Cela faisait maintenant quelques semaines que les étudiants de Queens avaient commencé, et Diana était plus qu'heureuse d'être là, même si l'euphorie du début commençait à redescendre. C'est vrai que la surprise au dernier moment de pouvoir venir étudier à Charlottetown, être compagne de chambre avec Anne, Anne et Gilbert enfin ensemble, ... Elle en avait oublié les conditions de ses parents pour qu'elle puisse continuer ici, elle avait aussi un peu oublié Jerry mais elle recommençait gentiment à y repenser, mais sans trop savoir ce qu'elle ressentait. Elle décida d'en parler à Anne le soir quand elle rentrerait.
"Oh Diana, quelle journée merveilleuse ! J'ai appris tellement de chose et Gilbert vient dans 2 semaines à Charlottetown ! Dit-elle en s'allongeant sur son lit.
- C'est merveilleux Anne, je suis vraiment heureuse que tu puisses le revoir aussi vite, répondit Diana avec un air calme.
- Oui il me manque terriblement... Il y a quelque chose qui ne va pas ? Tu n'as pratiquement rien dit depuis que je suis arrivée...
- C'est ... Je ne sais pas quoi penser Anne, je ne sais même pas ce que je ressens au fond de moi, et je sais que j'ai mal agi et...
- Calme toi, et explique-moi. Qu'est ce qui te mets dans tous ces états ? Demanda Anne en s'asseyant à côté de sa chère amie.
- Jerry, Anne. J'y pense tout le temps ces temps-ci. Et sincèrement, je regrette vraiment d'avoir été comme ça avec lui, et en même temps c'était tellement nouveau pour moi, cette nouveauté, cette liberté, c'est ... Je ne sais pas, c'est tellement abstrait pour moi.
- Oh ... je comprends un peu, et même si je déteste voir Jerry malheureux, je déteste encore plus te voir ainsi. Tu sais, je comprends ce sentiment de nouveauté que tu as ressentis, et maintenant il faut savoir si ce que tu ressentais c'était des sentiments envers lui, ou de l'amour, mais plus envers les sensations qu'il te donnait, cette liberté. Dis-moi, Diana, est-ce que c'est Jerry ou la liberté qui te manque le plus ?
- Je ... Je crois que c'est cette nouveauté et cette liberté que j'ai connue... Même si j'apprécie beaucoup Jerry, je ne crois pas que j'étais amoureuse...
- Tu es tombée amoureuse de l'aventure ma Diana ! C'est merveilleux aussi, et ne t'inquiètes pas je ne t'en veux pas. Je suis sûre que tu trouveras quelqu'un de génial. Oh et je t'ai dit que Gilbert allait venir avec un ami ? Il m'en a parlé dans sa dernière lettre, il s'appelle Fred Wright.
- Merci Anne, je me sens mieux à présent. Oh mais c'est merveilleux ! Tu sais combien de temps il reste ? Et où il va loger ?
- Oh non, je lui demanderai mais le temps que je lui envoie ma lettre et qu'il réponde il sera déjà ici.
Anne se leva ensuite et parti s'asseoir faire ses devoirs. Diana resta assise sur son lit, pensive mais heureuse d'avoir compris ce qu'elle ressentait au fond d'elle. Mais elle revint rapidement sur terre en se rappelant qu'elle devrait beaucoup travailler pour obtenir les notes que ses parents désiraient d'elle pour lui permettre de rester à Queens.
Bash de réveilla heureux ce matin, en entendant les rires de Delphine. Quelle belle journée qui commençait. De plus, depuis que Gilbert était parti, Elijah faisait de son mieux pour faire partie de la famille et travaillait vraiment bien. Et au vu de la charge de travail il était plus qu'heureux de lui avoir permis de rester.
Quand le facteur passa et lui annonça qu'il avait une lettre de Toronto, il sauta de joie, enfin des nouvelles de Blythe ! Mais son bonheur fut à son comble quand il apprit qu'il avait trouvé Anne durant son périple jusqu'à l'université, qu'elle partageait ses sentiments et qu'il avait prévu de venir à Charlottetown en octobre pour la voir, lui demandant au passage s'il voulait faire le déplacement en ville qu'ils puissent de voir sans perdre de temps dans les transports.
"Je le savais ! Je le savais !" Hurla-t-il en rentrant dans la maison.
"- Sebastian ! Qu'est ce qui justifie cette joie ? Tu vas faire peur à Delly. Demanda sa mère.
- C'est Gilbert ! Et Anne ! Enfin ensemble, je le savais depuis qu'il m'en avait parlé sur le bateau, et quand je l'ai vu, Anne, cela se voyait dans ses yeux qu'elle était amoureuse !
