Yo mes petites cailles ! Comment vous portez-vous ? :3

On se retrouve aujourd'hui (avec un jour de retard, je m'en excuse) pour la suite des aventures de notre petite Yiga. Au programme, un chapitre un peu plus sérieux mais, je l'espère, tout aussi tendre que les précédents. Il était à la base censé être plus court que le précédent, mais mon imagination s'est emballée. Il devait également se dérouler différemment, la coquine s'y est également mêlée. /soupir/ Mais bon, espérons que ça ne rende ce chapitre que meilleur à vos yeux...

Ah, pour ceux qui auraient remarqué, j'ai modifié le titre de l'histoire, me disant qu'avec autant de chapitre il avait bien le droit à une autre appellation (désolée au passage si ça vous a perturbé). « Un certain goût fruité » devient donc « L'essence d'une Yiga », je de mots entre l'essence qui montre que c'est la nature même du personnage qui a été touchée par sa rencontre avec notre Prodige, et les sens sur lesquels se basent plus ou moins chaque chapitre (dans l'ordre le goût, la vue, l'odorat, l'ouïe et le touché).

Merci à celles et ceux qui lisent cette histoire. J'espère que la suite sera à la hauteur de vos espérances ! :3 Précisons avant que l'univers de The legend of Zelda et ses personnages appartiennent entièrement à Nintendo, naturellement... et malheureusement x)

Bonne lecture !


Traque dans le royaume

~ Une promesse tendre ~

Le lieu, ou plutôt les, étaient multiples, diversifiés et dispersés aux quatre coins de la carte. Des hauteurs Gerudo à celles d'Akkala. De la chaîne d'Ordinn à celle d'Hébra. De la montagne de la Mort à celle de Lanelle. De la prairie de Firone à celle gelée de Tabanta. Du désert Gerudo aux collines d'Hyrule, en passant par le lac et les marécages d'Hylia. Elle avait depuis longtemps cessé de comptabiliser les allers et retours.

Les situations, elles également, étaient diverses, variant suivant la topographie du lieu et les conditions météorologiques, n'ayant pour unique point commun que la raison de sa présence.

Cette raison d'ailleurs était le seul ordre qu'elle possédait. Un ordre qu'elle s'était elle-même donné, ne recevant à présent plus aucune directive. Elle n'avait plus de supérieur, plus de peuple, plus même de famille. Seules ses émotions demeuraient auprès d'elle, des émotions aussi affûtées que la lame de sa serpe, unique objet qu'elle avait eu le droit de conserver.

Son quotidien avait bien changé depuis cette fameuse nuit où elle avait surpris le détestable Prodige dans les couloirs du repaire.

Depuis cette fameuse nuit où il avait assassiné le Grand Kohga.

Elle ne l'avait appris qu'au petit matin, lorsque la rumeur du drame s'était répandu jusque devant le rideau de sa chambre. N'y croyant tout d'abord pas, - leur chef ne pouvait être vaincu aussi facilement, cela était impossible, impensable, inimaginable ! -, elle s'était précipitée vers l'arène, lieu de l'affrontement selon les dires des soldats. Son père était déjà sur place, distribuant les ordres en bon bras droit du chef qu'il était. Des traces de lutte et une ribambelle de flèches étaient présentes sur la terre rouge entourant le gouffre sans fond, tout comme de nombreux parchemins d'invocations roussis, ceux que le Grand Kohga utilisait pour faire apparaître ses énormes boulets. Lui seul était capable de les enflammer, et par conséquent de les activer, armes qui faisaient en partie sa renommée au sein de son peuple. Il n'y avait en revanche aucune trace de sang, la confortant momentanément dans sa stupide illusion que la rumeur était fausse. Du moins, jusqu'à ce qu'elle croise le regard écarlate de son père, habituellement si froid, pour l'occasion sertit d'une profonde tristesse. Alors, le monde s'était effondré sous ses pieds. Les larmes avaient dévoré ses joues. Son chef, son mentor, son modèle était mort. Et tout était de sa faute. Oui, elle était l'unique responsable de ce drame.

Beaucoup trop naïve qu'elle avait été d'ignorer la lame aiguisée qui se cachait derrière les sourires moqueurs de son ennemi.

Beaucoup trop idiote de se laisser attendrir par ses gestes affectueux.

Beaucoup trop stupide de le laisser filer une nouvelle fois.

Car, il ne faisait aucun doute, le coupable de ce fléau ne pouvait être que cet infâme individu.

Trois, c'était le nombre de fois où elle avait eu la possibilité de lui trancher la gorge, de mettre fin à sa misérable existence, d'empêcher la mort de son chef adoré. Mais à présent, il était trop tard. Pour la troisième fois, elle avait désobéi aux ordres de son supérieur. Fois de trop, car fois funeste. Tout était de sa faute... Un chagrin sadique s'était alors épris de son cœur, l'entravant dans une étreinte d'épines, brisant ses cordes vocales à force de crier sa peine coupable. Son père avait tenté de l'apaiser, la prenant sans doute pour la première fois de sa vie dans ses bras, posant sa grande main sur son crâne pour le caresser, lui offrant son épaule pour sécher ses larmes – des larmes indignes pour une redoutable guerrière. Autour d'eux, sous-fifres et officiers avaient partagé leur deuil, se soutenant mutuellement, le regard perdu dans la contemplation du gouffre, énorme gueule ayant englouti le Grand Kohga. Plusieurs minutes s'étaient ensuite écoulées, minutes utilisées par chacun pour rendre hommage au plus admirable des leurs. Beaucoup trop peu pour chasser sa culpabilité, vipère vénéneuse s'infiltrant dans le moindre de ses capillaires. Sa cousine les avait rejoints, prenant le relais de son père autour de ses épaules pour permettre à l'imposant guerrier qu'il était de s'avancer au centre des siens.

« - Vengeance sera faite ! Avait-il alors déclaré en levant au-dessus de sa tête son précieux sabre Tranche-Vent. »

Et une hué d'exclamation avait accompagné ses mots, les officiers l'imitant de bon cœur tandis qu'elle resserrait ses doigts sur le vêtement de sa cousine en se mordant à sang la lèvre inférieure. Personne ne devait savoir son implication dans cette histoire, sa troisième et irrémédiable faute. « Ô Seigneur Ganon » s'était-elle ainsi mis à prier sous les cris de guerre de ses confrères. Hélas, même la bête vénérée de son peuple semblait partager sa pensée :

Ce qu'elle avait fait était impardonnable !

Sans qu'elle n'y prête tout de suite attention, un officier et trois sous-fifres s'étaient avancé en direction de son père dont les mots s'étaient tût à leur vue. Trop concentrée sur les paroles réconfortantes de sa cousine, elle n'avait pas écouté celles accusatrices des quatre soldats. Du moins, jusqu'à ce que son prénom ne soit hurlé – bel euphémisme ! - par les lèvres de son géniteur. Elle s'était aussitôt raidie, alertée par la colère – nouvel euphémisme ! - présent dans la voix de l'homme. Dans cette même voix qui n'avait de cesse de la gronder depuis sa plus tendre enfance, à mainte et mainte reprise, mais jamais avec cette rancœur dont elle était teintée ce jour-là. Cherchant à comprendre, elle avait alors lentement tourné son regard en direction du sien, subissant de plein fouet le courroux des deux perles carmines, avant que son attention ne se porte sur ce qu'il tenait entre ses mains. Une écharpe.

