Bonjour à tous ! Puisque je vous ai laissé un mois sans chapitre, je m'excuse en publiant directement le chapitre 9 !
Comme ça, pas de suspens haha
Enjoy :)
CHAPITRE 9 : MAÎTRE
- T'es qui toi ?
- Je m'appelle Jinbei.
Rin jaugea ce qu'elle jugea être un adversaire. En garde, elle s'apprêtait à l'attaquer s'il ne faisait qu'un pas. Jinbei était assez impressionné qu'une jeune humaine soit sur l'Île sans savoir qui il était, ni qui étaient les Tritons. Qui plus est, alors qu'elle savait comment se battre -pour quelles raisons était-elle ici ?
- Tu ressembles à Hack… Souffla-t-elle en fronçant les sourcils.
- Il ne t'a pas expliqué ? Nous sommes des Hommes-Poissons.
Hack, ce n'était pas le nom d'un commandant de Barbe-Blanche ? se dit-il.
Elle parut moins tendue, et pour Jinbei tout parut clair. La révélation lui sauta aux yeux :
- Tu n'en as pas rencontré à Marijoa ?
Et sans crier garde, elle se précipita sur lui. Il contra, bien sûr, et, en un tour de main, la cloua au sol. Ce sujet était apparemment fatal à son sang-froid.
- Si tu veux vraiment pouvoir m'atteindre, tu devrais te calmer.
Il l'entendit respirer moins fort et plus lentement. Elle écoutait donc bien les conseils.
- Vous êtes un esclave ? Grogna-t-elle.
- J'en ai libéré.
A ces mots, il ne sentit plus aucune défense venant de la jeune femme. Ça prouvait qu'il avait bien raison, c'était une esclave.
- Libéré… ?
- Beaucoup de nos confrères sont enfermés et utilisés à Marijoa. C'était notre devoir de les sauver.
- « Notre » ?
Il la releva. Elle se recula tout de suite, méfiante, puis dépoussiéra ses vêtements en gardant en vue le capitaine.
- Je m'appelle Jinbei, un pirate. Expliqua-t-il calmement en s'asseyant.
Il fallut attendre plusieurs minutes avant que Rin ne fasse la même chose.
- Et toi, que fais-tu ici jeune fille ?
- Est-ce que ça a un rapport avec vous, Jinbei ? Railla-t-elle, affublée d'un rictus ironique.
- Tu m'as attaqué et profané la sépulture de ma reine, dois-je te le rappeler ? De plus, tu es une esclave humaine sur l'Île des Hommes-Poissons. C'est normal que je pose la question.
- Je ne suis pas une esclave, siffla-t-elle.
- Pourtant, la façon dont tu te tiens en témoigne.
Le visage sarcastique et souriant de Rin ne bougea pas, comme une coquille qui recouvrait son visage.
- Les pieds rapprochés. Les genoux vers l'intérieur. Les ongles rongés. Les poings trop serrés. Les cicatrices. Je dois continuer ?
- Ça ne veut rien dire, pouffa-t-elle. Je ne le suis plus désormais.
Cette expression impassible qu'elle avait finalement prise. Il savait où il l'avait vu.
- Tu t'appelles les Chaînes Vengeresses, c'est ça ?
- Ne m'appelez pas comme ça ! Tonna-t-elle.
Plus qu'un ordre, c'était une prière à moitié formulée. Finalement, à force de tourner autour d'elle-même –encore une preuve qu'elle avait été enfermée un long moment– elle s'assit devant le pirate.
- Je suis les Chaînes Vengeresses, avoua-t-elle enfin. Je suis une ancienne esclave. Mais j'ai été libérée.
- Qui t'a libérée ?
- … Je ne sais pas si je peux le dire.
- Je comprends. (Mais Jinbei avait déjà deviné que c'était les pirates de Barbe-Blanche.) Que fais-tu ici ?
- Je suis partie.
