Note de l'auteur :
Bonjour à toutes et à tous !
Je tenais à rendre à César ce qui est à César donc que cette brève est fortement inspiré du même personnage dans « La famille d'abord » d'Helianay.
Pour celles et ceux qui l'auraient déjà lue, l'histoire qui suit est venue d'une seule réflexion : et si Molly était allée trop loin ?
Bonne lecture et gros bizoux !
Crystal of Shadow


Mère intrusive

Molly Weasley était fière d'être la belle-mère du Sauveur et tout son entourage était au courant. Elle ne manquait jamais de s'en vanter et ses contacts avaient pris l'habitude de fermer leurs oreilles les dix premières minutes de leur rencontre jusqu'à ce qu'ils puissent discuter normalement.

Ayant gardé l'habitude de surveiller ses enfants comme du lait sur le feu, la matrone débarquait très souvent chez ses enfants, trop souvent sans prévenir, et se permettait de reprendre les parents sur la manière d'éduquer ses petits-enfants. Elle fut donc désagréablement surprise du déménagement de Percy et de Georges avec leurs familles à l'étranger, ne se remettant pas en cause dans les raisons de leurs départs.

Lorsqu'Astoria, la femme de Ron, annonça sa grossesse, Molly voulut impérativement s'installer à demeure pour « aider » la future maman. Heureusement, Ron avait pris les devants et le couple s'était installé chez la sœur ainée de la blonde avant d'annoncer la bonne nouvelle. La matrone s'était donc cassé le nez sur les protections élevées au maximum sur le cottage où habitait le couple – habituellement hors d'atteinte car Astoria avait été claire sur l'habitude nocive de sa belle-mère : hors de question qu'elle mette les pieds chez elle sans y avoir été invitée ! – puis s'était égosillée devant les grilles de leur nouveau domicile. Dommage pour elle, lady Daphnée Greengrass ne déméritait pas son titre de reine des glaces.

N'ayant donc accès à aucun de ses petits-enfants – des voyages internationaux réguliers étant hors de portée de sa bourse – Molly décida de se concentrer sur le couple de sa fille avec le Sauveur. Mariés depuis maintenant quatre ans, ils n'avaient pas encore d'enfants et la matrone estimait qu'il était temps qu'ils s'y mettent. Elle abreuvait donc le couple de conseils matrimoniaux, ne se préoccupant pas du lieu où elle se trouvait – donc humiliation pour le couple – et allait même jusqu'à interrompre leurs sorties à deux pour vérifier qu'ils avaient bien des relations sexuelles. Heureusement qu'Harry, bien échaudé par sa célébrité, n'avait pas laissé libre accès à sa maison à sa belle-mère !

Pour l'anniversaire de Ginny, Harry voulut lui faire une surprise et décida d'inviter toute la famille Weasley chez lui pour le week-end, Ginny arrivant le soir tard. Les enfants étant plus ou moins du même âge, il les avait tous réunis avec l'accord de leurs parents dans un grand dortoir dans le grenier magiquement agrandi et assigné deux elfes de maison pour les surveiller la nuit. Chaque couple avait une suite à l'étage inférieur avec salle de bain privative et était bien content de profiter d'un moment à deux sans les enfants à proximité immédiate.

Pour Molly, c'était l'occasion de vérifier que tout se passait comme elle le voulait pour ses enfants. Elle avait profité du fait qu'ils étaient tous dans le jardin pour fouiller discrètement leurs chambres – les retourner de fond en comble serait plus juste – mais elle n''avait pas été satisfaite, encore plus quand elle avait remarqué qu'il n'y avait pas de dessous affriolants ni de jouets sexuels.

Même si ce n'était pas de son âge, elle se tenait au courant, oui madame !

Ce qui la choqua, c'était qu'il n'y avait rien pour stimuler la vie de couple dans la chambre de Ginny et Harry, ce qu'elle décréta comme la raison de l'absence d'enfant dans leur foyer. Décidant que c'était sa fille qui n'arrivait pas à convaincre son mari de l'honorer, elle décida de prendre les choses en main à l'aide d'un cheveu de celle-ci et d'une fiole de polynectar.

§§§§§

Arthur revint une quinzaine de minutes après avoir ramené sa femme au Terrier pour qu'elle puisse se reposer.

Ginny avait été heureuse de voir au dîner toute sa famille réunie et l'anniversaire le lendemain fut des plus joyeux. Pourtant, sa mère Molly fut étrange toute la journée, ne s'imposant pas pour prendre en charge toutes les activités ou inonder ses enfants de conseils en tous genres. Non, elle était restée silencieuse toute la journée, lançant des regards troublés à sa fille et son époux, à un tel point qu'après la distribution des cadeaux, elle demanda à rentrer chez elle.

-J'imagine que vous savez pourquoi Molly est dans cet état, fit Arthur à Ginny et Harry.

Personne n'avait pu manquer les regards lourds de la matrone sur le couple.

-Il se peut que nous en ayons une petite idée, sourit Harry.

-Fais-nous rire, pressa Georges.

-Alors voilà … fit Harry.

Flash-Back

Devenu assez paranoïaque depuis la fin de la guerre, Harry avait un contrôle assez rigoureux sur la magie qui circulait dans sa maison. Il avait donc parfaitement noté la visite de sa belle-mère dans toutes les chambres, y compris la sienne, et n'en était pas étonné. De toutes les façons, il savait qu'elle ne trouverait rien de compromettant car tout était sous des sorts de secret savamment lancés.

Quand Ginny entra dans leur chambre pour déposer ses affaires, elle non plus ne s'était pas leurrée.