Une écharpe confectionnée par les Sheikahs, peuple ennemi des leurs.

Une écharpe de laquelle émanait encore une douce odeur de fleurs silencio.

Une écharpe qu'elle n'eut aucune peine à reconnaître. L'écharpe du Prodige. De leur ennemi. De l'assassin du Grand Kohga.

Mais plus encore, l'écharpe qui prouvait son implication dans ce drame, sa troisième faute. La corde funeste qui s'était joyeusement enroulée autour de son cou.

Lentement, elle rouvrit les paupières, quittant ses songes pour revenir à la réalité. Sous ses yeux encore embués par le sommeil, de grands étendus verts se dessinaient sous un ciel obscur peu à peu dévoré par l'aurore et ses couleurs chatoyantes. Une douce odeur de géosmine flottait dans l'air, signe qu'il avait dû pleuvoir durant son assoupissement. Fort heureusement, le petit attroupement d'arbres sous lequel elle avait installé son campement avait su la protéger de l'averse. Quelques mètres plus loin, des renards à la fourrure fauve gambadaient joyeusement dans les hautes herbes tandis que, perchés dans les branches au-dessus de sa tête, les moineaux faisaient entendre leur ramage matinal. Grimaçant en décroisant ses jambes pour les étirer devant elle, elle se pencha ensuite en avant, désireuse de chasser les crampes s'étant installées dans la nuit. Peut-être aurait-elle finalement dû prendre une chambre au relais de la rivière, un peu plus au sud. Quelques rubis n'étaient rien contre un bon lit moelleux, luxe dont elle n'avait plus profité depuis longtemps.

Depuis ce fameux jour où son secret, ou plutôt sa faute avait était découverte.

Depuis ce fameux jour où les regards haineux de ses semblables s'étaient posé sur elle.

Depuis ce fameux jour où son père et les siens l'avaient froidement rejetée. Bannie de leur repaire, de sa maison, de sa famille.

Elle avait cru, en apprenant la mort du Grand Kohga, que rien de pire ne pourrait lui arriver. La stupidité de ses actes passées lui avait démontré le contraire. Jugée coupable d'avoir aidé le Prodige à s'infiltrer dans leur repaire, à se saisir du Masque du Tonnerre et à éliminer leur chef adoré. Elle avait alors tenté de se défendre, de nier les faits. Une ridicule écharpe ne prouvait rien. Mais ils n'avaient rien voulu entendre, le doute né de ses précédentes erreurs faisant sonner faux ses mots. Tous avaient alors tourné leur regard vers sa cousine, camarade de chambre et donc témoin potentielle de ce qui avait put s'y passer cette nuit-là. Les larmes au bord des yeux, pressée par l'attente de ses semblables, celle-ci n'avait alors pu tenir sa langue. Déclarant deux choses : l'absence de l'écharpe la veille, à l'heure du coucher, et la disparition de la Yiga au cours de la nuit. Avant d'éclater en sanglots et excuses envers celle qu'elle avait toujours considéré comme étant sa meilleure amie. Il n'en avait pas fallu guère plus. Elle était coupable.

« - N'ose plus jamais reparaître devant moi. Tu n'es plus ma fille. »

Se remémorant les mots glacials de son père, elle soupira longuement en laissant sa tête retomber contre l'écorce derrière elle. Privée de son foyer, elle avait laissé sa peine se muer en rancœur envers le Prodige, se lançant à corps perdu sur les traces de cet abject individu, faisant fi de la tendresse qu'elle éprouvait autrefois pour lui pour le traquer tel un animal. De nombreuses fois, elle avait croisé sa route sur les vastes étendus d'Hyrule, se référant à la position des Créatures Divines pour deviner ses déplacements, prêtant oreilles aux ragots des marchands ambulants. Bien évidemment, conscient d'être traqué, il tâchait de brouiller les pistes en se téléportant de tour en tour et évitait d'emprunter les sentiers où bon nombre de Yigas l'y attendait pour lui sauter dessus et venger leur chef. Si la première stratégie avait le don de l'irriter – avait-il seulement conscience du temps qu'il fallait pour rejoindre les profondeurs d'Akkala depuis Hébra ? -, la seconde l'arrangeait en revanche, la tenant ainsi loin des siens comme il était convenu par son exil. Même si elle doutait pouvoir être reconnu. Privée de ses attributs Yiga – de sa tenue de combat écarlate et de son précieux masque – car désormais indigne d'arborer le précieux œil de leur peuple, elle avait en effet dû se dégoter une nouvelle tenue, ne pouvant définitivement pas se mettre en chasse en chemise de nuit. La tenue traditionnelle des Gerudo avait un temps fait l'affaire, ses voiles permettant de camoufler au moins une bonne partie de son visage. Puis, en quittant le désert pour gagner les plaines, elle était parvenue à troquer la viande d'une biche fraîchement chassée contre une tunique crème un peu trop grande et une paire de bottes légèrement usées. Elle s'était ensuite confectionné un nouveau masque dans le bois d'un hêtre abattu. Ce visage factice n'était certes pas aussi gracieux que son précédent, mais il permettait au moins à la jeune femme de se camoufler derrière et de laisser la redoutable guerrière enfouit en elle mener à bien sa revanche.

Lui ne l'avait pas reconnu, du moins à leur première rencontre. Mais à force, il avait fini par assimiler cette silhouette étrangère que lui conféraient ses nouveaux habits. Car, par la suite, de nombreuses fois, elle était apparue devant lui, son rire caractéristique trahissant ses origines, et par conséquent ses attentions. De nombreuses fois, elle lui avait sauté dessus, engageant le combat à toute heure, faisant fi des conditions météorologiques, ne prenant pas en compte leur environnement, ne pensant qu'à enfoncer sa précieuse lame dans la gorge de ce chacal. Au début surpris par ses entrées en scène, ses accueils s'étaient peu à peu mut en un simple soupir de lassitude avant de se mettre en position, elle offensive, lui défensif. Puis s'engageait le combat. Une continuité de coups portés, elle s'acharnant, lui parant seulement.

Très souvent, elle finissait assommée, lorsqu'il était lasse de jouer avec elle.

Ou alors, il choisissait la fuite, se saisissant de la tablette à sa ceinture pour se téléporter.

« - Je suis désolé, tu ne me laisses pas le choix. Murmurait-il alors en lui adressant un regard étrangement triste – pourquoi le serait-il ? Il était en tort après tout. »

Il arrivait également qu'il lui sauve la vie lorsqu'elle tentait de faucher la sienne, la protégeant des monstres sur le territoire desquels ils s'affrontaient. Geste qui la laissait toujours perplexe. N'étaient-ils donc pas ennemis ? N'était-il pas le meurtrier de son chef adoré ? N'était-il pas un monstre sans cœur ? Un scélérat qui s'était joué de sa naïveté, de ses émotions beaucoup trop instables à son âge ? Et pourquoi, Nom d'une banane frite, arborait-il toujours cet éclat mélancolique lorsqu'elle apparaissait devant lui ? Pourquoi, pourtant excellent bretteur, ne combattait-il jamais vraiment ? Pourquoi ?!

