Ivre de rage, Voldemort lança un doloris sur la jeune femme qui se contenta de l'esquiver. Durant tout le duel, Aranla n'utilisa aucun sort surpuissant ou largement au-dessus de son niveau mais détourna allègrement le répertoire scolaire non pas pour avoir le dessus sur son adversaire mais pour simplement ne pas se faire blesser. Soudain, les aurors débarquèrent et voyant que ses troupes se faisaient submerger, Voldemort sonna la retraite. Alors que les médicomages parcouraient les lieux pour porter secours à ceux qui en avaient besoin, Seran passa aux côtés d'Harry toujours figé et murmura en fourchelangue.
-§Ça, c'est la différence entre une personne qui sait qu'il y a une personne qui veut le tuer et une brebis sacrificielle§.
Le brun écarquilla des yeux, soufflé par la justesse des mots, et ne comprit pas comment il avait regagné son lit sans sentir les larmes qui coulaient sur ses joues.
Fin Flash-Back
Ce jour-là, le brun avait compris que s'il ne recevait pas d'entraînement pour « accomplir son destin », ce n'était pas parce qu'on comptait sur le pouvoir de l'amour pour vaincre mais bien parce qu'on ne voulait pas qu'il survive. Il s'était donc renfermé sur lui-même et en avait profité pour rejeter fermement l'aide bien trop académique d'Hermione quand elle s'était finalement aperçu de ses recherches annexes. Quand la brune avait décidé de déclarer la guerre à Aranla, il avait refusé d'y prendre part et quand elle avait réclamé des explications, il avait décrété qu'il préférait se concentrer sur celui qui voulait le tuer depuis des années plutôt que de s'acharner sur une personne qui avait simplement froissé son ego. Bien entendu, Hermione n'avait pas apprécié du tout et Ron avait rapidement pris son parti, au nom de leur couple. Leur amitié s'était donc distendue et honnêtement, ça n'avait fait ni chaud ni froid au brun qui s'était plongé encore plus dans ses études, bien aidé par les grimoires que lui prêtait Aranla quand il la rejoignait dans la cour privée des appartements d'Aliénor Serpentard, la fille de Salazar. Ils se voyaient deux à trois fois par semaine depuis la rentrée où chacun était libre d'exprimer son opinion, contrairement à ses chers « amis » qui ne juraient que par le professeur Dumbledore et sa vision du plus grand Bien.
Si Harry s'était retrouvé sur le quai de la gare de Pré-au-Lard alors que le train était déjà parti, c'était parce qu'Hermione, Ginny et Ron avaient estimé qu'il allait les suivre pendant les vacances. Aucun d'entre eux ne lui avait demandé ce qu'il voulait faire et cela avait agacé le brun qu'ils disposent de lui sans demander son avis. Leur tête d'ailleurs avait été impayable quand le professeur McGonagall lui avait rappelé l'entretien qu'ils auraient dans une heure et qu'il avait confirmé sa présence.
Notant qu'il n'y avait plus personne sur le quai, il prit le chemin de la sortie, grimpa dans la dernière calèche après avoir tendrement caressé le sombral qui la tirait puis retourna à l'école.
§§§§§
-Ah, Severus ! Nous n'attendions plus que toi ! s'exclama Albus
Ledit Severus se contenta de grimacer devant cette démonstration hypocrite de joie.
Quand les vacances arrivaient, le professeur de potions prenait généralement quelques jours où il corrigeait les devoirs et brassait les potions qu'on lui avait demandé, aussi bien pour l'infirmerie, que pour Voldemort ou pour Dumbledore. Il avait été surpris de recevoir un courrier express de ce dernier le premier jour des vacances le sommant de découvrir pour quelle raison Harry Potter avait refusé de se rendre au quartier général et il avait pu s'acquitter de sa mission que quelques heures plus tôt.
Le directeur de Serpentard ne prit pas la peine de s'asseoir.
-Je ne reste pas, se justifia Severus. Puisque vous vous inquiétez de l'absence de votre golden boy, je me suis renseigné sur la raison de sa présence à Poudlard.
-Alors ? pressa Hermione
Severus retint in extremis la réplique acerbe qu'il avait sur le bout de la langue. Il avait été l'un des seuls à demander ouvertement pourquoi les amis du Survivant avaient besoin de plus de protection que Celui Qui Avait Survécu – traduction : pourquoi est-ce que Potter était resté chez ses moldus alors qu'il aurait été plus en sécurité dans le monde sorcier – et à s'être opposé l'été dernier à l'intégration des deux derniers Weasley et de la mademoiselle Je Sais Tout dans l'Ordre du Phénix alors qu'on refusait celle de Potter.
-Est-ce qu'il y aurait quelqu'un qui lui aurait demandé ce qu'il voulait faire pour les vacances ? demanda simplement Severus
Granger, Weasley numéro six et numéro sept ouvrirent la bouche pour réfuter … avant de finir par la refermer de honte, amenant un rictus machiavélique sur les lèvres du maître de potions. Quand il avait interrogé Potter au repas, ce dernier lui avait simplement dit que personne n'avait estimé nécessaire de lui demander ses projets.
-Mais il savait que nous serions heureux de le voir ! s'indigna Molly
-Est-ce que ça empêchait qu'on lui demande ce qu'il voulait faire ? insista Severus. Visiblement, il souhaitait rester à Poudlard, c'est ce qu'il a fait.
-Il ne devrait pas rester seul, sourit Albus. Les enfants retourneront avec toi à l'école pour …
-Je vous arrête tout de suite, grinça Severus.
Maintenant, il devait une semaine de cours particuliers à Aranla qui avait parié que le chef de l'Ordre du Phénix – d'ailleurs, il se demandait comment elle pouvait être au courant de son existence – ne voudrait pas laisser son « héros » sans surveillance.
-Peut-être que ça aurait été possible quand vous étiez encore directeur de Poudlard mais je vous rappelle que les règles ont changé, déclara Severus. Mis à part cas exceptionnel soumis au directeurs de maison, aucun élève n'est autorisé à revenir à l'école pendant les vacances ni à la quitter après le départ du Poudlard Express.
Tous le regardèrent, assez choqués.
-Maintenant que j'ai répondu à votre question existentielle, je vais enfin pouvoir profiter de mes propres vacances, fit Severus.
Le professeur de potions fit demi-tour en faisant voler sa cape et quitta rapidement le QG avant qu'on ne le rappelle.
§§§§§
-Merci de m'avoir permis d'utiliser la cheminée, sourit Harry.
-Tu n'as pas à me remercier, balaya Seran. Nous allons au même endroit et tu es majeur. Tu as donc le droit de quitter l'école pendant la journée.
Le sourire d'Harry s'agrandit.
Les discussions qu'ils avaient eues avec elle la nuit tombée lui avaient fait prendre conscience qu'il aurait dû en savoir plus sur son héritage auprès des gobelins. Mais comme il était toujours accompagné d'Hermione ou d'un Weasley, voire de Dumbledore ou d'un membre de l'Ordre, il était difficile d'avoir la confidentialité requise. Débarrassé de ses boulets mais conscient des membres de l'Ordre ou assimilés encore présents à l'école, il avait longuement réfléchi à la méthode qu'il allait employer pour qu'ils ne puissent pas révéler son échappée sur le Chemin de Traverse. Il savait déjà qu'on ne pourrait pas l'arrêter car comme la majorité des élèves, il avait lu attentivement la Charte de Poudlard et le règlement inhérent aux élèves majeurs. Il en était venu à envisager de prendre les passages secrets avec sa cape d'invisibilité – avant de se souvenir qu'ils avaient tous été condamnés jusqu'à ce que la magie de l'école les estime sûrs – quand Aranla avait annoncé devoir se rendre sur l'artère londonienne pour affaires. Il avait donc attendu qu'ils soient tous les deux pour lui demander d'utiliser son moyen de transport.
Harry ouvrit grand les yeux quand il remarqua à voix haute qu'ils n'étaient pas arrivés au Chaudron Baveur. Aranla nota sa stupéfaction.
-Tu pensais sérieusement qu'on allait arriver dans ce taudis ? ricana Seran. Il n'est connu que parce qu'il permet un passage facile vers le monde des sans pouvoirs et pour la cuisine de la femme de Tom. Généralement, quand les sorciers ont des courses à faire dans le quartier magique, ils utilisent les cheminées du centre de transports magiques.
-Jamais entendu parler, avoua Harry.
-Encore un peu et je pourrais croire qu'on a fait une sélection drastique de ce que tu devais savoir du monde sorcier, pointa Seran. Le centre de transports magiques est indiqué dans toutes les brochures données aux enfants sorciers entrant à Poudlard.
Le mutisme d'Harry lui fit comprendre qu'il allait falloir qu'elle mette également le nez dans l'introduction des nés de moldus dans le monde sorcier.
Ils cheminèrent rapidement vers la banque et entrèrent sans se faire remarquer. Ils firent tranquillement la queue puis quand vint leur tour, ils s'annoncèrent à voix basse. Le guichetier les fit conduire dans une salle d'attente puis ils furent menés dans un riche bureau.
-Seigneur Ragnok, s'inclina Seran.
-Dame Serpentard, salua Ragnok. C'est toujours un plaisir de recevoir la descendante de l'un des fondateurs de la société sorcière britannique. Je ne peux cependant que déplorer la direction qu'elle prend actuellement.