-Elle est venu, c'est ça ? soupira Ginny

-En milieu d'après-midi, confirma Harry. Visiblement, ce qu'elle a vu ne lui a pas plu et elle a l'intention d'y remédier.

-Tu sais comment ? demanda Ginny

-Je ne suis pas sûr de vouloir le savoir, avoua Harry.

Il n'avait pas tort.

Alors que Ginny lui avait annoncé qu'elle allait poursuivre sa soirée en discutant avec son père, Harry fut surpris de la voir entrer dans leur chambre quelques minutes plus tard mais il ne lui avait pas fallu plus de quelques secondes pour comprendre que ce n'était pas sa femme qui se tenait devant lui mais sa belle-mère.

Et s'il avait besoin d'une autre preuve …

-Tu me trouves comment ? minauda « Ginny »

… de 1), Ginny ne minaudait JAMAIS, avec six frères plus âgés, elle avait bien compris que ce n'était pas en battant des cils qu'elle parviendrait à se faire une place dans la fratrie ; de 2) Ginny ne se maquillait jamais autant en prévision de jeux coquins et là, elle avait un maquillage à la truelle et ultra cliché ; et de 3) Ginny savait être sexy et ce n'était pas avec cette chemise de nuit totalement opaque en coton rouge – elle avait appris à la dure que le rouge ne mettait clairement pas en valeur les rousses naturelles, peu importe qu'elles soient passées par Gryffondor – avec des manches courtes et arrivant au genou qu'elle pouvait émoustiller qui que ce soit.

-Tu es toujours jolie, fit Harry en déglutissant difficilement.

-J'ai envie de jouer, ce soir, déclara « Ginny » de manière lascive.

Le brun retint la nausée qui l'envahit. C'était décidé, dès que tout le monde serait parti, le lit serait brûlé et il changerait de chambre. Il allait être hanté par ce souvenir où sa belle-mère lui faisait des avances dans sa propre chambre. Et non, le polynectar n'était PAS une circonstance atténuante !

-Je vais me changer, fit Harry d'une voix qu'il n'espérait pas tremblante.

Il passa dans la salle de bain – qu'il ferma soigneusement, dans le cas où « Ginny » voudrait commencer les festivités plus tôt – et se passa un coup d'eau sur le visage. Quelques exercices d'occlumencie plus tard, il avait repris ses esprits et réfléchissait à la situation. Molly voulait s'introduire dans leur vie intime ? Alors elle allait amèrement le regretter. Il fit venir à lui un « pyjama » dont il se vêtit et une boîte puis sortit de la salle de bain.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda « Ginny », effarée

Ça, c'était une combinaison intégrale très large en pilou-pilou rose fluo avec une capuche en forme de tête de lion sans aucune ouverture.

-Mon pyjama préféré, répondit Harry, faussement perdu. Celui que tu m'as offert en guise de cadeau d'anniversaire, tu ne peux pas l'avoir oublié, je le porte toutes les nuits.

-Tu ne peux pas … protesta « Ginny ».

-Et comme tu as dit que tu voulais jouer, coupa Harry, j'ai apporté un jeu de cartes.

Les yeux de « Ginny » s'écarquillèrent tandis qu'elle eut le souffle coupé. Quand elle réagit enfin, ils étaient tous les deux installés sur le lit et le brun distribuait les cartes pour une bataille moldue.

« Ginny » tenta d'amorcer la discussion mais à chaque fois, Harry la coupait en déclarant qu'il avait besoin de concentration pour jouer. Après cinq parties où elle se fit rétamer, « Ginny » décréta qu'elle voulait aller se coucher. Plein de bonne volonté, le brun débarrassa rapidement le lit et se glissa sous les draps. La rousse en fit de même pour passer à la suite mais au moment où elle voulut caresser son bras, Harry se tourna vers elle.

-Qu'est-ce que tu fais ? fit Harry.

-Je pense qu'il est temps qu'on fonde notre famille, déclara « Ginny ».

-Ah bon ? fit Harry. Tu as une fleur ?

-Une fleur ? demanda « Ginny », perdue

-Ben oui, fit Harry en souriant. Tu m'as raconté que ta mère t'avait dit que pour avoir des enfants, il fallait qu'une abeille aille vers une fleur et neuf mois plus tard, il y avait un bébé. Elle est où la fleur ? J'ai envie de voir comment l'abeille va faire.

« Ginny » fut effarée parce que le pire était qu'elle comprenait ce que voulait dire Harry. Pour expliquer à sa fille alors âgée de dix ans à l'époque la manière de faire des enfants, Molly avait effectivement utilisé l'image des fleurs et des abeilles mais elle n'aurait jamais cru qu'Harry le prendrait au sens littéral ! Pas étonnant qu'ils n'aient pas d'enfant, Harry était NIAIS !

Laissant Harry babiller joyeusement, « Ginny » quitta le lit et attendit dans le jardin que les effets du polynectar s'estompent pour aller se coucher.

Fin Flash-Back

Toute la famille eut un fou rire magistral et mit beaucoup de temps à se calmer.

-Je ne peux que m'incliner, hurla de rire Georges. Même moi, je n'aurais pas osé.

-Ça lui apprendra, siffla Ginny. Elle a essayé d'aguicher mon mari !

-Tu comptes lui dire la vérité ? demanda Arthur

-J'hésite, fit Harry. Mais dans tous les cas, je vais restreindre son accès à la maison.

-Totalement d'accord avec toi, s'indigna Ginny. Par Merlin, qu'elle se souvienne que c'est ma vie et pas la sienne donc qu'elle n'a pas à fourrer son nez dedans !

Tous éclatèrent de rire.

Fin