Inconsciemment, elle porta sa main à son avant-bras gauche, traçant du bout des doigts la large cicatrice décorant son épiderme. Souvenir laissé par la griffe articulée d'un Gardien alors qu'elle combattait le Prodige dans la plaine des Ramages. Témoin visuel de l'une des innombrables fois où il l'avait secouru, se jetant devant elle au moment où le laser mortel de la stupide machine la prenait pour cible pour décocher avec précision une flèche archéonique dans son œil.

Stigmate d'un énième échec.

Soupirant, elle tourna ensuite son regard sur la droite et contempla le château sur lequel la colline des Sifflements donnait une vue parfaitement dégagée. Au cours de son voyage en Hyrule, elle avait pu observer cette imposante bâtisse sous tous ses points de vue, tâchant d'oublier ses soucis dans l'admiration des émanations rougeoyantes et pernicieuses qui s'en dégageaient, l'essence même du Seigneur Ganon qui somnolait sous les pierres de la forteresse. Ou du moins qui somnolait autrefois car, depuis peu, la maléfique bête s'était éveillée. Et un combat acharné avait eu lieu au cœur d'Hyrule.

Un combat programmé depuis mille ans, retardé un siècle plus tôt.

Un combat qui avait fait trembler les différents territoires du royaume et déchiré le ciel d'éclairs.

Un combat opposant l'Ombre à la Lumière. Le Fléau au dernier Prodige.

Un combat qui, selon la dernière missive reçue de sa cousine, s'était soldé par la mort de leur Seigneur vénéré. Et donc, par conséquence, la victoire de sa proie. Signifiant ainsi la présence de cette dernière dans les environs. D'après sa parente, il était blessé. Suffisamment espérait-elle pour que cela tourne à son avantage. Suffisamment pour qu'elle puisse lui ôter la vie. Cette simple idée, la simple image de sa serpe plongeant dans la chair hylienne, suffisait à enhardir la rage qui avait prit possession de son cœur au cours de son périple. Un sourire étira ses lèvres. Elle la tenait, sa vengeance.

« - Kohga ! Appela-t-elle en se redressant sur ses jambes »

Puis, étirant ses bras au-dessus de sa tête, elle bâilla mollement. La pluie nocturne avait éteint son feu de camp, gorgeant les bûches d'eau et les rendant inutilisables. Malheureusement, elle n'avait plus le temps d'en refaire un. Dommage, son estomac devrait se contenter de quelques lanières de viande séchée. Oh, et de quelques baies qu'elle dénicha au fond de sa sacoche, juste à côté de la carotte qu'elle avait conservé pour son compagnon. Ce dernier apparut justement au bas de la colline en hennissant joyeusement, sa sublime robe ébène se démarquant dans ce décor essentiellement vert. À son approche, deux aigrettes roses prirent leur envol en piaillant de mécontentement mais il n'avait que faire, son regard déjà complètement obnubilé par le légume orangé. Elle rit lorsqu'il vint frotter son museau contre sa joue, quémandant sa pitance.

« - Où étais-tu encore passé, vilain garçon ? Demanda-t-elle en lui cédant »

Kogha était un étalon dont elle avait fait la connaissance dans la prairie gelée de Tabanta, après une énième défaite face au Prodige. Assommée, elle avait été faite prisonnière par une bande de Bokoblins cavaliers. Tout comme lui qui refusait d'être asservi par le chef de la troupe, une créature à la peau pâle comparée à celle de ses semblables. Deux prisonniers, un statut qui les avait rapprochés. Une alliance s'était ainsi formée, puis une amitié. Elle se souvenait encore parfaitement de leur fuite, de ses doigts cramponnés à la crinière sombre de l'animal, de ses cuisses tellement pressées contre son flanc qu'elle en avait eu mal des jours durant, des paysages défilant à toute vitesse autour d'elle. De cette sensation de liberté qui avait emplit son âme. Une sensation grisante qu'elle avait goûtée pour la première fois et dont elle ne pouvait à présent plus se passer.

« - Notre voyage arrive bientôt à son terme, lui confia-t-elle en caressant son museau, le sourire ayant quitté ses lèvres. »

Depuis la veille, et pour une raison qui lui échappait, elle était emplit d'une certaine mélancolie. Mélancolie qui freinait ses ardeurs. Voilà deux jours qu'elle avait reçu la missive, deux jours qu'elle sentait son sang de guerrier bouillonner dans ses veines. Et pourtant...

Non, elle ne devait pas penser à cela maintenant ! Se tapotant les joues pour retrouver ses esprits, elle se hâta ensuite de plier ses affaires et de grimper sur la selle de sa monture. Puis, s'agrippant à sa crinière – car Monsieur refusait le filet -, elle lui donna un léger coup de talon dans le flanc. Kohga comprit le message et partit aussitôt au galop. Rapidement, ils rejoignirent ainsi la plaine de la Girouette. Au vu de ses étendues partiellement carbonisées, l'affrontement prédestiné s'était tenu ici, sur ces terres autrefois verdoyantes, terrain de jeu préféré des Gardiens à pied dont il ne restait à présent plus que des carcasses inanimées au milieu des herbes et des fleurs. Leur squelette mécanique était encore humide de la rosée matinale, luisant sous les rayons solaires. Un frisson remonta le long de son échine lorsqu'elle croisa le regard inerte de l'un d'eux, se remémorant la couleur incarnat qu'il prenait une fois sa proie détectée. Ils étaient comme elle, des traqueurs acharnés que rien ne semblait pouvoir détourner de leur objectif. Mais, contrairement à elle, ils avaient perdu la partie en laissant leur ennemi les annihiler tous en même temps. Elle, n'échouerait pas. Elle était une guerrière redoutable, une guerrière armée de rancœur, une guerrière assoiffée de vengeance.

Elle était une guerrière Yiga.

Apercevant l'ancienne cité des Mouettes au loin, elle fit ralentir sa monture au trot et dévia sa trajectoire en direction d'un petit bosquet. Les arbres de ce dernier étaient suffisamment resserrés entre eux pour permettre aux deux compagnons de se camoufler dans leur ombre. Il fallait se montrer prudent. Selon les dernières informations de sa cousine, plusieurs Sheikahs étaient venu prêter main forte au Prodige blessé, établissant un campement au milieu des ruines et repoussant le moindre intrus. Nombreux sous-fifres, et même officiers, avaient tenté leur chance afin de venger la mort du Grand Kohga, en vain. Mais elle n'échouerait pas.

« - Attend-moi là, murmura-t-elle en mettant pied à terre. »

Elle grimpa ensuite avec agilité au sommet d'un chêne afin d'étudier la zone. Les ruines de l'ancienne cité n'étaient qu'à quelques mètres au nord. Une douzaine de silhouettes l'encerclait, effectuant des rondes régulières. Passer ne serait pas aussi simple qu'elle l'avait cru. Elle avait fait le choix de partir au petit matin car la chevauchée de deux jours l'avait complètement exténuée et qu'une nuit de repos s'était donc imposée. Pourtant, il lui semblait à présent évident qu'attaquer en pleine journée serait une terrible erreur. Soupirant, elle s'installa donc dans le creux que formaient les branches et s'adossa contre l'une d'elles, le regard perdu dans l'observation des rondes.

Les minutes défilèrent, lentement.

Les heures, interminablement.