-Nous nous rejoignons, sourit Seran. Puis-je vous présenter mon camarade de classe Harry Potter ?
-Héritier Potter-Black, salua Ragnok. Bienvenue à Gringotts Grande Bretagne.
-Héritier ? ne put que relever Harry
Un silence stupéfait accueillit sa remarque.
-Permettez, dame Serpentard ? fit Ragnok
-Je suis également curieuse, accepta Seran.
-Monsieur Potter, avez-vous eu l'occasion d'avoir un rendez-vous avec l'un d'entre nous pour discuter du patrimoine Potter ? demanda Ragnok
-Non, avoua Harry. Quand je passe à la banque, un gobelin m'amène à mon coffre, je récupère de l'argent pour mes achats scolaires et je pars.
-Un employé de la banque s'est-il présenté quand vous êtes venu ? demanda Ragnok
-La première fois, quand j'ai appris que j'étais un sorcier, un dénommé Gripsec m'a conduit à mon coffre, se souvint Harry. Il avait demandé la clé à Hagrid avant qu'on ne prenne le train pour descendre.
-Hagrid ? intervint Seran. L'ancien professeur de soins aux créatures magiques ?
-A l'époque, il n'était que gardien des sceaux et des clés de Poudlard, précisa Harry. Mais oui. C'est lui qui est venu me chercher chez les Dursley pour m'apporter ma lettre de Poudlard.
-Pourquoi est-ce qu'il a dû t'apporter ta lettre ? s'étonna Seran
Leurs discussions n'avaient guère porté sur leurs enfances respectives donc ça surprenait quelque peu la jeune femme.
-Mon oncle et ma tante ont des réticences par rapport à la magie, avoua avec reluctance Harry. Oncle Vernon a détruit les premières lettres et quand il y a eu des centaines d'hiboux et de chouettes qui sont arrivées dans le jardin, il nous a tous embarqué dans le voiture pour les fuir. Alors qu'on se trouvait dans un phare perdu sur la côte, Hagrid a défoncé la porte pour m'apporter ma lettre et mon premier gâteau d'anniversaire.
Ragnok et Seran se regardèrent. Cela répondait à certaines questions qu'ils s'étaient posés quand ils avaient repris le contrôle de Poudlard.
-Donc, vous n'avez eu aucun entretien avec un conseiller depuis que vous êtes entré dans le monde sorcier, recentra Ragnok. Avez-vous reçu des courriers de la part de la banque ?
-Non, répondit Harry, surpris.
-Est-ce que votre tuteur magique vous a transmis les relevés de compte qu'il a reçu en votre nom ? poursuivit Ragnok
-J'ai un tuteur magique ? s'exclama Harry, surpris
Ragnok se figea avant de se lever et d'attraper un lourd grimoire et de le consulter.
-Oserais-je espérer qu'il ne s'est pas passé ce que je pense qu'il s'est passé ? gronda Seran
-Oui et non, souffla de soulagement Ragnok. La mort de Lily Evans et de James Potter a transféré la tutelle magique d'Hadrian James Potter ici présent à la première personne indiquée dans leur testament, Sirius Orion Black. Cette tutelle a disparu quand monsieur Potter est entré pour la première fois dans le monde sorcier. Dès le moment où il a passé les portes de la banque, il pouvait devenir lord Potter et depuis la disparition de Sirius Black, il peut devenir également lord Black.
-Je peux ? retint Harry
-Tant que tu ne le réclames pas, tu ne l'es pas, éclaira Seran. Continuez.
-Lors de l'emprisonnement de Sirius Black, le Magenmagot a déclaré que la tutelle magique d'Hadrian James Potter serait attribuée à une personne qu'il aurait choisie, fit Ragnok. Toutefois, il semblerait que ce document n'ait jamais été valide parce qu'il aurait fallu que l'ancien tuteur soit destitué de la tutelle. Or, nous savons tous les trois que Sirius Black n'a eu de procès et donc, n'a pas pu être déchu de ses droits, y compris sur le clan Black.
-Vous êtes donc en train de dire qu'Harry est émancipé depuis l'âge de onze ans ? résuma Seran. Alors pourquoi avoir cru qu'il avait un tuteur magique ?
-A cause d'un document voté et signé par le Magenmagot qui autorise celui à qui on avait remis la tutelle d'Harry Potter à pouvoir utiliser tous les coffres et biens immobiliers à son nom, expliqua Ragnok. En vertu des traités signés entre le gouvernement sorcier et la nation gobeline, nous devions nous exécuter.
Les deux adolescents gardèrent le silence quelques instants, bien trop abasourdis pour émettre un mot.
-La personne qui aurait dû avoir la tutelle selon le Magenmagot est bien Albus Dumbledore ? demanda soudainement Seran
-Oui dame Serpentard, répondit Ragnok.
-Harry, fit Seran en se tournant vers le brun. Tu permets que je gère ?
-Vas-y, balbutia Harry.
-Au nom d'Hadrian James Potter, héritier Potter et héritier Black, j'ordonne un audit de tout le patrimoine de ces deux clans, déclara Seran. Je veux une liste de tous les actes effectués par Albus Dumbledore sous le couvert de l'autorisation du Magenmagot sur ces patrimoines, mobiliers comme immobiliers. Tous les flux financiers entrants et sortants des coffres des clans Potter comme Black devront être suspendus jusqu'à ce que leur utilité soit confirmée par l'héritier Potter-Black en personne.
-Concernant les coffres des clans gérés par un tiers ? demanda Ragnok
-Ils appartiennent quand même à ces clans, non ? sourit Seran. Un audit sera fait.
-Bien, dame Serpentard, s'inclina Ragnok.
-Oh, et je les veux le plus rapidement possible, ajouta Seran.
-Je lance l'audit, fit Ragnok.
Le gobelin quitta le bureau, laissant un jeune homme choqué et une jeune femme bouillant d'une colère froide.
§§§§§
Harry Potter n'adressait plus la parole à ses amis depuis qu'ils étaient revenus de vacances, voilà bientôt un mois. Ces derniers s'étaient insurgés qu'il n'ait pas voulu les suivre pour les vacances et qu'il ne les avait pas prévenus mais le jeune homme avait rétorqué sèchement que s'ils ne prenaient pas la peine de demander, personne ne viendrait les renseigner sur l'infaisabilité de leurs projets. Vexés, Hermione, Ginny et Ron boudèrent leur ami mais une semaine plus tard, ils s'étaient rendu compte que le brun n'avait aucunement l'intention de revenir vers eux et pire, qu'il se faisait d'autres amis sans qu'ils ne puissent émettre leur véto.
Harry ne se plaignait pas de ne plus avoir ces trois-là sur le dos, au contraire. A la place, il avait préféré mieux connaître Neville, Dean et Seamus qui, s'ils n'avaient pas vécu les mêmes aventures que lui, offraient des discussions plaisantes comme sérieuses et surtout, le laissaient s'exprimer et donner son avis, au point où il recherchait de plus en plus leur compagnie. Mieux, comme ils n'étaient pas conditionnés pour ne regarder que les Gryffondors et haïr les Serpentards, il avait pu s'ouvrir aux autres maisons sans qu'on lui en fasse le reproche et faire en sorte qu'elles ne le considèrent plus comme une idole intouchable sauf par une poignée d'élus nommés Hermione Granger, Ginevra Weasley, Ronald Weasley et Albus Dumbledore.
Mais la raison principale pour laquelle il ne voulait plus les fréquenter – autre que l'engueulade à leur descente du train – était ce qu'il avait découvert dans l'audit des patrimoines Potter et Black.
Comme l'avait précisé Ragnok, seul l'ordre du Magenmagot avait permis à Dumbledore de faire ce qu'il voulait avec les coffres du clan Potter mais également ceux du clan Black. L'ancien directeur avait puisé de nombreuses fois dedans pour payer des pots-de-vin notamment à Cornelius Fudge, Dolores Ombrage ou encore certains hauts fonctionnaires du gouvernement. Une rente monumentale était versée à Vernon Dursley – chaque mois, il recevait l'équivalent des trois quarts de son salaire sur son compte personnel – mais il s'avérait qu'elle ne représentait qu'un quart de la rente réelle, détournée par le vieux sorcier pour ses propres bénéfices. Il s'était d'ailleurs versé une rente exorbitante parce qu'il était le tuteur magique d'Harry par les bons soins du Magenmagot. Il avait également récupéré plusieurs biens des Potter voire les avait distribués à tout va. Heureusement, il n'avait pas pu faire la même chose avec les biens des Black – Narcissa Malfoy veillait au grain – mais ce n'était pas pour autant qu'il n'avait pas siphonné plusieurs coffres du clan.
Outre le fait qu'Hermione, Ginny et Ron ne juraient que par Dumbledore – et qu'il était au courant qu'ils lui faisaient un rapport hebdomadaire sur tous ses faits et gestes – Harry avait découvert plusieurs contrats faits en son nom dans divers domaines les concernant. Pêle-mêle, il devrait financer intégralement les campagnes politiques d'Hermione, l'équipement de Quidditch ou d'auror de Ron selon ses envies et surtout, épouser Ginny et lui permettre d'user de tout son patrimoine comme s'il était à elle. Il ne s'était pas gêné pour tous les annuler – quand ils n'avaient pas été signés alors qu'il était déjà émancipé, soit après ses onze ans, les contrats étaient caducs parce que Dumbledore n'était pas responsable de lui devant la Magie – mais s'était bien gardé d'en informer les bénéficiaires. Quant aux sommes prélevées, les gobelins lui avaient suggéré de les convertir en crédits aux intérêts exorbitants qu'ils commenceraient à réclamer une fois qu'il ne serait plus à Poudlard.
