Un nouveau départ

Harry se réveilla et apprécia le calme qui régnait autour de lui.

Après la bataille finale dans la Grande Salle de Poudlard, le brun était tombé dans le coma des suites d'un épuisement magique. Les médicomages lui avaient prodigué les premiers soins mais quand ils avaient voulu le transférer à St Mangouste, Myron Lyre, l'avocat des Potter, prévenu du changement d'état de son client par les gobelins, était intervenu pour appliquer la volonté du jeune homme soigneusement gardée par la banque. Radicalement échaudé par les pratiques journalistes, Harry s'était arrangé pour qu'en cas de blessures reçues ou rendues en public, il n'ait pas à poser un seul pied dans l'hôpital sorcier. Ainsi, son hospitalisation s'était faite dans une clinique privée qui préservait la tranquillité des patients au lieu de nourrir les ragots des journalistes. Les praticiens avaient tous signé un contrat de confidentialité et mis à part Myron, personne n'avait pu visiter le jeune homme.

Harry était resté dans le coma pendant trois mois avant de pouvoir se faire soigner correctement pendant quinze mois. Sa rééducation avait été très dure car sa magie était drainée pour réparer les dégâts internes, l'obligeant à se réapproprier sa magie graduellement comme un enfant. Le brun avait eu la chance d'être pris en charge par un médicomage américain qui en avait profité pour lui faire réviser le programme scolaire validé par le conseil international des sorciers. Quand il ne rattrapait pas son monstrueux retard scolaire, le jeune homme apprenait tout ce qu'il était censé savoir en tant que fils de James Potter, sang pur disposant d'une situation très importante dans la société sorcière britannique, indépendamment de ses exploits contre Voldemort. C'était dans ces moments-là qu'il se permettait de maudire un mort car Albus Dumbledore avait clairement failli avec sa génération et plus largement avec la Grande Bretagne sorcière, la faisant passer pour une grande bouffonne avec sa notion de plus grand Bien.

Quand son séjour à la clinique ne fut plus indispensable, Harry avait fouillé son patrimoine et fait un audit de ses finances pour se chercher une maison bien à lui. Pour des raisons évidentes, le cottage Potter à Godric's Hollow et le manoir Black à Londres étaient exclus, à cause des lourds souvenirs, sans compter leur état de délabrement. Oh, il était prévu de les restaurer mais il n'avait pas l'intention de s'y installer.

Avec Myron, il avait décidé très tôt de remettre en état le manoir Potter, laissé à l'abandon après la mort de ses grands-parents paternels, pour avoir une façade officielle, et se chercher quelque chose de plus discret quand il en sentirait le besoin. Deux ans après la chute de Voldemort, il avait donc réapparu aux yeux du peuple sorcier et avait enfin renoué avec le monde.

Durant sa convalescence, Harry avait refusé que ses amis ou ses connaissances, mis à part Myron Lyre, viennent lui rendre visite, préférant une correspondance épistolaire. Pendant ces longues semaines, grâce à ses séances avec un psychiatre, il avait compris qu'il était temps qu'il sache qui était Harry sans le prisme du Survivant, du Sauveur et maintenant, du futur lord Potter-Black. Cela comprenait donc qu'il devait apprendre qui était Harry sans le trio d'or, la famille Weasley, l'Ordre du Phénix ou encore Poudlard. Sa rééducation magique lui avait fait comprendre quelles étaient ses capacités réelles qu'il avait pu affiner avec une pratique régulièrement d'activités sportives, ses connaissances n'étaient plus tranchées entre magie « blanche » et magie « noire » et surtout, il avait enfin une connaissance minimum de la société sorcière ainsi qu'une initiation à celles des autres peuples magiques.

L'absence de son entourage habituel avait été une véritable bouffée d'air.

Ça avait été assez subtil mais il avait découvert avec surprise que ces derniers l'influençaient assez pour que le brun se conforme et se soumette à leur vision qu'ils avaient de lui. Le héros sans peur et sans reproche de Ron, le né de moldus un peu stupide ayant absolument besoin d'elle d'Hermione, le garçon qui la rendrait riche et célèbre en l'épousant de Ginny … le bon petit soldat jamais entraîné de Dumbledore prêt à se sacrifier pour un monde ingrat et égoïste et sa vision du plus grand Bien … Le brun avait bien l'intention de se construire sans répondre aux désidératas des autres en s'oubliant au passage. Il en avait profité pour enfin explorer sa sexualité et pour une fois, n'avait pas abondé dans les préjugés sectaires des Weasley pour accepter une formation complète chez les Delacour, portail vers la communauté vélane française.

