Fin de cet arc de HS. L'Arc II vient juste après ! Je meurs de stress, j'espère que cette partie vous plaira...


CHAPITRE BONUS : AMAYA, L'AMBITION


— TU NE DEVIENDRAS PAS MÉDECIN !

La petite fille ne baissa pas la tête. Même si son père montrait les poings, même si sa mère pleurait à chaudes larmes, elle ne permettrait jamais à son rêve de s'évanouir.

— Si, je le deviendrai. Que vous le vouliez ou non.

Et c'était le début pour Amaya. Le début des claques certes, mais aussi le début de la rébellion. Car plus on essayait de garder Amaya, et plus elle cherchait à s'enfuir.

La flamme dans ses yeux ne s'en irait pas maintenant.

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— Amaya, il suffit maintenant !

La fillette frappait contre la porte.

Elle était dehors depuis une heure maintenant. Elle ne pouvait pas rentrer avant d'avoir renoncer à son rêve. Mais ça n'arrivera jamais.

Avant-hier, ses parents avaient jeté tous ses manuels de biologie et d'anatomie dans la rue, sous le regard des voisins curieux —et pervers.

Hier, ils avaient dépecé un porc et l'avaient mis dans sa chambre en lui disant qu'elle ferait ça toute sa vie et que toucher le sang était impur.

Qu'elle était une fille donc que soigner des gens serait les condamner.

La rage prenait place dans le cœur de la petite fille.

Alors elle décida de s'en aller.

"Les femmes doivent rester à la maison. Elles salissent tout à cause de leurs menstruations. Même pas capables de faire des études : c'est un truc de garçon, ça. Tu es la honte de la famille, ma fille."

— Je deviendrai le meilleur médecin que ce monde ait créé… se promit-elle, la flamme dans ses yeux dansant plus que jamais.

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C'est ainsi qu'elle s'était retrouvée à dormir dans la bibliothèque de sa ville. Elle y avait trouvé refuge, mais il était aussi dangereux qu'éphémère : clandestin. Si on la trouvait ici, qui sait ce qu'il arriverait. Mais elle était sûre qu'elle n'en avait pas envie.

Les livres étaient son refuge, son cocon dans lequel elle s'enfermait tous les soirs, dans le faux plafond dans lequel elle dormait depuis maintenant deux mois. Elle était une petite fille mais ne rêvait pas d'être sauvée. Ça aurait été irréaliste. Et surtout : une preuve de faiblesse. Alors une rencontre providentielle…

— Quel est ton nom, jeune fille ?

Le long manteau du presque adulte devant elle frottait le sol —et ses saletés. Mais l'homme semblait ne pas s'en faire. Pour Amaya, qui essayait de rester aussi propre et présentable que possible, c'était du foutage de gueule.

— Pourquoi devrais-je vous le dire ? Cracha la jeune fille.

— Je m'attendais à plus de maturité de la part d'une gamine qui lit ce genre d'ouvrage.

Il lui tendit l'encyclopédie sur l'anatomie qu'elle avait dévorée le jour précédent et elle se sentit instantanément en danger.

— Je sais que tu dors ici. Je t'ai vue suffisamment de fois pour savoir que tu n'as nulle part où aller.

— Qu'est-ce que vous voulez…

Les yeux noirs d'Hajime luisaient un peu dans la lueur du matin. Un grand sourire vint lui barrer le visage, bougeant l'intégralité de sa barbe de quelques jours.

— Rejoins-moi, gamine. Rejoins les pirates de Barbe-Blanche.

La main gantée d'Hajime était tentante. Mais on ne faisait pas confiance aux étrangers.

— Je refuse.

Et elle s'enfuit.

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Ce type étrange revint à la charge plusieurs fois et savait dire à chaque instant où elle se trouvait (comme s'il la sentait.)

"Laissez-moi !" Voulait-elle hurler mais chaque fois elle se souvenait de sa clandestinité et refoulait ses pulsions en enfouissant sa tête dans son bouquin.

Cependant Hajime ne le voyait pas de cet œil et, taquin, il subtilisa l'ouvrage des yeux de la jeune fille qui essaya de le récupérer pendant un subtil instant.

— Viens avec moi.

— Non. Rendez-moi mon livre.

— Tu ne me fais toujours pas confiance ?

— Bien sûr que non, siffla-t-elle. Ça se saurait sinon.

— Parfait. Il ne faut faire confiance à personne.

— C'est quoi ces valeurs claquées…

Commençait-elle à flancher ? Discuter avec lui… ça n'était pas son genre. Comme si elle appréciait la conversation…

Mais… Hajime lui parlait de science, aussi. Il l'intéressait. Et il était assez intelligent pour trouver des stratagèmes pour qu'elle regarde vers lui.

Amaya succombait. Les douces promesses qu'il faisait miroiter… et s'il était de confiance ?

Or Amaya ne croyait pas en la confiance. Un accord de nécessité… peut-être.

— Qu'est-ce que vous gagnez à m'intégrer dans votre équipage ? Demanda-t-elle à brûle-pourpoint.

Hajime referma d'abord son livre qu'il aurait pu avaler en dix minutes s'il n'avait pas observé l'air interrogatif de son nouvel objet de recherche.

— Un. Cet équipage n'est pas le mien. Mais celui du pirate le plus puissant.

Le temps de digérer l'information, la goulée de salive était déjà remarquée par le docteur et elle ne put plus prétendre ne pas être impressionnée.

— Deux. Jeune fille, penses-tu que ce livre est à la portée de tout le monde ? Tu as un don. Et je refuse de le voir gâché par un manque de soutien. Si tu viens avec moi, je t'abreuverai de savoir.

Amaya voulait. Avec ferveur. Le fantôme de ses parents la poursuivait toujours. Faire confiance demande du courage…

— Je viens avec vous.

Amaya était courageuse. Elle était intelligente.

Et deviendrait le prochain meilleur docteur du monde.