Seran avait été d'un grand soutien. Elle avait refusé d'assister aux entretiens privés et de connaître les détails de son patrimoine mais elle avait été l'épaule sur laquelle il avait pleuré toutes ses illusions. En fait, la seule chose qu'elle avait accepté de faire, c'était de le couvrir quand il apprendrait l'étiquette avec Neville. Et lui conseiller de porter plainte contre sa famille maternelle.
Flash-Back
Après leur visite chez les gobelins, Seran entreprit, en tant que directrice intérimaire, de lui parler des traces de maltraitance et des carences détectées par l'infirmière et commodément oubliées par Dumbledore. Elle était arrivée à certaines déductions et elle voulait en avoir confirmation.
-Je ne retournerai plus chez eux donc ce n'est pas la peine que j'y pense, fit Harry.
-Vraiment ? railla Seran. Je peux comprendre cela mais il faut que tu prennes en compte certains points.
-Lesquels ? demanda Harry, intrigué
-Cette histoire serait arrivée à un autre, je suis persuadée que tu aurais conseillé à la victime de leur faire payer devant les tribunaux, déclara Seran. En quoi tu n'aurais pas droit à la même justice ? Parce que tu es le Survivant, tu n'as pas le droit de te plaindre ?
-Ce n'est pas ça … protesta Harry.
-Oh, tu leur pardonnes parce que tu sais qu'ils avaient peur de la magie, c'est ça ? railla Seran
Harry la regarda, surprise qu'elle l'ait compris.
-C'est une fausse excuse, asséna durement Seran. S'ils avaient tellement peur de la magie, ils t'auraient immédiatement conduit dans le premier orphelinat venu. Non, ils t'ont gardé, ce qui voulait dire qu'ils t'acceptaient toi et ta magie. La peur peut faire des choses connes, personne ne l'ignore, mais leur pardonner, c'est de la bêtise pure et simple. Je suis certaine que même si tu n'avais pas été sorcier, ils t'auraient traité de la même façon.
-Peut-être pas … fit Harry.
-Je vais te donner mon point de vue et après, tu en fais ce que tu veux, déclara Seran. Si tu ne parles pas de ce qui s'est passé chez eux, ils vont se conforter dans l'idée que ce qu'ils ont fait était tout à fait normal alors que ça ne l'est pas. Qu'est-ce qui se passera si ton cousin avait un enfant qui ne correspondrait pas à leur vision étriquée du monde ? Voire même un sorcier ?
-Impossible ! assura Harry. Dudley n'a pas de magie !
-Après avoir vu comment tu étais traité, tu m'étonnes qu'il ne soit pas sorcier ! ricana amèrement Seran. Sache que la probabilité de la naissance d'un sorcier dans une famille de sans pouvoirs augmente d'autant plus qu'il y en a eu dans la famille proche. Sa tante et son cousin étaient des sorciers donc ça ne m'étonnerait pas que les enfants de ton cousin en soient également. Et après ? Est-ce que tu accepterais qu'ils vivent ce que tu as vécu parce que tu t'es convaincu que c'est la peur qui les fait réagir comme ça ? Tu voudrais sacrifier d'autres vies parce que tu leur as « pardonné » ?
Harry garda le silence.
-Sans oublier que ça a encore un impact sur toi, continua Seran. Tu trembles dès que quelqu'un hausse la voix, tu t'éloignes immédiatement de ceux qui ont une carrure plus imposante que toi, à table tu ne te sers que quand tous tes amis l'ont fait et encore, jamais en quantité suffisante pour un ado de ton âge … Ce sont autant de signes qui montrent que tu n'arrives pas à te défaire ce que ta famille t'a fait. Si tu ne veux pas les attaquer en justice, essaie déjà d'en parler avec un psychologue pour te libérer.
Fin Flash-Back
Harry avait finalement consulté un spécialiste à la fin des vacances et il avait commencé sur ses conseils à rédiger ses mémoires le plus honnêtement possible. Parfois, en se relisant, il se rendait compte de toutes les horreurs qu'il avait traversé mais il n'arrivait pas à se dire qu'il devait leur accorder de l'importance. Les paroles de Seran l'avaient quand même fait réfléchir et il était clair que si Dudley devait un jour avoir des enfants, il serait bien que la justice sache qu'il n'était pas très loin pour qu'il puisse prendre soin d'eux si le besoin s'en faisait sentir.
-Monsieur Potter ? interpella une voix
Harry fut surpris de voir Minerva McGonagall devant lui.
-Professeur, salua Harry.
-Pourriez-vous me rejoindre dans mon bureau après le dîner ? demanda Minerva
-Je serais là, confirma Harry.
Le professeur de métamorphoses eut à peine le temps de s'éloigner qu'Hermione lui sauta dessus.
-Qu'est-ce que tu as encore fait ? gronda Hermione. Tu aurais dû m'écouter et tu n'aurais pas fait de bêtises …
-Parce que demander plus de renseignements sur une maîtrise de métamorphoses est une bêtise ? coupa sèchement Harry. Tu m'apprends quelque chose, là.
La table des lions éclata de rire, faisant rougir de honte la brune.
-Tu aurais pu me demander, fit Hermione.
-Je ne savais pas que tu avais une maîtrise de métamorphoses, railla Harry. Si c'était le cas, tu n'aurais pas à réviser comme une folle pour l'ASPIC.
Les rires montèrent d'un cran.
-Le professeur Dumbledore aurait pu répondre à tes questions pendant les vacances, pointa Hermione.
-C'est dommage que je sois resté ici alors, fit Harry. Ah, mais c'est vrai, c'est ce que je voulais. Qui aurait cru que je ne voulais pas vous suivre sagement ?
L'hilarité commença à gagner les autres tables.
-Parles-moi sur un autre ton, gronda Hermione.
-Et souviens-toi que je ne suis pas ton esclave, rétorqua sèchement Harry. Au cas où tu l'aurais remarqué, je suis un être humain comme toi. J'ai droit également à du respect, comme toutes les personnes autour de toi. Ce n'est pas parce que tu as un an de plus que moi que je suis un incapable. Tout n'a pas besoin de passer par toi pour fonctionner et tu n'as pas besoin de tout savoir pour exister.
Harry lui tourna ostensiblement le dos pour bien lui montrer qu'il ne comptait plus l'écouter. Du coin de l'œil, il nota que Ron et Ginny avaient voulu porter secours à la brune mais Dean et Seamus avaient sorti leurs baguettes et les avaient ouvertement défiés de le faire. Mais conscient qu'il ne pourra jamais manger son repas en paix, il se leva et quitta la Grande Salle.
§§§§§
-Ça devient lassant, soupira Minerva alors que la sonnerie retentissait dans l'école. Veuillez ranger vos affaires, vous connaissez la procédure.
Les élèves acquiescèrent avant d'obéir.
Depuis la nuit de Samain où Poudlard avait repris son statut d'institut indépendant, les attaques contre l'école avaient augmenté de manière exponentielle. Le premier à avoir inauguré le bal était Voldemort lors du dîner du premier novembre.
Flash-Back
Pour faire échos aux nouvelles dispositions qui auraient lieu à Poudlard et qui avaient été annoncées par les journaux, les cours avaient été suspendus pour plusieurs jours. En effet, les professeurs se rassemblaient pour établir les nouveaux programmes, réviser le règlement de l'école et autres points qui les avaient toujours dérangés sous le règne d'Albus Dumbledore.
Le soir, alors que tout le monde dînait tranquillement, une sonnerie retentit dans la Grande Salle qui devint silencieuse.
-Qu'est-ce que c'est ? osa finalement Filius
-Oh, ça ? fit distraitement Seran. Ce sont les barrières de l'école qui nous indiquent que nous sommes attaqués.
Il n'en fallut pas plus pour que les élèves se mettent à paniquer en hurlant et en courant dans tous les sens. Aranla ne bougea pas d'un pouce, continuant de manger son repas, mais quand certains firent mine de vouloir passer les doubles portes, ces dernières se refermèrent sous leur nez, les enfermant à l'intérieur. Cela figea net tout le reste.
-Si vous voulez bien vous calmer, lâcha distraitement Seran en se levant.
Elle prit place sur le fauteuil du directeur – elle avait refusé de rejoindre la table principale, même si techniquement, en tant que propriétaire dirigeant l'école, elle y avait sa place – avant d'embrasser la salle du regard.
-Fawkes ! Pourrais-tu faire venir Léandre, je te prie ? demanda Seran
L'instant suivant, le phénix arriva, le Choixpeau magique dans ses serres.
-L'école est attaquée ? demanda confirmation le Choixpeau
-Il semblerait, fit Seran.
-Tu ne me sembles guère concernée, constata Léandre.