Privée de ses Gardiens, la plaine était d'un ennui mortel. Ne pouvant se permettre de s'endormir, elle s'occupa donc en sculptant son masque, décorant les pommettes factices d'arabesques complexes. Cet ouvrage la détendait, permettant à son esprit de se concentrer et de chasser les innombrables questions qui l'insupportaient.

Vers midi, un petit groupe de personnes rejoignit les ruines. Son couteau se stoppa dans l'écorce du masque. Les nouveaux venus arboraient tous le disgracieux œil Sheikah sur leur thorax. Ils furent accueillis par des acclamations de joie de leurs camarades, notamment ceux transportant des carcasses de cervidé. L'instant d'après, une alléchante odeur de ragoût épicé flotta au-dessus de la plaine, faisant tordre son estomac d'envie, lui qui n'avait eu le droit qu'à de la misérable viande séchée. Seigneur Ganon, elle les détestait !

Par la suite, les minutes se succédèrent, toujours aussi lentes.

Et les heures, toujours aussi interminables.

Lorsque enfin – enfin ! - le soleil accepta de se retirer dans sa demeure nocturne, la voûte céleste se parant de teintes beaucoup plus sombres. Personnage d'action, plus que de réflexion, elle avait toujours eu en horreur l'attente, l'immobilité. Raison pour laquelle elle quitta sa tour de guet sans regret, se laissant tomber en bas de l'arbre avec agilité, atterrissant sans un bruit sur la mousse. Elle prit ensuite quelques minutes pour étirer ses muscles endoloris à force d'inertie, avant de rejoindre Kohga et d'attraper une bouteille dans une sacoche accrochée à sa selle. La fiole contenait un liquide orangé, un pur concentré de jus de fruits volt qu'elle engloutit en trois gorgets. L'acidité de la boisson lui arracha une grimace, agressant son palet habitué au tendre goût sucré des bananes. Des picotements se firent ressentir au bout de ses doigts, signe que le pouvoir isolant des fruits désertiques commençait à faire effet. Parfait ! Elle s'équipa ensuite, plaçant son arc – hélas à simple encoche – et son carquois dans son dos, vérifiant le contenu de ses sacoches, s'assurant de la présence de sa serpe à sa ceinture, replaçant son masque de bois sur ses traits. Dissimulant sa fatigue, donnant vie à la redoutable guerrière inexpressive. L'heure était venue.

« - Souhaites-moi bonne chance, murmura-t-elle en apposant son front contre celui de son compagnon. »

Puis, telle une ombre dans la nuit, elle quitta le bosquet pour se faufiler jusqu'à l'ancienne cité des Mouettes. De part sa localisation, elle avait sans doute était l'une des premières à succomber au réveil de l'illustre Ganon. Et ce que la bête maléfique n'avait pas détruit, le temps s'en était chargé, faisant de cette cité marchande autrefois prospère un champ de ruines. Il était difficile de s'imaginer, en voyant ces maisons en partie détruites et ces pierres recouvertes par endroits de lichen, que des gens aient pu habiter ici par le passé, le souffle du vent ayant remplacé les rires des enfants et les papotages des ménagères.

Se plaquant contre les restes d'un muret, elle se pencha légèrement pour étudier les alentours et repérer la position des guerriers Sheikah. Deux silhouettes se tenaient devant la porte dégondée d'une maison dont l'étage supérieur s'était à moitié effondré, une toile étendue au-dessus faisant office de toit improvisé. Deux autres surveillaient l'arrière de la demeure. À l'évidence, il s'agissait de la maison occupée. Cinq hommes étaient disposés sur les toits alentours en sentinelle. Les autres déambulaient entre les gravats en rondes organisées. Elle se mordit la lèvre inférieure. Visiblement, ils étaient plus nombreux que prévus. Mais il faudrait beaucoup plus pour la dégonfler car, déjà, son envie de vengeance refaisait surface, se propageant dans ses vaisseaux, galvanisant la moindre cellule de son être.

Elle était une guerrière Yiga.

Discrète, telle une ombre spectrale, elle se jeta sur le premier soldat qui se présenta à elle, l'assommant d'un violent coup sur la nuque. Elle s'empara de sa lance du tourment et poursuivit son chemin, escaladant sans bruit la façade d'une maison pour éviter un second ennemi et se laisser tomber derrière lui afin de l'assommer à son tour. Elle poursuivit ainsi plusieurs minutes durant, se débarrassant d'un maximum d'opposant sans verser la moindre goutte de sueur. Ses mouvements étaient précis, si bien que ses victimes perdaient connaissance avant même de s'en rendre compte, n'ayant jamais le temps de crier pour prévenir leurs alliés de son intrusion.

Du moins, jusqu'à ce qu'elle se retrouve face à un Sheikah plus malin que les autres qui, au dernier moment, parvint à esquiver son coup fatal.

« - Un intrus ! Hurla-t-il immédiatement »

Et aussitôt, une nuée de flèches s'abattit dans sa direction. Pestant, elle repoussa son adversaire d'un coup de lance et détalla ensuite, fuguant entre les pans de mur pour se protéger des projectiles et échapper aux soldats avertis. Quelle plaie ces Sheikah ! Armant son arc, elle visa les jambes de ses poursuivants tout en courant, tentant de réduire leur nombre qui – bon sang ! - ne cessait d'augmenter. Mais d'où est-ce qu'ils sortaient ceux-là ?

Tandis qu'elle bifurquait à gauche, elle sentit une main se refermer sur sa longue natte, stoppant brusquement sa course. Une douleur s'éveilla alors dans sa nuque tandis qu'elle tomba lourdement sur le dos. Grimaçant, elle prit appuie sur ses mains et donna un coup de pied dans la mâchoire du coupable, avant de planter sa serpe entre ses phalanges pour le faire lâcher prise. Du sang se répandit sur la blancheur de ses mèches. Roulade arrière pour esquiver le sabre de son ennemi, à présent fou de rage, puis elle s'empara de sa lance sur laquelle il vint de lui-même s'empaler. Un cri de douleur, un jet de sang, une nouvelle pluie de flèches. Le corps du colosse l'ayant stoppé se renversa sur le côté, révélant deux nouveaux adversaires chacun armé d'un court sabre et d'un bouclier.

« - Rends-toi et il ne te sera fait aucun mal, déclara l'un des deux en prenant une pose offensive. »

Elle fit danser le manche de la lance entre ses doigts. Puis, émettant le rire caractéristique de son peuple, elle se lança dans la bataille. Le duo se bâtait plutôt bien, enchaînant les coups avec dextérité. Malheureusement, elle s'était déjà frotté à plus habile, à plus insaisissable. Qu'étaient-ce que deux misérables Sheikah quand on avait pris l'habitude d'attaquer sans relâche le Prodige de la légende ? Ainsi, ils rejoignirent rapidement leur semblable au sol, l'un blessé au flanc droit, l'autre les deux mollets tranchés. Ah, quelle agréable sensation ! Elle avait presque oublié la jubilante sensation que provoquait une victoire. La sensation d'admirer de haut le corps de l'adversaire vautré dans son incapacité. De nombreuses fois, elle avait été à leur place, victime de cet assassin au détestable sourire moqueur. Mais plus jamais, elle ne le permettrait. Plus jamais, elle ne perdrait face à qui que ce soit.

Et encore bien moins face à lui.

Elle aurait sa gorge. Elle aurait son sang. Elle aurait sa vengeance.

