Rassembler les Reliques de la Mort et conséquences
-Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça …
Harry James Potter, désormais appelé le Sauveur, s'arrachait les cheveux devant l'amoncellement de paperasse. Sa vie avait radicalement changé depuis la mort de Voldemort et parfois, il se demandait si sa vie n'était pas meilleure quand il n'avait qu'à se préoccuper d'un sorcier psychopathe qui voulait le tuer.
Après un temps plus ou moins long passé à l'hôpital sorcier à la suite de la bataille finale, les ennuis avaient commencé. D'abord, il avait dû faire face au fanatisme des sorciers et à la volonté du ministère de s'approprier ses exploits, sans oublier les journaux qui avaient décidé une nouvelle fois de lui inventer une vie. Un tour à Gringotts, une beuglante et quelques procès plus tard, il était laissé tranquille car autant faire chier Harry Potter le Survivant n'était pas compliqué, surtout quand il ne savait rien d'utile du monde sorcier – merci Dumbledore – mais c'était bien plus difficile quand on avait en face lord Potter-Black remonté comme un coucou suisse. Ses titres repris, le brun avait investi l'une de ses demeures, un petit cottage perdu dans la campagne galloise, et avait dû gueuler un bon coup pour que personne ne lui impose sa présence, à commencer par Hermione, Ginny et Ron, sans oublier Molly. Une lettre ouverte puis un petit crochet dans les tribunaux pour exiger que tous les mangemorts soient interrogés sous véritasérum, le Sauveur pensait réellement être laissé en paix.
Les reliques de la mort en avaient décidé autrement.
Les trois objets rassemblés avaient appelé la Mort qui avait décidé, si ce n'était son successeur quand le moment serait venu, qu'il était désormais son assistant. Naïf, le brun s'était étonné à voix haute de ne pas être son maître, comme la légende le disait, même s'il n'y croyait pas du tout. La Mort avait alors éclaté de rire en déclarant que seuls celles et ceux qui étaient à la recherche de pouvoir y croyaient dur comme fer et que si par hasard ils parvenaient quand même à réunir les reliques, ils y perdraient la vie et seraient ses esclaves jusqu'à la fin des temps.
Harry avait difficilement dégluti.
Son travail d'assistant de la Mort avait donc commencé à Samain suivant son dix-huitième anniversaire. Comme il avait renoncé à faire sa septième année à Poudlard, il avait eu plus de latitude pour rendre hommage à la Magie sans qu'on vienne lui dire que ça ne servait à rien – et non, il ne citait ni Hermione ni Molly – puis avait réarrangé son emploi du temps. Il comptait bien passer ses ASPIC dans un pays où ils n'y étaient pas totalement ridicules et à ses conditions. De plus, il devait composer avec l'éducation de Teddy Lupin, son filleul, ses responsabilités de lord Potter-Black, celles en tant que Sauveur – ah, ça, non, il s'en foutait royalement et tant pis si ça ne plaisait pas au peuple sorcier – en plus de celles en tant que servant de la Mort. Ça avait mis du temps mais un an après la mort de Voldemort, il s'en sortait plutôt bien et appréciait même d'être à ce point occupé.
Sauf quand il s'agissait de la PAPERASSE !
Pour le moment, Harry ne s'occupait que des morts passées et plus particulièrement de celles qui pouvaient être directement imputées à Voldemort. Il n'avait pas été surpris de découvrir que les trois quarts étaient des mangemorts qui avaient été tués après sa renaissance pendant sa quatrième année et uniquement quand il était mal luné, ce qui revenait à très souvent. Les victimes des mangemorts n'étaient pas si élevées, à sa plus grande stupéfaction, contrairement à celles qui auraient pu être sauvées si le ministère s'était bougé le cul en temps et en heure. Quand il l'avait découvert, le brun avait été à deux doigts d'aller supplier la Mort de lui remettre l'âme de Cornelius Fudge pour pouvoir la torturer à son aise.