-J'ai passé toute la nuit de Samain à restaurer toutes les barrières magiques que Dumbledore a laissé se détériorer, soit parce que le rituel ressemblait à de la magie « noire » à ses yeux, soit parce que ça servait ses intérêts, haussa des épaules Seran. Si je n'étais pas intervenue, Poudlard serait un véritable moulin.
La tête des élèves était impayable.
-J'ai toujours dit à Dumbledore qu'il n'était pas bon de laisser se dégrader l'école, souffla Léandre. Enfin bref, il n'est plus là et les élèves seront enfin en sécurité. Que puis-je pour toi ?
-Peux-tu me confirmer que tous les élèves sont présents dans la Grande Salle ? demanda Seran
-Bien sûr, sourit Léandre. Il y a actuellement treize élèves qui sont absents.
-Nous allons les chercher, proposa Minerva.
-Inutile, il y a beaucoup plus rapide, s'opposa Seran.
La jeune femme sortit sa baguette, la pointa vers sa gorge pour se lancer un sonorus puis toucha le Choixpeau.
-Ici Seran Aranla Serpentard, déclara Seran. La sonnerie que vous avez entendue indique que l'école est actuellement attaquée. Les élèves sont priés de se rendre dans la Grande Salle pour leur sécurité avant que les portes ne soient fermées. Pour celles et ceux qui n'y sont pas actuellement, vous devriez voir près de vous les armoiries de Poudlard. Veuillez poser la main dessus et prononcer le nom de l'école pour que Fawkes puisse vous repérer et vous ramener en lieu sûr. Si, malgré tout, des élèves refusent d'appliquer les mesures de sécurité, une fois l'alerte levée, ils passeront en conseil de discipline et le renvoi définitif sera la sanction la plus légère. Ce sera le seul avertissement.
Seran désactiva le sort.
-Léandre ? demanda Seran
-Onze ont la main sur les armoiries, renseigna Léandre.
-Fawkes, va les chercher, je te prie, ordonna Seran.
Durant les minutes suivantes, le phénix disparut et réapparut avec les élèves manquants qui furent soulagés de retrouver leurs amis.
-Que pourrais-tu me dire de nos deux insoumis ? railla Seran
-Une élève de Gryffondor et un élève de Poufsouffle, tous les deux en sixième année, répondit Léandre. Ils se dirigent vers l'extérieur de l'école par les passages secrets.
-Quel dommage que je les ai faits tous condamner, ricana Seran. Scelle l'entrée du passage, nous nous en occuperons plus tard.
-C'est fait, indiqua Léandre.
-Merci, sourit Seran. Maintenant, voyons voir qui se présente ici avec d'aussi mauvaises manières.
Le fauteuil pivota vers le mur derrière la table des professeurs qui se brouilla. Rapidement, une image se forma et tout le monde reconnut la frontière de l'école qui donnait sur le chemin menant au village de Pré-au-Lard. Les détails se firent plus précis et toute la population de Poudlard fut stupéfaite de voir Voldemort et plusieurs mangemorts s'acharner sur les barrières magiques.
-Il faut prévenir les aurors ! s'horrifia Pomona
-Déjà fait, balaya distraitement Seran. Poudlard a toujours eu une alarme reliée au bureau des aurors dans des cas d'attaques comme celle-ci. C'est vrai que j'ai eu du mal à la trouver après que Dumbledore l'ait déplacé pendant qu'il était directeur. Mais j'aimerai bien savoir pourquoi il a estimé nécessaire qu'une attaque de Poudlard soit d'abord signalée au bureau des archives du ministère.
L'information ne tomba pas dans les oreilles de sourds et plutôt que de s'appesantir dessus, ils préférèrent se concentrer sur la retransmission en directe de l'assaut des mangemorts.
-Vous n'allez pas agir ? tonna Ron en se levant. Le professeur Dumbledore nous aurait permis de nous battre pour nous protéger ! Moi, j'y vais, et je suis certain qu'Harry aussi !
Le roux se redressa, prêt à quitter la Grande Salle. Mais curieusement, sa tirade n'attira pas l'attention de Seran Aranla qui ne se retourna même pas.
-Albus Dumbledore avait l'habitude de mettre en danger la vie des élèves pour le plus grand Bien, railla doucement Seran. Or, sa tâche n'était pas de les mettre en situation pour les habituer aux potentiels événements qu'ils pourraient rencontrer dans leur vie future mais de leur donner les armes nécessaires pour les affronter. Depuis la fondation de Poudlard, l'école n'a jamais été prise et aucun élève n'a été sollicité pour sa défense. Dumbledore a insufflé l'idée que les élèves devraient prendre les armes parce qu'il n'a jamais réalisé les rituels pour la protection de l'école, de manière consciente ou non. La nuit dernière, je ne me suis pas contentée de renvoyer quelques professeurs et de déclarer Poudlard indépendant de l'influence néfaste du ministère de la magie, j'ai utilisé ma magie pour restaurer toutes les protections installées par les Fondateurs pour lui rendre sa fonction première, celle de forteresse pour les jeunes générations. Aller combattre les mangemorts avec les maigres connaissances que vous avez n'aura que pour but de vous faire tuer, en plus d'être totalement inutile actuellement. Les élèves mineurs sont sous la responsabilité de l'équipe enseignante et je doute qu'elle les laisse se battre tout en sachant qu'ils se feront massacrer pour une cause qu'ils ne comprennent pas, d'un côté comme de l'autre. Quant aux élèves majeurs, je ne les empêcherai pas d'y aller mais je leur poserai simplement une question : est-ce qu'ils pourraient faire réellement la différence en sachant que leur niveau est plus faible qu'un élève passant ses BUSES dans le reste du monde ?
Fin Flash-Back
Le discours d'Aranla avait autant choqué que sa nonchalance devant les images qu'elle avait sous les yeux. La plupart des élèves majeurs de Gryffondor, Serdaigle et Poufsouffle qui étaient prêts à suivre Ron pour se battre, s'étaient rapidement rassis, concédant que lady Serpentard n'avait pas tout à fait tort et que les barrières étaient en train de garder les belligérants hors du domaine. En fait, ce qui les avaient vraiment décidés à ne pas quitter leur place, c'était le fait qu'Harry n'avait pas bronché une seule seconde et qu'il n'avait pas l'intention de suivre son « meilleur ami » pour se battre pour la gloire. Tous les élèves purent donc voir le grand Voldemort se casser les dents sur les protections magiques avant de plier bagages sans que les aurors ne daignent montrer le bout de leur nez. Ces derniers l'avaient d'ailleurs amèrement regretté puisque les barrières les avaient également considérés comme des ennemis de l'école et que Seran s'était fait un plaisir de révéler aux journaux leur absence à l'école alors qu'elle se faisait attaquer.
Régulièrement, donc, les mangemorts tentaient d'entrer à l'école et les aurors de passer en force pour s'y imposer et reprendre le contrôle. Personne ne pouvait prétendre à une aide de l'intérieur car en sa qualité d'institut indépendant, les élèves devaient répondre à son propre règlement. Les deux élèves ayant refusé de rejoindre la Grande Salle avaient donc pu être interrogés sous sérum de vérité après avoir été reconnu coupable d'avoir mis en danger l'école et ses élèves et devant leurs convictions pro Voldemort, les professeurs avaient décidé de les renvoyer définitivement de l'école. Heureusement, Seran s'était révélée bien plus vicieuse encore et les avait transférés dans une école privée sur le continent qui se chargerait de leur montrer les « avantages » de l'idéologie de Voldemort … comme tous les manquements de Dumbledore. L'implacabilité de la nouvelle équipe à la tête de Poudlard avait drastiquement calmé parents comme élèves sur la gestion de l'école ce qui avait conduit les chefs de guerre à ne pas utiliser ouvertement les enfants pour arriver à leurs fins.
Lors des attaques, les élèves se rendaient donc tranquillement dans la Grande Salle où des activités avaient lieu pour détourner l'attention de ce qui se passait à l'extérieur des protections.
Et personne ne s'en plaignait.
§§§§§
Seran Aranla avait réussi à obtenir le respect des élèves en ne les forçant pas à se battre pour une cause ou une autre. En retirant l'histoire de la magie des mains de Binns, les élèves avaient enfin appris ce que Voldemort prétendait vouloir restaurer et ce que Dumbledore avait supprimé pour le plus grand Bien alors que la finalité était loin d'être néfaste. Pour autant, elle ne s'était jamais conduite comme la directrice de l'école, dès qu'elle avait fait ce qu'elle estimait être fait, elle était retournée à sa place d'élèves de Serpentard qui se faisait des amis dans toutes les maisons sans prendre en compte les préjugés. Elle s'était rapprochée par exemple de Neville mais pour le reste de l'école, ça avait été étonnant qu'elle n'en fasse pas de même avec Harry. De toutes les façons, Seran et Harry avaient convenu que leur amitié ne concernait pas personne d'autre qu'eux et qu'elle resterait conscrite au jardin privé des appartements d'Aliénor Serpentard.