« - Rends toi ! Crièrent de nouveaux venus, lances, sabres et arcs brandis dans sa direction »

Ils étaient plus d'une vingtaine, répartis autour d'elle, jusque sur les toits, afin de ne lui accorder aucune échappatoire. Leurs iris carmin luisaient dans la pénombre, tout comme l'acier menaçant de leur arme. Elle était encerclée. Prise au piège.

Mais pas perdue pour autant.

Rapide, elle décocha plusieurs flèches, visant les pieds des soldats sans jamais les toucher. Visant les gelés chuchu jaunes qu'elle avait dispersé au cours de son combat précédent, créant un véritable champ de mines. S'enclencha ainsi une nuée d'explosions électriques dont les éclairs prirent d'assaut les morceaux de métal et, par extension, leur porteur. Des cris de douleur s'élevèrent jusqu'à la voûte céleste tandis que les corps se convulsionnaient sous les décharges. Au cœur de ce champ électrifié, elle ne ressentait qu'une sorte de chatouillement désagréable qui titillait la moindre de ses terminaisons nerveuses sans jamais la blesser. L'élixir volt faisait encore de l'effet. Profitant de cet avantage pour se mouvoir au milieu des corps à terre, elle acheva ensuite les plus robustes d'entre eux. Puis, une fois débarrassée de ces gênes, rebroussa chemin pour rejoindre la maison protégée par une toile. Les deux Sheikah gardant l'entrée étaient encore là. Un retardement agaçant mais une banalité pour sa fidèle serpe qui se logea joyeusement dans leur carotide. Prenant une grande inspiration, elle se glissa ensuite sans un bruit à l'intérieur de la demeure.

L'unique pièce n'était éclairée que par un unique feu qui crépitait dans ce qui restait de cheminée. Une bassine reposait sur une table basse branlante, son eau rougie par le sang des serviettes trempant dedans. Il y avait également un tabouret et un lit de paille installés tout prêt du foyer. Et, sur la couche, reposait un corps allongé sur le dos, la tête tournée vers le mur. Les flammes faisaient danser des ombres sur ses traits épuisés et miroiter le blond des mèches qui s'étalaient autour. Vu ainsi, on aurait put croire qu'il dormait paisiblement. Seulement, la tache vermeille qui s'étalait sur le drap blanc, juste au niveau de son abdomen, indiquait l'inverse, témoignant de l'état de santé du jeune homme. Ainsi donc, sa cousine disait vrai. Le Prodige avait bel et bien été blessé au cours de son affrontement contre le Seigneur Ganon.

Sur la pointe des pieds, elle rejoignit la couche de paille, sa main trouvant déjà le chemin menant à sa serpe. Elle la tenait, sa vengeance. Enfin ! S'échappant de son fourreau, sa lame chanta, son acier reflétant les flammes de l'âtre et l'ardeur de sa rage. Il allait mourir. Elle allait le tuer.

Pour venger son honneur. Pour venger le Grand Kohga. Pour venger son peuple.

Pour faire taire une bonne fois pour toute cette petite voix dans sa tête. Cette émotion ridicule qui subsistait depuis sa rencontre avec le Prodige. Ce sentiment qui la déchirait entre son peuple et son envie d'aventure.

Sa main leva sa serpe au-dessus de l'endormi tandis que ses yeux cherchèrent instinctivement à croiser ceux d'un bleu si particulier, malheureusement séquestrés derrière des paupières closes.

Sa main ne tremblait pas, mais son cœur, lui, si.

La redoutable guerrière hurlait de rage en elle, jubilait à l'idée d'ôter la vie de cet être abject, de teinter l'acier de sa lame du sang prodigieux. Mais la jeune femme, elle, que disait-elle ?

« - Je... »

Il avait tué le Grand Kohga, c'était un assassin.

Il s'était joué de ses sentiments, c'était un menteur.

Il s'était moqué ouvertement d'elle, c'était un salop.

Alors pourquoi ? Pourquoi la jeune femme, aussi blessée que la redoutable guerrière, ne pouvait-elle pas se mettre d'accord avec elle ? Pourquoi ne pouvait-elle pas simplement se taire et demeurait muette derrière ce visage factice ? Pourquoi seulement ne pouvait-elle pas admettre que cette personne méritait de mourir ?

Sa main se mit soudainement à trembler, faisant osciller les ombres sur sa lame, en rythme avec ses convictions. De nouveau, elle chercha les perles azurées du regard, suivant la courbe des lèvres qu'elle avait vu de si nombreuses fois moqueuses par le passé, mélancoliques depuis qu'elle l'avait pris en chasse. Comme s'il regrettait. Comme s'il souhaitait se faire pardonner. D'être un assassin, un menteur, un salop. Un voleur. Il lui avait dérobé tant de choses déjà. Sa fierté. Ses bananes. L'affection de son chef adoré, de son peuple. Le trésor qu'elle avait rapporté. Et maintenant ses convictions.

« Non! » hurla soudainement la guerrière en elle. « Ne succombe pas ! Tais-toi ! Tais-toi ! » Sa deuxième main vint s'enrouler autour de la garde, soutenant la première pour calmer ses tremblements. « Tu dois le tuer ! Le tuer ! ». Et, fermant violemment les paupières, elle laissa sa colère s'exprimer en prenant le contrôle de son arme pour l'abattre sur le corps endormi. Un cri s'échappa de ses lèvres, résonna dans son esprit. Ses genoux s'écrasèrent sur le plancher, des morceaux de roche s'enfonçant douloureusement dans la chair de ses jambes. Des larmes mordirent ses yeux, brûlèrent ses joues.

Elle... ne pouvait pas...

Rouvrant les paupières, elle observa la lame stoppée à quelques millimètres de la gorge offerte. Stoppée par une main. Sa propre main. Celle ayant fait cesser les tremblements.

Elle ne pouvait pas le tuer. Elle en était incapable.

Elle, la redoutable guerrière, était incapable de tuer l'assassin de son chef. Car elle n'était pas si redoutable qu'elle le croyait, qu'elle l'aurait espéré. Car elle possédait une faiblesse.

Car il était sa faiblesse.

Posant son front contre ses avants-bras, elle laissa sa rage s'écouler par ses larmes. Larmes qu'elle avait trop longtemps retenues. Depuis que sa famille l'avait mise à la porte, elle n'avait connu que des difficultés. Des nuits froides et sombres, des journées de disette et de solitude. Des blessures, des défaites. Voilà ce qu'elle retiendrait uniquement de son voyage sur les terres d'Hyrule, oubliant les sublimes paysages qu'elle avait côtoyé au quotidien, rendus invisibles par ses œillères de haine. Tout ces efforts, ces sacrifices pour finalement échouer aussi bêtement. Parce qu'elle ne pouvait pas prendre une vie.

Non, parce qu'elle ne pouvait pas prendre sa vie.

L'image du lac Hylia s'imposa inopinément dans son esprit. De magnifiques teintes crépusculaires enveloppaient son pont séculaire sur lequel quelques Lézalfos patrouillaient. Ou du moins, avant le passage du Prodige qui avait ensuite poursuivit son chemin vers le nord. C'était là qu'elle avait croisé son chemin pour la première fois depuis leur escapade complice dans les couloirs du repaire. Et c'était là qu'elle lui avait sauté à la gorge pour la première fois non plus pour l'honneur du Seigneur Ganon mais pour venger son chef. Il avait tenté de communiquer entre les coups de lame, mais seuls les cris de rage de son adversaire lui avaient répondu, la complicité instaurée au cours de leurs anciens combats complètement envolée. Aussi, sans doute lasse, il avait fini par la plaquer dans l'herbe, faisant peser son corps pour l'immobiliser. Elle avait tenté de se débattre, criant et tapant des pieds, en vain.