Jinbei se replaça sur ses fesses, sans comprendre.
- Tu as été libérée par quelqu'un que tu as quitté, mais tu les protèges en gardant leur nom.
- Il était grand temps pour eux que je m'en aille.
Il ferma les yeux.
D'accord, cette adolescente semblait avoir quelques problèmes avec son équipage.
En les rouvrant, l'image de Koala se calqua sur la sienne. Elles ne se ressemblaient décidément pas du tout, ce qui l'étonnait au plus haut point. Koala avait dû les quitter pour rejoindre les siens, pas vraiment par choix.
- Et vous, qui êtes-vous ?
Il la dévisagea légèrement. Sa tête s'inclinait sur le côté, curieuse, ses cheveux en bataille. Lui qui était si présentable : kimono certes entrouvert mais élégant, sans blessures, une posture robuste. Elle ne cessait de changer de position, ses vêtements trop grands dévoilant une myriade de marques commençant par son cou. Il la sentait beaucoup plus calme et posée qu'au début de leur conversation, ce qui n'était pas plus mal.
Cet homme la calmait. Il était intransigeant dans sa non-menace. Figure à la limite du protecteur, elle ne ressentait que stabilité et bonté en lui.
Et ça lui faisait du bien.
Jinbei, lui, réfléchissait. Cette enfant lui disait quelque chose. Il était sûr de l'avoir déjà vu, puisque son visage était placardé un peu partout, mais outre le fait qu'elle fût les Chaînes Vengeresses, c'était un sentiment bien plus familier qui lui venait.
Oui, on lui avait parlé d'elle. Mais pas en tant que Chaînes Vengeresses.
C'était pour ça qu'il pensait si bien la comprendre.
- Je suis le capitaine des Pirates du Soleil, expliqua-t-il. Un ancien esclave, tout comme toi.
Elle le scrutait. Devait-il détester ça ? Si Rin ne se sentait plus en danger, devait-il l'être, lui ? Que valait cette fillette aux yeux de prédateur dans un combat où elle était calme ? Où elle avait bien observé son adversaire ? Il ne devait pas en dire trop sur lui…
Même s'il était sûr de gagner une éventuelle bataille contre une gamine.
- Est-ce que ça te rassure ? Lui demanda-t-il.
- « Ah, il en existe comme moi. »
L'interrogeant du regard, elle continua :
- « Je savais que je n'étais pas la seule esclave de ce monde, mais en voir un devant moi me fait bizarre. »
- Ça ne m'étonne pas que tu sois perdue, avoua-t-il. Les esclaves affranchis ne courent pas les rues.
- Monsieur, est-ce que vous aussi, il est toujours là ?
- De quoi donc ?
- Isaac est toujours près de moi. Est-ce que vous aussi, votre maître vous parle toujours ?
« Tu penses réellement que quelqu'un peut te comprendre ? Oui, un seul… »
Il finit sa phrase dans son oreille :
« Et c'est moi. »
- Tu m'as dit qu'on t'avait libérée, non ?
- Oui, lâcha-t-elle à demi-mot.
- Dans ce cas, de quoi as-tu peur ?
Elle se redressa brusquement pour s'énerver :
- Je n'ai pas peur !
- Si, bien sûr, tu es perdue et tu as peur, comme tous les gamins de ton âge.
Elle chargea une nouvelle fois, ce qui fit soupirer le triton.
- Tu vas voir si je suis une gamine !
Jinbei savait pertinemment ce que ça faisait que d'être poursuivi. Toujours. Tout le temps. Partout.
Alors il attrapa Rin par les épaules, la stoppant dans son mouvement :
- Ce Isaac est loin d'ici ! Il ne te regarde pas ! Il ne t'écoute pas ! Il ne peut pas te faire de mal !
La gamine se mit à le fixer, la panique se ressentant dans tout son être.