- Calme toi, ce sont encore des enfants.
- Non ! Enfin oui, mais eux c'est différent, je sais pertinemment qu'ils vont rester ensemble pour toujours. Répondit Bash avec un air rêveur."
Il pensa ensuite qu'il fallait qu'il demande à Gilbert s'il ne voulait pas venir à Avonlea, avec Anne. Il savait que Matthew et Marilla n'avait pas encore vu Anne depuis la rentrée et qu'elle leur manquait énormément.
"Je vais même lui répondre immédiatement" se dit-il, pensant que son idée était vraiment meilleure que celle de Blythe. "Non mais... De rejoindre à Charlottetown alors que Avonlea est à à peine une heure de train. Quelle idée."
Un chapitre beaucoup moins centré sur Anne et Gilbert mais je voulais aussi parler des autres :)
Dans le prochain chapitre, il y aura leur rencontre (où ça ?... Surprise) et celle de Cole avec Roy également :)
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Quand Gilbert eut fini sa lettre, il se rendit compte qu'il était en retard mais il voulait absolument la poster ce matin, pour qu'elle arrive le plus tôt possible à Charlottetown. Il parti en vitesse, en oubliant sa veste et il manqua de justesse une chute dans les escaliers à cause de la vitesse à laquelle il les descendait et aussi probablement à cause de l'irrégularité des marches de bois.
Il arriva de justesse à l'heure à l'université en ayant réussi à poster sa lettre. Quand il s'assit enfin et regarda par la fenêtre, il vit de gros nuages noirs au loin et il savait que ceux-ci allaient arriver sur Toronto bientôt, et il n'avait pas de veste... Il sourit en pensant que c'était Anne qui le mettait dans cet état, et ses pensées dirigées vers elle qui le faisait oublier sans cesse quelque chose. Et il adorait ça.
À la fin de la journée, il pleuvait effectivement et Gilbert se résolu à rentrer le plus vite possible pour étudier. Il allait sortir de l'université quand un jeune homme de sa classe l'interpela :
"Eh Blythe ! T'as vu le temps qu'il fait ? Elle est où ta veste ?
-eh bien... Je l'ai oublié ce matin, j'étais pressé... Dit-il avec un sourire gêné.
-t'es dans le même immeuble que moi non ? Viens avec moi j'ai un parapluie assez grand pour nous deux.
-Merci."
Quand ils arrivèrent dans le hall d'entrée de l'immeuble, le jeune homme, lui demanda ce qui avait bien pu le mettre en retard, connaissant la ponctualité habituelle de Gilbert
"Eh bien... J'avais une lettre à écrire ce matin, et ça m'a pris plus de temps que prévu et je voulais absolument la poster ce matin...dis il en reprenant son sourire gêné.
- oooh alors monsieur Gilbert Blythe a une fille à la maison
- mais... J'ai juste dis une lettre !
- Blythe, je connais ce regard, allez dis-moi tout, oh attend, rentrons chez moi je vais faire du thé.
- Mais c'est que je voulais étudier ce soir...
- Blythe... Tu as déjà étudié plus d'heure que toute notre classe réunie. Donc ce soir on discute un peu d'accord ? Et tu sais, il vaut mieux de faire des amis, sinon 3 ans c'est très long si on passe juste ses soirées et weekend à étudier.
Alors Gilbert, sentant qu'il n'allait pas avoir le choix et que cet ami avait effectivement raison, il lui parla de Anne et de sa vie avant l'université. Il apprit par la même occasion le prénom du jeune homme, un certain Fred Wright, et que lui n'avait pas de fille à qui écrire mais qu'il comptait bien en trouver une à Toronto, et qu'il venait lui aussi de l'île du Prince Édouard mais qu'il habitait White Sands, qui était plus au nord de l'île qu'Avonlea.
Ils continuèrent de parler toute la soirée et Gilbert fini par renter, fatigué de sa journée, mais heureux. Il avait dorénavant un ami, et il pensait bientôt recevoir une lettre d'Anne.
Anne se sentait un peu seule en cours, car elle était la seule à avoir avancé son cursus et à le faire sur une année, elle ne connaissait donc personne.
Il y avait depuis hier ce jeune homme qui la regardait sans cesse et cela la mettait mal à l'aise. Il vint lui parler à la fin de l'après-midi.
"Roy Gardner, dis il en lui tendant la main.
- Anne Shirley Cuthbert, répondit-elle avec un sourire gêné.
- Ravi de te rencontrer, tu habites au manoir Blackmore ? J'habite à côté, je peux te raccompagner ?
- Euh je ne sais pas trop, je ... J'ai mes amies qui m'attendent pour rentrer, répondit elle sans réfléchir avant de se rendre compte que seul les classes de deuxième année finissaient à cette heure-là aujourd'hui.