Mais comme personne ne pouvait se faire unanimement faire aimer de tous, Seran avait des ennemis. Hermione, Ginny et Ron n'aimaient pas celle qui avait pris la place de Dumbledore. Leur marge de manœuvre avait été réduite puisqu'ils n'étaient plus préfets et comme Harry ne leur adressait plus la parole depuis la nouvelle année, plus personne ne les écoutait dans l'espoir d'obtenir des informations croustillantes sur le Survivant. Ils ne pouvaient même pas se targuer d'être le lien entre celui qui allait défaire Voldemort et son armée, l'Ordre du Phénix. En effet, le brun ne s'était pas tracassé à demander des informations depuis l'année dernière et avec son absence du QG pendant les fêtes de fin d'année, c'était une preuve qu'il n'avait pas l'intention de s'impliquer. Après, ce n'était pas comme si les adultes de l'Ordre avaient l'intention de lui dire quoi que ce soit …
-Aranla ? siffla une voix
La jeune femme, installée dans l'un des jardins intérieurs du château, leva les yeux de son grimoire pour découvrir Ginny Weasley devant elle.
-Weasley, salua Seran.
-Je veux que tu laisses Harry tranquille ! asséna Ginny
-Il faudrait que je l'approche, pour cela, tu ne penses pas ? pointa Seran
-Je vois comment il te regarde, ne te moque pas de toi ! gronda Ginny
La jeune femme haussa un sourcil. Assez franche, elle n'avait pas hésité à demander à Harry s'il envisageait un rapprochement plus intime entre eux deux. Une réponse négative plus tard, la question avait été réglée. La rousse se faisait donc des films … ou sa jalousie parlait.
-Même s'il s'intéresse à moi, où est ton problème ? demanda Seran. Potter n'appartient qu'à lui et les seules personnes qui pourraient s'opposer à ses choix sentimentaux, c'est sa famille. Mis à part la couleur de tes cheveux, tu ne partages rien avec n'importe quel membre Potter. Donc, au lieu de faire semblant de t'inquiéter pour lui, pourquoi tu ne dis pas que tu le veux pour toi toute seule ?
Ginny fit un pas en arrière, comme giflée. Visiblement, elle ne pensait pas qu'elle serait aussi transparente. Elle ne savait pas que tout le monde l'avait grillé depuis sa deuxième année.
-Tu ne sais pas de quoi tu parles, déclara Ginny. Harry m'aime, même Hermione et Ron le disent !
-On parle de ses mêmes personnes à qui il n'adresse plus la parole depuis le nouvel an ? pointa Seran
Ginny serra les poings. Vu comme ça …
-Ne t'approche pas d'Harry ! gronda Ginny
-Tant que ce n'est pas lui qui me le dira en personne, et même si c'était le cas, je n'ai pas à t'obéir, Weasley, décréta Seran. Si tu tiens tellement à sortir avec Potter, commence par le considérer comme un sorcier et non une marionnette dont tu pourrais faire ce que tu veux.
-Harry est … protesta Ginny.
-Il est celui qu'il est et pas celui que les autres veulent qu'il soit, coupa Seran en retournant dans son grimoire. Si tu n'as rien d'autre à me dire, tu devrais y aller.
Comprenant qu'elle venait d'être congédiée, la rousse vida les lieux en tapant violemment des talons.
-Elle est en train de se rendre ridicule, constata une voix.
Cette fois, Seran ne prit même pas la peine de lever la tête vers Harry, parti au petit coin.
-Tu as entendu quoi ? demanda simplement Seran
-Je l'ai vu arriver et je n'avais pas envie de me montrer, s'excusa Harry.
-Pas grave, balaya Seran. Elle n'est pas en train de se rendre ridicule, elle l'est déjà.
-Que veux-tu dire ? s'étonna Harry
-D'après ce que j'ai entendu, elle fait courir qu'elle serait la prochaine lady Potter depuis sa deuxième année, révéla Seran.
-Je l'ai toujours vu avec son béguin pour le Survivant, avoua Harry en reprenant place. Et comme elle était la petite sœur de Ron … je crois que je ne l'ai jamais prise au sérieux.
-Mais ? fit Seran
-Maintenant que j'en sais plus sur mon héritage, je pense qu'elle voulait que ce soit une évidence dans l'esprit de tout le monde pour que j'accepte de l'épouser sans rechigner, fit Harry.
-C'est plausible, concéda Seran. J'ai des théories moins gentilles, vu son … insistance.
-Je t'écoute, fit Harry.
-Soit une personne qui était certaine d'avoir la main haute sur toi lui a promis qu'elle t'épouserait, proposa Seran. Soit … elle sait qu'il y a un contrat de mariage, ce qui expliquerait pourquoi elle a ce comportement aussi hautain et arrogant.
-Il y avait un contrat de mariage entre elle et moi signé par Dumbledore, révéla sombrement Harry.
-Avait ? releva Seran
-Il était caduc, répondit Harry. En fait, j'ai annulé tout ce qu'il a fait. Les gobelins m'ont avoué que certains contractants n'étaient pas contents, ils apprécieront encore moins de se retrouver avec l'avocat des Potter sur le dos.
-Tu ne les as pas encore fait agir ? s'étonna Seran
-J'attends d'avoir terminé l'école pour qu'on ne me reproche pas mon comportement « normal », répondit Harry. Bref, ne prends pas en compte les délires de Ginny.
-Je n'en avais pas l'intention, répondit Seran.
§§§§§
La fin de l'année approchait et les attaques des mangemorts comme des aurors se faisaient de plus en plus virulentes aux portes du domaine de Poudlard. Pour autant, l'école n'avait jamais été aussi bien protégée et aucun élève n'avait à déplorer des aventures bizarres ni d'avoir pu frôler la mort.
Mais alors que le dernier banquet de l'année allait avoir lieu, les alarmes rugirent soudainement avant de s'éteindre tout aussi brusquement.
-Mademoiselle Aranla ? demanda Minerva
-On a désactivé l'une des barrières extérieures depuis le château, annonça Seran, inquiète. Rassemblez tous les élèves dans la Grande Salle, je vais activer de nouvelles protections.
Les plus jeunes étant déjà présents, ils furent poussés derrière la table des professeurs mais les professeurs furent surpris de voir les élèves majeurs hésiter à se mettre à l'abri.
-Qu'est-ce qui se passe ? grogna Minerva
-En fait, c'est Hermione et Ron qui nous ont dit de nous ternir prêts à protéger le château ce soir, avoua Dean.
Seran fit volte-face.
-Une fois que cette histoire sera terminée, on va voir comment ils vont s'en sortir avec une mise en danger d'autrui et complicité de tentative de meurtre au cul, gronda Seran.
-Expliquez-vous, tempéra Severus.
-Il me faudrait des années pour démanteler tout ce que les précédents directeurs ont fait à l'école, soupira Seran. J'avais décidé d'isoler les sorts de Dumbledore avant de m'y intéresser cet été. Or, je viens de découvrir que l'un de ces sorts s'est activé pour créer une brèche dans les barrières extérieures du domaine.
-Je pensais que vous les aviez rétablies ? s'étonna Pomona
-Elles sont renforcées à certains endroits, comme le portail, et plus faibles dans les endroits les moins accessibles, avoua Seran. J'ai peut-être la main sur toutes les protections des Fondateurs mais certainement pas leur puissance ! Tout n'est pas un niveau optimum, malheureusement.
-Qu'est-ce qui s'est donc passé ? demanda Filius
-L'un des sorts de Dumbledore a été activé depuis l'intérieur et a abaissé la première barrière magique, répondit Seran. Je ne fais que supposer mais je pense que ce sont ces petits crétins de Granger et de Weasley qui l'ont fait pour précipiter la bataille finale.
-Comment expliquer que les mangemorts soient arrivés aussi vite ? demanda Minerva
-Il y a des veilleurs tout autour du domaine, haussa des épaules Seran. Il suffisait simplement d'attendre un affaiblissement de la barrière pour nous envahir. Léandre ? Repère-moi ces trois imbéciles, je te prie. Et localise-moi Harry Potter, pendant qu'on y est.
-Hermione Granger, Ginevra et Ronald Weasley se trouvent sur le chemin entre la tour Gryffondor et le hall, répondit le Choixpeau. Oh, Harry Potter se trouve avec eux.
-Je pensais Potter plus intelligent que cela, renifla Severus. Il n'avait pas coupé les ponts avec lui ?
-Ou il a compris qu'ils avaient un lien avec cette attaque, songea Seran.
Elle se tourna vers les élèves majeurs.
-Je ne sais pas ce qui va se passer si je viens à mourir, avoua Seran. Vous serez la dernière barrière pour la protection des élèves. Vous n'intervenez que si les professeurs sont tous hors d'état de nuire, pas avant.
-Mais Hermione … protesta Dean.
-Granger pense qu'elle va faire la différence avec à peine le niveau d'un élève de BUSES dans le reste du monde, coupa Seran. Elle s'imagine qu'en étant du « bon côté », elle ne pourra pas mourir et ses alliés non plus. Sauf qu'elle oublie qu'une guerre, c'est sale, c'est tué ou être tué et que ce n'est pas avec des sorts de stupéfixion ou pire, des bons sentiments, qu'on la gagne. En tant que propriétaire de Poudlard et lady Serpentard, mon rôle est de protéger la nouvelle génération à hauteur de mes moyens. Cela commence d'abord par ne pas vous envoyer sur le champ de bataille sans préparation ou vous donner des cours pour que vous sachiez au moins vous défendre, chose dont s'est bien gardé de faire Dumbledore à de nombreuses reprises. Granger et Weasley perdront la vie à cause de leur idiotie mais il est hors de question que vous les suiviez dans cette folie. Si vous devez vous battre, c'est parce qu'il n'y a plus personne pour vous défendre, pas parce que vous vous sentez obligé d'aller au-devant du danger.
Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent violemment et Hermione Granger, dans sa grande arrogance, se dressa dans l'encadrement.
-Vous attendez quoi ? houspilla Hermione. Voldemort est à nos portes ! Il faut protéger l'école.
Neville observa Seran qui s'était désintéressée d'eux, se repassa son discours avant de prendre une décision.
-Professeurs ? demanda Neville. Est-ce que toutes les barrières magiques sont tombées ?
-Elles ne sont pas prêtes de l'être maintenant qu'elles ont été renforcées, assura Minerva après avoir demandé confirmation à Seran.
-Nous sommes donc en sécurité entre les murs du château, non ? fit Neville
-Si la dernière barrière extérieure tombe, la Grande Salle serra scellée et l'évacuation des élèves commencera, déclara Minerva. Comme les protections ont été réactivées, personne ne sera en danger, sauf si nous venons tous à mourir. Et encore.
-Je vais rester ici pour protéger la retraite des plus jeunes, annonça Neville. Avec notre niveau magique, je pense qu'on sera plus des boulets sur le champ de bataille.
-Nous aussi, abondèrent Dean et Seamus.
Des murmures d'approbation s'élevèrent des rangs des plus âgés.
-Vous n'êtes que des lâches ! beugla Ron. Nous, on va y aller et on va défendre cette école avec nos baguettes !
-Allons-y, nous allons nous battre aux côtés d'Harry ! renifla Hermione
Le duo tourna le dos aux élèves et se précipitèrent dans le hall. La pièce resta silencieuse sous la stupéfaction jusqu'à ce que le Choixpeau ne prenne la parole.
-Tous les élèves sont dans la Grande Salle mis à part Hermione Granger, Ginevra et Ronald Weasley qui ont quitté le château, annonça Léandre.
-J'imagine qu'ils te pensent déjà en train de te battre ? railla Seran
-J'ai commencé à avoir des soupçons quand ils ont refusé de me quitter d'une semelle aujourd'hui, haussa des épaules Harry en sortant de l'ombre. Encore plus quand Ron a souligné en descendant qu'on allait devenir des héros.
-Bon, Léandre, est-ce qu'il y a des combats au niveau de l'entrée du domaine ? demanda Seran
-Oui, puisque la barrière magique rattachée au portail est tombée, révéla Léandre.
-Montre-nous, ordonna Seran.
L'écran reprit sa place et tous purent voir des mangemorts se battre contre une cinquantaine de sorciers tandis que le reste tentait de briser le bouclier derrière les défenseurs.
-Je reconnais Arthur et Molly Weasley, fit Pomona.
Les élèves et les professeurs reconnurent ainsi quelques-uns de leurs proches.
-L'Ordre du Phénix, donc, murmura Harry. C'était à prévoir.
-Tiens donc, Tom est présent également, nota Seran. L'occasion ne peut pas être plus belle pour Dumbledore.
Cela ne manqua pas. L'ancien directeur de Poudlard se présenta devant le mage et se battit avec rage. Toutefois, cela ne dura qu'une dizaine de minutes avant que le vieux sorcier ne soit suffisamment étourdi pour être dépassé. Voldemort s'échina sur la barrière magiques suivante pendant plusieurs minutes avant de passer.
-Mademoiselle Aranla ? s'inquiéta Minerva
-Laissez-moi vérifier, marmonna Seran en fermant les yeux.
Il ne fallut qu'une minute pour qu'elle ouvre les yeux, furieuse.
-LE SALAUD ! rugit Seran. Il a OSE !
-Qui ? demanda Severus
-Dumbledore ! cracha Seran. Je pensais que le sort activé n'avait fait tomber que la première barrière mais non, il a fait bien plus ! Il permet de laisser Voldemort arriver jusqu'ici avec plus de facilité !
Tous les visages pâlirent. C'était encore plus grave qu'ils ne pouvaient le penser !
-Il nous reste combien de temps avant qu'il n'arrive ici ? pressa Sélène
-On va devoir faire un choix, grimaça Seran. Soit je ralentis Voldemort, soit je protège l'évacuation. Dans le premier cas, je pense gagner une trentaine de minutes et tous les élèves seraient à l'abri. Sinon … à peine dix minutes et je ne sais pas combien d'élèves pourraient être en sécurité.
Les directeurs de maison se consultèrent silencieusement.
-Les élèves d'abord, décréta Minerva. Nous commençons l'évacuation.
-Bien, s'inclina Seran.
Elle tourna ses efforts vers la consolidation du passage d'évacuation tandis que certains professeurs l'empruntaient pour escorter les premiers élèves. Conscients qu'ils n'avaient pas beaucoup de temps mais que rien ne servait de paniquer, ces derniers se dépêchèrent de suivre le long cortège.
Les élèves de sixième année s'apprêtèrent à évacuer à leur tour quand la dernière barrière ploya sous la pression de Voldemort.
-Je vais être obligée de fermer le passage pour protéger ceux qui sont dedans, souffla Seran.
-Il reste encore des élèves ! s'horrifia Pomona
-Si je le laisse ouvert, les combats qui auront lieu ici vont rendre instable le passage, expliqua Seran. Je ne prendrais pas le risque qu'ils se fassent tous tuer.
-Nous protègerons les derniers élèves, déclara Filius. Fermez le passage.
Seran obtempéra tandis que les professeurs restants établissaient des protections pour les derniers élèves, même si ces derniers étaient prêts à se battre pour protéger leur seconde maison.
Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent violemment pour laisser passer Voldemort dans toute sa splendeur.
Mais curieusement, seul.
-Tom Riddle, bonsoir, salua Seran en relâchant sa concentration.
-Ne prononce pas ce nom ! siffla Tom
-C'est votre nom de naissance et celui que la Magie vous reconnait, renifla Seran. Ne comptez pas sur moi pour vous appeler par votre nom auto-proclamé !
-Je suis l'héritier de Serpentard ! tonna Tom
-Nous en avons déjà parlé, balaya Seran. Si vous ne vous étiez pas d'abord rendu coupable d'outrage à la Magie, vous auriez peut-être eu le titre. Comme ce n'est pas le cas et que ça ne le sera jamais même si je meurs, ce n'est plus la peine de revenir dessus.
Tout le monde nota la fureur de celui qui terrorisait le monde sorcier.
-Peu importe, déclara lentement Tom en brandissant sa baguette vers les adolescents. Tu vas mourir ici et maintenant ainsi que ton camarade Harry Potter. Adieu ! Avada Kevadra !
Mais aucun rayon vert ne sortit de sa baguette. Surpris, il recommença, toujours sans effet.
-QU'EST-CE QUI SE PASSE ?! rugit Tom
-Ton complexe de supériorité est vraiment pathétique, tu sais, sourit machiavéliquement Seran.
Le mage darda son regard vers la jeune femme, comme le reste des élèves encore sur place, les directeurs de maison mais également Albus Dumbledore, ses sous-fifres Granger et Weasley ainsi que tous les adultes ayant combattu les mangemorts à l'entrée de l'école. Mais quand ces derniers voulurent entrer à leur tour dans la Grande Salle, ils furent arrêtés par un bouclier.
-Tu pensais sérieusement que ta puissance t'avait permis d'arriver ici sans encombre ? déclara Seran. Ou que tu as pu utiliser la petite porte de sortie de Dumbledore à ton avantage ?
Les deux concernés sursautèrent. Ils ne pensaient pas qu'ils seraient découverts aussi vite.
-Tout le monde m'a vu étudier un grimoire pendant deux mois et personne n'a eu les couilles de me demander ce que c'était exactement. J'aurais bien aimé voir vos têtes si je vous avais annoncé que j'avais entre les mains le premier exemplaire de l'Histoire de Poudlard qui, contrairement à sa version commercialisée, retranscrit en temps réel, tout ce qui se passe dans ce château. Absolument tout. Y compris pour les différentes malédictions que chacun d'entre vous avez lancé dans et sur ce château.
Voldemort et Dumbledore pâlirent.
-L'un ne peut mourir tant que l'autre survit, récita Seran. Il n'y a pas qu'une façon de réaliser une prophétie et pour une raison qui m'échappe, vous n'avez retenu que la version de Dumbledore qui veut qu'Harry et Tom s'entretuent. Pourquoi tout de suite l'extrême ? Ça me sidère …
-Où veux-tu en venir, Aranla ? cracha Hermione
Tout le monde vit qu'elle avait essuyé une bataille et que visiblement, elle ne s'en était pas aussi bien sortie qu'elle le prétendait plus tôt.
-Simple, répondit Harry. La prophétie n'indique pas que je doive tuer Tom ni que je serais le seul à le faire. Et ça, Seran l'a très bien compris.
-Je ne suis pas venue les mains dans les poches à Poudlard, sourit Seran. Il a été très facile de se procurer les informations concernant cette guerre qui ont été étouffées pour une raison ou une autre. Mon plan s'est toujours déroulé sans accros, jusqu'au final ce soir.
Les deux aînés haussèrent les sourcils.
-Tu te demandes sûrement, Tom, pourquoi tu n'as plus accès à ta magie, non ? fit Seran
-Personnellement, je suis toujours époustouflé par ce qu'on peut faire avec des cercles d'invocation, intervint Harry.