- Il est loin derrière toi ! Ce n'est pas comme ça que ça marche ! Ce n'est pas en ayant peur que tu réussiras à te faire aimer d'eux !
- TA GUEULE !
Elle enleva violemment valser les mains bienveillantes de Jinbei. Mais celui-ci n'en démordit pas et réitéra son geste.
- Regarde-le ! Regarde-le bien !
Fixant une ombre derrière l'Homme-Poisson, elle dévisageait le fantôme d'Isaac.
- Dans ses yeux ! Tu verras qu'ils ne reflètent rien ! C'est ton imagination !
Rin se débattit. Sa force augmentait de plus en plus, elle reproduisait les pouvoirs de Jinbei. S'étouffant sous son pouvoir, elle répondit avec la voix de son adversaire :
- LÂCHE-MOI TOUT DE SUITE !
Surpris mais loin de se laisser déstabiliser, Jinbei raffermit sa prise. Elle sentait des présences arriver vers eux, la présence de ses camarades. Rin voulait à tout prix s'en aller, très loin.
- Que se passe-t-il ?!
Plusieurs diplomates de l'Île des Hommes poissons coururent vers leur camarade. Ils étaient accompagnés des ambassadeurs de Barbe-Blanche, leur réunion sûrement terminée. Lorsque Jinbei ne s'était pas présentée à celle-ci, ils avaient dû prendre la décision de le chercher, la situation étant trop rare pour ne pas être inquiet.
- N'approchez pas ! Leur somma le capitaine.
Les pirates, en voyant le visage enragé de Rin contre le sol, eurent un mouvement de recul.
- Rin, tu m'avais dit que tu ne ferais pas de bêtises ! S'écria Teach.
Son Commandant se tourna vers lui. Teach se rendit compte de sa bêtise et regarda ailleurs. Il s'était vendu tout seul. Marco, passé cette seconde de fureur envers son camarade, se plaça aux côtés de Jinbei.
- D'abord Shanks puis Jinbei… Que vous a-t-elle fait ? S'exclama-t-il pour la gronder.
- Ce n'est pas à moi qu'elle fait quelque chose...
Ne comprenant pas, le commandant allait rétorquer quand le cri de Rin éclata. Elle tenta de se relever et de frapper l'Homme-Poisson avec son pied. Il bloqua, mais elle réussit à se libérer. Reculant de plusieurs mètres, elle se mit en position de combat et tonna de la voix de Jinbei :
- Je ne me suis jamais rien fait, se moquait-elle, c'est Isaac qui me suit partout !
- Voilà ce qu'elle a, dit Jinbei à Marco.
- Des hallucinations post-traumatiques... ?
- Tout juste.
- Elle nous cause encore des ennuis... soupira le Phénix.
- On dirait que ce n'est pas la première fois qu'elle fait ça.
- Et comment. Une usine à problèmes.
- TAISEZ-VOUS ! Isaac sera toujours là. Il me regarde. Il sait que je suis avec vous. Si je suis une usine à problèmes, laissez-moi partir maintenant !
Marco s'approcha d'elle, avec un visage neutre qu'elle traduit comme de l'inquiétude. C'est pour ça qu'elle relâcha sa garde.
Il envoya son poing sur le haut de la tête de sa protégée. À genoux, elle attrapa sa tête de ses deux mains.
- TU VAS ARRÊTER DE DIRE N'IMPORTE QUOI ?!
Les gaillards de Newgate se mirent à rigoler, devant les yeux ébahis des Hommes-Poissons. Marco le Phénix, second de Barbe-Blanche, perdait son sang-froid. C'était inimaginable.
- À quel moment tu n'as plus fait partie de cet équipage ?!
- C'EST TOI QUI ME L'AS DIT !
Un blanc. Que seul le soupir de Marco coupa.
- Tu es toujours sur ça ? Je pensais avoir été clair : faire partie de cet équipage n'est pas une décision que les autres prennent à notre place. C'est à toi de choisir si tu veux rester, et à toi seule.