« - Tu ne pourras pas me retenir indéfiniment ! Avait-elle alors vociféré. Je te traquerais où que tu iras ! Nul lieu en Hyrule ne saura te mettre à l'abri de ma lame ! La seule manière que tu auras de te débarrassais de moi sera de me tuer ! Je t'arracherais la tête, tu m'entends ?! Je vengerais le Grand Kohga ! »

Il n'avait rien répondu, se contentant de sourire face à ces menaces. Non pas ce sourire moqueur qu'il lui avait offert tant de fois pour l'agacer, mais plutôt un sourire mélancolique. Un sourire, à l'époque, qu'elle ne lui connaissait pas. Un sourire qui avait par la suite ponctué toutes leurs séparations. Un sourire dont elle avait volontairement voulu ignorer le sens, mais qu'elle comprenait à présent parfaitement. « Te tuer ?... »

« - … J'en suis incapable. »

Les mots s'échappèrent de ses lèvres, caressèrent la large cicatrice sur son avant-bras gauche. Il lui avait sauvé la vie tant de fois. Comment pouvait-il être cette même personne qui sauve et qui tue un Yiga ?

Soupirant longuement, elle releva la tête et rouvrit les paupières. Pour croiser les perles céruléennes qu'elle affectionnait hélas tant. Il avait tourné le visage dans sa direction, un visage amaigri et cerné. La douleur obscurcissait la teinte de son regard, tels des nuages sombres dans un ciel estival. Il cilla plusieurs fois, comme pour chasser les dernières poussières de sommeil – ou pour s'assurer qu'elle n'était pas un mirage. Surprise, elle se redressa sur ses jambes, ignorant la douleur vive au niveau de ses rotules, et tourna le dos pour s'éloigner. Ou du moins, le voulut-elle avant de sentir une main s'enrouler autour de son poignet et la retenir. La prise était faible, presque inexistante, et pourtant la chaleur des doigts sur sa chair fut suffisant pour la figer sur place. Elle voulait fuir, et pourtant ne bougeait plus. Elle voulait s'échapper, partir très loin sur le dos de Kohga, laisser le vent sécher la faiblesse sur ses joues.

« - Pourquoi... Murmura alors une voix faible dans son dos »

Pourquoi ? Pourquoi quoi ? Pourquoi était-elle incapable de le tuer ? Pourquoi prenait-elle la fuite ? Pourquoi était-elle si faible ? Pourquoi était-elle si lâche ? Pourquoi ne pouvait-elle pas être simplement la redoutable guerrière ?

« - ...pleures-tu ? »

Ses lèvres s'entrouvrirent, étonnées par ces mots. Comment savait-il ? Son masque camouflait ses joues, cette détestable preuve de faiblesse. Son chagrin était resté prisonnier de sa gorge, muet. Alors comment avait-il deviné ? La prise se resserra autour de son poignet, comme l'invitant à s'exprimer.

« - Je ne pleure pas, déclara-t-elle alors en parvenant à contrôler les tremblements encore présents dans sa voix.

- Tu es venue pour venger ton chef. Ne devrais-tu pas plutôt sourire ? »

Brusquement, elle se retourna vers lui en ouvrant la bouche, prête à lui passer un savon – non mais pour qui se prenait-il à lui faire ainsi la leçon ? Et puis, ne devrait-il pas être un peu plus alerté pour quelqu'un dont on menaçait la vie ? - mais la referma aussitôt. Il s'était redressé sur sa couche, la tête appuyée contre les pierres murales, son bras droit resserré contre son flanc, là où les draps rougis laissés présager la présence d'une blessure. Le reflet des flammes crépitant dansait dans son regard, et sur ses lèvres moqueuses. Ô par toutes les bananes, qu'il était... Ses joues se pigmentèrent, transformant la surprise de le voir éveillé en agacement. Et puis ce sourire ! Ce sourire qu'elle détestait tant, qui voulait dire tellement de chose mais surtout : « Tu t'en crois capable ? ».

« - Ne... »

Son orgueil s'échauffa.

« - Ne te moques pas de moi ! Rugit-elle soudainement en se jetant sur lui, serpe en main »

La rage était de retour, non plus animée par sa soif de vengeance mais par l'envie de faire disparaître cet insupportable sourire. Malheureusement, son plan fut rapidement avorté car, dans sa précipitation, elle se prit les pieds dans la paille et s'échoua lamentablement sur les jambes de l'Hylien. Plusieurs minutes s'écoulèrent ensuite, plusieurs longues minutes de silence.

Avant que le rire du Prodige ne résonne dans la pièce. Un rire franc, cristallin, incontrôlable. Un rire qu'elle n'avait encore jamais entendu et qui eut l'effet d'affoler son cœur, stupide organe. Un rire qui fit perler des larmes de joie au bord de ses perles océaniques.

Un rire qui fut cependant tut abruptement par une quinte de toux.

Alertée par son instinct – de quoi ? Elle l'ignorait -, elle se redressa aussitôt sur la couche, plaçant ses genoux de part et d'autre des jambes étendues sous les draps et prenant appui sur les cuisses masculines. Face à elle, le sourire moqueur était devenu grimaçant, transformant sa propre colère en inquiétude. Ses yeux glissèrent ensuite sur le corps de son ennemi, recherchant la source de sa douleur, s'attardant tout de même au passage sur les contours de ce corps que le drap laissait négligemment à découvert. Il était sculpté pour l'agilité, non pour la force, hypothèse qu'elle s'était faite lors de leur toute première rencontre et qu'elle ne pouvait à présent qu'approuver face aux pectoraux partiellement visibles. Sur la peau pâle du droit s'étalaient des stries sombres en relief, tel du lierre s'agrippant à la roche. La toile tridimensionnelle semblait s'étendre sous le linge blanc. Intriguée, elle tendit donc ses doigts avec l'intention de dégager ce dernier pour mieux ausculter la plaie. Cependant, une main la stoppa avant qu'elle ne puisse toucher le drap, la faisant sursauter. D'instinct, elle releva ses yeux pour croiser ceux du fautif.

« - On ne t'as jamais appris à ne pas profiter de la convalescence d'un homme pour le détailler de la sorte, jeune fille ? Lâcha-t-il malicieusement »

Et elle comprit qu'il faisait référence à leur troisième rencontre, lorsque, dans les couloirs du repaire Yiga, il l'avait détaillé des pieds à la tête dans sa chemise de nuit, pour son plus grand déplaisir.

Mais elle n'avait pas le cœur à rire pour répondre à sa provocation. Resserrant ses doigts sur ceux du blessé, elle demanda à son tour :

« - Est-ce douloureux ?

- Seulement par moment, répondit-il en penchant la tête sur le côté, un sourire étrangement tendre peint sur les lèvres. »

Puis, contemplant leurs doigts à présent entrelacés, il ajouta :

« - D'après eux, la blessure serait incurable. Le Mal ronge l'organisme de l'intérieur, empêchant sa cicatrisation.