Désormais âgé de vingt-deux ans, il avait décidé de faire son grand retour dans la société britannique. Le manoir Potter avait donc accueilli la veille le bal de présentation de lord Potter-Black. Heureusement pour lui, Myron avait été d'une aide inestimable et les invités avaient été triés sur le volet. Malheureusement, il savait qu'aujourd'hui, sa journée ne serait plus calme dès que le journal arriverait dans les chaumières.

D'ailleurs …

L'un des elfes de maison du clan Potter arriva avec une lettre qu'il déposa sur la table du petit déjeuner. Ne voulant pas gâcher son appétit, Harry termina son repas avant de la lire. Depuis son retour, il n'avait pas lésiné sur les moyens de garantir sa tranquillité et le manoir Potter possédait une barrière qui inactivait toutes les beuglantes, entre autres.

Blasé, le brun reposa la missive qui provenait de Ginny Weasley. Visiblement, elle avait été vexée qu'aucun membre de la famille n'ait été invité pour son bal de présentation – ce qui était faux puisque Bill était présent en qualité d'époux de l'héritière Delacour ainsi que Muriel – et encore plus de ne pas avoir pu être vue à son bras. La principale raison pour laquelle il avait refusé de voir ses amis était essentiellement Ginny. A son réveil, il avait reçu une lettre d'Hermione et de Ron qui le mettait en garde concernant les rumeurs que faisaient courir la rousse à propos du couple qu'elle formerait avec le Sauveur. Myron s'était directement entretenu avec Muriel, Molly et Arthur Weasley concernant cette lubie et les avait prévenus que tout débordement entraînerait sans ambiguïté la dissolution pure et simple des liens magiques entre la famille Weasley et le clan Potter. Extrêmement sensible à la menace, Muriel avait pris entre quatre yeux la petite intrigante en lui indiquant que si elle amenait la honte sur la famille, notamment en s'inventant une relation avec Harry Potter et en le clamant à tout va, alors elle découvrirait de première main la vie d'une reniée. La jeune rousse avait dû donc obtempérer puisque si la menace était mise à exécution, alors Harry serait dans l'impossibilité de l'épouser, sauf en y laissant le clan Potter et tout ce qui s'y rattachait alors que c'était essentiellement ce qu'elle voulait du brun. Mais ce n'était pas pour autant qu'elle ne glissait pas lentement mais sûrement sur la pente du harcèlement. Depuis cette mise au point, elle envoyait chaque semaine une lettre au brun comme s'ils étaient de vieux amis. L'intention était bonne et c'était ce qui la faisait passer sous les radars de sa famille comme de ses amis. Subtilement, elle instillait dedans des remarques à son ode, des cadeaux qu'elle voudrait se faire offrir ou encore les lieux qu'elle adorerait visiter en bonne compagnie. Or, avec son salaire de vendeuse chez Gaichiffon – la mise au point de Muriel était arrivée largement après la clôture des inscriptions pour la nouvelle année scolaire et ayant pris goût à cette forme de liberté, elle s'était inscrite l'année suivante en candidate libre pour les ASPIC – ses rêves ne pouvaient rester que des rêves, sauf si elle avait un riche petit-ami pour répondre à tous ses désirs, place qu'elle prédestinait à Harry.

L'absence de la famille Weasley et même de ses meilleurs amis à son bal de présentation était tout à fait volontaire. Même si c'était injuste, aucun d'entre eux ne connaissait l'étiquette et donc, ils pouvaient parfaitement se rendre coupable d'une grave faute sans le savoir. Quelques jours avant son bal, il avait visité les personnes dont l'avis lui importait et leur avait expliqué ce qu'il comptait faire. Ron avait été au début assez vexé mais Hermione avait su trouver les mots pour lui faire comprendre que sa présence pourrait porter préjudice à son ami comme à lui-même, ce qu'il avait fini par accepter.

Son repas terminé, le jeune homme retourna dans sa chambre pour se préparer pour la journée. Depuis qu'il avait terminé sa convalescence, il avait un projet qu'il compte bien mener à bien et pour cela, il avait bien l'intention de détruire l'actuelle Grande Bretagne sorcière jusqu'à ses fondations …

Fin