Rin ne comprit pas et sembla réfléchir.
- Mais... mais je pensais que tu ne voulais pas que je-
- Je n'ai jamais dit ça ! Bon Dieu, apprends un peu à comprendre les autres. Si tu n'apprends pas à faire ça, personne ne le fera à ta place. Et personne ne prendra la peine de te connaître toi.
Le visage de la jeune fille ne teinta d'un rouge vermillon. La honte l'envahissait à un point où elle aurait voulu disparaître sous terre. Elle avait causé du tort à tant de personnes...
Elle se releva alors rapidement et, pour la première fois, se courba bien bas pour présenter ses excuses :
- Je suis désolée pour le dérangement que j'ai amené !
C'était maladroit, mais Marco était fier qu'elle s'excuse de son propre chef.
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Jinbei se sentait responsable de ce qu'il s'était passé. Outre le fait qu'il ait dû justifier son absence à Neptune, il avait aussi dû s'excuser de la profanation de la sépulture d'Otohime par la personne de Rin -mais elle l'avait coupé pour présenter ses excuses elle-même.
Comme les pirates de Barbe-Blanche l'avait prédit, elle fut malpolie envers le Roi, allant même jusqu'à lui demander de toucher sa barbe. Et là : miracle. Le roi, qui ne pouvait plus voir sa fille autant qu'il aurait voulu, se prit d'affection pour l'adolescente. Personne n'y croyait. Comment était-ce même possible ? Mais le résultat était là : Neptune s'était courbé pour qu'elle puisse toucher sa barbe. Encore plus surprenant : elle avait souris. Puis l'avait remercié en s'inclinant.
- T'es sûre que tu vas bien ? Demanda Teach. On ne t'a pas échangé avec une autre gamine ?
Elle shoota dans sa jambe. Apparemment elle allait bien.
Jinbei s'en était amusé : son roi avait toujours été pédagogue, même s'il faisait peur.
Bittle avait frappé sa Sœur en retour. Décidément, elle ne pourrait jamais se tenir.
Les matelots, en retrait, rigolaient en la voyant bouder. Ils commentaient qu'elle ne connaissait rien de rien, ce qui la poussait à avoir des gestes inconsidérés. Ils rappelèrent aussi l'événement de ce matin, où elle n'avait pas su déceler les problèmes géo-politiques de l'île des Hommes Poisson.
Jinbei avait interpellé Marco, un regard plein de malice.
- Que dis-tu que j'apprenne à ta fille l'Histoire ?
Tout le monde se tourna vers lui, abasourdi.
- Je ne veux pas t'importuner, balbutia quelque peu le Phénix.
- Pas le moins du monde, contourna-t-il en fixant la jeune fille qui se bataillait avec ses camarades, je pense qu'il serait intéressant qu'elle s'instruise un peu.
Neptune observait le spectacle avec une moue bienveillante. Il était certain que Jinbei voulait débarrasser la pirate de ses démons. Il avait toujours été altruiste, surtout envers les personnes qui avaient vécu l'enfer de l'esclavage.
- Ça t'irait ? Demanda-t-il directement à la concernée.
Rin se tint droite et courba le dos profondément :
- S'il vous plaît !
Le triton frappa dans ses mains et Rin se releva.
- Suis-moi.
Ce qu'elle fit, sans se douter une seule seconde de ce qui l'attendait.
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- Laissez-moi me reposer, s'il vous plaît…
Les yeux meurtriers de Jinbei la réveillèrent bien vite, comme si un courant électrique venait de passer dans sa colonne vertébrale.
Le capitaine la trainait depuis une semaine dans la bibliothèque de l'île, profitant allègrement que Newgate ait des affaires à traiter ici pour enfermer l'adolescente. Jour et nuit, elle lisait des livres devant Jinbei qui lui faisait répéter sans cesse des phrases entières.