Chaque âme avait une fiche récapitulative de sa vie et des circonstances de sa mort. Le boulot d'Harry était de vérifier si ces dernières étaient cohérentes et d'établir un premier tri avec celles qui pourraient aller au Walhalla – les guerriers morts au combat – celles qui pourraient être immédiatement réincarnées et les autres. Le brun avait été déçu d'apprendre que les cercles des enfers imaginés par Dante n'existaient pas – il y aurait bien envoyé Vernon Dursley pour avoir fait de son enfance un enfer – mais qu'Hellheim, le monde des morts, pouvait être visité par des vivants, notamment les servants de la Mort.
Bref.
La fiche était ensuite envoyée à Anubis qui s'était mis à la technologie. Au lieu d'un vieille balance avec une plume comme contre-poids, il avait plusieurs balances dernier cri qui étaient tarées pour donner exactement les informations dont il avait besoin : la première lui indiquait si l'âme était assez « pure » pour être réincarnée immédiatement – en gros, elle séparait les enfants des adultes – la deuxième si ses actes lui permettaient de rejoindre rapidement le cycle de réincarnation ou le Walhalla – si leur vie n'avait pas trop blessé leur âme et les morts au combat avec honneur – et la troisième désignait les âmes qui avaient reçu ou commis les pires atrocités – pour pouvoir les soigner le cas échéant, étudier leurs crimes et bien entendu, leur faire payer – et qui sait, faire en sorte qu'une autre ne puisse pas les reproduire.
Quand il avait su comment ça se déroulait, Harry était bien resté une dizaine de minutes bouche bée. C'était une machine bien huilée, il n'y avait pas à dire.
-Maître Harry, pépia un elfe de maison.
Harry grogna. Voilà autre chose encore : visiblement, les elfes de maison savaient quand ils étaient en présence d'un servant de la Mort et c'était un honneur d'en servir un. Du jour au lendemain, il s'était retrouvé avec tous les elfes libérés par la mort de leurs maîtres pendant la guerre. Il avait dû galérer pour leur trouver du boulot et les convaincre de l'appeler maître Harry au lieu Maître Hadrian James Potter servant de Mort Monsieur.
Non, non, ce n'était vraiment pas un nom à rallonge …
-Quoi encore ? soupira Harry
-Ginevra Molly Weasley Mademoiselle est dans la salle des transports, pépia Rani. Elle dit que c'est important.
Harry craqua.
-Salon bleu, siffla Harry. Maintenant.
-Bien, maître Harry, fit Rani en disparaissant.
Le jeune homme de vingt ans inspira et expira longuement pour ne pas exploser tout de suite. Il prit ensuite la direction dudit salon où une rouquine l'attendait avec un grand sourire.
-Harry ! salua Ginny. Je suis tellement contente de te voir ! Il faut AB-SO-LU-MENT que tu valides le lieu de la réception et …
-Qu'est-ce que tu ne comprends pas dans les mots « je ne veux pas me marier avec toi » ? coupa froidement Harry. Ça fait quoi ? Un an que je te l'ai dit, devant tout le Chemin de Traverse en plus, et tu continues à venir me faire chier pour qu'on organise le mariage ?! Quand on te dit non, c'est non, pas peut-être !
-Mais je t'aime ! protesta Ginny, les larmes de crocodile au bord des yeux
-Ça, on ne peut pas le manquer, puisque tu le dis et tu le répètes à tous les journaux, à côté de ce que tu vas acheter une fois que tu seras lady Potter-Black, railla Harry. J'ai assez de boulot pour ne pas vouloir gérer en plus une gamine pourrie gâtée qui ne veut que claquer le fric des autres au lieu de se sortir les doigts du cul !
-Tu ne me parles pas comme ça ! s'indigna Ginny. Je suis ta fiancée !
-TU NE SERAS JAMAIS MA FEMME, NI AUJOURD'HUI, NI JAMAIS ! rugit Harry
La rouquine sursauta, proprement terrifiée. L'aura de magie pure qui entourait le jeune homme aidait particulièrement, aussi.