-C'est de la magie noire ! tonna Hermione. C'est illégal !
-Parce que Dumbledore l'a dit ? renifla Seran
-Ecoutez, jeune fille … commença Albus.
-J'ai été assez surprise de découvrir que tout ce que la population sorcière considère comme de magie « noire » n'a jamais été déclaré légalement comme tel, annonça Seran. Et dire qu'il y en a qui ont été arrêtés pour des délits qui n'existent pas …
La stupéfaction figea tout le monde.
-Mais bref, ce n'est pas le sujet, balaya Seran. En fait, la prophétie qui a fait d'Harry l'Elu non consentant de tout un peuple m'a toujours fascinée. Plus particulièrement le passage où il est clairement dit que Tom marquera comme son égal celui qui le vaincra.
-On sait tous que c'est sa cicatrice qui est la preuve que Tu Sais Qui l'a marqué, déclara Ron.
-C'est ce que j'avais pensé … concéda Seran. Jusqu'à ce que j'apprenne qu'il ne savait strictement rien de sa famille, de son clan et plus généralement du monde sorcier. Sinon, Harry aurait su qu'il était depuis la mort de son père sous la protection d'un sort de fidélité de mort notamment concernant les secrets de sa famille qui lui seraient révélés quand il reprendrait la tête du clan Potter. Il aurait su qu'en tant que descendant de Cadmus Peverell, il aurait une résistance naturelle au sortilège de mort, un secret qui a été scellé avec la mort du dernier lord Potter sauf pour ceux qui auraient directement assisté à la manifestation de cette capacité. Ce qui est votre cas, Dumbledore, puisque c'est vous qui avez assassiné Mathilde Potter, la grand-tante d'Harry, quand elle a découvert votre liaison avec Grindelwald. La cicatrice en forme d'éclair n'est que la preuve flagrante qu'un sorcier a osé s'en prendre à un Potter.
Harry serra les poings. Oui, les secrets des Potter lui avaient appris beaucoup de choses, y compris l'identité des meurtriers des membres de sa famille.
-Un autre point avait gêné ma famille, poursuivit Seran. Il naîtra de ceux qui l'ont par trois fois défié, il sera né lorsque mourra le septième mois … Deux enfants correspondent mais un seul est lourdement protégé. Pourquoi ? En tant qu'aurors et membres de l'Ordre du Phénix, les Potter et les Longbottom étaient en première ligne pour affronter les mangemorts lors de leurs attaques, il était plus que probable qu'ils aient, chacun de leur côté, peu importe la génération, échappé à Tom plusieurs fois donc en toute logique, les deux familles auraient dû être mises sous protection. Il avait fallu un moment pour comprendre l'incohérence.
-Laquelle ? ne put s'empêcher Pomona
-En tant qu'aurors et membres de l'Ordre du Phénix, répéta Seran. Les Longbottom n'étaient pas membres de l'Ordre du Phénix parce qu'ils étaient aurors.
Tous la regardèrent, ne comprenant pas où elle voulait en venir.
-Il y a une vingtaine d'années, le serment des aurors n'était pas le même qu'aujourd'hui, révéla Seran. A l'époque, il empêchait littéralement les aurors de trahir la justice et ils pouvaient perdre leur magie s'ils faisaient mine de se soumettre à quelqu'un d'autre. Vous ne vous êtes jamais étonné de ne pas voir des aurors être mangemorts ou membres de l'Ordre du Phénix pendant la première guerre ? C'est à cause de ce serment. Dumbledore a dû batailler dur pour le changer et il n'a eu gain de cause que quelques mois avant la chute de Voldemort. Mais jamais les Longbottom, que ce soient Franck, Alice ou même Augusta n'ont voulu prêter serment à l'Ordre car cela voulait dire être soumis à son chef ce qui aurait permis à Dumbledore de mettre son nez dans l'éducation de l'un des potentiels Elus, l'autre lui étant totalement acquis puisque James et Lily Potter étaient membres à part entière de l'Ordre et que James était le dernier Potter en vie.
Minerva eut du mal à retenir un cri d'horreur.
-Vous êtes en train de dire que tout a été fait pour que ce soit Harry qui soit choisi comme l'élu de cette prophétie ? hoqueta Minerva
-Vous n'avez jamais trouvé étrange qu'on sache en moins de douze heures qu'une famille cachée sous fidelitas avait été massacrée et que seul leur bébé avait survécu à leur meurtrier ? pointa Seran. Qu'on ait soigneusement entretenu cette célébrité malsaine jusqu'à son entrée à Poudlard et largement après ? Toute cette histoire autour du Survivant est trop bien orchestrée pour que ce soit le fruit du hasard mais personne n'a voulu s'en rendre compte parce qu'Albus Dumbledore a assuré que c'était normal. Mais nous nous éloignons du sujet.
Seran réajusta ses mitaines sachant parfaitement que Dumbledore bouillait que ses plans soient ainsi dévoilés.
-Et le Seigneur des Ténèbres le marquera comme son égal mais il aura un pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore … récita Seran. Dumbledore a argué que ce pouvoir inconnu était celui de l'amour, qui aurait protégé Harry la première fois que Tom avait levé sa baguette sur lui et l'aurait marqué comme son égal avec sa fameuse cicatrice. Sachant maintenant que c'est faux … Que veut dire cette phrase ? Qui dit égal dit échange équivalent. Nous avons alors compris ce qui s'était passé quand Harry m'avait révélé que Tom avait eu besoin de son sang pour retrouver un corps humanoïde. Après que Tom ait déposé une partie de son âme en Harry. L'un des pires Outrages à la Magie. Un horcruxe.
Tom frappa violemment le bouclier qui l'entourait. Ils avaient découvert l'existence de ses horcruxes !
-Ne t'inquiète pas Tom, sourit Seran. Ils ne sont plus que de l'histoire ancienne. Ton journal intime a été détruit avec le venin du basilic que tu as corrompu. Quand j'ai repris le contrôle de l'école, Poudlard a eu la gentillesse de me donner la bague des Gaunt qu'il avait confisqué à Dumbledore ainsi que le diadème de Serdaigle. Les gobelins ont aimablement accepté que je récupère la coupe de Poufsouffle qui était en leur possession car les Lestrange avaient ouvertement bafoué le règlement de la banque, ce qui a entraîné la fermeture immédiate de tous leurs coffres, avec leurs contenus bien évidemment. Regulus Black a découvert le secret du médaillon de Serpentard et l'a dérobé pour le détruire, sans succès. Heureusement qu'il s'agit de mon héritage donc ce fut assez enfantin de le récupérer. J'avoue que Nagini a été assez difficile à capturer mais j'ai eu une aide providentielle. Quant au dernier horcruxe …
-Quel horcruxe ? s'étonna Tom
-Ne me dis pas que tu as été assez naïf pour croire qu'il n'y avait qu'un lien psychique entre Harry et toi, éclata de rire Seran. Tu aurais dû te douter qu'il y aurait plus quand il a vu l'attaque de Nagini à travers ses yeux. Ne me dis surtout pas que tu n'étais pas au courant, l'idiot qui servait de meilleur ami du Survivant s'en est assez indigné dans tous les lieux possibles et inimaginables pour que les rumeurs t'en fassent part.
Ron rougit de colère, fusillant du regard la jeune femme qui n'hésitait pas à le mettre plus bas que terre.
-Quant à Harry, donc, reprit Seran. Il devait se sacrifier pour tuer cette partie de l'âme de Tom, n'est-ce pas Dumbledore ? Un maître des arts de l'esprit ne pouvait pas passer à côté de cela. C'est d'ailleurs pour cela que vous effaciez les souvenirs de Snape à chaque fois qu'il tombait sur l'horcruxe pendant les cours d'occlumencie d'Harry. Pour vous, il devait mourir pour que vous puissiez mettre la main sur le clan Potter. Vous n'avez jamais cherché une autre solution.
-On ne peut pas extraire un horcruxe de son support, affirma Albus.
-C'est vrai, confirma Seran. Mais on peut l'en purifier. Ce que j'ai fait à Beltaine.
Albus sursauta en fixant Harry qui avait un sourire ironique sur les lèvres. Harry n'était donc plus un horcruxe ?!
-Je digresse, je digresse, fit Seran. Est-ce que vous savez quel est le pouvoir que le Seigneur des Ténèbres ignore ? On peut rayer l'amour, puisque c'est la résistance des Potter au sort de mort qui a permis à Harry de survivre. Mais alors, qu'est-ce que c'est ? En fait, ce n'était pas bien difficile à comprendre, c'est le sang d'Harry. Car en le lui prenant de force pour te créer un corps, Tom, tu as fait en sorte d'avoir une dette de vie à l'encontre de toutes les personnes qui t'ont aidé de gré ou de force pour ton rituel. Notre Survivant national peut donc disposer de ta vie sans que tu n'aies ton mot à dire.
Tom écarquilla les yeux de terreur.
-Je trouvais que c'était une punition trop légère, avoua Harry. Alors nous avons cherché autre chose et nous sommes tombés sur un rituel qui nous a tout de suite plu.