Au moins, maintenant, elle connaissait la propriétaire de la sépulture profanée.
La reine Otohime était la reine de ce royaume et donc la femme de Neptune. A la suite de sa mort, sa fille avait été chassée par un maniaque, et l'île s'était retrouvée dans le chaos. Et ça parce que sa mort signifiait que l'accord entre les tritons et les humains ne se ferait jamais.
- Mais pourquoi les humains et les tritons ne peuvent-ils pas vivre ensemble ? Pesta Rin en envoyant son livre valser devant elle.
- Parce que les humains ne comprennent pas qu'il puisse avoir des êtres semblables et pourtant différents d'eux, expliqua calmement son professeur. Ils en font un trésor qui leur appartient. Comme une chose. C'est pour ça que l'esclavagisme existe. Parce qu'on considère ce qui est différent comme inférieur. Ça s'appelle la règle du dominant et du dominé. Le dominant veut tout s'accaparer, et le dominé est sous emprise.
Rin fronça les sourcils quand Jinbei se rappela subitement la marque qu'elle avait montrée à son nombril, quand il lui avait demandé si elle était marquée et si elle voulait le cacher. Lui avait redessiné son tatouage, pour en faire une partie de lui-même, et pas un marque d'appartenance à quelqu'un d'autre. Et il lui avait demandé si elle voulait faire la même chose -et elle n'avait pas répondu.
Elle était humaine, mais avait goûté à l'esclavage par sa propre race. Si même les humains ne pouvaient être en sécurité auprès d'autres humains… Jinbei ne pouvait s'empêcher de penser que ce marché n'aurait pas dû voir le jour dès le départ. Mais on en était là : à devoir protéger les plus pauvres car les plus puissants préféraient posséder plutôt que d'apprécier.
- Certaines personnes se considèrent déjà supérieures aux autres de part leur naissance, donc tout le monde est inférieur. Ajouta-t-il pour répondre aux démons de la jeune fille.
- Je ne comprends pas, bouillonnait-elle avec son crayon au-dessus de la bouche.
- C'est mieux que tu ne comprennes pas, jeune fille, parce qu'ainsi tu ne feras pas preuve de discrimination.
- La discrimination est le fait de traiter différemment quelqu'un en fonction de sa race, sexe ou classe sociale… Récita-t-elle en dodelinant de la tête.
Fier d'elle, Jinbei lui accorda un temps pour dormir, la recouvrant même de son manteau.
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- Pourquoi avez-vous voulu m'enseigner ?
Ils s'accordaient une pause sur un des balcons de la bibliothèque. Le capitaine soupira, accoudé à la balustrade.
- Parce qu'il fallait que tu saches. On dirait que tu es restée emprisonnée pendant des années.
Les nerfs de Jinbei commençaient à faillir : la jeune fille ne connaissait rien à rien. Par contre, elle avait une capacité d'assimilation énorme, et sa mémoire se remplissait autant qu'une éponge en été.
- Ce n'est pas pour ça, n'est-ce pas ?
Jinbei releva sa tête fatiguée sur l'adolescente. Ses sourcils n'étaient même pas froncés, mais il lut dans ses yeux qu'il n'aurait jamais dû dire ces mots. Oui : la jeune fille avait sans doute été emprisonnée. Et ses pupilles témoignaient de la résignation, de la conscience d'être faible.
Il soupira une fois de plus. Il aurait besoin de sommeil.
- Ce qui m'a permis de sortir de l'emprise psychologique de mes maîtres, c'est d'apprendre l'Histoire. Pourquoi est-ce arrivé ? Comment ? Et que s'est-il passé avant ? Est-ce que le futur sera meilleur ?
- C'est incroyable… Chuchota-t-elle pour elle-même.
Heureux d'avoir pu la captiver, ils revinrent très vite au travail.
.
- Merci pour tout !