- Oh, elles sont aussi en deuxième année ? Demanda Roy, qui lui savait bien c'était faux et que ses amies étaient en première année."
Anne sentant qu'elle n'avait pas le choix et qu'il la verrait partir seul vu qu'il prendrait le même chemin qu'elle, finit par accepter. Mais elle refusa qu'il lui porte ses livres et qu'il lui tienne le bras.
"Sache que je peux très bien porter mes livres toute seule, et que tu me raccompagnes uniquement en tant qu'ami, rien de plus." Elle voulut lui parler de Gilbert mais elle se retint en pensant qu'il était loin d'elle et que si Roy savait qu'ils n'étaient pas fiancés, il continuerait à vouloir la raccompagner coûte que coûte.
Il se trouva que sa conversation était intéressante, moins que celle de Gilbert, mais qu'elle pouvait accepter de l'avoir comme ami. Et c'est avec cette idée là qu'elle finit par lui parler de Gilbert.
" Au fait, j'ai déjà quelqu'un. C'est pour cela que j'ai précisé que je voulais que tu me racompagne uniquement en tant qu'ami.
- J'ai bien pensé qu'une jolie fille comme toi devait déjà avoir quelqu'un, c'est justement pour ça que je suis venu te parler, j'ai besoin d'une amie, pas d'une femme.
- Ooh excuse-moi, alors tu es fiancé déjà je suppose.
- Non, en fait ça ne m'intéresse pas vraiment d'avoir une femme. Je n'ai jamais eu ce désir profond pour quelqu'un. Je sais que ça peut paraître étrange, voir impossible mais c'est le cas.
- Non ça n'est pas impossible du tout ! Mon meilleur ami est comme ça aussi, tu devrais le rencontrer.
- Je vais y réfléchir, c'est la première fois que j'entends que quelqu'un puisse être comme moi, alors il faut que je ...
- Ne t'inquiètes pas, tu as le temps, redis moi à l'école.
Ils se saluèrent et Anne rentra. Elle arriva dans sa chambre et fut surprise de trouver Diana contre la fenêtre. Elle n'eut pas le temps de dire quoi que ce soit que Diana arriva contre elle : " c'est qui ce jeune homme avait qui tu parlais ? Pourquoi tu te fais racompagner par quelqu'un ? Et Gilbert dans tout ça tu y as pensé ? Qu'est-ce qu'il dirait si il te voyait ?
- Diana, c'est Roy Gardner, il est dans ma classe, et avant que tu te fasses des idées, je crois qu'il est comme Cole ! Il m'a dit qu'il n'était pas intéressé par les filles et de toute façon je lui ai bien dis qu'il pouvait ma racompagner uniquement en temps qu'ami.
- Oh, excuse moi, je croyais vraiment qu'il voulait te séduire... En attendant tu as reçu une lettre.
- Oh Diana, c'est vraiment une journée exquise.
"Anne,
Puisque nous nous séparons, peut être pour toujours, je dois apaiser mon coeur.
Tu es l'objet de mon affection et de mon désir. Toi et toi seule es la gardienne de la clé de mon coeur.
Ne t'inquiètes pas. Je ne m'attends pas à te plaire, mais je ne peux pas, en toute conscience, ne pas ce que je ressens.
Je ne suis pas fiancé, et je ne le serais pas, à moins que... Ce ne soit à toi, Anne, mon Anne avec un "e".
Ça a toujours été et ça sera toujours toi.
Amoureusement,
Gilbert
P.S. Merci pour le stylo, bonne chance à Queens.
Voilà, Anne la lettre que je t'ai écrite chez toi et que tu n'as pas lu et évidemment que je te pardonne. Et rien que de te la réécrire je revois ta chambre, ton univers que j'ai eu la chance de voir quand je l'ai posé sur ta commode.
Tu me manques tellement mon Anne, les cours sont passionnants mais notre compétitivité me manque.
Quand j'ai lu ta lettre et que j'ai appris pour ton livre, j'ai été envahi de joie, tu mérites tout le bonheur du monde Anne, et tu méritais de savoir qui étaient tes parents.
Je ne sais pas si j'arriverai à attendre Noël pour te revoir. Peut être que je ferai un voyage à Charlottetown au mois d'octobre.
Amoureusement,
Gilbert"
- Oh Diana, il m'avait écrit une lettre magnifique et je l'ai déchirée, ça aurait tout changé si je l'avais lu.
- Bien sûr que ça aurait tout changé, mais vous êtes quand même ensemble maintenant non ? Alors tout va bien.
C'est vrai, elle avait raison, tout allait bien.