- Mais... tu vivras, n'est-ce pas ? »

Sa voix se brisa, ses mots devenant supplication. Lui préféra en rire. De ce rire forcé que l'on offre à un enfant face à une question dont la réponse est difficile à entendre. Puis, reportant son attention dans les iris de la Yiga, il demanda d'un ton amusé :

« - Ne cherchais-tu pas à me tuer il y a quelques minutes de cela ?

- Justement ! Répondit-elle du tac-au-tac. Comment pourrais-je te tuer si tu mourrais avant, crétin ?! »

De nouveau ce sourire moqueur, accompagné d'un haussement de sourcil.

« - Parce que tu t'en crois capable ?

- Je suis une redoutable guerrière, ne l'oublie jamais !

- Une redoutable guerrière qui trébuche au moment de porter le coup fatal, rit-il. »

Cette réplique lui valut une tape sur la cuisse, ce qui ne fit qu'amplifier son hilarité, échauffant seconde après seconde l'orgueil de la demoiselle. Croyait-il qu'être alité lui offrait le droit de se payer sa tête ? Agacée, elle perdit donc rapidement patience et commença à s'agiter sur la couche, tentant d'affliger des coups à son ennemi en espérant le faire taire. Hélas, ce dernier, bien que blessé, conservait son adresse, parvenant aisément à esquiver le moindre de ses coups tout en continuant de la taquiner. Elle-même finit rapidement par se prendre au jeu, gloussant à son tour. Et son orgueil rugit de fierté lorsqu'elle parvint enfin à le dominer, bloquant son corps en dessous du sien. Il fanfaronnait, créant un orchestre festif dans son esprit.

Orchestre qui se désynchronisa cependant bien vite, gagné par l'agitation, lorsqu'elle prit enfin conscience de sa position. De leur position.

Près. Beaucoup trop près ! Elle pouvait sentir le souffle chaud du Prodige caresser sa joue, y faisant éclore de nombreuses amarantes. Son parfum forestier chatouilla ses narines, tout comme ses pupilles célestes semblaient le faire avec les siennes, pourtant camouflées derrière son visage d'écorce. Un doigt s'enroula autour d'une mèche échappée de sa natte sans qu'aucun de leur propriétaire ne leur porte attention. Le temps semblait s'être suspendu, seul la valse des flammes dans le foyer témoignant de son écoulement. Puis, brisant enfin le silence instauré, il déclara brusquement :

« - Tu dois me détester. »

Si brusquement que ses lèvres s'entrouvrirent. Le détester ? Évidemment qu'elle le détestait. N'étaient-ils pas ennemis, après tout ? Jour après jour, ils avaient tenté de s'entre-tuer – ou plutôt elle avait tenté, mais qu'importe -, préférant communiquer par le combat plus que par les mots. Il avait détruit sa vie, elle désirait faire de même avec la sienne. Il avait dérobé ses bananes, piétiné sa fierté, assassiné son chef bien-aimé. À cause de lui, elle n'avait plus ni famille, ni honneur, ni foyer. Elle le détestait plus que tout.

Et pourtant...

Elle se remémora cette main innocemment tendue dans sa direction, désireuse de lui venir en aide, lors de leur première rencontre.

Cette même main lui offrir un bol de ragoût dans le froid intense des hauteurs Gerudo.

Cette même main laissant tomber son écharpe sur ses épaules pour qu'elle puisse y camoufler sereinement son visage.

Cette même main qui l'avait protégée du Gardien en maintenant son corps derrière le sien.

Cette même main qui l'avait de si nombreuses fois sauvée.

Cette même main qui, à présent, jouait tendrement avec l'une de ses mèches.

Une main tâchée de sang mais une main qui, toujours, défendait.

« - Pourquoi avoir tué le Grand Kohga ? Demanda-t-elle aussi soudainement que lui »

Et elle s'amusa presque d'admirer la surprise gagner les traits du Prodige. Visiblement, il ne s'attendait pas à ce genre de question en réponse. Elle patienta longuement, désireuse de savoir. Il y avait un non-dit dans cette histoire, elle en était certaine – ou plutôt, elle espérait désespérément que ce soit le cas, ne pouvant admettre qu'il n'était qu'un immonde assassin sans valeur -, et elle voulait l'entendre de sa bouche, non plus se baser sur ce qu'avaient rapporter les sentinelles.

« - Ainsi donc, il est bel et bien mort, soupira-t-il tristement. Je suis navré que cela ait dû se passer de la sorte. »

Il était sincère. Mais cela ne lui suffisait pas, elle avait besoin de comprendre. Remarquant sans doute qu'elle ne lâcherait pas l'affaire aussi facilement, il poursuivit donc :

« - C'était un accident. Il a voulu utiliser une technique secrète, malheureusement celle-ci s'est retournée contre lui et... il est tombé dans le gouffre. »

À cette annonce, elle sentit comme un poids se retirer de ses épaules, de son cœur. C'était une sensation étrange qui lui arracha un soupir de soulagement.

« - Tu ne l'as pas tué, murmura-t-elle, pensée s'échappant de ses lèvres. »

Et, le simple fait de prononcer l'innocence du blond à voix haute suffit à faire naître un sourire sur ses lèvres. Il ne l'avait pas tué, il n'était pas l'assassin que ses pairs croyaient qu'il était. Ses yeux commencèrent à la picoter, désireux d'exprimer leur joie. Il ne l'avait pas tué, ils n'étaient donc plus ennemis. Ou du moins si, en quelque sorte, mais pas de la même manière. Sa quête de vengeance allait enfin pouvoir prendre fin.

Le doigt joueur délaissa sa mèche tandis qu'il soupira de nouveau tristement. Visiblement, il ne semblait pas partager la même émotion qu'elle. Détournant son regard en direction du foyer, il contempla un instant les flammes dévorer les bûches. Ne sachant quoi faire d'autres, elle apprécia à son tour le ballet igné, mais d'une autre manière, profitant des perles azurées comme d'un miroir pour refléter ce que lui observait. Le spectacle était enchanteur, tel un lac dont la surface s'enflammait sous les derniers rayons vespéraux. Ils restèrent ainsi, silencieux et immobiles, de longues minutes durant. Jusqu'à ce qu'il se décide à enfin sortir de son mutisme, la faisant presque sursauter de surprise lorsqu'il tourna de nouveau son attention sur elle.

« - Je ne l'ai peut-être pas tué, déclara-t-il alors d'une voix grave, mais je suis tout de même responsable de sa mort. C'est ainsi que le perçoit ton peuple. Et moi de même, rajouta-t-il plus faiblement.

- Eh bien pas moi ! Déclara-t-elle en se redressant, s'asseyant sur les cuisses du blessé et croisant ses bras sur sa poitrine. Le Grand Kohga était un homme sage. S'il a fait le choix de t'affronter en personne, c'est qu'il a dû juger de ton talent de guerrier. Il aurait pu sonner l'alerte et faire en sorte d'avoir des renforts, mais il ne l'a pas fait. Parce qu'il voulait affronter le Prodige seul. Dire que tu es responsable de sa mort serait donc dénigrer le courage dont il a fait preuve en se dressant devant toi, faire fi de son sacrifice, et ça je ne te le permettrais jamais ! »

Il la scrutait, semblait boire le moindre de ses mots. Une myriade d'émotions s'affrontait dans son regard safre, comme s'il ne savait pas laquelle exprimer.