Les pirates de Barbe-Blanche devaient désormais partir, pour des raisons évidentes. Teach s'était attendri en voyant Rin demander une seconde fois à Neptune si elle pouvait toucher sa barbe.
Jinbei les accompagnerait un temps, jusqu'à ce qu'il retourne à l'île où attendaient ses camarades.
Il avait été officiellement annoncé qu'Edward Newgate protégerait l'Île des Hommes-Poisson à partir de maintenant. Ils n'avaient pas particulièrement de mérite à le faire, mais Newgate savait que Big Mom avait l'œil sur cette île, et qu'elle ou Kaidō aurait vite fait de s'y installer pour utiliser les tritons.
Rin savait désormais qui étaient les Empereurs (Yonkou). Ils étaient au nombre de quatre en comptant son Père. Kaidou, une sorte d'immortel, Big Mom, une sorte de mère addicte au saccharose et Shanks : le roux sur qui elle avait craché.
- En plus des Empereurs (Jinbei lui enseignait même quand ils remontaient à Sabaody pour retrouver le Moby Dick) tu dois impérativement connaître les sept corsaires.
- Les corsaires sont les pirates qui travaillent avec la marine, n'est-ce pas ?
- Tout à fait. Mais ne te méprends pas : des pirates peuvent être des corsaires sans faire partie de l'ordre des Sept Grands Corsaires (Shichibukai.) Les Grands Corsaires ont juste aussi un pouvoir politique au sein du Gouvernement Mondial.
- Ça veut dire que je pourrais travailler avec un Amiral, par exemple ?
- Tout-à-fait.
Elle hocha frénétiquement la tête, attendant avec impatience la suite.
- Je n'ai pas rencontré tous les corsaires, avoua rapidement le capitaine pirate. Boa Hancock, par exemple, dont on dit qu'elle est la plus belle femme des mers. Apparemment, elle peut transformer en pierre quiconque la regarde.
- Pratique, lâcha la jeune fille.
- Certes. Dracule Mihawk et Gecko Moria me sont inconnus à ce jour, aussi. Dracule est le plus grand bretteur des mers-
- Et Vista ?!
Jinbei éclata de rire. La moue boudeuse, Rin croisa les bras en signe de honte.
- Il est meilleur encore que Vista ! Et Moria sait manipuler les ombres.
- Le fruit des ténèbres ?
- Non, des ombres. Apparemment, il peut prendre les ombres des gens. Le quatrième : Bartholomew Kuma, un taciturne avec de grandes pattes qui possèdent un grand pouvoir… Le cinquième, Crocodile, une vipère de loggia du sable.
- Vous ne l'aimez pas trop, on dirait.
- Non. Il se sert de son privilège pour détruire des terres entières et assouvir son envie de puissance. Ce genre de personnage ne devrait même pas pouvoir travailler avec le gouvernement mondial. Mais le conseil des trois s'en fiche du moment que les corsaires sont compétents et puissants. Et le sixième, Doflamingo, n'est pas mieux que son comparse…
- Et le septième ?
- C'est moi.
La jeune fille cria de surprise, faisant une fois de plus s'esclaffer son professeur.
- Un Shichibukai ?! Vous, Jinbei ?!
- Oui. J'ai accepté de le devenir pour terminer le travail qu'essayait d'accomplir Otohime. Les humains et les tritons doivent vivre en paix. Si les deux camps continuent de s'entre-tuer…
La pirate fronça les sourcils, comme si quelque chose s'était allumé à l'intérieur d'elle. Et, effectivement, Jinbei observa la flamme d'une nouvelle détermination dans les yeux de son élève.
- Je deviendrai forte, et j'arrêterai tout ça. Promit-elle.
- Haha, je sais que tu le pourras !
Elle était tellement têtue que personne ne pourrait lui tenir tête, se dit-il quand elle courut vers les cuisines pour manger.