-Casse-toi, siffla Harry. Je ne veux plus jamais te revoir devant moi ou sinon, tu vas amèrement le regretter !
Morte de peur, Ginny glapit avant de se carapater.
-Tout va bien, Harry ?
Le brun soupira avant de se tourner vers Héla. La reine du royaume des morts était une visiteuse régulière du manoir car la Mort voulait avoir un œil sur son dernier ajout.
-Tu es sûre que je ne peux pas la tuer ? grogna Harry
-Contente-toi de briser publiquement ses liens magiques avec les clans Potter et Black, sourit Héla. Ça devrait lui servir de leçon.
Parmi la dizaine qui avaient réussi à réunir les reliques depuis leur création sur Midgard, Harry était le seul à avoir reçu la charge de servant de la Mort. Le jeune homme était conscient de ses futures responsabilités et n'avait pas encore tenté de demander des faveurs, que ce soit de tuer l'un de ses ennemis comme pour voir sa famille décédée. Héla était d'accord avec la Mort, Harry était un bon ajout.
-Ce n'est pas que je n'aime pas quand tu me rends visite mais que puis-je pour toi ? demanda Harry qui avait fini de se calmer
-Il faudrait que les reliques soient purifiées puis rendues à leur propriétaire, annonça Héla.
-Purifiées ? fronça des sourcils Harry. Rendues à leur propriétaire ? Je comprends ce que tu me dis mais je ne vois pas ce que je dois faire exactement.
-Un rituel de purification pour faire disparaître les résidus des anciens … détenteurs des reliques, expliqua Héla.
Harry eut une bouffée de rage en se souvenant de qui étaient ces fameux anciens détenteurs. Les Potter avaient bien fait leur boulot en transmettant la cape d'invisibilité de génération en génération mais apprendre tout au long de sa vie que James Potter n'était qu'un idiot immature pendant sa scolarité qui avait poussé bon nombre de ses camarades dans les bras des ténèbres n'avait pas réussi à tempérer l'impact de son acte de bravoure qu'il avait eu en protégeant sa famille. Tom Riddle avait eu le toupet de vouloir transformer la pierre de résurrection en horcruxe mais heureusement, le morceau d'âme s'accrocha à l'anneau sur lequel était enchâssé la pierre. Quant à la baguette de sureau, Albus Dumbledore ne s'était pas gêné pour mener de nombreuses expériences dessus, y compris essayer d'en faire un horcruxe pour attacher son destin à celui de la baguette de légende. Echec complet, cela allait sans dire.
Une purification était donc parfaitement indiquée.
-Mais … ? fit Harry, comprenant qu'il y aurait un problème
-Le crétin qui s'est proclamé ton mentor a fait interdire sur ce territoire tous les rituels parce qu'il considérait cela comme étant de la magie « noire », renifla Héla.
Harry grimaça. Ah oui, ce fameux débat. Dégoûté par le monde sorcier, Harry avait décidé d'avoir le strict minimum d'interactions pour avoir la paix. Malheureusement, il aurait dû s'en douter, la société sorcière n'apprendrait jamais de ses erreurs sans un bon coup de pied au cul comme un seigneur des ténèbres complètement givré, et encore. Autre solution pour mettre enfin le pays sur les rails, se mettre à la politique. Or, pour Harry, cela voudrait dire se mettre sur le devant de la scène. Merci mais non merci.
-Et si je me contente de faire cela chez moi ? proposa Harry
-Tous les détecteurs sur la moitié du globe va s'affoler, indiqua gentiment Héla.
-C'est vraiment obligé ? geint Harry
-Disons que si tu venais à mourir et que ces objets avaient encore ces invités indésirables, ils devront rester ici, répondit Héla. Ça ne va pas plaire à la Mort.
Harry déglutit. S'il pouvait se passer de la réprobation de la Mort, il s'en portait bien mieux.
-Bien, capitula Harry. Puisqu'il faut que je sorte mon Serpentard intérieur …
Héla applaudit, heureuse. Harry Potter allait entrer en politique et gare à ceux qui se mettraient sur son chemin …
Fin