« - Et à présent, poursuivit-elle sur ce même ton autoritaire, tu as plutôt intérêt à guérir si tu ne veux pas que je te botte les fesses ! »

Mais au final, ce fut l'amusement qui remporta la bataille, étirant ses lèvres.

« - Encore des menaces... Mais... Je suis curieux de voir comment tu t'y prendrais.

- Hé ? »

… Oh non, venait-elle de dire que... Prenant peu à peu conscience de ses paroles, elle sentit ses joues s'échauffer. Pour la énième fois de la journée. Décidément, elle devait couver quelque chose pour ainsi s'empourprer aussi facilement.

« - Idiot ! S'écria-t-elle en se relevant précipitamment et en prenant la direction de la porte »

Il fallait qu'elle fuit. Loin. Très loin. De ces iris bavards, de ce parfum enivrant, de cette chaleur étouffante, de cette voix agaçante. Terriblement agaçante. Qui ne prononçait que des paroles inutiles, déstabilisantes. Qui ne cessait de se jouer de son orgueil et de son cœur.

Malheureusement, pour la seconde fois de la journée, elle sentit une main se refermer sur son poignet. Elle tenta de l'ignorer, en vain. La prise était cependant bien plus ferme que la précédente. Elle s'immobilisa donc dans la salle, attendant les mots moqueurs de son ennemi, préparant la redoutable guerrière à les recevoir.

Mais les mots ne furent pas moqueurs, bien au contraire. Ils étaient tendres, mélancoliques, presque implorants.

« - Je vais séjourner quelque temps au village Korogu. Selon les médecins, la magie spirituelle qui se dégage de ce lieu pourrait aider mon organisme à chasser le Mal... Me rejoindras-tu ensuite à Elimith ?

- Pourquoi ? Enfin te trancher la gorge ? demanda-t-elle »

Elle pouvait sentir l'engouement de son orgueil à l'évocation d'une simple revanche. Ce modeste sentiment qui lui avait initialement fait éprouver tant d'intérêt pour l'ennemi de son peuple. Mais cet engouement s'évapora presque aussitôt lorsqu'il lui répondit, un sourire dans la voix :

« - Non, simplement pour... te revoir. »

Son souffle se bloqua dans sa poitrine. Avait-elle bien entendu ?

La prise autour de son poignet se fit plus lâche. Intriguée, elle se retourna donc. Sur la couche, le Prodige venait de fermer les yeux, la tête de nouveau tournée vers le mur comme lorsqu'elle était entrée dans la maisonnette. Comme si toute cette conversation n'avait jamais existé. Pourtant, les doigts toujours enroulés autour de sa chair démontraient le contraire. Se rapprochant du lit de paille, elle attrapa le bras tendu et vint le replacer contre le flanc de son propriétaire. S'accroupissant à côté, elle s'accorda ensuite quelques secondes, contemplant son minois sans le filtre de rage. Sa poitrine se soulevait lentement, signe qu'il s'était assoupis. En présence de son ennemi. Décidément, cet imbécile n'avait peur de rien. Elle aurait pu le prendre personnellement mal, le fait de ne pas susciter en lui suffisamment de crainte pour qu'il puisse baisser sa garde en sa présence. Cependant, c'était là tout l'inverse, voyant dans ce geste toute la confiance qu'il lui offrait. Malgré son âge, - et malgré le fait qu'il était plutôt bien conservé pour un type âgé de plus de cent ans -, il gardait une certaine candeur enfantine qui ressortait lorsqu'il dormait. Le rendant presque... adorable ?

Un sourire attendrit ses traits tandis que, du bout des doigts, elle vint dégager quelques mèches blondes de son front. Puis, poussée par un je-ne-sais-quoi, elle se pencha au-dessus de lui et, retirant son masque, vint déposer un baiser sur le haut de son crâne. Le geste était délicat, presque maternel.

« - Qui sait ? Peut-être une dernière fois... »

Elle ajusta ensuite les draps sur son corps avant de se relever et de se diriger, pour de bon cette fois, vers la porte. Au passage, elle repéra un bout d'étoffe déposé sur une petite commode. Une étoffe dont la coloration bleue ne laissait aucun doute sur son identité. Le bleu des Prodiges. Le bleu qui faisait du jeune homme l'ennemi de son peuple, une cible repérable de loin.

Un bleu qui fit aussitôt germer une idée dans sa tête.

S'emparant de la tunique imbibée du sang héroïque, elle déposa à la place son masque d'écorce et sortit de la demeure. Dehors, la nuit était bien avancée, signe que la conversation avait duré plus longtemps qu'elle n'aurait dû. Fort heureusement, aucun garde Sheikah n'était là pour l'accueillir. Soit ils étaient encore inconscients, soit ils étaient partis chercher des renforts. Qu'importe, cela ne la concernait plus à présent. Sifflant entre ses doigts, elle emprunta ensuite le sentier menant vers l'extérieur de l'ancienne cité des Mouettes. Là, Kohga l'attendait déjà, sombre silhouette se confondant à la perfection avec la pénombre. Il émit quelques hennissements pour la saluer – ou sans doute pour la gronder de son retard -, alors qu'elle emballait le précieux vêtement dans l'une des sacoches de la selle. Puis, grimpant sur cette dernière, elle donna l'ordre à sa monture de s'éloigner, s'en allant vers l'ouest.

Le trajet allait être long, mais il en valait la peine.

Tout comme les paysages autour d'elle, elle laissa ses pensées défiler dans son esprit. « Simplement pour te revoir » avait-il dit. Une requête qui, à chaque fois qu'elle se remémorait, faisait naître une multitude de papillons dans son estomac, faisait ressortir cette part d'elle-même qu'elle avait toujours tenté de camoufler derrière la redoutable guerrière qu'elle était. Alors qu'ils étaient ennemis, il lui avait offert ces mots, des mots uniquement destinés à la jeune femme et non pas à la Yiga. Des mots qu'elle ne parvenait pas encore à déchiffrer complètement, ou plutôt qu'elle avait peur de déchiffrer. Des mots dont la tendresse avait chatouillé ses oreilles, et qui dansaient encore dans son esprit, remplaçant les cris de guerre qui l'avait obnubilé durant toute sa quête de vengeance.

Et c'était une sensation agréable. Une sensation unique au jeune homme. Une sensation que, jamais, ses précieuses bananes ne pourraient lui offrir.


Tidim ! Que c'est beau l'amitié ! TwT

Mais que compte-t-elle faire de la tunique ? Réponse dans le prochain chapitre, sortie prévue le 19 juillet (oui, va falloir être patient, suis désolée).

En attendant, n'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de ce nouveau chapitre, en espérant qu'il n'était pas un peu trop gnangnan (je suis un peu trop fleur bleue en ce moment, hélas). Et à ceux qui se posent la question « mais où est donc la princesse ? », sachez que Crucruche est partie au village Cocorico pour trouver de l'aide pendant que des gardes Sheikah montaient la garde... Bah quoi ? Fallait bien que je trouve un truc ! XD

Un grand merci à ma Sister qui, malgré la distance, son boulot et l'absence d'une connexion fiable, a pris de son temps pour relire ce chapitre. Je t'adore ! :3

Prenez soin de vous et à la prochaine !

Chu ~