-C'est de la magie noire, Harry ! Elle est en train de te corrompre ! hurla Hermione
-Est-ce qu'elle est toujours aussi bornée ? demanda distraitement Seran
-Que veux-tu, on lui a mis dans la tête qu'elle aurait toujours raison alors qu'elle est entrée dans le monde sorcier depuis seulement sept ans, haussa des épaules Harry. Et elle vient critiquer mon arrogance …
Seran agita la main et le plafond magique s'éclaira pour laisser voir un cercle d'invocation illuminé de mille feux.
-Ceci, indiqua Seran, va te permettre de récupérer ton intégrité physique, sourit Seran. Tu n'auras désormais plus cette apparence reptilienne assez hideuse, je trouve. Mais pour cela, il faut une contrepartie … qui est ta magie.
-JE REFUSE ! rugit Tom en s'élançant sur la barrière
-Tu n'as pas le choix ! claqua Seran. En tant que lady Serpentard, j'ai droit de vie et de mort sur tous les membres de ce clan et tu en fais malheureusement partie ! Dumbledore a certainement fait en sorte que ce nom soit synonyme de tous les maux de la terre à cause de ses préjugés mais tu n'as certainement pas aidé en pensant que seuls les sorciers avec toi à sa tête pouvaient diriger le monde !
La magie de la jeune femme l'entoura, formant un halo autour d'elle.
-Une fois que tu auras récupéré ton intégrité physique, psychique et psychologique, tu seras emmené devant la directrice de la justice magique pour répondre de tous tes crimes, décréta froidement Seran. La sanction sera décidée par le Jugement de Magia. Qu'il en soit ainsi.
Le cercle d'invocation s'embrasa, enveloppant entièrement Tom Riddle, avant de s'éteindre et de disparaître, laissant l'homme inconscient sur le sol. Tout le monde resta figé de longues minutes, n'arrivant pas à croire que tout était terminé.
-Je vais m'occuper de l'emmener à Amelia, proposa soudainement Albus en sentant que la barrière qui les maintenait en dehors de la Grande Salle était tombée.
-Ce ne sera pas nécessaire, intervint une voix.
Dans un coin de la salle, un bouclier tomba pour laisser voir Amelia Bones mais également Gladys Ilona, manitou suprême de la confédération internationale des sorciers, avec leurs escortes respectives. Plusieurs aurors internationaux s'avancèrent vers Tom pour lui passer des menottes d'anti-magie, même si c'était inutile, avant de le maintenir magiquement immobile et de le soulever.
-Le dénommé Tom Riddle est désormais mis en état d'arrestation par le conseil international des sorciers, décréta Gladys. Il sera jugé devant l'assemblée qui garantira une objectivité totale, chose dont sont dénués de nombreux procès dans ce pays depuis un certain temps.
-Par ailleurs, Albus Dumbledore, vous êtes en état d'arrestation pour mise en danger de mineurs, déclara Amelia en faisant signe à ses propres aurors d'avancer. Seran Aranla nous a confié un dossier assez surprenant sur tous vos manquements en tant que directeur de Poudlard. Allez-y.
Ainsi se termina la bataille finale.
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La nouvelle de l'arrestation de Voldemort à Poudlard fut placardée dans tous les journaux le lendemain matin mais Seran, en accord avec les directeurs de maison, préféra demander que les parents viennent chercher leurs enfants directement à l'école plutôt que sur le quai neuf trois quarts selon un planning bien précis. Bien entendu, ils ne précisèrent pas que les familles n'allaient pas repasser par le village de Pré-au-Lard pour regagner leurs maisons mais utiliseraient le réseau de cheminée de l'école pour éviter les vautours. De toutes les façons, les élèves avaient été soumis à un sort de secret propre à l'école qui les empêchaient efficacement de dire ce qui s'était passé avant l'annonce officielle de l'équipe enseignante.
Il y avait eu des morts essentiellement parmi les troupes menées par Dumbledore car bien évidemment, elles n'étaient pas suffisamment – voire pas du tout – préparées pour le combat. Les quelques mangemorts qui étaient passés de vie à trépas s'étaient simplement frottés aux protections élevées par Seran, le reste avait perdu connaissance quand Voldemort était entré dans le cercle d'invocation, le choc de la rupture brutale du lien entre les marques des ténèbres et leur maître ayant été beaucoup trop violent. Amelia Bones en avait profité pour les placer en détention préventive pour ensuite prendre le temps de déterminer les responsabilités de chacun.
Pendant que le procès de Tom Riddle était suivi par tous les journaux du monde avec avidité, Harry avait pris son envol. Il avait accepté l'offre de Seran d'utiliser les cheminées de Poudlard pour se rendre à Gringotts récupérer les clés de son domaine immobilier dont il avait confié la restauration aux gobelins. Il avait investi le manoir principal des Potter et avait décidé d'y inviter tout son clan pour célébrer son anniversaire mais également sa prise de fonction de lord Potter. Débarrassé de Voldemort mais également de l'attention presque malsaine de Dumbledore, il était bien plus serein et pouvait s'attaquer aux obligations liées à son clan. Il recevait régulièrement des lettres de ses amis, auxquelles il répondait avec plaisir, comme de ses anciens amis de temps à autre, où ses réponses étaient plus que brèves.
Les années passant, Harry décida de découvrir le monde et de chercher sa propre voie. Quand il revint douze ans plus tard en Grande Bretagne, cette dernière s'était enfin alignée aux nations magiques voisines concernant notamment le respect des peuples magiques, tout cela sous la poigne de fer de Seran et des quatre directeurs de maison qui avaient voulu faire le grand ménage dans toutes les inepties qui faisaient légion sous le règne de Dumbledore. Ce dernier avait perdu tout son prestige et sa fortune après que Seran Aranla Serpentard l'ait épinglé pour avoir fait de Poudlard son terrain de jeu privé en mettant en danger les élèves voire en ne leur apportant pas l'aide dont ils auraient eu besoin – à la demande du brun, son cas ne fut pas pris en exemple – et était devenu un ermite méprisé de tous, surtout quand le peuple sorcier avait appris les conséquences de ses actes, comme la création de Voldemort.
Par curiosité, Harry s'était renseigné sur ce qu'étaient devenus ses anciens amis. Il avait définitivement coupé les ponts avec Hermione et Ron après qu'il se soit engueulé avec eux qui lui reprochaient de ne pas les soutenir ouvertement dans leurs projets. Ça avait été le coup de pied au cul dont il avait eu besoin pour faire ses bagages et quitter le pays. Sans surprise, Hermione et Ron s'étaient par la suite mariés mais il ne s'attendait pas à ce qu'ils aient été chassé de la famille Weasley. Le brun avait appris par le biais de Fred et de Georges que la famille rousse, Molly et Arthur les premiers, n'avait pas apprécié entendre le couple se plaindre que leur contribution à la bataille finale n'ait pas été reconnue à leur juste valeur. Apprendre que s'ils avaient été les seuls élèves blessés était parce qu'ils avaient mis inutilement leur vie en danger avait eu du mal à passer mais quand la famille avait appris que c'était grâce à eux que Voldemort avait enfin pu entrer dans l'école, cela leur avait garanti une exclusion pure et simple. Seran n'avait même pas jugé utile de porter plainte contre eux, les rumeurs et les ragots colportés par les élèves présents lors de la fin de Voldemort s'étaient chargés de détruire irrémédiablement leur réputation. L'impossibilité pour eux d'obtenir les emplois prestigieux qu'ils estimaient leur revenir de droit, sans compter leurs trop fréquentes disputes, fut la goutte d'eau qui fit déborder le vase et ils finirent par se séparer. Heureusement, le refus d'Hermione d'avoir des enfants avant d'avoir une carrière stable avait empêché que des enfants soient malheureux au passage.
Quant à Ginny, persuadée qu'Harry ne l'approchait pas pour ne pas la mettre en danger, elle avait estimé qu'avec la disparition de Voldemort, le brun devait revenir sur le droit chemin, c'est-à-dire vers elle. Pour cela, elle avait décidé de le rendre jaloux et de sortir avec toujours plus de garçons différents mais ce n'était pas pour autant qu'elle prenait des précautions. Peu après qu'il ait quitté le pays, elle avait découvert qu'elle était enceinte alors qu'elle était à peine majeure. Le choc l'assomma mais ce fut quand elle apprit qu'Harry ne l'épouserait jamais, encore plus sous la contrainte – les avocats du clan Potter lui avaient annoncé que le contrat de mariage mis en place par Dumbledore était complètement caduc car il n'avait jamais été le tuteur du brun et que ce dernier avait signé un contrat magique où il jurait de ne jamais vouloir épouser la rousse – et que le véritable père de son enfant n'allait pas assumer ses responsabilités qu'elle comprit qu'il était temps qu'elle se prenne en main et que rien n'allait lui tomber dans le bec tout cuit. Elle avait donc mené à terme sa grossesse, passé ses ASPICS par correspondance et après s'être arrangée pour que son fils Quinn soit gardé par sa mère en journée, elle avait cherché du travail. Elle était devenue l'une des assistantes de madame Guipure et à ce jour, elle allait entrer comme styliste dans une maison de prêt à porter.
Quant à Harry … il avait enfin laissé tomber le costume du Survivant, le masque du Prince de Gryffondor et l'armure de l'Elu pour devenir lord Hadrian James Potter.
Dommage pour les personnes qui voulaient le garder enchaîné …
Fin
